Une deuxième chance pour la communauté européenne de défense

Confirmant les conclusions du Conseil européen du 22 juin 2017, les ministres de 23 États membres de l’Union européenne ont signé le 13 novembre 2017 une notification conjointe sur la coopération structurée permanente, mieux connue sous le sigle anglo-saxon PESCO (permanent structured cooperation). Ce signal fort est une nouvelle étape vers une vraie politique européenne de défense et de sécurité, assortie de « projets capacitaires décidés en commun ».

Les trois priorités stratégiques de cette politique avaient été confirmées par le Conseil européen
du 15 décembre 2016 :

  • réaction aux crises et conflits extérieurs ;
  • renforcement des capacités des partenaires ;
  • protection de l’Union européenne et de ses citoyens.

Le Conseil a également mis en place une nouvelle approche stratégique au bénéfice de l’action extérieure de l’Union européenne, privilégiant une vision à long terme des défis mondiaux plutôt que les actions d’endiguement des crises, comme l’Union les pratiquait lors du conflit en ex-Yougoslavie, et telles que se déroulent aujourd’hui la petite vingtaine de missions civiles et militaires de l’Union européenne[1].

Les 23 États signataires établiront ainsi une liste commune d’engagements « contraignants », assortie d’un calendrier précis et de mécanismes d’évaluation spécifiques, afin de leur permettre de notifier leur intention de participer sans délai aux opérations de l’Union européenne.

L’Union européenne participe à ce jour au financement de six opérations militaires, via le mécanisme « Athéna » : deux opérations maritimes, en Méditerranée (EUNAFOR MED) et au large de la Corne de l’Afrique (EUNAVFOR ATALANTA), une opération de stabilisation en Bosnie-Herzégovine (EUFOR ALTHEA) et trois actions de formation en Somalie, au Mali et en République Centrafricaine.

Parallèlement, l’Union européenne supervise plusieurs missions civiles, toujours dans le cadre unique de la politique de sécurité et de défense commune. La dernière en date concerne l’Irak, où la mission civile dirigée par Markus Ritter sera chargée d’assister les autorités irakiennes « dans la mise en œuvre des aspects civils de la stratégie nationale de sécurité de l’Iraq ».

VA(2S) Alain Christienne, directeur de la stratégie de l’Institut FMES

Le communiqué de presse =>

[1] Pour illustration, le mandat de Lars-Gunnar Wigemark, représentant spécial de l’Union européenne en Bosnie-Herzégovine, est fondé sur les objectifs généraux de l’Union à l’égard de la Bosnie-Herzégovine :

  • faire avancer le processus de stabilisation et d’association ;
  • parvenir à une Bosnie-Herzégovine stable, viable, pacifique, multiethnique et unie qui coopère pacifiquement avec ses voisins ;
  • faire en sorte que la Bosnie-Herzégovine s’engage de manière irréversible sur la voie de l’adhésion à l’Union.