Huitième Séminaire de la 36ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques/ Cadres-Dirigeants :

L’Armée de Terre « de combat »

 « Le meilleur soldat est celui qui ressemble à une pierre. Sans sortir la lame du fourreau, il réussit à prouver que personne ne pourra le vaincre » Paulo Coelho

 Pour son avant-dernier séminaire, la 36ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques/Cadres-dirigeants avait rendez-vous avec l’Armée de Terre. Profitant du fait que la région PACA est l’une de celles où les armées restent très bien implantées c’est donc en proches voisins que les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants ont successivement rendu visite aux Ecoles Militaires de Draguignan, à l’Ecole d’Application de l’Aviation légère de l’Armée de terre (ALAT) au Cannet des Maures et enfin au 1ème Régiment Etranger de Cavalerie (1er REC) sur le camp de Carpiagne près de Cassis et de Carnoux en Provence. Ce séquencement en trois temps a permis à la session de partir du général : un panorama global de l’Armée de Terre face à ses défis et à ses perspectives, puis un focus sur les défis particuliers que doivent relever l’infanterie, l’artillerie et l’aviation légère de l’Armée de Terre, pour aller ensuite au particulier : le régiment. Le régiment est en effet la pierre angulaire de l’Armée de Terre ; il est le creuset où se forge l’identité profonde de tout soldat au point qu’il en reste généralement marqué tout au long de sa carrière voire au-delà, tout au long de sa vie.  Cette dernière étape dans les forces armées françaises venait donc conclure un cycle commencé avec les unités de l’Armée de l’Air et de l’Espace à Istres et à Toulouse puis celles de la Marine nationale à Toulon.

Le 5 mai matin, les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants ont eu leur premier contact avec l’Armée de Terre aux Ecoles Militaires de Draguignan (EMD). Les EMD ont été créées le 1er août 2010 et regroupent depuis lors les écoles de formation et de perfectionnement de deux des plus vieilles armes de l’Armée de Terre française que sont l’infanterie et l’artillerie. Le but de ce regroupement, outre une mutualisation des moyens et des soutiens, est de favoriser les entraînements interarmes tout en profitant de la proximité du plus grand complexe de tir d’Europe occidentale situé sur le camp militaire de Canjuers. A 30 kilomètres au Nord de Draguignan, ce camp qui compte parmi les plus vastes en Europe, permet aux cadres en formation de tirer et de manœuvrer avec toutes les armes en dotation dans l’infanterie et dans l’artillerie. Par ailleurs, sur leur site de Draguignan, les EMD disposent d’installations d’instruction et d’entraînement particulièrement complètes : champs de tir, installations sportives, outils de simulation, mais elles ont aussi leur propre terrain d’exercice, le camp Bergerol. Enfin, la proximité des unités de la Marine Nationale à Toulon et de l’Ecole   d’Application de l’Aviation légère de l’Armée de Terre basée au Cannet des Maures facilite la coopération interarmes et interarmées et c’est donc un atout déterminant.

Les EMD ont une double mission. L’école de l’infanterie et l’école de l’artillerie assurent la formation des chefs de groupe et des chefs de pièces (10 hommes), des chefs de section (40 hommes) et des commandants d’unité (150 hommes). Les EMD doivent également conduire les études de prospective de la doctrine et des équipements dans les domaines de l’emploi et de l’organisation de l’infanterie et de l’artillerie. Enfin, tous les régiments et les brigades interarmes de l’armée de Terre viennent régulièrement aux EMD entraîner leurs postes de commandement car s’y trouvent des moyens de simulation que ces unités, brigades et régiments, ne possèdent pas en propre.

C’est donc dans ce creuset des cadres de l’artillerie et de l’infanterie françaises que les auditrices et les auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants ont eu leur premier contact avec l’Armée de Terre française. C’est le général commandant les EMD qui a lancé la journée en présentant à la session la profonde mutation d‘une Armée de Terre organisée, équipée et entraînée pour les opérations expéditionnaires et qui doit désormais s’adapter aux profonds bouleversements géopolitiques et géostratégiques auxquels toutes les armées modernes sont confrontées. Le défi pour l’Armée de terre, comme pour les autres armées et pour les directions et services interarmées, est de rester capable d’agir sur tout le spectre de la conflictualité, au loin mais aussi au plus proche des frontières de l’hexagone voire sur le territoire national s’il le faut. Elle doit aussi rester capable de le faire en prenant sa juste place au sein de l’OTAN et sur le flanc Est de l’Europe. La nouvelle ère stratégique qui s’est ouverte en février 2022 requiert en effet une adaptation profonde de l’Armée de terre. Dans la compétition entre blocs stratégiques qui est enclenchée et qui dominera les prochaines décennies, la France, Etat doté, entend en effet jouer un rôle de puissance d’équilibre et d’entraînement.  Au service de ce positionnement, l’Armée de Terre se transforme pour passer d’une logique de gestion de crise à celle du renforcement de la souveraineté et de la consolidation de l’autonomie stratégique. Elle s’appuie pour cela sur des partenariats élargis et une capacité renouvelée à rallier dans l’action d’alliés variés. Cette transformation vise à accroître la réactivité et adapter les capacités pour agir selon les quatre priorités fixées par le chef d’état-major des Armées :

  • Affirmer notre souveraineté ;
  • Entraîner nos alliés dans le cadre d’une opération d’envergure ;
  • Surveiller et agir dans les espaces communs – y compris par l’influence – pour préserver notre autonomie d’appréciation et notre liberté d’action ;
  • Rénover nos partenariats internationaux.

Dans un contexte d’incertitude stratégique ainsi que d’élargissement et d’hybridation de la conflictualité, l’Armée de Terre, couverte par la dissuasion, doit donc maîtriser des capacités multi-milieux et multi-champs (M2MC) crédibles et interopérables et se positionner en nation cadre dès la phase de compétition pour décourager tout adversaire potentiel par sa posture adaptée et ses signalements démonstratifs. Elle doit être en mesure d’assumer la responsabilité du commandement d’une opération interarmées ou d’une composante terrestre jusqu’au niveau corps d’armée. Dès lors, en étroite coordination avec les autres armées, notamment pour l’épaulement de la dissuasion et pour les impératifs de projection de force, l’Armée de Terre est attendue pour agir en permanence et produire des effets simultanément dans trois espaces stratégiques, en y tenant un rôle fédérateur.

• La protection, la résilience, la souveraineté et l’esprit de défense sur le territoire national, en métropole comme dans les outre-mer.

• La prévention et l’influence en Afrique, au Moyen-Orient, dans l’océan Indien et jusque dans le Pacifique par un dispositif renforcé et flexible de partenariats élargis.

 • La solidarité stratégique, en Europe où la France apporte une contribution de puissance moyenne mais dotée et au Moyen-Orient où notre pays doit être en mesure d’honorer ses engagements.

La transformation de l’Armée de terre voulue par le général CEMAT dans sa vision stratégique et permise par une Loi de Programmation Militaire 2024-2030 marquant un effort considérable de la nation au profit de ses armées et de la défense, implique donc une rénovation des finalités de l’action de l’Armée de Terre, celle de ses modalités de fonctionnement en temps de paix et en temps de guerre et enfin celle de son organisation. S’agissant de ses modalités de fonctionnement, elles visent à regagner de l’agilité et de la réactivité en redonnant de l’autonomie et des responsabilités accrues aux brigades et aux régiments par l’exercice d’un commandement par l’intention. Concernant enfin son organisation, l’Armée de Terre s’articule désormais en 4 piliers ; chacun incarnant une ou plusieurs actions structurantes tout en regroupant les grands commandements.

  • Le pilier « Etre et Durer » où on retrouve les écoles et la maintenance ;
  • Le Pilier « Protéger » où se trouvent les structures et les commandements qui traitent du territoire national ;
  • Le Pilier « Agir » principalement incarné par le Commandement de la Force Opérationnelle Terrestre (CFOT) ;
  • Le Pilier « Innover » qui englobe les structures en charge de préparer l’avenir.

Cette profonde transformation de l’Armée de terre se fera jusqu’en 2030, date où ce nouveau modèle « de Combat » aura trouvé sa pleine puissance et son équilibre définitif. Elle suppose beaucoup d’efforts et d’adaptations à de nouvelles structures, de nouvelles capacités et de nouvelles méthodes sans que pour autant l’Armée de terre y perde son agilité, son mordant et son esprit guerrier.

Après la description des ambitions que porte l’Armée de terre afin de s’adapter à un monde en rapide et profonde évolution, les auditrices et les auditeurs ont pu ensuite découvrir plus précisément les deux armes représentées aux EMD : l’artillerie et l’infanterie. Depuis la bataille de Castillon (1453), l’artillerie « arme savante » et des feux, celle de Bonaparte et de Foch, contribue à la décision en exerçant sur l’adversaire des effets directs, sélectifs et souvent décisifs. C’est l’Ultima ratio regum. Présente au cœur du combat interarmes par ses capteurs, ses capacités géographiques ou de ciblage, ses drones et ses radars, ses obus, roquettes et missiles, elle assure la sauvegarde des troupes au contact ou sous les feux de l’ennemi et met ses feux au service de la manœuvre aéroterrestre générale. Arme du combat à pied et « reine des batailles », l’infanterie remonte à 1479 et aux bandes de Picardie.  C’est l’arme des 300 derniers mètres, celle où l’ennemi se regarde droit dans les yeux. Par le combat rapproché, l’infanterie emporte la décision et la victoire par la prise et le contrôle durable du terrain et par le contact direct avec les populations. S’agissant des défis et des perspectives de cette arme, l’orateur a insisté sur le bond capacitaire que représente l’ambitieux programme Scorpion et le combat collaboratif qu’il permet. Ont aussi été évoqués les robots et les drones qui, de plus en plus nombreux et sophistiqués comme le montrent les combats en Ukraine, bouleversent les procédés du combat débarqué. A l’issue de ces trois exposés, une présentation réelle, mise en place à l’extérieur des bâtiments des écoles, a permis aux auditrices et aux les auditeurs d’avoir le privilège d’approcher toute une série d’équipements et d’armements en dotation dans l’infanterie et l’artillerie. Cette présentation de matériels et d’équipements leur a aussi permis d’avoir de riches échanges avec les fantassins et les artilleurs qui leur présentaient les véhicules et les armes en dotation dans leurs unités.

L’après-midi du 05 Mai a été consacrée à une troisième école d’arme, celle de l’Aviation Légère de l’Armée de terre (ALAT) située sur la base Général Lejay au Cannet des Maures.  Descendante de l’aviation légère d’observation de l’artillerie, l’ALAT a été créée en 1954 et sa devise est “De la terre, par le ciel”. Arme de la surprise, de l’initiative et de l’urgence, l’ALAT combat dans la profondeur du dispositif adverse en s’affranchissant des obstacles du sol pour surprendre l’ennemi et le détruire. Chaleureusement accueillis par le personnel de la base école, les auditrices et les auditeurs ont débuté cette seconde visite par une conférence prononcée par le général commandant l’Ecole d’Application de l’ALAT (EALAT) dont l’exposé s’est attaché à caractériser son arme, à préciser son rôle dans le combat de l’armée de terre, à détailler ses spécificités ainsi que les défis qu’elle doit relever. En chiffres, l’ALAT est le premier exploitant d’hélicoptères en Europe, avec 290 hélicoptères et 14 avions légers qui totalisent 72500 heures de vol par an. L’ALAT, à l’unisson de l’ensemble de l’Armée de terre, se transforme et se réapproprie ses missions dans le contexte de la haute intensité.  L’aérocombat dont l’ALAT est l’acteur central vise à renseigner, à flanc garder et surtout à façonner l’adversaire dans la profondeur pour le livrer considérablement affaibli aux unités qui combattent au sol. Cet effet, l’ALAT l’atteint mieux lorsqu’elle agit groupée. Elle cherche donc désormais à se réapproprier la combinaison de l’agilité et de la masse pour créer des effets décisifs dans la manœuvre générale. En combattant ainsi, l’ALAT prépare et complète les effets des autres armes. Enfin, dans bien des cas, l’ALAT est un atout maître dans la main du chef interarmées au profit duquel elle constitue l’échelon réservé par excellence grâce à son agilité poussée et à sa capacité à frapper fort, vite et loin.

Par ailleurs, cette conférence du général commandant l’école a aussi donné aux auditrices et aux auditeurs une vue complète de l’organisation, des missions et des moyens de l’EAALAT en elle-même.  L’école forme des spécialistes, beaucoup de mécaniciens notamment et naturellement des pilotes. En outre, la valeur ajoutée d’une telle école militaire c’est aussi de faire de ces pilotes des meneurs d’hommes et de constituer des équipages de combat ; sa mission cible donc autant les caractères que les compétences. En termes de volume annuel, et même si on a tendance à retenir avant tout la formation d’une centaine de pilotes, ce sont 2000 stagiaires de tous types qui passent tous les ans par l’EALAT. Enfin, pour remplir cette lourde mais belle mission, l’école bénéficie des moyens les plus performants. Son parc d’hélicoptères d’attaques (Tigre HAD) et de transport (NH 90) les plus modernes est complété par des outils de simulation extrêmement performants qui permettent d’exploiter au mieux les heures de vol réelles car elles sont très coûteuses sur les appareils de dernière génération.

                A l’issue de cette partie théorique, un Tigre HAD et un NH 90 ont été présentés aux auditrices aux auditeurs par des instructeurs très expérimentés. Cette visite poussée des appareils a permis aux auditrices et aux auditeurs de monter à leur bord, de visiter les différents postes de l’équipage et, ce faisant, de constater à quel point ces hélicoptères de combat sont impressionnants tout comme le sont les équipages passionnés qui les servent.

Après cette belle première journée passée dans deux écoles de l’Armée de Terre, la seconde étape de cette immersion des auditrices et des auditeurs de la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants s’est déroulée le lendemain au 1er Régiment Etranger de Cavalerie (1er REC) sur le camp de Carpiagne. Ce vaste camp situé aux portes de Marseille et à proximité d’Aubagne et de Cassis accueille le régiment depuis 2014. Auparavant le 1er REC était, depuis 1967, implanté à Orange dans le Vaucluse mais, en s’installant à Carpiagne, il y a trouvé des installations permettant une bien meilleure préparation opérationnelle tout en étant proche des plateformes de projection que sont Istres et Toulon. L’objectif principal de la journée qu’ont passée les auditrices et les auditeurs au 1er REC était de comprendre à quel point le régiment est la pierre angulaire de l’Armée de Terre. C’est là que l’identité profonde de tout soldat se forge. C’est aussi sa seconde famille et, lorsqu’il n’en a pas ou qu’il n’en a plus, c’est bien souvent son unique famille. C’est donc un monde bien particulier où jouent des dynamiques puissantes et structurantes ; l’esprit de corps, l’effet des traditions d’une troupe légendaire et d’une arme prestigieuse, la camaraderie et la fraternité d’armes de celles et ceux qui ont vécu ensemble des moments heureux et des instants dramatiques, qui ont partagé l’exaltation et la peur du combat, qui ont vu les camarades tomber et parfois ne plus se relever. Entrer dans un régiment comme le 1er REC c’est donc pénétrer dans un monde à part où, au-delà de la hiérarchie de la discipline formelle et de la dureté du métier, se construit une profonde et solide camaraderie ; une confrérie du devoir et de la mission que rien n’arrête.

Très chaleureusement accueillis autour d’un copieux petit déjeuner par le chef de corps, le chef du bureau opérations instruction (BOI) et le chef du bureau des ressources humaines (BRH), les auditrices et les auditeurs ont tout d’abord suivi une conférence au cours de laquelle le chef du BOI a détaillé la riche histoire du régiment et pourquoi le 1er REC figure parmi les unités les plus prestigieuses de l’Armée de terre. Il présente la double singularité d’être à la fois le seul régiment blindé dans la Légion étrangère, et le seul régiment de l’Arme blindée cavalerie à être armé par des légionnaires. Le 1er REC, créé en 1921 à Sousse en Tunisie, est issu des compagnies montées du 2e REI (Régiment étranger d’infanterie). Initialement formé avec des légionnaires russes expérimentés que la révolution bolchévique avait contraints à l’émigration, ce nouveau régiment marqua l’entrée de la cavalerie dans la Légion étrangère qui était traditionnellement composée d’unités d’infanterie. Les légionnaires du 1er REC ont ensuite prouvé leur vaillance en combattant à cheval en Syrie et au Maroc avant de passer aux automitrailleuses dans les années 1930. Ils se sont illustrés durant les campagnes de France et de Tunisie en 1940 et 1943, puis en Indochine où ils ont transformé leur unité en force amphibie. Après la guerre d’Algérie, le régiment s’est ensuite spécialisé dans la reconnaissance avec des véhicules blindés et aujourd’hui, c’est toujours sa mission. Le 1er REC est l’un des deux régiments blindés de la 6ème brigade légère blindée et il est le premier régiment de l’Armée de Terre à être équipé des nouveaux engins blindés de reconnaissance et de combat JAGUAR (EBRC) appartenant au programme Scorpion. L’EBRC est l’engin de la reconnaissance offensive, du combat de rencontre qui prend et précise le contact. Sa principale plus-value réside dans sa capacité à délivrer en tout temps des feux puissants, rapides et très précis par l’intermédiaire de tirs directs et indirects sous blindage. En outre, répondant aux nombreuses questions d’un auditoire avide d’en savoir plus sur la Légion étrangère, les deux orateurs en ont expliqué les spécificités et notamment comment la conjugaison d’une discipline rigoureuse, d’un entrainement intensif et d’un style de commandement qui allie exigence, bienveillance et humanité forge une troupe d’assaut redoutable et redoutée. La matinée s’est terminée par un dernier exposé qui a décrit la récente mission que le régiment a remplie au Liban dans le cadre de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban). Dans un contexte particulièrement tendu avec les affrontements des forces israéliennes contre celles du Hezbollah, la mission du régiment s’est révélée particulièrement délicate mais l’expérience acquise par ses unités, leur excellente préparation opérationnelle et la discipline rigoureuse qui caractérise les unités de Légion étrangère ont permis au 1er REC de la mener à bien.

A l’issue de ces exposés en salle et d’un déjeuner partagé avec les officiers au mess du régiment installé dans une authentique commanderie templière, les auditrices et les auditeurs ont pu assister à une démonstration de l’action d’un peloton des reconnaissance et d’investigation puis ils ont visité le poste de commandement du régiment. Ce dernier était en effet actif car le régiment participait à un exercice de la 6ème BLB dans le cadre de l’alerte OTAN (Allied Reaction Force) que la brigade assurera dès l’été prochain. A l’issue, un peloton Jaguar a été présenté aux auditrices et aux auditeurs leur permettant ainsi de voir de près tout l’armement du peloton et de monter à bord des engins blindés. Tout au long de ces échanges et de ces contacts directs, les auditrices et les auditeurs ont été fortement impressionnés par l’aisance et l’élégante décontraction des officiers, des sous-officiers et des légionnaires mais aussi par la profonde humilité avec laquelle ils parlent de leur métier, de leur régiment et de la Légion. Beaucoup de légionnaires disent en effet que c’est la Légion qui leur a rendu dignité et fierté et que c’est grâce à elle qu’ils se tiennent droits et debout. Les liens profonds qui les unissent, qui se lisent dans les regards et les attitudes de ces soldats, la fluidité des contacts interpersonnels entre eux et leurs cadres donnent une impression de force maîtrisée et de compétence partagée. A les regarder faire et évoluer, on comprend pourquoi le régiment est à ce point la structure déterminante et centrale de l’Armée de terre. C’était le but de cette immersion et il a été atteint car les auditrices et les auditeurs sont repartis très marqués par cette journée passée au 1er REC. Ils y ont vu et senti qu’un régiment est effectivement un lieu très spécial ; que c’est un creuset où une alchimie particulière opère qui transcende les hommes et les tire collectivement vers le haut, vers le bien et vers le mieux.

Après cette journée d’immersion, que les auditrices et les auditeurs ont qualifiée comme comptant parmi les plus belles de toute la session, ce fut le retour à Toulon pour y mener, le lendemain, une matinée de travail académique. Cette séance de travail visait à permettre aux trois comités de continuer le travail collectif sur les scenarii qu’ils devront présenter à un jury de très haut niveau lors de la séance de restitution solennelle qui est programmée le 13 Juin. En effet, dans le cadre du Diplôme Universitaire que délivre l’Université de Toulon et qui valide la formation suivie dans le cadre d’une SMHES, les auditrices et les auditeurs ont à rendre et à présenter, à intervalles réguliers, des travaux individuels et collectifs qui sont tous notés.  La quintessence de ces travaux est un scenario prospectif que chaque comité doit développer sur une thématique découlant de la question posée par le sujet de la session.  C’est donc sur ce travail que les auditrices et les auditeurs ont passé la matinée du 07 Mai avant de se séparer. Ils se retrouveront une dernière fois mi-juin pour une ultime étape qui les conduira à Brignoles où, dans le cadre d’un séminaire consacré à la protection des personnes et des biens, ils visiteront le 7ème Régiment d’Instruction et d’Intervention de la Sécurité Civile avant d’aller à Marseille au contact de la Police Nationale et de la Gendarmerie. Avant de prétendre peser sur les affaires du monde, protéger les personnes et les biens est en effet le premier devoir et la première mission d’un Etat. Aussi, après avoir étudié les six fonctions stratégiques pendant les huit séminaires précédents, il est en effet indispensable de s’intéresser aussi à cette mission cardinale de l’Etat lors de ce tout dernier séminaire qui clôturera en beauté la 36ème SMHES/Cadres-dirigeants.

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