En 2025, la France présente une vulnérabilité énergétique contrastée. La production nationale d’énergie primaire continue de progresser et représentait 61% de l’approvisionnement en 2024, rendant le pays moins dépendant des importations que certains pays européens, tels que l’Allemagne, l’Italie ou les Pays-Bas. Cette relative autonomie repose largement sur son parc nucléaire étendu qui permet de couvrir les besoins nationaux, mais également d’assurer un solde d’échanges électriques excédentaires à chaque frontière. Cette situation confère à la France un atout stratégique majeur dans un contexte européen tendu par les transitions énergétiques.
Cependant, cette autonomie masque des dépendances persistantes aux hydrocarbures importés. Si les importations de pétrole ont été largement diversifiées depuis quelques années, avec désormais l’Amérique du Nord comme première région d’origine, suivie par l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord et le Kazakhstan, cette diversification reste soumise aux aléas géopolitiques : orientation de la politique énergétique et commerciale américaine, stabilité des pays africains producteurs et volatilités des marchés mondiaux. L’approvisionnement en mer du Nord, fiable et sûr, est amené à diminuer compte-tenu de l’épuisement des gisements. L’achat de pétrole au Moyen-Orient, qui répond à une logique d’équilibrage de la balance commerciale, est lui aussi sujet soumis à l’instabilité de cette région.
Le gaz renforce cette vulnérabilité. Les importations, qui concernent majoritairement du gaz naturel liquéfié (GNL), proviennent principalement de Norvège (40%), des Etats-Unis (21%) et dans une moindre mesure de la Russie (18%). À terme, la consommation de gaz ayant tendance à équilibrer celle de pétrole, la dépendance à ces trois fournisseurs devrait s’accroître.
A ces fragilités, s’ajoute la dépendance croissante aux câbles sous-marins, essentiels pour les échanges énergétiques. Leurs vulnérabilités face aux accidents, actes de sabotage ou phénomènes naturels, constituent un risque stratégique à prendre en compte.
Au bilan, grâce au nucléaire et à la progression notable de la production d’énergies renouvelables (+9,9% en 2024 pour un total de 16% de la consommation énergétique), la France bénéficie d’un mix plus résilient que certains voisins européens, même si sa sécurité énergétique reste en partie tributaire d’une dépendance aux hydrocarbures et d’un environnement géopolitique instable.
