SMHES

Séminaire toulonnais de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Un retour attendu sur les bords de la Méditerranée en cette fin d’année 2019 ! Dans le parcours de la session, ce rendez-vous est particulièrement important car les séminaires précédents ont permis de poser les bases de la réflexion sur le thème des enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Les auditeurs sont donc désormais organisés et ont pris les dispositions pour dessiner les contours de leurs futurs travaux. Les intervenants sollicités au cours des trois premiers séminaires ont apporté des éléments clés sur les ambitions chinoises et le contexte dans lequel elles s’inscrivent.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce contexte est très évolutif. Un simple regard porté sur le dialogue des puissances en témoigne. Les auditeurs s’attellent désormais à construire une analyse actant ces changements en profondeur « d’un nouveau monde qui commence » comme le dirait Victor Hugo. Ils se rappellent aussi qu’en étant au bord de la Méditerranée, ils doivent mesurer les incidences de ces nouvelles routes de la soie dans un espace contraint et convoité.

En étant à Toulon, il était légitime de porter son attention sur le fait maritime. Ce séminaire y était donc consacré. Le jeudi 12 décembre, Naval Group nous a ouvert ses portes sur le site d’Ollioules. L’accueil y fut remarquable et les présentations de très grandes qualités. La performance de notre industrie navale ne faisait pas de doute. Elle se prépare à relever d’innombrables défis pour fournir à la Marine nationale et les marines partenaires des instruments d’excellence. Parmi ces défis, la digitalisation est désormais omniprésente dans la mise en œuvre de nos systèmes. Les nouveaux bâtiments exigent certes moins d’hommes d’équipage mais n’ont pas pour autant réduit leur agilité dans la manœuvre et l’utilisation de leurs systèmes d’armes. Nos bâtiments et les générations qui vont suivre seront donc au rendez-vous des nouvelles exigences opérationnelles. Mais ce défi numérique est aussi celui de la manœuvre RH comme nous le rappelleront les intervenants de la Marine nationale. Nous y reviendrons dans un instant.

 

En ce début d’après-midi du jeudi 12 décembre, le rendez-vous était pris à l’université de Toulon dans son école d’ingénieurs Sea Tech. Ce moment était opportun pour fixer le cap des travaux à venir. Car les sessions de la rentrée seront consacrées à consolider les analyses sur la base de scenarii désormais définis. Le professeur Didier Leandri a d’abord pris connaissance des orientations décidées par les trois comités de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Ces orientations ont été déclinées précisément et rigoureusement. Elles ont permis d’ouvrir un débat. Elles ont aussi permis d’appréhender une méthode d’analyse sans remettre en cause le choix des auditeurs. Cette séquence fut riche et très utile. Elle démontre tout l’intérêt de croiser les regards d’auditeurs au parcours très différent et ce regard académique dont la vocation est d’ouvrir le champ des possibles dans la conduite des travaux. Cette étape allait nous mettre en condition pour assister à la conférence de monsieur Antoine Bondaz de la Fondation pour la recherche stratégique.

Cette conférence très attendue n’a pas été exclusivement réservée aux auditeurs de la 30ème SMHES. Elle a été partagée avec les membres de l’institut FMES et les auditeurs et étudiants issus de l’université de Toulon. Ce principe désormais ancré dans le cadre du partenariat qui nous lie à l’université est évidemment précieux pour tous. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste dont les recherches portent principalement sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine, les deux Corées et les questions stratégiques en Asie de l’Est. Une opportunité supplémentaire d’enregistrer des éléments clés indispensables de l’ambition chinoise, une opportunité aussi de discerner plus finement les enjeux associés aux nouvelles routes de la soie.

Le vendredi 13 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la SMHES. C’est une habitude me direz-vous. Certes, mais la Marine nationale ne le conçoit pas comme un événement de routine et accorde à nos auditeurs une attention toute particulière. Le fait maritime se caractérise par une diversité d’actions qu’il est utile de rappeler aux acteurs de la société civile. La Marine nationale appréhende en effet la globalité des enjeux de défense et de sécurité. Les présentations faites par le capitaine de vaisseau Guillaume Fontarensky, adjoint de l’amiral Jean-Philippe Rolland commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Frédéric Bordier, lui-même auditeur de la session, ont à la fois souligné la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre Marine nationale. La visite du porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » a parfaitement illustré les interventions antérieures. Il est impressionnant de mesurer l’enthousiasme des officiers de marine, officiers mariniers et marins légitimement fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

 

En début d’après-midi de ce vendredi 13 décembre, une présentation très complète de l’action de l’Etat en mer a été réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des Etats et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la Marine nationale tient historiquement toute sa place.

Puis, finalement ce fut au tour du capitaine de vaisseau Pierre Rialland, commandant l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, de mobiliser l’attention de nos auditeurs sur un segment opérationnel qui suscite toujours un intérêt particulier tant il reste exceptionnel dans la mise en œuvre de ses équipements. Une intervention remarquable qui confirme la vocation navale de notre pays en le plaçant au tout premier plan aux côtés des puissances qui comptent. L’arrivée prochaine de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque confirme ainsi que nous ne baissons pas la garde dans une activité opérationnelle dont le niveau d’exigence est extraordinairement élevé. La visite de l’ « Améthyste » a évidemment suscité un profond enthousiasme et une très vive admiration. Ceci devait clore cette journée consacrée à la Marine nationale. Une fois de plus, les auditeurs de la 30ème SMHES affirment leur satisfaction et seront, à leur façon, des ambassadeurs de la Marine nationale dont certains la découvraient ici pour la première fois.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront désormais l’année prochaine pour poursuivre leurs travaux. Le chemin parcouru en 2019 augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, les fêtes de fin d’année vont permettre de marquer une pause avec, et cette séquence toulonnaise le rappelle, une pensée pour ceux qui assurent notre défense et notre sécurité à la mer.

 

 

Conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale

Le sujet d’études proposé à la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques concerne « les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale ».

Force est de constater qu’en quelques années, la Méditerranée orientale est devenue un espace clef de la géopolitique de l’énergie. En effet, dans un contexte de raréfaction des ressources énergétiques primaires, les découvertes récentes (2009-2015) de gisements d’hydrocarbures offshore dans le bassin levantin en Israël, en Egypte, en 2011 au sud de Chypre et plus récemment en 2018 au large du Liban, offrent aux Etats riverains de nouveaux débouchés économiques.

Cette dynamique nouvelle a amené les Etats du bassin à redéfinir leurs priorités stratégiques, afin de sécuriser leurs ressources et garantir leur indépendance énergétique.

Ces découvertes seront-t-elles l’occasion d’une coopération entre les nations pour se partager cette richesse ou, au contraire, une source de tension, voire d’une escalade militaire, pour la capter à leur profit exclusif ?

Pour tenter de répondre à cette question, la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) a adopté comme méthodologie celle proposée par le professeur Gourdin et confortée par l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Elle repose sur quatre grilles d’analyse : le territoire, les hommes, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs.

Avec cette méthode comme fil conducteur, les auditeurs de la 29ème Session se sont ensuite appuyés sur une approche pragmatique construite autour de conférences, d’auditions, d’interviews, de lectures pour in fine se déplacer à Chypre et y recueillir sur place, avec les acteurs locaux, des informations de contexte permettant d’alimenter la réflexion, l’analyse et les débats.

Nous présenterons donc dans une première partie comment se fait l’articulation entre problématiques énergiques et géostratégiques et ses conséquences sur les équilibres régionaux, pour ensuite évoquer dans une seconde partie trois scenarii possibles assortis de recommandations idoines de nature politique et militaire. Nous conclurons enfin par une recommandation visant les décideurs.

Lire le rapport intégral

 

Séminaire de rentrée pour la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

C’est parti ! La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques composée de 25 auditeurs s’est donnée rendez-vous le mercredi 16 octobre au Château de Cadarache pour lancer le cycle 2019-2020.

Une première approche du thème d’étude relatif aux enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée a été délivrée par le professeur Patrice Gourdin. C’est sous le prisme d’une province chinoise que ce docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’école de l’air et chercheur associé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a choisi d’aborder la question de ce nouveau défi. En s’intéressant à la province du Xinjiang, il a décliné une forme de matrice géopolitique reposant sur quatre facteurs déterminants que sont la population, le territoire, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs pour finalement dégager les risques et opportunités pouvant être rattachés aux nouvelles routes chinoises. Ce fut une belle entrée en matière avec une méthode dont les auditeurs pourront peut-être s’inspirer pour conduire leurs travaux.

La promotion de la 30ème SMHES à Cadarache.

Ensuite, la « pression » fut maintenue en présentant le programme de l’année. Un point d’attention a été portée sur les travaux de comité pour rappeler qu’il fallait toujours conserver en ligne de mire le rapport final des travaux de la session. Rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain pour soutenir les conclusions d’une année de travail collaboratif. L’exercice est difficile mais les auditeurs seront au rendez-vous de l’université de Toulon dans le cadre de l’attribution d’un diplôme universitaire.

Dès le lendemain, la visite du centre de Cadarache a permis, s’il en était besoin, à la session de mesurer la performance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cela tombe à point nommé puisque la session compte deux auditeurs issus de ce pôle d’excellence qui poursuivront les explications données à l’occasion de ce rendez-vous. Les savoir-faire dans la conception des chaufferies nucléaires et le réacteur RES ont souligné une expertise hors du commun où la France occupe un niveau d’excellence.

Ces visites tiennent toute leur place dans le déroulement d’une session. La réflexion stratégique doit en effet être conjuguée à la prospective technologique car elle en est souvent interdépendante. Les auditeurs ont été servis ! Car la suite de la visite a été consacrée à celle du chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… il faut interroger les auditeurs qui ont saisi tous les facteurs déterminants d’un réacteur prometteur pour la production d’énergie et le respect de l’environnement.

Sur le site d’ITER

Dans la soirée de ce jeudi 17 octobre, la session a rejoint la base aérienne d’Orange. Très belle présentation faite par le colonel Jordi Vergé. C’est une première approche des capacités de l’armée de l’air sur les scènes nationale et internationale. Cette base aérienne 115, née en 1939, au nom du « capitaine de Seynes » poursuit, nous dit-il, son envol et participe en permanence à la sûreté aérienne de notre territoire.

Ensuite, c’est un retour au thème de la session avec une intervention de monsieur Emmanuel Puig, sous-directeur de la stratégie au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie. Docteur en sciences politiques, sinologue, monsieur Puig ne s’aventure pas. Il déroule. Son expertise impressionne et son exposé fait mouche. La Belt and Road Initiative devrait donc bien occuper les auditeurs de la 30ème session.

A l’issue de ces séquences statiques, les auditeurs sont passés à une phase plus dynamique. Le mirage 2000 et son équipage observés de nuit dans sa hangarette alors que le décollage peut être réalisé en quelques minutes seulement ne les ont pas laissés indifférents. La posture permanente de sûreté prend ici toute sa dimension s’inscrivant dans la fonction protection de notre territoire. S’en est suivie la visite dynamique autour d’un hélicoptère Fennec en charge des mesures actives de sûreté aériennes pour l’interception de cibles lentes et d’un groupe de fusiliers commandos dont la mission est de garantir la protection des installations.

Il fallait poursuivre la présentation de l’armée de l’air sur un site d’importance car il constitue l’un des principaux tremplins pour la projection de nos forces en opérations. C’est donc à Istres, le vendredi 18 octobre au matin, que la 30ème Session a fait mouvement pour une présentation plus approfondie encore en l’élargissant aux fonctions stratégiques de projection et de dissuasion. Le colonel Pierre Gaudillière a livré aux auditeurs les clés de lecture indispensables pour comprendre le fait aérien dans sa dimension globale. Une opportunité rare en la circonstance pour compter parmi les premiers auditeurs à découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix considéré comme un véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire. A l’évidence, au terme de ces deux journées, une très belle image de l’armée de l’air a été adressée à une session qui démarre très vite.

Sur la base aérienne d’Istres.

Pour compléter cette compréhension du monde aéronautique, Dassault Aviation avait mis les petits plats dans les grands. Ce fleuron de l’aéronautique a été présenté à la hauteur de l’image qu’il renvoie dans le monde entier. Monsieur Alexis Durand, ancien auditeur des SMHES, n’a pas boudé son plaisir. La présentation de l’entreprise Dassault et du site d’Istres par le directeur des essais en vol, monsieur Patrick Castagnos, a presque retracé toute l’épopée des essais en vol et de ses équipages, acteurs historiques de l’innovation aéronautique. Les auditeurs ont ensuite parcouru le site en approchant de très près les avions Rafale et Falcon de dernière génération.

Enfin, pour clore ce déplacement, une réception à la préfecture de Région à Marseille a confirmé l’attention qu’il fallait accorder à des auditeurs très impatients d’interroger les grands responsables de l’Etat en Région. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à partager leurs réflexions avec monsieur Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et préfet des Bouches-du-Rhône.  Cette rencontre a témoigné de l’attachement qu’il porte à une formation née avec l’institut il y a maintenant 30 ans mais aussi de toute l’importance qu’il accorde à la réflexion de niveau stratégique. Les échanges nourris de ce rendez-vous ont d’ailleurs démontré que des auditeurs d’origines professionnelles très variées veulent prendre part au débat portant sur les grands sujets d’actualité et qu’ils entendent y tenir toute leur place.

Le directeur du centre méditerranéen d’études stratégiques, Patrick Lefebvre et le préfet Pierre Dartout, à la préfecture de région de Marseille.

Ce premier séminaire très prometteur s’est conclu le samedi 19 octobre à Toulon avec la conférence du vice-amiral Olivier Lebas sur le thème « la Méditerranée : enjeux opérationnels pour les armées ». Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée confirme que l’espace méditerranéen est un espace stratégique qui concentre les enjeux et les tensions. Une intervention complète, très riche avec une ouverture sur le thème de la présence chinoise qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée a dressé une présentation complète, très riche avec une ouverture sur le thème qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Rendez-vous en novembre désormais à Paris avec de très nombreux rendez-vous. Un agenda tendu en perspective avec une ambiance plutôt détendue mais des acteurs très concentrés et déterminés…

 

Clôture de la 29e session méditerranéenne des haute études stratégiques

La 29ème session méditerranéenne des haute études stratégiques s’est achevée le 15 juin 2019 à l’issue d’un séminaire de trois jours en région toulonnaise, marquée par les interventions du vice-amiral d’escadre Eric Chaperon et du vice-amiral d’escadre Charles-Henri de la Faverie du Ché.

Le 13 juin, l’ouverture du neuvième et dernier séminaire s’est déroulée à la salle Mozart, mise à la disposition de l’Institut FMES par la municipalité de Toulon. Le vice-amiral d’escadre Eric Chaperon, représentant militaire français auprès du Comité militaire de l’Union européenne et du Conseil de l’Atlantique Nord, y a présenté devant un parterre d’autorités civiles et militaires sa vision du rôle de l’OTAN et de l’Union européenne en Méditerranée. Il est en particulier longuement revenu sur les opérations militaires menées par les deux organisations, qui l’une comme l’autre, malgré des moyens et des ambitions différents, sont présentes sur le territoire de l’ex-Yougoslavie et déploient des forces aéromaritimes au large des côtes libyennes.

L’OTAN dirige une opération de soutien de la paix au Kosovo la Force pour le Kosovo (KFOR) – depuis le 12 juin 1999, qui « contribue à maintenir un environnement sûr et sécurisé au Kosovo et à y préserver la liberté de circulation au profit de tous ». L’Union européenne quant à elle mène une opération militaire en Bosnie-et-Herzégovine appelée « ALTHEA » afin « de jouer un rôle dissuasif […] et de contribuer à un climat de sûreté et de sécurité indispensable ». Cette mission est menée en ayant recours aux moyens et capacités communs de l’OTAN (accords « Berlin Plus »), soulignant ainsi les faiblesses de l’Union européenne sur le plan militaire. Dans le domaine maritime, l’Union européenne mène « une opération militaire de gestion de crise qui contribue à démanteler le modèle économique des réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains dans la partie sud de la Méditerranée centrale », baptisée « SOPHIA » tandis que l’OTAN contribue au travers de l’opération « Sea Guardian » à la connaissance de la situation maritime et à la lutte contre le terrorisme, et participe à la constitution de capacités de sûreté maritime.

L’après-midi du 13 juin ayant été consacré à la préparation par les auditrices et auditeurs de la restitution des travaux de comités, c’est le 14 juin que le cycle de visites a repris par une découverte de l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu, un des cinq ateliers du service industriel de l’aéronautique (SIAé). Créé en janvier 2008, le SIAé est un service de soutien qui relève du chef d’état-major de l’armée de l’air et qui « exécute les actions de maintenance industrielle des matériels aéronautiques dont la responsabilité lui est confiée ou dont il obtient commande ». A ce titre, l’AIA de Cuers Pierrefeu assure essentiellement la maintenance du parc aéronautique de la Marine nationale, à l’exception des Rafales, et a livré 21 aéronefs en 2018. Mais la particularité de l’AIA réside dans sa division « radômes et composites », le personnel de l’atelier concevant, réalisant et testant les radômes de tous les aéronefs militaires depuis le Mirage IV, ce qui à l’époque permettait de garantir l’autonomie stratégique de la dissuasion nucléaire. C’est en préservant cet héritage que l’AIA a fabriqué en 2018 trente-trois radômes et en a rénové 73.



A l’issue d’un rapide buffet pris au milieu des vignobles varois, les auditrices et auditeurs ont eu le privilège de visiter l’installation nucléaire de base secrète de Toulon située au cœur de la base navale de Toulon, achevant ainsi un cycle « nucléaire » débuté dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire du centre de recherche de Cadarache. Conformément à l’organisation du ministère des Armées dans les domaines de la sécurité nucléaire fixée par l’arrêté du 20 août 2015, le directeur du service de soutien de la flotte de Toulon a été désigné comme responsable d’installation par le chef d’état-major de la marine, lui-même exploitant délégué « des INBS, moyens et installations associés en service implantés à Toulon, Brest et l’île Longue ». Les auditrices et auditeurs, après avoir revêtu les tenues appropriées, ont été en mesure de constater la rigueur des dispositions prises pour « prévenir et limiter les nuisances et les risques externes résultant de l’exploitation des INBS », en matière de pollution atmosphérique comme de de pollution des eaux.

Enfin, acte final de la 29ème session, la matinée du samedi 15 juin a permis aux auditrices et auditeurs de restituer les travaux portant sur les « conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale ». Dans un brillant exposé à plusieurs voix devant de nombreuses autorités, s’appuyant sur leurs recherches personnelles et les nombreuses visites et interviews ayant marqué la session, ils ont déroulé trois scénarios issus de leurs réflexions prospectives, allant d’une vision optimiste permettant à tous les pays riverains de bénéficier des richesses des sous-sols marins à la montée d’un conflit ouvert, assortie de propositions permettant d’éviter cette confrontation. Le vice-amiral d’escadre Charles-Henri de la Faverie du Ché, commandant la zone maritime Méditerranée, qui avait déjà prononcé la conférence d’ouverture le samedi 20 octobre 2018, a tenu à remercier et féliciter les intervenants pour la qualité de leurs travaux, avant de partager avec eux l’option qu’il avait retenue et qu’il ne manquera pas de défendre dans les prochaines semaines.

Alors que, coïncidence des calendriers, les sept chefs d’Etats et de gouvernements des pays du sud de l’Union européenne publiaient une déclaration qui dans son paragraphe 22 affirmait « les droits souverains de la République de Chypre à explorer, exploiter et développer ses ressources naturelles au sein de sa zone économique exclusive » et s’inquiétaient des activités de forage « réelles ou potentielles » conduites par la Turquie dans cet espace, le vice-amiral (2S) Benoît Le Masne de Chermont, président de l’Institut FMES, a clos la 29ème session en remettant aux auditrices et auditeurs leur diplôme cosigné par le général de corps d’armée Patrick Destremau directeur de l’Institut des hautes études de défense nationale.

 

La 29ème Session SMHES « au contact » de l’armée de Terre

A l’occasion de leur huitième et avant-dernier séminaire, les auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégique ont été accueillis dans trois formations de l’armée de terre stationnées dans la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Le séminaire s’est prolongé par une conférence, ouverte aux adhérents de l’Institut FMES, traitant des accords internationaux et de la souveraineté des Etats puis par une table ronde portant sur la recherche d’une solution juridique aux différends sur la délimitation des espaces maritimes chypriotes.

Les auditeurs ont été accueillis le jeudi 16 mai 2019 à Marseille par le général de division Bruno Guibert, commandant la 3ème division, qui engerbe, pour reprendre les termes en usage, 25 régiments relevant des 2ème brigade blindée, 6ème brigade légère blindée et 11ème brigade parachutiste. Deux grands thèmes ont soutenu la présentation générale. Tout d’abord, nos hôtes ont insisté sur la remontée en puissance décidée après les attentats de janvier 2015, qui a permis de porter les effectifs de la force opérationnelle terrestre de 66 000 à 77 000 militaires, conformément à son nouveau contrat opérationnel qui intègre désormais un déploiement majeur et permanent sur le territoire national. A également été présenté le nouveau modèle d’armée baptisé « Au Contact », élaboré pour tenir compte du contexte opérationnel et supprimer « certaines rigidités apparues depuis le passage à une armée professionnelle ». Ce modèle repose sur un rééquilibrage entre les fonctions stratégiques, avec un accent plus marqué sur les fonctions de prévention et de protection du territoire national, la mise en œuvre d’un spectre complet de capacités et un changement de génération des capacités terrestres, avec l’avènement des nouveaux équipements du programme SCORPION.

La présentation s’est poursuivie par trois exposés permettant aux officiers de l’état-major de partager leur expérience sur Barkhane, opération lancée le 1er août 2014, qui « vise en priorité à favoriser l’appropriation par les pays partenaires du G5 Sahel de la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne ». Parmi les multiples missions auxquelles contribue l’armée de terre, il a également été possible de découvrir la vie quotidienne du détachement français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, établie en mars 1978 et le rôle déterminant de l’officier français inséré au sein de la Multinational Force & Observers, une organisation internationale chargée de contrôler l’application du traité de paix israélo-égyptien sur la frontière orientale du Sinaï.

A l’issue du déjeuner, les auditeurs ont progressé d’une vingtaine de kilomètres dans l’est pour gagner le camp de Carpiagne, occupé depuis juillet 2014 par le 1er régiment étranger de cavalerie, un des sept régiments constituant la 6e brigade légère blindée. Accueillis par le colonel Olivier Baudet, ils ont pu échanger avec les nombreux légionnaires mobilisés pour présenter les principaux équipements du régiment, parmi lesquels les engins blindés AMX-10 RC-R (Roues-Canon rénovés). Evoquant leur métier avec une pointe d’accent tantôt mongol, tantôt roumain, tantôt indéterminé, les légionnaires ont été fidèles à la réputation de ce corps légendaire. C’est avec une grande fierté qu’ils attendent l’arrivée des premiers engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, emblématiques du programme SCORPION, qui « vise à créer un système de combat tactique évolutif et flexible, à même de remplir toutes les missions opérationnelles présentes et futures de l’armée de Terre ». La journée s’est achevée sans surprise autour d’un verre de Puyloubier, issu du domaine éponyme où s’est installé en 1954 l’Institution des invalides de la légion étrangère.

Poursuivant leur découverte de l’armée de terre, les auditeurs se sont retrouvés le vendredi 17 mai 2019 au Cannet des Maures, devant l’entrée de la base école général Lejay, du nom du premier commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Reçus par le général de brigade Jean Bouillaud, commandant l’École de l’aviation légère de l’armée de terre, entouré par des représentants du Centre de formation interarmées NH 90 et de l’École franco-allemande du Tigre, ils ont pu se projeter dans la troisième dimension et appréhender la spécificité de l’aérocombat. Fort d’un parc de 320 aéronefs totalisant 75 000 heures de vol par an, l’ALAT comptabilise 53% du parc étatique des voilures tournantes, loin devant l’armée de l’Air (17%) et la Marine nationale (11%). L’action de ces hélicoptères a été déterminante dans le succès des derniers engagements dans le Sahel (opération Serval), en Libye (opération Harmattan), en Afghanistan (opération Pamir), en Côte d’Ivoire (opération Licorne) ou en République centrafricaine (opération Sangaris), ces aéronefs ayant contribué de façon majeure à la destruction des éléments adverses, sans qu’aucune perte civile n’ait été observée au cours des dernières opérations citées. Seule ombre au tableau, la faible disponibilité du parc a été évoquée en toute transparence, illustrant ainsi une défaillance bien identifiée par la ministre des armées, qui avait annoncé dès décembre 2017 une série de mesures destinées à améliorer la disponibilité des aéronefs militaires. Le général de brigade Jean Bouillaud a conclu ces trois demi-journées pleinement consacrées à l’armée de terre en rappelant les objectifs de l’ALAT de disposer des capacités nécessaires pour affronter victorieusement les bulles de déni d’accès qui se multiplient, par exemple le long des rivages de la Méditerranée.

La journée s’est achevée par une conférence prononcée par un ancien conseiller militaire de la représentation permanente de la France auprès de de la Conférence du désarmement à Genève. S’appuyant sur une longue expérience des négociations internationales, l’orateur a détaillé les règles non écrites dont le respect permet l’élaboration consensuelle des décisions internationales, tout en garantissant la souveraineté des Etats. Il est revenu sur le positionnement des diplomates et des militaires qui les conseillent et sur les nombreux outils à leur disposition leur permettant de rallier à leur cause les nations « hésitantes ». Le lendemain matin, maître Béatrice Trigeaud, avocate au barreau des Hauts-de-Seine, a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, en présentant les multiples modes de résolution du différend opposant la Turquie à la communauté internationale sur la délimitation des espaces maritimes entourant l’île de Chypre. En présence du commissaire général adjoint au préfet maritime de la Méditerranée, chargé de l’action de l’État en mer, une table ronde a suivi cet exposé magistral, sans que les « difficulté substantielles » ne trouvent de solution évidente, la Turquie n’étant pas partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la République turque de Chypre du Nord restant une entité sans substance juridique, reconnue uniquement par la Turquie.

Le séminaire de clôture se tiendra du 13 au 15 juin 2019 à Toulon et verra le président de l’Institut FMES et le représentant du directeur de l’IHEDN remettre leurs diplômes aux auditeurs.

 

29ème SMHES à Genève : au cœur du multilatéralisme et des institutions internationales

Les 17 et 18 avril, les 20 auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont rendus à Genève pour leur 7ème séminaire basé sur les institutions internationales.

La première matinée s’est déroulée à l’Humanitarium du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après une vidéo recensant les activités de l’organisation internationale, Pascal Daudin, ex-conseiller à la direction du droit international et des politiques humanitaires fraichement retraité, a fait le déplacement spécialement pour les auditeurs. Il a présenté les activités du CICR autour du thème « Les nouveaux défis de l’action humanitaire dans les zones à risques ». Cette conférence a été l’occasion d’apprendre les circonstances de la création du CICR, imaginé durant la bataille de Solferino par Henry Dunant. Possédant une identité duale – normative et opérationnelle – le CICR, qui est basé sur une action neutre, indépendante et impartiale, possède un budget de 2 milliards de dollars par an et bénéficie de 80 délégations à travers le monde. Pascal Daudin a évoqué le déclin du multilatéralisme dans un contexte géopolitique mondial où le souverainisme est exacerbé. Ce phénomène rend difficile l’intervention dans certains Etats qui y voient une ingérence. Ce climat questionne sur le devenir du CICR et plus globalement de l’action humanitaire, notamment avec l’émergence des nouvelles technologies.

A l’Humanitarium du CICR.

A l’issue de cette conférence, Brian McQuinn, chercheur diplômé de l’université d’Oxford a donné une analyse des groupes armés non étatiques. Spécialiste de la Libye, il travaille avec plus de 100 groupes armés à travers le monde.

La matinée s’est poursuivie à la villa des Ormeaux où travaillent les deux ambassadeurs français auprès des organisations internationales : Yann Hwang et François Rivasseau. Yann Hwang est le représentant de la France auprès de la Conférence du désarmement à Genève tandis que François Rivasseau est le représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse.

Après un déjeuner dans le jardin de la villa permettant une splendide vue sur la ville de Genève où les auditeurs ont pu tour à tour discuter avec M. l’ambassadeur Yann Hwang, la diplomate égyptienne Heidi Serry a évoqué l’amitié franco-égyptienne, la coopération euroméditerranéenne et les défis auxquels Le Caire est confronté, notamment le terrorisme ou les migrations illégales. Ces thèmes font partie des priorités de l’Egypte depuis février, date qui marque le début de sa présidence de l’Union africaine.

L’ambassadeur Hwang, en poste depuis septembre 2018 à Genève, a expliqué la notion du désarmement aux auditeurs. Ce terme faisant référence à la contrainte de l’arme et de sa possession, il s’agit d’un droit à vocation universelle auquel tous les Etats sont supposés s’engager. Née après la Première guerre mondiale, cette idée a réémergé à l’issue de la Seconde guerre mondiale à Genève : la course aux armements doit être régulée par le droit. L’ambassadeur a donné un éclairage sur les Etats et leurs rapports à la notion de désarmement.

Les auditeurs en présence de l’ambassadeur Hwang

A l’issue de ses propos, les auditeurs se sont entretenus avec les conseillers de l’ambassadeur. Benjamin Weizs, son premier conseiller a dressé un tableau sur le métier de diplomate et a donné des éclairages sur l’immunité diplomatique. Les diplomates sont en effet les canaux de communication entre les Etats.

Le conseiller militaire de l’ambassadeur, le colonel Pascal Levant, a donné un discours franc sur la place qu’occupe la France dans le désarmement. Parce qu’elle fait la guerre, produit, utilise et vend des armes, Paris fait figure de « mauvaise élève ». Toutefois, la commission de désarmement a pour mission de défendre ses intérêts. Les auditeurs ont appris que la Conférence du désarmement à Genève repose sur le consensus. Or, cette notion est difficile à atteindre. On parle alors de blocage des institutions, notamment du fait des positions américaine et russe.

La fin de l’après-midi a été marquée par l’intervention de M. l’ambassadeur François Rivasseau, représentant permanent de la France auprès de l’ONU et des 37 organisations internationales à Genève. Ses missions à Genève sont duales. D’abord, il doit représenter la France à travers l’influence et la défense des intérêts français. D’autre part, il a pour mission d’œuvrer en faveur des droits de l’homme. A ce titre, les sujets humanitaires en lien avec le CICR, l’OIM, l’UNHCR sont nombreux, d’autant plus que les crises sont bloquées. Il est plus aisé pour les interlocuteurs de se rencontrer à Genève plutôt qu’à New York, siège de l’ONU. Dans la ville suisse, François Rivasseau a expliqué que le multilatéralisme se faisait « au jour le jour », le contexte étant moins « abrasif » qu’à New York.

Le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur de l’institut FMES et l’ambassadeur François Rivasseau

Ses propos ont laissé place à l’intervention de Cécile Mahé, déléguée permanente adjointe auprès Délégation permanente de la France auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’OMC est une organisation indépendante comptant 164 Etats membres, les derniers pays ayant adhéré étant le Libéria et le Yémen. L’Union européenne est en charge de négocier à la place de Paris. Quant à la France, elle « explique et écoute ». Avec un budget de 200 millions de francs suisses, l’OMC vit des contributions de ses membres. A ce titre, la France en est la 6ème contributrice en 2019. Cécile Mahé a donné une description complète et honnête des problèmes que traverse l’OMC notamment s’agissant des cycles de négociations qui sont longs et qui nécessitent un consensus.

Cette première journée s’est conclue par l’inauguration du « chalet de la paix » dans le jardin de la Villa des Ormeaux.

Jeudi 18 avril qui marque la deuxième journée de séminaire a été consacrée à l’Organisation des Nations unies (ONU) et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le bâtiment historique de l’ONU, inauguré à l’époque de la Société des Nations, Alexandre Carette, assistant presse a détaillé l’organisation, ses activités et les enjeux contemporains que pose le multilatéralisme. Tandis que l’ONU compte actuellement 193 Etats membres, pas moins de 10 000 réunions se tiennent chaque année dans l’enceinte du bâtiment. L’ONU est le symbole même du multilatéralisme, son idée de départ étant de construire un monde où les camps de concentration et la Seconde guerre mondiale ne devaient plus arriver. L’organisation officie à Genève, « capitale des droits de l’homme ». En effet, dans cette ville se trouvent les sièges du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, du Conseil des droits de l’homme ou encore des organes des traités des droits de l’homme.

La matinée s’est poursuivie au siège de l’Organisation mondiale du commerce avec l’intervention de Pierre Latrille, conseiller, division de l’examen des politiques commerciales. Ses propos ont complété ceux de Cécile Mahé la veille et ont donné un éclairage sur la stratégie de l’OMC.

Après un déjeuner dans la cafétéria de l’ONU, les auditeurs de la 29ème session SMHES ont assisté à la conférence de Luc Brandt, conseiller spécial au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Une vidéo a présenté l’action de l’organisation. Luc Brandt a détaillé les caractéristiques des réfugiés et leur parcours pour accéder à l’asile. Il a toutefois expliqué que le système d’asile est actuellement en crise alors que le monde compte environ 25 millions de réfugiés – la plupart originaires du Soudan du Sud, d’Afghanistan et de Syrie. Avec un budget annuel total de 7 milliards de dollars, le UNHCR est également en charge de l’installation de ces migrants, conformément aux demandes des pays d’accueil. Les Etats-Unis figurent à la première place des donateurs tandis que la France est à la 14ème position.

 

Le séminaire international s’est achevé avec Azzouz Samri, chef de la division des organes directeurs et conseiller régional pour l’Afrique par intérim qui a décrit les activités de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Après un bref historique de l’OIM, Azzouz Samri a décrit le profil des migrants avec des chiffres et a donné l’étendue des missions de l’OIM. L’OIM agit afin relever les défis que pose la gestion des flux migratoires, entend favoriser la compréhension des questions de migration, promeut le développement économique et social à travers les migrations et œuvre au respect de la dignité humaine et au bienêtre des migrants. Son champ d’action est étendu et concerne le développement humain, la santé, le rapatriement et la consolidation de la paix.

Au cœur de « Genève internationale », les auditeurs ont reçu un message fort sur le multilatéralisme. Motivé par un idéal de paix, le multilatéralisme est indispensable au maintien de la paix et à la garantie des droits de l’homme. Toutefois, les interlocuteurs rencontrés ont souligné la difficulté que connait actuellement cette notion et les enjeux auxquels elle est confrontée.

 

Escale en Région Sud pour la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques

Du 14 au 16 mars 2019, les auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont réunis pour le sixième séminaire à Marseille, la Seyne-sur-Mer et Toulon autour du thème « les domaines terrestre et aéroterrestre ».

Le jeudi 14 mars, la journée a été consacrée à la Gendarmerie nationale. Dans une salle prestigieuse de la caserne Donadieu, les auditeurs ont visualisé un clip retraçant l’action de la Gendarmerie nationale. Héritier de la Maréchaussée créée en 1336, ce corps militaire, vieux de huit siècles d’histoire prend l’appellation de Gendarmerie nationale en 1791.

La Gendarmerie nationale est très importante aux échelles nationale et régionale. Pour l’année 2017, elle comptait 100 000 personnes civiles et militaires auxquelles s’ajoutaient environ 30 000 réservistes. Le budget alloué était de 7,27 milliards d’euros. S’agissant de la zone de défense Provence-Alpes-Côte d’Azur, 16 000 gendarmes assurent la sécurité des 11 millions d’habitants. Le maillage territorial étant très important, la Gendarmerie nationale est compétente sur 95% du territoire. L’officier et ancien auditeur de l’institut FMES, André-Marc Hébert a donné une conférence sur la gestion de crises en zone Sud et les capacités de la Gendarmerie nationale. Il a évoqué le crash de l’Airbus A330 de la Germanwings du 24 mars 2015 qui a notamment mobilisé la Gendarmerie nationale à Marseille et qui a nécessité une gestion humaine et médiatique de la part des gendarmes. L’officier a également expliqué les enjeux auxquels est confrontée la Gendarmerie en région Sud durant les affluences saisonnières mais également en terme de gestion de la migration.

La matinée s’est poursuivie avec la présentation du colonel Eric Painset concernant la mission prévôtale de la Gendarmerie dans ses opérations extérieures. La gendarmerie, sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l’étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. L’année 2013 marque l’instruction ministérielle fixant le cadre d’emploi de cette prévôté. Actuellement, le colonel Eric Grosset est à la tête de la gendarmerie prévôtale.

S’adressant aux auditeurs, le colonel Eric Painset a fait un RETEX de l’opération Chammal détachée en Jordanie. La France s’est engagée en Jordanie en 2014 à la demande de l’Etat irakien avec les forces de la coalition pour lutter contre Daech. Si en septembre 2015 les premières frappes en Syrie ont débuté pour détruire les cellules terroristes, le contexte a évolué avec la chute imminente du dernier bastion de Daesh et les techniques de guérilla développées alors par l’organisation terroriste.

Après un cocktail déjeunatoire au cercle mixte de la caserne Donadieu, le séminaire s’est poursuivi à la caserne Hetzel pour une démonstration dynamique des actions de la gendarmerie. Après des explications vidéos sur les actions du Groupe d’Observation et de Surveillance (GOS), les auditeurs ont pu bénéficier d’un exercice de simulation d’un groupe d’intervention cynophile et d’une démonstration avec un maître-chien. Divers ateliers ont permis aux auditeurs d’en apprendre davantage sur les moyens techniques et humains dont dispose les gendarmes dans le cadre de leurs interventions.

La journée s’est achevée à l’Hôtel de Région à Marseille. Après une intervention du président de l’institut FMES, Benoit le Masne de Chermont, Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur et membre du Conseil d’administration de l’institut FMES a fait une présentation de la région. Comptant environ 5 millions d’habitants, il s’agit de la première région militaire de France et la deuxième région touristique. Sa situation géographique la place aux confluences des flux européens et méditerranéens et fait d’elle un hub international naturel. Le PIB de la Région s’élève à 157 milliards d’euros, représentant 8% du PIB national avec des filières économiques privilégiées.

La Région Sud s’est donnée pour mission d’être le premier partenaire de l’entreprise. Pour ce faire, elle a mis en place des dispositifs de soutien, de création, d’accompagnement et de reprise au profit des entreprises. Parmi eux, le Fonds d’intégration économique régional (FIER) et la Banque régionale de l’emploi et de l’apprentissage (BREA), créée par Yannick Chenevard, vice-président du conseil régional et également membre du conseil d’administration de l’Institut FMES.

Le domaine maritime bénéficie d’une place importante dans la région. Philippe Vitel dirige l’Opération d’intérêt régional (OIR) concernant l’industrie navale et maritime chargée de piloter l’économie de la mer. En effet, ce secteur est primordial pour cette région qui représente la troisième région en France dans ce domaine avec 872 kilomètres de côtes, 250 000 immatriculations de navires, le plus grand port de guerre de la Méditerranée (Toulon) et le plus grand port commercial (Marseille). Le but de l’OIR est de consolider et améliorer la performance des filières navales et maritimes de la région.

Quelques projets mis en place par la Région Sud :

  • DroneSeastem : application maritime des drones (Eca group)
  • Solution digital du « smart port » (Marseille Gyptis International)
  • Navire « souteur » en Gaz naturel liquéfié (GNL) qui est pour Philippe Vitel l’avenir du maritime
  • Plateforme SeaLab / System Factory (en collaboration avec l’OIR Industrie du futur)

L’intervention du vice-président régional a laissé place à la présentation de Gilles-Olivier Bertrand, directeur du développement et du financement des entreprises qui a présenté les projets FIER à destination des TPE et des PME régionales. Le directeur du développement a également précisé que les OIR sont des catalyseurs de projets structurants pour nos territoires. Enfin, Geneviève Kalfon, directrice de l’attractivité, du rayonnement international et de l’innovation a donné les trois grands objectifs de la Région Sud :

  • Renforcer l’attractivité de la région à l’égard des investissements
  • Accompagner l’internationalisation des entreprises
  • Renforcer les partenariats internationaux

Pour ce faire, la Région Sud-Provence-Alpes-Côtes d’Azur met en place des dispositifs opérationnels au service des entreprises et les accompagne vers des destinations dites prioritaires. Parmi elles, les pays du « grand large » (Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, etc.) ; des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb, Israël, Espagne, Italie, etc.) ; du nord de l’Europe (Allemagne, Danemark, Norvège etc.) ou des pays plus spécifiques tels que le Costa Rica ou certains pays d’Afrique. Le budget consacré à l’export et à l’international est de 2 millions d’euros.

Le vendredi 15 mars, les auditeurs ont découvert le groupe CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée). Fondé en 1856 sous l’appellation de Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) et rebaptisé en 1966, CNIM est un équipementier et ensemblier industriel français de dimension internationale qui intervient dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la défense et des hautes technologies. L’entreprise est au service des grandes entreprises privées et publiques, des collectivités locales et des États.

Pierre Marage, responsable des ventes sur le domaine de la défense et auditeur de la 21ème Session a présenté le groupe et ses filiales, dont Bertin, SunCNIM, CNIM Martin. A travers la devise « CNIM intervient là où l’homme a besoin », les auditeurs ont découvert le large spectre d’activités de l’entreprise qui compte en son sein des équipes pluridisciplinaires, des machines uniques en France et d’une capacité industrielle exceptionnelle. La matinée s’est poursuivie avec la visite des installations, l’occasion pour les auditeurs d’apprendre que le groupe CNIM fabrique entre autres des coiffes pour Ariane VII.

Après un déjeuner dans les locaux du groupe CNIM, les auditeurs ont rejoint la base navale de Toulon pour écouter la présentation des sous-marins SNA de type Rubis de la Marine nationale française. Redoutables chasseurs de sous-marins, les SNA sont longs de 73,6 mètres et vont à une vitesse supérieure à 20 nœuds. Ils sont indispensables à la sûreté et au soutien de la force maritime comme à la protection d’une force aéronavale à la mer et concourent également à une « dissuasion conventionnelle ». À la fois navires de combat et instruments de puissance, ils bénéficient d’une capacité de frappe contre la terre dans la profondeur et des moyens accrus de mise en œuvre de forces spéciales. Les SNA sont conçus pour naviguer 220 jours par an et deux équipages de 70 hommes sont nécessaires pour les armer.

La présentation s’est concrétisée par la visite du sous-marin d’attaque Emeraude, le quatrième exemplaire des six sous-marins de type Rubis, lancé le 12 avril 1986 à Cherbourg. Répartis en trois groupes, les auditeurs ont pu visiter tous les compartiments de ce bâtiment semblable à celui utilisé pour le film français Le Chant du Loup : chambres, carré des officiers, cuisine, tour de contrôle, etc.

A l’issue de la visite, les auditeurs ont rejoint l’amphithéâtre de la Maison du numérique et de l’innovation pour écouter la conférence prononcée par Pascal Frion sur le thème « Intelligence : de l’infodictat d’hier à l’infodetox de demain ». Le conférencier, devant les auditeurs et les adhérents de l’institut FMES a donné des pistes afin de bénéficier d’un meilleur rapport à l’information.

Enfin, les travaux de comité ont occupé la matinée du samedi 16 mars. Les auditeurs, répartis en trois comités travaillent depuis le mois d’octobre sur un rapport final portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Tour à tour, ils ont fait part de leurs avancements. Le Professeur Jean-Jacques Roche, Directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) leur a fait l’honneur de sa présence. Après avoir écouté les axes et scenarii de chacun, le Professeur Roche leur a donné des conseils pour les avancements futurs.

Après ces présentations, interventions et visites intéressantes, les auditeurs se retrouveront le 17 avril à Genève pour un séminaire dédié aux instances internationales.

Escale toulousaine pour la 29ème Session

Les auditrices et auditeurs de la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont réunis jeudi 17 janvier pour leur 4ème séminaire, consacré aux domaines spatial et aérospatial. Ce séminaire de 2 jours a été l’occasion de découvrir les grandes entreprises du domaine implantées dans la ville de Toulouse.

La première matinée a été consacrée au Centre spatial de Toulouse, issu du Centre national des études spatiales (CNES). Créé en 1961 à l’initiative du président Charles de GAULLE, le CNES est l’agence spatiale de l’Etat français, implanté sur quatre site (Paris, Toulouse, Kourou et Paris-Daumesnil) et placé sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation d’une part et du ministère des Armées d’autre part. Le centre entretient par la même des relations étroites avec le ministère de l’Economie et des Finances.

Dans le nouvel espace de travail collaboratif, le Crealab, Philippe MARCHAL, directeur adjoint à la direction des services orbitaux, nous a présenté l’agence de Toulouse qui comprend environ 1 700 collaborateurs, principalement des ingénieurs et des cadres au service de l’Agence spatiale européenne (ESA). A hauteur de 2,4 milliards d’euros afin de développer projets nationaux et européens, le CNES bénéficie du budget le plus important en Europe.

La présentation s’est poursuivie avec l’intervention du général Philippe STEININGER, conseiller militaire du Président du CNES. Il nous a dressé un tableau des capacités spatiales françaises au service de la Défense.

Les auditeurs ont eu la chance de découvrir le CADMOS (Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales). Créé il y a 25 ans, le CADMOS est un centre officiel de l’ESA spécialisé dans la physiologie humaine. Une vidéo de l’astronaute français Thomas PESQUET a permis de découvrir les différentes expériences à bord de la station spatiale internationale mais également les inventions faites pour les besoins de la station qui peuvent s’avérer utiles sur Terre.

Direction la planète Mars avec une visite du Fimoc (French Instrument Mars Operation Centre). Si le CNES a décidé d’étudier Mars, c’est parce que les planètes Mars et Terre se ressemblent. Toutefois, Mars est devenue une planète sèche et froide et a perdu son champ magnétique. L’enjeu est de comprendre vers quoi peut évoluer la Terre, notamment à travers la mission INSIGHT (INterior exploration using Seismic Investigations, Geodesy and Heat Transport). Aussi, les rover Opportunity et Curiosity explorent l’eau et l’habilité de la planète. Enfin, Alain GABORIAUD, ingénieur projets nous a présenté les CubSat, des mini satellites de 34 centimètres de hauteur, développés avec des étudiants ingénieurs. Ce projet qui coute 1,8 million d’euros, dure depuis 6 ans. L’un d’eux, appelé iSat, sera lancé en octobre prochain.

La 29ème Session remercie Fabienne SERENE, sous-directrice techniques bord du CNES et auditrice pour cette visite enrichissante.

Après un buffet offert par le CNES, les auditeurs se sont rendus à Airbus Defence and Space (ADS) pour une présentation générale des activités spatiales d’Airbus qui représentent 29% de l’activité du groupe. Cette visite a été l’occasion d’apprendre que le groupe est numéro 1 européen pour les systèmes spatiaux et numéro 2 mondial (derrière l’américain Boeing). Le groupe est également numéro 1 à l’échelle mondiale s’agissant des satellites de télécommunications et des systèmes d’observation. Le site de Toulouse comprend 5 200 employés.

Les auditeurs ont vêtu blouse, surchaussures et charlotte pour pénétrer dans la salle blanche AIT (Assemblage, Intégration, Tests) afin de voir toutes les étapes d’assemblage des satellites jusqu’aux tests acoustiques. Le satellite T16, qui sera bientôt lancé par Ariane 5 était présent.

La première journée de séminaire s’est achevée par les travaux de comités, en vue de la rédaction d’un rapport portant sur les conséquences géostratégiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale.

La matinée du vendredi 19 janvier a été consacrée à Thales Alenia Space. Albert CERRO, directeur du site de Toulouse, nous a reçu et nous a présenté le groupe Thales, présents dans 56 pays et comprenant 64 000 employés, dont la moitié de militaires. Le site de Toulouse est spécialisé dans les charges utiles et numéro un mondial de la constellation vidéo. Thales Alenia Space, issu du mariage entre les entreprises française et italienne Thales et Leonardo, comprend 8 000 employés sur 15 sites à travers 8 pays. Le site de Toulouse, grand de 27 hectares, est le deuxième géant dans le domaine avec ADS et comprend 3 400 employés et prestataires. Une vidéo a présenté à la 29ème Session Stratobus, un ballon de 130 mètres de long capable de monter à 20 kilomètres d’altitude et de tenir un an dans l’espace. La production devrait démarrer en 2023 et ce ballon pourrait remplir plusieurs missions : météorologiques, observation et surveillance, télécommunications.

La visite chez Thales Alenia Space a permis aux auditeurs de bénéficier d’explications autour du Programme Galileo. Depuis l’origine du projet, le groupe est un partenaire important du programme développé par l’Union européenne et équivalent du GPS américain. Galileo sera basé sur une constellation de 30 satellites en orbite à 23 222 km d’altitude. Pour satisfaire le client final, la Commission européenne, Thales Alenia Space s’appuie sur l’ESA, son bras technique. A l’issue de la présentation Galileo, la 29ème Session a découvert Egnos (European Geostationary Navigation Overlay Service) qui améliore les performances des systèmes de géolocalisation par satellite en utilisant le principe du GPS différentiel.

La matinée s’est achevée avec la nouvelle visite d’une salle blanche durant laquelle les auditeurs ont découvert l’un des 23 caissons de vide thermique présents sur le site mais également des réflecteurs, des antennes ou des pièces à impression 3D.

Le séminaire s’est terminé par la visite d’une des usines Airbus à Toulouse : Airbus SAS spécialisée dans les avions civils. Les auditeurs ont été accompagnés de Serge BOISSIERE, ancien auditeur des SMHES.

Airbus est le leader mondial de la construction aéronautique avec un chiffre d’affaires de 43,5 milliards d’euros. Une présentation de la famille Airbus (avions monocouloirs et gros porteurs) a été donnée ; l’occasion d’apprendre, pour les auditeurs, qu’une durée de vie d’un avion Airbus est d’une trentaine d’années.

Le séminaire s’est conclu par une visite de la ligne d’assemblage où les « compagnons » réalisent quotidiennement un travail minutieux pour cet avion long-courrier capable de transporter jusqu’à 325 passagers.

L’Institut FMES remercie tous les organismes visités ainsi que les personnes qui ont permis de faire de ce séminaire un moment enrichissant.

 

Les auditeurs dans le Crealab du CNES durant la présentation du général STEININGER.  

La 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques à Paris

Les auditeurs au Quai d’Orsay, lors de la conférence de Gurvan le BRAS du CAPS.

Les auditrices et auditeurs de la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) se sont retrouvés à Paris le 15 novembre 2018 pour leur deuxième séminaire, consacré aux centres de décision de l’action extérieure de la France. Ces trois jours auront également été l’occasion de découvrir qu’un membre de l’Union européenne n’était maître que de 61 % de son territoire.

La première visite a été réservée au Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), un service du Premier ministre qui l’assiste dans l’exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Dirigé depuis le 5 mars 2018 par Madame Claire LANDAIS, conseillère d’Etat, le SGDSN assure en particulier le secrétariat du conseil de défense et de sécurité nationale. Le général de brigade aérienne Stéphane DUPONT, conseiller pour les affaires de défense, a ainsi détaillé les différentes missions de cette « pièce de cohésion » au sein de l’exécutif, qui coordonne les politiques interministérielles de sécurité et de défense.

Monsieur Edouard GENDROT, affecté au bureau « Environnement et politiques de défense » de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) a rejoint les auditrices et auditeurs au 51, boulevard de la Tour-Maubourg. Notamment chargé de mission auprès du Président du comité de la revue stratégique de défense et de sécurité nationale en 2017, il est revenu sur les principaux enseignements de cette revue après avoir rappelé les fondamentaux de la politique de défense française, dont la primauté du Président de la République, qui permet « un processus décisionnel réactif, adapté à la volatilité du contexte international et à la soudaineté des crises ». Cette spécificité française explique la place centrale qu’occupe la France dans l’Initiative européenne d’intervention, construite autour d’un socle restreint de dix États européens « ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations au service de la sécurité européenne ».

Après un déjeuner pris en commun dans les salons de l’Ecole militaire, les auditrices et auditeurs ont entendu un officier de la Direction du renseignement militaire (DRM) leur décrire la menace à l’horizon 2030 telle qu’elle est aujourd’hui anticipée. La DRM, l’un des six services spécialisés de renseignement aux côtes de la direction générale de la sécurité extérieure, de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense, de la direction générale de la sécurité intérieure et des services à compétence nationale dénommés « direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières » et « traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins », relève du chef d’état-major des armées dont elle satisfait les besoins en renseignement d’intérêt militaire.

Cette première journée s’est achevée par une brillante intervention du professeur Jean-Jacques ROCHE, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de la défense nationale. S’appuyant sur de nombreuses études académiques de référence mondiale, le conférencier a démontré, chiffres à l’appui, que « le monde va mieux, beaucoup mieux même », et qu’il « n’a jamais été aussi peu violent ». Dans une deuxième partie, le professeur Roche s’est attaché à décrypter au profit des auditrices et des auditeurs les raisons pour lesquelles « le sentiment subjectif d’insécurité l’emporte sur l’observation objective de la réalité ». Riches de ces éléments, ces derniers sauront désormais mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et anticiper celui de demain et les nouvelles surprises stratégiques qui ne manqueront pas de survenir.

Le vendredi 16 novembre 2018 a été l’occasion pour les auditrices et auditeurs d’approfondir leurs connaissances du bassin oriental de la Méditerranée et de ses enjeux géopolitiques. Monsieur Charalambos PETINOS, conseiller de presse de l’ambassade de la République de Chypre, et le lieutenant-colonel Iacovos MIKELLIDES, attaché de défense, ont dans une présentation à deux voix complété l’exposé délivré par le professeur Patrice GOURDIN en octobre dernier. Cette jeune république, qui a obtenu son indépendance en 1960, connait depuis 1974 l’occupation turque sur plus d’un tiers de son territoire. Le thème d’étude de la 29ème session portant sur les conséquences de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, monsieur PETINOS a plus particulièrement détaillé l’attribution aux grandes compagnies internationales des licences d’exploitation dans la zone économique exclusive chypriote et les violentes réactions turques. La ferme condamnation par le Conseil européen, le 22 mars 2018, des « actions illégales que la Turquie continue de mener en Méditerranée orientale et en mer Égée », et la solidarité « pleine et entière » du Conseil avec Chypre restent dans les mémoires.

La matinée s’est achevée par une présentation de monsieur Nicolas MAZZUCCHI, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique. En moins de deux heures, ce docteur en géographie économique a convaincu les auditrices et auditeurs du bienfondé de leur thème d’étude. Soulignant l’évolution du rapport de force favorable à la marine turque, il a clairement défini les enjeux plus politiques qu’énergétiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, ouvrant plus largement sur l’indépendance énergétique de l’Union européenne et envers la Russie de Vladimir POUTINE, à la tête de 18 % des réserves gazières de la planète, et de Recep ERDOGAN, qui ambitionne pour la Turquie de devenir le hub gazier de la Méditerranée. L’actualité a raisonné en écho à ces paroles, les dirigeants russe et turc ayant inauguré le 19 novembre 2018 le dernier tronçon du gazoduc TurkStream, d’une capacité annuelle de 31 milliards de m3, destiné en partie à couvrir les besoins énergétiques turcs mais également à alimenter le réseau de l’Union européenne.

Le colonel (air) Fabien KUZNIAK, adjoint au chef de la division Euratlantique, a rejoint les auditrices et auditeurs en début d’après-midi dans la salle mise à disposition par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ) pour illustrer le rôle du pôle « relations internationales militaires » de l’état-major des armées. Constitué des divisions « euratlantique » et « coopération bilatérale Sud » ainsi que du bureau « cohérence – synthèse », ce pôle appuie le vice-amiral Henri SCHRICKE, officier général « relations internationales militaires » (OGRIM), chargé des relations militaires avec les armées étrangères et avec les structures militaires des organisations internationales, notamment de l’Union européenne et de l’OTAN. Illustrant ses propos par une revue des pays du nord de la Méditerranée orientale, le colonel KUZNIAK a démontré la complexité de ces relations bilatérales primordiales au succès des opérations miliaires auxquelles participent les armées françaises. Si la Grèce est membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la République de Chypre ne peut se faire entendre qu’au travers des institutions européennes auxquelles la Turquie, membre de l’OTAN, n’a pas accès.

La journée s’est achevée par une présentation des activités du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, créé en juillet 1973 par Michel JOBERT. Monsieur Gurvan Le BRAS, conseiller des affaires étrangères (cadre d’Orient), a accueilli les auditrices et auditeurs dans les appartements du ministre, leur ouvrant la porte de l’immense salle à manger, exceptionnelle concrétisation des « ors de la République ». Rappelant la mission du CAPS, partagée avec les services spécialisés de renseignement, d’éviter au ministre d’être surpris, monsieur Le Bras s’est étendu sur la diffusion des travaux au travers de la publication des « carnets du CAPS », en particulier du hors-série de l’automne 2017 consacré aux mondes de 2030. Rejoignant fort logiquement les conclusions de la DRM sur le retour des puissances, sur l’émergence de nouveaux pouvoirs et sur la résilience des mouvements violents, la revue des huit mondes conserve toute sa pertinence, et les dernières actualités font craindre que l’avènement du « monde des carnivores » ne marque la fin d’une époque.

La matinée du samedi 17 novembre 2018 a donné la parole à maître Béatrice TRIGEAUD, avocate au Barreau des Hauts-de-Seine et docteur en droit international public. Apportant un éclairage juridique aux différentes conférences des deux précédentes journées, maître TRIGEAUD a introduit le droit international et la complexité d’un monde où seul le bon vouloir des Etats fait foi. Illustrant son propos par des jurisprudences portant sur la délimitation des espaces maritimes, la conférencière a démontré qu’il est impossible de contraindre un Etat à respecter une convention ou un accord auquel il n’est pas parti ou qu’il n’a pas ratifié, malgré les nombreux instruments d’arbitrage, tels que la Cour permanente d’arbitrage de la Haye ou la Cour pénale internationale. Le rendez-vous a été donné en mars 2019, où des tables rondes permettront aux experts de s’exprimer et d’apporter peut-être une solution aux différends qui opposent aujourd’hui la Turquie et la République de Chypre sur la délimitation de leurs zones économiques exclusives.

Les auditeurs durant les travaux de comités dans les locaux de l’IHESJ.

Lancement de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Les auditrices et auditeurs en visite à Istres, au sein du site de Dassault Aviation Essais en vol.

 

Les auditrices et auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont retrouvés au château de Cadarache le 17 octobre 2018 pour le séminaire inaugural consacré aux grands enjeux de la géopolitique de l’énergie.

Monsieur Patrice GOURDIN, docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Ecole de l’Air et chercheur associé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, a prononcé la première conférence du séminaire, baptisée « introduction à la géopolitique ». Le thème d’étude de la session portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, le professeur a choisi d’illustrer son propos par une étude de l’île de Chypre, après avoir rappelé la définition de la géopolitique, l’étude des rivalités de pouvoir (ou d’influence) pour un territoire donné.

La matinée du 18 octobre a permis la découverte des installations du centre de Cadarache, un des 9 centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Les auditrices et auditeurs ont été tout d’abord reçus dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire, rattachée au centre DAM/Ile-de-France. Ils y ont reçu une information sur la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires et des cœurs associés, avant de visiter le réacteur d’essais RES, un réacteur compact à eau pressurisée semblable aux chaufferies nucléaires assurant la propulsion des sous-marins français et du porte-avions Charles de Gaulle.

La visite s’est prolongée par une présentation des vingt installations nucléaires de base, disséminées sur les 900 hectares clôturés du site de Cadarache. Parmi celles-ci, de nombreux réacteurs de recherche, dont le réacteur Jules Horowitz qui, outre sa capacité expérimentale pour étudier le comportement des matériaux et des combustibles sous irradiation, contribuera également à assurer une part importante de la production européenne de radioéléments nécessaires pour l’imagerie médicale.

A l’issue du déjeuner offert par la direction du CEA Cadarache, les auditrices et auditeurs ont bénéficié d’une visite du chantier ITER, « un des plus grands défis de notre civilisation ». Situé à Cadarache à proximité immédiate du CEA Cadarache, le chantier concrétise le développement d’une recherche pacifique sur l’énergie de fusion, proposée en novembre 1985 par Mikhaïl GORBATCHEV au président américain Ronald REAGAN. Le tokamak (acronyme russe pour « chambre toroïdale, bobines magnétiques »), qui pèsera 23 000 tonnes, doit démontrer la maîtrise des technologies requises par un réacteur de fusion. ITER est une étape indispensable pour préparer les réacteurs commerciaux. Le calendrier, validé par les conseils ITER réunissant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, prévoit la génération du premier plasma en 2025 et les premières fusions de deutérium et de tritium en 2035.

De retour au château de Cadarache, les auditrices et auditeurs ont été initiés aux secrets de l’énergie hydroélectrique et des responsabilités d’EDF dans la gestion de l’eau, « une richesse convoitée et contrainte ». S’appuyant sur l’expérience de l’unité de production Durance Méditerranée, le conférencier (et ancien auditeur) Vincent RIVIERE, a présenté la complexité du partage de la ressource, lorsqu’il faut aux ingénieurs d’EDF maintenir une cote des retenues d’eau compatible avec les activités touristiques tout en soutenant les débits à l’aval pour l’irrigation, favoriser les sports en eau vive sans mécontenter les pêcheurs, et bien sûr savoir « turbiner » en réponse à une pointe de consommation électrique. L’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, représente environ 10% de la production d’EDF et une économie de 13 millions de tonnes équivalent au pétrole. La conférence s’est achevée par un survol des principaux conflits potentiels autour de l’eau et des bassins du Mékong, du Nil ou du Tigre et de l’Euphrate, une occasion de découvrir la convention de 1977 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.

Profitant de la proximité des bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres, la matinée du 19 octobre a été consacrée à l’Armée de l’air et aux forces aériennes. Après une présentation générale des missions de l’Armée de l’air et de la vision du chef d’état-major par le commandant en second de l’Ecole de l’air, les auditrices et auditeurs ont été reçus par le commandant du centre de formation aéronautique militaire initiale. Ce centre assure l’initiation au vol ainsi que la formation théorique et pratique des futurs pilotes et navigateurs de chasse, de transport et d’hélicoptère au sein de l’Armée de l’air, de la Marine nationale ainsi que de la Direction générale de l’armement. Pour mener à bien sa mission, il dispose d’un escadron d’initiation au vol à voile, de deux escadrons d’instruction en vol pour les pilotes ainsi que de l’escadron de formation des navigateurs de combat.

Quelques dizaines de kilomètres et de minutes plus tard, les auditrices et auditeurs ont été accueillis par deux anciens auditeurs de Dassault Aviation pour une après-midi consacrée aux essais en vol. Les Essais en Vol (Direction des Essais en Vol et Direction des Bases d’Essais) sont en charge des essais globaux, au sol et en vol, de développement et de qualification/certification des avions civils et militaires, de leurs systèmes embarqués et de leurs systèmes de soutien. L’historique des essais en vol au sein de la société Dassault Aviation a permis de comprendre comment, depuis les temps héroïques où le pilote d’essais « allait voir », l’ingénierie et l’électronique ont permis de préserver la vie des pilotes, tout comme le rôle déterminant de Serge DASSAULT, qui fut directeur des essais en vol de 1955 à 1961, ou le traumatisme causé par la mort en 1967 aux commandes d’un Mirage F1 de René BIGAND, ancien officier de l’Armée de l’air et chef pilote d’essais depuis 1959.

Ce premier séminaire a été conclu le 20 octobre par une conférence prononcée à la Maison du Numérique et de l’Innovation par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri LEULIER de la FAVERIE du CHE. Préfet maritime de la Méditerranée, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée, CECMED a présenté les enjeux géopolitiques de sa zone de responsabilité, un espace stratégique restreint qu’un bâtiment peut parcourir en une journée de nord en sud et en quatre jours d’est en ouest. Marquée par les zones d’instabilité de Libye, de Syrie mais également d’Ukraine, la Méditerranée héberge 25 % du trafic maritime mondial, 30 % du trafic d’hydrocarbures et les deux tiers des approvisionnements de la France. Rappelant que la Méditerranée était également un espace convoité pour ses ressources, le vice-amiral d’escadre du CHE a terminé sa conférence par quelques conseils au profit des auditrices et des auditeurs, orientant ainsi les travaux qu’ils seront menés à conduire au fil des huit prochains séminaires.

 

Après la visite du chantier ITER