SMHES

Séminaire de mars de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – Patrick Lefebvre

Ce séminaire était principalement consacré aux enjeux de sécurité. La sécurité revêt une importance stratégique et s’inscrit dans la dimension globale de la réflexion qu’il faut accorder à la sécurité et à la défense. Ce module s’inscrit donc pleinement dans le cadre du parcours SMHES. Dans le contexte que nous traversons, nous constatons d’ailleurs que la sécurité, dans son acception large, est une préoccupation de premier rang au plus haut niveau de l’Etat. C’est d’ailleurs comme l’avait souligné le général de Gaulle « son premier devoir car il n’y saurait manquer sans se renier lui-même ». Pour cette séquence, l’objectif était donc de faire partager aux auditeurs les éléments structurant les grandes actions dans ce domaine. Au-delà des interventions des responsables d’organismes sollicités, il nous a paru intéressant d’aller au contact des acteurs qui les font vivre pour mieux comprendre les réalités du terrain. Evidemment, toutes les portes n’étaient pas ouvertes compte tenu des mesures sanitaires et nos auditeurs en comprennent parfaitement les raisons. Mais lorsque la visite fut possible, elle a permis d’aller à la rencontre de ceux qui assurent ces missions très difficiles. C’est un formidable atout humain qui n’a pas d’égal. Naturellement, ce module consacré à la sécurité invite aussi à s’intéresser aux autres organismes, et ils sont nombreux, car la complémentarité des actions qu’ils conduisent donne cette cohérence globale des actions conduites sur le territoire à l’échelle locale, régionale et nationale.

Enfin, le mode hybride de nos séminaires permet malgré tout, et c’est d’une importance capitale, de maintenir la dynamique des liens entre nos auditeurs. Il maintient ce très bel esprit d’une promotion qui       a pris forme au fil des mois. N’oublions pas non plus que ce séminaire a permis d’avancer significativement les travaux de nos auditeurs sur leur thème d’étude relatif aux conséquences des enjeux environnementaux en Méditerranée, en interne, au cours des travaux de comité, et en externe, en liaison avec l’université de Toulon dans le cadre de la préparation du diplôme universitaire.

Nous avons donc commencé, pour introduire ce sujet stratégique, par une intervention réalisée par la gendarmerie nationale le jeudi 18 mars en matinée. Il s’agissait de percevoir les enjeux globaux mais aussi de mesurer les actions menées au niveau du territoire. C’est le général de division Philippe Ott qui a tenu à s’adresser aux auditeurs de la session en venant à leur rencontre. Cette intervention fut remarquée et remarquable. Nous étions véritablement sur « le terrain » à ses côtés en abordant tous les grands sujets de sécurité portés par la gendarmerie dans le champ de la sécurité publique et tous les dispositifs particuliers mis en œuvre par une institution qui affiche une double identité avec une militarité conservée et sa tutelle du ministère de l’intérieur. C’est une institution qui interagit avec presque tous les services de l’Etat. Les échanges qui ont accompagné cette séquence ont été très nombreux et nous aurions pu sans doute prolonger la durée de ce rendez-vous très longtemps au regard de l’intérêt porté par nos auditeurs dont certains ont découvert des facettes d’une gendarmerie qu’ils ne connaissaient pas. Pour des cadres dirigeants qui ont choisi de vivre nos sessions, ce rendez-vous s’avère donc indispensable et précieux. A l’évidence, lorsque nous sortirons de cette crise sanitaire, nous reproduirons ce rendez-vous avec une visite dynamique pour aller au contact des gendarmes et vivre les actions décrites au cours de cette matinée. Enfin, le général Philippe Ott a également livré une vision méditerranéenne acquise lorsqu’il exerçait des responsabilités en qualité d’attaché de sécurité intérieure près des ambassades de France en Turquie et en Tunisie. Dans le champ géopolitique, les acteurs de la gendarmerie prennent ainsi toute leur part dans l’exercice de ce type de fonction ou lorsqu’ils sont engagés en opérations extérieures.     

Au terme de ce rendez-vous, les auditeurs ont pu consacrer du temps à leurs travaux de comité. Les avancées sont significatives tant sur la partie introductive de leur futur mémoire fixant l’état des principaux facteurs d’influence de l’environnement que sur la partie consacrée à la déclinaison des différents scénarios.  Cette étape a précédé un compte rendu très précis réalisé par tous les auditeurs devant le responsable du diplôme de l’Université de Toulon. Ce compte-rendu fait partie des jalons établis pour l’obtention du diplôme universitaire. Cette approche académique conforte la méthodologie retenue par les différents comités et permet de préciser certains points spécifiques. Pour parachever cet après-midi dédié aux travaux des auditeurs, une intervention de monsieur Thierry Garcin s’est concentrée sur les données géopolitiques de l’Arctique. Si l’Arctique a toujours été un acteur important des relations internationales, il pourrait en accroître sa portée par l’effet des évolutions environnementales. Nous pourrions paraître assez loin de notre thème d’étude en étant très éloignés de la Méditerrané, mais en y regardant de plus près, les profondes évolutions au Nord induiront d’inévitables effets au Sud.  Pour autant, cet expert géopolitique reste mesuré sur les perspectives de croissance d’une zone géographique hostile qui restera longtemps un frein à tout développement économique. Néanmoins, il ne sous-estime pas la dimension stratégique de cet espace immense, et l’histoire en témoigne, même s’il ne concentre pas à l’image de la Méditerranée tous les facteurs de tensions entre les Etats limitrophes. Cette intervention fut d’autant plus intéressante qu’elle prolonge celle réalisée par monsieur Mikaa Mered en novembre 2020 à l’école de guerre où il soulignait pour l’Arctique une forme de dilemme stratégique avec l’ouverture d’activités commerciales et des opportunités régionales de développement. En tout état de cause, cette approche géopolitique est essentielle pour consolider les analyses du thème d’étude de la 31ème SMHES.

Le vendredi 19 mars, en matinée, un écart volontaire au programme de ce séminaire centré sur les enjeux de sécurité a été réalisé avec une présentation en visioconférence de l’établissement de Dassault aviation installé à Istres. Il était important de maintenir dans le déroulement de la session ce rendez-vous avec la présentation d’un fleuron de l’aéronautique française, notamment pour sa composante militaire. Ce savoir-faire technologique est stratégique et les défis à relever sont très importants compte tenu de l’évolution des générations d’avions de combat concomitantes à celle de son environnement d’emploi. Comme nous le soulignons régulièrement, le monde se durcit et la conflictualité change de forme exigeant des capacités en constante adaptation. Ce rendez-vous a donc utilement complété le séminaire consacré aux enjeux aéronautiques et aérospatiaux du mois de février dernier.

En fin de matinée, les auditeurs ont pris la route vers Brignoles pour aller à la rencontre de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (l’UIISC 7). Unité de l’armée de terre appartenant à l’arme du génie, les formations militaires de la sécurité civile sont mises pour emploi à la disposition du ministère de l’intérieur et relèvent de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Ces unités furent créées à l’initiative du général de Gaulle à la suite de la rupture du barrage de Malpasset en 1959. Cet accident, qui a fait de nombreuses victimes, avait souligné le manque d’unités d’interventions réactives aboutissant à la création de 7 unités. Au fil des années ce nombre a été ramené à 3 avec une implantation majeure sur le territoire varois. Dès lors, ces unités ont multiplié leurs missions dans tous les domaines du sauvetage en France et à l’étranger. Elles sont aujourd’hui très impliquées dans le domaine des risques technologiques et dans la protection de l’environnement et des populations. Cette unité militaire est singulière dans sa composition à l’image des sapeurs-pompiers militaires de Marseille ou de Paris. Ce sont des militaires professionnelles très aguerris, disposant d’une très solide expérience de terrain, qui s’agrègent aux autres composantes civiles dont certaines ne sont pas professionnelles. Le chef de corps, le colonel Christophe Libert, a su montrer aux auditeurs ce caractère unique et exceptionnel d’acteurs complètement engagés au service des autres. La devise de son unité « servir pour sauver » illustre bien le sens de cet engagement. La passion de ces militaires, quant à elle, saute aux yeux et donnent confiance à ceux qui un jour devront tendre la main pour être secouru.

Au bilan, ce séminaire, par le simple fait de rassembler les auditeurs, est un véritable succès. Il n’est en effet pas si courant aujourd’hui de pouvoir se retrouver tout en prenant évidemment les mesures appropriées de protection. Pour clore cette séquence et avant de s’atteler aux travaux de comité du samedi 20 mars en matinée, l’institut FMES a tenu à organiser un dîner débat sur les faits d’actualité géopolitique. Dans un cadre agréable et convivial des salons de l’hôtel OKKO de Toulon, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur et Pierre Razoux ont librement échangé avec des auditeurs attentifs et actifs. Si les sujets traités pouvaient s’éloigner du thème d’étude proprement dit, les propos délivrés peuvent nous y ramener d’une manière ou d’une autre car les puissances, quel que soit leur niveau, devront tôt ou tard porter une attention au fait environnemental. A n’en pas douter, ce sujet est stratégique et prendra toute sa part dans la compétition des puissances. Les auditeurs de la 31ème SMHES peuvent donc poursuivre leurs travaux avec cette belle détermination qui les anime depuis le mois d’octobre 2020.   

Séminaire toulonnais de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) les 17 et 18 février 2021

Au moment où nous recevons les premières images de l’atterrissage du rover Perseverance sur mars, il était plus qu’opportun de s’intéresser au milieu aérospatial pour les auditeurs de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES). Evidemment, et ce n’est plus vraiment nouveau, le contexte sanitaire a induit des contraintes privilégiant un mode hybride dans le déroulement du séminaire. Ce mode conjuguait donc des présentations réalisées en visioconférence et des visites dynamiques.

La journée consacrée aux visioconférences s’est déroulée, le mercredi 17 février, à la maison numérique et de l’innovation de Toulon. Elle a permis de disposer d’une vision globale des grands enjeux du domaine aérospatial. Elle a également permis aux auditeurs de partager ensemble leurs réflexions sur leur thème d’étude. 

La journée du jeudi 18 février a, quant à elle, été consacrée aux visites dynamiques. Si la région Sud Provence-Alpes-Côte-d’Azur n’est pas l’Aerospace Valley telle que nous la connaissons à Toulouse, elle compte sur ses territoires des sites industriels où l’importance du domaine aérospatial est placée au premier rang des actions d’études et de production. Pour l’aéronautique avec Dassault et Airbus et pour le domaine spatial avec Thalès Alenia Space implanté sur les bords de la Méditerranée à Cannes La Bocca et, bien sûr, tout l’écosystème qui les accompagne. L’occasion était également donnée d’aller à la rencontre d’autres acteurs dont l’engagement dans l’innovation mérite d’être souligné. La visite de Thalès Systèmes Mission de Défense installé à Valbonne au cœur de la technopole de Sophia-Antipolis avec une expertise unique au monde dans la mise en œuvre de solutions de surveillance a bien mis en avant une expertise d’avant-garde. L’acoustique, les systèmes de drones embarqués, entre-autres, comptent parmi les équipements stratégiques de son secteur d’activités. Ce sont les équipements souverains dont ont besoin nos armées en particulier notre Marine nationale. Ces visites dynamiques ont permis de mesurer des savoir-faire d’exception.

Les visioconférences se sont déroulées en quatre temps. Trois temps consacrés aux questions aéronautiques et aérospatiales et un quatrième temps dédié au thème d’étude de la 31ème SMHES.  Le premier temps était centré sur le transport aérien avec une présentation très complète de monsieur Laurent Boisson du groupe Airbus. Si Toulouse reste une terre d’envol, le contexte sanitaire n’en a pas moins freiné certaines courses au décollage. La filière aéronautique figure en effet parmi celles les plus touchées par la crise du COVID 19. Une certaine imprévisibilité subsiste donc sur les délais permettant la reprise des activités de l’aviation commerciale. Toutes les mesures sont prises pour qu’elle se passe au mieux et que rien ne freine les études pour en accroître la performance. Le cap sur l’innovation est donc tenu. Le volet environnemental notamment avec la réduction des gaz à effet de serre est une priorité dans l’esprit des dispositions prises au niveau européen avec le « Green Deal », pacte visant à un environnement neutre en carbone[1] à l’horizon 2050.  Les technologies de nouvelle motorisation et une utilisation hybride de l’énergie constitue des cibles pour un renouvellement presque complet des flottes du transport aérien dans moins de vingt ans. Il ne faut pas non plus oublier les performances résultant des nouvelles technologies utilisées pour l’aérodynamique des avions actuels et futurs. Déjà aujourd’hui, un Airbus A350 n’a plus rien de commun avec les générations antérieures. Presque tout y est différent. Une structure en carbone conjuguant légèreté et résistance, un profil aérodynamique offrant un niveau de performance accru, des équipements satisfaisant la plupart des exigences des exploitants de toutes les compagnies aériennes et une motorisation réduisant drastiquement les coûts d’exploitation et s’inscrivant dans cette dynamique très volontariste de protection de l’environnement. Ce fut donc une présentation réaliste du transport aérien et des difficultés d’un écosystème très exposé à la concurrence et à la crise. Mais les auditeurs retiendront que tous les efforts sont entrepris pour faire face et relever les défis à venir confirmant d’ailleurs que l’innovation est un bel outil de relance et un formidable atout de résilience.

Le deuxième temps était centré sur les grands enjeux aérospatiaux. C’est le général de corps aérien Philippe Steininger qui s’est plié à cet exercice. Il a apporté aux auditeurs toutes les clés qu’il faut retenir du caractère stratégique des actions conduites par le centre national d’études spatiales. Il a notamment souligné ce subtil couplage entre la politique spatiale civile et le domaine relevant stricto sensu de la défense nationale. N’oublions pas que l’espace reste un champ d’investigations extraordinaires et qu’il est un outil de hiérarchisation des puissances. En la matière, l’Union européenne tient toute sa place et  l’Agence spatiale européenne figure parmi les acteurs de premier rang. Dans un monde connecté, son produit Galileo est d’ailleurs utilisé, au travers des applications mobiles, par plus de deux milliards d’utilisateurs.

Le CNES est aujourd’hui l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne. Il est un élément de souveraineté nationale qui permet à la France de couvrir un spectre très large de réponses aux besoins d’équipements d’observation, de surveillance ou de télécommunications.  Le centre est aussi partenaire de la NASA[2] dans la réalisation du rover Perseverance comme il l’avait été en installant l’instrument principal de la mission martienne américaine antérieure InSight. Enfin, une présentation des enjeux du segment spatial consacré à la défense démontre que dans ce domaine beaucoup d’évolutions sont envisagées à moyen-terme et qu’elles caractérisent bien les engagements pris par les puissances disposant des capacités d’accès à l’espace. La création récente en 2020 du commandement de l’espace qui sera installé à Toulouse et l’armée de l’air, devenue armée de l’air et de l’espace témoigne, s’il en était besoin, de toute l’importance accordée à l’espace exo atmosphérique.  Pour l’heure, c’est bien l’espace circumterrestre qui nous intéresse même si la compétition des grandes puissances spatiales pourrait aller bien au-delà…

Le troisième temps fut animé par Monsieur Denis Allard, directeur de l’établissement de Thalès Alenia Space Toulouse. La présentation complète des activités du groupe a souligné les principaux défis à relever. Ces activités imposent d’être très compétitif et de multiplier les offres répondant aux besoins rappelés précédemment dans les capacités de télécommunication civil ou militaire, d’observation de la terre et de recherche scientifique. Cette présentation allait d’une certaine manière préparer la visite dynamique du lendemain où les conditions de préparation des satellites seront exposées en détail. Une attention particulière a été portée à la présentation de l’innovation cluster. Ce fut l’occasiond’appréhender des mécanismes spécifiques favorisant l’innovation au sein des équipes. Elle apparaît ici aussi comme un facteur clé de la performance pour accroître la place du groupe dans les compétions qu’il mène sur un marché tendu.

Il était alors devenu temps de clore cette partition à quatre temps avec l’intervention de Madame Cristina d’Alessandro. Géographe, elle est une vraie spécialiste des questions environnementales et s’exprime dans de très nombreuses écoles ou universités prestigieuses en France et à l’étranger, notamment au Canada et au Kenya. Elle est donc revenue sur le cœur du sujet relatif aux conséquences des enjeux environnementaux en Méditerranée. Son approche multiscalaire propre à la discipline du géographe permet d’étudier les conséquences de ces enjeux environnementaux dans une dimension globale sous le prisme des facteurs économiques, sociétaux, interétatiques et environnemental bien sûr.  Cette approche globale fut étayée par de nombreuses références bibliographiques très utiles aux travaux des auditeurs.  Cette intervention très rigoureuse a donc permis de lancer une séquence de travaux de comité permettant aux auditeurs de se retrouver. 

Le lendemain, le jeudi 18 février, la place fut exclusivement réservée aux visites dynamiques. La 31ème SMHES a donc été scindée en deux groupes pour visiter alternativement les sites de Thalès Alenia Space à Cannes La Bocca et Thalès Systèmes de Mission de Défense (SMD) à Valbonne. Rien ne peut remplacer ces visites de terrain au contact direct des responsables qui partagent avec une légitime fierté les actions conduites par leurs services ou département. Nous ne pouvons que saluer les dispositions prises par les directions des sites pour autoriser de telles visites. Elles illustrent les présentations faites la veille et accroissent leurs portées tant les savoir-faire mis en avant sont exceptionnels. Nous remercions donc respectivement monsieur Pierre Lipsky, directeur d’établissement de Thalès Alenia Space et monsieur Iann Le Bris directeur de département chez Thalès SMD d’avoir accueilli les auditeurs de la session. Avec leurs collaborateurs, ils ont donné au mode hybride de ce séminaire un éclat inaccessible par d’autres voies. 

Finalement, ce mode hybride du séminaire du mois de février a non seulement maintenu la dynamique qui s’impose au sein du groupe d’auditeurs mais il aura mis en exergue les liens qui existent depuis longtemps entre Toulouse et les territoires méditerranéens. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur tient donc toute sa place dans les technologies de pointe et participe à sa façon, aux côtés de l’Occitanie, à l’envol de programmes qui font notre fierté nationale. Pour la suite, les auditeurs de la 31ème SMHES gardent le cap…


[1] L’aviation commerciale représente 2% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire

[2] NASA : National Aeronautics and Space Administration

Opening webinar of the 1st 5+5 Mediterranean strategic studies – A launching that opens up very good prospects!

The context is not favorable for meetings! This is the least we can say at a time when the key words “curfew” or “confinement” are spreading almost everywhere in Europe and around the world. This is undoubtedly one of the most devastating effects of the COVID-19 crisis in the field of social relations. Everyone experiences it more or less well on a daily basis. But it is also a real difficulty regarding international relations, and we should not underestimate its scope. These relations are more necessary than ever in a restless world where even the largest democracies are faltering. We therefore have to  debate. We have to exchange. We have to know how to listen and hear the others. For nothing can ever replace the exchanges that take place around a table where everyone can carefully observe the reaction of their interlocutors by speaking “right in the eyes”. In a world where relationships are strained, any approach that favors debate and concertation is therefore welcome, and alternative solutions that allow this must be sought.

This first “5+5 Mediterranean strategic studies” consists of an introductory webinar held on Monday, January 11. It will be followed by two one-week seminars, the first one on the North shore in France and the second one on the South shore in Mauritania. The face-to-face sequence will take place as soon as the constraints are loosened. 

This introductory webinar was a great success! All the countries proposed auditors apart at this stage from Algeria. Beyond the introductory speech pronounced by the Vice-Admiral (ret) Pascal Ausseur, Director General of the FMES Institute, and the presentation of the session’s program by its director, Air Force General (ret) Patrick Lefebvre, an intervention by Pr. Pierre Razoux, Academic and Research Director of the Institute, set the scene.

He was anxious to describe the Mediterranean area and the Middle East as it is and not as one would like it to be. A language of trueness that paved the way for questions. The first debates, which only involved the participants’ opinion, illustrated the variety of points of view and the relevance of allowing exchanges, however contradictory they might be. These open and informal debates encourage mutual knowledge, and beyond the differences, which have their raison d’être, the identification of convergent points for these ten countries facing a shared reality and common challenges (health crisis, environmental crisis, radicalism, migration, terrorism, power games, …). It is this approach which, combined with meetings, visits and team work, will create a long-lasting network of young leaders who will be able to better understand the differences and the proximities of the citizens of the Western Mediterranean. This kind of meeting makes it possible and we firmly intend to anchor it in the long term.

This introductory webinar is therefore the first step in a journey that is now taking shape in concrete terms. In direct contact with the auditors, we will announce them the study theme in early April. This theme will therefore be that of the 1st 5+5 Mediterranean strategic studies. A thoughtful idea that is taking shape today! And as Antoine de Saint-Exupéry would put it: “Who am I if I don’t participate?”.

Lancement de la 1ère Session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. Une première qui ouvre de très belles perspectives !

Le contexte n’est pas favorable aux rencontres ! C’est le moins que l’on puisse dire à l’heure où les maîtres mots sont presque partout en Europe et dans le monde le couvre-feu ou le confinement. C’est sans doute l’un des effets les plus dévastateurs de la crise du COVID 19 dans le champ des relations sociales. Chacun le vit plus ou moins bien au quotidien. Mais c’est aussi, il ne faut pas en sous-estimer la portée, une vraie difficulté dans le champ des relations internationales. Or ces relations sont plus que jamais nécessaires dans un monde agité où même les plus grandes démocraties vacillent. Il faut donc débattre. Il faut échanger. Il faut savoir écouter et entendre les autres. Car en effet, rien ne remplace jamais les échanges réalisés autour d’une table où chacun peut observer attentivement la réaction de ses interlocuteurs en se parlant « droit dans les yeux ». Dans un monde où les relations sont tendues, toute démarche privilégiant le débat et la concertation est donc la bienvenue, et par défaut, les alternatives qui le permettent doivent être recherchées.

C’est pour cette raison que l’institut FMES a organisé, pour la première fois dans son histoire, une session de formation et d’échanges rassemblant des jeunes diplômés, civils et militaires, des pays du 5+5. Cette initiative avait été proposée lors du Sommet « des deux rives » organisé à Marseille en juin 2019. Elle a été immédiatement soutenue par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et par la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Cette première « session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5 » est constituée d’un webinaire introductif qui a eu lieu le lundi 11 janvier qui sera suivi de deux séminaires d’une semaine, le premier sur la rive Nord en France et le Second au Sud en Mauritanie. La séquence présentielle sera réalisée dès que l’étau des contraintes sera desserré.

Et ce fut une belle réussite ! Tous les pays ont présenté des auditeurs à l’exception, à ce stade, de l’Algérie. Au-delà du propos introductif du vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut, et de la présentation du programme de la session par son directeur le général de corps aérien Patrick Lefebvre, une intervention de monsieur Pierre Razoux, directeur académique et de la recherche de l’institut, a planté le décor. Il a tenu à décrire l’espace méditerranéen et le Moyen-Orient tel qu’il est et non pas tel que l’on voudrait qu’il soit. Un langage de vérité qui a ouvert l’espace aux questions. Les premiers débats, qui n’engageaient que les participants, ont illustré la variété des points de vue et l’intérêt de permettre des échanges, aussi contradictoires soient-il. Ces débats ouverts et informels favorisent une connaissance mutuelle et au-delà des différences, qui ont leur raison-d’être, l’identification des points de convergence pour ces dix pays confrontés à une réalité et à des défis communs (crise sanitaire, crise environnementale, radicalisme, migrations, terrorisme, jeux des puissances, …). C’est cette approche qui, associée à des rencontres, des visites et travaux en commun, créera dans la durée un réseau de jeunes responsables qui seront en mesure de mieux comprendre les différences et les proximités des citoyens de l’espace ouest-méditerranéen. Ce type de rencontre le permet et nous comptons bien l’installer dans la durée.

Ce webinaire introductif est donc la première étape d’un parcours qui désormais se dessine concrètement. En liaison directe avec les auditeurs, nous leur communiquerons le thème d’étude au début du mois d’avril. Ce thème sera donc celui de la 1ère session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. C’est une belle idée qui prend forme aujourd’hui ! Et comme l’écrirait Antoine de Saint-Exupéry : « qui suis-je si je ne participe pas ? ».

Séminaire toulonnais de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – la défense commence au large !

Il fallait absolument se retrouver ! Évidemment, les solutions digitales sont une réponse acceptable à la poursuite des travaux de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Le séminaire du mois de novembre l’a bien démontré. Mais nous avons fait le choix de nous réunir pour ce séminaire consacré au fait maritime au bord de la Méditerranée.  Le ciel, lui-même, semblait manifester sa colère face aux remous permanents de cette crise sanitaire. Ce fut malgré tout le bon choix. Les auditeurs étaient ravis de se retrouver ensemble d’une part pour vivre un rendez-vous plus dynamique et en format de comité d’autre part pour conduire leurs travaux. Et ces travaux avancent ! Vous seriez même peut-être surpris par la rigueur et la discipline avec lesquelles les choses ont été prises en main. La volonté affichée n’est pas de décliner de façon exhaustive tous les paramètres environnementaux qui conditionneront directement ou indirectement les évolutions géopolitiques du bassin méditerranéen mais bien de proposer des scenarii. Chaque scénario sera décliné sous le prisme géopolitique dans une temporalité prenant en compte les effets d’influence sur les rapports entre les États en Méditerranée. Car ces effets ne sont pas immédiats. Et il faut parfois du temps, beaucoup de temps.  Les intervenants sollicités au cours des deux premiers séminaires ont rappelé quelques fondamentaux associés à l’environnement.  Un constat s’est immédiatement imposé, le domaine est vaste et ce thème d’étude est difficile si l’on veut éviter le risque d’une approche vulgarisée comme c’est souvent le cas lorsque l’on parle d’environnement. Les auditeurs s’attellent donc à construire une analyse fouillée en prenant en l’état les paramètres actuels, en mesurant leurs incidences éventuelles dans le temps sur le fonctionnement des États et les éventuelles frictions induites entre les États du pourtour méditerranéen et en proposant une analyse plus prospective sur le moyen et long-terme.

 

Mais ce séminaire était avant tout consacré au fait maritime. Il était donc légitime d’aller à la rencontre des acteurs dont le rôle au sein de la filière est stratégique. Au regard du contexte, au lieu de nous rendre sur les sites varois fermés au public, nous avons fait venir à nous deux intervenants de Naval Group. Il était en effet très important que nos auditeurs puissent apprécier les défis que s’apprête à relever un groupe industriel majeur pour notre outil de défense et en particulier pour notre marine nationale. La présentation de monsieur Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs de recherche et développement et des expérimentations, a souligné l’importance des enjeux. Il a permis d’appréhender les différentes facettes préparant les grands programmes d’armement. Dans un monde très évolutif, il faut naturellement s’assurer de pouvoir intégrer les évolutions technologiques tout au long du cycle de vie d’un équipement. L’équipement dont nous parlons est sur les tables de bureaux d’études aujourd’hui. Il sera en service opérationnel en 2035. Nous devons donc imaginer les meilleures technologies à cet horizon et faire en sorte que cet équipement puisse en recevoir de nouvelles que nous ne connaissons pas encore ! Car il sera toujours en service trente ans plus tard ! Il faudra aussi prendre en compte les nouveaux champs d’actions dans l’espace électromagnétique et numérique. Il faudra enfin définir précisément le rôle et la place de l’homme dans la mise en œuvre de systèmes de plus en plus « autonomes » et donc repenser l’interaction homme-machine. L’accélération du développement des nouvelles technologies, notamment numériques, nous rend aussi plus vulnérable. L’occasion était donc donnée à monsieur Pascal Mercier, responsable du CERT de Naval Group, de nous présenter les risques pesant sur les équipements militaires et notamment leurs systèmes numériques. A partir de cas concrets, il a montré toute l’importance de se protéger face à la multiplication des attaques cybernétiques. Cette matinée du jeudi 10 décembre a permis aux auditeurs de découvrir ou d’approfondir leurs connaissances sur un pilier stratégique de notre défense et de notre sécurité.

En ce début d’après-midi du jeudi 10 décembre, le rendez-vous était pris avec madame Anne-France Mattlet, administrateur des affaires maritimes venue présenter aux auditeurs de la 31ème SMHES les principales missions du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée (CROSS). C’est une première approche de l’action de l’État en mer dans sa dimension de surveillance et de sauvetage. Chacun aura pu mesurer l’implication des différents services dans la réalisation des missions du CROSS. La dimension interministérielle prévaut et démontre que sur la base d’une solide organisation, les opérations se déroulent plutôt bien avec des ressources parfois tendues. Les auditeurs ont été séduit par cette présentation très dynamique où le vécu illustrait parfaitement les missions réalisées par cet organisme.

Au terme de cette présentation, monsieur Didier Leandri de  l’université de Toulon est intervenu au profit des auditeurs sur les objectifs de la session sous l’angle universitaire. Ce lien avec l’université de Toulon est très précieux car, avec l’institut des hautes études de la défense nationale, il donne à nos sessions méditerranéennes une empreinte de notre territoire et de notre région à un parcours académique largement reconnu à l’extérieur aujourd’hui. D’autres rendez-vous seront programmés tout au long de la session pour accompagner les auditeurs dans la conduite de leurs travaux.  

En fin de journée, ce fut au tour de monsieur Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, d’intervenir sur les différentes approches de la transition énergétique dans le bassin méditerranéen. C’est un axe particulièrement intéressant car si certaines tendances lourdes se dégagent en Méditerranée pour la production énergétique, il faut à l’évidence mesurer leurs incidences géopolitiques dans le bassin méditerranéen. Une tension perceptible en Méditerranée orientale souligne d’ailleurs que la course à l’énergie mobilise les puissances parmi les plus importantes mais aussi parmi celles qui entendent tenir leur place au niveau régional. L’énergie et l’environnement sont liés ! Les auditeurs sauront intégrer les éléments nécessaires à leurs travaux. Ils ont été séduits par l’enthousiasme de leur conférencier. Cette conférence très attendue était d’ailleurs ouverte à tous ceux qui étaient inscrits en ligne sur le site de l’institut FMES. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste des questions énergétiques que nous avons le plaisir d’avoir régulièrement à nos côtés.

Le vendredi 11 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la 31ème SMHES. Il faut ici saluer l’organisation de cette visite dans le contexte difficile que nous ne cessons de rappeler. Ce fut un rendez-vous remarquable. Certes, une déclinaison un peu dégradée par rapport à nos sessions antérieures mais une séquence remarquable tout de même. La défense commence au large ! C’est le slogan retenu. Notre auditeur, le capitaine de vaisseau Max Blanchard, a réalisé une très belle prestation en présentant la marine nationale. L’interaction avec les auditeurs de la session a été facilitée dans un échange libre en énonçant les enjeux et les défis à relever. Il a parfaitement mis en exergue la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre marine nationale. Cette séquence a été suivie d’une présentation très complète de l’action de l’État en mer, réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des États et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la marine nationale tient historiquement toute sa place.

Les visites qui ont suivi, à quai, du chasseur de mines l’Orion et de la frégate « Surcouf » de la classe La Fayette ont une nouvelle fois confirmé l’enthousiasme des commandants de bâtiment fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront donc en 2021. Nous formons le vœu d’être confrontés à un environnement moins hostile aux visites dynamiques et aux rencontres. Car nous ressentons tous le besoin d’être au contact après une année marquée par la distanciation sous toutes ses formes.  En tout cas, l’état d’avancement de la 31ème SMHES augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, nous souhaitons de très joyeuses fêtes de fin d’année à nos auditeurs et ceux qui les accompagnent. Cette séquence maritime nous invite bien sûr à penser à ceux qui ont choisi de nous défendre au large…

 

« Séminaire parisien » de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Dans un contexte où les visites d’organismes sont souvent impossibles, les solutions alternatives sont systématiquement recherchées pour assurer la réalisation du programme de nos sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques. Finalement, la crise du COVID 19 exerce une forme d’accélération de la transition numérique nécessaire au fonctionnement des organismes publics ou privés. En tout cas, elle nous oblige à penser les choses autrement ! Cette transition concerne bien sûr beaucoup d’autres segments stratégiques. Celui de la communication interne ou externe revêt une importance évidente. Pour les organismes de formation, il est nécessaire et indispensable de maintenir le lien quoi qu’il arrive même si rien ne remplace la rencontre directe des acteurs. Cela vaut naturellement pour les présentations dynamiques mais aussi pour les conférences où l’intervenant perçoit d’emblée la sensibilité et l’assiduité de son auditoire lorsqu’il est au contact.  Ce facteur de contact ne peut donc être sous-estimé car il est un moteur de la dynamique collective. Les auditeurs de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques peuvent être rassurés. La programmation des séminaires, si l’étau du contexte sanitaire ne se desserrait pas, pourrait être ajustée en prenant au mieux leurs contraintes. Pour autant, la réalisation du séminaire parisien consacré à la rencontre des acteurs participant aux processus décisionnels de nos grands décideurs politiques et institutionnels s’imposait d’autant plus au moment où ces derniers sont très exposés dans la conduite d’une gestion de crise sans précédent. C’était donc le moment de les rencontrer.

Les auditeurs réunis en ligne.

Le jeudi 19 novembre, le secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale a donc ouvert un canal digital aux auditeurs de la 31ème session. Ils ont pu mesurer le rôle essentiel de cet organisme à pied d’œuvre au quotidien pour tout ce qui concerne la protection et la sécurité de la Nation et très impliqué dans le domaine de l’anticipation stratégique. Le contexte de crise sanitaire a d’ailleurs souligné le caractère crucial de celle-ci. Elle est un préalable indispensable à la mise en œuvre des organisations de gestion de crise pour en appréhender tous les paramètres.  Enfin, les auditeurs ont pu apprécier le rôle particulier des conseils de défense et de sécurité nationale. Outil très médiatisé en ce moment et parfois critiqué à tort, il est un instrument de l’agilité décisionnelle de nos processus qui permet de solliciter les administrations les plus appropriées dans les réponses qu’elles doivent apporter dans l’urgence. Cette agilité est souvent enviée à l’extérieur là où les États sont soumis à un processus décisionnel ralenti par la consultation d’instances intermédiaires. Nous remercions le capitaine de vaisseau Cyril de Jaurias qui a réalisé une présentation complète et très appréciée des auditeurs. A leurs manières, ils participeront à l’anticipation stratégique dans les travaux qu’ils conduiront sur les conséquences des enjeux environnementaux en Méditerranée.

Elle fut suivie par une intervention de la direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) du ministère des Armées. Monsieur Tom Haristias, chargé de mission au sein de cette direction et en charge des dossiers où les questions environnementales intéressent les armées sous l’angle de ses conséquences stratégiques pour le ministère des Armées, a animé cette séquence avec beaucoup de talent. Le traitement de ce sujet prend donc une forme nouvelle avec une approche plus approfondie et plus globale. Les enjeux environnementaux ne se limitent pas au seul volet du développement durable initié dès les années 2008 mais aussi à celui pouvant faire émerger de nouvelles tensions géopolitiques. La réflexion prospective est pleinement ouverte et l’environnement pris dans son acception large, y compris sanitaire, apporte des éléments nouveaux de réflexion géopolitique. Les États ne peuvent ignorer ce domaine qui s’installe désormais dans le dialogue politique.

Tom Haristias

Dans la continuité de cette intervention, il était intéressant d’aller au contact de la direction du renseignement militaire. Évidemment, l’interaction n’a pas permis d’aborder les thèmes sensibles compte tenu de leur caractère confidentiel. Le contre-amiral Denis Bertrand s’est donc livré à un exercice un peu frustrant, pour l’orateur comme pour les auditeurs, tout en démontrant sans ambiguïté le rôle clé de cette direction au sein du ministère des Armées. Il a aussi démontré la cohérence de l’organisation du renseignement à l’échelle nationale dans un contexte où les menaces se multiplient dans leurs formes et où la coordination s’impose. La création en 2008 du coordinateur national du renseignement, élargi en 2017 à la lutte contre le terrorisme (CNRLT), en est une illustration. Le terrorisme reste une préoccupation majeure et les événements récents de l’actualité ne cessent de le rappeler. Enfin, pour la partie renseignement, les questions environnementales sont de plus en plus mises en avant.  Si elles s’intégraient dans les analyses antérieures, ne seraient-ce que pour la mise en œuvre de capteurs et une meilleure aptitude des hommes sur le terrain, leurs places pourraient s’amplifier à court terme avec les effets directs et indirects sur l’emploi des forces et le développement des capacités, mais aussi sur les causes initiales d’un conflit.

Pour parachever ces présentations à caractère institutionnel, il était nécessaire de faire comprendre aux auditeurs l’action centrée sur les relations internationales menée par l’état-major des armées au profit du chef d’état-major lui-même.  L’officier général RIM pour « relations internationales militaires », le général de division aérienne Laurent Marboeuf, a accepté de présenter les grands enjeux internationaux pour nos armées. Qu’ils s’agissent d’engagements nationaux ou multinationaux sous l’égide de l’Union européenne, de l’OTAN ou des Nations unies, les auditeurs ont pu apprécier la multiplicité des engagements français partout dans le monde. C’est le témoignage d’un savoir-faire mais aussi celui d’une place particulière qu’occupe toujours la France à l’échelle mondiale. Les débats sont pourtant très présents sur le rôle et la place des organisations internationales à un moment où le multilatéralisme marque le pas et laisse la place à l’expression des puissances, notamment régionales. La preuve, s’il en était besoin, que le monde change. Et la France, pour tenir son rang, devra sans doute redoubler d’efforts en Europe.

Mais l’espace méditerranéen change aussi. L’occasion était donc donnée le vendredi 20 novembre de solliciter le directeur académique et de la recherche de l’institut FMES, monsieur Pierre Razoux, pour présenter un panorama géostratégique du bassin méditerranéen. L’objectif de cette séquence était de fournir aux auditeurs leur cadre d’actions. Car leur thème d’étude, il ne faut pas l’oublier, doit leur permettre d’établir des scenarii à caractère géopolitique dans un espace où des tensions existent déjà. Elles pourraient s’accroître par l’effet d’autres facteurs dont celui de l’environnement. Sous son seul effet, des tensions nouvelles pourraient aussi apparaître. Cette séquence très riche devait précéder une interaction avec un comité de l’École de guerre dont le thème se rapproche de celui de la 31ème SMHES à l’exception près qu’il concerne un espace géographique presque diamétralement opposé puisqu’il s’agit de l’Arctique.

Animé par monsieur Mikaa Mered, professeur de géopolitique des pôles Arctique et Antarctique, cet échange a permis de mesurer les changements radicaux induits par l’évolution de l’environnement dans des zones souvent hostiles à toute forme de développement. En Arctique, une forme de dilemme stratégique s’installe avec l’ouverture d’activités commerciales et des opportunités régionales de développement. Ces perspectives ne seront pas sans conséquences géopolitiques. Évidemment, tout n’est pas transposable à l’espace méditerranéen mais il y a, en y regardant de plus près, des similitudes. Un nouvel échange entre l’École de guerre et les auditeurs de la session semble donc presque s’imposer. Le comité rencontré organise un colloque au printemps. Ne serait-ce pas là une opportunité nouvelle de rencontre? À tout le moins, il faut saluer l’initiative du lieutenant-colonel Jean-Christophe Houdré à l’origine de cet événement, et ancien auditeur de la 30ème SMHES, avec l’accord bienveillant du général de brigade aérienne Jean-Marc Vigilant, directeur de l’École de guerre.

Enfin, nous avons reconduit cette année le passage au centre de crise et de soutien du quai d’Orsay qui a permis aux auditeurs d’appréhender la gestion des crises pilotées par cet organisme né en 2008. Présenté par son directeur adjoint, monsieur Alexis Le Cour Grandmaison, ce centre n’a cessé, depuis sa création, d’accroître son champ d’action et s’appuie sur une organisation resserrée en termes de ressources humaines avec de très nombreuses expertises. Il n’a pas d’équivalent en Europe et souligne aussi son agilité décisionnelle en étant directement rattaché au cabinet du ministre de l’Europe et des affaires étrangères. La chargée de la formation et du RETEX, a une nouvelle fois accompagné nos auditeurs dans la présentation de ce centre d’excellence. Elle avait, et nous l’en remercions, initié cette séquence avec la session précédente. Enfin, nous avons eu la chance d’échanger avec monsieur Vincent Muller, chargé de mission pour la coopération franco-allemande du centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère de l’Europe et des affaires étrangères. Il fut créé à l’initiative de monsieur Michel Jobert en 1973, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères sous la présidence de monsieur Georges Pompidou. Il insistait sur la nécessité de disposer d’un outil de prospective diplomatique. Cet organisme composé de diplomates et de consultants est presque un Think Tank interne du quai d’Orsay directement lié aux autorités du cabinet. C’est un outil très précieux qui assure une veille sur les événements, notamment leurs signaux faibles parfois oubliés des observateurs ou experts en relations internationales. Monsieur Vincent Muller, au-delà de son expertise des relations franco-allemandes, a convaincu les auditeurs du caractère indispensable de cette réflexion prospective. Il l’a illustré en déclinant les grandes priorités géopolitiques dans un monde où les équilibres entre les grandes puissances changent.   

Alexis Le Cour Grandmaison

Vous l’aurez compris, ce séminaire, même sous sa forme strictement digitale, a été assez dense et très utile. Il était important de le maintenir. Les intervenants ont été au rendez-vous et se sont livrés à des échanges suffisamment nombreux pour alimenter les réflexions de nos auditeurs pour un thème d’étude où la prospective tient toute sa place.

Encore une fois, nous retiendrons toute l’importance de l’anticipation stratégique. À l’institut FMES, tout concourt à fertiliser cette réflexion d’anticipation indispensable pour mieux maitriser les crises et leur gestion. Une certaine façon de préparer l’avenir dont Antoine de Saint-Exupéry disait que nous n’avons pas pour mission de le prévoir mais plus simplement de le permettre. Les auditeurs de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques vous donnent désormais rendez-vous en décembre où ils iront à la rencontre de notre très belle Marine nationale.

Séminaire de rentrée pour la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Par le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre, directeur des Sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques.

C’est donc le jour même de la cérémonie d’anniversaire des 30 ans de l’institut FMES qu’était lancée la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES). C’est donc un bon début ! Les auditeurs se sont retrouvés le mercredi 14 octobre en soirée à la maison d’hôtes du CEA de Cadarache.  Cette première rencontre des auditeurs leur a permis de faire mieux connaissance et de découvrir les grands enjeux de la session. L’institut FMES leur a également été présenté avec les multiples actions réalisées dans le champ académique et celui de l’appui à l’économie de défense. Le directeur général, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, a tenu à faire le déplacement pour aller à la rencontre de cette très belle promotion. Elle se caractérise par une très grande diversité d’origines et de parcours de nos auditeurs. C’est incontestablement une formidable richesse. « La beauté d’un tapis ne vient-elle pas de la diversité de ses couleurs ? » comme le rappelait un auditeur de la session au cours des échanges de la soirée.

Le vice amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut FMES et le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre, directeur des SMHES

Après la présentation complète du programme de la session, les auditeurs ont poursuivi leurs échanges au cours d’un dîner d’accueil. Ce moment de convivialité, réalisé dans le respect des gestes barrières, est particulièrement important pour créer un « esprit promotion » essentiel à la cohésion du groupe. En première analyse, cet esprit a pris forme et ne demande qu’à se consolider au fil du temps.  Il conditionne, pour une large part, le succès des travaux conduits par les auditeurs.

A l’heure où la population mondiale et les besoins en énergie sont croissants, les ressources en énergies fossiles s’épuisent. Celles de la fusion demeurent disponibles pour des millions d’années. Avec un thème d’étude portant sur les conséquences géopolitiques des enjeux environnementaux en Méditerranée, voici donc une belle entrée en matière pour les auditeurs de la session avec la visite de l’institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) du Commissariat à l’énergie atomique le jeudi 15 octobre tout au long de la matinée. Car cette énergie de fusion respecte l’environnement et n’émet ni monoxyde de carbone et ne dégage qu’un gaz inoffensif et inerte, l’hélium.

C’est sans doute un élément parmi d’autres dans les analyses conduites par cette session. Mais cette prospective technologique doit être appréhendée à sa juste place et démontre le poids de son interdépendance à la réflexion stratégique et géopolitique. Les auditeurs ont donc particulièrement apprécié de pouvoir partager avec des experts scientifiques la portée de ce phénomène. Ils ont constaté la passion qui les animait. Ils ont pu mesurer toute l’importance du développement d’un champ magnétique intense nécessaire à la fusion à partir de bobines supraconductrices confinant le plasma où s’opère la fusion dans un tokamak[1].

Cette recherche fondamentale précède un objectif concret de mise en œuvre avec un démonstrateur développé en coopération multinationale. Il s’agit d’ITER où le « chemin » en latin sans oublier qu’initialement l’acronyme décrivait une action internationale dans le domaine thermonucléaire (International Thermonuclear Experimental Reactor), acronyme moins séduisant dans sa portée  environnementale.

La suite de la visite a donc été consacrée au chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… Un premier rendez-vous est donné en 2025 pour cette démonstration. Cela confirmera qu’il est possible d’accéder à une source naturelle d’énergie, celle qui alimente les étoiles et le soleil synthétisée en anglais par « bringing the sun to earth ». Le réacteur, dans sa version productive, est pour plus tard vers 2050.

Christophe Ramu, directeur de la division sécurité, santé, sûreté à ITER

A l’issue de cette présentation et visite exceptionnelles, les auditeurs se sont présentés en exprimant leurs attentes relatives à ce cycle de formation académique. Elles sont convergentes et démontrent une volonté partagée d’accorder du temps à la réflexion. Elle démontre aussi cette volonté de prendre le temps d’écouter les autres et de découvrir des secteurs d’activité éloignés de leurs préoccupations courantes. Dans un environnement où chacun est pris dans une spirale où le rythme ne permet pas toujours de s’accorder cet espace de liberté, les séminaires des sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques offrent cette parenthèse. C’est une parenthèse indispensable pour les décideurs.  

Les auditeurs en visite à ITER

Dès le lendemain, le vendredi 16 octobre, les auditeurs allaient apprécier un autre rendez-vous, celui programmé avec l’armée de l’air. Le général de division aérienne Louis Pena, chef d’état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), allait leur exposer les défis de l’arme aérienne au 21ème siècle. Dans un exposé particulièrement riche et précis, il a su souligner le rôle crucial de l’armée de l’air et de l’espace dans le cadre des opérations militaires proprement dites et dans celui assurant la sûreté aérienne de la métropole et des outre-mer.  Il a su également souligner l’évolution des formes de conflictualité et de l’évolution des risques militaires dans un monde où les équilibres de puissance ont brutalement changé.

Au terme de cette présentation et des échanges très directs avec les auditeurs, le colonel David Marty a présenté la base aérienne 125 « Charles Monier » d’Istres. C’est une base aérienne qui n’a pas d’équivalent en métropole en étant un véritable tremplin de projection de nos forces armées où sont regroupées les capacités concourant à l’ensemble des fonctions stratégiques. Nous noterons au passage l’intérêt des auditeurs pour la fonction de dissuasion. Le colonel David Marty, en connaisseur averti de ce domaine, se tient d’ailleurs prêt à l’approfondir et nous l’en remercions.   

Le général de division aérienne Louis Pena, chef d’état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) et le colonel David Marty, commandant de la base 125 d’Istres.

La visite dynamique a obtenu le même succès. Elle a permis d’aller au contact des opérateurs et équipages. Elle a permis aussi de découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix, véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire.

Le MRTT surla base 125

La 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques devait conclure ce rendez-vous avec l’arme aérienne à Salon de Provence sur le site de l’école de l’air. Evidemment, ce fut pour moi un retour sur des terres familières. Nos grandes écoles militaires quelles qu’elles soient nous laissent toujours une empreinte indélébile aux officiers qui y ont fait leurs premiers pas . En entrant dans l’amphithéâtre Marin la Meslée, une solennité naturelle s’est imposée avec les auditeurs accompagnés des officiers élèves de l’école de l’air pour assister à une conférence consacrée à leur thème d’étude. Pour mémoire, il est utile de rappeler que le commandant Edmond Marin la Meslée fut l’un des as les plus titrés de la campagne de France mort en service aérien commandé le 4 février 1945. C’est donc dans cet amphithéâtre magnifique que Madame Julia Tasse, directrice de recherche à l’institut des relations internationales et stratégiques, a proposé à un très bel auditoire son intervention sur les grands enjeux environnementaux. Le cadre est ainsi fixé et offre un champ d’investigations considérable pour ce qui concerne les conséquences géopolitiques à l’échelle du monde et à celle de la Méditerranée.  

Julia Tasse durant sa conférence à l’Ecole de l’air

Au terme de cette conférence de lancement de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques, les auditeurs ont rallié Toulon. Le samedi 17 octobre en matinée, deux interventions visaient à livrer quelques clés aux auditeurs pour les placer dans les conditions les plus favorables à l’exécution de leurs travaux. Ainsi, successivement messieurs Pierre Razoux, directeur académique et de la recherche de l’institut FMES et Didier Leandri, professeur des universités, leur ont proposé les approches possibles et les pièges à éviter face à cet exercice toujours délicat.  Les auditeurs savent en effet qu’au terme des neuf séminaires, ils auront à produire collectivement un mémoire suggérant les pistes possibles relatives à leur thème d’étude. C’est un défi. Mais à n’en pas douter, en les observant au cours de ce premier séminaire, ce défi est accessible et ils sauront le relever.

Rendez-vous au mois de novembre à Paris pour poursuivre cette formidable aventure !  


[1] Tokamak : TOroïdalnaïa KAmeras MAgnitnymi – chambre toroïdale avec bobines magnétiques

Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – dans le berceau du multilatéralisme

La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques arrive au terme de son parcours. Elle aura vécu des étapes très riches avec néanmoins quelques turbulences. Le contexte inédit de la crise sanitaire du COVID 19 en a évidemment été à l’origine. Ces turbulences ne l’auront pas pour autant empêcher d’atteindre sa destination.  Une session qui se termine, c’est aussi un élan nouveau qui s’annonce. La 30ème SMHES s’est engagée à maintenir les liens établis entre les auditeurs au cours d’une année de partage. C’est aussi cela la mission des SMHES que de créer un réseau robuste et vivant.  

Les auditeurs de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont finalement retrouvés à Genève pour clore leur année de réflexion sur leur thème d’étude. Cette mission, initialement programmée en Algérie, avait pour objectif de les confronter aux réalités du terrain. Il s’agissait en effet de mesurer les actions concrètes induites par la mise en œuvre des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Les contraintes sanitaires n’ont pas permis la réalisation de cette mission et une solution alternative devait être envisagée. Le choix de Genève s’est vite imposé car aller à la rencontre des responsables de l’organisation des Nations unies ouvrait une opportunité unique d’appréhender globalement les enjeux de ces nouvelles routes de la soie à l’échelle mondiale. Ce déplacement permettait aussi de mieux cerner les mesures sanitaires telles qu’elles ont été préconisées par l’Organisation mondiale de la santé. Enfin, au moment où les leviers du multilatéralisme ne semblent plus produire les effets attendus, une appréciation de situation du rôle des organisations internationales s’avérait particulièrement utile dans le cadre du thème d’étude de la session.

La 30ème SMHES devant l’Organisation des nations unies

Au préalable, il est toujours utile de rappeler l’origine de ces organisations dont la vocation était de trouver le meilleur chemin pour maintenir la paix dans le monde. Car tel était l’objectif du traité signé à Versailles au lendemain de la Première guerre mondiale avec la création de la société des nations. La SDN devait être le moteur d’actions multilatérales permettant de maintenir la paix universelle. C’était une conséquence du rêve porté alors par de nombreux philosophes. Mais cette organisation sera totalement discréditée avec une seconde vague d’extrême violence au cours de la Seconde guerre mondiale. C’est donc la fin du rêve de la paix perpétuelle (Emmanuel Kant).L’Organisation des nations unies allait alors prendre la place. Son objectif sera aussi celui de maintenir la paix et la sécurité internationale avec moins de profondeur philosophique et plus de réalisme dans la mise en œuvre des actions de portée internationale. Entrée en vigueur le 24 octobre 1945, la charte des Nations unies a été signée par 51 États le 26 juin 1945. L’organisation compte aujourd’hui 193 États membres. Son origine caractérise sans doute le mieux la volonté occidentale au lendemain des heures sombres de son histoire. Puis, avec le transfert à New-York du siège de l’organisation, cette volonté est relayée aux Etats-Unis avec un recul de la puissance occidentale au moment où son empire connaissait progressivement le déclin. Genève constitue donc le creuset où se regroupent toutes les organisations internationales sous leurs différentes formes. C’est véritablement le berceau du multilatéralisme. Le berceau d’un multilatéralisme dont la mise en œuvre soulève aujourd’hui de multiples questions.

De fait, le thème d’étude de la 30ème session soulève aussi d’importantes questions sur le jeu des puissances et donc sur la forme de leurs relations. En particulier, la puissance chinoise a modifié substantiellement les équilibres qui prévalaient jusqu’alors. D’un monde unipolaire où s’affirmait tous azimuts l’hyperpuissance américaine, nous sommes passés à un monde multipolaire où les puissances s’affirment unilatéralement dans leur diplomatie ou leur économie. A cet égard, la Chine tient une place singulière dans le concert des Nations. Cette place soulève d’importantes interrogations. Les instances internationales ne semblent plus disposer des leviers pour réguler l’économie mondiale. La mondialisation a totalement libéré l’économie de marché créant une forme de jungle où les États placent désormais les autres États devant le fait accompli.  

Finalement, cette mission d’étude à Genève s’imposait d’elle-même. Sans doute d’ailleurs faudra-t-il l’inclure dans le programme des sessions ultérieures car les échanges réalisés avec les différents piliers de l’organisation des Nations unies sont indispensables à la compréhension des principaux enjeux de ce monde. La démonstration en sera faite au cours de ce séjour.

Une partie des auditeurs dans le jardin de la villa des Ormeaux

Dès le jeudi 3 septembre, les auditeurs ont pu apprécier le cadre plutôt agréable des échanges. Les contraintes sanitaires nous ont en effet imposé de réaliser nos différentes rencontres à la villa des Ormeaux située sur la rive droite du Léman. C’est le siège de la mission permanente de la France auprès de l’office des Nations unies. C’est aussi un lieu de partage puisque le représentant permanent de la France auprès de la conférence du désarmement y déploie également ses équipes.

C’est d’abord monsieur Victor do Prado, diplomate brésilien et directeur exécutif de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a tenu à venir à la rencontre des auditeurs. Son intervention, dans un français impeccable, a évidemment suscité un immense intérêt. Sans en détailler toutes les facettes, elle a souligné les difficultés de mise en œuvre d’une régulation économique mondiale. La logique du rapport de force entre les États semble désormais s’imposer y compris dans les instances juridictionnelles. Cette situation souligne en particulier la vive tension entre les États-Unis et la Chine sur de profonds différends commerciaux. Au-delà des difficultés, l’Organisation mondiale du commerce s’inscrit malgré tout dans une réforme de fond qui doit prendre en compte un contexte économique mondial profondément changé. L’élection à venir de son futur directeur général sera sans doute un signal fort de ce changement de posture. Enfin, l’épisode du COVID 19 a eu une forte incidence sur le commerce mondial révélant de réelles vulnérabilités. De cet épisode pourraient résulter de nouveaux équilibres dans les domaines de la production et de la souveraineté industrielle. 

Victor Do Prado devant les auditeurs

Le deuxième rendez-vous nous replaçait au cœur de l’actualité portée par la crise du COVID 19. Madame Sylvie Briand, directrice du département des pandémies et épidémies de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait un point très complet de la situation. L’OMS a fait au mieux dans un contexte difficile. Si ce message est entendu, il souligne néanmoins une fois encore la fragilité des instances internationales. Au-delà de son action déterminée, l’action multilatérale qui aurait pu prévaloir n’a donc pas pris la forme attendue. Le désengagement financier des États-Unis de l’OMS en dit long sur les vulnérabilités nouvelles auxquelles il faudra faire face. Car le risque d’épidémie ou de pandémie restera un sujet sensible. La crise du COVID 19 est une alerte sérieuse dont il faudra tirer toutes les leçons. Par ailleurs, cette crise a sans aucun doute freiné l’élan chinois des nouvelles routes de la soie. Dès le 16 mars dernier, les auditeurs avaient intégré dans leurs travaux ce nouveau paramètre qui allaient modifier la déclinaison des différents scénarios envisagés.

Sylvie Briand

Il était donc intéressant de poursuivre cette journée avec la présence du GCSP (Geneva Center for Security Policy). La création de cette fondation remonte au début des années 1980. La première rencontre entre le Président des Etats-Unis Ronald Reagan et le premier secrétaire du parti communiste Mikhail Gorbatchev durant la guerre froide avait souligné la nécessité de mettre en œuvre un centre de formation internationale dédié aux questions de sécurité. Le GCSP fut créé à cette occasion sous l’impulsion du ministère des affaires étrangères suisse. Pour ce qui concerne les auditeurs de la 30ème SMHES, le rendez-vous genevois proposait d’aborder la question de la gestion des crises. Le directeur des opérations, le général (2s) Philippe Meyer accompagné de monsieur David Horobin et de madame Clémentine Gaspar ont présenté les paramètres déterminants d’une crise et les clés indispensables favorisant le retour aux conditions normales. Au bilan, cette rencontre démontre qu’en matière de gestion de crise, il faut encourager toutes les initiatives de ce type. Elles peuvent opportunément s’appuyer sur des organismes tels que l’institut FMES. Cela conforte donc une dynamique d’ores et déjà envisagée au profit des décideurs publics ou privés.  

L’équipe du GSCP

Après une première journée d’échanges avec les représentants de deux très importants organismes des Nations unies (OMC – OMS), les rendez-vous du vendredi 4 septembre se sont concentrés sur la vision des représentants français au sein de nos missions permanentes installées à Genève. L’opportunité était ainsi donnée aux auditeurs de mesurer les éventuelles divergences de vues sur les outils de régulation de l’économie mondiale et l’approche globale de la crise du COVID 19.  

Mais ce fut d’abord un rendez-vous consacré aux fondamentaux de la culture stratégique. Monsieur Yann Hwang, ambassadeur représentant permanent de la France auprès de la conférence du désarment à Genève, a tenu personnellement à prononcer cette intervention à l’attention de nos auditeurs. Dans une période marquée par l’imprévisibilité des situations et un retour à des logiques de rapport de force des Etats quel que soit le type d’action concernée, le constat dressé par notre représentant démontre la nécessité de bien comprendre le siècle d’histoire de nos organisations internationales dont la vocation était de promouvoir les leviers concourant à la sécurité internationale. Il a probablement souligné un point d’inflexion des mécanismes internationaux au moment où les Etats rejettent le dialogue multilatéral dont le fruit n’est plus conforme à leurs attentes. Ce constat démontre aussi les évolutions liées aux générations qui n’ont pas connu les drames de la guerre et qui, d’une certaine manière, idéalisent le monde tel qu’elles voudraient qu’il soit face à la réalité du monde tel qu’il est. Dans un échange où les questions n’étaient pas convenues, la nécessité de réacquérir une culture stratégique s’impose d’elle-même. Le thème d’étude de la 30ème SMHES a donc le mérite de modestement y’concourir. Vous nous avez, monsieur l’ambassadeur, donné l’envie de revenir débattre !

L’ambassadeur Yann Hwang durant sa conférence

Il fut suivi par la rencontre de monsieur Jean-Marie Paugam, délégué permanent de la France auprès de l’OMC, dans des échanges très nourris sur le fonctionnement de la régulation économique mondiale. Ces échanges auraient pu être techniques et austères. Ils ont été clairs, précis et accessibles en apportant les clés de compréhension indispensable aux mécanismes de cette régulation. La mondialisation n’en a sans doute pas simplifié la mise en œuvre. Certaines règles sont contournées. Des procédures juridiques sont engagées. Elles mettent ici ou là des principes de subventions contestés, des règles de croit bafouées avec des sanctions financières dont les montants paraissent vertigineux. Cet échange n’est pas à l’opposé des propos tenus par notre premier intervenant qui n’avait pas manqué de mettre en avant la période difficile traversée par l’OMC. Il fut complémentaire et particulièrement utile. Evidemment, la Chine fut, à maintes reprises, citée dans une dynamique économique que rien ne doit arrêter.

Jean-Marie Paugam

Pour clore ce séjour à Genève, il nous a paru intéressant de solliciter un chercheur travaillant sur les nouvelles routes de la soie. C’est une façon de compléter l’ensemble des conférences réalisées au cours du cycle annuel de la 30ème SMHES. Monsieur Benno Zogg du Center for Security studies de Zurich s’est plié à cet exercice et les auditeurs lui en sont reconnaissants. Sa présentation fut remarquable. Elle n’a pas fondamentalement marqué de différences avec les chercheurs français que nous avions sollicités antérieurement. C’est donc le signe d’une certaine vision partagée des incidences de ces nouvelles routes de la soie. Une vision qu’il faudra approfondir dans le temps. Et s’agissant de ce projet, le temps long doit être retenu à l’instar de celui qui convient le mieux à la philosophie chinoise au moment où les Européens sont piégés pas l’instantanéité des faits et les réponses qu’il faut apporter.

Benno Zogg

Finalement, pour paraphraser Jean Monnet, nous pourrions presque affirmer que « le monde se fera dans les crises et qu’il sera la somme des solutions apportées à ces crises ». Il reste donc à trouver les mécanismes permettant cette addition. A défaut, le chacun pour soi risquerait de produire des effets collatéraux dont il faut souhaiter qu’ils ne produisent pas d’effets dévastateurs. Mais, il convient d’être optimiste et la réflexion prospective et stratégique, le débat d’idées voire le combat des idées sont de précieux moteurs du changement. Les auditeurs de la 30ème SMHES auxquels je resterai fidèlement attaché y contribueront à leur manière. Il y a certes quelques imperfections dans la conduite de leurs travaux. Mais il y a aussi une formidable richesse.  C’est celle que je retiens. Et je les en remercie. A n’en pas douter, leur thème d’étude n’a pas fini de faire couler de l’encre ici à Genève et très probablement dans le reste du monde.

Vidéo – Inscriptions à la 31ème Session méditerranéenne d’études stratégiques

Les inscriptions sont ouvertes !

Les grands enjeux géostratégiques vous intéressent ? Les questions de défense et sécurité aussi ? Acteurs responsables des secteurs public et privé, rejoignez la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques SMHES, une session unique, en partenariat avec l’IHEDN.

Le directeur général de l’institut FMES, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur et le directeur des SMHES, le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre présentent l’institut FMES et les SMHES, qui célèbrent cette année leur 30ème anniversaire. Ils sont rejoints par trois auditeurs de la 30ème SMHES, apportant leur témoignage.

Le thème d’étude de cette session 2020-2021 : “Les conséquences géopolitiques des enjeux environnementaux en Méditerranée”.

 

Programme 31ème SMHES 2020 – 2021

Bulletin de candidature – 31ème session

Plaquette de présentation des SMHES

Institut FMES : Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – Au rendez-vous de la sécurité intérieure et d’acteurs économiques du territoire

Ce devait être le clap de fin de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques ! Le contexte très particulier d’aujourd’hui en a voulu autrement et les auditeurs, pour leur plus grande satisfaction, pourront se retrouver au mois de septembre prochain pour leur mission d’études à Genève. Il est souvent dit que ses sessions rassemblant des auditeurs d’horizon très différent sont sans doute l’ultime endroit où l’on peut encore se faire des amis. Oui, assurément des liens se tissent et le réseau au sens humain se consolide au fil des séminaires. Le sentiment d’appartenir à une communauté singulière appelée à échanger au-delà même des périodes réalisées au cours du cycle académique est évidemment un très bel objectif. Il me parait être atteint. Il est peut-être même l’un des principaux objectifs car il permettra à des cadres responsables de partager des réflexions couvrant d’autres domaines que celui de l’incidence des nouvelles routes de la soie en Méditerranée, thème retenu pour le cycle 2019 – 2020. C’est ce partage qui permettra de relever les défis de demain. C’est ce partage qui permettra de ne pas être approximatif dans l’analyse d’un contexte, d’une situation et qui permettra d’en dessiner les perspectives. Si le contexte sanitaire pèse lourdement aujourd’hui sur nos vies professionnelles et privées et qu’il a résolument pris une dimension mondiale, certains événements eux-aussi se répandent comme une traînée de poudre avec de potentiels troubles à la sécurité publique. Cet homicide commis aux Etats-Unis, au-delà de son caractère inadmissible, a placé sur le devant de la scène les violences policières pouvant conduire à de telles issues. Assurément condamnable, il ne faut pour autant pas caricaturer les actions de nos forces de sécurité intérieure.

Ce n’était pas le thème de ce séminaire mais la rencontre programmée avec la gendarmerie nationale a évidemment abordé ce sujet. Cette force armée est un acteur clé de la sécurité intérieure et se distingue des forces de police par son attachement historique au ministère des armées même si elle aujourd’hui placée sous la tutelle du ministère de l’intérieur. C’est d’ailleurs l’une des plus ancienne institution française, héritière de la Maréchaussée, et dont certains pays se sont inspirés. Si dans les institutions de défense et de sécurité, l’homme reste, quelle que soit sa spécialité, l’acteur central, il est incontestable que cette dimension humaine revêt un caractère encore plus déterminant au sein des forces de la gendarmerie. Le général de corps d’armée Marc Lévêque a tenu lui-même à venir à la rencontre des auditeurs de la 30ème SMHES le jeudi 11 juin en y consacrant une matinée entière. Il a particulièrement souligné ce caractère dans les actions menées par ses unités sur le territoire dont il a la responsabilité.  Il faut d’ailleurs ici préciser l’importance du périmètre géographique car il ne se limite à la seule Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur en s’étendant à l’Occitanie et la Corse au titre des responsabilités exercées pour la Zone de Défense et de sécurité Sud. C’est donc 6 groupements de gendarmerie départementale, 3 groupements de gendarmerie mobile stationnés à Hyères, Nîmes et Toulouse ainsi que des détachements aériens qui lui sont rattachés pour emploi pour ne citer que quelques éléments ; des composantes essentielles utilisées au quotidien pour assurer notre sécurité. Le spectre des missions est très large allant des missions de police administrative, judiciaire et des celles de sécurité publique et d’assistance portée aux populations. C’est aussi de nouveaux enjeux face à la multiplication des nouvelles menaces. La lutte contre le terrorisme a marqué les esprits et continue d’être une priorité.  La lutte aujourd’hui pour contrer les menaces de la cybercriminalité constitue un enjeu de poids pour sécuriser l’utilisation des outils connectés qui irriguent désormais les particuliers et les professionnels dans une transition numérique en plein essor.

Cette rencontre avec la gendarmerie nationale a donc complété la formation dispensée au cours de ce cycle académique. Il a permis d’être au contact de tous les acteurs institutionnels de la défense et de la sécurité. Les auditeurs, dans l’exercice de leurs responsabilités actuelles et futures, sauront faire la part des choses et pourront faire valoir leur appréciation le cas échéant. C’est l’esprit de défense en somme qu’ils ont acquis ou consolidé au cours de leur session.

En début d’après-midi, ils avaient un autre rendez-vous régional. Monsieur Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ancien auditeur des sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques, a tenu à échanger avec la 30ème SMHES après une intervention présentant les formidables atouts régionaux et les grands enjeux de demain. Cette personnalité, particulièrement bien placée pour aborder les questions de défense et de sécurité compte tenu des son engagement politique qui l’avait conduit à être vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, a permis aux auditeurs de mieux appréhender le rôle régional au profit d’un écosystème industriel de défense et de technologie duale qui place la région au deuxième rang national. Ce rôle devrait s’accroître dans le temps et la volonté de décentraliser les actions de l’Etat y concourra significativement.  Ce temps d’échange fut précieux et particulièrement apprécié des auditeurs.

Le vendredi 12 juin, nous avions programmé une rencontre avec un acteur économique régional et institutionnel pour le ministère des armées. Il s’agit de l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu. Cette visite, nous la devons au directeur de l’établissement, l’ingénieur général Nicolas Frager, qui nous a ouvert ses portes tout en adoptant les mesures s’imposant compte tenu du contexte sanitaire. Les auditeurs ont été sensibles à cette démarche et n’ont pas regretter le déplacement. Cet AIA relève du service industriel de l’aéronautique, service de soutien de l’armée de l’air à vocation interarmées, dont les actions sont centrées sur le maintien en condition opérationnelle des moyens aéronautiques du ministère des armées. Il intervient plus particulièrement pour la maintenance des aéronefs de la marine nationale, des équipements missiles et assure également la fabrication et la réparation des radômes et structures en composite. S’agissant des radômes, c’est véritablement un domaine d’excellence, qui équipent des aéronefs de combat et des aéronefs de la gamme commerciale. Enfin, au regard de son statut, l’AIA de Cuers-Pierrefeu est une véritable entreprise qui compte plus de mille personnes sur le site. Son caractère exceptionnel mérite le détour pour y découvrir les indispensables savoir-faire garantissant la disponibilité opérationnelle des équipements militaires durement éprouvés dans les opérations actuelles.

Pour clore ce séminaire de « territoire », il nous était impossible de ne pas s’attarder un instant sur une pépite industrielle plus que centenaire. Il s’agit de la CNIM, ou entreprises de constructions navales et industrielles de la Méditerranée dit aujourd’hui de constructions industrielles de la Méditerranée. Les auditeurs n’ont pas eu l’opportunité de se rendre sur le site car les conditions d’accueil n’auraient permis de respecter les mesures barrières prescrites. Alors l’un des leurs, Pierre Jérôme Acquaviva, lui-même ingénieur et chef de projet au sein du groupe, a réalisé une présentation complète soulignant les implications industrielles dans de multiples domaines tels que ceux de l’environnement, l’énergie mais aussi bien sûr ceux de la défense et des hautes technologies. La CNIM, c’est aussi l’histoire d’une famille tournée vers l’innovation. C’est l’histoire d’une équipe qui traverse le temps avec parfois quelques obstacles dressés sur le chemin. Mais, c’est l’innovation qui fait la différence et qui assoie cette crédibilité inaltérable dans le temps. Les technologies développées apparaissent précieuses pour ne pas dire stratégique, notamment dans le domaine du nucléaire. La diversité des actions menées ouvre aussi de nouvelles perspectives. La CNIM est, pour faire court, une fierté du territoire ancrée à la ville de la Seyne sur mer qui en fut le berceau. Ce groupe est en quelque sorte le fruit d’hommes qui ont su rêver à des choses inédites[1]. C’est ce rêve qu’il faut porter pour relever les défis à venir. C’est donc un exemple à suivre.

Nous avons donc terminé notre cycle de séminaires ici à Toulon là où nous avions commencé en octobre dernier l’étude du thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. C’est passé le temps d’un éclair avec, il est vrai, quelques obstacles dans la réalisation de la 30ème SMHES qui a tenu bon. Je remercie les auditeurs de la confiance qu’ils ont accordé à leur équipe pédagogique et leur donne rendez-vous pour livrer les conclusions de leur étude le 5 septembre prochain après leur mission d’étude à Genève.

 

[1]John Fitzgerald Kennedy