Le Soudan, nouvelle porte d’entrée de la Russie vers l’Afrique et l’océan – Arnaud Peyronnet

La Russie, qui souhaite jouer un rôle de premier plan en mer Rouge et dans l’océan Indien, cherche à s’offrir au Soudan un point d’appui pérenne pour ses forces déployées tant en Afrique qu’en océan Indien. Cette nouvelle base lui permettra de rivaliser avec les autres puissances maritimes, tant régionales que mondiales, déjà présentes dans cette zone sous tension. Elle s’inscrit parfaitement dans les nouvelles ambitions russes vers son arc Sud, déjà constatées en Méditerranée depuis 2015, afin d’y contester tant la suprématie occidentale que les velléités chinoises. Côté soudanais, il n’est pas impossible que cette manœuvre vise à réengager le dialogue avec la nouvelle administration américaine.

Le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge voient passer 40 % du trafic maritime mondial dont 4 millions de barils de pétrole brut par jour[1]. Ce corridor maritime, déjà sujet d’actes de piraterie dans les années 2010, est désormais le théâtre d’incidents récurrents liés au conflit yéménite. En novembre et décembre 2020, plusieurs navires marchands au mouillage près de ports saoudiens de la mer Rouge ont connu des explosions suspectes[2]. En janvier 2018, le chef politique des houthis avait menacé de couper la circulation maritime en mer Rouge afin de contraindre la coalition arabe à lever son blocus des ports yéménites. Sous tension, cette région voit dès lors une implication navale régionale et internationale de plus en plus conséquente. Les pays de la coalition arabe sont présents (Arabie Saoudite, Egypte et Emirats Arabes Unis) tandis que des Etats asiatiques (Chine et Japon) y patrouillent régulièrement, que plusieurs puissances y disposent de bases militaires, à l’exemple des Etats-Unis et de la France, et que d’autres tentent d’en obtenir (Turquie et Ethiopie). Cette région est donc le théâtre d’un jeu complexe et renouvelé de puissances régionales ou internationales. Dans ce contexte, la Russie, qui souhaite aussi jouer un rôle de 1er plan dans cette région, a annoncé en novembre 2020 son intention d’ouvrir une base navale au Soudan afin de s’offrir un nouveau point d’appui pour ses forces armées, tant en Afrique qu’en océan Indien.

Nul doute que la Méditerranée a joué un rôle d’incubateur important dans cette quête de projection navale russe vers le Moyen-Orient et l’océan Indien, rendant dès lors plus aisé ce bond russe vers les mers chaudes. En effet, la Méditerranée orientale a été l’occasion pour la marine russe de démontrer, notamment vis à vis des États-Unis, son savoir-faire opérationnel et lui a permis de s’ancrer définitivement en Méditerranée, de la Libye à la Syrie en passant par l’Egypte. Ce projet russe d’implantation en mer Rouge et en océan Indien, bien qu’ancien, représente dès lors une rupture supplémentaire[3] pour la région et démontre tout l’intérêt géopolitique que Moscou peut avoir pour l’Afrique et le Moyen-Orient.

Quelles ont été les conditions favorisant une telle implantation russe en mer Rouge ? Quelles sont les ambitions de Moscou pour cette région du monde ? Une instrumentalisation de ces velléités russes par les puissances régionales est-elle envisageable ?

La Méditerranée, incubateur de la projection navale russe au Moyen-Orient

La crise prolongée en Syrie et le nécessaire soutien russe au régime de Bachar el-Assad ont conduit Moscou à mener une intervention militaire terrestre et aérienne dans ce pays en 2015. Celle-ci a été accompagnée d’un volet naval de plus en plus conséquent. D’abord conçu pour escorter le pont naval logistique russe vers la Syrie[4], la projection de puissance russe s’est au fur et à mesure étoffée pour s’ancrer définitivement dans le paysage de la Méditerranée orientale. Ce théâtre a été l’occasion pour la marine russe de démontrer son savoir-faire opérationnel et technique. La Syrie est devenue une véritable zone d’essais pour les capacités russes de frappes contre la terre à partir de plateformes navales (via les missiles Kalibr notamment)[5]. Le déploiement du porte-avions Kuznetsov au large de la Syrie, fin 2016, a été un signal supplémentaire. La Russie a en outre réussi à y mettre en place une stratégie de déni d’accès – comme en mer Noire – qui se manifeste par la présence quasi permanente d’un groupe naval russe au large des côtes syriennes, le déploiement d’un système de défense côtière Bastion-P en Syrie (350 km de portée), mais également de capacités de frappes terrestres (450 km de portée) accompagnées de la rénovation des systèmes syriens de détection avancée. Depuis la ratification par la Douma russe (21 décembre 2017) d’un accord gouvernemental entre Damas et le Kremlin, les bâtiments militaires russes disposent d’un accès pour 49 ans au port de Tartous. Celui-ci sera modernisé pour accueillir jusqu’à 11 bâtiments russes, y compris des porte-aéronefs et des unités à propulsion nucléaire. La Russie arrive enfin à fermer, parfois pour plusieurs jours, des zones maritimes et aériennes au large de la Syrie au prétexte d’exercices militaires, dissuadant les autres pays d’un accès libre et inconditionnel à ces espaces aéromaritimes jouxtant la Syrie[6].

D’abord restreint au littoral syrien jusqu’en 2018, ce dispositif naval s’est peu à peu éloigné des côtes pour s’étendre progressivement sur l’ensemble de la Méditerranée orientale. Les exercices navals y sont plus réguliers voire même massifs à l’instar de celui conduit en septembre 2018 et ayant mobilisé simultanément 25 bâtiments. La marine russe a inauguré en octobre 2020 l’escorte de pétroliers iraniens à destination de la Syrie, dès leur entrée en Méditerranée par le canal de Suez[7], signalant ainsi aux Etats-Unis sa volonté d’empêcher toute action occidentale[8] contre le trafic pétrolier syro-iranien, notamment dans ce qui est finalement devenu une zone prioritaire de l’action navale russe.

Cette projection de forces a dès lors permis à Moscou d’accroître ses actions d’influence vers plusieurs pays de la région. La Russie a d’abord privilégié un retour en Libye, via son soutien au LNA (Libyan National Army) du maréchal Haftar[9]. Un des objectifs de Moscou semble avoir été la création, sans succès à ce stade, d’un nouveau point d’appui naval en Libye, sans doute à Tobrouk,afin d’y développer ensuite une stratégie de déni d’accès, adaptant localement le modèle développé en Syrie. Moscou a également accru sa pression navale sur la Turquie, conséquence logique des frictions déjà constatées entre les deux pays tant en Syrie qu’en Libye ou dans le Caucase. La marine russe a ainsi conduit au mois de septembre 2020 deux exercices navals au sud-ouest de Chypre, dans des zones habituellement utilisées par les forces navales turques pour l’escorte de leurs bâtiments de recherche. Dans le même esprit, Moscou s’est rapproché de l’Egypte, autre rival régional d’Ankara, organisant en mer Noire en novembre 2020 un exercice entre les deux marines russe et égyptienne[10], illustrant ainsi la réalité des frictions russo-turques.

Une base en mer Rouge : un projet russe ancien

Le 11 novembre 2020, le gouvernement russe a soumis au président Vladimir Poutine une proposition d’accord bilatéral avec Khartoum en vue de l’établissement d’une base navale au Soudan. Le 17 novembre, le président russe l’a validé, ouvrant la voie à l’établissement d’un point d’appui logistique pour les forces navales russes sur les rives de la mer Rouge. Cet accord prévoit la création d’un centre logistique et de facilités de réparations navales[11] pouvant abriter 300 personnes et accueillir au maximum 4 bâtiments, y compris ceux à propulsion nucléaire. Le gouvernement soudanais semble s’être engagé à fournir gracieusement pour 25 ans (renouvelables pour 10 années supplémentaires) les infrastructures portuaires nécessaires, dans la localité de Port Soudan. L’accord donnerait aussi le droit à la Russie d’importer et d’exporter, via les ports et les aéroports soudanais, les armes, munitions et équipements nécessaires au fonctionnement de cette base et au ravitaillement des bâtiments y étant accostés. Si la protection de cette base devrait être assurée par les forces soudanaises depuis la terre, elle le sera par la Russie pour les approches maritimes et la défense aérienne. De plus, l’accord prévoirait un appui militaire russe aux forces soudanaises dans les domaines du sauvetage en mer, du génie sous-marin et dans la protection aérienne de cette zone. Pour ce faire, un protocole dédié prévoirait la mise à disposition par la Russie d’armements, d’hommes et d’équipements au profit des armées soudanaises[12]. Le Kremlin disposerait ainsi de tous les outils pour établir une bulle A2AD en mer Rouge de manière à couper ponctuellement – ou surveiller le reste du temps – le trafic maritime occidental et les communications (câbles sous-marins) le long de ce corridor maritime stratégique.

Le projet de base en mer Rouge est cependant ancien, la Russie souhaitant depuis longtemps retourner en océan Indien. De 1964 à 1977, une base militaire soviétique existait à Berbera (Somalie) et en 1978, une base navale russe avait été créée dans l’archipel des Dhalak (île de Nosra) alors détenu par l’Ethiopie, et ce jusqu’en 1990. L’URSS disposait également d’installations au Yémen, à Aden et Socotra, bases servant d’appui, à l’époque, à la 8ème escadre navale soviétique déployée en océan Indien. Ces dernières années, la Russie avait prospecté auprès de Djibouti, puis du Somaliland, pour installer un point d’appui naval, mais ces tentatives se sont soldées par des échecs, tant à cause de l’inconstance des gouvernements locaux[13] que des pressions sans doute effectuées par les Etats-Unis sur les pays concernés. Or, le Soudan était déjà un pays avec lequel la Russie entretenait des liens importants et où le soutien de la société militaire privée Wagner a été rapporté dès le printemps 2019 au profit du Président El-Béchir.

Les négociations pour la création de cette base auraient débuté en novembre 2017 lors de la visite à Moscou du président soudanais. Si le projet a pris du retard avec la destitution d’El-Béchir, il n’a toutefois pas été enterré. La coopération russo-soudanaise s’est même accélérée avec la création d’une mission militaire russe au sein du ministère de la Défense soudanais, en même temps que la signature de plusieurs accords de coopération technico-militaire[14]. Ainsi, à l’instar de la livraison d’avions de combat de type Mig-29 au Soudan en 2008, via le Bélarus, la Russie a fourni au Soudan divers types d’armements et de munitions au travers de pays tiers, en échange de quoi Khartoum s’engageait à déployer des miliciens Janjaweed en Libye aux côtés des troupes du Maréchal Haftar[15].

Le symbole d’une volonté russe de projection de puissance en océan Indien et en Afrique

Selon certains commentateurs russes, l’ouverture de cette base signifie « le retour de la Russie sur l’océan mondial », « évitant également de longs transits pour les bâtiments des flottes du Nord ou de la Baltique »[16].  En effet, la présence russe le long d’une des routes maritimes les plus fréquentée au monde lui permet de s’afficher comme une marine mondiale, du même niveau que les autres puissances maritimes qui ont déjà des accès dans la région[17].Cette implantation au Soudan est notamment un signal important vis-à-vis de la Turquie qui a multiplié, sous le régime d’El-Béchir, les tentatives d’implantation dans la région. Fin 2017, les autorités soudanaises avaient en effet concédé, pour 99 ans, la gestion de l’île de Suwakin[18]à la Turquie contre des promesses d’investissements et de coopération militaire, ce qui avait suscité de vives inquiétudes en Arabie Saoudite et en Egypte. Le changement de régime soudanais en 2019 et le rapprochement de Khartoum avec l’Egypte et les Emirats Arabes Unis ont rendu ces projets turcs beaucoup plus difficiles[19], rendant dès lors les annonces russes encore plus douloureuses pour Ankara.

Une fois active, cette base russe à Port Soudan servira au soutien des unités militaires russes déployées en océan Indien, sans exclure non plus un soutien aux services de sécurité privés russes qui pourraient voir un nouveau champ d’actionen mer Rouge, notamment pour combattre la piraterie toujours présente dans la région. Cette présence russe permettra aussi de défendre les intérêts pétroliers de Moscou dans la région[20] et d’observer de plus près le conflit au Yémen qui oppose l’Arabie Saoudite et l’Iran. Moscou pourrait ainsi tenter de s’imposer, à terme, comme médiateur de ce conflit et développer sa présence dans ce pays, véritable fenêtre d’observation sur le détroit de Bab el Mandeb et le golfe d’Aden. Une telle base pourrait aussi permettre à la marine russe d’escorter les pétroliers iraniens autour de la Péninsule arabique, comme elle le fait depuis octobre dernier en Méditerranée, renforçant d’autant le rôle régional de Moscou[21]. Enfin, en complément des infrastructures portuaires, la presse russe a évoqué l’installation de capacités de renseignement, potentiellement de systèmes de brouillage et de guerre électronique, sans compter les moyens de défense anti-aérienne déjà évoqués, laissant ainsi présager l’éventuelle création d’une bulle de déni d’accès russe en mer Rouge, ce qui serait problématique pour les fréquents transits de bâtiments militaires occidentaux dans cette région.

Cette implantation russe au Soudan constitue en outre une porte d’entrée de son influence en Afrique, Port Soudan pouvant servir de vitrine pour les actions de coopération militairerusso-africaines. Ainsi, et à condition que la Russie propose son aide au Soudan pour la création de moyens de défense côtiers, il n’est pas exclu que ce modèle fasse des émules dans la région. Les chantiers navals russes sont aptes à proposer des patrouilleurs et vedettes rapides aux clients régionaux pour des prix moins élevés que ses concurrents occidentaux, pouvant ainsi capter, sur les rivages est-africains, une clientèle bien réelle.

Cette nouvelle implantation navale est surtout un signe supplémentaire de l’intérêt renouvelé de la Russie pour l’Afrique. Moscou a en effet multiplié ses investissements en Afrique de l’Est (Mozambique, Zimbabwe et Soudan, notamment via les groupes Rosneft et Rosatom) et a organisé son premier sommet consacré à l’Afrique en octobre 2020. La Russie représente également près de la moitié du total des exportations d’armes vers l’Afrique[22], notamment vers l’Egypte et le Soudan. L’accélération de l’intervention russe en Centrafrique depuis l’automne 2020[23], en appui du gouvernement en place et via la société militaire privée Wagner, témoigne également des ambitions russes dans la région[24]. De fait, la Russie voit dans l’Afrique un partenaire clé dans sa vision d’un ordre mondial multipolaire, moins occidental, axé sur les puissances régionales émergentes et pour lequel elle peut concurrencer une influence chinoise grandissante. La création de cette base russe au Soudan, plus de 5 ans après celle de Tartous en Méditerranée, constitue donc une nouvelle étape dans les ambitions russes, préalable à une future présence de la marine russe dans d’autres zones plus proches du golfe arabo-persique (éventuellement en Iran ou au Pakistan) ou du canal du Mozambique, deux points de passage éminemment stratégiques pour le trafic maritime mondial.

Un message des gouvernements locaux pour réengager les Etats-Unis ?

La mise en place d’une telle implantation navale russe au Soudan devrait toutefois s’avérer plus difficile qu’en Syrie. Compte-tenu des élongations depuis le territoire russe, l’acheminement des matériels nécessaires (systèmes de défense antiaérienne, infrastructures) sera long et compliqué, imposant certainement l’utilisation des bases de Tartous et Khmeimim (en Syrie) comme hubs logistiques intermédiaires. En outre, l’état des infrastructures sur place, notamment pour la distribution d’électricité, rend l’installation d’une base navale problématique, surtout pour l’accueil des bâtiments à propulsion nucléaire. De fait, l’inauguration d’une telle base ne devrait pas voir le jour avant de longs mois, voire avant des années, laissant planer un doute quant à la réelle faisabilité de cette entreprise. Une instrumentalisation des compétitions russo-turque et russo-américaine par les puissances régionales et en premier lieu par Khartoum est donc envisageable. En effet, le jeu politique soudanais, qui a un temps favorisé les offres turques, préfère désormais celles de Moscou. Le Soudan pourrait avoir choisi l’option russe afin de permettre, dans un premier temps, une éviction commode de la Turquie, conformément aux souhaits des EAU et de l’Arabie Saoudite, puis dans un 2ème temps, de favoriser son rapprochement avec les Etats-Unis (via l’instrumentalisation de la perception d’une nouvelle menace russe au Moyen-Orient). Le Soudan a récemment normalisé ses relations avec Israël, conformément aux vœux de l’administration Trump, et a été, pour ce faire, rayé des listes américaines des Etats soutenant le terrorisme, ouvrant dès lors le pays aux investissements occidentaux. Le projet de création d’une base navale russe en mer Rouge, couloir indispensable de transit des forces navales américaines, ne pouvait pas passer inaperçu et visait donc peut-être aussi à susciter une réaction ferme de Washington, voire un réengagement sécuritaire des Etats-Unis en mer Rouge.

Si la construction d’une base russe à Port Soudan s’envisage sur le temps long, il est toutefois probable que la marine russe profite du dynamisme du rapprochement politique entre Moscou et Khartoum pour augmenter la fréquence de ses déploiements en océan Indien, tant le long des côtes africaines qu’au plus proche du golfe arabo-persique, comme le montre d’ailleurs le dernier exercice russo-sino-iranien en mer d’Arabie. La présence régulière, voire permanente à terme,de la marine russe en océan Indien compliquera un peu plus les plans des marines occidentales, déjà gênées par une présence chinoise persistante. La nouvelle ère des grandes compétitions de puissances en océan Indien semble donc bien lancée et la nouvelle administration américaine devra en tenir compte dans ses futurs choix stratégiques.


[1] Les Echos, 17 novembre 2020.

[2] Navire Agrari le 25 novembre 2020 à proximité du port saoudien d’Al Shuqaiq ; navire BW Rhine le 13 décembre 2020 à Djeddah.

[3] A l’instar de l’intervention russe en Syrie en 2015.

[4] Ravitaillement logistique de ses troupes et des forces syriennes par voie maritime (« Syrian Express »), utilisant à la fois des navires militaires et des navires affrétés.

[5] Des frégates, corvettes et sous-marins (notamment ceux basés en mer Noire et déployés en Méditerranée orientale) ont ainsi fait les premiers tests opérationnels de ces missiles en 2016, puis plus régulièrement dès 2017 en appui des opérations terrestres. De nouveaux tirs ont été effectués en novembre 2020.

[6] Certaines de ces zones réservées se sont même étendues jusqu’au nord d’Israël pour les plus grands exercices, comme en septembre 2018.

[7] USNI 21/10/2020. Ce type d’escorte s’est également renouvelé en décembre 2020.

[8] En 2019, un pétrolier iranien, soupçonné de trafic de produits raffinés iraniens vers la Syrie, avait été saisi puis détenu pour un temps à Gibraltar. Cette affaire avait donné lieu à des actes de représailles iraniennes dans le golfe arabo-persique. L’administration américaine a également arraisonné à la fin du mois de juillet 2020 quatre navires de commerce chargé de pétrole iranien et naviguant cette fois-ci vers le Venezuela.

[9] Ce dernier ayant été accueilli à bord du porte-avions Kuznetsov au large des côtes libyennes, en janvier 2017.

[10] Les précédents exercices de ce type, baptisés « Pont de l’Amitié », ayant d’habitude lieu au large de l’Egypte.

[11] Ou « point d’appui technique et matériel », dénomination standard pour les implantations navales russes à l’étranger.

[12] Un patrouilleur de type Petrushka ayant été cédé au Soudan par la Russie en octobre 2020 (Defense web, 12 novembre 2020).

[13] De 2012 à 2014, des négociations se sont tenues entre Moscou et Djibouti sur ce sujet mais le gouvernement local n’avait consenti qu’à louer une fraction de ce que la Russie demandait et à des coûts prohibitifs (1 milliard de dollars, soit 5 fois plus que ce que devrait coûter la base de Port Soudan).

[14] Al-Monitor, 17 novembre 2020.Un accord de coopération militaire russo-soudanais a été signé en mai 2019.

[15] Ibidem.

[16] Dmitry Litovkin pour l’agence TASS repris par Defense News le 13 novembre 2020.

[17] Comme c’est le cas pour la France, les Etats-Unis, la Chine et le Japon à Djibouti ; à Assab, Berbera Périm et Socotra pour les Emirats Arabes Unis.

[18] Cette île était déjà au début du 20ème siècle un avant-poste de l’Empire ottoman.

[19] Le ministère des Affaires étrangères turc annonce quant à lui que les négociations continuent avec le gouvernement sur ce projet maritime dédié à des « projets essentiellement touristiques » – Al-Monitor, 19 novembre 2020.

[20] Le ministère de l’Energie soudanais a effectivement signé en 2018 des contrats avec des sociétés russes pour la modernisation d’une raffinerie à Port Soudan – Al Monitor, 17 novembre 2020.

[21] La marine russe a d’ailleurs participé avec les forces navales iraniennes à l’exercice Ceinture de sécurité maritime dans le golfe d’Oman à la mi-février 2021. Un exercice naval du même type avait déjà été conduit au large du port iranien de Chah Bahar en décembre 2019, avec déjà à l’époque la présence de bâtiments chinois.

[22] Données de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) citées par Deutsche Wellele 30 juin 2020.

[23] Les premiers mercenaires russes étant apparus dans le pays en 2018.

[24] « Pour aider Bangui à renforcer les capacités de la Centrafrique, la Russie a répondu rapidement à la demande du gouvernement centrafricain et envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour la formation de l’armée nationale », a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères ;in Opex360, 23 décembre 2020.