L’intimidation militaire chinoise autour de Taïwan : une rupture du statu quo géopolitique ?

Arnaud Peyronnet

Membre associé FMES de l’Observatoire stratégique de la Méditerranée et du Moyen-Orient (OS2MO)

Résumé

En réaction à la visite à Taipei de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis (2 août 2022), la Chine a lancé la semaine suivante des exercices militaires majeurs dans six zones maritimes ceinturant l’île de Taïwan. Ces exercices sont inédits par les moyens employés (une quinzaine de bâtiments chinois et une soixantaine d’avions de combat évoluaient tous les jours dans le détroit de Taïwan), tandis que 11 missiles balistiques de type Dongfeng ont été tirés dont certains ont survolé Taiwan). Si Pékin a toujours continué d’affirmer que Taïwan faisait partie intégrante de la Chine et que la réunification était inéluctable, le gouvernement chinois n’a eu de cesse d’accroître son intimidation militaire sur Taipei.  Pour la Chine, ces exercices avaient aussi une vocation politique en montrant aux Etats-Unis que le coût d’une intervention américaine dans l’île serait extrêmement élevé. L’objectif final de Pékin pourrait être de rompre le statu quo géopolitique actuel et d’imposer une nouvelle réalité stratégique qui affaiblirait les velléités de défense américano-taïwanaises, rendant envisageable une offensive chinoise de grande ampleur. Pour faire face à ce défi, Taïwan mise sur la densification de la défense de son littoral, afin d’y établir un déni d’accès côtier, tandis que pour les Etats-Unis, l’enjeu consiste à être en mesure de déployer rapidement une masse suffisante d’armes et/ou de renforts. Cette nouvelle crise va très certainement accélérer le réarmement du Japon qui craint lui aussi de plus en plus les menaces chinoises sur les îles Senkaku.

La visite à Taipei le 2 août 2022 de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants du Congrès des États-Unis, a déclenché l’ire de Pékin vis-à-vis de Washington et de Taïwan.

Une nouvelle crise taïwanaise marquée par un regain d’intimidation militaire

Le régime chinois, qui avait menacé de réagir fermement à toute visite d’une autorité politique américaine dans l’île[1], a d’abord montré ses muscles en déployant 21 aéronefs de combat dans l’ADIZ[2] taïwanaise au moment même de l’atterrissage de l’avion officiel américain. Le ministère chinois de la Défense a par la suite indiqué qu’il allait organiser des exercices militaires majeurs à tirs réels dans six zones maritimes ceinturant l’île de Taïwan, à compter du 4 août 2022, afin de « défendre résolument la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et contrecarrer les ingérences extérieures et les tentatives séparatistes d’indépendance de Taïwan »[3]. Le quotidien Global Times, proche du pouvoir chinois, a même indiqué que cet exercice allait servir de répétition pour une réunification de l’île par la force, ces exercices devenant de facto une simulation de blocus et d’invasion de Taïwan.

Or, s’il est vrai qu’une forte réaction chinoise était attendue, surtout dans le contexte du prochain 20ème Congrès du parti communiste chinois au cours duquel Xi Jinping souhaite voir son mandat renouvelé[4], l’ampleur de ces exercices est la plus importante depuis 1996, date de la dernière crise d’envergure dans le détroit de Taïwan. Il s’agit clairement d’une démonstration de force visant à intimider les Taïwanais et montrer à la communauté internationale la puissance de la nouvelle armée chinoise et sa volonté d’utiliser toutes les armes pour réunifier si nécessaire l’île avec le continent.

Ces exercices sont en effet inédits par les moyens employés. Ainsi, les deux porte-avions chinois, le Liaoning et le Shandong, qui avaient appareillé de leurs ports bases le 31 juillet, ont été impliqués afin de démontrer au monde la maîtrise de la capacité aéronavale par la Chine. Ils étaient accompagnés d’un navire d’assaut amphibie de type 75, d’au moins un croiseur de type 55 et de plusieurs frégates de type 54[5], certains bâtiments franchissant d’ailleurs la ligne médiane[6] avec Taïwan dès le 5 août. Une quinzaine de bâtiments chinois et une soixantaine d’avions de combat ont évolué tous les jours dans le détroit de Taïwan en franchissant délibérément la ligne médiane à plusieurs reprises. Les Chinois ont également mobilisé à cette occasion quelques ferrys civils qui pourraient servir de force d’appoint pour une invasion de l’île, en complément d’une force amphibie déployée au large de la côte de Fujian[7], montrant que les 160 km de détroit ne sont peut-être plus insurmontables pour une force d’invasion chinoise. Surtout, le 4 août 2022, la Chine a tiré 11 missiles balistiques de type Dongfeng dont quelques-uns ont survolé l’île de Taiwan avant de s’écraser dans la ZEE[8] japonaise, à l’Est de l’île, afin de démontrer les capacités de frappe de précision et de déni d’accès chinois. Des missiles balistiques hypersoniques DF-17 auraient été aussi déployés par la Chine sur son territoire faisant face à Taïwan[9]. Les intrusions dans l’ADIZ taïwanaise ont enfin atteint des niveaux inégalés avec 68 avions chinois détectés le 5 août dont 49 ayant franchi la ligne médiane[10]. Les six zones d’exercices promulguées autour de Taïwan ont bloqué certains accès à l’île, certaines manœuvres navales se déroulant à seulement 20 kilomètres des côtes taïwanaises[11], certaines zones réservées empiétant même les eaux territoriales de l’île[12] voire s’étendant dans la ZEE japonaise, déclenchant l’inquiétude de Tokyo[13]. Ces exercices de grande ampleur ont laissé craindre un simili-blocus obligeant Taïwan à interrompre des vols commerciaux et des transits de navires vers ses ports[14]. Cette situation a fait également resurgir de possibles tensions importantes sur le marché des semi-conducteurs dont Taipei est le principal pourvoyeur mondial. En complément de cette pression militaire, Pékin a aussi annoncé cibler économiquement l’île[15] afin de lui faire comprendre que le prix à payer sera très élevé si ses habitants persistaient à soutenir l’indépendance, dans un contexte de la prochaine élection présidentielle taïwanaise prévue en 2024.

La volonté chinoise de rompre progressivement le statu quo autour de Taïwan

La Chine a toujours affirmé que Taïwan faisait partie intégrante d’une seule Chine et que la réunification était inéluctable. En conséquence, Pékin a depuis longtemps cherché à isoler diplomatiquement Taïwan et à neutraliser ses forces armées par la démonstration régulière d’un rapport de force de plus en plus déséquilibré au détriment de Taipei. Ces dernières années, la Chine a d’ailleurs modernisé et accru ses forces stationnées sur le continent en face du détroit de Taïwan. Les exercices navals s’y sont multipliés, tandis que l’aviation chinoise effectuait de plus en plus souvent des exercices de raids à longue portée autour de l’île. La Chine a également insisté sur le fait que le détroit de Taïwan séparant l’île du continent faisait partie intégrante de ses eaux territoriales. Elle a ainsi régulièrement condamné tout passage de navire occidental dans ce détroit et y a déployé de façon pérenne des bâtiments. Cette pression régulière et croissante[16] avait pour but de faire la démonstration des capacités de projection chinoises, mais aussi de fragiliser la solidité de l’alliance américano-taïwanaise en imposant un rapport de forces de plus en plus défavorable à Taipei. Les récents exercices militaires chinois se sont inscrits dans cette tendance. Ils avaient pour objectifs de démontrer qu’un blocus militaire de l’île était possible en rompant le statu quo sur la ligne médiane, afin de rendre celle-ci caduque[17] et rendre l’accès à Taïwan potentiellement plus compliqué et plus risqué pour les Etats-Unis.

Ces exercices avaient donc aussi pour Pékin une vocation politique, visant à faire sortir les Etats-Unis de leur ambiguïté stratégique vis-à-vis de la question taïwanaise. Si la visite de Nancy Pelosi a fourni un prétexte à de telles manœuvres militaires, afin d’être en cohérence avec les menaces brandies par Pékin, le contexte de la crise ukrainienne était particulièrement propice pour tester les réactions américano-taïwanaises alors que les doutes sur la fiabilité de la réassurance américaine émergeaient de nouveau à Taipei[18]. La Chine semble avoir en effet observé de près les réactions américaines dans la crise ukrainienne afin d’en tirer des leçons pour son propre environnement. Washington s’est gardé d’intervenir frontalement contre la Russie, privilégiant le soutien massif en armes et équipements et cherchant à limiter les risques d’escalade et de co-belligérance vis-à-vis de Moscou, ce qui présente des similitudes avec le cas taïwanais. L’absence persistante de bâtiments occidentaux en mer Noire depuis le début du conflit a été parfaitement saisie par Pékin, qui souhaite s’en inspirer pour le détroit de Taïwan.

En effet, si les Etats-Unis sont tenus de soutenir Taïwan au travers du Taïwan Relations Act[19] voté par le Congrès en 1979 après la reconnaissance de la Chine populaire, les circonstances précises de sa mise en œuvre n’ont jamais été précisées. La Chine a sans doute cherché par les manœuvres militaires de l’été à montrer à Washington que le coût d’une intervention américaine serait extrêmement élevé, afin de vider de toute substance le Taïwan Relations Act. De plus, l’accélération de la pression mise par Pékin sur Taipei et Washington pourrait avoir également pour but de prendre de vitesse la constitution d’alliances régionales[20] sous égide américaine, créées in fine pour endiguer la Chine dans le Pacifique Ouest, afin de les fragiliser et les rendre inopérantes. Cette crise est en cela un défi pour l’élargissement régional de ces alliances et pour la stratégie Indopacifique américaine.

Conscients du danger d’escalade et du risque politique posé par Pékin, les Etats-Unis restent attentistes et ne veulent pas sortir du statu quo même si Nancy Pelosi a rappelé que « les Etats-Unis ne permettront pas à la Chine d’isoler Taïwan »[21]. Militairement, le dispositif naval américain n’aurait ainsi pas été étoffé, avec seulement quatre bâtiments américains déployés dans l’est de Taiwan dans des opérations de routine[22], dont le porte-avions Ronald Reagan et le navire amphibie Tripoli. Alors qu’en 1997 le déploiement de deux groupes aéronavals américains avait mis un terme à la pression militaire qu’exerçait la Chine sur l’île, Washington ne semble pas aujourd’hui vouloir relever le défi chinois, celui-ci demandant cette fois des moyens assurément plus conséquents. La volonté américaine de poursuivre les transits de navires militaires dans le détroit de Taïwan a toutefois été rappelé[23] et confirme cette stratégie américaine du statu quo. D’ailleurs, deux croiseurs américains ont transité dans ce détroit le 28 août 2022 afin de signifier l’attachement américain à la liberté de navigation et à sa doctrine d’un « Indopacifique libre et ouvert »[24].

Cette crise et la pression militaire que Pékin exerce autour de Taïwan risque toutefois de durer, l’île étant vitale tant pour les projets maritimes de Pékin[25] que pour la survie de sa politique de Chine unique. D’ailleurs, lors du Shangri-La Dialogue de juin 2022, le général Wei Fenghe, représentant de la Chine avait menacé : « si quiconque s’avise de séparer Taïwan de la Chine, l’armée chinoise n’hésitera pas à entamer une guerre, quoiqu’il en coûte »[26]. L’armée chinoise a d’ores et déjà annoncé que des exercices de plus en plus réguliers seraient désormais conduits dans le détroit de Taïwan, tandis que certains universitaires proches des milieux militaires chinois annoncent ouvertement que la stratégie chinoise est bien de rendre caduque la ligne médiane et d’empêcher toute intervention étrangère par le blocus et le contrôle du détroit de Bashi[27], à l’extrême Sud de Taïwan. L’objectif serait ainsi d’accroître progressivement la pression militaire sur Taïwan jusqu’au moment où les velléités de défense américano-taïwanaises seront amoindries, rendant une offensive de large envergure possible[28]. Et cette pression ne retombe pas comme en a témoigné le franchissement de la ligne médiane par 25 avions de combat chinois le 18 août 2022, six bâtiments militaires de la marine chinoise étant toujours en patrouille autour de l’île[29] ou les violations de l’espace aérien des îles Kinmen par des drones chinois[30]. L’armée taïwanaise s’y prépare et a lancé quant à elle une série d’exercices anti-débarquement, notamment à l’extrême Sud de l’île, appelés aussi à se répéter et s’intensifier dans les prochains mois[31]. Le gouvernement taïwanais a surtout décidé, suite à cette nouvelle crise, d’augmenter le budget de ses forces armées de près de 14% pour l’année à venir, avec une ligne de crédit supplémentaire dédiée à l’acquisition d’avions de chasse plus modernes[32]. Ces nouveaux aéronefs permettront aux pilotes taiwanais de mieux faire face au harcèlement répétitif des aéronefs chinois qui use aujourd’hui progressivement les capacités des forces aériennes taïwanaises.

Des moyens de défense qui devront s’adapter à la nouvelle donne chinoise

Face à l’augmentation des possibilités de conflit dans le détroit de Taïwan, l’île sait depuis longtemps qu’elle doit moderniser ses forces afin de les rendre plus létales face à une force d’invasion chinoise. En 2014, Taïwan avait lancé un plan de modernisation de sa marine, envisageant la production locale de 4 destroyers, de 12 frégates et de 8 sous-marins afin de remplacer ses navires vieillissants. Sa marine a en outre développé de nouveaux concepts opérationnels, notamment la conduite de raids rapides sur des bâtiments ennemis présents dans les eaux taïwanaises. La marine taïwanaise a dès lors mis en service les premières unités d’un programme de 10 à 12 corvettes furtives, rapides et lourdement armées (16 missiles antinavires) devant être capables d’engager les forces amphibies et/ou aéronavales chinoises en usant de leur vitesse et de leur furtivité. Taïwan doit également acquérir une vingtaine de poseurs de mines (250 tonnes) dans une stratégie de déni d’accès.

Sa composante sous-marine est quant à elle dans un état particulièrement critique. Taïwan a donc annoncé vouloir construire ses propres sous-marins (programme Hai Lung II), au nombre de six, pour des livraisons devant s’étaler entre 2025 et 2030. Les États-Unis ont d’ailleurs accepté pour ce faire des transferts de technologie au profit de Taïwan, démontrant ainsi le soutien américain à la défense autonome de l’île, conformément au Taïwan Relations Act. Taïwan a également commandé 4 bâtiments amphibies afin que la marine soit en mesure de défendre, voire reprendre, les îlots taïwanais menacés tant ceux en limite de mer de Chine méridionale (Taiping Dao à 1500 km de l’île principale) que les plus proches du continent (Kinmen, Matsu, archipel de Penghu). Ces moyens navals, selon la doctrine opérationnelle taïwanaise en vigueur[33], doivent être capables d’infliger d’importants dommages à toute opération amphibie chinoise sur l’île, laissant ainsi le temps à la marine américaine de regrouper ses forces pour briser le blocus chinois et rétablir une supériorité aéronavale dans la zone. Dans ce contexte, la densification de la défense du littoral, afin d’y établir un déni d’accès côtier, devient impérative. Depuis les exercices chinois de l’été, les forces aériennes taïwanaises augmentent ainsi leurs entraînements aux missions antinavires.

Quant aux Etats-Unis, la masse et la rapidité de déploiement deviennent primordiaux dans ce genre de conflit, montrant tout l’intérêt des concepts de dual carrier operations voire de tri carrier operations qui seront mis en œuvre depuis l’est de Taïwan. De plus, l’emploi massif de sous-marins dans le détroit de Taïwan pour causer une attrition suffisante à la force d’invasion chinoise, sera sans doute privilégiée. L’utilisation d’essaims de drones contre une force d’invasion chinoise est enfin une piste de plus en plus étudiée pour contrer un rapport de forces de plus en plus défavorable à l’armée taïwanaise[34]. Le soutien matériel américain aux forces taïwanaises devrait également s’étoffer dans les mois à venir. D’ailleurs, Washington a annoncé le 2 septembre une nouvelle série de ventes d’armements à Taiwan pour un montant de 1,1 milliards de dollars, consistant en la livraison de 60 missiles antinavires de type Harpoon, de 100 missiles air-air et la maintenance des systèmes de détection radar de l’île[35].

Le Japon, pour sa part, a décidé d’augmenter ses capacités de contre-attaque en souhaitant augmenter la portée de certains de ses missiles antinavires[36] jusqu’à 1 000 voire 1 500 km, en limite des côtes chinoises. Cette nouvelle décision s’inscrit dans le vaste mouvement de réarmement du Japon en matière navale. En effet, comme le Japon a également constaté une intensification de l’activité militaire chinoise et russe dans ses approches ces dernières années[37], Tokyo a entrepris depuis 2016 un vaste effort de modernisation de ses forces avec un programme de construction de 19 sous-marins à vocation océanique, de 22 frégates modernes et d’achat de 138 appareils de type F-35. En outre, un effort particulier a été mis dans le domaine de la lutte antinavires[38]. Ce réarmement, à l’instar de la transformation des porte-aéronefs de type Izumo en bâtiments capables à terme d’embarquer des appareils de type F-35, devrait s’accélérer suite à cette nouvelle crise taïwanaise. D’ailleurs, le parti au pouvoir souhaiterait doubler le budget de la défense nippon en le faisant passer de 1 à 2% du PIB dans les années à venir, ce qui confirmera Tokyo dans sa position d’allié indéfectible de Washington et des autres pays du Quad. De fait, la menace chinoise dans l’Ouest du Pacifique, au lieu de fragiliser les alliances existantes, pourrait au contraire conduire à les renforcer, au même titre que ce qui est constaté en Europe avec le regain de vitalité de l’OTAN suite à l’invasion de l’Ukraine par Moscou.

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La stratégie testée par la Chine contre Taïwan à l’été 2022 pourrait rapidement imposer le scénario d’un fait accompli difficilement réversible au plan international en cas de conflit ouvert. Les réponses nécessaires font la part belle à la rapidité de réaction, qui doit être nécessairement massive, aux batteries côtières de missiles antinavires et aux drones, utilisés tant à des fins de ciblage que de saturation des défenses adverses. Cette crise dans le Pacifique va contribuer à l’accélération du réarmement des pays de la région et sans doute amplifier les demandes des militaires américains pour un accroissement encore plus substantiel de leurs moyens dans l’Indopacifique, sans doute au détriment du théâtre européen dont la défense des zones contestées devra reposer à l’avenir davantage sur les capacités européennes.

INTIMIDATION CHINOISE AUTOUR DE TAÏWAN (ETE 2022)« 
Carte par CIGeography / Louis Martin-Vézian 2022; modifications par Arnaud Peyronnet » 



[1] La dernière datant de 1997 avec la visite de Newt Gringrich, alors Président de la Chambre des Représentants.

[2] Air Defense Identification Zone.

[3] Porte-parole de l’armée chinoise, in Opex360, 03/08/2022.

[4] Le Figaro, 03/08/2022.

[5] Opex360, 02/09/2022.

[6] La ligne médiane est la ligne de démarcation informelle entre les deux pays. Pékin, qui ne reconnaît pas l’indépendance de Taïwan, ne reconnaît pas cette ligne.

[7] Naval news, 04/08/2022.

[8] Zone Economique Exclusive.

[9] Defence blog, 04/08/2022.

[10] Reuters, 02/08/2022 ; Le précédent « record » détecté d’avions chinois pénétrant dans l’ADIZ chinoise datait d’octobre 2021 avec 56 avions. The Aviationist, 06/08/2022.

[11] Selon le gouvernement taïwanais, jamais des bâtiments militaires chinois ne s’étaient approchés si près de la côte taïwanaise.

[12] Selon le porte-parole du ministère taïwanais de la Défense.

[13] La Chine, dans cette manœuvre, pourrait d’ailleurs rechercher la neutralité du Japon (qui abrite plusieurs bases américaines) dans la question taïwanaise…De son côté, Tokyo craint de plus en plus une offensive chinoise combinée sur Taïwan et les îles Senkaku en cas de guerre ouverte.

[14] Le Bureau maritime et portuaire de Taïwan a mis en garde les navires passant dans cette zone et plusieurs compagnies aériennes internationales ont indiqué qu’elles avaient modifié leurs vols pour éviter l’espace aérien autour de l’île. Le Figaro, 05/08/2022.

[15] Interdiction d’importer des produits agricoles et alimentaires taïwanais, interdiction d’exporter le sable servant au silicium et base de l’industrie électronique taïwanaise.

[16] A titre d’exemple, si 380 incursions d’avions militaires chinois dans l’ADIZ taïwanaise avaient été comptabilisées en 2020, elles étaient au nombre de 950 en 2021, un chiffre en constante augmentation. Le Figaro, 25/08/2022.

[17] Cette stratégie chinoise ayant pour objectif de saturer les moyens de Taïpei et donc faciliter l’exercice d’un blocus. Reuters, 26/08/2022.

[18] Dans l’opinion publique taïwanaise, la confiance en une intervention américaine pour contrer une invasion chinoise s’élevait à 34,5% en mars 2022, après le début des hostilités en Ukraine, alors qu’elle était de 65 % en novembre 2021. Areion news, 11/07/2022.

[19] Le Taïwan Relations Act ne garantit pas une intervention militaire des États-Unis en faveur de Taïwan si elle est attaquée par la Chine, mais dispose que « les États-Unis mettront à la disposition de Taïwan les moyens et services de défense en quantité nécessaire pour lui permettre de maintenir une capacité d’autodéfense suffisante ». Le Figaro, 05/08/2022.

[20] AUKUS (Australie Royaume-Uni, Etats-Unis), Quad (États-Unis, Japon, Australie, Inde).

[21] Les Echos, 04/08/2022.

[22] Reuters, 02/08/2022.

[23] Washington Times, 09/08/2022. Les transits militaires américains dans le détroit de Taïwan sont en moyenne mensuels depuis 2018.

[24] USNI, 29/08/2022.

[25] Taïwan interdit à la Chine l’accès direct au Pacifique, un espace vital tant pour le déploiement de ses forces navales et de ses sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (depuis leur base de Haïnan) que pour accéder à l’océan mondial.

[26] Le Figaro, 05/08/2022.

[27] Situé entre Taïwan et les Philippines, ce détroit est considéré comme stratégique par Pékin par l’accès procuré au Pacifique. Washington Post, 10/08/2022.

[28] Ibid.

[29] Naval Technology, 19/08/2022.

[30] Un drone chinois a même été abattu par la défense aérienne taïwanaise fin août dans cette zone. L’Indépendant, 01/09/2022.

[31] Opex 360, 08/08/2022.

[32] Le Figaro, 25/08/2022.

[33] Stratégie du Porc-épic ou Overall Defense Concept.

[34] Selon plusieurs wargames effectués aux Etats-Unis, les forces américaines auraient de 7 à 10 jours seulement pour contrer une invasion chinoise. Passé ce délai, ils seraient obligés de se soumettre au fait accompli chinois à moins d’accepter des pertes très significatives (un groupe aéronaval, plusieurs centaines d’aéronefs, plus d’une douzaine de bâtiments de 1er rang détruits dans les combats). Asia Times, 23/05/2022 et Military Times, 12/08/2022.

[35] Le Figaro, 02/09/2022.

[36] Missiles de type 12, mis en service en 2015, utilisés pour la défense côtière, notamment dans le Sud du Japon. A terme, les bâtiments de la marine japonaise et ses aéronefs de type F-15J pourraient en être aussi équipés. Opex 360, 21/08/2022.

[37] D’ailleurs en juin 2022, plusieurs navires chinois et russes avaient d’ailleurs été détectés autour de l’archipel et ce alors que les vols à long rayon d’action chinois et russes se multiplient dans cette zone.

[38] Volonté japonaise de se procurer des missiles LRASM (Long Range Anti Ship Missile) auprès de Washington afin de pouvoir frapper en stand off toute force d’invasion chinoise vers les îles Senkaku. Ibid.

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