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Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » prennent le large pour les Hauts-de-France

Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN ont pu appareiller pour les Hauts-de-France sous le pilotage du capitaine de vaisseau Patrick RATIER, commandant la marine à Dunkerque, qui a veillé à leur bon chenalage tout au long de la journée. Après trop de séminaires en visioconférence, ces retrouvailles en chair et en os permises par l’amélioration de la situation sanitaire ont été particulièrement appréciées, malgré les contraintes résiduelles respectées de façon très rigoureuses.

Dès potron-minet après un réveil à quatre heures du matin, les auditeurs – un peu dans le brouillard, mais avec le sourire – ont été accueillis sur le port de Boulogne, plus grand port de France en volume, par son directeur, Alain Cailler, grand ami de l’IHEDN qu’il reçoit tous les ans. Ils ont pu vivre en direct la criée en bénéficiant des explications de son directeur Gildas Dubois, autre ami de la session. Les technologies les plus modernes de cette criée entièrement informatisée ont désormais remplacé les hurlements pittoresques qui régissent encore de nombreuses criées. Mais les poissons fraîchement pêchés dans la nuit et qui remplissaient la halle, eux, n’ont pas changé.

Une criée totalement informatisé

Gildas Dubois avait du mal à cacher sa passion pour les produits de la mer lorsqu’il expliquait aux auditeurs, les différents critères de qualité du poisson en exhibant des yeux étincelants et des ouïes rouge vif.    

Gildas Dubois expliquant les critères de qualité du poisson

Guidée par Alain Cailler, la visite détaillée de la Capécure, premier centre européen de transformation des produits de la mer regroupant 140 entreprises, a définitivement convaincu les auditeurs de l’importance stratégique du secteur de la pêche pour la France et de la dimension des enjeux liés au Brexit.

Lever de soleil sur des auditeurs attentifs dans le port de Calais
Alain Cailler en pleine démonstration devant les auditeurs

À huit heures du matin, ragaillardis par un bon petit-déjeuner boulonnais comportant des produits de la pêche du matin, les auditeurs ont mis le cap vers Calais, leur prochaine escale de la matinée. Philippe Suisse, directeur de la sûreté du port de Calais leur a expliqué les enjeux pour cette ville de l’immigration illégale. En effet, le détroit du Pas-de-Calais, séparant la France du Royaume-Uni, est le dernier obstacle qui sépare de leur « graal » des migrants prêts à tout après plusieurs milliers de kilomètres au péril de leur vie.

Explication de Philippe Suisse, adjoint au directeur de la sûreté du port de Calais

Les auditeurs ont visité les installations de détection des tentatives d’intrusion illégale et constaté la parfaite coopération des gouvernements français et britanniques en matière de contrôle du flux des migrants. La visite menée par Franck Suisse, adjoint de son frère, a montré aux auditeurs le dynamisme économique de ce port en pleine expansion qui inaugurera au mois d’octobre une extension impressionnante avec des infrastructures modernes parfaitement adaptées au nouvel environnement post Brexit.

Les auditeurs ont ensuite repris la route pour Dunkerque afin d’aller visiter le port capable d’accueillir les plus grands navires du monde. Ils ont d’abord été accueillis pour un déjeuner campagnard à l’air libre – COVID oblige – par le sous-préfet de Dunkerque Hervé Tourmente et Daniel Deschodt, président par intérim du directoire du Grand port maritime de Dunkerque (GPMD).

Accueil à Dunkerque par le sous-préfet Hervé Tourmente et Daniel Deschodt président par intérim du directoire du Grand port maritime

La visite guidée du GPMD par Dominique Lammin, chargé des relations publiques, a été une excellente illustration de la présentation faite en visioconférence par son directeur en mars dernier. Les auditeurs ont ainsi pu voir la concrétisation de la stratégie mise en œuvre par le GPMD pour saisir les opportunités de l’économie bleue et faire face à la concurrence des ports étrangers. Le développement d’une économie circulaire et la préservation de la biodiversité constituent deux des principaux piliers d’une politique déterminée de développement durable. C’est dans cette perspective que Norlink Ports, association des ports de la région, met en œuvre une approche commune de développement de cette façade maritime majeure des Hauts-de-France.

Les auditeurs admirant l’impressionnant porte-conteneurs Champs-Élysées de CMA-CGM (22 000 boîtes)

Après une journée bien remplie leur ayant permis de visiter trois ports de nature très différente, les auditeurs ont quitté les Hauts de France avec désormais une bonne connaissance des grands enjeux de l’économie portuaire de la France ainsi que ceux de défense et de sécurité qui y sont rattachés.

Quarantaine en rade du web pour la navire de la 6e SN ESM pour sa mission « Europe »

« Le Temple du Soleil ». © Moulinsart 2020

La mission « Europe » à Bruxelles de la 6ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » a dû finalement se dérouler en webinaire en raison du re-confinement imposé par la tempête et les embruns COVID qui ont à nouveau frappé la France et la Belgique. Mais en particulier grâce au soutien d’Émilia Didier, correspondante de l’IHEDN à Bruxelles, nos amis bruxellois impliqués au cœur des institutions européennes ont été fidèles au rendez-vous. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre pour y faire face, et comment la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe capable d’affronter les défis du monde d’aujourd’hui. Ces derniers ne faisant que croître avec le retour des États puissance, leur politique du fait accompli, le moindre respect du droit international et l’effritement du multilatéralisme que l’action de l’UE, dans ce contexte prend une dimension stratégique croissante.

Dès le lundi matin, le Web a été mis à contribution par Claire Raulin, ambassadrice de France auprès du Comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE, qui immédiatement plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. Ces derniers ont ainsi pu découvrir la montée en puissance des préoccupations de souveraineté au sein de l’UE, les avancées conséquentes en matière de sécurité et de défense ainsi que les enjeux liés au travaux prospectifs conduits dans le cadre de la « boussole stratégique ». Le vice-amiral d’escadre Henri Scricke, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et du comité militaire de l’OTAN, a souligné la complémentarité de ces deux organisations dans les domaines militaires et maritimes. Il a insisté sur l’importance de bien prendre en compte les préoccupations de défense et de sécurité de l’ensemble des Etats membres et la nécessité d’anticiper en revenant sur les travaux de la « boussole stratégique ». Enfin, il a montré combien les approches pragmatiques et opérationnelles l’emportaient largement sur les positions trop dogmatiques à en prenant notamment comme exemple la présence maritime coordonnée (PMC).

L’après-midi a débuté par une table-ronde sur la « les enjeux de sureté maritime (SSMUE) de l’UE et son plan d’action » regroupant Christos Theophilou de la DG Mare[1], Géraud Montagut du SEAE[2] de la DG Mare et le contre-amiral Jean-Marie Lhuissier, spécialiste des systèmes d’information et de communication. Les auditeurs ont ainsi pu réfléchir et débattre sur des sujets aussi importants et divers que la coopération maritime entre les pays membres, la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la coopération structurée permanente (CSP) adoptée en octobre 2020 ou l’interopérabilité des systèmes d’information des États-membres.

Table ronde avec l’amiral Lhuissier, Géraud Montagut et Christos Theophilou

En fin d’après-midi, le député européen Pierre Karleskind, président de la commission pêche et vice-président de celle chargée de la biodiversité et de l’intercommission Mer au sein du parlement européen, a présenté la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne. Il a longuement expliqué aux auditeurs le processus de négociation interne au parlement ainsi que son poids croissant dans les négociations, aucun accord ne pouvant être conclu sans sa ratification. Il a rappelé le succès de la Politique commune de la pêche (PCP) et l’importance de lutter contre la pêche illicite non déclarée et non réglementé (INN). Enfin, son intervention s’est terminée par de très riches débats avec les auditeurs sur les grands défis du Brexit, en particulier pour la pêche dont les enjeux sont un « condensé » des enjeux plus globaux.

Intervention du député Pierre Karleskin

En fin de journée, les comités se sont replongés avec ardeur dans leurs travaux de comité tant l’échéance mi-avril de la remise de la première version de leur rapport approche.

Les auditeurs ont le sourire tout en travaillant sur leurs travaux

Le mardi a davantage été consacré aux intervenants des institutions européennes. Une première table ronde sur la « Coopération structurée permanente » (CSP) a rassemblé Arnaud Migoux, Chef de secteur au SEAE, l’ingénieur général de l’armement Yves Caleca, Conseiller armement au sein de la RPUE et François Dupont de Naval Group. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir des avancées insoupçonnées dans le domaine de la défense et encore inconcevables il y a moins de 10 ans, telles que la création du Fond européen de défense (FED) et la montée en puissance de cette CSP dans les domaines opérationnel et capacitaires.   

Table ronde avec l’Ingénieur Général Caleca, Arnaud Migoux et François Dupont

Théo Barbe et Paul Avrillier, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont ensuite permis aux auditeurs de découvrir comment la politique commune de la pêche (PCP) a permis la reconstitution de certains stocks de poissons et les efforts mis en œuvre par l’UE pour limiter la pollution par les navires. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à son niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire et à promouvoir la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens.

Théo Barbe attentif aux questions des auditeurs sur la pêche
Paul Avrillier expliquant aux auditeurs les enjeux de la limitation de la pollution par les navires

Félix Leinemann et Reka Rozsavolgyi, de la DG MARE, ont ensuite animé en duo les débats sur l’économie bleue, pour une économie maritime durable. Le premier a évoqué les grands enjeux liés à l’autonomie stratégique de l’Europe et le défi que représente pour l’UE la mise en place d’une économie circulaire. L’enjeu consiste à permette la durabilité des chaînes de valeur et à trouver un juste équilibre entre le climat, la protection de la biodiversité et l’exploitation raisonnée des mers et des océans tout en ne créant pas de distorsion de concurrence aux dépens des entreprises européennes.

Intervention de Reka Rozsavolgyi et Félix Leinemann

La seconde est intervenue sur les stratégies régionales par bassin maritime avec un focus sur la stratégie Atlantique. Elle a détaillé le plan d’action stratégique de l’Atlantique adopté par la commission en mai 2013 en insistant sur ses grandes priorités : promouvoir l’innovation et l’entreprenariat ; assurer la protection et la sécurité de l’environnement marin et des côtes ; d’améliorer l’accessibilité et la connectivité et, enfin, créer un modèle socialement inclusif et durable de développement. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir une liste particulièrement impressionnante de projets conduits dans ce cadre.

Enfin, Geneviève Pons, Directrice générale d’Europe de l’Institut Europe Jacques Delors a clos ce séminaire avec brio en présentant aux auditeurs la mission Starfish 2030 destinée à maintenir, protéger et restaurer les milieux aquatiques, y compris ceux situés sur les territoires des États. Cinq axes la structurent : enrichir les connaissances et créer un lien émotionnel, zéro pollution, améliorer la gouvernance, régénérer les écosystèmes marins et aquatiques et décarboner notre océan, nos mers et nos eaux.

Présentation de la mission Starfish 2030 de Geneviève Pons

[1] Direction générale de la Mer de la commission européenne.

[2] Service européen pour l’action extérieur

LA COVID-19 DANS LES HAUTS DE FRANCE CONFINE À L’ÉCOLE MILITAIRE LES AUDITEURS DE LA 6E SESSION NATIONALE “ENJEUX ET STRATÉGIES MARITIMES”

Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN ont trouvé refuge les 12 et 13 mars à l’École Militaire pour leur séminaire normalement prévu dans des Hauts-de-France, durement frappés par la pandémie de la Covid-19. Toutefois, grâce à l’implication et l’adaptation de grands acteurs de cette région ainsi qu’au recours à la visioconférence, les auditeurs ont pu aborder la quasi-totalité des sujets prévus.

En effet, dès le vendredi matin, le vice-amiral d’escadre Philippe Dutrieux, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, leur a présenté les problèmes de sécurité et de sûreté posés par la route maritime la plus fréquentée au monde et le flux migratoire par voie de mer dans sa zone de responsabilité. Il a également abordé les enjeux auxquels est confrontée une région d’Europe très impactée par le Brexit, et ceux liés à la planification spatiale d’espaces maritimes particulièrement exigus.

©IHEDN/ Les auditeurs attentifs aux propos du vice-amiral d’escadre Philippe DUTRIEUX 

Daniel Deschodt, président par intérim du directoire du Grand port maritime de Dunkerque (GPMD), a ensuite évoqué les défis de Dunkerque – comme des autres ports français – pour faire face à la concurrence internationale et dynamiser sur le sol français l’activité et les emplois associés. Le GPMD, désormais capable d’accueillir les plus gros navires du monde, illustre bien la politique de long terme mise en place en coopération avec les autres ports des Hauts-de-France pour capter la valeur ajoutée et développer l’emploi. Cette ambition s’appuie sur une stratégie d’économie circulaire et le développement du numérique, tout en préservant la biodiversité dans une approche de développement durable.   

Les auditeurs ont ensuite virtuellement mis le cap sur Calais où ils furent accueillis par Madame la sous-préfète, Véronique Deprez-Boudier, entourée de Philippe Suisse, adjoint au directeur de la sûreté du port de Calais, de Hervé Derache, directeur interdépartemental de la police aux frontière, de Mathilde Potel, commissaire central adjoint de la circonscription de sécurité public de Calais, et de Laurent Decovemacker, capitaine, commandant en second de la compagnie de gendarmerie maritime de Calais.

Ont été abordés les grands enjeux de sa ville-port notamment liés à la proximité du Royaume-Uni, au Brexit et à la forte pression de la migration illégale dans le détroit du pas de Calais. Grâce à cette table-ronde, les auditeurs ont pu découvrir les installations impressionnantes destinées à dissuader et détecter toute tentative d’intrusion illégale. Ils ont également pu prendre la mesure de la volonté de coopération des gouvernements français et britanniques pour endiguer ce flux de migrants, particulièrement déterminés et prêts à risquer leur vie pour traverser la Manche.

©IHEDN / Les auditeurs écoutant Véronique DEPREZ-BOUDIER, sous-préfète de Calais.

Le samedi, après la journée dense de la veille, la session a accueilli dès potron-minet Jean-Michel Thillier, directeur interrégional des douanes des Hauts-de-France et coordonnateur national Brexit pour la douane française. Il avait fait spécialement le déplacement pour venir à la rencontre des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir le concept de « frontière intelligente », inventé par les douanes françaises et mis en place avec le Royaume-Uni, dont l’anticipation a permis à la France d’être au rendez-vous et de maintenir les flux de marchandises et de passagers tout en assurant les formalités douanières et sanitaires imposées par le Brexit.

©IHEDN / Jean-Michel THILLIER s’adressant aux auditeurs

Cette matinée s’est conclue en beauté avec l’intervention du Commissaire général Vincent Campredon, directeur du musée de la Marine, qui a montré aux auditeurs comment, dans l’approche globale qui est celle de l’IHEDN, les enjeux culturels liés à la mer se situaient au cœur des enjeux maritimes. Dans ce contexte, la rénovation en cours du musée de la Marine allait pouvoir participer à leur diffusion au sein de la société française, en particulier pour faire prendre conscience aux plus jeunes combien l’avenir de notre planète dépendait des mers et des océans.  

©IHEDN / Le commissaire général de la Marine Vincent CAMPREDON en plein débat avec les auditeurs.

Enfin, le samedi après-midi a permis aux auditeurs de se replonger dans la rédaction de leurs travaux de comité sur la souveraineté dans le domaine maritime. Malgré la légitime déception de n’avoir pas pu assister à la criée de Boulogne sur Mer ou visiter les ports de Dunkerque et Calais, les auditeurs furent très heureux d’être ensemble et, au delà du regret de se quitter après deux jours passés trop vite, attendent déjà avec impatience de se retrouver lors du prochain séminaire.

Cap virtuel au sud pour les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Application stricte des mesures de protection sanitaire : prise de température en début de journée

Transports et routes maritimes, innovation et technologies navales, câbles sous-marin, gestion des données numériques, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie maritime qui auraient dû conduire les auditeurs de la 6e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours. Toutefois, en raison de la pandémie COVID 19, ils se retrouvèrent confinés à l’Ecole militaire lors d’une escale alternative à Paris, où leur navire a hissé le pavillon jaune dans le respect le plus strict des mesures de protection sanitaire.

Avec Aurore Neuschwander, directrice de la stratégie de Naval Group

La matinée du vendredi 5 février a permis aux auditeurs de débattre avec Aurore Neuschwander, directrice de la stratégie de Naval Group, Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs R&D et des expérimentations de ce même groupe et Emmanuel Chiva, directeur de l’Agence de l’innovation de la défense. Les auditeurs ont ainsi découvert ce groupe d’acteurs, situés au cœur des activités de souveraineté de la France, et devant simultanément faire face à une forte concurrence internationale. Ils ont également touché du doigt à quel point l’innovation en matière de recherche et de technologie constituait la clé de la compétitivité des entreprises, le socle de l’efficacité de la Marine nationale et la garantie de l’autonomie stratégique française. 

Table ronde réunissant Emmanuel Chiva, directeur de l’agence d’innovation de la défense (AID) et Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs R&D et des expérimentations de Naval Group

En début d’après-midi, Philippe LOUIS-DREYFUS, président du conseil de surveillance de Louis Dreyfus Armateur (LDA), leur a présenté les grands enjeux de l’économie maritime pour la souveraineté de la France. Les débats avec les auditeurs ont nettement mis en évidence la nécessité d’une vision de long terme, le rôle social de l’entreprise et l’importance d’une solidarité dont dépend la prospérité de nos sociétés.

Philippe Louis-Dreyfus, président du conseil de surveillance de Louis-Dreyfus Armateur, s’adressant aux auditeurs

En fin de journée, Martin Motte, maître de conférences et directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, a analysé avec les auditeurs les fondamentaux historiques de la puissance maritime et montré son lien indissociable avec la notion de souveraineté, combien l’histoire des marines de guerre était étroitement liée à celle des marines de commerce et le rôle démultiplicateur de l’économie maritime dans le développement et la résilience des sociétés.

Martin Motte, maître de conférences, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études,  expliquant le lien étroit entre la puissance maritime et la souveraineté

Après la journée particulièrement dense de la veille, les auditeurs se sont retrouvés le samedi 6 février matin pour présenter au professeur Olivier Schmitt, chef du département des études et de la recherche de l’IHEDN, l’avancement de leurs travaux en comité. Ces restitutions ont mis en évidence l’important travail de réflexion réalisé sur le thème d’étude « la souveraineté » qui a été confié aux auditeurs par le Premier ministre, et qui a été décliné dans le domaine maritime en trois sujets : les capacités cognitives, la maîtrise de l’économie, et l’aptitude à intervenir sur la scène internationale, en particulier dans les domaines diplomatique et militaires pour préserver les océans, bien commun de l’Humanité, et y conserver la liberté d’action de la France.

La fin de la matinée a été consacrée à une table-ronde sur les « Enjeux de souveraineté liés aux câbles sous-marins et aux datacenter » avec Jean-Luc VUILLEMIN, Executive Vice-President International Networks d’Orange ; Didier DILLARD, PDG Orange Marine et Fabrice COQUIO, PDG d’Interxion, tous trois auditeurs d’une session « Enjeux et stratégies maritimes » précédente. Les participants ont ainsi pu découvrir ces autoroutes de l’information – à l’importance stratégique souvent méconnue – qui concentrent plus de 99 % des communications Internet mondiales.Ils ont également pu mesurer le rôle tout aussi stratégique de data center comme le MRS3 installé récemment par Interxion à Marseille dans l’ancienne base de sous-marins construite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces véritables hubs numériques constituent le cœur du monde de l’information, qui régit désormais la vie de tous les citoyens du monde.

Table ronde avec Jean-Luc Vuillemin, Executive Vice President International Networks d’Orange, Didier Dillard, PDG Orange Marine et Fabrice Coquio, PDG d’Interxion.

Enfin, le samedi après-midi a permis aux auditeurs de se replonger dans leurs travaux de comité, pour prendre en compte les observations faites dans la matinée et se lancer dans la préparation des scénarios prospectifs qui leur permettront d’identifier des objectifs politiques à poursuivre, et les stratégies pouvant être mises en œuvre pour les atteindre. La journée s’est terminée avec le regret de se quitter après deux jours passés trop vite, mais également avec la perspective de se retrouver au plus tôt dès que les conditions sanitaires le permettront.

Jean-Luc Vuillemin s’adressant aux auditeurs

Escale virtuelle à Toulon de la guilde de la 6e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”

Après une première escale en chair et en os à Nantes début octobre, les auditeurs de la 6ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont vogué sur le web pour atteindre Toulon le 20 et 21 novembre 2020. Mais si les déplacements ont été virtuels, les débats et les travaux de comité n’ont rien perdu de leur réalité et de leur intensité.

Les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

Les auditeurs se sont retrouvés plongés dans les opérations maritimes et navales en Méditerranée, zone crisogène particulièrement sensible en raison de ses tensions géopolitiques, de la prolifération de la criminalité et de la vulnérabilité de son exceptionnelle biodiversité. Ils ont ainsi pu rencontrer les plus hautes autorités maritimes locales de l’État qui assurent quotidiennement en Méditerranée la sécurité de nos concitoyens et la défense des intérêts de la France. En effet, y veillent et y interviennent en particulier 24 heures sur 24 les unités de la Marine Nationale, des Affaires maritimes, des Douanes, de la Gendarmerie et de la société nationale de sauvetage en mer.

Le vendredi matin, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint action de l’État en mer, a montré aux auditeurs comment l’organisation française de l’action de l’État en mer permettait au préfet maritime, sous l’autorité du Premier ministre, de coordonner avec une remarquable efficacité l’action de l’ensemble des administrations intervenant en mer, optimisant ainsi leurs moyens et leur faisant profiter des moyens des autres. Le contre-amiral Roux de Luze, adjoint opérations de CECMED, a ensuite expliqué aux auditeurs les enjeux et la diversité des opérations navales en Méditerranée conduites par le commandant de zone maritime (CECMED) sous l’autorité du CEMA.

les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

L’après-midi a dans un premier temps été consacrée aux autorités dites « organiques » responsables de l’entretien des navires et aéronefs de la marine ainsi que de la formation et de l’entraînement de leurs équipages. Le vice-amiral d’escadre Xavier Baudouard, commandant la Force d’action navale et le contre-amiral Éric Janicot, commandant la force maritime de l’aéronautique navale, ont ainsi pu débattre avec les auditeurs sur les grands enjeux techniques et humains liés à l’évolution des menaces, la montée en puissance de la numérisation au sein de la Marine, l’entretien des équipements ou encore le recrutement et la fidélisation d’un personnel toujours plus qualifié et toujours autant sollicité. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir le très haut niveau technologique des moyens de la marine – navires de surface, sous-marins et aéronefs – ainsi que l’expertise et la forte motivation des marins qui les mettent en œuvre. Mais ils ont également touché du doigt les difficultés rencontrées pour maintenir les équipements en condition opérationnelle ainsi que pour recruter et fidéliser des marins de qualité dans un contexte de pression opérationnelle croissante et de forte sollicitation des équipages.

La journée s’est finie par une visio-visite du CROSS 1 Méditerranée (CROSSMED) où les auditeurs furent accueillis par son directeur, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud. En montant en passerelle « virtuellement » – une « visiovisite » a été expérimentée pour l’occasion – les auditeurs ont pu constater concrètement l’exceptionnelle efficacité de cette organisation interministérielle qui permet au préfet maritime de mobiliser immédiatement l’ensemble des moyens de l’État intervenant en mer.

En se déconnectant de leurs visioconférence, les auditeurs se sont brutalement retrouvés avec amertume isolés les uns des autres mais avec la perspective réjouissante de se revoir le lendemain. Il resteront particulièrement reconnaissants pour le temps que ces autorités ont bien voulu consacrer à leur réflexion commune et, surtout, pour la hauteur de vue, la simplicité et la grande franchise des propos qui leurs ont été tenus.

Michel L’Hour faisant partager aux auditeurs sa passion et ses convictions

Le lendemain tant attendu ne les aura pas déçu car, dès potron-minet, ils sont allés rêver au cœur des abysses avec Michel l’Hour, éminent spécialiste de renommée internationale de l’archéologie sous-marine et directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Il a su leur communiquer sa passion pour les richesses que recèlent les épaves du « plus grand musée du monde ». Celles-ci, outre leur exceptionnel intérêt culturel et historique, peuvent représenter de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques, voire des menaces pour l’environnement en fonction du caractère toxique de leurs cargaisons que la corrosion peut libérer progressivement. Avec Serge Segura, ambassadeur des Océans, qui avait rejoint les auditeurs pour leurs travaux de comité, le débat fut d’une richesse et d’une intensité sans égales auquel il a malheureusement fallu mettre fin après avoir toutefois largement dépassé le temps imparti.

Olivier Schmitt en plein débat avec les auditeurs sur le sujet de la souveraineté

Avant de rejoindre leurs pénates la tête remplie d’émotions fortes, les auditeurs ont conclu leur séminaire le samedi après-midi par un point d’avancement sur les études qui leur ont été confiées par le Premier ministre sur la souveraineté dans le domaine maritime. Pour l’occasion, Olivier Schmitt, chef du département des études et de la recherche a rejoint les auditeurs et son adjointe, Mélissa Levaillant également chargée de pédagogie de la session, pour guider les auditeurs et les féliciter pour le travail accompli.

Escale en Pays de Loire pour la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Les auditeurs de la 6e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire pour un séminaire de deux jours à Nantes et Saint-Nazaire les vendredi 9 et samedi 10 octobre. Cette région est en effet un modèle de dynamisme dans le domaine maritime avec des pépites de la construction navale, de la filière des énergies marines renouvelables et des technologies marines innovantes.

Le vendredi matin tôt, la session a accosté aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière. Cette visite a permis aux auditeurs de découvrir ce chantier emblématique dans lequel ont été construit les porte-avions Foch et Clémenceau, et d’où le cuirassé Jean-Bart a appareillé en 1940 dans des conditions rocambolesque. Ils ont été accueillis par Philippe KASSE, directeur de la communication et des relations publiques du groupe et Mickaël Le Gal, responsable des navires militaires, et auditeur de la 5e ESM. Au-delà des infrastructures impressionnantes – les plus grandes en Europe comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long ou le pont de levage d’une capacité de 1400 tonnes -, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Philippe KASSE, sur tous les grands enjeux de la construction navale civile, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite du MSC VIRTUOSA en phase finale de construction.  

Plus inattendue fut la vision d’une énorme plateforme de raccordement d’un champ d’éoliennes en mer au réseau électrique à terre. En effet les Chantiers de l’Atlantique ont diversifié leur activité dans les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Ils offraient ainsi un lieu idoine pour une table ronde sur ce sujet qui a réuni Frédéric GRIZAUD, son directeur « Business Unit Energies Marines », Stevens CURET, président de GE offshore France et GE Wind France SAS, et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores et auditeur de la 3e ESM. Ils ont pu approfondir les volets politique, économique, technique et administratif de ce secteur d’activité désormais en plein essor après un départ difficileen France. Les débats animés et passionnants ont ainsi permis aux auditeurs de découvrir l’extraordinaire dynamisme de cette jeune filière dont les impressionnantes perspectives étaient encore insoupçonnées il y a encore quelques années. En effet, à l’encontre des idées reçues, les EMR sont désormais capables de produire de l’électricité à un prix très compétitif. Elles constituent un enjeu majeur et, sans doute, une partie de la solution face à l’actuel défi climatique.

L’après-midi, les auditeurs ont appareillé pour l’usine voisine de General Electric (GE) où ils ont retrouvé Stevens CURET qui a ainsi pu leur montrer concrètement la construction des éoliennes dont il leur avait parlé lors de la table ronde du matin. La chaîne de montage des rotors d’éoliennes offshores flottantes, blocs de plus de 400 tonnes, assemblés au millimètre près, a particulièrement impressionné les auditeurs par la dimension des objets manipulés mais aussi par la performance technologique et la maîtrise d’un processus permettant de produire un rotor tous les trois jours. Ils ont ainsi pu réaliser la dimension de ces éoliennes gigantesques dont la hauteur peut avoisiner celle de la tour Eifel.

Le dernier moment fort de la journée fût l’accueil au pôle national de formation de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), qui sauve environ 8000 personnes par an, tant sur les plages qu’au large, portant haut la solidarité des gens de mer qui anime tous les marins. Après un débat de plus d’une heure sur les enjeux de cette grande cause nationale, Didier Moreau, directeur de la formation de la SNSM, a lâché les auditeurs à la barre des vedettes de sauvetage des simulateurs de navigation du pôle de formation. Si l’appareillage par beau temps s’est relativement bien passé, , les auditeurs se sont retrouvés rapidement dépassés avec l’arrivée des orages et de la nuit, touchant ainsi du doigt  les conditions particulièrement difficiles rencontrées par les bénévoles de la SNSM lors des opérations de secours aux naufragés..

Dès potron-minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinéefut consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime, mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les différents travaux de recherche conduits par le CEA ont particulièrement passionné les auditeurs, car ils se situent au cœur des travaux de réflexion sur le thème de la souveraineté qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi, les auditeurs ont consacré leur demi-journée à leurs travaux de comité, dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN lors de leur prochain séminaire le 20 et 21 novembre à Toulon.

Des gestes barrières et une distanciation sociale qui n’entament pas l’attention des auditeurs lors des explications de Philippe Kasse, directeur de la communication des chantiers de l’Atlantique
Table-ronde sur les EMR avec Frédéric GRIZAUD, Stevens CURET et Vincent BALES
Les auditeurs à bord du VIRTUOSA autour des responsables du navire
Les auditeurs devant les impressionnants rotors des éoliennes offshores
A la barre d’une vedette du simulateur de la SNSM, une auditrice porte secours à un ferry en feu
Didier Besnard répond aux auditeurs
Pierre Serre-Combes expose aux auditeurs sa vision des enjeux de souveraineté scientifiques et technologiques
Pierre Baclet en pleine démonstration

Mission « Europe » et dernier accostage pour la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

La mission « Europe », reportée aux 28 et 29 septembre 2020 en raison du confinement imposé par la pandémie, permit aux auditeurs de se retrouver une dernière fois dans le cadre de la session. Ils se sont ainsi rendus à Bruxelles, cœur des institutions européennes où ils purent découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre  pour y faire face, et comment la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe capable d’affronter les défis du monde d’aujourd’hui qui ne font que croître avec le retour des Etats puissance, leur politique du fait accompli, le moindre respect du droit international et l’effritement du multilatéralisme.      

Application stricte des mesures de protection contre la pandémie COVID 19 : prise de température matinale

Dès le vendredi matin, la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne (RPUE) a plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. Claire RAULIN, ambassadrice de France auprès du Comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE, a abordé les enjeux sécuritaires du Brexit  avec ses conséquences pour la France et son positionnement au sein de l’UE.

Claire RAULIN, ambassadrice de France auprès du Comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE, en plein débat avec les auditeurs

Le vice-amiral d’escadre Henri SCRICKE, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et du comité militaire de l’OTAN, s’est concentré sur les questions militaires et maritimes avec le délicat partage des rôles entre l’OTAN et l’UE dans un domaine particulièrement sensible qui touche directement la souveraineté des Etats-membres.

Le vice-amiral d’escadre Henri SCRICKE, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et du comité militaire de l’OTAN, s’adressant aux auditeurs

Enfin, Ludovic BUTEL, conseiller chargé des négociations avec le Royaume-Uni au sein de la RPUE a permis aux auditeurs de découvrir et de répondre à leur question sur les « Enjeux du Brexit dans le domaine maritime ». Edouard SIMON, directeur de recherche à l’IRIS spécialisé sur les questions de sécurité et de défense européennes a présenté l’Europe de la défense et les enjeux de politique industrielle et d’armement.

Edouard SIMON, directeur de recherche à l’IRIS, donne aux auditeurs sa vision de l’Europe de la Défense

Enfin, Théo BARBE et Paul AVRILLIER, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont notamment permis aux auditeurs de découvrir comment la politique commune de la pêche (PCP) a permis la reconstitution de certains stocks de poissons et les efforts mis en œuvre par l’UE pour limiter la pollution par les navires. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à son niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire et à promouvoir la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens.

Théo BARBE et Paul AVRILLIER, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE

Le samedi, davantage consacré aux intervenants des institutions européennes, a commencé par une table ronde sur la « Coopération structurée permanente » (CSP) avec Arnaud MIGOUX, Chef de secteur au SEAE, l’ingénieur général de l’armement Yves CALECA, Conseiller armement au sein de la RPUE et Jean-Charles BOULAT de Naval Group. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir des avancées insoupçonnées dans le domaine de la défense et encore inconcevables il y a moins de 10 ans, telles que la création du Fond européen de défense (FED) et la montée en puissance de cette CSP dans les domaines opérationnel et capacitaires. 

Table ronde sur la « Coopération structurée permanente » (CSP)

Le député européen Pierre KARLESKIND, président de la commission pêche et vice-président de celle chargée de la biodiversité et de l’intercommission Mer au sein du parlement européen, a présenté la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne. Il a longuement expliqué aux auditeurs le processus de négociation interne au parlement et rappelé le succès de la PCP. Après avoir abordé les enjeux en matière de sécurité et sûreté maritimes, la matinée s’est terminée par un très riche débat avec les auditeurs sur les grands défis du Brexit, en particulier pour la pêche.    

Pierre Karleskind, député européen, recueille les questions des auditeurs

L’après-midi a débuté par une table-ronde sur la « Stratégie de sûreté maritime de l’UE » regroupant Alexandre CHIRIC de la DG Mare[1],  Oren Wolf du SEAE[2] de la DG Mare et le contre-amiral Jean-Marie L’HUISSIER, spécialiste des systèmes d’information et de communication. Les auditeurs ont ainsi pu réfléchir et débattre sur des sujets aussi importants et divers que la coopération maritime entre les pays membres, la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la coopération structurée permanente (CSP) ou l’interopérabilité des systèmes d’information des Etats-membres.

C’est à Isabelle VIALLON, de la DG Mare, qu’est revenu l’honneur de clore la mission « Europe » de la session en animant un débat sur une économie maritime durable. Elle a notamment évoqué les grands enjeux liés à l’autonomie stratégique de l’Europe, le défi que représente pour l’UE la mise en place d’une économie circulaire qui permette la durabilité des chaînes de valeur, la définition d’un juste équilibre entre le climat, la protection de la biodiversité et l’exploitation raisonnée des mers et des océans tout en ne créant pas de distorsion de concurrence aux dépens des entreprises européennes.

Isabelle Viallon, en plein débat sur l’économie maritime durable

La journée s’est terminée par la remise de son diplôme à chacun des auditeurs par le général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN et le traditionnel dîner de clôture teinté d’une certaine nostalgie liée à la séparation proche mais aussi sans doute amplifiée par une ambiance festive contenue en raison de l’application des gestes barrières imposés par la COVID 19.

Remise des diplômes par le général de corps d’armées Patrick Destremau, directeur de l‘IHEDN – Seul le diplôme n’est pas masqué !

[1] Direction générale de la Mer de la commission européenne.

[2] Service européen pour l’action extérieure

« Terminé barre et machines » pour la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

Quelle année pour les 35 auditeurs de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne en septembre 2019 et les restitutions de leur travaux de comité. Leur longue navigation les aura conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, mais aussi Djibouti. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et dans la plus stricte application des gestes barrières contre le COVID 19 qu’ils se sont retrouvés le 18 juin à l’École militaire pour les restitutions de leurs travaux.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le Contre-amiral Jean-François Quérat, Secrétaire général de la mer par intérim, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animés toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Arctique, des énergies offshores ainsi que sur la montée des eaux.

À l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers, les auditeurs des anciennes sessions qui étaient présents n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leurs retranchements.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le contre-amiral Jean-François Quérat a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leurs livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France, notamment dans le cadre de prise par la France en 2022 de la présidence de l’Union Européenne. Que de pistes ainsi ouvertes pour les prochaines sessions ! Les futurs auditeurs ont du pain sur la planche.

C’est donc avec la satisfaction du devoir accompli, une cohésion encore renforcée et beaucoup de nostalgie que les auditeurs se sont quittés tard dans la nuit après le traditionnel buffet gaulois rythmé par des rires et des chants de marin. Pour autant, ils se retrouveront après les vacances pour effectuer leur mission Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et recevoir leur diplôme avec les auditeurs des autres sessions nationales.

Bien davantage qu’un aboutissement, ce diplôme d’auditeur de l’IHEDN représente une véritable lettre de mission pour l’avenir. C’est pourquoi, le contre-amiral Yves Postec, commandant de la marine à Paris et directeur du centre des études stratégiques de la Marine est venu leur présenter les réserves de la Marine. Jérôme de Labriffe, président de l’association des auditeur, et Hélène Mazeran leurs ont décrit les multiples possibilités d’action au sein de l’association. Autant de possibilités offertes aux auditeurs pour faire fructifier la formation reçue à l’IHEDN.

Ouverture du colloque par Didier Dillard, Président d’Orange Marine et fraîchement élu président de la session

Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et auditeur d’une session précédente, en plein débat sur la montée du niveau des mers et des océans.

Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et auditeur d’une session précédente, en plein débat sur la montée du niveau des mers et des océans.

Intervention de clôture de la session par le contre-amiral Jean-François Quérat, Secrétaire général de la mer par intérim.

Webinaire sur les thèmes du climat et de l’énergie pour la 5e session nationale « enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs autour d’Olivier Schmitt pour la restitution de leurs travaux

Le Covid 19 n’empêche pas l’IHEDN de poursuivre sa mission et, dans un esprit de continuité et d’innovation dans le plus strict respect des directives en vigueur, la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN a transformé un séminaire initialement prévu à Paris à l’Ecole militaire les 15 et 16 mai en « Webinaire » inédit.

Les auditeurs attendaient avec impatience ces deux jours car, outre le plaisir de se retrouver, ils allaient réfléchir aux grands enjeux climatiques et énergétiques. Or, l’importance des océans dans ces enjeux n’est plus à démontrer que ce soit pour leur rôle majeur dans l’évolution du climat ou pour leurs ressources énergétiques, en particulier les perspectives offertes par l’éolien offshore. En outre, le thème annuel de la session et les travaux qui leur ont été confiés portent sur ces problématiques. Et, ils n’ont pas été déçus car, dans la plus pure tradition de l’IHEDN, ils ont pu débattre avec des experts de très haut niveau et internationalement reconnus qui se sont prêtés au jeu sans langue de bois.

Le vendredi a débuté par une intervention d’Olivier Appert, ancien président de l’IFPEN[1] et du Conseil français de l’énergie, et actuellement conseiller du centre Energie de l’IFRI[2], sur la géopolitique de l’énergie. Ce fut l’occasion pour tous de mieux comprendre les fondamentaux de la politique de l’énergie et la très grande inertie de ce secteur qui demande une vision de long terme et des investissements colossaux. Les échanges aussi passionnés que passionnants ont également abordés les enjeux maritimes qui s’y rapportent, en particulier ceux liés à l’Arctique et l’impact de la pandémie actuelle.

Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA[3], co-présidente du groupe n°1 du GIEC[4] et membre du Haut conseil pour le Climat a ensuite animé la réflexion des auditeurs sur les grands enjeux du climat. D’une rigueur scientifique et d’une clarté exemplaire, sa démonstration sur l’impact des activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, a fortement impressionné les auditeurs. Ces derniers sont désormais convaincus qu’il est urgent d’agir, malgré l’inertie des phénomènes, car l’avenir des générations futures en dépend.

Toujours virtuellement, les auditeurs se sont projetés outre-mer en début d’après-midi pour réfléchir aux grands enjeux des territoires ultramarins. Ils ont pour cela été rejoints par le capitaine de vaisseau Hervé Hamelin, coordonnateur ministériel en matière de sécurité des espaces maritimes, et Max Dubois, président d’R&DOM[5] qui animèrent leur réflexion avec brio. Les auditeurs ont ainsi pu mieux percevoir à quel point la dimension maritime de la France se situe outre-mer et combien son influence dans le monde en dépend grâce à son positionnement comme nation riveraine de tous les océans. L’importance stratégique de la France ultramarine leur apparait désormais comme une évidence ainsi que la nécessité de veiller à sa sécurité comme à son développement économique dans le respect de la diversité de ces territoires. D’ailleurs, la pandémie du Covid 19 pourrait être une opportunité pour repenser cette politique.

Le dernier débat de la journée ne fut pas moins animé que les précédents grâce à Jean-Marc Jancovici. Associé fondateur de Carbone 4, fondateur et président de Shift Project et également membre du Haut conseil pour le Climat, il a animé avec son brio, sa verve et son absence de langue de bois désormais bien connus, la réflexion des auditeurs sur le thème « Climat et énergie, perspectives, impact économique et sociétal ». Sans surprise, il a impressionné son auditoire par l’originalité de ses approches et le caractère incisif de ses propos. Plus aucun auditeur ne doute de l’importance de l’énergie sur l’activité humaine et de la nécessité d’adapter le développement des sociétés à la disponibilité d’une ressource en grande partie non renouvelable.

Toujours confinés et connectés, les auditeurs ont rejoint le samedi matin deux auditeurs de sessions « Enjeux et stratégies maritimes » précédentes : Paul de La Guérivière, président fondateur d’Idéol et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores. Avec eux, ils se sont plongés dans l’univers des Énergies Marines Renouvelables (EMR). À travers des débats animés, ils ont approfondi les volets politique, économique, technique et administratif de cette filière novatrice et pleine de promesse. Ils ont découvert les principaux freins à son développement en France et, qu’à l’encontre des idées reçues, les EMR étaient désormais capables de produire de l’électricité à un prix compétitif.

La matinée s’est conclue par une dernière réflexion sur les perspectives et les enjeux juridiques liés au climat et à la protection des océans. Pour animer leurs débats, les auditeurs ont eu la chance de bénéficier de la présence d’un acteur majeur de la diplomatie Française dans le domaine maritime : Serge Ségura, ambassadeur de France chargé des océans. Comme à son habitude, il a su les captiver par sa connaissance du sujet ainsi que par le brio et le recul de son analyse. Il leur a montré que, malgré les difficultés, la communauté internationale ne restait pas inactive face à ces enjeux et que la France dont la voix était écoutée pouvait jouer un rôle non négligeable.

Le samedi après-midi fut consacré à la restitution tant attendue par les auditeurs de leurs travaux de réflexions devant leurs camarades et Olivier Schmitt, directeur des études et de la recherche de l’IHEDN. Pendant 4 heures, les débats ont été particulièrement riches sur les trois sujets qui leur avait été confiés : la politique et les stratégies de l’Etat en océan Arctique, la question du développement durable des énergies offshore ainsi que l’acquisition des connaissances nécessaires à l’anticipation et à la prévention des conséquences de la montée des eaux. Olivier Schmitt a ainsi pu leur faire part de sa vive satisfaction pour le travail fourni et leur prodiguer des conseils avisés pour améliorer encore la présentation de leurs rapports.

Particulièrement heureux de ce séminaire « à distance » passionnant, les auditeurs ont dû se quitter virtuellement un peu frustrés de n’avoir pu se retrouver à l’Ecole Militaire pour échanger de vive voix, mais avec l’espoir de se retrouver rapidement en « chair et en os » dans le respect des gestes barrières !

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[1] Institut français du pétrole et des énergies nouvelles.

[2] Institut français des relations internationales

[3] Commissariat à l’énergie atomique

[4] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

[5] République et développement Outremer

Mission à Djibouti des auditeurs de la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Le vendredi 10 janvier 2020 dès cinq heures du matin, les auditeurs de la 5e session « Enjeux et stratégies maritimes » et leurs camarades des autres sessions nationales de l’IHEDN convergent dans la nuit sombre et le froid vers l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Ils décolleront à bord d’un A340 de l’armée de l’Air pour se poser en fin de journée dans l’un des pays les plus chauds de la planète : Djibouti.

Ce n’est pas un hasard si ce pays a été choisi au regard de son positionnement stratégique dans la corne de l’Afrique, sur une route maritime vitale pour l’économie mondiale et au cœur d’une région particulièrement instable. Toutes les grandes puissances s’y intéressent et certaines y ont établi des bases militaires. Enfin, des liens uniques l’unissent avec la France dont les armées bénéficient d’un théâtre unique d’entraînement, d’aguerrissement et de prépositionnement de ses forces. Djibouti constitue ainsi une destination privilégiée, permettant aux auditeurs de l’IHEDN d’appréhender un grand nombre de problématiques géopolitiques au cœur des enjeux de défense et de sécurité du monde d’aujourd’hui. C’était également pour eux l’occasion unique de découvrir les capacités de leurs armées dans un contexte très proche de celui des théâtres d’opérations. La représentation diplomatique françaises et les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) leur avaient donc concocté une mission particulièrement riche et dense, les faisant osciller entre débats stratégiques et démonstrations opérationnelles sur le terrain.

Très tôt le samedi matin, S.E. Monsieur Arnaud Guillois, ambassadeur de France à Djibouti et le général de division aérienne Éric Gernez, commandant des FFDJ ont chaleureusement accueilli les auditeurs pour les éclairer sur les intérêts et les ambitions de la France dans cette région du monde et le rôle majeur joué par nos forces armées. Puis sont intervenus successivement S.E. Monsieur Aidan O’Hara, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne, S.E. Monsieur Larry Andre, ambassadeur des Etats-Unis et Madame Barbara Manzi, coordinatrice résidente du système des Nations unies pour donner la vision de leur pays ou de leur organisation sur les grands enjeux dans les domaines de la sécurité, du social, du développement économique et de l’environnement.

S.E. Monsieur Aidan O’Hara, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne, s’adressant aux auditeurs

Ce fut ensuite l’embarquement dans des camions de transport de troupes, deux heures de piste et un frugal casse-croute avant d’assister à une démonstration de combat en zone désertique sur le fameux site de Koron. L’engagement coordonné d’un groupe tactique interarmes (GTIA) de l’armée de Terre, appuyé par un ballet aérien de Pumas, de Gazelles et de Mirage 2000 virevoltant autour d’une colonne de chars AMX 10 RC, de véhicules de l’avant blindés (VAB) et de véhicules blindés légers (VBL) faisaient feu de tout bois de leurs canons ou de leurs mitrailleuses lourdes. Le réalisme de l’engagement du 5e Régiment interarmes d’outre-mer ainsi que le professionnalisme et la pédagogie de ses soldats, tout autant que leur simplicité et leur gentillesse, ont particulièrement impressionné les auditeurs.

Tir réel d’AMX10 RC du 5e RIAOM sur le site de Koron

Mais la journée était loin d’être terminée. Deux nouvelles petites heures de piste ont permis aux auditeurs de rejoindre le mythique Grand Bara pour assister à une démonstration des capacités de l’armée de l’Air. Police du ciel, ravitaillement en vol, « Show off force », déposes par corde lisse et récupération en « grappe » de commandos marine par hélicoptère ou encore posé tactique sur piste d’atterrissage sommaire, autant d’opérations réalisées sous un magnifique soleil couchant qui ont émerveillé les auditeurs.

Ravitaillement en vol au coucher du soleil

La nuit tombée, ils ont réembarqué dans les camions pour rejoindre le lieu du bivouac où un camp éphémère leur avait été dressé par les FFDJ qui, à nouveau, leur ont fait une démonstration d’organisation. S’est alors manifestée une véritable fraternité d’armes autour d’un barbecue et de chants de soldats et de marins qui résonnèrent tard dans la nuit du désert djiboutien. Même la levée du fameux khamsin, ce vent de sable bien connu dans le pays qui a envahi les assiettes et forgé de magnifiques chevelures rouges aux auditeurs, n’a pu altérer l’enthousiasme ambiant, bien au contraire !

Ce fut donc une nuit particulièrement courte qui s’est brutalement arrêtée au son du clairon le dimanche matin à 4h30. Après le luxe d’une douche chaude (pour certains) et un rapide petit déjeuner, l’émotion fut à son comble lors de la levée des couleurs au son des hymnes djiboutiens et français. Les auditeurs se souviendront longtemps de la Mareillaise chantée a capella au lever du soleil en plein désert. Mais le ronronnement des camions se faisait déjà entendre et il fallait de nouveau embarquer pour deux nouvelles heures de piste afin d’arriver à Arta Plage pour une démonstration d’action antiterroriste de la mer vers la terre des commandos marine, appuyés par des moyens aériens des armées de Terre et de l’Air.

Lever des couleurs et Marseillaise a capella au Grand Bara

Largués en parachute avec tous leur équipement – embarcation rapide inclue – par un avion de transport tactique, les commandos marine investirent à la nage, la plage tenue par un groupe terroriste hostile pour sécuriser le « beachage » de navires amphibies qui mirent à terre des moyens de combat plus lourds. Les otages libérés, les commandos furent exfiltrés en grappe par Puma sous la protection de Mirage 2000 aussi rapidement qu’ils étaient venus. Cette découverte de capacités aussi insoupçonnées que spectaculaires des forces spéciales françaises restera pour les auditeurs un moment fort de leur mission. Le retour à Djibouti par mer à bord des bâtiments amphibies ou des embarcations rapides des commandos marines fut l’occasion de découvrir le golfe de Tadjourah. La fatigue commençant à se faire sentir, le doux bercement lié au roulis des bâtiments permit à certains d’auditeurs de s’offrir un court moment de récupération.

Dépose par Puma d’un groupe d’infanterie du 5e RIAOM

Car la journée n’était pas finie. Après ces moments uniques sur le terrain, le dimanche après-midi fut consacré à la visite de la base chinoise puis du poste de commandement et de l’avion de patrouille maritime espagnol de l’opération Atalante. Cette longue journée particulièrement riche et dense s’est conclue à la résidence du commandant des FFDJ pour un dernier moment d’échanges en présence de diverses personnalités françaises et étrangères présentes à Djibouti. Enfin, les auditeurs qui avaient encore un peu d’énergie ont pu faire un rapide passage en ville pour découvrir des djiboutiens toujours aussi accueillants, en particulier pour les Français.

Après une nuit bien méritée et nourris de l’expérience du terrain, les auditeurs ont pu poursuivre le lundi matin leurs réflexions stratégiques avec un nouveau regard. M. Olivier Gasbarian du groupe RUBIS leur a permis de mieux appréhender les enjeux liés aux approvisionnements des flux pétroliers et gaziers dans la région de Djibouti. Puis, ce fut le bouquet final avec un dernier débat sans tabou autour du commandant des FFDJ et de l’ambassadeur de France. Les auditeurs ont ensuite pris l’avion pour rentrer en métropole avec un dernier au revoir d’un Mirage 2000 des FFDJ, encore des étoiles plein les yeux, impressionnés par la qualité de l’accueil qui leur a été réservé et fiers des capacités et du professionnalisme de leurs armées. Fatigués mais heureux, les auditeurs garderont longtemps dans leur mémoire cette mission unique sur le sol de Djibouti.

Derniers débats d’une grande franchise avec S.E. Monsieur Arnaud Guillois et le général Éric Gernez