Escale virtuelle à Toulon de la guilde de la 6e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”

Après une première escale en chair et en os à Nantes début octobre, les auditeurs de la 6ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont vogué sur le web pour atteindre Toulon le 20 et 21 novembre 2020. Mais si les déplacements ont été virtuels, les débats et les travaux de comité n’ont rien perdu de leur réalité et de leur intensité.

Les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

Les auditeurs se sont retrouvés plongés dans les opérations maritimes et navales en Méditerranée, zone crisogène particulièrement sensible en raison de ses tensions géopolitiques, de la prolifération de la criminalité et de la vulnérabilité de son exceptionnelle biodiversité. Ils ont ainsi pu rencontrer les plus hautes autorités maritimes locales de l’État qui assurent quotidiennement en Méditerranée la sécurité de nos concitoyens et la défense des intérêts de la France. En effet, y veillent et y interviennent en particulier 24 heures sur 24 les unités de la Marine Nationale, des Affaires maritimes, des Douanes, de la Gendarmerie et de la société nationale de sauvetage en mer.

Le vendredi matin, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint action de l’État en mer, a montré aux auditeurs comment l’organisation française de l’action de l’État en mer permettait au préfet maritime, sous l’autorité du Premier ministre, de coordonner avec une remarquable efficacité l’action de l’ensemble des administrations intervenant en mer, optimisant ainsi leurs moyens et leur faisant profiter des moyens des autres. Le contre-amiral Roux de Luze, adjoint opérations de CECMED, a ensuite expliqué aux auditeurs les enjeux et la diversité des opérations navales en Méditerranée conduites par le commandant de zone maritime (CECMED) sous l’autorité du CEMA.

les auditeurs au grand complet et attentifs aux propos des autorités maritimes toulonnaises

L’après-midi a dans un premier temps été consacrée aux autorités dites « organiques » responsables de l’entretien des navires et aéronefs de la marine ainsi que de la formation et de l’entraînement de leurs équipages. Le vice-amiral d’escadre Xavier Baudouard, commandant la Force d’action navale et le contre-amiral Éric Janicot, commandant la force maritime de l’aéronautique navale, ont ainsi pu débattre avec les auditeurs sur les grands enjeux techniques et humains liés à l’évolution des menaces, la montée en puissance de la numérisation au sein de la Marine, l’entretien des équipements ou encore le recrutement et la fidélisation d’un personnel toujours plus qualifié et toujours autant sollicité. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir le très haut niveau technologique des moyens de la marine – navires de surface, sous-marins et aéronefs – ainsi que l’expertise et la forte motivation des marins qui les mettent en œuvre. Mais ils ont également touché du doigt les difficultés rencontrées pour maintenir les équipements en condition opérationnelle ainsi que pour recruter et fidéliser des marins de qualité dans un contexte de pression opérationnelle croissante et de forte sollicitation des équipages.

La journée s’est finie par une visio-visite du CROSS 1 Méditerranée (CROSSMED) où les auditeurs furent accueillis par son directeur, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud. En montant en passerelle « virtuellement » – une « visiovisite » a été expérimentée pour l’occasion – les auditeurs ont pu constater concrètement l’exceptionnelle efficacité de cette organisation interministérielle qui permet au préfet maritime de mobiliser immédiatement l’ensemble des moyens de l’État intervenant en mer.

En se déconnectant de leurs visioconférence, les auditeurs se sont brutalement retrouvés avec amertume isolés les uns des autres mais avec la perspective réjouissante de se revoir le lendemain. Il resteront particulièrement reconnaissants pour le temps que ces autorités ont bien voulu consacrer à leur réflexion commune et, surtout, pour la hauteur de vue, la simplicité et la grande franchise des propos qui leurs ont été tenus.

Michel L’Hour faisant partager aux auditeurs sa passion et ses convictions

Le lendemain tant attendu ne les aura pas déçu car, dès potron-minet, ils sont allés rêver au cœur des abysses avec Michel l’Hour, éminent spécialiste de renommée internationale de l’archéologie sous-marine et directeur du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM). Il a su leur communiquer sa passion pour les richesses que recèlent les épaves du « plus grand musée du monde ». Celles-ci, outre leur exceptionnel intérêt culturel et historique, peuvent représenter de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques, voire des menaces pour l’environnement en fonction du caractère toxique de leurs cargaisons que la corrosion peut libérer progressivement. Avec Serge Segura, ambassadeur des Océans, qui avait rejoint les auditeurs pour leurs travaux de comité, le débat fut d’une richesse et d’une intensité sans égales auquel il a malheureusement fallu mettre fin après avoir toutefois largement dépassé le temps imparti.

Olivier Schmitt en plein débat avec les auditeurs sur le sujet de la souveraineté

Avant de rejoindre leurs pénates la tête remplie d’émotions fortes, les auditeurs ont conclu leur séminaire le samedi après-midi par un point d’avancement sur les études qui leur ont été confiées par le Premier ministre sur la souveraineté dans le domaine maritime. Pour l’occasion, Olivier Schmitt, chef du département des études et de la recherche a rejoint les auditeurs et son adjointe, Mélissa Levaillant également chargée de pédagogie de la session, pour guider les auditeurs et les féliciter pour le travail accompli.