Vers une nouvelle ère glaciaire ? Le durcissement de la compétition militaire dans l’espace maritime

Retrouvez l’article de François-Olivier Corman, Capitaine de corvette, auditeur de la 27e promotion de l’École de Guerre, qui a été publié dans la Revue de Défense Nationale n° 830 en Mai 2020.

 

Le temps change. L’anticyclone des dividendes de la paix s’éloigne et l’horizon se charge progressivement de nuages sombres : le délitement accéléré de l’ordre international, l’affirmation de souverainetés désinhibées et l’obscurcissement des espaces informationnels sont l’écume d’un accroissement des rapports de force qui se cristallise notamment dans les espaces libres, où les frontières sont difficiles à surveiller et la réglementation difficile à appliquer – quand elle existe.

Sur l’échiquier des mers du monde apparaissent des stratégies de « pat » (1) qui frisent le point de rupture en nous privant de réponse légale. Des puissances conquérantes se risquent aux jeux de l’hybridité, du fait accompli ou de l’ambiguïté en pariant qu’aucun acteur n’osera risquer un conflit des grandes puissances sur de petits enjeux. En parallèle, les espaces maritimes se militarisent massivement, accroissant directement les risques d’escalade. Dans ce contexte, l’éventualité du combat naval redevient plausible (2).

Dès lors, comment faire face au raidissement des postures navales et au durcissement de la compétition en mer ? Comme l’équipage d’un navire qui s’apprête à appareiller procède à une « ronde d’arrimage », il convient de prendre conscience du retour possible de la conflictualité ouverte dans les espaces maritimes avant d’imaginer les perspectives qui nous permettront, demain, de gagner en mer.

 

Anticiper le retour du combat naval

Soyons lucides : les racines du durcissement de la compétition navale comme ses solutions sont avant tout politiques et stratégiques. Notre seul but est ici de nous concentrer sur la partie émergée de l’iceberg, c’est-à-dire ses manifestations tactiques et technologiques.

Dans le domaine technologique, si la France et ses alliés ont longtemps bénéficié d’un avantage qualitatif, voire quantitatif, sur leurs adversaires, la réduction de cette marge de supériorité impose de nous remettre en question pour éviter le déclassement.

Le retour des porte-avions, l’expansion qualitative des flottes sous-marines, l’irruption des missiles hypervéloces, la diversification des autodirecteurs et l’essor des capacités de guerre électronique, cyber, spatiales et d’intervention à grande profondeur rehaussent l’éventail des menaces et élargissent considérablement le champ des conflits possibles entre les puissances étatiques. Rappelons par exemple que plusieurs pays d’Afrique ou d’Asie disposent déjà de sous-marins équipés de missiles de croisière (3). Et les exemples vieillissants de la guerre navale du Kippour en 1973 ou des Malouines en 1982 ont été ravivés par des affrontements interétatiques plus récents, comme la bataille des côtes d’Abkhazie en 2008 (4) ou le torpillage de la corvette sud-coréenne Cheonan en 2010.

En parallèle, la menace « désétatisée » ou « subétatique » connaît un développement sans précédent marqué par l’emploi d’armes nivelantes, telles que les mines ou les drones, et de capacités égalisatrices comme les missiles antinavires (5). Il suffit de se rappeler l’attentat contre l’USS Cole dans le port d’Aden en 2000, le tir d’un missile contre la corvette israélienne Hanit en 2006, la destruction d’un patrouilleur égyptien par un missile antichar au large du Sinaï en 2015 ou l’attaque de la frégate saoudienne Al Madinah par une vedette rapide télécommandée au large du Yémen en 2017 pour constater que le fossé de l’asymétrie se comble tandis que le nombre d’acteurs capables de nous porter des coups sévères ou de délégitimer notre action s’accroît.

Désormais, une marine peut être confrontée à la combinaison simultanée et saturante d’une menace conventionnelle à la pointe de la technologie sur le haut du spectre et d’une menace floue, innovante ou surprenante sur le bas du spectre, dans un contexte de stratégies d’influence et de désinformation renforcées par des tactiques de déni d’emploi de certaines de nos capacités : brouillage électromagnétique, attaque d’un satellite de communications, perte du GPS, etc. Dans ce contexte, les repères se brouillent, l’apparition de moyens inédits nous déstabilise et les statues de la stratégie navale vacillent sur leur piédestal. Mais si les moyens, les tactiques et les motivations, que Castex rassemblait sous le vocable de « procédés », peuvent s’avérer inédits, les principes fondamentaux des confrontations navales demeurent d’une étonnante actualité (6).

L’arraisonnement de trois navires de guerre ukrainiens qui tentaient de franchir le détroit de Kertch par les garde-côtes russes en novembre 2018 évoque celui du navire de renseignement USS Pueblo par des vedettes du régime de Pyongyang en 1968 alors qu’il patrouillait à proximité des eaux territoriales coréennes. De tels événements nous rappellent que la force peut l’emporter sur le droit et qu’un outil naval doit être suffisamment complet et crédible pour être dissuasif.

Le jeu du chat et de la souris autour de la frontière des 12 nautiques en mer de Chine méridionale rappelle les événements du golfe de Syrte en 1986, lorsque l’US Navy pénétrait la line of death revendiquée par la Libye du général Kadhafi. Ces exemples nous remémorent le fait que le droit international a toujours été fragile dans les espaces ouverts et qu’il doit être réaffirmé en permanence par une présence forte.

Les affrontements de flottilles de pêcheurs en mer de Chine (7) renvoient aux souvenirs de la guerre de la Morue entre la Grande-Bretagne et l’Islande ou de la guerre de la Langouste entre la France et le Brésil dans les années 1960-1970. Les ressources maritimes sont toujours une source de convoitise que les puissances souveraines doivent inlassablement protéger.

La résurgence de milices maritimes, de proxies ou de sociétés militaires privées rappelle le temps des corsaires malouins, de la compagnie des Indes ou des « gueux de mer » du Prince d’Orange (8). Ces acteurs tirent parti de l’ambiguïté de leur statut, des possibilités offertes par la révolution de l’information et des contradictions résultant de la mondialisation des économies et des sociétés pour agir de façon larvée sous le seuil d’attribution à une puissance étatique. Ils démontrent que la maîtrise de la mer, bien que relative, demeure nécessaire à l’exercice de la puissance et que l’étude de Corbett reste tout aussi indispensable que celle de Mahan (9).

Même la lutte pour les câbles sous-marins, que certains analystes semblent découvrir, n’est pas si nouvelle : en 1914, dès la déclaration de guerre, les cinq câbles allemands passant en Manche furent immédiatement coupés par les Anglais (10). Cet événement nous rappelle que la protection des lignes de communications, qu’elles soient commerciales ou numériques, requiert un effort de longue haleine qui s’appuie sur des moyens navals importants.

Si les principes fondamentaux de la guerre sur mer n’ont pas radicalement changé, il est toutefois possible que nos esprits occidentaux aveuglés par le mythe de la « paix perpétuelle » et convertis au rythme de l’instantanéité, peinent à comprendre que le combat naval de demain n’est qu’un retour au tragique de l’Histoire et à l’impitoyable dialectique de l’affrontement des volontés.

Mais ce reflux ne veut pas dire que nous ne serons pas surpris : en effet, notre deuxième aveuglement serait de croire que notre avance technologique et notre maîtrise de la guerre « infocentrée » nous mettront dorénavant à l’abri du brouillard de la guerre (11) tout en centralisant la prise de décision loin du fracas des armes. Ces concepts sont certes séduisants sur une diapositive PowerPoint, mais ils ne doivent pas nous faire oublier que la friction, la stupeur et le chaos sont des constantes immuables du combat.

Au fond, la guerre navale est déjà en train de resurgir, mais d’une manière sporadique, latente et diffuse qui en a pour l’instant atténué le retentissement et donc la prise de conscience. Cela étant, la prochaine perturbation ne sera pas forcément le gros temps que nous attendons, mais une menace plus insidieuse, car moins facilement prévisible et potentiellement plus létale. Un iceberg peut être plus fatal qu’une tempête.

Nous devons donc nous préparer à des engagements plus durs, car la guerre navale qui vient sera inévitablement aussi surprenante, rapide et destructrice qu’elle a pu l’être par le passé.

 

(Ré)apprendre à naviguer dans les glaces ?

Manoeuvrer dans un contexte de refroidissement des relations internationales et de durcissement du contexte naval peut à certains égards s’assimiler à la navigation dans les glaces, un savoir-faire complexe que la Marine nationale redécouvre depuis quelques années (12).

Un navire se prépare à la navigation polaire en vérifiant la solidité de sa coque, la fiabilité de sa propulsion et la résistance de ses équipements aux températures basses. De même, pour la Marine, il s’agit d’éveiller une créativité patinée de réalisme pour développer des systèmes d’armes qui soient aussi performants que robustes, ce dernier critère ayant eu parfois tendance à être oublié car moins attrayant, moins visible et souvent exigeant. Nous devons aussi rééquilibrer notre effort, hier porté en priorité sur les capacités défensives, afin de consolider les aptitudes offensives de nos unités (13), ce qui implique notamment de disposer de stocks de munitions suffisants (14) et d’équipages suffisamment nombreux (15). Nos unités doivent aussi disposer de la place disponible, de la puissance électrique, des capacités de stockage de données numériques et des débits de communication leur permettant de s’adapter aux évolutions rapides des engagements. Au-delà, c’est la question du format de notre Marine qui finira par se poser tôt ou tard.

La navigation polaire nécessite de rassembler les données cartographiques, océanographiques et météorologiques afin de connaître l’emplacement des zones libres de glaces ou de celles où la calotte polaire est praticable. Chaque unité de la Marine est une terminaison nerveuse de la fonction connaissance-anticipation en agissant dans la durée et souvent très en amont des crises. Nous devons donc continuer à muscler notre capacité de renseignement naval dans une logique interalliée, interarmées et interministérielle, en tirant parti des nouvelles technologies (16), car c’est dans le vivier des données que nous puiserons les clefs de compréhension des futures crises comme les modes d’action permettant d’y répondre.

Il faut ensuite tracer une route qui contourne la banquise pour privilégier les zones de faible épaisseur tout en conservant en mémoire que la situation des glaces évolue en permanence. Il s’agit de nous adapter à la tectonique des ambitions et des intérêts pour contourner les pôles de puissance et concentrer nos efforts sur des objectifs bien choisis où pourront s’appliquer les principes d’incertitude et de fulgurance chers à l’amiral Labouérie. Une telle approche requiert des moyens aptes à manoeuvrer dans tous les espaces sans exception, notamment le cyberespace, mais aussi les grands fonds marins (17) ou les zones polaires.

Avant d’aborder les glaces, il est préférable de disposer d’un brise-glace de forte puissance opérant à proximité. Toute unité de la Marine nationale qui intervient à une extrémité du monde est reliée de manière invisible au sous-marin nucléaire lanceur d’engins qui participe du fond des mers à la protection des intérêts vitaux de la France, comme elle est aussi reliée au diplomate représentant de la France au Conseil de sécurité de l’ONU, car la précision de l’effet tactique recherché dépend aussi de la légitimité de la stratégie dont il est l’expression finale.

Pour pénétrer dans les glaces, le mode de navigation idéal reste la navigation en convoi. Cette image traduit l’inlassable exigence de l’interopérabilité et l’inéluctable nécessité de faire émerger une culture stratégique commune entre alliés qui soit moins forgée par l’encre des traités que par les semaines passées bord à bord en mer, comme le groupe aéronaval français en donne un exemple stimulant à chacun de ses déploiements (18).

Avant de rejoindre les zones polaires, il est aussi nécessaire d’être prêt à l’isolement et à la coupure des moyens de communication (19) ou de positionnement (20) traditionnels. Nous devons réapprendre à combattre « dans le noir » (21), c’est-à-dire dans un environnement électromagnétique profondément dégradé, lorsque les informations sont rares, les conditions incertaines et l’ennemi bien plus habile que nous ne le souhaiterions. Cette contrainte résonne comme un appel à l’initiative et à l’autonomie décisionnelle, mais aussi à la résilience technique et aux modes de fonctionnement dégradés.

À l’entrée dans les glaces, il convient de trouver la bonne allure : une erre suffisante pour briser la glace, sans toutefois endommager la coque, le principe étant de conserver en permanence sa capacité de manoeuvre. Il nous faut disposer d’un large éventail de moyens d’action qui soient à la fois suffisamment complets pour pouvoir agir dans tous les domaines et réagir à tous les risques, et suffisamment variés pour en graduer les effets et couvrir tous les espaces de confrontation. À cet égard, le groupe aéronaval formé autour du porte-avions est probablement l’un des meilleurs exemples de capacité « différenciante » capable de porter la voix de la France et de « goûter la glace » (22) lorsque c’est nécessaire.

Si le bâtiment se retrouve pris dans les glaces, il ne faut jamais stopper pour éviter l’accumulation de glace autour de l’hélice ou du safran qui pourrait endommager sérieusement le navire, mais au contraire continuer à évoluer judicieusement pour éviter que la glace ne se fige, tout en recherchant des failles ou des zones plus fragiles. Cette image nous rappelle que l’initiative, l’audace et la ténacité resteront de puissants vecteurs de succès à l’ère de la prévention et de la maîtrise des risques. L’amiral Castex conseillait de « tendre constamment vers l’offensive, de toutes ses forces, en utilisant à fond tous ses moyens, et en travaillant sans relâche à acquérir ceux qui font défaut. » (23).

Une fois l’ensemble de ces principes respectés, le succès de la navigation polaire repose in fine sur la qualité des équipages et sur leur aptitude à s’adapter en permanence au mouvement des glaces pour ne jamais se retrouver pris au piège.

« L’histoire nous apprend que de bons marins sur de mauvais bateaux sont meilleurs que de mauvais marins sur de bons bateaux », analysait l’amiral Mahan. Nous devons toujours nous rappeler qu’une profusion de moyens et de performances technologiques ne saurait produire de justes effets sans les hommes aptes à les mettre en oeuvre avec enthousiasme et détermination.

Gagner au combat requiert en effet d’ajouter à la supériorité technologique une culture de l’initiative, de l’improvisation et de l’adaptation. Lors de la guerre du Vietnam, l’US Navy se rendit ainsi compte que ses F-4 Phantom II, alors les appareils les plus avancés au monde, abattaient deux fois moins de MiG que les F-8 Crusader dont les équipages, s’appuyant sur des équipements plus anciens et plus basiques, prenaient davantage de risques et concentraient tous leurs efforts sur le combat aérien rapproché (24). La création de Top Gun en 1969 eut pour objectif principal de conjuguer la haute technologie du F-4 à la culture et aux tactiques de la communauté du F-8. Les résultats au combat furent immédiats.

Demain, le défi sera encore et toujours de concilier le combat vu comme une science au combat vu comme un art, c’est-à-dire au fond de puiser aux deux sources de l’école matérielle et de l’école historique, pour produire des effets au service d’une stratégie capable de faire face à l’incertitude et à la volatilité des rapports de force en mer.

Seulement, comme le constatait Hervé Coutau-Bégarie : « Il n’y a plus de grandes synthèses stratégiques comparables aux “classiques”, de Mahan à Castex, alors que les recherches des historiens navals et les bouleversements techniques et politiques fondamentaux incitent à un réexamen des principes posés par eux (25). » C’est donc l’ensemble de la pensée navale qu’il s’agit de vivifier en tirant les enseignements de l’histoire à l’aune des nouvelles technologies.

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Puisque la conflictualité en mer demeure une « variable structurelle du monde » (26), nous devons renforcer notre posture matérielle et aiguiser notre posture intellectuelle, pour gagner à la fois en solidité et en agilité.

Il s’agit de mener à terme le plan Mercator (27) qui a fixé le cap pour affûter notre outil et en faire une marine « en pointe » s’appuyant sur un spectre de capacités renouvelées, et pour bâtir une Marine « de combat » apte à conserver sa liberté d’action dans le chaos de la guerre navale. Il faut aussi réfléchir dès à présent au plan qui devra lui succéder.

Il nous revient enfin d’y adjoindre une stratégie navale capable d’introduire l’action de l’intelligence dans un monde raidi par la violence afin de convertir la force en puissance (28). Pour dérouter l’adversaire, il faut en effet concilier l’ingéniosité d’Ulysse à la puissance d’Achille (29), ce qui nécessite surprise, inventivité et souplesse, mais aussi rigueur, résilience et capacité à agir dans tous les domaines.

L’étude de l’histoire navale peut contribuer à cette synthèse si on la considère moins comme un sujet d’intérêt ponctuel et pittoresque que comme « la gangue dont il faut extraire le pur métal » (30), puisqu’elle recèle de nombreux enseignements susceptibles de nous aider à comprendre et à gagner les combats navals de demain. C’est en conjuguant adroitement notre réflexion tactique et nos avancées technologiques sous l’égide d’une stratégie navale construite à la double lumière de l’histoire et d’une connaissance toujours plus approfondie de nos rivaux que nous pourrons faire face au retour du froid et « briser la glace » du durcissement de la compétition militaire en mer.

 

(1) Aux échecs, le « pat » est une position dans laquelle un camp ne peut plus jouer de coup légal sans mettre son propre roi en échec. Le « pat » met immédiatement fin à la partie (image utilisée notamment in Pierre Vandier : La Dissuasion au troisième âge nucléaire ; Éditions du Rocher, 2018).

(2) L’amiral Prazuck, chef d’état-major de la Marine affirmait à l’Assemblée nationale en juillet 2018 que « l’hypothèse tactique d’une confrontation de flottes en haute mer redevient une hypothèse réaliste ».

(3) La France détiendra cette capacité lorsque ses sous-marins Barracuda seront aptes à tirer le missile MdCN.

(4) Pendant la deuxième guerre d’Ossétie du Sud, la flotte de la mer Noire affirma avoir détruit deux patrouilleurs géorgiens à l’aide de missiles antinavires dans la nuit du 9 au 10 août 2008 (source : Le Figaro).

(5) Qui peuvent aujourd’hui être installés dans un container commercial de 20 ou 40 pieds mis en place sur un navire civil ou un train, comme le propose l’industriel russe Rosoboronexport avec ses missiles Klub-K.

(6) L’amiral Daveluy affirmait que « Sans doute, la marine actuelle n’a plus aucun rapport avec celle des flottes à voiles, mais l’objectif n’a pas changé. La seule différence consiste à résoudre avec des cuirassés et des torpilleurs le problème qui se posait autrefois avec des vaisseaux en bois ; les nécessités de la guerre sont restées les mêmes », in René Daveluy : Études sur la stratégie navale ; Berger-Levrault & Cie, 1905.

(7) Citons par exemple les démonstrations hostiles de pêcheurs chinois autour de l’île philippine de Pag-Asa en février 2019.

(8) En 1569, Guillaume de Nassau accorda des lettres de marque à une assemblée de capitaines prêts à servir la révolte hollandaise ; ils pillèrent la côte des Pays-Bas et entravèrent le commerce maritime des provinces espagnoles.

(9) Mahan est le théoricien de la bataille décisive quand Corbett privilégie la maîtrise des voies de communication.

(10) Il en fut de même lors de la guerre hispano-américaine avec les câbles reliant les États-Unis à Cuba, ou lors de l’affaire de Lissa avec les câbles reliant cette île à celle de Lésina, in Amiral Raoul Castex : Théories stratégiques, tome IV ; Économica, 1997.

(11) Voir le livre de l’amiral Bill Owens : Lifting the fog of war ; Johns Hopkins University Press, 2001.

(12) Principalement grâce à la mise en service du navire polaire Astrolabe en 2017 et à l’expédition du Rhône à travers le passage du Nord-Est en 2018.

(13) À ce sujet, voir Thibault Lavernhe : « Le retour du combat naval et le problème de l’engagement en premier », DSI hors-série n° 67, août-septembre 2019.

(14) L’amiral Prazuck, CEMM, affirmait à l’Assemblée nationale en octobre 2019 : « Pendant dix ans, chaque fois qu’il a fallu rogner quelque part, on l’a fait sur les munitions, et aujourd’hui le niveau des stocks est trop bas. La loi de programmation militaire doit nous permettre de revenir à ce qu’on a toujours estimé comme étant le stock minimum de référence. »

(15) C’est la raison pour laquelle les futures frégates FDI, bien que d’un tonnage plus réduit, disposeront par exemple d’un équipage plus nombreux que celui des Fremm.

(16) Notamment les lieux communs que sont le Big Data et l’intelligence artificielle, mais aussi des technologies déjà éprouvées comme la Blockchain.

(17) Où se déroule la Seabed Warfare, c’est-à-dire les opérations menées à grande profondeur, par exemple sur des câbles sous-marins.

(18) Lors de la mission « FOCH » qui s’est déroulée en début d’année 2020, le groupe aéronaval français a ainsi intégré à son escorte des bâtiments américains, britanniques, italiens, danois, grecs, etc.

(19) Par exemple, la couverture satellitaire du système de communication Inmarsat n’inclut pas les régions polaires.

(20) Le système GPS perd en précision dans les régions polaires d’où les satellites sont vus le plus souvent sous une élévation relativement faible.

(21) Lieutenant (J.G.) Daniel Stefanus, USN : « Embracing the Dark Battle » ; Proceedings, USNI, avril 2017.

(22) « Goûter la glace » est une technique de navigation polaire qui consiste à monter l’avant de coque sur les plaques de banquise afin de créer un passage pour espérer atteindre une zone d’eau libre de glace.

(23) Amiral Raoul Castex : Théories stratégiques, tome IV ; Économica, 1997.

(24) Commander Greg Malandrino, USN : « The importance of culture » ; Proceedings, USNI, septembre 2019.

(25) Hervé Coutau-Bégarie : Traité de stratégie (1991), 6e édition ; Économica, 1998.

(26) Joseph Henrotin : Les Fondements de la stratégie navale au XXIe siècle ; Économica, 2011.

(27) Le « Plan Mercator : projection vers 2030 » est le plan stratégique de la Marine nationale publié en 2018.

(28) « La stratégie convertit la force en puissance », in Hervé Coutau-Bégarie : Bréviaire stratégique ; Argos, 2013.

(29) Jean-Vincent Holeindre : La Ruse et la force, une autre histoire de la stratégie ; Perrin, 2017.

(30) Amiral Raoul Castex : La Manoeuvre de La Praya (16 avril 1781) : étude politique, stratégique et tactique ; Librairie Militaire Universelle L. Fournier, 1912.