“L’OTAN face aux défis et opportunités du bassin méditerranéen” – retour sur le colloque en ligne

Le 17 novembre 2020, l’institut FMES a organisé en partenariat avec la Division de Diplomatie Publique de l’OTAN le colloque “L’OTAN face aux défis et opportunités du bassin méditerranéen”, qui, au vu du contexte sanitaire, s’est transformé en une journée de conférences et d’interactions à suivre en ligne. Le live YouTube a débuté à 9h30 avec l’allocution introductive du vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, Directeur général de l’Institut, qui a dessiné le cadre stratégique actuel en Méditerranée, environnement particulièrement crisogène et désormais multipolaire, terrain d’affrontement des puissances aussi bien globales que régionales qui poursuivent leurs intérêts. Comment l’OTAN s’adapte-t-elle aux évolutions de la région afin d’aider à sa stabilisation ? Le contre-amiral Marc Aussedat, Commandant de la force aéromaritime de réaction rapide, a présenté le groupe aéronaval ainsi que sa contribution à l’OTAN par ses savoir-faire et sa polyvalence, insistant sur le besoin de développer une plus grande agilité face à l’hybridité des crises en Méditerranée.

Le contre-amiral Marc Aussedat et le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, Directeur général de l’institut FMES

La première table ronde intitulée “Les acteurs présents en Méditerranée” était animée par le professeur Walter Bruyère-Ostells, Directeur du Centre de Recherche CHERPA à Sciences Po Aix. Les intervenants ont traité et débattu des intérêts et problématiques des différents acteurs privés, étatiques, illicites et internationaux de l’espace Méditerranéen et de leur action dans cette zone. Il a notamment été question de la déstabilisation provoquée par les agissements de certains États en Méditerranée, mais aussi par la multiplication et l’intensification des acteurs et flux illicites (drogue, trafic d’armes, migrations…) qui cultivent leurs liens avec le terrorisme. Dans ce contexte de tensions internationales a été soulevée la problématique de sécurisation des campagnes d’exploration énergétiques en Méditerranée Orientale, et les stratégies d’atténuation des risques adoptées face au problème sécuritaire.

Le Commissaire général Duchesne et le professeur Walter Bruyère-Ostells sur la première table ronde

Alors que la Méditerranée concentre les crises et que les relations internationales évoluent, l’OTAN travaille à la coopération multinationale – sur les enjeux de circulation via sa politique maritime mais aussi sur les questions de sécurité et de stabilisation de la région par le dialogue ou les opérations militaires. Les évolutions de l’environnement stratégique poussent en outre l’Alliance à adapter ses stratégies, à travers une vision « OTAN 2030 » qui fixe des objectifs de développement de la force militaire, de renforcement technologique mais aussi d’adaptation politique de l’Alliance, afin d’être capable de proposer une gestion mondiale et une approche plus holistique des problématiques et des défis auxquels l’ensemble de ses membres sont confrontés.

Le live a repris en début d’après-midi avec la seconde table ronde ayant pour thème “Tensions et coopérations en Méditerranée”. Animée par Pierre Razoux, Directeur académique et de la recherche de l’institut FMES, cette table ronde a vu en premier lieu la présentation sous un angle juridique des enjeux de sécurité en Méditerranée centrale, et de l’action du Conseil de Sécurité de l’ONU qui met en place des mesures coercitives dérogatoires pour répondre à la criminalité maritime (trafic d’armes, de pétrole et de migrants). Les tensions politiques sur le pourtour méditerranéen ont également été présentées, et ce par une approche compréhensive des phénomènes socio-économiques et politiques actuels en Algérie et au Liban donnée par les professeurs Durampart et Aroufoune de l’Université de Toulon.

De gauche à droite : les professeurs Billel Aroufoune, Jean-Christophe Martin, Michel Durampart et Pierre Razoux sur la seconde table ronde

A aussi été abordée la mise en œuvre des missions de l’OTAN dans cette zone qui concentre de manière unique les crises et tensions, à travers la typologie des trois tâches stratégiques (« core tasks ») de l’OTAN : défense collective, gestion de crise et sécurité coopérative. Enfin, l’accent a été mis sur l’importance de la montée en puissance des partenariats et de la coopération pour améliorer la contribution de l’OTAN à la stabilité et à la sécurité en Méditerranée, l’OTAN souffrant d’une méconnaissance et d’une mauvaise image auprès des opinions publiques. Chloé Berger, du Collège de défense de l’OTAN, a en outre proposé de remodeler les partenariats existants en y intégrant de nouveaux États et en étendant le dialogue à la bande saharo-sahélienne.

Le Capitaine de Vaisseau Philippe Schegg, Pierre Razoux et Chloé Berger pendant les questions-réponses

Pour chaque table ronde la session de questions-réponses a vu la participation enthousiaste des auditeurs qui ont posé aux intervenants de nombreuses questions sur les dossiers actuels, les modes de fonctionnement de l’OTAN ou encore la place d’acteurs tels que l’Union Européenne, la Chine ou la Russie dans le jeu des puissances.

Cette journée de colloque s’est terminée par une interview du contre-amiral Jean-Emmanuel Roux de Luze, Adjoint au commandant de la zone maritime Méditerranée (que vous pourrez bientôt écouter sur notre podcast « La boussole stratégique »), et par un mot de clôture de notre directeur général Pascal Ausseur.

Le replay de cette journée de colloque est disponible sur YouTube, n’hésitez pas à aller visionner la vidéo :

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