session

Séminaire toulonnais de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Un retour attendu sur les bords de la Méditerranée en cette fin d’année 2019 ! Dans le parcours de la session, ce rendez-vous est particulièrement important car les séminaires précédents ont permis de poser les bases de la réflexion sur le thème des enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Les auditeurs sont donc désormais organisés et ont pris les dispositions pour dessiner les contours de leurs futurs travaux. Les intervenants sollicités au cours des trois premiers séminaires ont apporté des éléments clés sur les ambitions chinoises et le contexte dans lequel elles s’inscrivent.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce contexte est très évolutif. Un simple regard porté sur le dialogue des puissances en témoigne. Les auditeurs s’attellent désormais à construire une analyse actant ces changements en profondeur « d’un nouveau monde qui commence » comme le dirait Victor Hugo. Ils se rappellent aussi qu’en étant au bord de la Méditerranée, ils doivent mesurer les incidences de ces nouvelles routes de la soie dans un espace contraint et convoité.

En étant à Toulon, il était légitime de porter son attention sur le fait maritime. Ce séminaire y était donc consacré. Le jeudi 12 décembre, Naval Group nous a ouvert ses portes sur le site d’Ollioules. L’accueil y fut remarquable et les présentations de très grandes qualités. La performance de notre industrie navale ne faisait pas de doute. Elle se prépare à relever d’innombrables défis pour fournir à la Marine nationale et les marines partenaires des instruments d’excellence. Parmi ces défis, la digitalisation est désormais omniprésente dans la mise en œuvre de nos systèmes. Les nouveaux bâtiments exigent certes moins d’hommes d’équipage mais n’ont pas pour autant réduit leur agilité dans la manœuvre et l’utilisation de leurs systèmes d’armes. Nos bâtiments et les générations qui vont suivre seront donc au rendez-vous des nouvelles exigences opérationnelles. Mais ce défi numérique est aussi celui de la manœuvre RH comme nous le rappelleront les intervenants de la Marine nationale. Nous y reviendrons dans un instant.

 

En ce début d’après-midi du jeudi 12 décembre, le rendez-vous était pris à l’université de Toulon dans son école d’ingénieurs Sea Tech. Ce moment était opportun pour fixer le cap des travaux à venir. Car les sessions de la rentrée seront consacrées à consolider les analyses sur la base de scenarii désormais définis. Le professeur Didier Leandri a d’abord pris connaissance des orientations décidées par les trois comités de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Ces orientations ont été déclinées précisément et rigoureusement. Elles ont permis d’ouvrir un débat. Elles ont aussi permis d’appréhender une méthode d’analyse sans remettre en cause le choix des auditeurs. Cette séquence fut riche et très utile. Elle démontre tout l’intérêt de croiser les regards d’auditeurs au parcours très différent et ce regard académique dont la vocation est d’ouvrir le champ des possibles dans la conduite des travaux. Cette étape allait nous mettre en condition pour assister à la conférence de monsieur Antoine Bondaz de la Fondation pour la recherche stratégique.

Cette conférence très attendue n’a pas été exclusivement réservée aux auditeurs de la 30ème SMHES. Elle a été partagée avec les membres de l’institut FMES et les auditeurs et étudiants issus de l’université de Toulon. Ce principe désormais ancré dans le cadre du partenariat qui nous lie à l’université est évidemment précieux pour tous. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste dont les recherches portent principalement sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine, les deux Corées et les questions stratégiques en Asie de l’Est. Une opportunité supplémentaire d’enregistrer des éléments clés indispensables de l’ambition chinoise, une opportunité aussi de discerner plus finement les enjeux associés aux nouvelles routes de la soie.

Le vendredi 13 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la SMHES. C’est une habitude me direz-vous. Certes, mais la Marine nationale ne le conçoit pas comme un événement de routine et accorde à nos auditeurs une attention toute particulière. Le fait maritime se caractérise par une diversité d’actions qu’il est utile de rappeler aux acteurs de la société civile. La Marine nationale appréhende en effet la globalité des enjeux de défense et de sécurité. Les présentations faites par le capitaine de vaisseau Guillaume Fontarensky, adjoint de l’amiral Jean-Philippe Rolland commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Frédéric Bordier, lui-même auditeur de la session, ont à la fois souligné la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre Marine nationale. La visite du porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » a parfaitement illustré les interventions antérieures. Il est impressionnant de mesurer l’enthousiasme des officiers de marine, officiers mariniers et marins légitimement fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

 

En début d’après-midi de ce vendredi 13 décembre, une présentation très complète de l’action de l’Etat en mer a été réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des Etats et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la Marine nationale tient historiquement toute sa place.

Puis, finalement ce fut au tour du capitaine de vaisseau Pierre Rialland, commandant l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, de mobiliser l’attention de nos auditeurs sur un segment opérationnel qui suscite toujours un intérêt particulier tant il reste exceptionnel dans la mise en œuvre de ses équipements. Une intervention remarquable qui confirme la vocation navale de notre pays en le plaçant au tout premier plan aux côtés des puissances qui comptent. L’arrivée prochaine de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque confirme ainsi que nous ne baissons pas la garde dans une activité opérationnelle dont le niveau d’exigence est extraordinairement élevé. La visite de l’ « Améthyste » a évidemment suscité un profond enthousiasme et une très vive admiration. Ceci devait clore cette journée consacrée à la Marine nationale. Une fois de plus, les auditeurs de la 30ème SMHES affirment leur satisfaction et seront, à leur façon, des ambassadeurs de la Marine nationale dont certains la découvraient ici pour la première fois.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront désormais l’année prochaine pour poursuivre leurs travaux. Le chemin parcouru en 2019 augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, les fêtes de fin d’année vont permettre de marquer une pause avec, et cette séquence toulonnaise le rappelle, une pensée pour ceux qui assurent notre défense et notre sécurité à la mer.

 

 

Escale en Pays de Loire pour la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Le vendredi 18 octobre, riches de l’intervention matinale du Premier Ministre, Edouard Philippe, qui leur a permis de mieux comprendre les grands enjeux de sécurité et de défense qui nourrirons leur réflexion tout au long de leur formation à l’IHEDN, les auditeurs de la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire. Cette région est en effet particulièrement adaptée aux thèmes de ce séminaire axé sur la construction navale civile, les énergies marines renouvelables et les technologies marines innovantes.

Une première escale aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, actuel leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière, a permis aux auditeurs de découvrir le site emblématique de cette pépite de l’industrie navale française. Mais au-delà de ses infrastructures impressionnantes, comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Stéphane Bourhis, directeur financier du groupe, sur tous les grands enjeux de cette construction, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite d’un navire en cours de construction, puis du MSC Grandiosa prêt à prendre la mer pour sa croisière inaugurale.

Dès potron minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinée était en effet consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Hubert Lécuyer et Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir   l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les travaux de recherche conduits sur l’évolution du mix énergétique, le climat et la protection de l’environnement ont particulièrement passionné les auditeurs car ces trois domaines se situent au cœur des travaux de réflexion qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi a débuté par une intervention du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, qui avait fait spécialement le déplacement pour s’adresser aux auditeurs afin de leur faire part de sa vision      sur le rôle de l’IHEDN et les grands enjeux auxquels est confronté l’Institut. Il leur a également demandé un haut niveau d’implication et de qualité de réflexion afin que leurs travaux, attendus par les autorités de l’Etat, puissent les éclairer au mieux en amont de leurs prises de décision.

Forts des orientations et des directives, à la fois du Premier ministre et de leur directeur, les auditeurs ont consacré toute l’après-midi à leurs travaux de comité dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN le 16 novembre à Toulon lors de leur prochain séminaire.

 

Le Premier ministre s’adressant aux auditeurs

Les auditeurs dans la forme de montage des Chantiers de l’Atlantique

Les auditeurs devant le hall d’accueil du MSC Grandiosa

Les auditeurs à la passerelle du MSC Grandiosa

Hubert Lécuyer, co-directeur du Technocampus Océans, présente son écosystème

Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech, en débat avec les auditeurs

Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA, en pleine démonstration sur l’hydrogène

Les auditeurs attentifs à l’écoute des directives de leur directeur, le général de corps d’armée Patrick Destremau 

Séminaire de rentrée pour la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

C’est parti ! La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques composée de 25 auditeurs s’est donnée rendez-vous le mercredi 16 octobre au Château de Cadarache pour lancer le cycle 2019-2020.

Une première approche du thème d’étude relatif aux enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée a été délivrée par le professeur Patrice Gourdin. C’est sous le prisme d’une province chinoise que ce docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’école de l’air et chercheur associé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a choisi d’aborder la question de ce nouveau défi. En s’intéressant à la province du Xinjiang, il a décliné une forme de matrice géopolitique reposant sur quatre facteurs déterminants que sont la population, le territoire, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs pour finalement dégager les risques et opportunités pouvant être rattachés aux nouvelles routes chinoises. Ce fut une belle entrée en matière avec une méthode dont les auditeurs pourront peut-être s’inspirer pour conduire leurs travaux.

La promotion de la 30ème SMHES à Cadarache.

Ensuite, la « pression » fut maintenue en présentant le programme de l’année. Un point d’attention a été portée sur les travaux de comité pour rappeler qu’il fallait toujours conserver en ligne de mire le rapport final des travaux de la session. Rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain pour soutenir les conclusions d’une année de travail collaboratif. L’exercice est difficile mais les auditeurs seront au rendez-vous de l’université de Toulon dans le cadre de l’attribution d’un diplôme universitaire.

Dès le lendemain, la visite du centre de Cadarache a permis, s’il en était besoin, à la session de mesurer la performance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cela tombe à point nommé puisque la session compte deux auditeurs issus de ce pôle d’excellence qui poursuivront les explications données à l’occasion de ce rendez-vous. Les savoir-faire dans la conception des chaufferies nucléaires et le réacteur RES ont souligné une expertise hors du commun où la France occupe un niveau d’excellence.

Ces visites tiennent toute leur place dans le déroulement d’une session. La réflexion stratégique doit en effet être conjuguée à la prospective technologique car elle en est souvent interdépendante. Les auditeurs ont été servis ! Car la suite de la visite a été consacrée à celle du chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… il faut interroger les auditeurs qui ont saisi tous les facteurs déterminants d’un réacteur prometteur pour la production d’énergie et le respect de l’environnement.

Sur le site d’ITER

Dans la soirée de ce jeudi 17 octobre, la session a rejoint la base aérienne d’Orange. Très belle présentation faite par le colonel Jordi Vergé. C’est une première approche des capacités de l’armée de l’air sur les scènes nationale et internationale. Cette base aérienne 115, née en 1939, au nom du « capitaine de Seynes » poursuit, nous dit-il, son envol et participe en permanence à la sûreté aérienne de notre territoire.

Ensuite, c’est un retour au thème de la session avec une intervention de monsieur Emmanuel Puig, sous-directeur de la stratégie au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie. Docteur en sciences politiques, sinologue, monsieur Puig ne s’aventure pas. Il déroule. Son expertise impressionne et son exposé fait mouche. La Belt and Road Initiative devrait donc bien occuper les auditeurs de la 30ème session.

A l’issue de ces séquences statiques, les auditeurs sont passés à une phase plus dynamique. Le mirage 2000 et son équipage observés de nuit dans sa hangarette alors que le décollage peut être réalisé en quelques minutes seulement ne les ont pas laissés indifférents. La posture permanente de sûreté prend ici toute sa dimension s’inscrivant dans la fonction protection de notre territoire. S’en est suivie la visite dynamique autour d’un hélicoptère Fennec en charge des mesures actives de sûreté aériennes pour l’interception de cibles lentes et d’un groupe de fusiliers commandos dont la mission est de garantir la protection des installations.

Il fallait poursuivre la présentation de l’armée de l’air sur un site d’importance car il constitue l’un des principaux tremplins pour la projection de nos forces en opérations. C’est donc à Istres, le vendredi 18 octobre au matin, que la 30ème Session a fait mouvement pour une présentation plus approfondie encore en l’élargissant aux fonctions stratégiques de projection et de dissuasion. Le colonel Pierre Gaudillière a livré aux auditeurs les clés de lecture indispensables pour comprendre le fait aérien dans sa dimension globale. Une opportunité rare en la circonstance pour compter parmi les premiers auditeurs à découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix considéré comme un véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire. A l’évidence, au terme de ces deux journées, une très belle image de l’armée de l’air a été adressée à une session qui démarre très vite.

Sur la base aérienne d’Istres.

Pour compléter cette compréhension du monde aéronautique, Dassault Aviation avait mis les petits plats dans les grands. Ce fleuron de l’aéronautique a été présenté à la hauteur de l’image qu’il renvoie dans le monde entier. Monsieur Alexis Durand, ancien auditeur des SMHES, n’a pas boudé son plaisir. La présentation de l’entreprise Dassault et du site d’Istres par le directeur des essais en vol, monsieur Patrick Castagnos, a presque retracé toute l’épopée des essais en vol et de ses équipages, acteurs historiques de l’innovation aéronautique. Les auditeurs ont ensuite parcouru le site en approchant de très près les avions Rafale et Falcon de dernière génération.

Enfin, pour clore ce déplacement, une réception à la préfecture de Région à Marseille a confirmé l’attention qu’il fallait accorder à des auditeurs très impatients d’interroger les grands responsables de l’Etat en Région. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à partager leurs réflexions avec monsieur Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et préfet des Bouches-du-Rhône.  Cette rencontre a témoigné de l’attachement qu’il porte à une formation née avec l’institut il y a maintenant 30 ans mais aussi de toute l’importance qu’il accorde à la réflexion de niveau stratégique. Les échanges nourris de ce rendez-vous ont d’ailleurs démontré que des auditeurs d’origines professionnelles très variées veulent prendre part au débat portant sur les grands sujets d’actualité et qu’ils entendent y tenir toute leur place.

Le directeur du centre méditerranéen d’études stratégiques, Patrick Lefebvre et le préfet Pierre Dartout, à la préfecture de région de Marseille.

Ce premier séminaire très prometteur s’est conclu le samedi 19 octobre à Toulon avec la conférence du vice-amiral Olivier Lebas sur le thème « la Méditerranée : enjeux opérationnels pour les armées ». Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée confirme que l’espace méditerranéen est un espace stratégique qui concentre les enjeux et les tensions. Une intervention complète, très riche avec une ouverture sur le thème de la présence chinoise qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée a dressé une présentation complète, très riche avec une ouverture sur le thème qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Rendez-vous en novembre désormais à Paris avec de très nombreux rendez-vous. Un agenda tendu en perspective avec une ambiance plutôt détendue mais des acteurs très concentrés et déterminés…

 

La 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN largue les amarres

Ouverture de la 5e session « Enjeux et stratégies maritimes » par Monsieur le Préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer.

Les 27 et 28 septembre 2019 ont été particulièrement riches pour les 35 auditeurs de la 5e session nationale « enjeux et stratégies maritimes » qui ont participé à l’Ecole militaire au séminaire d’ouverture de leur session présidée par Monsieur le Préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer. Pour l’occasion, les auditeurs des deux autres session nationales « Politique de défense » et Armement et économie de défense » ont assisté à son intervention et pu échanger avec lui. En effet, les enjeux maritimes se retrouvent au premier plan de la réflexion stratégique de l’ensemble des auditeurs de l’IHEDN, en particulier cette année où les thèmes confiés à leur réflexion portent sur l’autonomie stratégique de la France et l’incidence de l’évolution du climat sur la défense et la sécurité.

Les auditeurs ont par ailleurs pu réfléchir sur la stratégie au XXIe siècle avec le Professeur Jean-Vincent Holeindre, de l’Université Paris 2 et de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Ils ont également bénéficié d’une rétrospective historique de la puissance maritime par Martin Motte, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Enfin, ils ont pu débattre sur les enjeux de défense, de sécurité et économiques liés au monde maritime avec le vice-amiral d’escadre Stanislas Gourlez de La Motte, major général de la Marine, et avec Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français.

Mais ce premier séminaire leur a surtout permis de faire connaissance et de mesurer la diversité de leurs origines géographiques, de leurs formations universitaires, de leurs parcours professionnels et de leurs personnalités. Cette diversité, voulue par l’IHEDN et facteur déterminant de leur recrutement, fait se côtoyer des auditeurs parisiens ou de province, appartenant aux différents ministères et à de nombreux secteurs de la société civile. Chaque auditeur apprendra ainsi beaucoup de l’expérience des autres grâce à la « fertilisation croisée » chère à l’IHEDN. Tous disposent d’un point commun : un tropisme maritime qui les a convaincus de rejoindre la session et qui constitue le ciment de la cohésion et de la solidarité propres aux gens de mer.

Facilitée par « l’esprit IHEDN », cette cohésion s’est manifestée dès les premiers instants, suscitant déjà parmi les auditeurs des débats animés et sans tabou lors de leurs premières réflexions en comité sur trois thèmes du monde maritime qui leur ont été confiés : l’Arctique, les énergies offshores et la connaissance des océans nécessaire à la prévention des conséquences de la montée des eaux.

La 3e session maritime a donc largué les amarres pour une circumnavigation passionnante du monde maritime avec des escales dans de grands ports français (Boulogne sur mer, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon) mais aussi à Bruxelles et dans des ports internationaux majeurs lors de leurs missions Djibouti, « Europe » et « Monde ».

Le vice-amiral d’escadre Stanislas Gourlez de La Motte, major général de la Marine et le VAE (2S) Gérard Valin, responsable de la session.

Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français et le VAE (2S) Gérard Valin pendant le débat avec les auditeurs.

« Terminé barre et machines » pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

Que le temps est passé vite pour les 36 auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne et leur colloque d’ouverture fin septembre 2019. Leurs navigations les auront conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon, mais également en Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et enfin en Corée à Séoul, Inchon, Busan et Ulsan. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et avec une nostalgie non feinte qu’ils se sont retrouvés le 14 juin à l’École militaire pour leur dernier séminaire.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animé toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Indo-Pacifique, vis-à-vis de ses territoires ultramarins et dans le domaine portuaire.

A l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers étaient présents les auditeurs des anciennes sessions, qui n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leur retranchement.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le préfet Denis Robin a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leur livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France. Que les pistes ainsi ouvertes rassurent les futurs auditeurs : il reste du pain sur la planche pour les prochaines sessions !

C’est avec la satisfaction du devoir accompli, beaucoup de nostalgie mais la certitude de se revoir bientôt – les futures escales sont déjà programmées – que les auditeurs ont reçu leur diplôme bien mérité. Le banquet s’est terminé tard dans la nuit, rythmé par les rires et les chants de marin.

Le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, prononçant son intervention de clôture de la session.

La 29ème Session SMHES « au contact » de l’armée de Terre

A l’occasion de leur huitième et avant-dernier séminaire, les auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégique ont été accueillis dans trois formations de l’armée de terre stationnées dans la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Le séminaire s’est prolongé par une conférence, ouverte aux adhérents de l’Institut FMES, traitant des accords internationaux et de la souveraineté des Etats puis par une table ronde portant sur la recherche d’une solution juridique aux différends sur la délimitation des espaces maritimes chypriotes.

Les auditeurs ont été accueillis le jeudi 16 mai 2019 à Marseille par le général de division Bruno Guibert, commandant la 3ème division, qui engerbe, pour reprendre les termes en usage, 25 régiments relevant des 2ème brigade blindée, 6ème brigade légère blindée et 11ème brigade parachutiste. Deux grands thèmes ont soutenu la présentation générale. Tout d’abord, nos hôtes ont insisté sur la remontée en puissance décidée après les attentats de janvier 2015, qui a permis de porter les effectifs de la force opérationnelle terrestre de 66 000 à 77 000 militaires, conformément à son nouveau contrat opérationnel qui intègre désormais un déploiement majeur et permanent sur le territoire national. A également été présenté le nouveau modèle d’armée baptisé « Au Contact », élaboré pour tenir compte du contexte opérationnel et supprimer « certaines rigidités apparues depuis le passage à une armée professionnelle ». Ce modèle repose sur un rééquilibrage entre les fonctions stratégiques, avec un accent plus marqué sur les fonctions de prévention et de protection du territoire national, la mise en œuvre d’un spectre complet de capacités et un changement de génération des capacités terrestres, avec l’avènement des nouveaux équipements du programme SCORPION.

La présentation s’est poursuivie par trois exposés permettant aux officiers de l’état-major de partager leur expérience sur Barkhane, opération lancée le 1er août 2014, qui « vise en priorité à favoriser l’appropriation par les pays partenaires du G5 Sahel de la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne ». Parmi les multiples missions auxquelles contribue l’armée de terre, il a également été possible de découvrir la vie quotidienne du détachement français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, établie en mars 1978 et le rôle déterminant de l’officier français inséré au sein de la Multinational Force & Observers, une organisation internationale chargée de contrôler l’application du traité de paix israélo-égyptien sur la frontière orientale du Sinaï.

A l’issue du déjeuner, les auditeurs ont progressé d’une vingtaine de kilomètres dans l’est pour gagner le camp de Carpiagne, occupé depuis juillet 2014 par le 1er régiment étranger de cavalerie, un des sept régiments constituant la 6e brigade légère blindée. Accueillis par le colonel Olivier Baudet, ils ont pu échanger avec les nombreux légionnaires mobilisés pour présenter les principaux équipements du régiment, parmi lesquels les engins blindés AMX-10 RC-R (Roues-Canon rénovés). Evoquant leur métier avec une pointe d’accent tantôt mongol, tantôt roumain, tantôt indéterminé, les légionnaires ont été fidèles à la réputation de ce corps légendaire. C’est avec une grande fierté qu’ils attendent l’arrivée des premiers engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, emblématiques du programme SCORPION, qui « vise à créer un système de combat tactique évolutif et flexible, à même de remplir toutes les missions opérationnelles présentes et futures de l’armée de Terre ». La journée s’est achevée sans surprise autour d’un verre de Puyloubier, issu du domaine éponyme où s’est installé en 1954 l’Institution des invalides de la légion étrangère.

Poursuivant leur découverte de l’armée de terre, les auditeurs se sont retrouvés le vendredi 17 mai 2019 au Cannet des Maures, devant l’entrée de la base école général Lejay, du nom du premier commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Reçus par le général de brigade Jean Bouillaud, commandant l’École de l’aviation légère de l’armée de terre, entouré par des représentants du Centre de formation interarmées NH 90 et de l’École franco-allemande du Tigre, ils ont pu se projeter dans la troisième dimension et appréhender la spécificité de l’aérocombat. Fort d’un parc de 320 aéronefs totalisant 75 000 heures de vol par an, l’ALAT comptabilise 53% du parc étatique des voilures tournantes, loin devant l’armée de l’Air (17%) et la Marine nationale (11%). L’action de ces hélicoptères a été déterminante dans le succès des derniers engagements dans le Sahel (opération Serval), en Libye (opération Harmattan), en Afghanistan (opération Pamir), en Côte d’Ivoire (opération Licorne) ou en République centrafricaine (opération Sangaris), ces aéronefs ayant contribué de façon majeure à la destruction des éléments adverses, sans qu’aucune perte civile n’ait été observée au cours des dernières opérations citées. Seule ombre au tableau, la faible disponibilité du parc a été évoquée en toute transparence, illustrant ainsi une défaillance bien identifiée par la ministre des armées, qui avait annoncé dès décembre 2017 une série de mesures destinées à améliorer la disponibilité des aéronefs militaires. Le général de brigade Jean Bouillaud a conclu ces trois demi-journées pleinement consacrées à l’armée de terre en rappelant les objectifs de l’ALAT de disposer des capacités nécessaires pour affronter victorieusement les bulles de déni d’accès qui se multiplient, par exemple le long des rivages de la Méditerranée.

La journée s’est achevée par une conférence prononcée par un ancien conseiller militaire de la représentation permanente de la France auprès de de la Conférence du désarmement à Genève. S’appuyant sur une longue expérience des négociations internationales, l’orateur a détaillé les règles non écrites dont le respect permet l’élaboration consensuelle des décisions internationales, tout en garantissant la souveraineté des Etats. Il est revenu sur le positionnement des diplomates et des militaires qui les conseillent et sur les nombreux outils à leur disposition leur permettant de rallier à leur cause les nations « hésitantes ». Le lendemain matin, maître Béatrice Trigeaud, avocate au barreau des Hauts-de-Seine, a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, en présentant les multiples modes de résolution du différend opposant la Turquie à la communauté internationale sur la délimitation des espaces maritimes entourant l’île de Chypre. En présence du commissaire général adjoint au préfet maritime de la Méditerranée, chargé de l’action de l’État en mer, une table ronde a suivi cet exposé magistral, sans que les « difficulté substantielles » ne trouvent de solution évidente, la Turquie n’étant pas partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la République turque de Chypre du Nord restant une entité sans substance juridique, reconnue uniquement par la Turquie.

Le séminaire de clôture se tiendra du 13 au 15 juin 2019 à Toulon et verra le président de l’Institut FMES et le représentant du directeur de l’IHEDN remettre leurs diplômes aux auditeurs.

 

29ème SMHES à Genève : au cœur du multilatéralisme et des institutions internationales

Les 17 et 18 avril, les 20 auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont rendus à Genève pour leur 7ème séminaire basé sur les institutions internationales.

La première matinée s’est déroulée à l’Humanitarium du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après une vidéo recensant les activités de l’organisation internationale, Pascal Daudin, ex-conseiller à la direction du droit international et des politiques humanitaires fraichement retraité, a fait le déplacement spécialement pour les auditeurs. Il a présenté les activités du CICR autour du thème « Les nouveaux défis de l’action humanitaire dans les zones à risques ». Cette conférence a été l’occasion d’apprendre les circonstances de la création du CICR, imaginé durant la bataille de Solferino par Henry Dunant. Possédant une identité duale – normative et opérationnelle – le CICR, qui est basé sur une action neutre, indépendante et impartiale, possède un budget de 2 milliards de dollars par an et bénéficie de 80 délégations à travers le monde. Pascal Daudin a évoqué le déclin du multilatéralisme dans un contexte géopolitique mondial où le souverainisme est exacerbé. Ce phénomène rend difficile l’intervention dans certains Etats qui y voient une ingérence. Ce climat questionne sur le devenir du CICR et plus globalement de l’action humanitaire, notamment avec l’émergence des nouvelles technologies.

A l’Humanitarium du CICR.

A l’issue de cette conférence, Brian McQuinn, chercheur diplômé de l’université d’Oxford a donné une analyse des groupes armés non étatiques. Spécialiste de la Libye, il travaille avec plus de 100 groupes armés à travers le monde.

La matinée s’est poursuivie à la villa des Ormeaux où travaillent les deux ambassadeurs français auprès des organisations internationales : Yann Hwang et François Rivasseau. Yann Hwang est le représentant de la France auprès de la Conférence du désarmement à Genève tandis que François Rivasseau est le représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse.

Après un déjeuner dans le jardin de la villa permettant une splendide vue sur la ville de Genève où les auditeurs ont pu tour à tour discuter avec M. l’ambassadeur Yann Hwang, la diplomate égyptienne Heidi Serry a évoqué l’amitié franco-égyptienne, la coopération euroméditerranéenne et les défis auxquels Le Caire est confronté, notamment le terrorisme ou les migrations illégales. Ces thèmes font partie des priorités de l’Egypte depuis février, date qui marque le début de sa présidence de l’Union africaine.

L’ambassadeur Hwang, en poste depuis septembre 2018 à Genève, a expliqué la notion du désarmement aux auditeurs. Ce terme faisant référence à la contrainte de l’arme et de sa possession, il s’agit d’un droit à vocation universelle auquel tous les Etats sont supposés s’engager. Née après la Première guerre mondiale, cette idée a réémergé à l’issue de la Seconde guerre mondiale à Genève : la course aux armements doit être régulée par le droit. L’ambassadeur a donné un éclairage sur les Etats et leurs rapports à la notion de désarmement.

Les auditeurs en présence de l’ambassadeur Hwang

A l’issue de ses propos, les auditeurs se sont entretenus avec les conseillers de l’ambassadeur. Benjamin Weizs, son premier conseiller a dressé un tableau sur le métier de diplomate et a donné des éclairages sur l’immunité diplomatique. Les diplomates sont en effet les canaux de communication entre les Etats.

Le conseiller militaire de l’ambassadeur, le colonel Pascal Levant, a donné un discours franc sur la place qu’occupe la France dans le désarmement. Parce qu’elle fait la guerre, produit, utilise et vend des armes, Paris fait figure de « mauvaise élève ». Toutefois, la commission de désarmement a pour mission de défendre ses intérêts. Les auditeurs ont appris que la Conférence du désarmement à Genève repose sur le consensus. Or, cette notion est difficile à atteindre. On parle alors de blocage des institutions, notamment du fait des positions américaine et russe.

La fin de l’après-midi a été marquée par l’intervention de M. l’ambassadeur François Rivasseau, représentant permanent de la France auprès de l’ONU et des 37 organisations internationales à Genève. Ses missions à Genève sont duales. D’abord, il doit représenter la France à travers l’influence et la défense des intérêts français. D’autre part, il a pour mission d’œuvrer en faveur des droits de l’homme. A ce titre, les sujets humanitaires en lien avec le CICR, l’OIM, l’UNHCR sont nombreux, d’autant plus que les crises sont bloquées. Il est plus aisé pour les interlocuteurs de se rencontrer à Genève plutôt qu’à New York, siège de l’ONU. Dans la ville suisse, François Rivasseau a expliqué que le multilatéralisme se faisait « au jour le jour », le contexte étant moins « abrasif » qu’à New York.

Le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur de l’institut FMES et l’ambassadeur François Rivasseau

Ses propos ont laissé place à l’intervention de Cécile Mahé, déléguée permanente adjointe auprès Délégation permanente de la France auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’OMC est une organisation indépendante comptant 164 Etats membres, les derniers pays ayant adhéré étant le Libéria et le Yémen. L’Union européenne est en charge de négocier à la place de Paris. Quant à la France, elle « explique et écoute ». Avec un budget de 200 millions de francs suisses, l’OMC vit des contributions de ses membres. A ce titre, la France en est la 6ème contributrice en 2019. Cécile Mahé a donné une description complète et honnête des problèmes que traverse l’OMC notamment s’agissant des cycles de négociations qui sont longs et qui nécessitent un consensus.

Cette première journée s’est conclue par l’inauguration du « chalet de la paix » dans le jardin de la Villa des Ormeaux.

Jeudi 18 avril qui marque la deuxième journée de séminaire a été consacrée à l’Organisation des Nations unies (ONU) et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le bâtiment historique de l’ONU, inauguré à l’époque de la Société des Nations, Alexandre Carette, assistant presse a détaillé l’organisation, ses activités et les enjeux contemporains que pose le multilatéralisme. Tandis que l’ONU compte actuellement 193 Etats membres, pas moins de 10 000 réunions se tiennent chaque année dans l’enceinte du bâtiment. L’ONU est le symbole même du multilatéralisme, son idée de départ étant de construire un monde où les camps de concentration et la Seconde guerre mondiale ne devaient plus arriver. L’organisation officie à Genève, « capitale des droits de l’homme ». En effet, dans cette ville se trouvent les sièges du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, du Conseil des droits de l’homme ou encore des organes des traités des droits de l’homme.

La matinée s’est poursuivie au siège de l’Organisation mondiale du commerce avec l’intervention de Pierre Latrille, conseiller, division de l’examen des politiques commerciales. Ses propos ont complété ceux de Cécile Mahé la veille et ont donné un éclairage sur la stratégie de l’OMC.

Après un déjeuner dans la cafétéria de l’ONU, les auditeurs de la 29ème session SMHES ont assisté à la conférence de Luc Brandt, conseiller spécial au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Une vidéo a présenté l’action de l’organisation. Luc Brandt a détaillé les caractéristiques des réfugiés et leur parcours pour accéder à l’asile. Il a toutefois expliqué que le système d’asile est actuellement en crise alors que le monde compte environ 25 millions de réfugiés – la plupart originaires du Soudan du Sud, d’Afghanistan et de Syrie. Avec un budget annuel total de 7 milliards de dollars, le UNHCR est également en charge de l’installation de ces migrants, conformément aux demandes des pays d’accueil. Les Etats-Unis figurent à la première place des donateurs tandis que la France est à la 14ème position.

 

Le séminaire international s’est achevé avec Azzouz Samri, chef de la division des organes directeurs et conseiller régional pour l’Afrique par intérim qui a décrit les activités de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Après un bref historique de l’OIM, Azzouz Samri a décrit le profil des migrants avec des chiffres et a donné l’étendue des missions de l’OIM. L’OIM agit afin relever les défis que pose la gestion des flux migratoires, entend favoriser la compréhension des questions de migration, promeut le développement économique et social à travers les migrations et œuvre au respect de la dignité humaine et au bienêtre des migrants. Son champ d’action est étendu et concerne le développement humain, la santé, le rapatriement et la consolidation de la paix.

Au cœur de « Genève internationale », les auditeurs ont reçu un message fort sur le multilatéralisme. Motivé par un idéal de paix, le multilatéralisme est indispensable au maintien de la paix et à la garantie des droits de l’homme. Toutefois, les interlocuteurs rencontrés ont souligné la difficulté que connait actuellement cette notion et les enjeux auxquels elle est confrontée.

 

Escales à Bruxelles, La Haye et Rotterdam pour la mission « Europe » de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs réunis au Parlement européen autour de M. Marc Valleys

La première navigation hors de France des auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » fut européenne. Du 1er au 3 avril, ils se sont ainsi rendus à Bruxelles, cœur des institutions européennes, et aux Pays-Bas, Etat-membre de l’Union européenne (UE) maritime par excellence, qui a bâti sa prospérité sur le commerce maritime. Ils purent ainsi découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre pour y faire face, et la manière dont la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe forte et prospère.

Dès la première matinée, la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne (RPUE) a plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. S.E. M. Nicolas Suran, ambassadeur, représentant permanent de la France au Comité politique et de sécurité de l’UE, a abordé les enjeux sécuritaires du Brexit et ses conséquences pour la France et son positionnement au sein de l’UE.

Réflexions avec S.E.M. Nicolas Suran

Le vice-amiral d’escadre Chaperon, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est concentré sur les questions militaires et maritimes avec, notamment, un éclairage spécifique sur le délicat partage des rôles entre l’OTAN et l’UE. Ce sujet particulièrement sensible touche directement la souveraineté des Etats-membres. Enfin, M. Truelle et M. Avrillier, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont permis aux auditeurs de découvrir l’importance de ces sujets au cœur de la politique maritime intégrée de l’Union, et notamment la façon dont la politique commune de la pêche a permis la reconstitution de certains stocks de poissons. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à leur niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire. Ils promeuvent la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens. Pour clore cette matinée, le Secrétaire général de la mer, Denis Robin, premier inspirateur de la session, a présidé le déjeuner des auditeurs avec lesquels il a eu de nombreux échanges.

Le vice-amiral d’escadre Chaperon répond aux questions des auditeurs

Forts de cette entrée en matière à la RPUE, les auditeurs ont ensuite été reçus au Parlement européen par Marc Valleys, de la direction  générale de la communication (DG COMM), qui leur a présenté sans ambages ce haut lieu de la démocratie européenne avec son fonctionnement fondé sur le compromis. Il s’agit d’un changement de culture difficile pour des Français davantage habitués à la confrontation et aux rapports de force.

Dès potron-minet, la session a appareillé pour une seconde journée de mission passée en dessous du niveau de la mer à étudier la politique maritime de ce pays où la mer a toujours joué un rôle prédominant : les Pays-Bas. Accueillis à La Haye par S.E. M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France auprès du Royaume des Pays-Bas, et ses principaux conseillers, les auditeurs ont pris la mesure des fortes, et souvent méconnues, relations bilatérales entretenues par la France et les Pays-Bas. Elles se situent au niveau économique bien sûr, mais concernent aussi, de plus en plus, les domaines de la défense et de la sécurité pour lesquels les deux pays partagent des approches et des intérêts communs et disposent de forces militaires d’excellent niveau capables de conduire ensemble des opérations de forte intensité. Les rencontres organisées par l’Ambassade avec des personnalités du monde maritime néerlandais ont donné lieu à de riches débats sur le développement portuaire et sur les enjeux de sécurité et de défense. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir les nombreux points de convergence entre ces deux puissances maritimes, mais aussi le pragmatisme néerlandais sur lequel les Français pourraient prendre exemple dans bien des domaines.

S.E.M. Philippe Lalliot en discussion avec les auditeurs

Cette longue journée s’est terminée avec la visite très attendue du port de Rotterdam, premier port européen. Fidèle à son habitude, M. Frans van Keulen, représentant du conseil de l’Autorité portuaire de Rotterdam et grand ami de l’IHEDN, a réservé aux auditeurs un accueil particulièrement chaleureux et professionnel. Avec une impressionnante hauteur de vue et une parfaite connaissance du monde maritime, il a présenté les défis relevés par le port de Rotterdam et le développement de ce hub impressionnant qui représente à lui seul 6,2% du PIB du pays. Les auditeurs ont ensuite été invités à prendre la mer pour naviguer au plus près des impressionnantes installations qui font la force de ce port, garantissant le chargement et le déchargement de 34 000 navires chaque année. Cette visite restera l’un des moments forts de la mission.

Frans van Keulen présentant le port de Rotterdam

De retour à la RPUE, le troisième jour fut l’occasion d’étudier plus précisément la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne, notamment de ses développements en matière de sécurité et sûreté maritimes. Un panel d’experts, issus de la DG MARE[1], de la RPUE ou du SEAE[2] comme d’entreprises privées, a permis aux auditeurs de réfléchir sur des nombreux sujets. La coopération maritime entre les pays membres fut largement débattue, mais aussi le développement de la stratégie de sûreté maritime de l’UE (SSMUE), et surtout la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la toute nouvelle coopération structurée permanente (CSP), domaine qui relève de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Éric Maurice, représentant de la Fondation Schuman à Bruxelles, a animé un dernier débat sur la gouvernance européenne. L’Union européenne sera-t-elle capable de moderniser ses institutions et d’obtenir l’adhésion des citoyens européens pour construire une Europe plus unie et plus forte ? Sera-t-elle en mesure de relever les défis d’un monde multipolaire dont elle doit être l’un des grands acteurs ? Les auditeurs n’en sont qu’au début de leurs réflexions sur les grands enjeux que doit relever l’UE.

Le dernier après-midi a été consacré par les auditeurs à la restitution, devant Jean-Jacques Roche, doyen et directeur de la formation des études et de la recherche de l’IHEDN et leurs camarades, de leurs travaux de réflexion. Les débats furent animés sur les trois sujets qui leur ont été confiés :  la politique portuaire de la France, la politique des outre-mer et le concept Indo-Pacifique.

[1] Direction générale des Affaires maritimes et de la pêche

[2] Service européen pour l’action extérieure

Escale en Région Sud pour la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques

Du 14 au 16 mars 2019, les auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont réunis pour le sixième séminaire à Marseille, la Seyne-sur-Mer et Toulon autour du thème « les domaines terrestre et aéroterrestre ».

Le jeudi 14 mars, la journée a été consacrée à la Gendarmerie nationale. Dans une salle prestigieuse de la caserne Donadieu, les auditeurs ont visualisé un clip retraçant l’action de la Gendarmerie nationale. Héritier de la Maréchaussée créée en 1336, ce corps militaire, vieux de huit siècles d’histoire prend l’appellation de Gendarmerie nationale en 1791.

La Gendarmerie nationale est très importante aux échelles nationale et régionale. Pour l’année 2017, elle comptait 100 000 personnes civiles et militaires auxquelles s’ajoutaient environ 30 000 réservistes. Le budget alloué était de 7,27 milliards d’euros. S’agissant de la zone de défense Provence-Alpes-Côte d’Azur, 16 000 gendarmes assurent la sécurité des 11 millions d’habitants. Le maillage territorial étant très important, la Gendarmerie nationale est compétente sur 95% du territoire. L’officier et ancien auditeur de l’institut FMES, André-Marc Hébert a donné une conférence sur la gestion de crises en zone Sud et les capacités de la Gendarmerie nationale. Il a évoqué le crash de l’Airbus A330 de la Germanwings du 24 mars 2015 qui a notamment mobilisé la Gendarmerie nationale à Marseille et qui a nécessité une gestion humaine et médiatique de la part des gendarmes. L’officier a également expliqué les enjeux auxquels est confrontée la Gendarmerie en région Sud durant les affluences saisonnières mais également en terme de gestion de la migration.

La matinée s’est poursuivie avec la présentation du colonel Eric Painset concernant la mission prévôtale de la Gendarmerie dans ses opérations extérieures. La gendarmerie, sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l’étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. L’année 2013 marque l’instruction ministérielle fixant le cadre d’emploi de cette prévôté. Actuellement, le colonel Eric Grosset est à la tête de la gendarmerie prévôtale.

S’adressant aux auditeurs, le colonel Eric Painset a fait un RETEX de l’opération Chammal détachée en Jordanie. La France s’est engagée en Jordanie en 2014 à la demande de l’Etat irakien avec les forces de la coalition pour lutter contre Daech. Si en septembre 2015 les premières frappes en Syrie ont débuté pour détruire les cellules terroristes, le contexte a évolué avec la chute imminente du dernier bastion de Daesh et les techniques de guérilla développées alors par l’organisation terroriste.

Après un cocktail déjeunatoire au cercle mixte de la caserne Donadieu, le séminaire s’est poursuivi à la caserne Hetzel pour une démonstration dynamique des actions de la gendarmerie. Après des explications vidéos sur les actions du Groupe d’Observation et de Surveillance (GOS), les auditeurs ont pu bénéficier d’un exercice de simulation d’un groupe d’intervention cynophile et d’une démonstration avec un maître-chien. Divers ateliers ont permis aux auditeurs d’en apprendre davantage sur les moyens techniques et humains dont dispose les gendarmes dans le cadre de leurs interventions.

La journée s’est achevée à l’Hôtel de Région à Marseille. Après une intervention du président de l’institut FMES, Benoit le Masne de Chermont, Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur et membre du Conseil d’administration de l’institut FMES a fait une présentation de la région. Comptant environ 5 millions d’habitants, il s’agit de la première région militaire de France et la deuxième région touristique. Sa situation géographique la place aux confluences des flux européens et méditerranéens et fait d’elle un hub international naturel. Le PIB de la Région s’élève à 157 milliards d’euros, représentant 8% du PIB national avec des filières économiques privilégiées.

La Région Sud s’est donnée pour mission d’être le premier partenaire de l’entreprise. Pour ce faire, elle a mis en place des dispositifs de soutien, de création, d’accompagnement et de reprise au profit des entreprises. Parmi eux, le Fonds d’intégration économique régional (FIER) et la Banque régionale de l’emploi et de l’apprentissage (BREA), créée par Yannick Chenevard, vice-président du conseil régional et également membre du conseil d’administration de l’Institut FMES.

Le domaine maritime bénéficie d’une place importante dans la région. Philippe Vitel dirige l’Opération d’intérêt régional (OIR) concernant l’industrie navale et maritime chargée de piloter l’économie de la mer. En effet, ce secteur est primordial pour cette région qui représente la troisième région en France dans ce domaine avec 872 kilomètres de côtes, 250 000 immatriculations de navires, le plus grand port de guerre de la Méditerranée (Toulon) et le plus grand port commercial (Marseille). Le but de l’OIR est de consolider et améliorer la performance des filières navales et maritimes de la région.

Quelques projets mis en place par la Région Sud :

  • DroneSeastem : application maritime des drones (Eca group)
  • Solution digital du « smart port » (Marseille Gyptis International)
  • Navire « souteur » en Gaz naturel liquéfié (GNL) qui est pour Philippe Vitel l’avenir du maritime
  • Plateforme SeaLab / System Factory (en collaboration avec l’OIR Industrie du futur)

L’intervention du vice-président régional a laissé place à la présentation de Gilles-Olivier Bertrand, directeur du développement et du financement des entreprises qui a présenté les projets FIER à destination des TPE et des PME régionales. Le directeur du développement a également précisé que les OIR sont des catalyseurs de projets structurants pour nos territoires. Enfin, Geneviève Kalfon, directrice de l’attractivité, du rayonnement international et de l’innovation a donné les trois grands objectifs de la Région Sud :

  • Renforcer l’attractivité de la région à l’égard des investissements
  • Accompagner l’internationalisation des entreprises
  • Renforcer les partenariats internationaux

Pour ce faire, la Région Sud-Provence-Alpes-Côtes d’Azur met en place des dispositifs opérationnels au service des entreprises et les accompagne vers des destinations dites prioritaires. Parmi elles, les pays du « grand large » (Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, etc.) ; des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb, Israël, Espagne, Italie, etc.) ; du nord de l’Europe (Allemagne, Danemark, Norvège etc.) ou des pays plus spécifiques tels que le Costa Rica ou certains pays d’Afrique. Le budget consacré à l’export et à l’international est de 2 millions d’euros.

Le vendredi 15 mars, les auditeurs ont découvert le groupe CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée). Fondé en 1856 sous l’appellation de Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) et rebaptisé en 1966, CNIM est un équipementier et ensemblier industriel français de dimension internationale qui intervient dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la défense et des hautes technologies. L’entreprise est au service des grandes entreprises privées et publiques, des collectivités locales et des États.

Pierre Marage, responsable des ventes sur le domaine de la défense et auditeur de la 21ème Session a présenté le groupe et ses filiales, dont Bertin, SunCNIM, CNIM Martin. A travers la devise « CNIM intervient là où l’homme a besoin », les auditeurs ont découvert le large spectre d’activités de l’entreprise qui compte en son sein des équipes pluridisciplinaires, des machines uniques en France et d’une capacité industrielle exceptionnelle. La matinée s’est poursuivie avec la visite des installations, l’occasion pour les auditeurs d’apprendre que le groupe CNIM fabrique entre autres des coiffes pour Ariane VII.

Après un déjeuner dans les locaux du groupe CNIM, les auditeurs ont rejoint la base navale de Toulon pour écouter la présentation des sous-marins SNA de type Rubis de la Marine nationale française. Redoutables chasseurs de sous-marins, les SNA sont longs de 73,6 mètres et vont à une vitesse supérieure à 20 nœuds. Ils sont indispensables à la sûreté et au soutien de la force maritime comme à la protection d’une force aéronavale à la mer et concourent également à une « dissuasion conventionnelle ». À la fois navires de combat et instruments de puissance, ils bénéficient d’une capacité de frappe contre la terre dans la profondeur et des moyens accrus de mise en œuvre de forces spéciales. Les SNA sont conçus pour naviguer 220 jours par an et deux équipages de 70 hommes sont nécessaires pour les armer.

La présentation s’est concrétisée par la visite du sous-marin d’attaque Emeraude, le quatrième exemplaire des six sous-marins de type Rubis, lancé le 12 avril 1986 à Cherbourg. Répartis en trois groupes, les auditeurs ont pu visiter tous les compartiments de ce bâtiment semblable à celui utilisé pour le film français Le Chant du Loup : chambres, carré des officiers, cuisine, tour de contrôle, etc.

A l’issue de la visite, les auditeurs ont rejoint l’amphithéâtre de la Maison du numérique et de l’innovation pour écouter la conférence prononcée par Pascal Frion sur le thème « Intelligence : de l’infodictat d’hier à l’infodetox de demain ». Le conférencier, devant les auditeurs et les adhérents de l’institut FMES a donné des pistes afin de bénéficier d’un meilleur rapport à l’information.

Enfin, les travaux de comité ont occupé la matinée du samedi 16 mars. Les auditeurs, répartis en trois comités travaillent depuis le mois d’octobre sur un rapport final portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Tour à tour, ils ont fait part de leurs avancements. Le Professeur Jean-Jacques Roche, Directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) leur a fait l’honneur de sa présence. Après avoir écouté les axes et scenarii de chacun, le Professeur Roche leur a donné des conseils pour les avancements futurs.

Après ces présentations, interventions et visites intéressantes, les auditeurs se retrouveront le 17 avril à Genève pour un séminaire dédié aux instances internationales.

Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur “Systèmes” du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le “XXIe siècle sera maritime dans le Sud”.

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”, accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »