Actualités

Séminaire parisien pour la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Après les ports de Brest, Lorient, Marseille et Toulon avec un passage à Bruxelles pour étudier les problématiques maritimes européennes, la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » a fait escale à Paris les 10 et 11 mars derniers. Bien que loin de la mer, la capitale française est en effet le haut lieu de la gouvernance de la politique et des stratégies maritimes françaises.

Les auditeurs ont ainsi bénéficié d’interventions du secrétariat général de la Mer et des représentants de tous les acteurs de l’action de l’Etat en mer, souvent appelés la « bande des quatre », les Affaires Maritimes, les Douanes, la Marine et la Gendarmerie Maritime, avec lesquels ils ont pu avoir des débats très instructifs.

Débat sur l’outre-mer autour du vice-amiral d’escadre Hervé de Bonnaventure, directeur adjoint de la DGRIS et de Charles Giusti, directeur général adjoint des outre-mer

Trois grands thèmes avec des enjeux stratégiques majeurs ont également été étudiés : le droit de la mer avec ses sujets d’actualité concernant la mer de Chine méridionale et la polémique de Tromelin ; l’outre-mer et le défi du développement de son économie maritime ; et enfin l’énergie offshore avec le débat toujours très animé autour du mix énergétique et des perspectives de développement relatives aux énergies fossiles et aux énergies marines renouvelables (EMR).

Ont ainsi participé aux réflexions des auditeurs de grands directeurs des ministères de la Défense, de l’Outre-mer et des Affaires étrangères, mais aussi des universitaires et des chercheurs (IFPEN, université de Bordeaux, école centrale de Nantes) et des présidents ou vice-présidents de grandes entreprises (CGG, Subsea7). Le discours franc des intervenants lors des débats a été très apprécié par les auditeurs qui ont pu s’appuyer sur l’expertise fine dont ils disposent, chacun dans leur domaine.

La présence chinoise en Afrique, par Alain ANTIL

Alain ANTIL, chercheur, responsable du programme Afrique Subsaharienne de l’IFRI. Il enseigne à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille et à l’Institut Supérieur Technique Outre-Mer (ISTOM).

 

Compte rendu de la conférence réalisée par Alain ANTIL le 9 février 2017 pour l’Institut FMES

L’Afrique, un continent en pleine évolution

L’Afrique est en pleine croissance démographique. En effet, en 60 ans (de 1950 à 2010), la population a été multipliée par cinq. Cependant, cette croissance cache de nombreuses disparités avec des taux de fécondité hétérogènes. Certains pays d’Afrique sont très en avance avec des taux de fécondité inférieurs aux seuils de renouvellement, tandis que d’autres ont un taux très élevé. Par exemple, le Niger a un indice de fécondité le plus important avec 7,6 enfants par femme. En 2050, les démographes prévoient 2 milliards d’habitants. En d’autres termes cela veut dire qu’en un siècle, la population sera multipliée par 10. L’urbanisation progresse encore plus rapidement également : en 1950, seule 5 % de la population était urbanisée, actuellement l’urbanisation est de l’ordre de 35%. En 2050, le taux sera compris vraisemblablement entre 50 et 60%… Cliquez ici pour lire la suite

La 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » à Marseille et Toulon

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, assurances maritimes… autant de grands thèmes de l’économie maritime ayant conduit les auditeurs de la 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN à se déplacer à Marseille et à Toulon.

Chez CMA CGM, outre les explications sur les grands enjeux du transport et de l’économie maritime, le « Fleet centre » a permis aux auditeurs de percevoir la dimension stratégique et la précision de la gestion en temps réel des navires du 3e armateur mondial.

Sur le site flambant neuf de DCNS à Ollioules, les débats ont porté sur le positionnement stratégique d’un grand acteur régalien face à la concurrence internationale et aux ruptures possibles en matière de R&T navales.

Puis, le tout nouveau centre de réalité virtuelle a plongé les auditeurs dans le « central opération » d’un sous-marin de dernière génération.

Enfin, après un exposé à la mairie de Toulon sur les grands projets maritimes de TPM, la visite de la rade a permis aux auditeurs de se rendre sur le chantier d’IMS et sur le site d’Orange Marine à La Seyne. Ils ont ainsi découvert les grandes potentialités en terme d’économie et d’emplois offerts par la grande plaisance à la communauté d’agglomérations et les enjeux stratégiques et techniques de l’industrie du câble sous-marin n’ont désormais plus de secret pour eux.

Accueil au salon Clémenceau par Madame Geneviève Lévy, première adjointe d’Hubert Falco, maire de Toulon, avant l’exposé de Robert Cavanna, président de la Commission Ports, Mer et Littoral du départemental du Var

Les auditeurs devant les Yachts en carénage chez IMS après la présentation de son directeur, Denis Pellégrino.

Visite des installations d’Orange Marine avec le directeur du site, Frédéric Exertier.

Les auditeurs de la 2ème session nationale « enjeux et stratégies maritimes » au cœur de l’Union européenne

Les auditeurs de la 2ème session nationale « enjeux et stratégies maritimes » se sont rendus à Bruxelles les 6 et 7 janvier 2017 avec pour objectif d’appréhender les grands enjeux maritimes auxquels est confrontée l’Union européenne (UE) ainsi que les politiques et les stratégies qu’elle met en œuvre pour y faire face.

Dans ce cadre, la session a été reçue au Parlement européen où, après une présentation du fonctionnement des institutions, les conférences et les débats ont en particulier porté sur la politique européenne de la pêche et la planification des espaces maritimes européens.

Les auditeurs furent ensuite accueillis à la représentation permanente de la France auprès de l’UE pour réfléchir sur les nouvelles menaces sécuritaires en mer (terrorisme, piraterie, pêche illicite, trafic d’êtres humains, etc.) ainsi que sur les actions concrètes menées par l’UE : politique maritime intégrée, stratégie de sûreté maritime – dont les opérations Atalanta et Sophia -, relations avec l’OTAN.

La 2ème session nationale « enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN au parlement européen de Bruxelles.

L’ambassadeur Nicolas SURAN, représentant permanent de la France auprès du comité politique et de sécurité de l’Union européenne (COPS) ainsi que le vice-amiral d’escadre Charles-Edouard DE CORIOLIS, représentant militaire français auprès du Comité militaire de l’Union européenne et de l’OTAN ont activement participé à ces réflexions.

Charles de MARCILLY, représentant de la Fondation Schumann à Bruxelles, a quant à lui animé un dîner-débat très convivial au cours duquel les auditeurs ont échangé librement avec lui sur la gouvernance et l’avenir de l’Union européenne dans les domaines politiques, économiques et monétaires ; le Brexit a évidemment été au cœur des réflexions. Les auditeurs ont enfin pu poursuivre leurs travaux de comité.

Entrée en vigueur du code Polaire

Le Remorqueur de Haute Mer (RHM) Tenace (A669) passe devant un iceberg durant la mission Grand Nord 2014. Mer de Barents, le 10 septembre 2014.

Le Code polaire est effectif depuis le 1er janvier 2017.

L’application de ce Code international est rendue obligatoire par l’entrée en vigueur des amendements de la Solas et de la Marpol au 1er janvier 2017 et de ceux de la STCW à venir en juillet 2018.

Monsieur Hervé BAUDU, Professeur en Chef de l’Enseignement maritime et Membre de l’Académie de marine nous présente un résumé des objectifs de cette réglementation qui concerne tous les navires exploités dans les zones polaires :

Cliquez ici pour lire l’article

L’Administration a également anticipé l’entrée en vigueur du Code polaire en publiant dès le 19 décembre dernier au JO l’arrêté relatif à la délivrance des titres requis pour le service à bord des navires exploités dans les eaux polaires.

Pour consulter l’arrêté, cliquez ici.

La 2ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » à Brest et Lorient

Les auditeurs de la 2ème session « Enjeux et stratégies maritimes » se sont rendus à Brest et Lorient les 9 et 10 décembre. Dans le cadre d’une visite du Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), les auditeurs ont pu débattre avec des experts du SHOM et de l’IFREMER et ainsi mieux mesurer les enjeux scientifiques, environnementaux et économiques liés à la connaissance de la mer et des océans ainsi qu’aux ressources marines.

Les auditeurs ont ensuite été reçus par le vice-amiral d’escadre Emmanuel de Oliveira, préfet maritime de l’Atlantique, qui leur a exposé les grands enjeux de son théâtre d’opérations. A l’Ile Longue, ce fut le vice-amiral d’escadre Louis-Michel Guillaume qui ne leur a rien caché des grands enjeux de la dissuasion avant la  visite, toujours très impressionnante, d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE).

Le lendemain, les auditeurs ont découvert les missions de la base de Lann-Bihoué présentée par son commandant, le capitaine de vaisseau Eric Janicot, et ont pu rencontrer les commandants et les équipages des flottilles de l’aéronautique navale qui leur ont présenté leurs aéronefs de patrouille et de surveillance maritime, l’Atlantique 2 et le Falcon 50.

Le séminaire s’est terminé sur le site de DCNS de Lorient où son directeur, Laurent Moser, a présenté le site et organisé la visite  de la frégate multimissions Auvergne qui sera prochainement livrée à la Marine. Les auditeurs ont également pu débattre sur les grands enjeux de la base industrielle et technologique de défense (BITD) navale lors d’une  table ronde à laquelle, outre la DGA, participaient Gwendal Rouillard, député du Morbihan et Pascal Piriou, PDG du chantier naval éponyme. Enfin, ils ont consacré l’après-midi du samedi à leurs travaux de comités.

Les auditeurs de la 2ème session nationale devant la FREMM Auvergne chez DCNS

 

Conférences de l’Institut FMES 2016/2017

Ci-après, les conférences organisées par l’Institut FMES pour l’année 2016-2017, sous réserve de modification:

  • Samedi 15 octobre 2016 : Pierre Vermeren – L’Union européene face aux chocs migratoires
  • jeudi 17 novembre 2016 : Contre-amiral Gilles Humeau – La lutte contre les trafics des migrants en Méditerranée : réponse européenne Opération Sophia
  • Vendredi 16 décembre 2016 : Pierre Verluise – L’Union européenne peut-elle devenir une grande puissance ?
  • Jeudi 19 janvier 2017 : Ana Pouvreau – Les relations russo-turques
  • Jeudi 9 février 2017 : Alain Antil – La présence chinoise en Afrique
  • Vendredi 17 mars 2017 : Martin Motte – Les stratégies maritimes des grandes puissances au XXIème siècle
  • Jeudi 6 ou 27 avril  2017 : Jean-Charles Jauffret – Menaces et reculs de Daech
  • Jeudi 11 mai 2017 : Patrice Gourdin – Le Sahel, un enjeu international
  • Jeudi 15 juin 2017 : Mustapha Benchenane – Incertitudes stratégiques en Méditerranée

La session nationale de l’IHEDN « Enjeux et stratégies maritimes » à Toulon

Les trente auditeurs de la deuxième session nationale de l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) « Enjeux et stratégies maritimes » ont séjourné à Toulon les 4 et 5 novembre 2016. Après un premier séminaire d’ouverture à Paris, il s’agissait du premier déplacement de la session pour un séminaire dans un port. Le thème portait sur la découverte des enjeux de la façade maritime Méditerranée tant du point de vue du préfet maritime de la Méditerranée que de celui du commandant de la zone maritime Méditerranée, ses deux notions étant étroitement liées dans le cadre de l’organisation française de l’action de l’Etat en mer.

Après une présentation générale du théâtre maritime méditerranéen, particulièrement complexe en raison des événements du Moyen-Orient, une première table ronde à la préfecture maritime a permis aux auditeurs de prendre conscience des enjeux pour la France en Méditerranée et des menaces et risques qui y sont observés. Cette table ronde réunissait l’officier général adjoint au préfet maritime, chargé de l’action de l’État en mer, entouré des représentants des principales administrations qui interviennent en mer, les affaires maritimes, la gendarmerie maritime et la douane.

Une visite du CROSS MED, conduite par son directeur, a complété cette perception du milieu maritime avec la surveillance de la navigation et le secours en mer.

Une seconde table ronde était consacrée à la découverte des opérations aéronavales, avec l’amiral commandant l’aviation navale (ALAVIA) et des représentants de la division « opérations » du commandant de zone maritime (CECMED) et de la Force d’action navale (FAN). Les aspects, stratégiques, diplomatiques et militaires du groupe aéronaval, c’est-à-dire le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte internationale engagés dans les opérations contre l’État islamique en Syrie et en Irak, ont été particulièrement développés.

Cette approche militaire a été complétée le lendemain par les visites de navires de guerre, dont le BPC Mistral et le SNA Casabianca. Comme de coutume, l’après-midi du samedi était consacré aux travaux de comité qui permettent aux auditeurs de conduire une réflexion sur des sujets maritimes. Ces travaux font l’objet, en fin de session, d’une présentation officielle devant le directeur de l’IHEDN et un public de spécialistes.

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Les auditeurs de la 2ème session nationale « Enjeux et Stratégies Maritimes »

Créée en 2015, la session nationale de l’IHEDN « Enjeux et stratégies maritimes » a pour objectif de sensibiliser les cadres supérieurs et décideurs publics et privés aux enjeux de la « maritimisation », c’est-à-dire la place qu’occupe la mer à travers toutes ses activités dans la politique, la diplomatie et l’économie françaises, européennes et internationales. Dans le cadre d’un partenariat, l’Institut FMES apporte son expertise maritime à la session nationale IHEDN.

Actualités maritimes – Novembre 2016

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Nouvelles menace sur le détroit de Bab-el-Mandeb.

Depuis que les rebelles Houtis soutenus par l’Iran contrôlent depuis plus d’un an une partie du littoral du Yémen à proximité du détroit de Bab-el-Mandeb, une menace pèse sur la navigation maritime internationale, notamment le flux maritime entre la Chine et l’Europe. Pour y faire face, les marines occidentales ont multiplié les missions de surveillance, de même que les marines égyptienne et saoudienne. Toutefois, un nouveau seuil a été franchi avec l’attaque par missiles conduite le 1er octobre dernier contre le navire rapide HSV Swift, anciennement américain, exploité par une compagnie maritime des Emirats Arabes Unis. Le navire a été endommagé alors qu’il transportait du fret humanitaire et des passagers civils. Le 10 octobre, c’est le destroyer USS Mason qui était visé, sans être atteint, par de nouveaux tirs de missiles C 802 d’origine chinoise venus de la côte. De nouveaux tirs contre l’USS Mason ont été observés le 13 octobre. Face à ces attaques répétées, le président Barack Obama autorisait le destroyer USS Nitze à tirer des missiles Tomahawk pour détruire trois stations radars sur la côte. Il s’agissait de la première intervention directe des forces américaines dans le conflit yéménite. Le même jour, Téhéran annonçait l’envoi de deux navires de guerre dans le golfe d’Aden. La situation dans la région est donc particulièrement tendue, témoignant d’une extension du conflit yéménite en mer et remettant en exergue l’importance stratégique du détroit de Bab-el-Mandeb par lequel passent chaque jour des dizaines de porte-conteneurs et un tiers des approvisionnements français en pétrole. En quelques mois, la menace est passée du lance-roquette de type RPG tiré d’une île au missile chinois C 802 guidé par radar : une « montée en gamme » préoccupante.

Un imposant groupe aéronaval russe arrive en Méditerranée orientale.

Parti de Severomorsk, base navale de la Flotte du Nord près de Mourmansk,  le 15 octobre dernier, un groupe aéronaval russe a franchi le détroit de Gibraltar le 26 octobre pour gagner la Méditerranée oriental. Le groupe comprend le porte-avions Amiral Kouznetsov avec à son bord des chasseurs bombardiers SU33 et MIG29K. Son escorte est composée du croiseur à propulsion nucléaire Piotr Veliky (Pierre le Grand), du grand destroyer Severomorsk et de cinq autres navires dont un sous-marin. C’est le plus imposant déploiement de la marine russe depuis la fin de la guerre froide. Selon les autorités russes, ce groupe aéronaval doit répondre à « toute nouvelle forme de menace, comme la piraterie et le terrorisme international ». Les navires et leurs activités ont été suivis avec une attention soutenue par les Etats membres de l’OTAN concernés par le transit maritime  depuis la Norvège. Des moyens norvégiens, britanniques, français, mais aussi belges, espagnols et italiens ont pisté le groupe aéronaval, sans qu’aucun incident ne soit à signaler. L’Amiral Kouznetsov et son escorte vont certes renforcer les moyens russes déployés en Syrie mais ils sont aussi l’expression de la puissance navale retrouvée de la Russie qui va montrer son endurance et son savoir-faire. Le groupe russe va retrouver le groupe aéronaval européen articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle, engagé dans les opérations aériennes en Irak et en Syrie. Parti de Toulon à la fin du mois de septembre, le Charles de Gaulle devrait rentrer à la mi-décembre pour commencer son arrêt technique majeur en janvier 2017. La France n’aura plus de porte-avions disponible pendant deux ans.

Sommet extraordinaire de l’Union africaine à Lomé sur la sécurité et la sûreté maritimes.

A l’issue de cinq jours de négociations, plus de 30 Etats africains ont adopté le 15 octobre à Lomé une charte contraignante sur la sûreté et la sécurité maritimes. Ce texte initié par le Togo a été validé lors du sommet qui a rassemblé 43 Etats sur les 54 que compte l’Union africaine (UA). La charte propose de coordonner les actions entre les pays du continent pour lutter contre la piraterie et les trafics de drogue, d’armes et d’êtres humains sur les côtes africaines.  Ce document va s’intégrer à la Stratégie africaine intégrée pour les mers et pour les océans à l’horizon 2050, adoptée en 2012.

Ce sommet extraordinaire est une victoire diplomatique pour le Togo. La conférence – la première de grande ampleur organisée depuis 30 ans – s’est déroulée dans de très bonnes conditions. La marine française était impliquée dans la surveillance du sommet. A cette occasion, le BPC Dixmude était en escale à Lomé, permettant au ministre de la défense français d’y inviter les participants. Le ministre a notamment déclaré que « le grand enjeu de demain » est « la maritimisation de notre monde. Il faut en assurer la sécurité pour qu’elle soit synonyme de développement ». Une ombre toutefois est constituée par le refus du Cameroun de signer la Charte, alors que cet Etat était à la pointe du combat contre l’insécurité maritime dans le golfe de Guinée et dont l’implication s’était traduite par le sommet de Yaoundé en 2013. Rappelons que la France entretient une mission permanente, Corymbe, dans le golfe de Guinée et que des programmes de coopération ont été conduits pour aider les Etats riverains à s’organiser pour lutter contre les activités illicites en mer.

Inauguration de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes.

Le 6 octobre, loin de la mer, à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie, l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes a été officiellement inaugurée, moins d’un an après la proposition de sa création par la Commission européenne, en remplacement de l’Agence FRONTEX. Son directeur exécutif reste le Français Fabrice Leggeri, ancien directeur de FRONTEX. La nouvelle agence devrait être plus forte et mieux équipée pour affronter les défis que posent aux Etats membres de l’UE la migration et la sécurité aux frontières de l’Europe. Elle dispose d’un mandat élargi et de nouvelles prérogatives pour lui permettre d’agir plus efficacement. L’Agence verra notamment ses effectifs plus que doubler et elle sera en mesure d’acquérir ses propres équipements et de les déployer rapidement lors d’opérations aux frontières. Une réserve d’intervention rapide de 1500 personnes et un parc d’équipements seront mis à la disposition de l’Agence. Il est à noter que le terme de « corps européen de garde-frontières et de garde-côtes » est employé, alors qu’il ne s’agit en rien de la création d’un corps au sens statutaire du terme. Il s’agit plus d’une « fonction », au sens de la « fonction garde-côtes » française. Surtout, il faudra observer comment la nouvelle Agence va opérer en mer, principalement en mer Méditerranée où les arrivées massives se poursuivent en raison de conditions météorologiques favorables. A titre d’exemple, plus de 5 600 migrants ont été secourus le lundi 3 octobre au large de la Libye, l’un des chiffres les plus élevés depuis le début de l’année.

EURONAVAL : vitrine mondiale de l’industrie navale de défense.

Tous les deux ans se tient au parc des expositions de Paris-Le Bourget le salon EURONAVAL, cette année du 17 au 21 octobre. Cette 25ème édition a rassemblé près de 400 exposants en provenance 34 pays, ces derniers représentant 56% des participants, proportion en constante augmentations. Environ 25.000 visiteurs professionnels ont été enregistrés, en présence de 400 journalistes. Il s’agit d’un des plus importants salons pour l’industrie navale de défense en raison de son ancienneté (créé en 1968), du caractère exclusivement naval de la manifestation et du poids de l’industrie navale française de défense. Un constat général : la construction navale militaire se porte plutôt bien, stimulée par les tensions internationales (Mer de Chine méridionale, golfe d’Aden, montée en puissance de la Russie, de la Chine et de l’Inde), de la maritimisation des échanges internationaux, du terrorisme et des activités illicites en mer. Les livraisons de navires militaires neufs représentent un chiffre d’affaires annuel de 40 milliards de dollars, dont 12 milliards de dollars pour les commandes auprès des entreprises françaises. L’industrie française dispose d’un atout déterminant avec sa capacité de fabriquer les navires et de les doter d’équipements de haute technologie. Elle bénéficie également de l’expérience de la marine nationale et de sa bonne réputation opérationnelle qui permet aux matériels français d’avoir le label de « sea proven » et même pour certains le label « combat proven » aussi.

EURONAVAL a été l’occasion pour DCNS de dévoiler le design avant-gardiste de sa future frégate de 4.000 tonnes, jusqu’à présent désignée par la locution (pas très heureuse) de « frégate de taille intermédiaire » (FTI), appelée désormais Belh@rra, en référence à la célèbre vague basque et avec un @ pour souligner le caractère « connecté » de ce navire qui devrait rentrer en service à partir de 2023 dans la marine française et sur lequel DCNS fonde de grands espoirs à l’exportation.

Le gisement pétrolier offshore de Kashagan en mer Caspienne entre en production.

Après un faux départ en 2013, le gisement géant de Kashagan, découvert en 2000 au Kazakhstan est entré en production le 23 octobre. C’est l’une des plus grandes découvertes pétrolières de ces quarante dernières années, que les spécialistes appellent un champ « super géant ». Il représente un enjeu stratégique  majeur pour les compagnies pétrolières qui le développent et l’exploitent, et pour le Kazakhstan en tant que pays producteur, mais aussi en terme d’impact sur la production pétrolière mondiale. Ce champ est exploité par un consortium pétrolier comprenant la société pétrolière d’État du Kazakhstan, avec notamment ExxonMobil, Shell, le groupe français Total, l’italien ENI, le japonais JSC. Son entrée en production, avec un niveau envisagé de 370 000 barils par jour d’ici la fin 2017 n’est que le début, car il y aura ensuite d’autres phases de développement. C’est un gisement d’une taille considérable qui entre en production au Kazakhstan après quinze années difficiles de recherches et de travaux (profondeur de près de 5.000 mètres à 75 kilomètres de la côte, forte teneur en soufre, structure géologique complexe) qui ont engendré de nombreuses polémiques dans l’industrie pétrolière. Le projet a coûté 50 milliards d’euros, soit cinq fois plus que prévu, et il entre en production au moment où le prix du baril est bas. La rentabilité de Kashagan devra être observée attentivement par le monde pétrolier.

L’actualité dans les medias du Maghreb – octobre 2016

morocco

Si ce mois-ci l’accord qualifié « d’historique » intervenu au sein de l’OPEP pour réduire la production afin d’enrayer la baisse des cours des hydrocarbures retient l’attention des media dans les trois pays du Maghreb central, les préoccupations de chacun d’eux, vues au travers des media examinés, sont différentes.

Domestiques en Tunisie, elles y sont centrées principalement sur la situation critique de l’économie, telle qu’elle apparait au travers du rapport annuel de la Banque Mondiale et des prévisions du FMI. A ce sujet de fortes attentes se manifestent à l’égard du gouvernement d’union nationale. Un autre sujet d’inquiétude faisant l’objet de développements dans la presse tunisienne est celui du probable retour au pays d’un nombre important de djihadistes parmi les 3000 à 6000 partis en Syrie, compte tenu du rétrécissement du territoire controlé par Daech. La perspective d’un tel retour rend indispensable la mise sur pieds d’un dispositif carcéral adapté pour éviter le prosélytisme en prison. L’expérience française dans ce domaine est observée avec intérêt. Enfin, autre préoccupation apparaissant dans un intéressant article, la crise de l’eau qui menace le pays : « nous ne connaissons la valeur de l’eau que lorsque le puits est à sec ».

Au Maroc, c’est la lutte antiterroriste qui fait l’objet de longs développements. Ainsi, dans l’Economiste, Jawad Kerdoudi analyse les aspects traitant de ce sujet dans le discours du roi Mohamed VI du 20 aoùt, discours dans lequel le roi condamne fermement le fanatisme religieux et qualifie l’assassinat du père Hamel dans son église de « folie meurtrière » De son côté,Abdelhalk Khiame, Directeur du Bureau Central d’Investigation Judiciaire, décrit dans une interview à l’Opinion.ma les mesures prises pour lutter contre le terrorisme : « la stratégie marocaine de lutte antiterroriste est le fruit d’un long processus entamé après les attentats de Casablanca de 2003 ».

En Algérie, pays relativement épargné par le terrorisme djihadiste et d’ou seulement 200 jeunes seraient partis pour le djihad, les media se focalisent plus sur les aspects internationaux et suivent la situation au Mali ou les propositions d’aide russe sont présentées comme autant d’échecs pour la France, en Syrie présentée dans le Matin comme « enjeu régional pour les grandes puissances », et en Libye ou là encore l’échec de la tentative française de réunion internationale à Paris est souligné.