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« Terminé barre et machines » pour la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

 

Quelle année pour les 35 auditeurs de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne en septembre 2019 et les restitutions de leur travaux de comité. Leur longue navigation les aura conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, mais aussi Djibouti. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et dans la plus stricte application des gestes barrières contre le COVID 19 qu’ils se sont retrouvés le 18 juin à l’École militaire pour les restitutions de leurs travaux.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le Contre-amiral Jean-François Quérat, Secrétaire général de la mer par intérim, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animés toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Arctique, des énergies offshores ainsi que sur la montée des eaux.

À l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers, les auditeurs des anciennes sessions qui étaient présents n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leurs retranchements.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le contre-amiral Jean-François Quérat a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leurs livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France, notamment dans le cadre de prise par la France en 2022 de la présidence de l’Union Européenne. Que de pistes ainsi ouvertes pour les prochaines sessions ! Les futurs auditeurs ont du pain sur la planche.

C’est donc avec la satisfaction du devoir accompli, une cohésion encore renforcée et beaucoup de nostalgie que les auditeurs se sont quittés tard dans la nuit après le traditionnel buffet gaulois rythmé par des rires et des chants de marin. Pour autant, ils se retrouveront après les vacances pour effectuer leur mission Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et recevoir leur diplôme avec les auditeurs des autres sessions nationales.

Bien davantage qu’un aboutissement, ce diplôme d’auditeur de l’IHEDN représente une véritable lettre de mission pour l’avenir. C’est pourquoi, le contre-amiral Yves Postec, commandant de la marine à Paris et directeur du centre des études stratégiques de la Marine est venu leur présenter les réserves de la Marine. Jérôme de Labriffe, président de l’association des auditeur, et Hélène Mazeran leurs ont décrit les multiples possibilités d’action au sein de l’association. Autant de possibilités offertes aux auditeurs pour faire fructifier la formation reçue à l’IHEDN.

 

Ouverture du colloque par Didier Dillard, Président d’Orange Marine et fraîchement élu président de la session

 

Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et auditeur d’une session précédente, en plein débat sur la montée du niveau des mers et des océans.

Jérôme Bignon, sénateur de la Somme et auditeur d’une session précédente, en plein débat sur la montée du niveau des mers et des océans.

Intervention de clôture de la session par le contre-amiral Jean-François Quérat, Secrétaire général de la mer par intérim.

Webinaire sur les thèmes du climat et de l’énergie pour la 5e session nationale « enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs autour d’Olivier Schmitt pour la restitution de leurs travaux

Le Covid 19 n’empêche pas l’IHEDN de poursuivre sa mission et, dans un esprit de continuité et d’innovation dans le plus strict respect des directives en vigueur, la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN a transformé un séminaire initialement prévu à Paris à l’Ecole militaire les 15 et 16 mai en « Webinaire » inédit.

Les auditeurs attendaient avec impatience ces deux jours car, outre le plaisir de se retrouver, ils allaient réfléchir aux grands enjeux climatiques et énergétiques. Or, l’importance des océans dans ces enjeux n’est plus à démontrer que ce soit pour leur rôle majeur dans l’évolution du climat ou pour leurs ressources énergétiques, en particulier les perspectives offertes par l’éolien offshore. En outre, le thème annuel de la session et les travaux qui leur ont été confiés portent sur ces problématiques. Et, ils n’ont pas été déçus car, dans la plus pure tradition de l’IHEDN, ils ont pu débattre avec des experts de très haut niveau et internationalement reconnus qui se sont prêtés au jeu sans langue de bois.

Le vendredi a débuté par une intervention d’Olivier Appert, ancien président de l’IFPEN[1] et du Conseil français de l’énergie, et actuellement conseiller du centre Energie de l’IFRI[2], sur la géopolitique de l’énergie. Ce fut l’occasion pour tous de mieux comprendre les fondamentaux de la politique de l’énergie et la très grande inertie de ce secteur qui demande une vision de long terme et des investissements colossaux. Les échanges aussi passionnés que passionnants ont également abordés les enjeux maritimes qui s’y rapportent, en particulier ceux liés à l’Arctique et l’impact de la pandémie actuelle.

Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA[3], co-présidente du groupe n°1 du GIEC[4] et membre du Haut conseil pour le Climat a ensuite animé la réflexion des auditeurs sur les grands enjeux du climat. D’une rigueur scientifique et d’une clarté exemplaire, sa démonstration sur l’impact des activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, a fortement impressionné les auditeurs. Ces derniers sont désormais convaincus qu’il est urgent d’agir, malgré l’inertie des phénomènes, car l’avenir des générations futures en dépend.

Toujours virtuellement, les auditeurs se sont projetés outre-mer en début d’après-midi pour réfléchir aux grands enjeux des territoires ultramarins. Ils ont pour cela été rejoints par le capitaine de vaisseau Hervé Hamelin, coordonnateur ministériel en matière de sécurité des espaces maritimes, et Max Dubois, président d’R&DOM[5] qui animèrent leur réflexion avec brio. Les auditeurs ont ainsi pu mieux percevoir à quel point la dimension maritime de la France se situe outre-mer et combien son influence dans le monde en dépend grâce à son positionnement comme nation riveraine de tous les océans. L’importance stratégique de la France ultramarine leur apparait désormais comme une évidence ainsi que la nécessité de veiller à sa sécurité comme à son développement économique dans le respect de la diversité de ces territoires. D’ailleurs, la pandémie du Covid 19 pourrait être une opportunité pour repenser cette politique.

Le dernier débat de la journée ne fut pas moins animé que les précédents grâce à Jean-Marc Jancovici. Associé fondateur de Carbone 4, fondateur et président de Shift Project et également membre du Haut conseil pour le Climat, il a animé avec son brio, sa verve et son absence de langue de bois désormais bien connus, la réflexion des auditeurs sur le thème « Climat et énergie, perspectives, impact économique et sociétal ». Sans surprise, il a impressionné son auditoire par l’originalité de ses approches et le caractère incisif de ses propos. Plus aucun auditeur ne doute de l’importance de l’énergie sur l’activité humaine et de la nécessité d’adapter le développement des sociétés à la disponibilité d’une ressource en grande partie non renouvelable.

Toujours confinés et connectés, les auditeurs ont rejoint le samedi matin deux auditeurs de sessions « Enjeux et stratégies maritimes » précédentes : Paul de La Guérivière, président fondateur d’Idéol et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores. Avec eux, ils se sont plongés dans l’univers des Énergies Marines Renouvelables (EMR). À travers des débats animés, ils ont approfondi les volets politique, économique, technique et administratif de cette filière novatrice et pleine de promesse. Ils ont découvert les principaux freins à son développement en France et, qu’à l’encontre des idées reçues, les EMR étaient désormais capables de produire de l’électricité à un prix compétitif.

La matinée s’est conclue par une dernière réflexion sur les perspectives et les enjeux juridiques liés au climat et à la protection des océans. Pour animer leurs débats, les auditeurs ont eu la chance de bénéficier de la présence d’un acteur majeur de la diplomatie Française dans le domaine maritime : Serge Ségura, ambassadeur de France chargé des océans. Comme à son habitude, il a su les captiver par sa connaissance du sujet ainsi que par le brio et le recul de son analyse. Il leur a montré que, malgré les difficultés, la communauté internationale ne restait pas inactive face à ces enjeux et que la France dont la voix était écoutée pouvait jouer un rôle non négligeable.

Le samedi après-midi fut consacré à la restitution tant attendue par les auditeurs de leurs travaux de réflexions devant leurs camarades et Olivier Schmitt, directeur des études et de la recherche de l’IHEDN. Pendant 4 heures, les débats ont été particulièrement riches sur les trois sujets qui leur avait été confiés : la politique et les stratégies de l’Etat en océan Arctique, la question du développement durable des énergies offshore ainsi que l’acquisition des connaissances nécessaires à l’anticipation et à la prévention des conséquences de la montée des eaux. Olivier Schmitt a ainsi pu leur faire part de sa vive satisfaction pour le travail fourni et leur prodiguer des conseils avisés pour améliorer encore la présentation de leurs rapports.

Particulièrement heureux de ce séminaire « à distance » passionnant, les auditeurs ont dû se quitter virtuellement un peu frustrés de n’avoir pu se retrouver à l’Ecole Militaire pour échanger de vive voix, mais avec l’espoir de se retrouver rapidement en « chair et en os » dans le respect des gestes barrières !

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[1] Institut français du pétrole et des énergies nouvelles.

[2] Institut français des relations internationales

[3] Commissariat à l’énergie atomique

[4] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

[5] République et développement Outremer

Mission à Djibouti des auditeurs de la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Le vendredi 10 janvier 2020 dès cinq heures du matin, les auditeurs de la 5e session « Enjeux et stratégies maritimes » et leurs camarades des autres sessions nationales de l’IHEDN convergent dans la nuit sombre et le froid vers l’aéroport Roissy Charles de Gaulle. Ils décolleront à bord d’un A340 de l’armée de l’Air pour se poser en fin de journée dans l’un des pays les plus chauds de la planète : Djibouti.

Ce n’est pas un hasard si ce pays a été choisi au regard de son positionnement stratégique dans la corne de l’Afrique, sur une route maritime vitale pour l’économie mondiale et au cœur d’une région particulièrement instable. Toutes les grandes puissances s’y intéressent et certaines y ont établi des bases militaires. Enfin, des liens uniques l’unissent avec la France dont les armées bénéficient d’un théâtre unique d’entraînement, d’aguerrissement et de prépositionnement de ses forces. Djibouti constitue ainsi une destination privilégiée, permettant aux auditeurs de l’IHEDN d’appréhender un grand nombre de problématiques géopolitiques au cœur des enjeux de défense et de sécurité du monde d’aujourd’hui. C’était également pour eux l’occasion unique de découvrir les capacités de leurs armées dans un contexte très proche de celui des théâtres d’opérations. La représentation diplomatique françaises et les forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ) leur avaient donc concocté une mission particulièrement riche et dense, les faisant osciller entre débats stratégiques et démonstrations opérationnelles sur le terrain.

Très tôt le samedi matin, S.E. Monsieur Arnaud Guillois, ambassadeur de France à Djibouti et le général de division aérienne Éric Gernez, commandant des FFDJ ont chaleureusement accueilli les auditeurs pour les éclairer sur les intérêts et les ambitions de la France dans cette région du monde et le rôle majeur joué par nos forces armées. Puis sont intervenus successivement S.E. Monsieur Aidan O’Hara, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne, S.E. Monsieur Larry Andre, ambassadeur des Etats-Unis et Madame Barbara Manzi, coordinatrice résidente du système des Nations unies pour donner la vision de leur pays ou de leur organisation sur les grands enjeux dans les domaines de la sécurité, du social, du développement économique et de l’environnement.

S.E. Monsieur Aidan O’Hara, ambassadeur de la délégation de l’Union européenne, s’adressant aux auditeurs

Ce fut ensuite l’embarquement dans des camions de transport de troupes, deux heures de piste et un frugal casse-croute avant d’assister à une démonstration de combat en zone désertique sur le fameux site de Koron. L’engagement coordonné d’un groupe tactique interarmes (GTIA) de l’armée de Terre, appuyé par un ballet aérien de Pumas, de Gazelles et de Mirage 2000 virevoltant autour d’une colonne de chars AMX 10 RC, de véhicules de l’avant blindés (VAB) et de véhicules blindés légers (VBL) faisaient feu de tout bois de leurs canons ou de leurs mitrailleuses lourdes. Le réalisme de l’engagement du 5e Régiment interarmes d’outre-mer ainsi que le professionnalisme et la pédagogie de ses soldats, tout autant que leur simplicité et leur gentillesse, ont particulièrement impressionné les auditeurs.

Tir réel d’AMX10 RC du 5e RIAOM sur le site de Koron

Mais la journée était loin d’être terminée. Deux nouvelles petites heures de piste ont permis aux auditeurs de rejoindre le mythique Grand Bara pour assister à une démonstration des capacités de l’armée de l’Air. Police du ciel, ravitaillement en vol, « Show off force », déposes par corde lisse et récupération en « grappe » de commandos marine par hélicoptère ou encore posé tactique sur piste d’atterrissage sommaire, autant d’opérations réalisées sous un magnifique soleil couchant qui ont émerveillé les auditeurs.

Ravitaillement en vol au coucher du soleil

La nuit tombée, ils ont réembarqué dans les camions pour rejoindre le lieu du bivouac où un camp éphémère leur avait été dressé par les FFDJ qui, à nouveau, leur ont fait une démonstration d’organisation. S’est alors manifestée une véritable fraternité d’armes autour d’un barbecue et de chants de soldats et de marins qui résonnèrent tard dans la nuit du désert djiboutien. Même la levée du fameux khamsin, ce vent de sable bien connu dans le pays qui a envahi les assiettes et forgé de magnifiques chevelures rouges aux auditeurs, n’a pu altérer l’enthousiasme ambiant, bien au contraire !

Ce fut donc une nuit particulièrement courte qui s’est brutalement arrêtée au son du clairon le dimanche matin à 4h30. Après le luxe d’une douche chaude (pour certains) et un rapide petit déjeuner, l’émotion fut à son comble lors de la levée des couleurs au son des hymnes djiboutiens et français. Les auditeurs se souviendront longtemps de la Mareillaise chantée a capella au lever du soleil en plein désert. Mais le ronronnement des camions se faisait déjà entendre et il fallait de nouveau embarquer pour deux nouvelles heures de piste afin d’arriver à Arta Plage pour une démonstration d’action antiterroriste de la mer vers la terre des commandos marine, appuyés par des moyens aériens des armées de Terre et de l’Air.

Lever des couleurs et Marseillaise a capella au Grand Bara

Largués en parachute avec tous leur équipement – embarcation rapide inclue – par un avion de transport tactique, les commandos marine investirent à la nage, la plage tenue par un groupe terroriste hostile pour sécuriser le « beachage » de navires amphibies qui mirent à terre des moyens de combat plus lourds. Les otages libérés, les commandos furent exfiltrés en grappe par Puma sous la protection de Mirage 2000 aussi rapidement qu’ils étaient venus. Cette découverte de capacités aussi insoupçonnées que spectaculaires des forces spéciales françaises restera pour les auditeurs un moment fort de leur mission. Le retour à Djibouti par mer à bord des bâtiments amphibies ou des embarcations rapides des commandos marines fut l’occasion de découvrir le golfe de Tadjourah. La fatigue commençant à se faire sentir, le doux bercement lié au roulis des bâtiments permit à certains d’auditeurs de s’offrir un court moment de récupération.

Dépose par Puma d’un groupe d’infanterie du 5e RIAOM

Car la journée n’était pas finie. Après ces moments uniques sur le terrain, le dimanche après-midi fut consacré à la visite de la base chinoise puis du poste de commandement et de l’avion de patrouille maritime espagnol de l’opération Atalante. Cette longue journée particulièrement riche et dense s’est conclue à la résidence du commandant des FFDJ pour un dernier moment d’échanges en présence de diverses personnalités françaises et étrangères présentes à Djibouti. Enfin, les auditeurs qui avaient encore un peu d’énergie ont pu faire un rapide passage en ville pour découvrir des djiboutiens toujours aussi accueillants, en particulier pour les Français.

Après une nuit bien méritée et nourris de l’expérience du terrain, les auditeurs ont pu poursuivre le lundi matin leurs réflexions stratégiques avec un nouveau regard. M. Olivier Gasbarian du groupe RUBIS leur a permis de mieux appréhender les enjeux liés aux approvisionnements des flux pétroliers et gaziers dans la région de Djibouti. Puis, ce fut le bouquet final avec un dernier débat sans tabou autour du commandant des FFDJ et de l’ambassadeur de France. Les auditeurs ont ensuite pris l’avion pour rentrer en métropole avec un dernier au revoir d’un Mirage 2000 des FFDJ, encore des étoiles plein les yeux, impressionnés par la qualité de l’accueil qui leur a été réservé et fiers des capacités et du professionnalisme de leurs armées. Fatigués mais heureux, les auditeurs garderont longtemps dans leur mémoire cette mission unique sur le sol de Djibouti.

Derniers débats d’une grande franchise avec S.E. Monsieur Arnaud Guillois et le général Éric Gernez

Forte tempête pour le séminaire breton de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont dû naviguer par gros temps, à la fois social et météorologique, pour leur séminaire breton des 13 et 14 décembre 2019. Mais ces vents contraires n’ont pas réussi à émousser leur détermination. Le covoiturage a donc remplacé le rail malgré les embouteillages et davantage d’heures de route que de sommeil sous les giboulées. La session s’est donc retrouvée quasiment au complet pour un départ dès potron minet le vendredi matin vers l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER).

Ils furent accueillis par la directrice adjointe du centre de Brest, Valérie Mazauric, qui leur a présenté les missions de cet institut de renommée mondiale, référence française pour la connaissance du milieu marin et ses ressources. Son caractère stratégique a été rappelé début décembre par le président de la République lors des dernières assises de la Mer.

A l’Ifremer avec Madame Valérie Mazauric

Ensuite, lors d’une table ronde sur les grands enjeux de la connaissance des océans, ils ont échangé avec l’ingénieur général de l’armement Laurent Kerléguer, directeur du Service hydrographique de la Marine (SHOM) et deux chercheurs de l’IFREMER, Jean-Marc Daniel et Stéphane Jorry.  Les auditeurs ont alors découvert à quel point les mers et les océans étaient peu connus – beaucoup moins que la surface de la lune –, ainsi que leurs extraordinaires potentiels et leurs grandes fragilités face aux excès de l’activité humaine. Démonstration concrète de l’apport de la recherche à un secteur économique, la pêche, les travaux du laboratoire de recherche halieutique de José Zambonino ont captivé les auditeurs, qui seraient bien restés plus longtemps s’ils n’étaient pas été attendus à la préfecture maritime.

Devant le laboratoire de José Zambonino

En effet, ils purent visiter le MICA Centre qui permet une mise à jour permanente de la situation mondiale du trafic maritime et une grande réactivité d’intervention en cas d’incidents ou d’accidents, notamment face à la piraterie dans le golfe de Guinée. Le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, commandant la zone maritime Atlantique, a exposé aux auditeurs les grands enjeux de ce théâtre. Tant lors des débats suivant sa présentation que lors du déjeuner avec ses principaux collaborateurs auquel il les a conviés, les auditeurs ont été impressionnés par la largeur du spectre de ses responsabilités et sa grande liberté de ton.

Intervention du VAE Jean-Louis Lozier

Puis les auditeurs se sont rendus à l’Ile Longue où ils ont été accueillis par le contre-amiral Lecoq, adjoint au commandant des forces sous-marines et de la force océanique stratégique (FOST). Ils ont pu débattre avec lui des grands enjeux de la dissuasion nucléaire française avant l’aller visiter le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Vigilant.

C’est la tête pleine d’images et de rencontres inoubliables avec des marins passionnés auxquels est confié le cœur de l’indépendance stratégique de la France, que les auditeurs ont terminé la journée dans le bus qui les amena tard le soir à Lorient pour un rapide dîner et un repos bien mérité.

Les auditeurs étaient ainsi à pied d’œuvre pour se rendre tôt le lendemain matin sur la base de l’aéronautique navale de Lann-Bihoué où le contre-amiral Christophe Lucas, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos, puis le capitaine de vaisseau Serge Bordarier, commandant la base, leur ont fait partager les défis auxquels ils sont confrontés.

A Lann-Bihoué avec le contre-amiral Christophe Lucas et le capitaine de vaisseau Serge Bordarier

Les auditeurs ont ensuite visité un Atlantique 2, avion de patrouille maritime dont les capacités opérationnelles – en particulier l’armement qu’il met en œuvre (missiles, torpilles, bombes…) – et la grande variété de ses missions, conduites sur mer mais aussi sur terre, les a fortement impressionnés.  Mais surtout, comme la veille, c’est le professionnalisme et l’enthousiasme de ces « marins du ciel » qui les a le plus marqués.

Après la visite de l’Atlantique 2

Laurent Moser, directeur de Naval Group Lorient, a ensuite accueilli la session au sein du site de production des Frégates Européennes Multi-Missions (FREMM) où il a présenté la dimension technologique de ces bâtiments et les défis relevés par ses équipes pour respecter les délais de livraisons imposés. Les échanges se sont poursuivis à bord de la FREMM Alsace et dans la forme de construction de la FREMM Loraine, ces deux derniers bâtiments de la série disposant de performances antiaériennes accrues.

Les auditeurs ont enfin terminé cette escale bretonne en poursuivant leurs travaux de comités dans la Maison de l’Agglomération de Lorient mise à leur disposition pour l’occasion. Puis, en l’absence de train, ce fut pour la majorité, des retours par la route, certes longs mais animés par l’ambiance traditionnelle des équipages de marins, oubliant ainsi la fatigue de deux journées particulièrement denses.

Chez Naval Group après la visite du chantier et de la FREMM Alsace

Escale à Toulon de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Pour leur deuxième escale dans un port, les auditeurs de la 5e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” se sont rendus à Toulon les 15 et 16 novembre. Plongés dans l’univers interministériel de l’action de l’État en mer, ils ont ainsi pu rencontrer tous les grands acteurs qui y assurent quotidiennement la défense des intérêts de la France et la sécurité des Français, au premier rang desquels la Marine nationale, les Affaires maritimes, les Douanes et la Gendarmerie maritime. Les auditeurs ont été particulièrement impressionnés par la richesse et la franchise de leurs débats avec les plus hautes autorités de la Marine nationale et de ces administrations. Ils ont aussi beaucoup apprécié qu’elles leur consacrent autant de temps précieux pour réfléchir avec eux sur les grands défis auxquels elles sont confrontées et la façon dont elles les relèvent.

Le séminaire a été ouvert le vendredi matin par le vice-amiral d’escadre Laurent Isnard, commandant de la zone maritime Méditerranée et préfet maritime de la Méditerranée. Il a présenté aux auditeurs les grands enjeux stratégiques de la France en Méditerranée, espace maritime particulièrement sensible impacté par des crises et des menaces majeures : révolutions arabes, Syrie, Ukraine, Turquie/Malte, terrorisme, trafics d’armes, de stupéfiants et d’êtres humains…

Présentation des enjeux maritimes en Méditerranée par le vice-amiral d’escadre Laurent Isnard

Ils ont ensuite rencontré les grands acteurs des opérations aéronavales : le vice-amiral Olivier Lebas, adjoint “opérations” du commandant en chef et les contre-amiraux Bernard Velly, chef d’état-major de la force d’action navale, et Guillaume Goutay, commandant la force maritime de l’aéronautique navale. Ils ont ainsi pu découvrir le très haut niveau technologique des moyens de la marine – navires de surface, sous-marins et aéronefs – ainsi que l’expertise et la forte motivation des marins qui les mettent en œuvre. Mais ils ont également touché du doigt les difficultés rencontrées pour maintenir les équipements en condition opérationnelle ainsi que pour recruter et fidéliser des marins de qualité dans un contexte de pression opérationnelle croissante et de forte sollicitation des équipages.

Table ronde sur les opérations aéronavales

L’après-midi, dédiée à l’action de l’État en mer, débuta par une visite du CROSS[1] Méditerranée (CROSSMED) où les auditeurs furent accueillis par son directeur, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud. Au cœur de ce bras armé du préfet maritime, qui lui permet de mobiliser l’ensemble des moyens de l’État intervenant en mer, les auditeurs ont pu constater concrètement l’exceptionnelle efficacité de cette organisation interministérielle.

Au CROSSMED avec l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud

Cette synergie et la satisfaction unanime vis-à-vis de la coordination exercée par le préfet maritime se sont à nouveau manifestées lors de la table ronde qui les a réunis après la visite du CROSSMED. Le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime, l’administrateur en chef des affaires maritimes Jean-Luc Hall, directeur interrégional adjoint de la mer, Max Ballarin, directeur régional des garde-côtes de Méditerranée, le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement de Gendarmerie maritime de la Méditerranée et le capitaine de vaisseau Georges-Antoine Florentin, chef du centre des opérations maritimes de Toulon ont en effet affiché une complicité et un esprit de coopération interministériel exemplaires qui ont impressionné les auditeurs.

Table ronde sur l’action de l’État en mer

Cette journée s’acheva par une plongée dans les abysses grâce à une conférence de Michel l’Hour, éminent spécialiste de l’archéologie sous-marine et directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Il a su leur communiquer sa passion pour les richesses que recèlent les épaves du « plus grand musée du monde » qui, outre leur exceptionnel intérêt culturel et historique, peuvent représenter de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques.

Avec Michel l’Hour, directeur du DRASSM

Le lendemain matin, les visites du porte hélicoptère amphibie Mistral par son commandant, le capitaine de vaisseau Vincent Sébastien, et du sous-marin nucléaire d’attaque Perle par son commandant adjoint navire et l’officier de lutte anti-sous-marine ont permis d’aborder plus concrètement les concepts et théories abordées la veille. Mais ce fut surtout l’occasion pour les auditeurs de rencontrer des marins jeunes, enthousiastes et particulièrement compétents qui ont su leur faire partager leur passion pour un métier exigeant, exercé avec de fortes contraintes dans un environnement parfois difficile et confiné.

Après la visite du sous-marin nucléaire d’attaque « Perle »

Avant de rejoindre leurs pénates la tête remplie d’émotions fortes, les auditeurs ont conclu leur séminaire le samedi après-midi par un point d’avancement des études qui leur ont été confiées par la direction de l’IHEDN.

[1] Centre régional opérationnel de sécurité et de sauvetage.

Escale en Pays de Loire pour la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Le vendredi 18 octobre, riches de l’intervention matinale du Premier Ministre, Edouard Philippe, qui leur a permis de mieux comprendre les grands enjeux de sécurité et de défense qui nourrirons leur réflexion tout au long de leur formation à l’IHEDN, les auditeurs de la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire. Cette région est en effet particulièrement adaptée aux thèmes de ce séminaire axé sur la construction navale civile, les énergies marines renouvelables et les technologies marines innovantes.

Une première escale aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, actuel leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière, a permis aux auditeurs de découvrir le site emblématique de cette pépite de l’industrie navale française. Mais au-delà de ses infrastructures impressionnantes, comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Stéphane Bourhis, directeur financier du groupe, sur tous les grands enjeux de cette construction, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite d’un navire en cours de construction, puis du MSC Grandiosa prêt à prendre la mer pour sa croisière inaugurale.

Dès potron minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinée était en effet consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Hubert Lécuyer et Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir   l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les travaux de recherche conduits sur l’évolution du mix énergétique, le climat et la protection de l’environnement ont particulièrement passionné les auditeurs car ces trois domaines se situent au cœur des travaux de réflexion qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi a débuté par une intervention du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, qui avait fait spécialement le déplacement pour s’adresser aux auditeurs afin de leur faire part de sa vision      sur le rôle de l’IHEDN et les grands enjeux auxquels est confronté l’Institut. Il leur a également demandé un haut niveau d’implication et de qualité de réflexion afin que leurs travaux, attendus par les autorités de l’Etat, puissent les éclairer au mieux en amont de leurs prises de décision.

Forts des orientations et des directives, à la fois du Premier ministre et de leur directeur, les auditeurs ont consacré toute l’après-midi à leurs travaux de comité dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN le 16 novembre à Toulon lors de leur prochain séminaire.

 

Le Premier ministre s’adressant aux auditeurs

Les auditeurs dans la forme de montage des Chantiers de l’Atlantique

Les auditeurs devant le hall d’accueil du MSC Grandiosa

Les auditeurs à la passerelle du MSC Grandiosa

Hubert Lécuyer, co-directeur du Technocampus Océans, présente son écosystème

Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech, en débat avec les auditeurs

Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA, en pleine démonstration sur l’hydrogène

Les auditeurs attentifs à l’écoute des directives de leur directeur, le général de corps d’armée Patrick Destremau