Les grands fonds marins recèlent de richesses minérales stratégiques qui suscitent des convoitises à travers le monde. Les nodules polymétalliques, les sulfures hydrothermaux ainsi que les encroûtements cobaltifères concentrent des quantités massives de cobalt, nickel, manganèse, cuivre et terres rares. Ces minerais critiques sont au cœur des chaînes industrielles mondiales, des batteries Li-ion aux superalliages aéronautiques, en passant par les aimants permanents indispensables aux éoliennes et aux systèmes de défense.

Bien plus que de simples matières premières, ces ressources sous-marines s’imposent comme de véritables leviers stratégiques. Alors que la transition énergétique et la réindustrialisation s’accélèrent, la compétition pour l’accès à ces fonds s’intensifie entre grandes puissances. Néanmoins, cette compétition n’est pas sans risques pour les écosystèmes abyssaux encore peu explorés et particulièrement vulnérables. 

Dans ce contexte, la France dispose d’atouts considérables mais encore sous-exploités. Deuxième propriétaire foncier sous-marin mondial avec 10,9 millions de km² de plateau continental, elle détient deux contrats d’exploration accordés par l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM). La zone Clarion-Clipperton pourrait contenir jusqu’à 34 millions de tonnes de nodules, la Polynésie française regorge d’encroûtements cobaltifères, et Wallis-et-Futuna abrite des sulfures hydrothermaux. Pourtant, aucune ressource minérale sous-marine n’est aujourd’hui exploitée, et sa position sur le nickel reste fragilisée par l’instabilité politique en Nouvelle-Calédonie.

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