Retour sur la première édition des RSMed

   

La Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES) a organisé les mardi 27 et mercredi 28 septembre 2022, au palais Neptune de Toulon, la première édition de son nouveau grand rendez-vous géopolitique annuel, les Rencontres stratégiques de la Méditerranée (RSMed)

La première journée, organisée en partenariat avec la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) s’est parfaitement déroulée selon le programme prévu par les équipes de la FMES et a déjà attiré plus de 1000 visiteurs. 

Le mardi, les RSMed ont débuté avec, à 9h00, un discours d’inauguration du vice-amiral d’escadre (2s) et directeur de l’institut FMES, Pascal Ausseur, qui a rappelé les enjeux d’un dialogue de fond et l’importance de la réflexion stratégique face à la fragmentation croissante du monde. Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique a pour sa part souligné « l’approche originale des RSMed par son brassage innovant d’idées », et a rappelé la nécessité de décentrer le regard, en tenant ces RSMed à Toulon, sur les rives de la Méditerranée. 

Le député Yannick Chenevard, représentant du Président de la Commission de Défense de l’Assemblée nationale, est revenu sur les grands défis stratégiques, et notamment l’importance de préparer l’avenir de l’armée, dans la durée, avec stabilité et persévérance. 

Mohamed Mahali, représentant de la Région Sud – Provence-Alpes-Côte d’Azur, a fait part du rôle ambitieux et volontariste de la Région dans l’économie de défense, tandis qu’Alice Guitton, Directrice de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie – DGRIS – au Ministère des Armées, a souligné la centralité de la Méditerranée dans les dynamiques géopolitiques actuelles : contestation de l’ordre international, retour de la guerre de haute intensité, guerre hybride … 

Enfin, l’amiral Gilles Boidevezi, Préfet maritime de la Méditerranée, Commandant en chef de la Méditerranée, a rappelé que l’objectif des RSMed est justement, par le dialogue, de dégager des pistes d’action afin de s’extraire des contraintes et aller vers un horizon meilleur. 

A 10h30, les trois premières tables-rondes, animées par de nombreux experts, hauts-gradés et représentants industriels, ont permis d’aborder des thématiques d’une actualité marquante : la guerre en Ukraine, l’évolution contemporaine du spatial (cloud et cyber), et les enjeux de défense liés à l’énergie, au climat et à l’environnement.  

Table ronde 1 : Après l’Ukraine ? 

Intervenants: Alexandra GOUJON, Université de Bourgogne ; Vincent BRETON, Centre interarmées de concepts, de doctrines et d’expérimentations ; Céline MARANGE de l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire ; modérateur : Patrick Lefebvre, de l’institut FMES.  

Retour sur une guerre imaginée comme une « guerre éclair » par la Russie suite à une mauvaise évaluation du niveau de ses forces, de l’adhésion de sa population et de la réaction de la communauté internationale. La Russie fait finalement face à plusieurs défis qui laissent suggérer différents scénarii pour la suite du conflit, exposés par le général Vincent Breton : 1) Un conflit qui s’enlise dans un rapport de force qui se perpétue (conflit « gelé ») ; 2) Un épuisement d’un des deux belligérants, dans le cas d’une réduction de l’aide occidentale à l’Ukraine par exemple, et donc la genèse d’une situation analogue à celle de la Crimée depuis 2014 ; 3) une révolution de palais à Moscou ; 4) une escalade et un conflit « ouvert » avec l’OTAN. Sans se prononcer sur le scénario le plus probable, le général de corps d’armée (2s) Patrick Lefebvre conclut en ouvrant la réflexion sur les conséquences directes, à savoir la prolifération de crises périphériques dans d’autres régions du monde, notamment liées à des questions économiques.  

De nombreuses questions ont été posées sur les ambitions profondes de Vladimir Poutine et les objectifs clairement visés par V. Zelensky à ce stade du conflit. Sur le premier point, Céline Marangé rappelle la triple impasse dans laquelle se trouve le président russe (militaire, économique et diplomatique),  et Alexandra Goujon présente en regard les objectifs du président ukrainien, justement tournés vers le maintien d’un soutien militaire et économique liés à un durcissement des sanctions à l’encontre de la Russie.  

En clôture de cette table ronde, le général Breton rappelle les 5 principaux enseignements de la guerre à ce stade : 

1/ La difficile compréhension des intentions des adversaires ; 

2/ Le retour de la guerre classique, territoriale, aux abords de l’Europe ; 

3/ L’affrontement des forces morales et des volontés ; 

4/ Le rôle important de la bataille de l’information, stratégique et décisive ; 

5/ Le retour de la grammaire nucléaire. 

Table ronde 2 : évolution contemporaine du spatial (cloud, cyber) 

Intervenants: Monsieur Xavier Pasco, FRS – Madame Isabelle Duvaux-Bechon, ESA 

Monsieur Mickael Ulvoa, Thales Group – GBA Thierry Blanc, Armée de l’Air et de l’Espace 

Dès l’introduction de cette table ronde, le sujet était posé : le postulat selon lequel un futur conflit de haute intensité débordera dans l’espace n’en est plus un, la question n’étant plus « si » mais plutôt « quand », et comment il sera appréhendé, comme le souligne le général Thierry Blanc. L’un des enjeux essentiel selon lui tient à la protection des satellites et à leur adaptation aux futures menaces, ce qui implique une collaboration renforcée avec les industriels de la défense mais aussi de nouveaux acteurs privés spécialisés dans l’industrie du « Newspace ». L’enjeux est de savoir préserver et maitriser les données au temps de la convergence entre les technologies spatiales et numériques. M. Ulvoa corrobore ces points tout en sensibilisant l’auditoire aux risques liés à l’utilisation de l’Open source, qui demeure techniquement liée à la vie d’un satellite. Dans ce contexte, le rôle et les missions de l’Agence spatiale européenne en deviennent définitivement stratégiques, dans sa capacité à répondre à un objectif de sécurité et de compétitivité en regard des autres grandes puissances, tant sur un plan civil que militaire comme le rappelle Mme Duvaux-Bechon.  

Alors que les technologies spatiales existaient pour elles-mêmes, on perçoit désormais l’espace comme une structure et les technologies comme des infrastructures sur lesquelles on va s’appuyer. Cela soulève, comme le rappelle M. Pasco, des sujets de financement, de gouvernance et même de gestion d’une ressource devenue presque rare dans un tel contexte : celle des fréquences, régie par l’Union internationale des télécommunications (UIT). 

Table ronde 3 : Energie, climat et environnement 

Intervenants: Nicolas Mazzuchi (CESM), Alexandra Nicolas (université de Tours/Minarm), Alexandre Taithe (FRS) et Luca Baccarini (IRIS) 

Difficile de ne pas ouvrir cette table ronde sans souligner le rôle indirectement joué par la guerre en Ukraine pour mettre en lumière les fragilités de l’espace méditerranéen dans son rapport à l’environnement et à la gestion de ses ressources naturelles. Ce territoire, longtemps perçu comme un lieu de transit, se positionne à la confluence d’enjeux énergétiques, alimentaires et climatiques qui font de lui un potentiel catalyseur de conflits (Luca Baccarini), autant qu’un « laboratoire du réchauffement climatique » (Alexandre Taithe). Sur ce dernier point, Alexandra Nicolas met clairement l’accent sur la surexploitation des ressources (hallieutiques, en eau, etc.) devenue critique pour le maintient de la sécurité alimentaire. L’instrumentalisation de ces questions par les puissances en vue d’élargir les revendications de territoires est également rappelée. Le cas de l’Egypte et de ses difficultés à préparer sa main d’œuvre aux défis climatiques à venir est longuement exposé par A. Taithe. 

La reconfiguration des enjeux gaziers est explicitée par Luca Baccharini, qui explique que nous sommes désormais face à « un axe diplomatique entre la Grèce, Israël, Chypre et l’Egypte pour exporter du gaz vers l’UE. ».  

En réponse à la question de Nicolas Mazzuchi, qui s’interroge sur un éventuel impact positif de la transition énergétique sur la région, les avis divergent. Le rapport à l’eau, ressource rare et pourtant encore très utilisée dans le déploiement des énergies renouvelables est notamment pointé du doigt.  

Au terme de cette table ronde, deux points ressortent en force : 

  1. L’adaptabilité des hommes à un contexte changeant (par l’innovation technologique, autant que par une évolution naturelle des modes d’action) 
  2. L’importance d’une gouvernance consolidée et d’un dialogue constant sur ces sujets clé. 

Dès 14h l’après-midi, notre premier grand témoin, monsieur Daniel Rondeau, nous a proposé un regard littéraire et chargé de références à l’Histoire afin de mieux mettre en perspective les enjeux contemporains. La disparition de Carthage, l’héritage culturel des traditions judéo-chrétiennes et notre rapport à la liberté, en France et en Europe, sont présentés comme autant de moyens de réfléchir aux limites et opportunités de la situation géopolitique actuelle. M. Rondeau expose ainsi que « la France et l’UE sont à un tournant décisif » et que l’histoire n’a pas fini de s’écrire. 

Un nouveau cycle de trois tables rondes a ensuite été lancé, avec la même affluence que le matin.  

Table ronde 4 : Drones : mécanisation et déshumanisation des systèmes d’armes 

Intervenants : Océane ZUBELDIA (IRSEM), Frederic COSTE (FRS), Lionel COLLOT (Thales) et Éric PAPIN (Naval Group) 

En ouverture de cette table ronde, la définition précise du drone a été rappelée. Cet engin, piloté seul et destiné à réaliser certaines missions, programmées ou en autonomie, n’en est qu’aux phases de tests, notamment dans certaines de ses versions militaires (drone sous-marin, de surface) mais dispose déjà de capacités opérationnelles reconnues, selon M. Papin. L’innovation majeure repose ici sur la disparition de l’exposition directe de l’homme dans la mission, ce qui soulève la question des moyens de remplacer / reproduire le travail des forces armées dans un drone. Le recours à l’intelligence artificielle est évoqué, sans nier les limites, notamment dans sa mise en application dans la version sous-marine des drones. 

Les défis techniques liés à l’utilisation des drones dans le domaine naval sont détaillés un peu plus par M . Collot. Ce dernier rappelle à quel point cette innovation se confronte à de nombreuses contraintes : compatibilité avec l’état de mer, étanchéité, maintien de la communication, etc. Les drones doivent aussi composer avec les autres matériels et modes opératoires pré-existants, qu’il s’agit d’adapter pour créer une meilleure interopérabilité de chacun. 

M. Coste rappelle que de tels défis sont moins prégnants, ou du moins déjà bien intégrés pour ce qui concerne les drones aériens, utilisés depuis longtemps sur des théâtres d’opération en Méditerranée et au Moyen-Orient. 

Le sujet des drones ne pouvait être abordé sans évoquer la perception qui en est faite par l’opinion publique qui, si elle est difficile à mesurer, soulève déjà des débats, notamment sur la légalité de frappes en territoires non-officiellement en guerre, ou encore les risques de déresponsabilisation du fait de la distance entre l’homme et la machine. Le drone est, comme le rappelle M. Coste, présenté déjà par certains comme « l’arme du lâche ». L’importance d’une sensibilisation à ce rapport quasi métaphysique entre l’homme et la machine, le sens de l’honneur et le maintien d’une nouvelle forme de sensibilité, éclairée, ont été clairement rappelés. Cette table ronde est conclue par Mme Zubeldia qui insiste sur l’importance d’éduquer à la confiance envers une nouvelle technologie devenue désormais inévitable, y compris au sein des forces d’action navales. 

Table ronde 5 : Rivalités de puissance : Chine, Russie, Union européenne, Etats-Unis  

Intervenants : Valérie Niquet, Fondation pour la recherche stratégique, pôle Asie ; Marie-France Chatin, RFI ; Maya Kandel, Sorbonne Nouvelle et Bruno Dupré, en poste à Bruxelles, service diplomatique européen (SEAE). 

Un sujet complexe est abordé dans cette table ronde, à un moment où les agendas de politique intérieure de la Chine et des Etats-Unis sont chargés, où la Russie s’enlise dans le conflit ukrainien (ce qui n’est pas sans gêner Pékin, comme le souligne Valérie Niquet) et alors que l’Union européenne « doit se réveiller du brouillard de la Paix » (B. Dupré) pour garder une place reconnue sur la scène internationale. 

Concernant l’Union européenne, l’unité affichée depuis les débuts du conflit ukrainien survivra-t-elle à l’hiver ? B. Dupré s’interroge à ce sujet, dans un contexte de crise (structurelle ?), alors qu’il pointe du doigt les insuffisances de l’Europe sociale. 

Au-delà de l’entente des pays membres, la question du rapport de force entre grandes puissances est rapidement replacée au cœur des échanges. Il y a d’abord la réaction des pays de la Méditerranée et du Moyen-Orient, peu impliqués dans le conflit ukrainien si ce n’est pour essayer de préserver leurs intérêts face aux conséquences de ce conflit. Cela incite l’Union européenne à repenser sa relation avec ces pays sous la forme de partenariats plus solides et non pas sous forme de simple tutelle. 

L’alliance entre la Chine et la Russie est ensuite perçue comme appelant une réponse claire de l’Europe. Les intervenants débattent sur la pertinence de considérer la Chine comme un rival systémique et de rompre totalement le dialogue avec la Russie. Finalement, les rapports entre la Chine et la Russie sont davantage présentés comme un partenariat moins engageant qu’une alliance, la Chine restant sur sa réserve quant à l’avenir de son voisin. V. Niquet énumère ici les problèmes domestiques aigus auxquels la Chine doit faire face : crise immobilière et sanitaire, population vieillissante, autant de freins à une alliance totale avec la Russie. 

Les Etats-Unis, quant à eux, proches des élections de mi-mandat, voient leurs rapports aux autres puissances questionnés par l’opinion publique interne selon Maya Kandel. En particulier, le soutien du pays à l’Ukraine dès 2014 et l’annexion de la Crimée n’est pas perçu toujours favorablement, dans un contexte post-Covid encore prégnant.  

La leçon semble ici clairement intégrée : la dépendance de l’UE envers la Russie pour ses ressources énergétiques, tant montrée du doigt par les Etats-Unis, ne doit pas se reproduire aux Etats-Unis par une dépendance envers la Chine sur un certain nombre de sujets économiques.  

Finalement, la discussion s’attarde sur la triple opportunité que représente le jeu actuel de puissances pour l’UE : 

  1. Mettre la naïveté de côté : le continent est en guerre, principalement systémique.  
  1. Préparer l’autonomie stratégique de l’UE : l’espace, les technologies, la sécurité maritime, etc. 
  1. Choisir ses interdépendances, autant que la Chine et les Etats-Unis. 

Table ronde 6 : déplacements et migrations : enjeux sécuritaires 

Intervenants : GB Cyrille Youchtchenko, adjoint OGZD Sud ; VA Giacinto SCIANDRA (Marine italienne) ; CA (2s) Jean-Michel MARTINET, ancien deputy commander operation Sophia ; Vincent COCHETEL (UNHCR) et Jean-Christophe MARTIN (Université Côte d’Azur / OS2MO) 

Parlant d’expérience, M. Martinet a introduit cette table ronde en évoquant les opérations Sophia et Irini menées par l’UE dans le cadre de sa gestion de la question migratoire en Méditerranée.  

Il distingue trois enjeux sécuritaires clés liés aux questions migratoires : 

  • Les réseaux criminels très structurés ; 
  • L’utilisation géopolitique du migrant comme une arme ; 
  • La déstabilisation des pays transitoires. 

Vincent Cochetel complète en revenant sur la terminologie du terme de migration, rappelant qu’une partie des mouvements migratoires sont légaux et encadrés. Dans le cas précis des « mouvements mixtes irréguliers », la composition démographique est ciblée et permet d’organiser la prise en charge : par une mutualisation des responsabilités à tous les niveaux (sauvetage en mer, accueil sur le sol européen) et le soutien aux pays de départ, tel que cela est mis en place entre l’Italie et la Libye, comme le rappelle le VA Sciandra. 

En conclusion, et dans une perspective de sécurité intérieure, le GB Cyrille Youchtchenko évoque les liens entre cette thématique et la lutte anti-terroriste française, en rappelant les 3 grands axes retenus par l’armée de Terre :   

1) action de prévention et d’influence ; 

2) solidarité stratégique avec les partenaires européens et de l’OTAN, notamment l’Espagne et l’Italie ;  

3) protection et résilience sur le territoire national (évolution de l’opération Sentinelle notamment). 

Conférence des chefs militaires

A 17h00, la conférence des chefs militaires, animée par le VAE (2s) Pascal Ausseur et réunissant le chef d’état-major de la Marine française Pierre Vandier et le chef d’état-major de la marine portugaises Henrique Gouveia E Meilo. Ce dernier a parlé des conséquences multiples des confrontations idéologiques en cours aux abords de la Méditerranée et de la confrontation de stratégies continentales et navales qui perdure. L’amiral Vandier intervient en rappelant les nombreux enjeux auxquels se confronte la Méditerranée, évoqués au cours de cette journée de rencontres et d’échanges : premier lieu de communication (14 cables sous-marins à Marseille), nombreux gisements gaziers, enjeux halieutiques et environnementaux majeurs, etc..

Dans un contexte rendant superflu toute prétention à se projeter sur un horizon de long terme, l’amiral Vandier propose trois moyens d’anticiper la défense et les attaques futures : 

  • Développer les coopérations et partenariats pour se connaitre et se comprendre et mettre nos moyens au service les uns des autres ; 
  • Anticiper et prévenir pour bien voir venir les nouveaux équilibres ;  
  • Dissuader le recours à la force, gagner la guerre avant la guerre. 

Avant de conclure avec cette citation de J. M. Keynes :  Ce qui se passe n’est pas l’inévitable mais l’imprévisible (ou « Be prepared for unprepared »). 

La deuxième journée des RSMed, mercredi 28 septembre, s’est ouverte sur le témoignage de Madame Véronique Roger Lacan, amabssadrice, représentante permantente de la France auprès de l’UNESCO.

Elle nous a livré un discours très vivant, basé sur ses expériences multiples au sein d’institutions internationales. Elle a rappelé le dessein fondamental de l’UNESCO, de “contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme”. Toutefois, elle estime qu’il est aujourd’hui nécessaire de remettre au centre de l’UNESCO et de sa communication les valeurs d’universalisme et du multilatéralisme, sans quoi l’institution faillit à ses missions.

Le reste de la matinée fut consacré à trois tables-rondes.

Table ronde 7: Quels défis pour le multilatéralisme en Méditerranée ? 

Intervenants : VAE (2S) Pascal Ausseur, directeur général de la FMES, GAA(2s) Jean-Paul Palomeros, ancien Commandant suprême allié Transformation (SACT, OTAN), VAE Hervé Bléjean, directeur général de l’état-major de l’Union européenne , Amiral Kamel Akrout, ancien conseiller du président tunisien; et Giovanni Romani, directeur de la section Moyen-Orient Afrique de l’OTAN.

Nos intervenants ont pu livrer leurs visions de l’état actuel des échanges et des coopérations entre les partenaires du bassin méditerranéen. Le contexte rendu difficile dans cette région par les tensions croissantes dans l’accaparement des ressources en hydrocarbures et par la déstabilisation de nombreux États du Maghreb et du Moyen-Orient ont poussé nos intervenants a formuler des propositions innovantes pour assurer la paix, la stabilité et la cohésion des partenaires méditerranéens.

Table ronde 8 : Les recompositions au Moyen-Orient

Intervenants : Pierre Razoux, directeur académique de la FMES, Agnès Levallois chercheure à la FRS et vice-présidente de l’IREMMO, Dorothée Schmid directrice du programme Turquie Moyen-Orient à l’IFRI et Emma Soubrier, chercheure à l’université Nice Côte d’Azur et non resident fellow à la World Peace Foundation, Tufts University.

La table-ronde sur les recompositions au Moyen-Orient a permis de revenir sur de nombreux enjeux : impacts de la guerre en Ukraine et posiitonnement des acteurs (Golfe, Israël, Turquie, Iran), hausse des tensions Grèce-Turquie, situation interne iranienne et ambitions stratégiques de Téhéran.

Table ronde 9 : Les enjeux de l’hypervélocité

Intervenants : Stéphane Delory (FRS), VAE (2S) Charles-Henri du Ché (Ariane Group), Laurent Duport (MBDA), Luc Dini (Thales)

Les intervenants, provenant des différentes industries de l’armement, ont tenu à expliquer ce que sont les missiles hypersoniques et quelles menaces et opportunités en découlent. Ces missiles balistiques sont caractérisés par une vitesse supérieure à mach5, une trajectoire essentiellement atmosphérique et manoeuvrabilité constante. Leurs intérêts se trouvent dans la capacité sans comparaison possible à pénétrer les systèmes ennemis. Aux industries alors de réussir à créer les défenses anti-hypersoniques capable de les intercepter mais aussi de développer les technologies pouvant alerter de leurs lancements et leurs trajectoires dans un labs de temps restreint. Les intervenants ont tenté de faire un inventaire des arsenaux dont disposent les états et dont la connaissance doit permettre de continuer à performer notre défense.

L’ensemble des tables rondes seront bientôt disponibles en vidéo sur Youtube. Vous pouvez également retrouver un live-tweet sur notre compte twitter @institutFMES.

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