Marseille, ville résolument tournée vers la mer, a accueilli du 7 au 9 janvier 2026 la 4ème promotion de la Session des Hautes Études Maritimes (SHEM) pour un séminaire consacré principalement aux enjeux économiques et environnementaux de la mer.
Les auditeurs ont ainsi pu découvrir le Grand Port Maritime de Marseille, qui place l’excellence environnementale au cœur de sa stratégie de développement, Monaco Marine, qui s’est imposé comme leader pour l’entretien en Europe des superyachts jusqu’à plus de 160 mètres et EXAIL, entreprise spécialisée dans les hautes technologies qui développe des systèmes complexes de drones, de navigation, ainsi que des produits pour l’aérospatial et la photonique.
Le séminaire a également été mis à profit pour ouvrir le module environnement de la formation, avec une intervention de Isabelle Terrier, directrice déléguée Méditerranée de l’Office français de la biodiversité.
Sur le thème de l’action de l’Etat en mer, une visite du bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM) et du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM) ont été organisées.
Un séminaire riche en enseignements donc, qui a confirmé que le monde maritime est un pilier stratégique pour notre avenir.
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Ouverture par le directeur interrégional de la mer en Méditerranée (DIRM Méditerranée)
Le séminaire a été ouvert par l’administrateur général des affaires maritimes Christophe Lenormand, directeur interrégional de la mer en Méditerranée (DIRM Méditerranée).
Les auditeurs ont bénéficié d’une très riche présentation des missions maritimes relevant de la DIRM, véritable administration de la mer et l’important rôle qui est le sien dans l’animation de la concertation sur la façade maritime, la coordination et la mise en œuvre des politiques publiques maritimes.
Ils ont également pu découvrir le rôle fondamental des préfets coordonnateurs de façade maritime, fonction qui se distingue de celle de préfet de département par son périmètre qui est centré sur la façade Méditerranée et dont le rôle, avec le préfet maritime, est de coordonner la mise en œuvre des grandes politiques publiques en mer.
Les auditeurs ont ainsi pu comprendre le fonctionnement des institutions propres aux façades maritimes, qui s’appuie sur une recherche permanente de consensus dans les travaux et qui bénéficie de l’engagement fort des acteurs publics et privés dans le cadre du conseil maritime de façade et des commissions spécialisées animées à l’échelle de la façade. Ils ont aussi pu découvrir l’importance du document stratégique de façade pour garantir la compatibilité des usages et orienter les investissements futurs de l’Etat comme des opérateurs privés, aussi bien dans les eaux sous souveraineté (eaux territoriales) que des eaux sous juridiction (ZEE).


Rencontre avec la directrice déléguée Méditerranée de l’Office français de la biodiversité (OFB)
Ces réflexions se sont poursuivies avec le premier module « environnement » de la formation, animé par Isabelle Terrier, directrice déléguée Méditerranée de l’Office français de la biodiversité (OFB).
Créé en 2020, l’OFB incarne la volonté de l’État de structurer une politique de biodiversité intégrée, sous forte impulsion européenne, en regroupant expertise scientifique, contrôle et action territoriale.
La protection du milieu marin repose avant tout sur la connaissance fine des écosystèmes, des usages et des pressions exercées par les activités humaines. L’efficacité du dispositif repose aussi sur l’inclusion des acteurs et sur le rôle de conseil de l’OFB auprès de l’autorité préfectorale, se traduisant par des mesures réglementaires concrètes en mer.
Les aires marines protégées (AMP) constituent ainsi aujourd’hui un levier central, largement approprié par les collectivités. Cette approche spatiale n’exclut toutefois pas d’autres logiques de protection, notamment par espèce, à l’image de la Posidonie, qui doit être préservée y compris hors AMP.
Les auditeurs seront amenés à approfondir leur réflexion sur ce sujet par une approche plus globale pour déterminer comment réserver les AMP aux zones nécessitant une protection forte, tout en développant une vision cohérente, complémentaire et partagée de la protection du milieu marin.
Les enjeux environnementaux feront l’objet d’un séminaire dédié à Monaco en avril.

Visite du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM)
Arnaud Schaumasse, directeur du département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), a accueilli les auditeurs au siège du DRASSM. Créé en 1966 par André Malraux, alors ministre de la Culture, le DRASSM protège, étudie et met en valeur les vestiges archéologiques retrouvés sous l’eau pour l’ensemble des eaux sous juridiction française. Depuis sa création, le département a recensé plus de 6000 épaves sur le littoral français. Il administre et valorise un patrimoine considérable et d’une grande diversité, depuis la grotte Cosquer (-28.000 ans) jusqu’aux épaves du débarquement (1944).
Arnaud Schaumasse, a présenté aux auditeurs le large champ d’intervention de son département et les défis qui sont désormais les siens. Face à l’arrivée de nouvelles technologies plus intrusives, la surveillance maritime est devenue un sujet stratégique pour le DRASSM. Si jusqu’à présent les actions de la lutte contre le trafic d’œuvres archéologiques menées en liaison avec les autres administrations agissant en mer, se sont toujours déroulées dans le champ du répressif sur constatation d’une infraction, l’enjeu est aujourd’hui de travailler sur l’anticipation pour prévenir les infractions. La complémentarité des compétences et la mutualisation des actions inter-administrations permises par l’organisation françaises de l’action de l’Etat en mer, est pour cela un atout.
Découverte des capacités du bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM)
Poursuivant sur la thématique de l’action de l’Etat en mer, les auditeurs ont ensuite été reçus au bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM) par le capitaine de vaisseau Nicolas Pitrat, commandant en second du bataillon.
Composé de dix-sept centres d’incendie et de secours intra-muros, le Bataillon est chargé de la prévention et de la protection des personnes, des biens et de l’environnement sur le territoire de la ville de Marseille et dans le Grand Port Maritime de Marseille. L’unité intervient également sur quatre sites à l’extérieur de la ville, dont l’aéroport Marseille-Provence, Airbus hélicoptères ainsi que les ports de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc. Il réalise plus de 350 opérations par jour.
Centre d’excellence de la marine nationale pour les missions de sécurité dans les domaines maritime et portuaire, le BMPM dispose d’une capacité nationale d’intervention à bord des navires (CAPINAV) capable de renforcer l’action des moyens maritimes et terrestres, en métropole et outre-mer, en cas d’accident, sinistre ou catastrophe survenant à bord de navires. Il forme les sapeurs-pompiers de toute la France aux techniques d’intervention à bord des navires.
Pour terminer cette visite, les auditeurs ont eu le privilège d’embarquer à bord de moyens nautiques, dont le bateau pompe CC Paul Brutus, pour découvrir les capacités majeures de lutte contre les sinistres maritimes du bataillon.





Rencontre avec le directeur général du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM).
Les auditeurs ont eu le privilège d’être reçus par Hervé Martel, président du directoire du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), qui leur a présenté les défis et orientations stratégiques pour le futur GPMM.
Porte maritime de l’axe Méditerranée Rhône Saône, le GPMM est un port très polyvalent, aux caractéristiques géographiques tout à fait exceptionnelles avec deux bassins à Marseille et à Fos distant de 50 kilomètres, 10.000 hectares de superficie, 70 kilomètres linéaire de côte, le GPMM réalise un chiffre d’affaires de 244 millions d’euros par an, en constante et forte augmentation, possède un plan d’investissement de près de 100 millions d’euros et induit 42.000 emplois.
Les auditeurs ont été impressionnés par la vision stratégique à long terme du développement du GPMM, avec la volonté de développer cinq hubs qui créent polyvalence et synergies entre chaque point de force du port.
C’est dans le domaine énergétique que cette ambition trouve sa pleine mesure. Confirmant sa vocation de grand port d’énergie, la stratégie d’investissement et de développement du GPMM devrait le faire passer de la 3ème place européenne de port pétrolier à celle de 1er port des énergies décarbonées de Méditerranée, disposant d’une capacité intégrée de production, fourniture et transport de multi-énergies décarbonées.

Visite de Exail Technologies – La Garde & La Ciotat.
Entreprise de haute technologie, Exail Technologies adopte une vision à long terme de création de valeur, qui est une fondation solide pour la culture d’innovation.
Exail Technologies a développé son activité au travers du rapprochement de IXblue et ECA Group, créant ainsi un nouveau leader des hautes technologies en matière de drones, Exail, héritier des savoir-faire de 50 ans de robotique navale.
Employant un effectif de 2.600 collaborateurs dans le monde et réalisant un chiffre d’affaires annuel de 380 millions d’euros, Exail Technologies développe des solutions dronisées à usage duale civil et militaire.
Exail jouit d’une reconnaissance mondiale de leader dans le domaine des drones pour les applications maritimes avec des centaines de drones déjà en opérations chez ses clientes et plus d’un millier de drones à produite dans les cinq prochaines années.
Le programme de chasseurs de mines belgo-néerlandais marque un tournant stratégique majeur pour Exail qui passe ainsi du rôle de droniste à celui de systémier, capable de concevoir et d’intégrer des systèmes complets associant plateformes, capteurs, logiciels et chaînes de mission.
Cette intégration verticale du système au composant, est unique sur le marché et lui permet d’optimiser et de maîtriser les performances, les coûts et de contribuer à la souveraineté technologique française.
Les auditeurs ont eu le privilège de visiter deux sites de Exail à La Garde et à La Ciotat.
A La Garde, cœur de l’approche systémier, où sont conçues des solutions couvrant toute la colonne d’eau, de la surface aux grands fonds, pour des missions de guerre des mines, de sécurité maritime et de protection des infrastructures sous-marines critiques, avec une forte logique de souveraineté (ITAR-free), les auditeurs ont bénéficié d’une présentation de grande qualité des activités de Exail Technologies et de la large gamme de systèmes de drones sous-marins développés, qui peuvent être intégrés et déployés depuis un navire, ou utilisés en autonomie directement depuis la terre. Les auditeurs ont pu visiter les ateliers et découvrir les différents systèmes de drones sous-marins et de surface produits par Exail..
A La Ciotat, les auditeurs ont découvert les drones de surface autonomes DriX (8 à 16 m), plateformes de capteurs endurantes (jusqu’à 30 jours en mer) au service de l’hydrographie, de la connaissance du milieu et des missions de souveraineté.
Exail incarne pleinement une BITD moderne, intégrée et duale, au service de la sécurité et de la puissance maritime française.



Visite de Monaco Marine – La Ciotat.
Acteur majeur de l’industrie du yachting, Monaco Marine gère les projets de réparation et de maintenance des superyachts qui lui sont confiés par ses clients en assurant un haut niveau d’excellence dans les services fournis par ses équipes et ses partenaires, tout au long du projet de refit, de la conception à l’achèvement.
Avec 30 ans d’expérience, Monaco Marine s’appuie sur huit chantiers navals et une marina, couvrant l’ensemble du spectre du refit, des arrêts techniques courts aux projets lourds de plusieurs mois et est devenu un acteur incontournable de la maintenance des yachts de luxe.
Anticipant les tendances du marché, le groupe s’est lancé sur le marché des superyachts en créant un nouveau chantier naval à La Ciotat, que les auditeurs ont eu le privilège de visiter en compagnie de Aldric Bullot, responsable de la relation clients et de Pierre Margnat, directeur des Opérations.
Véritable cœur industriel du groupe, le site de La Ciotat joue un rôle central dans l’accueil des unités de grande taille. Son modèle repose sur un pilotage de projets complexes, appuyé par un réseau étendu de prestataires hautement spécialisés. Ce site ultramoderne dispose d’un ascenseur à bateau de 2.000 tonnes pour la mise à terre des yachts et d’un hangar à peinture de 90 mètres, permettant la remise en état de grands navires sous abri. Ces capacités industrielles positionnent Monaco Marine parmi les infrastructures les plus performantes de Méditerranée.
La sécurité, le respect des exigences environnementales et l’attention portée aux équipages structurent chaque opération, dans un contexte de forte concurrence et de concentration du secteur.

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Au terme de ce séminaire les auditeurs ont pu mesurer les atouts de la France dans plusieurs secteurs de pointe de l’économie maritime et approfondir leur connaissance des modalités de régulation des activités en mer. Il se retrouveront à Lorient le 3 février pour un séminaire sur les ressources maritimes qui sera en particulier l’occasion de rencontrer le monde de la pêche, de l’énergie éolienne et de la construction navale.