RETOUR SUR LE 5ᵉ SÉMINAIRE DE LA 4ᵉ SESSION DES SHEM À LORIENT

La 4ème session des hautes études maritimes (SHEM) était en séminaire à Lorient du 4 au 6 février 2026 pour un module consacré aux ressources et à l’économie maritimes. 

Cette nouvelle session a débuté au port de pêche de Lorient, où les auditeurs ont découvert l’activité de mareyage aux côtés du Chalut des 2 Ports, illustrant un maillon essentiel de la filière halieutique.

Ils ont ensuite embarqué à bord d’un chalutier, accompagnés par Olivier Le Nezet, président du Comité national des pêches et du port de Lorient. Une expérience concrète et immersive pour mieux appréhender les réalités du métier, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de la pêche française, ainsi que le quotidien à bord d’un navire de pêche.

Olivier Le Nezet a rappelé que la pêche est un secteur essentiel de souveraineté alimentaire. Il a insisté sur la nécessité de s’appuyer sur la science et la connaissance du terrain pour gérer de manière collaborative la transition écologique. Enfin, il a souligné l’importance de renouveler et moderniser la flotte, notamment pour la sécurité, l’attractivité des métiers et la performance environnementale. La majorité des chalutiers ont en effet plus de 30 ans !

La séquence s’est poursuivie avec l’intervention de Julien Dubreuil, secrétaire général adjoint du CRPMEM de Bretagne, qui a présenté les spécificités et les défis de la pêche bretonne, pilier majeur de l’économie maritime régionale.

Les auditeurs ont également travaillé sur la construction navale, avec une matinée au chantier PIRIOU de Concarneau, fleuron de l’industrie navale française, fort de plus de 60 ans d’expérience. Ils ont été accueillis par Pascal Le Roy, directeur général Activité Construction AEM et Jean-Marie Marzin, directeur adjoint et pu découvrir les unités en construction et le savoir‑faire d’équipes dont le carnet de commande est plein et se réalise à 50% à l’export.​​

A la Cité de la Voile Éric Tabarly, les auditeurs ont ensuite bénéficié d’une immersion dans l’univers de la course au large de très hautes performances à la Cité de la Voile Éric Tabarly.

Jean-Francois Cuzon, ingénieur électronicien, navigateur, champion du monde de 470 en 1999 et fondateur de PIXEL sur Mer, Stephanie Cuzon Drévillon co-gérante et Vincent Drévillon, directeur de projet et spécialiste des systèmes de contrôle de vol, ont présenté leur entreprise qui s’est imposée comme une référence mondiale de la navigation intelligente.

Depuis 2008, Pixel sur Mer conçoit, développe et installe des systèmes électroniques embarqués de pointe : fibre optique pour la surveillance de structures, gamme EXOCET pour la gestion en temps réel de la multitude de données de bord, contrôleurs de vol capables de faire voler tous types de bateaux à voile ou à moteur. La technologie EXOCET, déjà récompensée par une mention spéciale au DAME Design Award 2025, accompagne aujourd’hui les teams ULTIM et IMOCA et se décline désormais vers d’autres secteurs comme le yachting, le transport maritime, la défense et l’aéronautique.

Pixel sur Mer est une parfaite illustration de ce que la Bretagne Sailing Valley, concentration unique au monde de savoir-faire dédiés à la course au large, est devenue. La Sailing Valley regroupe désormais plus de 221 entreprises dans tous les secteurs du nautisme qui réalisent un chiffre d’affaires global de 475 millions d’euros, dont 114 pour la voile de compétition (chiffres 2022, source Bretagne économique).

Une table ronde a permis de traiter les enjeux de souveraineté, de sécurité et de sureté des parcs éoliens en mer. Elle a rassemblé Jean-Philippe Pagot, directeur Environnement Maritime à la direction des Energies Marines Renouvelables de EDF Renouvelables, Matthieu Turpeau, chef de projet usages et sécurité maritime de EDF Renouvelables et Armand Drouet-Dobigny, chef de pôle réseau en mer de RTE. Leurs interventions ont permis aux auditeurs d’approfondir ce sujet de l’éolien en mer qui représente une « révolution » majeure dans notre rapport à l’espace maritime et dans les activités humaines en mer.

C’est sur la base de la très pertinente étude sur les « Futurs énergétiques 2050 » de RTE que les travaux ont commencé. Armand d’Aubigny, en actualisant ce rapport qui date de 2022, a permis d’éclairer les auditeurs sur les choix énergétiques actuels en expliquant les évolutions de la consommation et en comparant les scénarios énergétiques. La réduction de la consommation passera par l’efficacité énergétique et la sobriété. Dans ce contexte, la consommation globale d’énergie va baisser tandis que celle d’électricité va augmenter pour se substituer aux énergies fossiles ; d’où la nécessité, de pouvoir disposer, en plus du nucléaire et de l’hydraulique, d’une production d’électricité en mer ; domaine dans lequel la France a de forts atouts. Jean-Philippe Pagot a expliqué les très importants travaux entrepris pour accompagner la création de chaque parc éolien ; notamment toutes les consultations et études réalisées pour permettre d’en mesurer les impacts et les prendre en compte. EDF ce sont aujourd’hui des parcs en activité à Saint-Nazaire (80 éoliennes, 480 MW), Fécamp (71 éoliennes, 497 MW) et Provence Grand Large (3 éoliennes flottantes, 24 MW). Pour EDF, le plan de charge demeure tendu avec de nouveaux parcs en cours de mise en service ou en construction à Dieppe-Le Tréport, Dunkerque, Courseulles-sur-Mer ou Yeu-Noirmoutier. Matthieu Turpeau a apporté également un éclairage très sensible pour les auditeurs sur la gestion actuelle des enjeux de sécurité maritime et de sureté de ces immenses infrastructures en mer. Le retour d’expérience commence à être très riche. Il va de la collision de navire sur un mat d’éolienne (un premier cas à Saint Nazaire) à la gestion des pêcheurs plaisanciers qui se mettent à l’aplomb des installations malgré les interdictions. En revanche, les opérateurs, comme l’Etat, n’avaient pas envisagé la dégradation actuelle du contexte international qui va nécessiter de renforcer la protection des parcs en mer avec la montée en puissance de ce secteur. Ces enjeux de souveraineté, de sécurité et de sureté des parcs éoliens en mer avaient déjà donné lieu à la publication d’un important rapport d’études FMES, en juin 2025 (3ème SHEM).

Enfin, monsieur Fabrice Loher, ancien ministre délégué à la mer et à la pêche, maire de Lorient et président de Lorient Agglomération, a reçu les auditeurs dans la salle du conseil municipal pour partager avec eux sa vision des enjeux maritimes sa stratégie de développement de sa ville.

Cet échange a permis aux auditeurs de découvrir comment Lorient a su prendre en compte la nouvelle donne économique et technologique en ajoutant à ses activités historiques, liés à la pêche et à la construction navale militaire, de nouveaux atouts comme ceux de la Course au large dont Lorient est aujourd’hui le grand pôle européen, de l’éolien offshore ou des matériaux composites. Désormais, un grand pays maritime, comme la France, doit pouvoir s’appuyer sur la souveraineté de ses ressources et de ses technologies mais aussi sur sa capacité à savoir innover rapidement tout en étant en mesure de valoriser ses nouvelles inventions.

Fabrice Loher a également insisté sur la nécessité de toujours promouvoir les secteurs du maritime et de mieux valoriser ses métiers pour garantir l’attractivité et la performance de cette filière qui est un facteur d’avenir majeur pour notre économie.

Kristell SIRET JOLIVE, directrice générale des services à Lorient Agglomération, a apporté aussi son éclairage de haut fonctionnaire et d’experte des enjeux et de l’économie maritimes au service de Lorient Agglomération.

Les auditeurs ont aussi pu mesurer tous les efforts des élus et des fonctionnaires territoriaux pour accompagner les conséquences du changement climatique (érosion du littoral), particulièrement dans l’agglomération lorientaise, qui représentent de plus en plus des défis sensibles.

Un grand merci pour leur disponibilité et la très grande qualité de leurs interventions, à l’ensemble des responsables qui nous ont accordé du temps.

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