Edito décembre 2021

Par l’équipe de direction de l’institut FMES

Le mois de décembre 2021 est propice aux synthèses géopolitiques. Nous vous suggérons de consulter les Perspectives stratégiques qui couvrent la période particulièrement riche du semestre écoulé.

En cette fin d’année 2021, les effets de la pandémie de coronavirus sur la géopolitique mondiale ressurgissent avec le variant Omicron qui continue sa fulgurante progression. Ils concrétisent, à leur manière, une forme de démondialisation où nous redécouvrons la perspective de fermeture des frontières et, en corollaire, un risque de raidissement dans les relations entre les États.

Sans doute faut-il s’attarder un instant sur les nouveaux équilibres qui se dessinent en Europe. Longtemps sensible aux relations du couple franco-britannique, l’Europe s’intéresse aujourd’hui à l’état de santé du couple franco-allemand. Le nouveau chancelier, Olaf Scholz  à la tête d’un gouvernement de coalition, a d’emblée souligné ses préférences. Bien que réputé pro-européen, les priorités semblent ailleurs. Le retour du leadership allemand est privilégié et toute forme de deal pour l’atteindre est encouragée. Notamment avec les États-Unis où certains axes de coopération accélèrent la fragilité des axes structurants européens tel que celui de l’Europe de la défense. Le sujet de l’immigration reste aussi un domaine clé dans une Allemagne vieillissante à la recherche d’une immigration choisie. Notons au passage que la Turquie est un pays courtisé par Berlin.

Tout près de nous, ne mésestimons pas les tensions aux portes de l’Ukraine où la Russie masse ses troupes. Finalement, après les désastres de l’URSS en Afghanistan et les plus récentes déconvenues en Géorgie en 2008, la Russie renoue avec les fondamentaux de la puissance. Elle l’a démontré en Syrie où, dans les domaines aérospatiaux et aéromaritimes, elle construit, pas à pas, des dénis d’accès rétablissant de fait un rapport de force qui lui est favorable.

À une distance raisonnable des frontières européennes, il faut sans doute s’appesantir un peu sur les enjeux de la bande sahélo-saharienne. Certains rappellent à juste titre que si on ne s’occupe pas de l’Afrique, l’Afrique s’occupera de nous. Le Sahel n’est pas l’Afghanistan. Une occasion de ne pas imiter le désastre du désengagement américain d’Afghanistan même si le Président Joe Biden a fait de son mieux au milieu des turbulences.

Dans l’espace méditerranéen, au Moyen-Orient et dans un Maghreb fragmenté, toutes les manœuvres s’exercent pour tenir son rang régional en ménageant parfois des partenaires incompatibles, fussent-ils Russes, Chinois ou Américains. La mise en concurrence des grands rivaux est désormais de mise avec quelques succès français comme celui de la vente des avions Rafale aux Émirats arabes unis. Enfin, n’oublions pas l’effet de l’élection iranienne de juin dernier sur l’équilibre régional. Rappelons également que les négociations en cours à Vienne sur le nucléaire iranien patinent.

Notons aussi la tenue du « Sommet des démocraties » organisé par le Président Joe Biden le 10 décembre dernier où ni la Turquie, ni la Tunisie n’étaient invitées.

Autant d’éléments qui confirment, s’il fallait en douter, que le Monde change et que la Méditerranée et le Moyen-Orient concentrent la plupart des facteurs géopolitiques qui le façonnent.

L’équipe de direction de l’institut FMES vous souhaite de belles fêtes de fin d’année.

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