Lancement de la 1ère Session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. Une première qui ouvre de très belles perspectives !

Le contexte n’est pas favorable aux rencontres ! C’est le moins que l’on puisse dire à l’heure où les maîtres mots sont presque partout en Europe et dans le monde le couvre-feu ou le confinement. C’est sans doute l’un des effets les plus dévastateurs de la crise du COVID 19 dans le champ des relations sociales. Chacun le vit plus ou moins bien au quotidien. Mais c’est aussi, il ne faut pas en sous-estimer la portée, une vraie difficulté dans le champ des relations internationales. Or ces relations sont plus que jamais nécessaires dans un monde agité où même les plus grandes démocraties vacillent. Il faut donc débattre. Il faut échanger. Il faut savoir écouter et entendre les autres. Car en effet, rien ne remplace jamais les échanges réalisés autour d’une table où chacun peut observer attentivement la réaction de ses interlocuteurs en se parlant « droit dans les yeux ». Dans un monde où les relations sont tendues, toute démarche privilégiant le débat et la concertation est donc la bienvenue, et par défaut, les alternatives qui le permettent doivent être recherchées.

C’est pour cette raison que l’institut FMES a organisé, pour la première fois dans son histoire, une session de formation et d’échanges rassemblant des jeunes diplômés, civils et militaires, des pays du 5+5. Cette initiative avait été proposée lors du Sommet « des deux rives » organisé à Marseille en juin 2019. Elle a été immédiatement soutenue par le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et par la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Cette première « session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5 » est constituée d’un webinaire introductif qui a eu lieu le lundi 11 janvier qui sera suivi de deux séminaires d’une semaine, le premier sur la rive Nord en France et le Second au Sud en Mauritanie. La séquence présentielle sera réalisée dès que l’étau des contraintes sera desserré. 

Et ce fut une belle réussite ! Tous les pays ont présenté des auditeurs à l’exception, à ce stade, de l’Algérie. Au-delà du propos introductif du vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut, et de la présentation du programme de la session par son directeur le général de corps aérien Patrick Lefebvre, une intervention de monsieur Pierre Razoux, directeur académique et de la recherche de l’institut, a planté le décor. Il a tenu à décrire l’espace méditerranéen et le Moyen-Orient tel qu’il est et non pas tel que l’on voudrait qu’il soit. Un langage de vérité qui a ouvert l’espace aux questions. Les premiers débats, qui n’engageaient que les participants, ont illustré la variété des points de vue et l’intérêt de permettre des échanges, aussi contradictoires soient-il. Ces débats ouverts et informels favorisent une connaissance mutuelle et au-delà des différences, qui ont leur raison-d’être, l’identification des points de convergence pour ces dix pays confrontés à une réalité et à des défis communs (crise sanitaire, crise environnementale, radicalisme, migrations, terrorisme, jeux des puissances, …). C’est cette approche qui, associée à des rencontres, des visites et travaux en commun, créera dans la durée un réseau de jeunes responsables qui seront en mesure de mieux comprendre les différences et les proximités des citoyens de l’espace ouest-méditerranéen. Ce type de rencontre le permet et nous comptons bien l’installer dans la durée.

Ce webinaire introductif est donc la première étape d’un parcours qui désormais se dessine concrètement. En liaison directe avec les auditeurs, nous leur communiquerons le thème d’étude au début du mois d’avril. Ce thème sera donc celui de la 1ère session méditerranéenne des hautes études stratégiques en format 5+5. C’est une belle idée qui prend forme aujourd’hui ! Et comme l’écrirait Antoine de Saint-Exupéry : « qui suis-je si je ne participe pas ? ».