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Quarantaine en rade du web pour la navire de la 6e SN ESM pour sa mission « Europe » – Gérard Valin

« Le Temple du Soleil ». © Moulinsart 2020

La mission « Europe » à Bruxelles de la 6ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » a dû finalement se dérouler en webinaire en raison du re-confinement imposé par la tempête et les embruns COVID qui ont à nouveau frappé la France et la Belgique. Mais en particulier grâce au soutien d’Émilia Didier, correspondante de l’IHEDN à Bruxelles, nos amis bruxellois impliqués au cœur des institutions européennes ont été fidèles au rendez-vous. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre pour y faire face, et comment la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe capable d’affronter les défis du monde d’aujourd’hui. Ces derniers ne faisant que croître avec le retour des États puissance, leur politique du fait accompli, le moindre respect du droit international et l’effritement du multilatéralisme que l’action de l’UE, dans ce contexte prend une dimension stratégique croissante.

Dès le lundi matin, le Web a été mis à contribution par Claire Raulin, ambassadrice de France auprès du Comité politique et de sécurité (COPS) de l’UE, qui immédiatement plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. Ces derniers ont ainsi pu découvrir la montée en puissance des préoccupations de souveraineté au sein de l’UE, les avancées conséquentes en matière de sécurité et de défense ainsi que les enjeux liés au travaux prospectifs conduits dans le cadre de la « boussole stratégique ». Le vice-amiral d’escadre Henri Scricke, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et du comité militaire de l’OTAN, a souligné la complémentarité de ces deux organisations dans les domaines militaires et maritimes. Il a insisté sur l’importance de bien prendre en compte les préoccupations de défense et de sécurité de l’ensemble des Etats membres et la nécessité d’anticiper en revenant sur les travaux de la « boussole stratégique ». Enfin, il a montré combien les approches pragmatiques et opérationnelles l’emportaient largement sur les positions trop dogmatiques à en prenant notamment comme exemple la présence maritime coordonnée (PMC).

L’après-midi a débuté par une table-ronde sur la « les enjeux de sureté maritime (SSMUE) de l’UE et son plan d’action » regroupant Christos Theophilou de la DG Mare[1], Géraud Montagut du SEAE[2] de la DG Mare et le contre-amiral Jean-Marie Lhuissier, spécialiste des systèmes d’information et de communication. Les auditeurs ont ainsi pu réfléchir et débattre sur des sujets aussi importants et divers que la coopération maritime entre les pays membres, la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la coopération structurée permanente (CSP) adoptée en octobre 2020 ou l’interopérabilité des systèmes d’information des États-membres.

Table ronde avec l’amiral Lhuissier, Géraud Montagut et Christos Theophilou

En fin d’après-midi, le député européen Pierre Karleskind, président de la commission pêche et vice-président de celle chargée de la biodiversité et de l’intercommission Mer au sein du parlement européen, a présenté la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne. Il a longuement expliqué aux auditeurs le processus de négociation interne au parlement ainsi que son poids croissant dans les négociations, aucun accord ne pouvant être conclu sans sa ratification. Il a rappelé le succès de la Politique commune de la pêche (PCP) et l’importance de lutter contre la pêche illicite non déclarée et non réglementé (INN). Enfin, son intervention s’est terminée par de très riches débats avec les auditeurs sur les grands défis du Brexit, en particulier pour la pêche dont les enjeux sont un « condensé » des enjeux plus globaux.

Intervention du député Pierre Karleskin

En fin de journée, les comités se sont replongés avec ardeur dans leurs travaux de comité tant l’échéance mi-avril de la remise de la première version de leur rapport approche.

Les auditeurs ont le sourire tout en travaillant sur leurs travaux

Le mardi a davantage été consacré aux intervenants des institutions européennes. Une première table ronde sur la « Coopération structurée permanente » (CSP) a rassemblé Arnaud Migoux, Chef de secteur au SEAE, l’ingénieur général de l’armement Yves Caleca, Conseiller armement au sein de la RPUE et François Dupont de Naval Group. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir des avancées insoupçonnées dans le domaine de la défense et encore inconcevables il y a moins de 10 ans, telles que la création du Fond européen de défense (FED) et la montée en puissance de cette CSP dans les domaines opérationnel et capacitaires.   

Table ronde avec l’Ingénieur Général Caleca, Arnaud Migoux et François Dupont

Théo Barbe et Paul Avrillier, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont ensuite permis aux auditeurs de découvrir comment la politique commune de la pêche (PCP) a permis la reconstitution de certains stocks de poissons et les efforts mis en œuvre par l’UE pour limiter la pollution par les navires. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à son niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire et à promouvoir la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens.

Théo Barbe attentif aux questions des auditeurs sur la pêche
Paul Avrillier expliquant aux auditeurs les enjeux de la limitation de la pollution par les navires

Félix Leinemann et Reka Rozsavolgyi, de la DG MARE, ont ensuite animé en duo les débats sur l’économie bleue, pour une économie maritime durable. Le premier a évoqué les grands enjeux liés à l’autonomie stratégique de l’Europe et le défi que représente pour l’UE la mise en place d’une économie circulaire. L’enjeu consiste à permette la durabilité des chaînes de valeur et à trouver un juste équilibre entre le climat, la protection de la biodiversité et l’exploitation raisonnée des mers et des océans tout en ne créant pas de distorsion de concurrence aux dépens des entreprises européennes.

Intervention de Reka Rozsavolgyi et Félix Leinemann

La seconde est intervenue sur les stratégies régionales par bassin maritime avec un focus sur la stratégie Atlantique. Elle a détaillé le plan d’action stratégique de l’Atlantique adopté par la commission en mai 2013 en insistant sur ses grandes priorités : promouvoir l’innovation et l’entreprenariat ; assurer la protection et la sécurité de l’environnement marin et des côtes ; d’améliorer l’accessibilité et la connectivité et, enfin, créer un modèle socialement inclusif et durable de développement. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir une liste particulièrement impressionnante de projets conduits dans ce cadre.

Enfin, Geneviève Pons, Directrice générale d’Europe de l’Institut Europe Jacques Delors a clos ce séminaire avec brio en présentant aux auditeurs la mission Starfish 2030 destinée à maintenir, protéger et restaurer les milieux aquatiques, y compris ceux situés sur les territoires des États. Cinq axes la structurent : enrichir les connaissances et créer un lien émotionnel, zéro pollution, améliorer la gouvernance, régénérer les écosystèmes marins et aquatiques et décarboner notre océan, nos mers et nos eaux.

Présentation de la mission Starfish 2030 de Geneviève Pons

[1] Direction générale de la Mer de la commission européenne.

[2] Service européen pour l’action extérieur

Séminaire de mars de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – Patrick Lefebvre

Ce séminaire était principalement consacré aux enjeux de sécurité. La sécurité revêt une importance stratégique et s’inscrit dans la dimension globale de la réflexion qu’il faut accorder à la sécurité et à la défense. Ce module s’inscrit donc pleinement dans le cadre du parcours SMHES. Dans le contexte que nous traversons, nous constatons d’ailleurs que la sécurité, dans son acception large, est une préoccupation de premier rang au plus haut niveau de l’Etat. C’est d’ailleurs comme l’avait souligné le général de Gaulle « son premier devoir car il n’y saurait manquer sans se renier lui-même ». Pour cette séquence, l’objectif était donc de faire partager aux auditeurs les éléments structurant les grandes actions dans ce domaine. Au-delà des interventions des responsables d’organismes sollicités, il nous a paru intéressant d’aller au contact des acteurs qui les font vivre pour mieux comprendre les réalités du terrain. Evidemment, toutes les portes n’étaient pas ouvertes compte tenu des mesures sanitaires et nos auditeurs en comprennent parfaitement les raisons. Mais lorsque la visite fut possible, elle a permis d’aller à la rencontre de ceux qui assurent ces missions très difficiles. C’est un formidable atout humain qui n’a pas d’égal. Naturellement, ce module consacré à la sécurité invite aussi à s’intéresser aux autres organismes, et ils sont nombreux, car la complémentarité des actions qu’ils conduisent donne cette cohérence globale des actions conduites sur le territoire à l’échelle locale, régionale et nationale.

Enfin, le mode hybride de nos séminaires permet malgré tout, et c’est d’une importance capitale, de maintenir la dynamique des liens entre nos auditeurs. Il maintient ce très bel esprit d’une promotion qui       a pris forme au fil des mois. N’oublions pas non plus que ce séminaire a permis d’avancer significativement les travaux de nos auditeurs sur leur thème d’étude relatif aux conséquences des enjeux environnementaux en Méditerranée, en interne, au cours des travaux de comité, et en externe, en liaison avec l’université de Toulon dans le cadre de la préparation du diplôme universitaire.

Nous avons donc commencé, pour introduire ce sujet stratégique, par une intervention réalisée par la gendarmerie nationale le jeudi 18 mars en matinée. Il s’agissait de percevoir les enjeux globaux mais aussi de mesurer les actions menées au niveau du territoire. C’est le général de division Philippe Ott qui a tenu à s’adresser aux auditeurs de la session en venant à leur rencontre. Cette intervention fut remarquée et remarquable. Nous étions véritablement sur « le terrain » à ses côtés en abordant tous les grands sujets de sécurité portés par la gendarmerie dans le champ de la sécurité publique et tous les dispositifs particuliers mis en œuvre par une institution qui affiche une double identité avec une militarité conservée et sa tutelle du ministère de l’intérieur. C’est une institution qui interagit avec presque tous les services de l’Etat. Les échanges qui ont accompagné cette séquence ont été très nombreux et nous aurions pu sans doute prolonger la durée de ce rendez-vous très longtemps au regard de l’intérêt porté par nos auditeurs dont certains ont découvert des facettes d’une gendarmerie qu’ils ne connaissaient pas. Pour des cadres dirigeants qui ont choisi de vivre nos sessions, ce rendez-vous s’avère donc indispensable et précieux. A l’évidence, lorsque nous sortirons de cette crise sanitaire, nous reproduirons ce rendez-vous avec une visite dynamique pour aller au contact des gendarmes et vivre les actions décrites au cours de cette matinée. Enfin, le général Philippe Ott a également livré une vision méditerranéenne acquise lorsqu’il exerçait des responsabilités en qualité d’attaché de sécurité intérieure près des ambassades de France en Turquie et en Tunisie. Dans le champ géopolitique, les acteurs de la gendarmerie prennent ainsi toute leur part dans l’exercice de ce type de fonction ou lorsqu’ils sont engagés en opérations extérieures.     

Au terme de ce rendez-vous, les auditeurs ont pu consacrer du temps à leurs travaux de comité. Les avancées sont significatives tant sur la partie introductive de leur futur mémoire fixant l’état des principaux facteurs d’influence de l’environnement que sur la partie consacrée à la déclinaison des différents scénarios.  Cette étape a précédé un compte rendu très précis réalisé par tous les auditeurs devant le responsable du diplôme de l’Université de Toulon. Ce compte-rendu fait partie des jalons établis pour l’obtention du diplôme universitaire. Cette approche académique conforte la méthodologie retenue par les différents comités et permet de préciser certains points spécifiques. Pour parachever cet après-midi dédié aux travaux des auditeurs, une intervention de monsieur Thierry Garcin s’est concentrée sur les données géopolitiques de l’Arctique. Si l’Arctique a toujours été un acteur important des relations internationales, il pourrait en accroître sa portée par l’effet des évolutions environnementales. Nous pourrions paraître assez loin de notre thème d’étude en étant très éloignés de la Méditerrané, mais en y regardant de plus près, les profondes évolutions au Nord induiront d’inévitables effets au Sud.  Pour autant, cet expert géopolitique reste mesuré sur les perspectives de croissance d’une zone géographique hostile qui restera longtemps un frein à tout développement économique. Néanmoins, il ne sous-estime pas la dimension stratégique de cet espace immense, et l’histoire en témoigne, même s’il ne concentre pas à l’image de la Méditerranée tous les facteurs de tensions entre les Etats limitrophes. Cette intervention fut d’autant plus intéressante qu’elle prolonge celle réalisée par monsieur Mikaa Mered en novembre 2020 à l’école de guerre où il soulignait pour l’Arctique une forme de dilemme stratégique avec l’ouverture d’activités commerciales et des opportunités régionales de développement. En tout état de cause, cette approche géopolitique est essentielle pour consolider les analyses du thème d’étude de la 31ème SMHES.

Le vendredi 19 mars, en matinée, un écart volontaire au programme de ce séminaire centré sur les enjeux de sécurité a été réalisé avec une présentation en visioconférence de l’établissement de Dassault aviation installé à Istres. Il était important de maintenir dans le déroulement de la session ce rendez-vous avec la présentation d’un fleuron de l’aéronautique française, notamment pour sa composante militaire. Ce savoir-faire technologique est stratégique et les défis à relever sont très importants compte tenu de l’évolution des générations d’avions de combat concomitantes à celle de son environnement d’emploi. Comme nous le soulignons régulièrement, le monde se durcit et la conflictualité change de forme exigeant des capacités en constante adaptation. Ce rendez-vous a donc utilement complété le séminaire consacré aux enjeux aéronautiques et aérospatiaux du mois de février dernier.

En fin de matinée, les auditeurs ont pris la route vers Brignoles pour aller à la rencontre de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (l’UIISC 7). Unité de l’armée de terre appartenant à l’arme du génie, les formations militaires de la sécurité civile sont mises pour emploi à la disposition du ministère de l’intérieur et relèvent de la direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises. Ces unités furent créées à l’initiative du général de Gaulle à la suite de la rupture du barrage de Malpasset en 1959. Cet accident, qui a fait de nombreuses victimes, avait souligné le manque d’unités d’interventions réactives aboutissant à la création de 7 unités. Au fil des années ce nombre a été ramené à 3 avec une implantation majeure sur le territoire varois. Dès lors, ces unités ont multiplié leurs missions dans tous les domaines du sauvetage en France et à l’étranger. Elles sont aujourd’hui très impliquées dans le domaine des risques technologiques et dans la protection de l’environnement et des populations. Cette unité militaire est singulière dans sa composition à l’image des sapeurs-pompiers militaires de Marseille ou de Paris. Ce sont des militaires professionnelles très aguerris, disposant d’une très solide expérience de terrain, qui s’agrègent aux autres composantes civiles dont certaines ne sont pas professionnelles. Le chef de corps, le colonel Christophe Libert, a su montrer aux auditeurs ce caractère unique et exceptionnel d’acteurs complètement engagés au service des autres. La devise de son unité « servir pour sauver » illustre bien le sens de cet engagement. La passion de ces militaires, quant à elle, saute aux yeux et donnent confiance à ceux qui un jour devront tendre la main pour être secouru.

Au bilan, ce séminaire, par le simple fait de rassembler les auditeurs, est un véritable succès. Il n’est en effet pas si courant aujourd’hui de pouvoir se retrouver tout en prenant évidemment les mesures appropriées de protection. Pour clore cette séquence et avant de s’atteler aux travaux de comité du samedi 20 mars en matinée, l’institut FMES a tenu à organiser un dîner débat sur les faits d’actualité géopolitique. Dans un cadre agréable et convivial des salons de l’hôtel OKKO de Toulon, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur et Pierre Razoux ont librement échangé avec des auditeurs attentifs et actifs. Si les sujets traités pouvaient s’éloigner du thème d’étude proprement dit, les propos délivrés peuvent nous y ramener d’une manière ou d’une autre car les puissances, quel que soit leur niveau, devront tôt ou tard porter une attention au fait environnemental. A n’en pas douter, ce sujet est stratégique et prendra toute sa part dans la compétition des puissances. Les auditeurs de la 31ème SMHES peuvent donc poursuivre leurs travaux avec cette belle détermination qui les anime depuis le mois d’octobre 2020.   

LA COVID-19 DANS LES HAUTS DE FRANCE CONFINE À L’ÉCOLE MILITAIRE LES AUDITEURS DE LA 6E SESSION NATIONALE “ENJEUX ET STRATÉGIES MARITIMES”

Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN ont trouvé refuge les 12 et 13 mars à l’École Militaire pour leur séminaire normalement prévu dans des Hauts-de-France, durement frappés par la pandémie de la Covid-19. Toutefois, grâce à l’implication et l’adaptation de grands acteurs de cette région ainsi qu’au recours à la visioconférence, les auditeurs ont pu aborder la quasi-totalité des sujets prévus.

En effet, dès le vendredi matin, le vice-amiral d’escadre Philippe Dutrieux, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, leur a présenté les problèmes de sécurité et de sûreté posés par la route maritime la plus fréquentée au monde et le flux migratoire par voie de mer dans sa zone de responsabilité. Il a également abordé les enjeux auxquels est confrontée une région d’Europe très impactée par le Brexit, et ceux liés à la planification spatiale d’espaces maritimes particulièrement exigus.

©IHEDN/ Les auditeurs attentifs aux propos du vice-amiral d’escadre Philippe DUTRIEUX 

Daniel Deschodt, président par intérim du directoire du Grand port maritime de Dunkerque (GPMD), a ensuite évoqué les défis de Dunkerque – comme des autres ports français – pour faire face à la concurrence internationale et dynamiser sur le sol français l’activité et les emplois associés. Le GPMD, désormais capable d’accueillir les plus gros navires du monde, illustre bien la politique de long terme mise en place en coopération avec les autres ports des Hauts-de-France pour capter la valeur ajoutée et développer l’emploi. Cette ambition s’appuie sur une stratégie d’économie circulaire et le développement du numérique, tout en préservant la biodiversité dans une approche de développement durable.   

Les auditeurs ont ensuite virtuellement mis le cap sur Calais où ils furent accueillis par Madame la sous-préfète, Véronique Deprez-Boudier, entourée de Philippe Suisse, adjoint au directeur de la sûreté du port de Calais, de Hervé Derache, directeur interdépartemental de la police aux frontière, de Mathilde Potel, commissaire central adjoint de la circonscription de sécurité public de Calais, et de Laurent Decovemacker, capitaine, commandant en second de la compagnie de gendarmerie maritime de Calais.

Ont été abordés les grands enjeux de sa ville-port notamment liés à la proximité du Royaume-Uni, au Brexit et à la forte pression de la migration illégale dans le détroit du pas de Calais. Grâce à cette table-ronde, les auditeurs ont pu découvrir les installations impressionnantes destinées à dissuader et détecter toute tentative d’intrusion illégale. Ils ont également pu prendre la mesure de la volonté de coopération des gouvernements français et britanniques pour endiguer ce flux de migrants, particulièrement déterminés et prêts à risquer leur vie pour traverser la Manche.

©IHEDN / Les auditeurs écoutant Véronique DEPREZ-BOUDIER, sous-préfète de Calais.

Le samedi, après la journée dense de la veille, la session a accueilli dès potron-minet Jean-Michel Thillier, directeur interrégional des douanes des Hauts-de-France et coordonnateur national Brexit pour la douane française. Il avait fait spécialement le déplacement pour venir à la rencontre des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir le concept de « frontière intelligente », inventé par les douanes françaises et mis en place avec le Royaume-Uni, dont l’anticipation a permis à la France d’être au rendez-vous et de maintenir les flux de marchandises et de passagers tout en assurant les formalités douanières et sanitaires imposées par le Brexit.

©IHEDN / Jean-Michel THILLIER s’adressant aux auditeurs

Cette matinée s’est conclue en beauté avec l’intervention du Commissaire général Vincent Campredon, directeur du musée de la Marine, qui a montré aux auditeurs comment, dans l’approche globale qui est celle de l’IHEDN, les enjeux culturels liés à la mer se situaient au cœur des enjeux maritimes. Dans ce contexte, la rénovation en cours du musée de la Marine allait pouvoir participer à leur diffusion au sein de la société française, en particulier pour faire prendre conscience aux plus jeunes combien l’avenir de notre planète dépendait des mers et des océans.  

©IHEDN / Le commissaire général de la Marine Vincent CAMPREDON en plein débat avec les auditeurs.

Enfin, le samedi après-midi a permis aux auditeurs de se replonger dans la rédaction de leurs travaux de comité sur la souveraineté dans le domaine maritime. Malgré la légitime déception de n’avoir pas pu assister à la criée de Boulogne sur Mer ou visiter les ports de Dunkerque et Calais, les auditeurs furent très heureux d’être ensemble et, au delà du regret de se quitter après deux jours passés trop vite, attendent déjà avec impatience de se retrouver lors du prochain séminaire.

Séminaire toulonnais de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) les 17 et 18 février 2021

Au moment où nous recevons les premières images de l’atterrissage du rover Perseverance sur mars, il était plus qu’opportun de s’intéresser au milieu aérospatial pour les auditeurs de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES). Evidemment, et ce n’est plus vraiment nouveau, le contexte sanitaire a induit des contraintes privilégiant un mode hybride dans le déroulement du séminaire. Ce mode conjuguait donc des présentations réalisées en visioconférence et des visites dynamiques.

La journée consacrée aux visioconférences s’est déroulée, le mercredi 17 février, à la maison numérique et de l’innovation de Toulon. Elle a permis de disposer d’une vision globale des grands enjeux du domaine aérospatial. Elle a également permis aux auditeurs de partager ensemble leurs réflexions sur leur thème d’étude. 

La journée du jeudi 18 février a, quant à elle, été consacrée aux visites dynamiques. Si la région Sud Provence-Alpes-Côte-d’Azur n’est pas l’Aerospace Valley telle que nous la connaissons à Toulouse, elle compte sur ses territoires des sites industriels où l’importance du domaine aérospatial est placée au premier rang des actions d’études et de production. Pour l’aéronautique avec Dassault et Airbus et pour le domaine spatial avec Thalès Alenia Space implanté sur les bords de la Méditerranée à Cannes La Bocca et, bien sûr, tout l’écosystème qui les accompagne. L’occasion était également donnée d’aller à la rencontre d’autres acteurs dont l’engagement dans l’innovation mérite d’être souligné. La visite de Thalès Systèmes Mission de Défense installé à Valbonne au cœur de la technopole de Sophia-Antipolis avec une expertise unique au monde dans la mise en œuvre de solutions de surveillance a bien mis en avant une expertise d’avant-garde. L’acoustique, les systèmes de drones embarqués, entre-autres, comptent parmi les équipements stratégiques de son secteur d’activités. Ce sont les équipements souverains dont ont besoin nos armées en particulier notre Marine nationale. Ces visites dynamiques ont permis de mesurer des savoir-faire d’exception.

Les visioconférences se sont déroulées en quatre temps. Trois temps consacrés aux questions aéronautiques et aérospatiales et un quatrième temps dédié au thème d’étude de la 31ème SMHES.  Le premier temps était centré sur le transport aérien avec une présentation très complète de monsieur Laurent Boisson du groupe Airbus. Si Toulouse reste une terre d’envol, le contexte sanitaire n’en a pas moins freiné certaines courses au décollage. La filière aéronautique figure en effet parmi celles les plus touchées par la crise du COVID 19. Une certaine imprévisibilité subsiste donc sur les délais permettant la reprise des activités de l’aviation commerciale. Toutes les mesures sont prises pour qu’elle se passe au mieux et que rien ne freine les études pour en accroître la performance. Le cap sur l’innovation est donc tenu. Le volet environnemental notamment avec la réduction des gaz à effet de serre est une priorité dans l’esprit des dispositions prises au niveau européen avec le « Green Deal », pacte visant à un environnement neutre en carbone[1] à l’horizon 2050.  Les technologies de nouvelle motorisation et une utilisation hybride de l’énergie constitue des cibles pour un renouvellement presque complet des flottes du transport aérien dans moins de vingt ans. Il ne faut pas non plus oublier les performances résultant des nouvelles technologies utilisées pour l’aérodynamique des avions actuels et futurs. Déjà aujourd’hui, un Airbus A350 n’a plus rien de commun avec les générations antérieures. Presque tout y est différent. Une structure en carbone conjuguant légèreté et résistance, un profil aérodynamique offrant un niveau de performance accru, des équipements satisfaisant la plupart des exigences des exploitants de toutes les compagnies aériennes et une motorisation réduisant drastiquement les coûts d’exploitation et s’inscrivant dans cette dynamique très volontariste de protection de l’environnement. Ce fut donc une présentation réaliste du transport aérien et des difficultés d’un écosystème très exposé à la concurrence et à la crise. Mais les auditeurs retiendront que tous les efforts sont entrepris pour faire face et relever les défis à venir confirmant d’ailleurs que l’innovation est un bel outil de relance et un formidable atout de résilience.

Le deuxième temps était centré sur les grands enjeux aérospatiaux. C’est le général de corps aérien Philippe Steininger qui s’est plié à cet exercice. Il a apporté aux auditeurs toutes les clés qu’il faut retenir du caractère stratégique des actions conduites par le centre national d’études spatiales. Il a notamment souligné ce subtil couplage entre la politique spatiale civile et le domaine relevant stricto sensu de la défense nationale. N’oublions pas que l’espace reste un champ d’investigations extraordinaires et qu’il est un outil de hiérarchisation des puissances. En la matière, l’Union européenne tient toute sa place et  l’Agence spatiale européenne figure parmi les acteurs de premier rang. Dans un monde connecté, son produit Galileo est d’ailleurs utilisé, au travers des applications mobiles, par plus de deux milliards d’utilisateurs.

Le CNES est aujourd’hui l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne. Il est un élément de souveraineté nationale qui permet à la France de couvrir un spectre très large de réponses aux besoins d’équipements d’observation, de surveillance ou de télécommunications.  Le centre est aussi partenaire de la NASA[2] dans la réalisation du rover Perseverance comme il l’avait été en installant l’instrument principal de la mission martienne américaine antérieure InSight. Enfin, une présentation des enjeux du segment spatial consacré à la défense démontre que dans ce domaine beaucoup d’évolutions sont envisagées à moyen-terme et qu’elles caractérisent bien les engagements pris par les puissances disposant des capacités d’accès à l’espace. La création récente en 2020 du commandement de l’espace qui sera installé à Toulouse et l’armée de l’air, devenue armée de l’air et de l’espace témoigne, s’il en était besoin, de toute l’importance accordée à l’espace exo atmosphérique.  Pour l’heure, c’est bien l’espace circumterrestre qui nous intéresse même si la compétition des grandes puissances spatiales pourrait aller bien au-delà…

Le troisième temps fut animé par Monsieur Denis Allard, directeur de l’établissement de Thalès Alenia Space Toulouse. La présentation complète des activités du groupe a souligné les principaux défis à relever. Ces activités imposent d’être très compétitif et de multiplier les offres répondant aux besoins rappelés précédemment dans les capacités de télécommunication civil ou militaire, d’observation de la terre et de recherche scientifique. Cette présentation allait d’une certaine manière préparer la visite dynamique du lendemain où les conditions de préparation des satellites seront exposées en détail. Une attention particulière a été portée à la présentation de l’innovation cluster. Ce fut l’occasiond’appréhender des mécanismes spécifiques favorisant l’innovation au sein des équipes. Elle apparaît ici aussi comme un facteur clé de la performance pour accroître la place du groupe dans les compétions qu’il mène sur un marché tendu.

Il était alors devenu temps de clore cette partition à quatre temps avec l’intervention de Madame Cristina d’Alessandro. Géographe, elle est une vraie spécialiste des questions environnementales et s’exprime dans de très nombreuses écoles ou universités prestigieuses en France et à l’étranger, notamment au Canada et au Kenya. Elle est donc revenue sur le cœur du sujet relatif aux conséquences des enjeux environnementaux en Méditerranée. Son approche multiscalaire propre à la discipline du géographe permet d’étudier les conséquences de ces enjeux environnementaux dans une dimension globale sous le prisme des facteurs économiques, sociétaux, interétatiques et environnemental bien sûr.  Cette approche globale fut étayée par de nombreuses références bibliographiques très utiles aux travaux des auditeurs.  Cette intervention très rigoureuse a donc permis de lancer une séquence de travaux de comité permettant aux auditeurs de se retrouver. 

Le lendemain, le jeudi 18 février, la place fut exclusivement réservée aux visites dynamiques. La 31ème SMHES a donc été scindée en deux groupes pour visiter alternativement les sites de Thalès Alenia Space à Cannes La Bocca et Thalès Systèmes de Mission de Défense (SMD) à Valbonne. Rien ne peut remplacer ces visites de terrain au contact direct des responsables qui partagent avec une légitime fierté les actions conduites par leurs services ou département. Nous ne pouvons que saluer les dispositions prises par les directions des sites pour autoriser de telles visites. Elles illustrent les présentations faites la veille et accroissent leurs portées tant les savoir-faire mis en avant sont exceptionnels. Nous remercions donc respectivement monsieur Pierre Lipsky, directeur d’établissement de Thalès Alenia Space et monsieur Iann Le Bris directeur de département chez Thalès SMD d’avoir accueilli les auditeurs de la session. Avec leurs collaborateurs, ils ont donné au mode hybride de ce séminaire un éclat inaccessible par d’autres voies. 

Finalement, ce mode hybride du séminaire du mois de février a non seulement maintenu la dynamique qui s’impose au sein du groupe d’auditeurs mais il aura mis en exergue les liens qui existent depuis longtemps entre Toulouse et les territoires méditerranéens. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur tient donc toute sa place dans les technologies de pointe et participe à sa façon, aux côtés de l’Occitanie, à l’envol de programmes qui font notre fierté nationale. Pour la suite, les auditeurs de la 31ème SMHES gardent le cap…


[1] L’aviation commerciale représente 2% des émissions de gaz à effet de serre à l’échelle planétaire

[2] NASA : National Aeronautics and Space Administration

Cap virtuel au sud pour les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Application stricte des mesures de protection sanitaire : prise de température en début de journée

Transports et routes maritimes, innovation et technologies navales, câbles sous-marin, gestion des données numériques, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie maritime qui auraient dû conduire les auditeurs de la 6e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours. Toutefois, en raison de la pandémie COVID 19, ils se retrouvèrent confinés à l’Ecole militaire lors d’une escale alternative à Paris, où leur navire a hissé le pavillon jaune dans le respect le plus strict des mesures de protection sanitaire.

Avec Aurore Neuschwander, directrice de la stratégie de Naval Group

La matinée du vendredi 5 février a permis aux auditeurs de débattre avec Aurore Neuschwander, directrice de la stratégie de Naval Group, Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs R&D et des expérimentations de ce même groupe et Emmanuel Chiva, directeur de l’Agence de l’innovation de la défense. Les auditeurs ont ainsi découvert ce groupe d’acteurs, situés au cœur des activités de souveraineté de la France, et devant simultanément faire face à une forte concurrence internationale. Ils ont également touché du doigt à quel point l’innovation en matière de recherche et de technologie constituait la clé de la compétitivité des entreprises, le socle de l’efficacité de la Marine nationale et la garantie de l’autonomie stratégique française. 

Table ronde réunissant Emmanuel Chiva, directeur de l’agence d’innovation de la défense (AID) et Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs R&D et des expérimentations de Naval Group

En début d’après-midi, Philippe LOUIS-DREYFUS, président du conseil de surveillance de Louis Dreyfus Armateur (LDA), leur a présenté les grands enjeux de l’économie maritime pour la souveraineté de la France. Les débats avec les auditeurs ont nettement mis en évidence la nécessité d’une vision de long terme, le rôle social de l’entreprise et l’importance d’une solidarité dont dépend la prospérité de nos sociétés.

Philippe Louis-Dreyfus, président du conseil de surveillance de Louis-Dreyfus Armateur, s’adressant aux auditeurs

En fin de journée, Martin Motte, maître de conférences et directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, a analysé avec les auditeurs les fondamentaux historiques de la puissance maritime et montré son lien indissociable avec la notion de souveraineté, combien l’histoire des marines de guerre était étroitement liée à celle des marines de commerce et le rôle démultiplicateur de l’économie maritime dans le développement et la résilience des sociétés.

Martin Motte, maître de conférences, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études,  expliquant le lien étroit entre la puissance maritime et la souveraineté

Après la journée particulièrement dense de la veille, les auditeurs se sont retrouvés le samedi 6 février matin pour présenter au professeur Olivier Schmitt, chef du département des études et de la recherche de l’IHEDN, l’avancement de leurs travaux en comité. Ces restitutions ont mis en évidence l’important travail de réflexion réalisé sur le thème d’étude « la souveraineté » qui a été confié aux auditeurs par le Premier ministre, et qui a été décliné dans le domaine maritime en trois sujets : les capacités cognitives, la maîtrise de l’économie, et l’aptitude à intervenir sur la scène internationale, en particulier dans les domaines diplomatique et militaires pour préserver les océans, bien commun de l’Humanité, et y conserver la liberté d’action de la France.

La fin de la matinée a été consacrée à une table-ronde sur les « Enjeux de souveraineté liés aux câbles sous-marins et aux datacenter » avec Jean-Luc VUILLEMIN, Executive Vice-President International Networks d’Orange ; Didier DILLARD, PDG Orange Marine et Fabrice COQUIO, PDG d’Interxion, tous trois auditeurs d’une session « Enjeux et stratégies maritimes » précédente. Les participants ont ainsi pu découvrir ces autoroutes de l’information – à l’importance stratégique souvent méconnue – qui concentrent plus de 99 % des communications Internet mondiales.Ils ont également pu mesurer le rôle tout aussi stratégique de data center comme le MRS3 installé récemment par Interxion à Marseille dans l’ancienne base de sous-marins construite par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces véritables hubs numériques constituent le cœur du monde de l’information, qui régit désormais la vie de tous les citoyens du monde.

Table ronde avec Jean-Luc Vuillemin, Executive Vice President International Networks d’Orange, Didier Dillard, PDG Orange Marine et Fabrice Coquio, PDG d’Interxion.

Enfin, le samedi après-midi a permis aux auditeurs de se replonger dans leurs travaux de comité, pour prendre en compte les observations faites dans la matinée et se lancer dans la préparation des scénarios prospectifs qui leur permettront d’identifier des objectifs politiques à poursuivre, et les stratégies pouvant être mises en œuvre pour les atteindre. La journée s’est terminée avec le regret de se quitter après deux jours passés trop vite, mais également avec la perspective de se retrouver au plus tôt dès que les conditions sanitaires le permettront.

Jean-Luc Vuillemin s’adressant aux auditeurs

Opening webinar of the 1st 5+5 Mediterranean strategic studies – A launching that opens up very good prospects!

The context is not favorable for meetings! This is the least we can say at a time when the key words “curfew” or “confinement” are spreading almost everywhere in Europe and around the world. This is undoubtedly one of the most devastating effects of the COVID-19 crisis in the field of social relations. Everyone experiences it more or less well on a daily basis. But it is also a real difficulty regarding international relations, and we should not underestimate its scope. These relations are more necessary than ever in a restless world where even the largest democracies are faltering. We therefore have to  debate. We have to exchange. We have to know how to listen and hear the others. For nothing can ever replace the exchanges that take place around a table where everyone can carefully observe the reaction of their interlocutors by speaking “right in the eyes”. In a world where relationships are strained, any approach that favors debate and concertation is therefore welcome, and alternative solutions that allow this must be sought.

This first “5+5 Mediterranean strategic studies” consists of an introductory webinar held on Monday, January 11. It will be followed by two one-week seminars, the first one on the North shore in France and the second one on the South shore in Mauritania. The face-to-face sequence will take place as soon as the constraints are loosened. 

This introductory webinar was a great success! All the countries proposed auditors apart at this stage from Algeria. Beyond the introductory speech pronounced by the Vice-Admiral (ret) Pascal Ausseur, Director General of the FMES Institute, and the presentation of the session’s program by its director, Air Force General (ret) Patrick Lefebvre, an intervention by Pr. Pierre Razoux, Academic and Research Director of the Institute, set the scene.

He was anxious to describe the Mediterranean area and the Middle East as it is and not as one would like it to be. A language of trueness that paved the way for questions. The first debates, which only involved the participants’ opinion, illustrated the variety of points of view and the relevance of allowing exchanges, however contradictory they might be. These open and informal debates encourage mutual knowledge, and beyond the differences, which have their raison d’être, the identification of convergent points for these ten countries facing a shared reality and common challenges (health crisis, environmental crisis, radicalism, migration, terrorism, power games, …). It is this approach which, combined with meetings, visits and team work, will create a long-lasting network of young leaders who will be able to better understand the differences and the proximities of the citizens of the Western Mediterranean. This kind of meeting makes it possible and we firmly intend to anchor it in the long term.

This introductory webinar is therefore the first step in a journey that is now taking shape in concrete terms. In direct contact with the auditors, we will announce them the study theme in early April. This theme will therefore be that of the 1st 5+5 Mediterranean strategic studies. A thoughtful idea that is taking shape today! And as Antoine de Saint-Exupéry would put it: “Who am I if I don’t participate?”.

Lancement de la 1ère Session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. Une première qui ouvre de très belles perspectives !

Le contexte n’est pas favorable aux rencontres ! C’est le moins que l’on puisse dire à l’heure où les maîtres mots sont presque partout en Europe et dans le monde le couvre-feu ou le confinement. C’est sans doute l’un des effets les plus dévastateurs de la crise du COVID 19 dans le champ des relations sociales. Chacun le vit plus ou moins bien au quotidien. Mais c’est aussi, il ne faut pas en sous-estimer la portée, une vraie difficulté dans le champ des relations internationales. Or ces relations sont plus que jamais nécessaires dans un monde agité où même les plus grandes démocraties vacillent. Il faut donc débattre. Il faut échanger. Il faut savoir écouter et entendre les autres. Car en effet, rien ne remplace jamais les échanges réalisés autour d’une table où chacun peut observer attentivement la réaction de ses interlocuteurs en se parlant « droit dans les yeux ». Dans un monde où les relations sont tendues, toute démarche privilégiant le débat et la concertation est donc la bienvenue, et par défaut, les alternatives qui le permettent doivent être recherchées.

C’est pour cette raison que l’institut FMES a organisé, pour la première fois dans son histoire, une session de formation et d’échanges rassemblant des jeunes diplômés, civils et militaires, des pays du 5+5. Cette initiative avait été proposée lors du Sommet « des deux rives » organisé à Marseille en juin 2019. Elle a été immédiatement soutenue par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et par la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Cette première « session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5 » est constituée d’un webinaire introductif qui a eu lieu le lundi 11 janvier qui sera suivi de deux séminaires d’une semaine, le premier sur la rive Nord en France et le Second au Sud en Mauritanie. La séquence présentielle sera réalisée dès que l’étau des contraintes sera desserré.

Et ce fut une belle réussite ! Tous les pays ont présenté des auditeurs à l’exception, à ce stade, de l’Algérie. Au-delà du propos introductif du vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut, et de la présentation du programme de la session par son directeur le général de corps aérien Patrick Lefebvre, une intervention de monsieur Pierre Razoux, directeur académique et de la recherche de l’institut, a planté le décor. Il a tenu à décrire l’espace méditerranéen et le Moyen-Orient tel qu’il est et non pas tel que l’on voudrait qu’il soit. Un langage de vérité qui a ouvert l’espace aux questions. Les premiers débats, qui n’engageaient que les participants, ont illustré la variété des points de vue et l’intérêt de permettre des échanges, aussi contradictoires soient-il. Ces débats ouverts et informels favorisent une connaissance mutuelle et au-delà des différences, qui ont leur raison-d’être, l’identification des points de convergence pour ces dix pays confrontés à une réalité et à des défis communs (crise sanitaire, crise environnementale, radicalisme, migrations, terrorisme, jeux des puissances, …). C’est cette approche qui, associée à des rencontres, des visites et travaux en commun, créera dans la durée un réseau de jeunes responsables qui seront en mesure de mieux comprendre les différences et les proximités des citoyens de l’espace ouest-méditerranéen. Ce type de rencontre le permet et nous comptons bien l’installer dans la durée.

Ce webinaire introductif est donc la première étape d’un parcours qui désormais se dessine concrètement. En liaison directe avec les auditeurs, nous leur communiquerons le thème d’étude au début du mois d’avril. Ce thème sera donc celui de la 1ère session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. C’est une belle idée qui prend forme aujourd’hui ! Et comme l’écrirait Antoine de Saint-Exupéry : « qui suis-je si je ne participe pas ? ».

Séminaire toulonnais de la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – la défense commence au large !

Il fallait absolument se retrouver ! Évidemment, les solutions digitales sont une réponse acceptable à la poursuite des travaux de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Le séminaire du mois de novembre l’a bien démontré. Mais nous avons fait le choix de nous réunir pour ce séminaire consacré au fait maritime au bord de la Méditerranée.  Le ciel, lui-même, semblait manifester sa colère face aux remous permanents de cette crise sanitaire. Ce fut malgré tout le bon choix. Les auditeurs étaient ravis de se retrouver ensemble d’une part pour vivre un rendez-vous plus dynamique et en format de comité d’autre part pour conduire leurs travaux. Et ces travaux avancent ! Vous seriez même peut-être surpris par la rigueur et la discipline avec lesquelles les choses ont été prises en main. La volonté affichée n’est pas de décliner de façon exhaustive tous les paramètres environnementaux qui conditionneront directement ou indirectement les évolutions géopolitiques du bassin méditerranéen mais bien de proposer des scenarii. Chaque scénario sera décliné sous le prisme géopolitique dans une temporalité prenant en compte les effets d’influence sur les rapports entre les États en Méditerranée. Car ces effets ne sont pas immédiats. Et il faut parfois du temps, beaucoup de temps.  Les intervenants sollicités au cours des deux premiers séminaires ont rappelé quelques fondamentaux associés à l’environnement.  Un constat s’est immédiatement imposé, le domaine est vaste et ce thème d’étude est difficile si l’on veut éviter le risque d’une approche vulgarisée comme c’est souvent le cas lorsque l’on parle d’environnement. Les auditeurs s’attellent donc à construire une analyse fouillée en prenant en l’état les paramètres actuels, en mesurant leurs incidences éventuelles dans le temps sur le fonctionnement des États et les éventuelles frictions induites entre les États du pourtour méditerranéen et en proposant une analyse plus prospective sur le moyen et long-terme.

 

Mais ce séminaire était avant tout consacré au fait maritime. Il était donc légitime d’aller à la rencontre des acteurs dont le rôle au sein de la filière est stratégique. Au regard du contexte, au lieu de nous rendre sur les sites varois fermés au public, nous avons fait venir à nous deux intervenants de Naval Group. Il était en effet très important que nos auditeurs puissent apprécier les défis que s’apprête à relever un groupe industriel majeur pour notre outil de défense et en particulier pour notre marine nationale. La présentation de monsieur Nicolas Ciaravola, directeur des axes fédérateurs de recherche et développement et des expérimentations, a souligné l’importance des enjeux. Il a permis d’appréhender les différentes facettes préparant les grands programmes d’armement. Dans un monde très évolutif, il faut naturellement s’assurer de pouvoir intégrer les évolutions technologiques tout au long du cycle de vie d’un équipement. L’équipement dont nous parlons est sur les tables de bureaux d’études aujourd’hui. Il sera en service opérationnel en 2035. Nous devons donc imaginer les meilleures technologies à cet horizon et faire en sorte que cet équipement puisse en recevoir de nouvelles que nous ne connaissons pas encore ! Car il sera toujours en service trente ans plus tard ! Il faudra aussi prendre en compte les nouveaux champs d’actions dans l’espace électromagnétique et numérique. Il faudra enfin définir précisément le rôle et la place de l’homme dans la mise en œuvre de systèmes de plus en plus « autonomes » et donc repenser l’interaction homme-machine. L’accélération du développement des nouvelles technologies, notamment numériques, nous rend aussi plus vulnérable. L’occasion était donc donnée à monsieur Pascal Mercier, responsable du CERT de Naval Group, de nous présenter les risques pesant sur les équipements militaires et notamment leurs systèmes numériques. A partir de cas concrets, il a montré toute l’importance de se protéger face à la multiplication des attaques cybernétiques. Cette matinée du jeudi 10 décembre a permis aux auditeurs de découvrir ou d’approfondir leurs connaissances sur un pilier stratégique de notre défense et de notre sécurité.

En ce début d’après-midi du jeudi 10 décembre, le rendez-vous était pris avec madame Anne-France Mattlet, administrateur des affaires maritimes venue présenter aux auditeurs de la 31ème SMHES les principales missions du centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée (CROSS). C’est une première approche de l’action de l’État en mer dans sa dimension de surveillance et de sauvetage. Chacun aura pu mesurer l’implication des différents services dans la réalisation des missions du CROSS. La dimension interministérielle prévaut et démontre que sur la base d’une solide organisation, les opérations se déroulent plutôt bien avec des ressources parfois tendues. Les auditeurs ont été séduit par cette présentation très dynamique où le vécu illustrait parfaitement les missions réalisées par cet organisme.

Au terme de cette présentation, monsieur Didier Leandri de  l’université de Toulon est intervenu au profit des auditeurs sur les objectifs de la session sous l’angle universitaire. Ce lien avec l’université de Toulon est très précieux car, avec l’institut des hautes études de la défense nationale, il donne à nos sessions méditerranéennes une empreinte de notre territoire et de notre région à un parcours académique largement reconnu à l’extérieur aujourd’hui. D’autres rendez-vous seront programmés tout au long de la session pour accompagner les auditeurs dans la conduite de leurs travaux.  

En fin de journée, ce fut au tour de monsieur Nicolas Mazzucchi, docteur en géographie économique, chargé de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, d’intervenir sur les différentes approches de la transition énergétique dans le bassin méditerranéen. C’est un axe particulièrement intéressant car si certaines tendances lourdes se dégagent en Méditerranée pour la production énergétique, il faut à l’évidence mesurer leurs incidences géopolitiques dans le bassin méditerranéen. Une tension perceptible en Méditerranée orientale souligne d’ailleurs que la course à l’énergie mobilise les puissances parmi les plus importantes mais aussi parmi celles qui entendent tenir leur place au niveau régional. L’énergie et l’environnement sont liés ! Les auditeurs sauront intégrer les éléments nécessaires à leurs travaux. Ils ont été séduits par l’enthousiasme de leur conférencier. Cette conférence très attendue était d’ailleurs ouverte à tous ceux qui étaient inscrits en ligne sur le site de l’institut FMES. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste des questions énergétiques que nous avons le plaisir d’avoir régulièrement à nos côtés.

Le vendredi 11 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la 31ème SMHES. Il faut ici saluer l’organisation de cette visite dans le contexte difficile que nous ne cessons de rappeler. Ce fut un rendez-vous remarquable. Certes, une déclinaison un peu dégradée par rapport à nos sessions antérieures mais une séquence remarquable tout de même. La défense commence au large ! C’est le slogan retenu. Notre auditeur, le capitaine de vaisseau Max Blanchard, a réalisé une très belle prestation en présentant la marine nationale. L’interaction avec les auditeurs de la session a été facilitée dans un échange libre en énonçant les enjeux et les défis à relever. Il a parfaitement mis en exergue la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre marine nationale. Cette séquence a été suivie d’une présentation très complète de l’action de l’État en mer, réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des États et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la marine nationale tient historiquement toute sa place.

Les visites qui ont suivi, à quai, du chasseur de mines l’Orion et de la frégate « Surcouf » de la classe La Fayette ont une nouvelle fois confirmé l’enthousiasme des commandants de bâtiment fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront donc en 2021. Nous formons le vœu d’être confrontés à un environnement moins hostile aux visites dynamiques et aux rencontres. Car nous ressentons tous le besoin d’être au contact après une année marquée par la distanciation sous toutes ses formes.  En tout cas, l’état d’avancement de la 31ème SMHES augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, nous souhaitons de très joyeuses fêtes de fin d’année à nos auditeurs et ceux qui les accompagnent. Cette séquence maritime nous invite bien sûr à penser à ceux qui ont choisi de nous défendre au large…

 

Séminaire breton Virtuel pour la 6e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”

Vendredi 11 et samedi 12 décembre 2020

Faute de pouvoir mettre le cap vers l’Ouest pour leur 4e séminaire à Brest et Lorient en raison des contraintes imposées par la pandémie de la Covid-19, ce sont leurs écrans et leurs réflexions que les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont virtuellement orientés vers le Ponant. Ils se sont successivement intéressés aux enjeux de la connaissance des mers et des océans, aux grands défis géostratégiques et géopolitiques de l’océan Atlantique, à la politique de dissuasion de la France et aux moyens dont dispose la Marine nationale pour y faire face.

Le vendredi matin, les auditeurs ont été plongés au cœur de la connaissance des mers et des océans en découvrant deux pépites françaises du domaine : l’Institut français pour l’exploitation de la mer (IFREMER) et le Service hydrographique de la Marine (SHOM). L’ingénieur général de l’armement Laurent Kerléguer, directeur du SHOM, leur a présenté les missions de ce service de renommée mondiale, référence française pour la connaissance des fonds marins. Ensuite, lors d’une table ronde, les auditeurs ont pu également échanger avec deux chercheurs de l’IFREMER, Benoît Loubrieu, spécialiste du programme Extraplac, et Cédric Bacher, expert des écosystèmes côtiers. Les auditeurs ont alors appris à quel point les mers et les océans étaient peu connus – beaucoup moins que la surface de la lune ou de Mars – ainsi que leurs extraordinaires potentiels et leurs grandes fragilités face aux excès de l’activité humaine. Ils ont également découvert l’importance stratégique de l’océanographie et de l’hydrographie en matière de défense ou dans les domaines juridique ou diplomatique.

IHEDN | Séminaire breton Virtuel pour la 6e Session nationale :
Les auditeurs découvrent les moyens, la haute technologie ainsi que l’expertise de l’IFREMER nécessaires à la maîtrise des enjeux de la connaissance des océans.

Après une brève pause « déjeuner », le vice-amiral d’escadre Olivier Lebas, commandant la zone maritime de l’Atlantique, a débattu avec les auditeurs des nombreux enjeux de cet océan qui a donné son nom à la plus grande alliance militaire actuelle : l’OTAN. C’est également en son sein que se diluent les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) sur lesquels reposent la souveraineté et la défense des intérêts vitaux de la France. Les auditeurs purent ensuite bénéficier d’un visite virtuelle du MICA Centre où son commandant, le capitaine de corvette Gilles Chehab leur a montré tout l’intérêt de ce centre qui réactualise en permanence la situation du trafic maritime mondial et offre une très grande réactivité d’intervention en cas d’incidents ou d’accidents, notamment face à la piraterie et au brigandage dans le golfe de Guinée.

IHEDN | Séminaire breton Virtuel pour la 6e Session nationale
Le contre-amiral Christophe Lucas débat avec les auditeurs sur les capacités d’action des commandos marines.

Enfin, la journée des auditeurs s’est terminée en apothéose avec la rencontre du vice-amiral d’escadre Chaineau, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (FOST). Ils ont pu débattre avec lui des grands enjeux de la dissuasion nucléaire française et se rendre compte du niveau de complexité, de technologie et de rigueur – propriété de quelques rares nations dans le monde – nécessaire pour assurer sans discontinuité cette mission exceptionnelle depuis maintenant un demi-siècle, 24 heures sur 24 et 365 jours par an. Mais les auditeurs furent surtout impressionnés par cette chaîne d’une absolue fiabilité, fondée sur une sélection intransigeante et une confiance absolue, reliant le Président de la république, seul détenteur de la décision ultime, à chaque sous-marin en patrouille.

Après une navigation virtuelle de nuit vers Lorient, les auditeurs se retrouvèrent le samedi matin à pied d’œuvre pour échanger avec le contre-amiral Christophe Lucas, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos, et le capitaine de vaisseau Jean-Christophe Turret, commandant l’aéronautique navale de Lann-Bihoué, qui leur ont fait partager les défis auxquels ils sont confrontés. Le premier les a immergés dans le monde mythique de ces unités d’élite de renommée mondiale qui ont marqué l’histoire de la France et continuent aujourd’hui de conduire  les missions les plus périlleuses où l’excellence du niveau opérationnel et la fraternité d’arme sont le ciment de l’efficacité opérationnelle. Le second leur a fait toucher du doigt la virtuosité exigée des pilotes de l’aviation embarquée pour apponter par gros temps avec une précision de quelques mètres. Puis les auditeurs ont découvert l’impressionnante largeur du spectre des capacités opérationnelles d’un Atlantique 2, sur mer comme sur terre. Cet avion de patrouille maritime, aéronef français, doté de la plus grande capacité d’emport d’armement (missiles, torpilles, bombes…), est en effet un véritable « couteau suisse ». Outre l’exceptionnelle capacité de recueil d’information et de renseignement que lui permet une grande variété de capteurs (électroniques, électromagnétiques, acoustiques, vidéo, infrarouges…), il est capable de sauver des naufragés comme de détruire un navire, un sous-marin ou un objectif terrestre au centre du désert.

Enfin, les auditeurs ont consacré le samedi après-midi à leurs travaux de comités et en élisant leur président de comité. Mais ils garderont de leur escale bretonne l’image de ces marins passionnés qu’ils se sont promis, dès que les conditions sanitaires le permettront, de retrouver en chair et en os, et surtout de « toucher la tôle » de leurs navires et aéronefs pour évacuer leur frustration de ne les avoir vu qu’à travers leurs écrans.
 
La fin d’année 2020 approche à grands pas et la nouvelle année porte l’espoir des auditeurs de pouvoir abandonner dès que possible leurs écrans pour se retrouver à nouveau et continuer ensemble à découvrir ces enjeux maritimes si importants pour la France et à réfléchir au meilleures stratégies pour y faire face.

Escale virtuelle à Toulon de la guilde de la 6e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”

Après une première escale en chair et en os à Nantes début octobre, les auditeurs de la 6ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont vogué sur le web pour atteindre Toulon le 20 et 21 novembre 2020. Mais si les déplacements ont été virtuels, les débats et les travaux de comité n’ont rien perdu de leur réalité et de leur intensité.

Les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

Les auditeurs se sont retrouvés plongés dans les opérations maritimes et navales en Méditerranée, zone crisogène particulièrement sensible en raison de ses tensions géopolitiques, de la prolifération de la criminalité et de la vulnérabilité de son exceptionnelle biodiversité. Ils ont ainsi pu rencontrer les plus hautes autorités maritimes locales de l’État qui assurent quotidiennement en Méditerranée la sécurité de nos concitoyens et la défense des intérêts de la France. En effet, y veillent et y interviennent en particulier 24 heures sur 24 les unités de la Marine Nationale, des Affaires maritimes, des Douanes, de la Gendarmerie et de la société nationale de sauvetage en mer.

Le vendredi matin, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint action de l’État en mer, a montré aux auditeurs comment l’organisation française de l’action de l’État en mer permettait au préfet maritime, sous l’autorité du Premier ministre, de coordonner avec une remarquable efficacité l’action de l’ensemble des administrations intervenant en mer, optimisant ainsi leurs moyens et leur faisant profiter des moyens des autres. Le contre-amiral Roux de Luze, adjoint opérations de CECMED, a ensuite expliqué aux auditeurs les enjeux et la diversité des opérations navales en Méditerranée conduites par le commandant de zone maritime (CECMED) sous l’autorité du CEMA.

les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

L’après-midi a dans un premier temps été consacrée aux autorités dites « organiques » responsables de l’entretien des navires et aéronefs de la marine ainsi que de la formation et de l’entraînement de leurs équipages. Le vice-amiral d’escadre Xavier Baudouard, commandant la Force d’action navale et le contre-amiral Éric Janicot, commandant la force maritime de l’aéronautique navale, ont ainsi pu débattre avec les auditeurs sur les grands enjeux techniques et humains liés à l’évolution des menaces, la montée en puissance de la numérisation au sein de la Marine, l’entretien des équipements ou encore le recrutement et la fidélisation d’un personnel toujours plus qualifié et toujours autant sollicité. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir le très haut niveau technologique des moyens de la marine – navires de surface, sous-marins et aéronefs – ainsi que l’expertise et la forte motivation des marins qui les mettent en œuvre. Mais ils ont également touché du doigt les difficultés rencontrées pour maintenir les équipements en condition opérationnelle ainsi que pour recruter et fidéliser des marins de qualité dans un contexte de pression opérationnelle croissante et de forte sollicitation des équipages.

La journée s’est finie par une visio-visite du CROSS 1 Méditerranée (CROSSMED) où les auditeurs furent accueillis par son directeur, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud. En montant en passerelle « virtuellement » – une « visiovisite » a été expérimentée pour l’occasion – les auditeurs ont pu constater concrètement l’exceptionnelle efficacité de cette organisation interministérielle qui permet au préfet maritime de mobiliser immédiatement l’ensemble des moyens de l’État intervenant en mer.

En se déconnectant de leurs visioconférence, les auditeurs se sont brutalement retrouvés avec amertume isolés les uns des autres mais avec la perspective réjouissante de se revoir le lendemain. Il resteront particulièrement reconnaissants pour le temps que ces autorités ont bien voulu consacrer à leur réflexion commune et, surtout, pour la hauteur de vue, la simplicité et la grande franchise des propos qui leurs ont été tenus.

Michel L’Hour faisant partager aux auditeurs sa passion et ses convictions

Le lendemain tant attendu ne les aura pas déçu car, dès potron-minet, ils sont allés rêver au cœur des abysses avec Michel l’Hour, éminent spécialiste de renommée internationale de l’archéologie sous-marine et directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Il a su leur communiquer sa passion pour les richesses que recèlent les épaves du « plus grand musée du monde ». Celles-ci, outre leur exceptionnel intérêt culturel et historique, peuvent représenter de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques, voire des menaces pour l’environnement en fonction du caractère toxique de leurs cargaisons que la corrosion peut libérer progressivement. Avec Serge Segura, ambassadeur des Océans, qui avait rejoint les auditeurs pour leurs travaux de comité, le débat fut d’une richesse et d’une intensité sans égales auquel il a malheureusement fallu mettre fin après avoir toutefois largement dépassé le temps imparti.

Olivier Schmitt en plein débat avec les auditeurs sur le sujet de la souveraineté

Avant de rejoindre leurs pénates la tête remplie d’émotions fortes, les auditeurs ont conclu leur séminaire le samedi après-midi par un point d’avancement sur les études qui leur ont été confiées par le Premier ministre sur la souveraineté dans le domaine maritime. Pour l’occasion, Olivier Schmitt, chef du département des études et de la recherche a rejoint les auditeurs et son adjointe, Mélissa Levaillant également chargée de pédagogie de la session, pour guider les auditeurs et les féliciter pour le travail accompli.