Guerre en Ukraine: le porte-avions Charles de Gaulle, pièce maîtresse de la dissuasion nucléaire française

Retrouvez l’article de Matthieu Dalaine paru le 1er mars 2022 dans Var Matin.

Alors que Vladimir Poutine a récemment brandi la menace nucléaire, la présence du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée orientale rappelle que la France dispose aussi d’atouts sérieux en la matière.

C’est le plus grand navire de surface de la Marine nationale. Basé à Toulon, le porte-avions Charles de Gaulle est aussi le seul à potentiellement embarquer l’arme nucléaire, capable d’être utilisée par ses avions Rafale [1] via des missiles air-sol de moyenne-portée (ASMPA).

La “bombe” se trouve-t-elle en ce moment même en Méditerranée orientale, à bord du “Charles-de-Gaulle” ? Comme toujours, les autorités militaires refusent de répondre, laissant volontiers planer le doute.

“C’est le principe des fameuses 42000 tonnes de diplomatie», explique l’amiral Pascal Ausseur, directeur de la Fondation méditerranéenne d’études stratégiques (FMES). Quand on déploie le porte-avions et son escorte, on envoie en même temps un signal politique fort“Attention, j’ai un outil militaire signifiant et efficace, mobile, prêt à agir.” Le groupe aéronaval peut passer instantanément de l’entraînement à l’opération militaire de haute intensité. En cela, la présence du Charles de Gaulle en Méditerranée orientale n’est pas anodine.”

Le PC de la force d’action navale nucléaire à Six-Fours

L’autre composante de la dissuasion nucléaire française – les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) – a un rôle différent. “Ils donnent à la France une capacité de frappe en second, expose Pascal Ausseur. Un SNLE tapis au fond de la mer – comme c’est le cas en permanence, quelque part sur le globe – est là pour dire : “Même si vous touchez mon territoire, j’ai des moyens de représailles hors de proportion qui sont sûrs de vous atteindre.”

A noter que la Force d’action navale nucléaire (FANu) articulée autour du porte-avions peut être commandée depuis un centre d’opérations implanté dans le fort de Six-Fours. Rappelons toutefois que l’arme nucléaire n’est officiellement jamais de passage sur le sol toulonnais, malgré la présence de la pyrotechnie, plus grand dépôt de munitions de la Marine nationale.

 

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