L’affaire Makhlouf, un tournant pour le régime syrien ? – par Chloé Berger

Rami Makhlouf et Bachar el-Assad

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Fin avril, le cousin maternel de Bachar al-Assad, Rami Makhlouf, a publié coup sur coup deux vidéos sur Facebook dénonçant les pressions « inhumaines » de l’appareil sécuritaire à l’égard de ses employés et de lui-même. Dans un régime où les médias sont très contrôlés et les apparitions des membres du clan Assad exceptionnelles et soigneusement chorégraphiées, ces vidéos montrant le fils du grand argentier du clan Assad confessant officiellement son rôle incontournable dans le financement de l’effort de guerre du régime ont de quoi surprendre. Montrant un Rami Makhlouf s’adressant tout d’abord au Président sur un ton plaintif et victimaire, puis accusateur et menaçant à l’égard des services de sécurité et de ceux qui les pilotes, ces vidéos ont mis en émoi la blogosphère syrienne. Les rumeurs vont bon train parmi les cercles loyalistes aussi bien que l’opposition sur les tensions qui agitent le pouvoir syrien au plus haut niveau et posent la question du devenir de l’empire économique et financier du clan Assad.

  1. Une simple dispute de famille ?

Le 30 avril, une première vidéo est publiée sur le compte Facebook de Rami Makhlouf[1], détenteur d’un formidable empire économique dont on trouve des ramifications dans l’ensemble des secteurs économiques syriens. Celui que l’on surnomme « Mr 5% » est devenu au fil des ans le verrou incontournable pour toute entrée sur le marché syrien. Dans cette vidéo, il demande publiquement au Président d’intercéder auprès du Ministère des Télécommunications qui lui réclame plus de 170 millions de dollars d’impayés au Trésor public au titre des bénéfices réalisés par Syriatel depuis 2015. Deux jours plus tard, une seconde vidéo est mise en ligne et cette fois-ci le ton victimaire a laissé place à une verve accusatrice. Pointant du doigt les exactions « inhumaines » des services de sécurité à l’égard de ses employés, il y met en garde le Président contre ceux qui tentent d’accaparer l’argent des « pauvres ». Makhlouf refuse de céder aux pressions arguant qu’il n’est en réalité que le dépositaire et le garant de richesses qui ne sont pas à lui, mais destinées aux « gens » de Bachar al Assad, tous ces loyalistes qui ont soutenu le régime au cours de ces dix dernières années de guerre.

En s’adressant au peuple loyal au régime – les familles de martyrs, les chabiha[2], les officiers subalternes de l’armée et des services de sécurité et plus généralement à tous ceux qui ont profité du soutien de la Jama’at al-Bustan[3].- Rami Makhlouf tente, sans trop y croire lui-même, de jouer la carte communautaire contre la coterie des grands hommes d’affaires du régime, en très grande majorité sunnites et dont certains sont proches d’Asma al Assad, l’épouse du président. L’Etat a d’ailleurs repris le contrôle de la Jama’at al-Bustan[4] ces derniers mois, principale concurrente du réseau caritatif Syrian Trust for Development  patronné par la Première Dame, privant ainsi Makhlouf d’un de ses principaux vecteurs de légitimité parmi le « peuple du régime ». Le Syrian Trust supervise d’ailleurs les associations distribuant les aides allouées par le régime dans le contexte de la crise COVID-19.

En dépit des encouragements de Rami Makhlouf à le soutenir sur les réseaux sociaux[5], son message fut reçu de manière très mitigée parmi les loyalistes et la communauté alaouite. Les aides distribuées au sein de la communauté par l’association al-Bustan ne suffisent pas à faire oublier le train de vie extravagant de Rami Makhlouf alors même que la communauté alaouite a payé au prix fort la défense du régime. Par ailleurs, le jour suivant, le Président Assad publiait une vidéo appelant les responsables du gouvernement à trouver des solutions pour atténuer la montée des prix et lutter contre la corruption.

La passe d’armes de ces derniers jours dévoile ainsi l’influence considérable gagnée par la Première Dame au sein du Palais depuis un an[6]. Celle-ci a ainsi profité de l’effacement de la présence du « Patriarche », Mohamad Makhlouf. Gravement malade, ce dernier, ultime représentant de la génération des « fondateurs » depuis la mort de sa sœur Anissa en 2016, n’est plus en mesure de peser sur le destin économique du régime. En dépit de sa discrétion, l’épouse d’Hafez al Assad jouait un rôle clé dans le maintien de la cohésion du clan Assad/Makhlouf au cours de ces dernières années. Entre Rami Makhlouf et la Première Dame, rien ne va plus et le président est sommé de trancher un conflit d’intérêt qui oppose les membres de sa propre famille.

  1. Une lutte contre les prédateurs économiques

Les pressions à l’encontre de Rami Makhlouf n’ont cessé de s’intensifier au cours des derniers mois à mesure que la situation socio-économique du pays se détériorait, faisant ressurgir çà et là dans les provinces contrôlées par le régime des manifestations populaires dénonçant la corruption des profiteurs de guerre dont Rami Makhlouf est le symbole le plus éminent. Mais c’est aussi que l’appétit de Rami Makhlouf ne connait plus de limites comme l’a révélée l’affaire Takamol[7]. Ce dernier aurait fait pression sur le Ministre du Commerce pour empêcher la société Takamol appartenant au cousin de l’épouse du président d’intégrer le marché des cartes électroniques donnant accès aux produits subventionnés. La prédation et le sentiment de toute puissance ont atteint un tel degré à la tête de l’empire Makhlouf ces derniers mois que lui-même et certains de ses proches collaborateurs n’hésitent plus à faire pression sur les ministres et à tenir tête à l’appareil sécuritaire. La découverte de stupéfiants en Egypte au milieu d’une cargaison de produits laitiers produits par l’entreprise MilkMan[8] lui appartenant souligne également les liens que les plus grandes fortunes syriennes entretiennent avec la criminalité organisée.

L’affaire Abar Petroleum[9] a levé le voile sur une partie des sommes amassées par Rami Makhlouf à son seul profit, trahissant le pacte politico-économique liant les familles Assad et Makhlouf, au cœur du système depuis plus de trente ans. Fin 2019, la Direction générale des douanes syriennes a saisi les avoirs de la société Abar Petroleum SAL liée à Rami Makhlouf et suspectée d’importer illégalement du pétrole en Syrie à partir du port de Banyas. Le pouvoir syrien semble prêt à saisir l’ensemble des biens de Rami Makhlouf en Syrie; les rênes de son empire économique pourraient ainsi être confiées à son frère cadet, Ihab Makhlouf, vice-Président de Syriatel[10]. Cependant, dans le contexte des nouvelles sanctions européennes et américaines, en particulier de l’entrée en vigueur en juin prochain de la loi Caesar[11], il sera bien plus difficile de récupérer les avoirs placés à l’étranger. En portant sur la place publique les pressions dont il fait l’objet Rami Makhlouf espère certainement pouvoir négocier sa sortie comme le frère d’Hafez al-Assad, Rifa’at, l’avait fait dans les années 1980. Cependant, il est peu probable qu’il obtienne les mêmes compensations de la part de ses cousins après les avoir publiquement défiés. Les autres « grandes affaires » qui ont marqué l’histoire du régime ont en général servies à éloigner du clan les éléments devenus gênants. En portant la dispute sur la place publique, Rami Makhlouf espère certainement échapper à la fin tragique réservée à Mahmoud al Zorbi, Ghazi Kanaan ou encore Assef Shawkat.

  1. Rami Makhlouf, une menace pour les intérêts russes ?

Le vote de la loi Caesar, la situation militaire à Idlib et la crise COVID-19[12] ont créé une situation d’urgence sans précédent pour le régime. L’Etat syrien est exsangue et cherche désespérément des fonds. Dès l’automne 2019, le lancement d’une campagne anti-corruption à grand renfort de médias permet au pouvoir syrien de « mettre à l’amende » les hommes d’affaires les plus riches du pays[13] en tentant d’apaiser le mécontentement populaire qui grandit. L’effondrement de la Livre syrienne a réduit à peau de chagrin les salaires et l’inflation galopante a multiplié par trois ou quatre le prix des produits de première nécessité. Mais la dégradation de la situation économique syrienne, la crise du secteur bancaire au Liban et les sanctions internationales, pèsent également sur les profits des élites économiques et leur capacité à renflouer les coffres du régime.

L’entêtement du régime vis-à-vis de la Turquie fragilise les efforts russes en direction d’un règlement politique soutenu par les Occidentaux et les monarchies du Golfe. Le Kremlin veut au plus vite se débarrasser du problème syrien, dont le coût militaire est devenu exorbitant, pour pouvoir se consacrer à d’autres dossiers. La frustration du Kremlin[14] à peine voilée transpire dans les médias russes qui dénoncent la faiblesse du Président syrien et mettent en doute sa capacité à réformer le pays[15]. La corruption des « profiteurs de guerre », partisans du statu quo, mine les espoirs russes, en particulier ceux des patrons des sociétés paramilitaires présentes en Syrie[16] qui espèrent récolter les bénéfices économiques de la reconstruction.

Fortement contraints par l’effondrement du cours des hydrocarbures et les conséquences du COVID-19, les oligarques russes semblent s’impatienter et demandent des garanties. Or, Rami Makhlouf qui possède la majeure partie de l’économie du pays est devenu un obstacle à l’implantation des investisseurs russes en Syrie. Téhéran de son côté, dont Maher al-Assad est réputé proche, a déjà obtenu l’accès à un certain nombre de ressources, en plus de l’influence économique que lui garantissent les hommes d’affaires libanais proches du Hezbollah qui ont déjà acquis les licences pour l’importation des matières premières nécessaires à la reconstruction des logements détruits. L’éviction de Rami Makhlouf pourrait permettre une recomposition, au moins partielle, de l’élite économique en Syrie avec la montée en puissance de nouveaux entrepreneurs bénéficiant du soutien d’oligarques russes. Si certains pensent que la chute de Rami Makhlouf n’est qu’une affaire de temps, pour l’instant celui-ci conserve le contrôle d’une grande partie de son empire. Les semaines à venir détermineront à quelles conditions se négociera le départ de Rami Makhlouf. Pour ce dernier, quitter la Syrie ne sera pas aisé

Pour conclure, la chute de Rami Makhlouf, que semble confirmer la démission en début de semaine du patron de l’entreprise MTN[17], ferait sauter le dernier verrou à la mise en œuvre d’une transition que le Kremlin appelle instamment de ses vœux. Or, celle-ci aura du mal à s’accommoder de la présence politico-militaire iranienne en Syrie, perçue d’un très mauvais œil par les monarchies du Golfe et Israël. A minima, Téhéran cherchera à rester dans l’ombre afin de préserver les opportunités dans certains secteurs économiques critiques tels que les matières premières (pétrole, gaz, phosphates) ou les infrastructures (télécommunications, transport aérien). Le régime iranien les considère comme de justes compensations au regard du soutien financier et militaire[18] considérable qu’il a apporté au régime syrien. Or, ces secteurs sont également convoités par les hommes d’affaires proches du Kremlin.

La crise du COVID-19 a provoqué un report des élections législatives syriennes et repoussé à une date inconnue les élections présidentielles. Les semaines à venir permettront donc de tester la volonté du pouvoir syrien à entreprendre les réformes attendues par les Russes[19]. Le cas échéant, le Kremlin pourrait bien être tenté de rechercher des solutions alternatives. Cependant, remplacer Bachar al Assad dans le contexte actuel s’avère remarquablement difficile, si ce n’est impossible. Qui dispose aujourd’hui sur la scène politique syrienne (en Syrie ou à l’étranger) de suffisamment de soutiens politiques pour garantir aux Russes le remboursement de la dette syrienne, estimée à plus de 3 milliards de dollars ? En attendant, le temps presse alors que les ressources financières du régime s’amenuisent drastiquement.

A Damas, certains aimeraient pouvoir obtenir un règlement politique avant les élections américaines, craignant l’arrivée au pouvoir d’un dirigeant plus proche de la politique de Barack Obama. Les perspectives économiques que promet la reconstruction syrienne attise les convoitises et à mesure que l’on se rapproche d’un compromis politique, il va devenir de plus en plus difficile pour Damas de concilier les intérêts contradictoires de ses principaux alliés ; d’autant plus que d’autres acteurs influents dans la région, à l’image des Emirats arabes unis ou de la Chine, entendent bien présider au futur économique de la Syrie.

 

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[1] Pour une analyse des meilleurs passages des deux vidéos postées par Rami Makhlouf sur son compte Facebook (vidéo en arabe, url : https://m.facebook.com/RamiMakhloufSY/videos/2819609551407554/?refsrc=http%3A%2F%2Fwww.mei.edu%2Fpublications%2Frami-makhlouf-saga-poses-dangerous-challenge-assad&_rdr), voir Caroline Hayek, « Rami Makhlouf réitère ses attaques contre les services de sécurité », L’Orient le Jour, 03/05/2020, url : https://www.lorientlejour.com/article/1216673/rami-makhlouf-reitere-ses-attaques-contre-les-services-de-securite.html

[2] Les chabiha sont des groupes de paramilitaires ultra-loyalistes au président Assad. Rassemblés dans les Comités populaires (Lijan Sha’bieh) formés dès les premières manifestations au printemps 2011 pour participer à la répression des manifestations, intimider les opposants et conduire la propagande du régime, les chabiha sont devenus à partir de 2012 de véritables mouvements paramilitaires tels que les Forces de Défense Nationale (Qowat al Difa’ al Watani). Intégrées aux Forces armées syriennes, les FDN, majoritairement recrutées parmi les Alaouites et les chrétiens de la côte, représentent entre 50 000 et 60 000 hommes et servent de réserve opérationnelle. Le Parti Ba’th et ses partis satellites (PNSS, FPLP-CG, etc.) ainsi que certains hommes d’affaires syriens (dont Rami Makhlouf) ont également formé des milices qui servent de défense territoriale. Voir Aron Lund, « Who are the Pro-Assad Militias ? », Diwan, Carnegie Middle-East, 2 Mars 2015,url: https://carnegie-mec.org/diwan/59215

[3] Sur la liste des sanctions américaines depuis 2017, l’Association al-Bustan est une association caritative censée financer des programmes d’aides humanitaires aux victimes de guerre et déplacés, elle permet en réalité de financer les salaires des chabiha ainsi que les aides données aux familles des martyrs. Liée la branche Air des Services de Sécurité, elle sert également de paravent au financement de forces paramilitaires (Liwa Dir al Watan – Bouclier de la Nation ; Fahud Homs – Léopards de Homs). Voir “Assassination attempt targets the head of “al-Bustan Association” which belongs to Rami Makhlouf near the Syrian Border with the Occupied Golan”, SOHR, 27/09/2019, url: https://www.syriahr.com/en/?p=142104

[4] Sur la reprise en main de l’Association Al-Bustan par le pouvoir syrien dans le contexte de la saisie de certains avoirs de Rami Makhlouf sur ordre du Président syrien à l’automne 2019, voir Trent Schoenborn, « The Syrian Regime Turns On Its Patrons: Rami Makhlouf’s Fall From Grace », International Review, 11/11/2019, url : https://international-review.org/the-syrian-regime-turns-on-its-patrons-rami-makhloufs-fall-from-grace/

[5] Plusieurs directeurs et sous-directeurs de l’entreprise Syriatel, joyau de l’empire économique de Rami Makhlouf, ont eu à subir les remontrances de l’appareil sécuritaire pour avoir fait pression sur leurs employés pour afficher sur les réseaux sociaux leur soutien à Rami Makhlouf.

[6] Firas Tlass, le fils de l’ancien Ministre de la Défense d’Hafez al Assad, a donné à RT en arabe une interview remarquée sur les tensions à l’intérieur du clan Assad/Makhlouf, dévoilant le système de commissions et prises de participation sur lequel Mohamad Makhlouf a bâti l’empire économique de la famille. Largement à charge contre la Première Dame, tous les liens vers l’interview ont été supprimés du Net. Voir « Il y a parlé de la corruption de la famille Makhlouf  … RT efface l’interview avec Firas Tlass », Enab Baladi (en arabe), 11/05/2020, url : https://www.enabbaladi.net/archives/383028

[7] Sur l’affaire Takamol qui a donné l’avantage à Rami Makhlouf sur un proche d’Asma al-Assad, voir Adnan Abdelrazak, « Rami Makhlouf and His Father Respond ‘With Two Scandals’ to Asmaa al-Assad », The Syrian Observer, 21/04/2020, url : https://syrianobserver.com/EN/news/57501/rami-makhlouf-and-his-father-respond-with-two-scandals-to-asmaa-al-assad.html

[8] Voir « Are Assad and Haftar mutually benefiting from the drug illicit trade?”, TRTWorld, 06/05/2020, url: https://www.trtworld.com/magazine/are-assad-and-haftar-mutually-benefiting-from-the-illicit-drug-trade-36080

[9] Voir Albin Skazola, “Rami Makhlouf Asset Freeze Points to Oil Smuggling Role”, Levant Networks, 26/12/2019, http://www.levantnetworks.com/2019/12/26/rami-makhlouf-asset-freeze-points-to-oil-smuggling-role/

[10] Principale société de Télécommunication mobile du pays, Syriatel appartient en très grande majorité à Rami Makhlouf. Une part du capital appartient à l’Etat et permet la surveillance des appels, notamment vers l’étranger. Sur l’empire économique des Makhlouf, voir le rapport « Assad Henchmen’s Russian Refuge », Global Witness, 11/11/2019, url : https://www.globalwitness.org/en/campaigns/corruption-and-money-laundering/assad-henchmens-russian-refuge/

[11] La Loi Caesar, nommée en référence à l’ancien officier des Renseignements militaires syriens ayant fui le pays avec plus de 50 000 photographies de personnes arrêtées, promulgue des sanctions additionnelles et restriction de voyage à l’encontre de toute personne soutenant le régime. Voir Press Statement Michael R. Pompeo, « Passage of the Caesar Syria Civilian Protection Act of 2019”, US Department of State, 20/12/2019, url: https://www.state.gov/passage-of-the-caesar-syria-civilian-protection-act-of-2019/

[12] Sur les conséquences socio-économiques de la crise COVID-19 en Syrie, voir Murad Abdul Jalil, « Syrian economy resumes activity… Poverty and bankruptcy outweigh coronavirus”, Enab Baladi, 10/05/2020, url: https://english.enabbaladi.net/archives/2020/05/syrian-economy-resumes-activity-poverty-and-bankruptcy-outweigh-coronavirus/

[13] Voir Paul Halabi, “Ces Huit hommes d’affaires qui se partagent le gâteau syrien », L’Orient le jour, 04/10/2019, url : https://www.lorientlejour.com/article/1189382/ces-huit-hommes-daffaires-qui-se-partagent-le-gateau-syrien.html

[14] Voir Henri Meyer et Ilya Akhripov, “Putin Has a Syria ‘Headache’ and the Kremlin’s Blaming Assad”, Bloomberg, 28/04/2020, url: https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-04-28/putin-has-a-syria-headache-and-the-kremlin-s-blaming-assad;

[15] La principale charge à l’encontre du Président Assad fut menée par Yevgeny Pregozhin, connu pour ses liens avec le groupe Wagner et qui aurait permis l’obtention par les compagnies russes Mercury et Velada de deux contrats pétroliers en décembre 2019. Voir Amr Salahi, “Is Assad now a liability? The mysterious Russian media campaign against Syria’s dictator”, The New Arab, 01/05/2020, url: https://english.alaraby.co.uk/english/indepth/2020/5/1/is-syrias-assad-now-a-liability-to-russia

[16] Voir l’article à paraître d’Abdel Naser al Ayiad, « Où est le Colonel russe Zourin », al-Jisr (en arabe).

[17] MTN est l’autre entreprise de téléphonie mobile présente sur le marché syrien. Rami Makhlouf détient également une part de son capital.

[18] D’après Akbar Velayati, proche du Guide suprême iranien, Téhéran aurait apporté un soutien financier, économique et militaire d’une valeur de 8 milliards de dollars par an au régime syrien depuis le début de la guerre, sans compter les hommes tombés en Syrie. Parallèlement, l’engagement militaire russe depuis 2015 (soutien logistique et appui des forces aériennes russes) est estimé entre 2,5 et 4,5 milliards de dollars. Voir Sinan Hatahet, « Russia and Iran. Economic Influence in Syria”, Chatham House Research Paper, 8 mars 2019, url: https://reader.chathamhouse.org/russia-and-iran-economic-influence-syria?preview=1#introduction

[19] Dans le scénario transitionnel soutenu par Moscou, l’élection d’une nouvelle Chambre devrait permettre la constitution d’une Assemblée constituante chargée de rédiger un nouveau projet de Constitution et de fixer les étapes de la transition politique. Dans ce contexte, Bachar al-Assad, en tant que Président de la République, accompagnerait le processus jusqu’aux prochaines élections présidentielles.