Le marché des frégates en plein essor

Le hors-série Navires militaires fait le point, comme chaque année, sur les activités de la marine française et des principales flottes internationales, ainsi que sur l’actualité des chantiers français spécialisés dans la navale de défense. Questionné sur le rôle des frégates comme outil privilégié au sein des marines, Pascal Ausseur résume en ces termes “c’est un garde du corps qui a une capacité de tireur d’élite et qui peut rester longtemps loin de sa base.”

Le marché mondial des frégates connaît une effervescence ces dernières années et la tendance est prévue à la hausse pour la décennie à venir.

Selon la société d’analyses Globaldata, 207 frégates (navires entre 2 000 et 9 000 tonnes) doivent entrer en service entre 2019 et 2029. « Alors que le porte-avions sera le segment à la croissance la plus rapide, les frégates seront les plus importantes en termes de dépenses réelles, en raison de leurs capacités multitâches. Elles représenteront 32,7 % des investissements mondiaux sur le marché d’ici à 2031 », déclare Chandan Nayak, expert défense de Globaldata. Dans ce contexte de tension mondiale, la frégate semble donc être un outil privilégié par plusieurs marines. « C’est un garde du corps qui a une capacité de tireur d’élite et qui peut rester longtemps loin de sa base », résume l’amiral Pascal Ausseur, directeur général de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES). La frégate est à la fois apte à protéger des unités dites précieuses (porte-avions, porte hélicoptères, convois) et à effectuer des missions offensives (destruction de navire, frappe à terre).

Un marché à 34 milliards de dollars

« Les chantiers européens sont globalement bien placés sur ce créneau, mais la Chine, avec des coûts de production bien inférieurs, commence à poser ses jalons, notamment en Asie du sud, au moins pour des produits moins technologiques », constate Boris Fedorowsky, conseiller technique auprès du Gican.
La frégate est un navire cher, de par sa taille et sa complexité : si entre 2015 et 2019, plus de corvettes et d’OPV (patrouilleurs hauturiers) ont été construits, le marché de la frégate a pesé le plus lourd, tous types de navires confondus, à 34 milliards de dollars, devant les porte-avions, indique une étude faite avec le Gican pour le salon Euronaval 2020. « La tendance est de proposer de plus en plus des produits modulaires, comme avec le module mât intégré des FDI françaises, pour répondre aux diversités des fonctions », précise Boris Fedorowsky.

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