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EDITO LETTRE DE JUIN 2023

Une fois de plus, c’est la guerre en Ukraine qui a marqué le mois écoulé. Tout d’abord avec des opérations clandestines ukrainiennes dans de nombreux champs matériels et immatériels pour affaiblir l’effort logistique russe et porter atteinte à l’image du Kremlin, comme l’a rappelé notre conférencier du mois. Puis avec le déclenchement d’une contre-offensive ukrainienne dans le sud-est du pays, qui à ce stade teste le dispositif défensif russe à la recherche de points de faiblesse. Enfin avec la tentative de putsch d’Evguéni Prigojine contre son propre camp (23-25 juin) qui a donné lieu aux interprétations les plus variées. Il faudra sans doute attendre des années avant que l’on ne sache ce qu’il s’est exactement passé, mais à l’heure où sont écrites ces lignes, l’impression qui se dégage est que Prigojine n’ayant pas réussi à susciter le tsunami espéré a décidé de baisser les armes. Contrairement à l’avis général, il n’est pas sûr que Vladimir Poutine en sorte affaibli ; il est probable en revanche qu’il en sorte plus déterminé à régner par la terreur et à étouffer dans l’œuf toute tentative de renversement. Nul doute que le Kremlin a cherché ainsi à décourager le satrape tchétchène Ramzan Kadyrov, pompeusement promu maréchal l’année dernière, de suivre cette même voie.  

Ce n’est donc pas forcément une bonne nouvelle pour les Ukrainiens et les Occidentaux qui doivent désormais scruter avec beaucoup d’attention la frontière bélarusse où Prigojine et ses troupes sont censés s’être réfugiés. Plus qu’un risque sur la frontière lituanienne agité par les pays Baltes, c’est bien la présence de troupes d’assaut aguerries de Wagner à 150 kilomètres de Kiev qui inquiète Volodymir Zelensky. Prigojine finira-t-il assassiné comme Trotski le fut en son temps après avoir défié Staline ? Le haut commandement russe fera-t-il l’objet de purges, accusé de faiblesse ou d’attentisme ? Cela pourrait faciliter la contre-offensive ukrainienne qui sait pouvoir compter sur une stratégie logistique décentralisée, sujet de notre article du mois, très original, dont nous vous conseillons vivement la lecture.

Ce mois de juin a également été marqué par les conséquences de la normalisation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran sous l’égide de la Chine, dont nous pressentions les effets stabilisateurs dans nos éditoriaux précédents. Riyad et Téhéran ont réouvert leur ambassade et leurs consulats tout en envisageant des investissements énergétiques croisés ; la Jordanie et l’Egypte ont annoncé leur intention de normaliser leurs relations avec l’Iran ; les négociations progressent au Yémen et la situation s’est calmée en Irak. Cette vague de stabilisation au Moyen-Orient ne semble toutefois pas encore avoir atteint le Liban où l’énième round d’élection d’un nouveau président de la République s’est soldé par un échec. De leur côté, les Emirats Arabes Unis ont quitté la Force Maritime Combinée (CMF) basée à Bahreïn sous commandement américain, marquant par là même leur agacement à l’encontre des Etats-Unis et leur plus grande ouverture à l’approche sino-russo-iranienne cherchant à limiter la présence de l’US Navy dans le golfe Persique, même si Washington conserve d’importants moyens de rétorsions contre Abou Dhabi comme le démontre l’article de William Born. 

Les recompositions géopolitiques s’accélèrent donc, avec des aspects positifs mais également une fragilisation croissante de la position occidentale au Moyen-Orient et en Afrique que le sommet de Paris sur le pacte financier mondial n’a pas réussi à inverser. La devise de notre Institut « décrypter pour comprendre » conserve plus que jamais sa pertinence.  

A cet égard, nous sommes fiers d’annoncer que nous avons reçu une vingtaine d’ouvrages pour la première édition de notre prix FMES Géopolitique – nous remercions vivement les éditeurs et les auteurs qui ont accepté d’entrer dans la compétition – dont vous trouverez la liste jointe. Nous dévoilerons fin septembre la liste des 5 finalistes et l’heureux vainqueur sera annoncé lors de notre cocktail parisien du 16 novembre prochain, juste après la seconde édition de nos Rencontres Stratégiques de la Méditerranée (9-10 novembre) auxquelles vous pouvez dès à présent vous inscrire. Bel été en attendant ! 

L’équipe de direction de l’Institut 

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