Neuvième et dernier séminaire de la 36ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques/ Cadres-dirigeants 

La sécurité des personnes et des biens

« Il n’y a que la force de l’Etat qui fasse la liberté de ses membres » Jean-Jacques Rousseau

Après Cadarache, Paris, Toulon, Toulouse, Istanbul, Bruxelles et à Genève, c’est Marseille et sa proche région qui ont accueilli la 36ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques/Cadres-dirigeants pour deux journées consacrées à la sécurité des personnes et des biens. Une telle thématique peut, en première instance, sembler assez éloignée de la démarche des SMHES/Cadres-dirigeants car ces dernières visent à donner à ses auditrices et auditeurs une bonne maîtrise de la grammaire de la géopolitique. Or aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut prétendre jouer un rôle sur l’échiquier mondial si la sécurité de ses citoyens, de leurs biens personnels et celle des biens collectifs n’est pas assurée. En effet, la prospérité et la puissance d’une nation découlent aussi voire d’abord d’éléments internes de stabilité et, parmi eux, la sécurité des biens et des personnes vient au premier rang. Par sécurité des biens et des personnes il faut entendre la capacité à protéger les individus, les collectivités et leurs possessions contre toutes les formes de dangers. La notion recouvre notamment la prévention et la gestion des risques tels que les accidents domestiques, les vols, les incendies, les séismes, les inondations, les crises sanitaires ou encore les actes de violence et de terrorisme. Elle implique la mise en place de moyens techniques, organisationnels et humains pour prévenir et limiter les conséquences de ces situations. De surcroît, comme cela a été évoqué plus haut, la sécurité des personnes et des biens est un enjeu majeur pour la tranquillité publique comme pour la prévention des violences et la gestion des crises. Assurer la protection des personnes et des biens privés et publics, tout comme celle des entreprises et des infrastructures, contribue à leur fonctionnement serein et à leur développement.  C’est donc un élément clé pour la compétitivité économique d’un pays car elle permet de limiter les coûts liés aux pertes matérielles ou humaines. Enfin et surtout, la capacité à assurer la sécurité des biens et des personnes est un levier important pour la cohésion sociale car elle renforce la confiance des citoyens envers l’Etat et dans ses institutions. Dans le contexte d’une brutalisation généralisée des relations, qu’elles soient entre individus ou entre Etats, la sécurité des personnes et des biens est donc bien un enjeu d’importance. De surcroît, les contours de cet enjeu évoluent sans cesse à la faveur d’évènements de portée exceptionnelle comme l’ont été les Jeux Olympiques de Paris en 2024 ou à cause de la résonance intérieure de conflits qui s’importent sur la scène française ; ceux de la bande de Gaza et du Liban en sont des exemples criants. Enfin, cet enjeu évolue aussi structurellement avec l’émergence de nouveaux risques tels que les cyberattaques, les pandémies ou tous les bouleversements résultant du changement climatique. On l’aura compris, au sein d’une formation consacrée à la géopolitique, dédier à la sécurité des biens et des personnes un séminaire entier n’est pas du tout une maladresse. La démarche s’inscrit bien dans l’analyse des éléments de stabilité et de puissance de notre pays et, par extension, de tout pays qui entend être un acteur dans la conduite des affaires du monde.

La première demi-journée de cet ultime séminaire a vu les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants reprendre contact avec l’armée de terre française, dans les unités dans lesquelles ils s’étaient plongés un mois plus tôt. C’est en effet dans un régiment très singulier de l’armée de terre que se sont rendus les auditrices et les auditeurs : le 7ème régiment d’intervention et d’instruction de la sécurité civile (7ème RIISC) qui tient garnison à Brignoles. Ce régiment appartient à la brigade des militaires de la sécurité civile (BMSC). Cette brigade de l’armée de terre et de l’arme du génie est mise pour emploi auprès du ministère de l’intérieur ; elle est la forme modernisée des formations militaires de sécurité civile que le général de Gaulle décida de créer en 1959 à la suite de la rupture du barrage de Malpasset afin de mieux porter secours aux populations atteintes par des catastrophes qui dépassent les moyens locaux. Forte de quatre régiments, la BMSC est donc un moyen de secours à vocation nationale et internationale et elle constitue la force de réaction rapide de la sécurité civile. Elle est capable d’intervenir partout sur le territoire national ou à l’étranger sur très court préavis pour renforcer les moyens de secours locaux. Les régiments qui composent la BMSC sont les suivants.

  • 1er RIISC de Nogent le Rotrou
  • 4ème RIISC de Libourne
  • UISSC 5 de Corte
  • 7ème RIISC de Brignoles

L’effectif total de la BMSC est de 1600 militaires appelés « sapeurs sauveteurs » qui, outre les quatre unités citées ci-dessus servent aussi au sein du centre opérationnel de gestion interministérielle des crises (COGIC) du ministère de l’intérieur mais aussi les neuf centres opérationnels zonaux (COZ) en métropole et outre-mer.

Grâce à un système d’alerte éprouvé qui permet de mobiliser 300 sapeurs-sauveteurs en quelques heures et plus de 600 en deux jours, la BMSC est un moyen national réactif et polyvalent. Par ailleurs, les RIISC sont dotés de compétences techniques et de capacités matérielles qui leur permettent d’intervenir efficacement sur l’ensemble de la panoplie des risques naturels (incendies, inondations, séismes, tempêtes) et technologiques (chimiques, radiologiques et épidémiques) et d’apporter une assistance aux populations touchées (traitement de l’eau, logements d’urgence). C’est aussi un remarquable outil de rayonnement pour la France car, depuis la création du premier régiment en 1974, les sapeurs sauveteurs se sont illustrés sur toutes les grandes catastrophes et les crises qui ont frappé la France et le monde dans les cinquante dernières années.

Ce sont toutes ces informations que le chef de corps, après avoir chaleureusement accueilli la session, a délivrées au cours de son exposé. Le chef des opérations du régiment a ensuite détaillé les retours d’expérience que le 7ème RIISC a fait à la suite de ses engagements les plus récents. A la suite de cette première partie en salle, les auditrices et les auditeurs ont pu aller au contact des sapeurs-sauveteurs grâce à deux ateliers montés à l’extérieur qui ont permis à la session de découvrir concrètement des savoir-faire très particuliers du régiment et d’échanger longuement avec des sapeurs-sauveteurs visiblement passionnés par la beauté et la noblesse d’une mission de sauvetage, d’assistance et de secours qui, paradoxalement, s’exerce dans des conditions souvent très dégradées. Ces échanges se sont ensuite poursuivis autour d’un excellent déjeuner partagé avec les cadres et quelques sapeurs-sauveteurs puis le temps est venu pour la session de reprendre la route pour rejoindre Marseille.

On ne pouvait en effet pas faire meilleur choix que Marseille pour illustrer cette question de la sécurité des personnes et des biens car cette ville singulière et envoûtante à maints égards concentre à elle seule quasiment toutes les problématiques de sécurité intérieure tout en restant une métropole dynamique, agréable et prospère. Celles et ceux qui y vivent ne la quitteraient, pour la plupart, à aucun prix.

Fondée vers 600 avant notre ère par des marchands grecs venus de Phocée (aujourd’hui Foça en Turquie, près d’Izmir), Marseille est la plus ancienne ville de France et, depuis l’Antiquité, elle a toujours été un important port de commerce et un lieu de transit permanent. La ville a connu un essor considérable pendant la période coloniale et plus particulièrement au cours du XIXème siècle devenant ainsi une métropole industrielle et commerciale particulièrement prospère. Son ouverture sur la Méditerranée en fait depuis ses origines l’une des villes les plus cosmopolites au monde car c’est là que, depuis toujours, sont arrivées les vagues successives de migrants venus du bassin méditerranéen et au-delà. De nos jours, la ville reste influencée par de nombreux échanges culturels et économiques avec l’Europe du Sud, le Proche-Orient, l’Afrique du Nord et l’Asie. A ce titre, depuis le XVIIème siècle, elle passe pour être la « Porte de l’Orient » sur le littoral méditerranéen français et européen. Aujourd’hui Marseille est la deuxième ville la plus peuplée de France et compte 880 000 habitants tandis que la métropole qu’elle forme avec Aix-en-Provence compte près de deux millions d’habitants. Ces chiffres font de Marseille la plus grande ville de Provence et du Midi de la France. Ses caractéristiques physiques sont elles aussi très singulières ; ainsi sa façade littorale s’étend sur 57 kilomètres tandis que la zone urbaine est interpénétrée par des grands espaces naturels rocheux et souvent boisés : les massifs de l’Estaque et de l’Étoile au nord, le massif du Garlaban à l’est, le massif de Saint-Cyr et le mont Puget au sud-est, le massif de Marseille Veyre au sud.  Les caractéristiques humaines de Marseille sont tout aussi contrastées, l’opulence et la grande richesse de quelques-uns y côtoient l’extrême pauvreté de beaucoup d’autres. Sur ce très vaste territoire urbain où l’habitat est généralement ancien et parfois insalubre, les accès aux soins et aux services sont, dans beaucoup de quartiers, notoirement moins bons que la moyenne nationale.

 A Marseille les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants ont rejoint l’Evêché, lieu historique où se trouve l’Hôtel de Police de la ville. En effet, la seconde partie de ce séminaire était consacrée aux forces de sécurité intérieure et, durant l’après-midi du 11 Juin plus particulièrement à la Police Nationale avant la visite de la Gendarmerie Nationale prévue le lendemain. Même si, depuis plus de trois décennies, elles dépendent du Ministère de l’Intérieur, il y a en effet en France deux forces très distinctes en matière de sécurité intérieure : la Police et la Gendarmerie Nationale. La première est une force dont les membres sont des civils qui portent parfois l’uniforme ; la seconde a un statut militaire et, à de rares exceptions près, ses membres portent tous l’uniforme.  L’existence même de deux forces de police pour un même pays pose donc question et il convient de s’interroger sur le sens de ce dualisme des forces françaises de sécurité intérieure. On le retrouve avec quelques nuances dans toutes les grandes démocraties occidentales car il est caractéristique voire consubstantiel de leur fonctionnement. Si l’on fait un peu d’histoire on s’aperçoit qu’à la différence d’autres modèles, notamment anglo-saxons, qui sont fondés sur l’idée d’un service offert à la population, le modèle français s’est, pour sa part, construit sur l’idée qu’il fallait protéger l’Etat autant que les citoyens voire même avant eux. Pour illustrer l’importance de la protection de l’Etat dans l’édification du modèle français de police, il faut revenir aux origines. L’acte de naissance de la police est, selon les historiens, l’Edit royal du 16 mars 1667. Ce texte créa la charge de lieutenant de police de Paris et c’est précisément parce que le Roi résidait à Paris que la police devait y être efficace et bien organisée. Ainsi, la police française naît de l’idée selon laquelle il convient de protéger l’Etat là où il se trouve et où il est alors susceptible d’être attaqué ou mis en cause. On s’explique dès lors que la police française ait été pensée et mise en place par les pouvoirs publics, à Paris d’abord puis en province. Revenir à cette volonté de protéger l’Etat permet donc de comprendre pourquoi le modèle français de police présente les deux caractéristiques fondamentales suivantes : il est centralisé et il repose sur un dualisme de forces. En fait les considérations liées à la protection de l’Etat évoquées plus haut sont au cœur de ce choix de deux forces que l’on retrouve dans toutes les démocraties. Partout on estime en effet que l’existence de deux forces distinctes protège l’Etat dans la mesure où, en cas d’insurrection ou de coup d’Etat, si l’une des deux forces rejoint la sédition, l’autre pourra rester loyaliste pour protéger les pouvoirs publics et le régime en place. Le dualisme des forces de sécurité intérieure apparaît ainsi comme un moyen pour un gouvernement de se protéger contre tout mouvement de contestation ou de sédition venant de l’une ou de l’autre force de police. On considère par ailleurs que ce dualisme est une garantie d’indépendance pour l’autorité judiciaire, dans la mesure où elle peut mettre en concurrence les deux forces en matière d’investigations.

 C’est donc à l’Hôtel de Police de l’Evêché que le 11 Juin après-midi les auditrices et les auditeurs de la session ont été reçus avec beaucoup de chaleur par le Directeur Interdépartemental de la Police Nationale (IDPN). Détenteur du grade d’Inspecteur général, ce très haut gradé de la Police Nationale dirige l’ensemble des forces de police du département et il a autorité fonctionnelle sur des segments et des directions au niveau régional. L’exposé du DIPN a décrit la répartition des zones et des responsabilités entre la Police et la Gendarmerie, la première s’occupant des zones urbaines et la seconde des zones rurales et périurbaines. Dans les Bouches-du-Rhône, la Police Nationale est organisée en quatre districts : Marseille, Aix, Arles et Martigues ; chacun ayant des caractéristiques bien différentes. Sans surprise, c’est la métropole marseillaise qui, par sa taille, connaît l’activité policière la plus intense. Avec beaucoup de franchise, le DIPN a détaillé les défis qui se posent quotidiennement à la Police Nationale et la manière dont elle y fait face. Il a notamment insisté sur la délinquance liée au trafic de stupéfiants et sur les stratégies mises en œuvre pour la briser. Elles remportent des succès même si on en parle trop peu. Pour bien le prouver, le commissaire divisionnaire en charge de ce sujet a détaillé les actions menées contre la criminalité organisée et tout particulièrement contre celle liée au trafic de stupéfiants. De manière très directe, l’intervenant a décrit la sophistication de l’organisation des réseaux qui animent ce trafic et leurs méthodes empreintes de pragmatisme mais aussi d’une brutalité sauvage et sans limite. Pour autant les forces de police agissent et, exploitant les failles et les fréquentes maladresses de ces réseaux, elles parviennent à de très bons résultats. Au bilan, après avoir entendu ces deux intervenants très convaincants, les auditeurs sont ressortis de cette séance de deux heures avec la conviction que nos forces de police font preuve d’un grand professionnalisme et d’un impressionnant dévouement au service de la sécurité des personnes et des populations. Les propos très francs et directs de ces deux policiers de haut rang n’ont pas caché les multiples difficultés auxquelles eux et leurs subordonnés font face mais ils ont aussi souligné l’ampleur du travail accompli et celle des résultats obtenus. N’en déplaise à ses détracteurs, la Police Nationale travaille beaucoup à Marseille et elle y obtient des résultats dont ses membres peuvent être légitimement fiers.

Le lendemain, 12 Juin, c’est la Gendarmerie Nationale qui a reçu la session pour une journée entière d’immersion dans la caserne de la Timone où se trouvent le commandement de la région de Gendarmerie, son Etat-major ainsi que quelques unités. Accueillis par le général commandant la région autour d’un café-croissants, les auditrices et les auditeurs ont ensuite suivi deux exposés durant la matinée. Le premier, fait par le général adjoint du commandant de la région, a détaillé l’organisation de la Gendarmerie au niveau national, régional et local, ses spécificités et les défis auxquels elle fait face. Les quatre principales missions de cette force de 130 000 militaires d’active qui arme 3053 brigades réparties sur tout le territoire national sont : la protection de la population et des biens, la protection des institutions et la surveillance du territoire, la gestion de crise de basse et de haute intensité et enfin les investigations judiciaires. Cette dernière mission est celle qui est la plus consommatrice en temps et en effectifs mais la Gendarmerie s’attache en permanence à bien répartir son effort entre les quatre missions. Les priorités du moment rejoignent celles de la Police Nationale : lutte contre la criminalité liée au trafic de stupéfiants, les violences faites aux plus vulnérables (femmes, enfants, personnes âgées), la menace terroriste et celle venant de mouvements radicalisés, la protection des élus et enfin les délits et les menaces cyber. Ce thème a d’ailleurs fait l’objet d’un exposé dédié qui a détaillé l’ensemble des vulnérabilités du domaine cyber et dévoilé les différentes formes de menaces et de délits qui s’y développent. L’officier supérieur qui s’exprimait a décrit la réalité de cette délinquance cyber et les moyens qu’utilise la Gendarmerie pour la mettre en échec. Cette menace, présente au quotidien, vise aussi à tirer profit de grands évènements comme la prochaine série de concerts de la chanteuse Céline Dion. De tels évènements sont à la fois une cible car les réseaux dédiés sont systématiquement attaqués et une opportunité pour des délinquants qui mettent tout en œuvre pour imaginer de multiples escroqueries : ventes de faux tickets d’accès, location d’hébergements fictifs, etc.  Au bilan, la cybercriminalité affiche une expansion impressionnante et génère des gains énormes. Elle se nourrit des failles techniques mais surtout de la crédulité d’utilisateurs peu prudents ou mal informés. Aidés par l’intelligence artificielle, les délinquants regorgent d’ingéniosité et sont passés maîtres dans l’art de jouer sur les émotions pour arriver à leurs fins. Face à ce fléau, la Gendarmerie s’organise et se mobilise au niveau national, régional et local et elle obtient des résultats dont hélas on parle trop peu.

A l’issue de cette riche matinée et d’un savoureux déjeuner partagé avec les officiers de Gendarmerie qui sont intervenus au cours de la matinée, les auditrices et les auditeurs ont ensuite bénéficié de présentations et de démonstrations dynamiques qui leur ont montré l’ampleur de la palette capacitaire de la Gendarmerie Nationale. Techniques d’arrestation en milieu clos, ateliers techniques d’analyse de scène de crime et pelotons spécialisés étaient au programme. Ces présentations et démonstrations ont par ailleurs donné aux auditeurs l’occasion d’échanger directement et spontanément avec les gendarmes qui servent dans ces unités. Ainsi, ils ont pu apprécier la grande qualité humaine et professionnelle de ces femmes et des ces hommes qui ont fait de la protection de la France et des Français à l’intérieur de nos frontières, leur vocation et leur métier.

Après cette journée intense partagée avec les militaires de la Gendarmerie Nationale, un moment de convivialité fort bienvenu attendait la session au fort Saint Louis à Toulon. Ce fort idéalement situé près des plages du Mourillon a aujourd’hui perdu sa vocation militaire et il est devenu un mess très apprécié pour les personnels de la défense. C’est dans ce cadre exceptionnel et privilégié que la session s’est rassemblée avec son encadrement et son parrain pour un dernier dîner avant les adieux du lendemain. Ce moment fort a été l’occasion d’échanger anecdotes et souvenirs et les neuf séminaires passionnants que la session a vécus en ont créé beaucoup. Ce moment a été aussi l’occasion pour la session de dire au revoir à Madame Riaz, la référente pédagogique qui les a guidés avec beaucoup d’attention et de bienveillance tout au long de leurs travaux académiques. Madame Riaz quitte en effet la FMES cet été et les auditrices et les auditeurs de la session tenaient beaucoup à la remercier pour son dévouement et pour la très grande qualité de son accompagnement à leur profit.

Enfin, le lendemain matin c’est au siège toulonnais de la FMES que s’est tenue la séance solennelle de clôture de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants. Moment fort, important et redouté, cette séance solennelle de clôture comprenait quatre parties : tout d’abord la séance de restitution des travaux que chacun des trois comités de la session a menés tout au long des neuf mois de la formation ; ensuite une adresse des autorités présentes et notamment celle du Député du Var et celle du parrain de la session. A l’issue, la phase de remise des attestations de formation termine la partie formelle de la matinée avant que ne débute le cocktail final et la dispersion définitive de la session.

Pour revenir à la restitution des travaux, rappelons qu’à partir du thème général de la session qui était «la mer Noire au carrefour des rivalités Est-Ouest et Nord-Sud », les trois comités qui composent la session ont chacun choisi, en décembre dernier, une thématique s’inscrivant dans la problématique générale afin de développer un scénario prospectif à horizon 2035-2040. Il faut noter, s’agissant des thématiques des scenarii retenus, que l’équipe pédagogique a orienté les choix des auditrices et des auditeurs afin qu’ils soient complémentaires. Ainsi l’ensemble donne un résultat final complet et cohérent compte tenu de l’ampleur et de l’ambition du thème de l’année.  Face à un jury de très haut niveau composé du président de l’Université de Toulon, du directeur général de la FMES, de son directeur académique, du député du Var, du parrain de la session, d’un ancien président de la FMES et des quatre membres de l’équipe pédagogique des SMHES/Cadres-dirigeants, les comités ont exposé leurs scenarii pendant une trentaine de minutes chacun. Une séance de questions-réponses a suivi chaque intervention. Le but de cette séquence de questions-réponses était d’éclairer ou de détailler certains aspects des travaux qui n’étaient pas apparus avec suffisamment de netteté ou qui avaient été évoqués trop succinctement. Il faut cependant mettre à la décharge des auditrices et des auditeurs le défi qui consiste à condenser en trente minutes le résultat de plus de deux cent heures de travail ; il n’était donc pas surprenant que quelques points et aspects aient été éludés. Cette réserve étant posée, le jury a apprécié à sa juste valeur la très haute qualité, la richesse et l’originalité des travaux présentés et il a salué la pertinence de l’option choisie de nouveau cette année par l’équipe pédagogique et qui consiste à développer des scenarii complémentaires plutôt que concurrents.  Donnant aux travaux de la session une consistance et une réelle cohérence d’ensemble cette option est désormais pérennisée.

Au terme de ce passage sur le gril qui a validé les travaux de la session, les autorités présentes ont chacune fait une courte intervention puis, à l’issue, les auditrices et les auditeurs ont reçu leurs attestations de formation des mains des membres du jury. Durant le chaleureux cocktail qui a suivi, beaucoup avaient les yeux humides et la gorge nouée par une émotion bien visible ; nombreux étaient les auditrices et les auditeurs étonnés que cette riche et belle année fut passée si vite. Toutefois la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants n’est pas encore totalement dissoute car il lui reste encore à produire son rapport final ; document écrit qui rendra compte de l’ensemble de ses travaux. Ce document sera publié cet été et largement diffusé. Cette ultime étape marquera le terme du parcours académique de la session et aboutira aussi au cours de l’automne à la délivrance par l’Université de Toulon du Diplôme Universitaire « Stratégie et analyses prospectives des mondes méditerranéen » à chacun des membres de la session ayant obtenu une note globale supérieure à la moyenne. Les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/ Cadres-dirigeants peuvent cependant rejoindre dès maintenant la cohorte des anciens des SMHES regroupés dans une association particulièrement dynamique et active : l’A2SMED (association des auditeurs des sessions méditerranéennes de la FMES). Qu’ils le fassent ou pas, ils seront toutes et tous bien plus affutés après cette année passée à se former en géopolitique et en géostratégie et aucun d’entre eux ne jettera jamais plus le même regard sur les crises de plus en plus nombreuses et violentes qui caractérisent le monde de la troisième décennie du XXIème siècle.

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