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Aux Etats-Unis, le Sénat exige l’arrêt du soutien militaire américain au Yémen

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Le 13 mars 2019, le Sénat américain a voté pour l’arrêt de l’engagement militaire américain au Yémen. Sans participer activement au conflit, Washington est en effet engagé aux côtés de l’Arabie saoudite dans la guerre qu’elle mène contre les Houthis au Yémen depuis 2015.

La Chambre haute, où les Républicains sont pourtant majoritaires, a approuvé la décision par 54 voix contre 46. Elle interdit tout soutien américain à la coalition menée par Riyad au Yémen, sauf en cas « de déclaration de guerre ou d’autorisation formelle » du Congrès. Le vote prévoit le retrait des forces américaines sous 30 jours après l’adoption du texte mais la résolution exclut les opérations visant l’organisation Al-Qaïda.

Ce vote est considéré comme un camouflet à la politique étrangère menée par le Président américain. Alors même que le parti républicain possède 53 sièges sur 100 au Sénat, 7 membres des Républicains ont voté aux côtés des Démocrates. Bernie Sanders, sénateur du Vermont et fervent opposant du Président Donald Trump, a porté cette résolution – déjà approuvée par la Chambre haute en décembre 2018. Avant le vote, celui qui était en lice pour la campagne présidentielle pour le camp démocrate, a salué un vote « historique » et a déclaré : « La participation américaine à la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen n’a pas été autorisée par le Congrès (…) Et elle contribue à la pire crise humanitaire du monde ». Les propos du sénateur font écho aux mises en garde de l’ONU qui s’inquiète des conséquences de ce conflit.

La mobilisation des sénateurs du camp républicain s’explique également par les circonstances de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en Turquie en octobre dernier. Cet événement a incontestablement ébranlé la politique étrangère du royaume wahhabite et a alerté la communauté internationale et l’opinion publique. Cependant, la « tiède » réaction du Président américain a suscité le désaveu d’une majorité des sénateurs. Certains, issus du parti républicain, ont ainsi fait front contre le soutien américain dans ce conflit.

Pour être entériné, l’accord doit être approuvé par la Chambre basse, en l’occurrence la Chambre des représentants. Les sièges étant majoritairement occupés par le camp démocrate, le vote ne devrait pas être entravé. D’ailleurs, la Chambre avait déjà adopté, le 13 février dernier, un texte similaire qui avait obtenu une large majorité (248 voix favorables contre 177). Pour autant, la Maison Blanche s’est dit « fermement opposée » à cette proposition « imparfaite » et il est certain que le Président américain fera valoir son droit de véto, pour la deuxième fois depuis son accession à la tête de l’Etat fédéral. En effet, le Président a mis son véto le 14 mars 2019 à l’issue d’une résolution émanant du parti démocrate réclamant l’arrêt de la construction du mur avec le Mexique. Toutefois, l’utilisation de ce véto illustre la fragilité du président dont la politique étrangère est désavouée au sein même de son camp.