RETOUR SUR LE 6ᵉ SÉMINAIRE DE LA 4ᵉ SESSION DES SHEM À BREST

Le mercredi 11 mars, les auditeurs de la 4ᵉ session des Hautes Études Maritimes se sont retrouvés à Brest pour un séminaire consacré à la sûreté et la sécurité maritimes. Il a été structurée autour de quatre temps forts :

  • une rencontre avec le préfet maritime de l’Atlantique, le vice‑amiral d’escadre Jean‑François Quérat ;
  • une présentation du SHOM par son directeur adjoint ;
  • une visite du sémaphore de Saint‑Mathieu ;
  • une présentation du CROSS Corsen par son directeur.

Le vice‑amiral d’escadre Jean‑François Quérat a reçu les auditeurs à la Préfecture maritime où il leur a présenté ses trois fonctions : préfet maritime de l’Atlantique, commandant de la zone maritime Atlantique et commandant de l’arrondissement maritime. Les auditeurs ont pu mesurer le un rôle étatique, opérationnel et organique éminent qu’il joue dans le domaine maritime sur la façade Atlantique, du Mont‑Saint‑Michel (exclu) à la frontière espagnole.

Représentant de l’État en mer, il est responsable de l’Action de l’État en mer (AEM) : défense des intérêts nationaux, maintien de l’ordre public, sauvegarde des personnes et des biens, protection de l’environnement et lutte contre les activités illicites. Il coordonne l’action des différentes administrations en mer, dispose d’un pouvoir de police administrative générale et de pouvoirs de police spéciale (passage inoffensif, épaves, pollution).

Il dirige également la lutte contre les activités illicites (pêche INN, trafics, pavillons de complaisance) et l’emploi de la force en mer lorsque l’ordre public est menacé, en s’appuyant sur les moyens maritimes, aériens et terrestres mis à disposition par les administrations compétentes.

En partageant avec les auditeurs sa vision des grands changements de paradigmes provoqués par les bouleversements des équilibres mondiaux, sur le théâtre dont il a la responsabilité, le vice‑amiral d’escadre Jean‑François Quérat, leur a permis de mesurer le besoin impérieux de renforcer les moyens pour faire face aux menaces majeures qui s’exercent désormais sur nos intérêts stratégiques en mer.

Le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) a ensuite été présenté aux auditeurs par l’ingénieur en chef François Le Corre, directeur des opérations du SHOM.

Établissement public sous tutelle du ministère des Armées, le SHOM produit l’information géographique maritime et littorale de référence pour les besoins civils et militaires. Sa mission centrale est de connaître, décrire et prévoir l’environnement physique marin, puis de diffuser les informations correspondantes, alors que seuls 20% des fonds marins sont aujourd’hui cartographiés.

Son activité s’articule autour de trois domaines :

  • l’hydrographie, avec la production de cartes marines, documents nautiques et données bathymétriques indispensables à la sécurité de la navigation ;
  • le soutien aux opérations, par une expertise hydro‑océanographique et un appui opérationnel dans les zones d’intérêt militaire ;
  • le soutien aux politiques publiques de la mer et du littoral, grâce à la mise à disposition de données et services utiles à la prévention des risques, à la délimitation des espaces maritimes et au développement d’infrastructures en mer.

La matinée s’est achevé par un déjeuner à la Résidence du Préfet maritime, auxquels étaient également conviés des acteurs du monde maritime atlantique, permettant ainsi aux auditeurs de poursuivre leur appréhension des enjeux maritimes de la façade atlantique.

L’après-midi a ensuite permis des visites de terrain.

La première s’est déroulée au sémaphore de Saint Matthieu.

Les sémaphores de la Marine nationale constituent un maillon essentiel de la posture permanente de sauvegarde maritime et de la surveillance des approches françaises. Répartis sur tout le littoral et armés 24 h/24 par une dizaine de marins chacun, ils assurent la surveillance du littoral dans le cadre de la défense maritime du territoire, de l’action de l’État en mer et de la protection de l’environnement.

Grâce à des capteurs optiques, radars, radios et à des moyens aériens ou drones, ils détectent, identifient et suivent les navires civils et militaires, en lien avec les bâtiments et aéronefs de la Marine. Véritables « derniers remparts » des approches littorales, ils contribuent à la lutte contre les activités illicites et remplissent de nombreuses missions de service public : veille de détresse et transmission des alertes aux CROSS, participation aux opérations de sauvetage, diffusion des AVURNAV et bulletins météo, régulation du trafic maritime et de la pêche, surveillance des ports militaires, détection des pollutions.

Intégrés au dispositif global de défense maritime, ils coopèrent avec l’ensemble des moyens de l’action de l’État en mer pour le sauvetage, la police des pêches, la protection des biens culturels maritimes et la surveillance des aires marines protégées.

Les auditeurs ont ensuite visité le CROSS Corsen, dont les activités ont été présentées par son directeur, l’administrateur en chef des affaires maritimes Serge CHIAROVANO.

Relevant du ministère chargé des Transports et de la Mer et rattaché à la DIRM Nord Atlantique‑Manche Ouest, le CROSS Corsen est compétent du Mont‑Saint‑Michel à la pointe de Penmarch. Sous l’autorité du préfet maritime de l’Atlantique, il coordonne les opérations de recherche et de sauvetage en mer dans sa zone de responsabilité et assure la surveillance de la navigation et des pollutions marines.

Composé d’une cinquantaine de personnes (officiers des affaires maritimes, militaires et agents civils), il exerce cinq missions principales : recherche et sauvetage (SECMAR – SAMAR), surveillance de la navigation, surveillance des pollutions (SURPOL), sûreté maritime et recueil‑diffusion de l’information nautique. Il reçoit les alertes de détresse (téléphone 196, VHF/MHF canal 16, systèmes satellitaires), élabore les plans de sauvetage et coordonne l’engagement des moyens publics et privés, notamment ceux de la SNSM.

Le CROSS assure aussi des fonctions de service de trafic maritime (STM/VTS) autour d’Ouessant, de service d’assistance maritime pour les navires en difficulté, et gère certaines autorisations de mouillage. Pour la lutte contre les pollutions, il centralise les informations, contribue à l’identification des navires auteurs de rejets illicites, notamment grâce au système européen CleanSeaNet, et diffuse AVURNAV et bulletins météorologiques via NAVTEX et VHF/MHF, en tant que centre de veille permanent et pivot de l’action de l’État en mer sur son secteur.

Cette journée dense, à l’image de l’ensemble de la formation SHEM, a permis aux auditeurs de mieux appréhender les missions de sécurité maritime et de sauvegarde de la vie humaine en mer en Atlantique.

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