séminaire

Escale en Pays de Loire pour la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Les auditeurs de la 6e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire pour un séminaire de deux jours à Nantes et Saint-Nazaire les vendredi 9 et samedi 10 octobre. Cette région est en effet un modèle de dynamisme dans le domaine maritime avec des pépites de la construction navale, de la filière des énergies marines renouvelables et des technologies marines innovantes.

Le vendredi matin tôt, la session a accosté aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière. Cette visite a permis aux auditeurs de découvrir ce chantier emblématique dans lequel ont été construit les porte-avions Foch et Clémenceau, et d’où le cuirassé Jean-Bart a appareillé en 1940 dans des conditions rocambolesque. Ils ont été accueillis par Philippe KASSE, directeur de la communication et des relations publiques du groupe et Mickaël Le Gal, responsable des navires militaires, et auditeur de la 5e ESM. Au-delà des infrastructures impressionnantes – les plus grandes en Europe comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long ou le pont de levage d’une capacité de 1400 tonnes -, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Philippe KASSE, sur tous les grands enjeux de la construction navale civile, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite du MSC VIRTUOSA en phase finale de construction.  

Plus inattendue fut la vision d’une énorme plateforme de raccordement d’un champ d’éoliennes en mer au réseau électrique à terre. En effet les Chantiers de l’Atlantique ont diversifié leur activité dans les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Ils offraient ainsi un lieu idoine pour une table ronde sur ce sujet qui a réuni Frédéric GRIZAUD, son directeur « Business Unit Energies Marines », Stevens CURET, président de GE offshore France et GE Wind France SAS, et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores et auditeur de la 3e ESM. Ils ont pu approfondir les volets politique, économique, technique et administratif de ce secteur d’activité désormais en plein essor après un départ difficileen France. Les débats animés et passionnants ont ainsi permis aux auditeurs de découvrir l’extraordinaire dynamisme de cette jeune filière dont les impressionnantes perspectives étaient encore insoupçonnées il y a encore quelques années. En effet, à l’encontre des idées reçues, les EMR sont désormais capables de produire de l’électricité à un prix très compétitif. Elles constituent un enjeu majeur et, sans doute, une partie de la solution face à l’actuel défi climatique.

L’après-midi, les auditeurs ont appareillé pour l’usine voisine de General Electric (GE) où ils ont retrouvé Stevens CURET qui a ainsi pu leur montrer concrètement la construction des éoliennes dont il leur avait parlé lors de la table ronde du matin. La chaîne de montage des rotors d’éoliennes offshores flottantes, blocs de plus de 400 tonnes, assemblés au millimètre près, a particulièrement impressionné les auditeurs par la dimension des objets manipulés mais aussi par la performance technologique et la maîtrise d’un processus permettant de produire un rotor tous les trois jours. Ils ont ainsi pu réaliser la dimension de ces éoliennes gigantesques dont la hauteur peut avoisiner celle de la tour Eifel.

Le dernier moment fort de la journée fût l’accueil au pôle national de formation de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), qui sauve environ 8000 personnes par an, tant sur les plages qu’au large, portant haut la solidarité des gens de mer qui anime tous les marins. Après un débat de plus d’une heure sur les enjeux de cette grande cause nationale, Didier Moreau, directeur de la formation de la SNSM, a lâché les auditeurs à la barre des vedettes de sauvetage des simulateurs de navigation du pôle de formation. Si l’appareillage par beau temps s’est relativement bien passé, , les auditeurs se sont retrouvés rapidement dépassés avec l’arrivée des orages et de la nuit, touchant ainsi du doigt  les conditions particulièrement difficiles rencontrées par les bénévoles de la SNSM lors des opérations de secours aux naufragés..

Dès potron-minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinéefut consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime, mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les différents travaux de recherche conduits par le CEA ont particulièrement passionné les auditeurs, car ils se situent au cœur des travaux de réflexion sur le thème de la souveraineté qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi, les auditeurs ont consacré leur demi-journée à leurs travaux de comité, dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN lors de leur prochain séminaire le 20 et 21 novembre à Toulon.

Des gestes barrières et une distanciation sociale qui n’entament pas l’attention des auditeurs lors des explications de Philippe Kasse, directeur de la communication des chantiers de l’Atlantique
Table-ronde sur les EMR avec Frédéric GRIZAUD, Stevens CURET et Vincent BALES
Les auditeurs à bord du VIRTUOSA autour des responsables du navire
Les auditeurs devant les impressionnants rotors des éoliennes offshores
A la barre d’une vedette du simulateur de la SNSM, une auditrice porte secours à un ferry en feu
Didier Besnard répond aux auditeurs
Pierre Serre-Combes expose aux auditeurs sa vision des enjeux de souveraineté scientifiques et technologiques
Pierre Baclet en pleine démonstration

Institut FMES : Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – Au rendez-vous de la sécurité intérieure et d’acteurs économiques du territoire

Ce devait être le clap de fin de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques ! Le contexte très particulier d’aujourd’hui en a voulu autrement et les auditeurs, pour leur plus grande satisfaction, pourront se retrouver au mois de septembre prochain pour leur mission d’études à Genève. Il est souvent dit que ses sessions rassemblant des auditeurs d’horizon très différent sont sans doute l’ultime endroit où l’on peut encore se faire des amis. Oui, assurément des liens se tissent et le réseau au sens humain se consolide au fil des séminaires. Le sentiment d’appartenir à une communauté singulière appelée à échanger au-delà même des périodes réalisées au cours du cycle académique est évidemment un très bel objectif. Il me parait être atteint. Il est peut-être même l’un des principaux objectifs car il permettra à des cadres responsables de partager des réflexions couvrant d’autres domaines que celui de l’incidence des nouvelles routes de la soie en Méditerranée, thème retenu pour le cycle 2019 – 2020. C’est ce partage qui permettra de relever les défis de demain. C’est ce partage qui permettra de ne pas être approximatif dans l’analyse d’un contexte, d’une situation et qui permettra d’en dessiner les perspectives. Si le contexte sanitaire pèse lourdement aujourd’hui sur nos vies professionnelles et privées et qu’il a résolument pris une dimension mondiale, certains événements eux-aussi se répandent comme une traînée de poudre avec de potentiels troubles à la sécurité publique. Cet homicide commis aux Etats-Unis, au-delà de son caractère inadmissible, a placé sur le devant de la scène les violences policières pouvant conduire à de telles issues. Assurément condamnable, il ne faut pour autant pas caricaturer les actions de nos forces de sécurité intérieure.

Ce n’était pas le thème de ce séminaire mais la rencontre programmée avec la gendarmerie nationale a évidemment abordé ce sujet. Cette force armée est un acteur clé de la sécurité intérieure et se distingue des forces de police par son attachement historique au ministère des armées même si elle aujourd’hui placée sous la tutelle du ministère de l’intérieur. C’est d’ailleurs l’une des plus ancienne institution française, héritière de la Maréchaussée, et dont certains pays se sont inspirés. Si dans les institutions de défense et de sécurité, l’homme reste, quelle que soit sa spécialité, l’acteur central, il est incontestable que cette dimension humaine revêt un caractère encore plus déterminant au sein des forces de la gendarmerie. Le général de corps d’armée Marc Lévêque a tenu lui-même à venir à la rencontre des auditeurs de la 30ème SMHES le jeudi 11 juin en y consacrant une matinée entière. Il a particulièrement souligné ce caractère dans les actions menées par ses unités sur le territoire dont il a la responsabilité.  Il faut d’ailleurs ici préciser l’importance du périmètre géographique car il ne se limite à la seule Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur en s’étendant à l’Occitanie et la Corse au titre des responsabilités exercées pour la Zone de Défense et de sécurité Sud. C’est donc 6 groupements de gendarmerie départementale, 3 groupements de gendarmerie mobile stationnés à Hyères, Nîmes et Toulouse ainsi que des détachements aériens qui lui sont rattachés pour emploi pour ne citer que quelques éléments ; des composantes essentielles utilisées au quotidien pour assurer notre sécurité. Le spectre des missions est très large allant des missions de police administrative, judiciaire et des celles de sécurité publique et d’assistance portée aux populations. C’est aussi de nouveaux enjeux face à la multiplication des nouvelles menaces. La lutte contre le terrorisme a marqué les esprits et continue d’être une priorité.  La lutte aujourd’hui pour contrer les menaces de la cybercriminalité constitue un enjeu de poids pour sécuriser l’utilisation des outils connectés qui irriguent désormais les particuliers et les professionnels dans une transition numérique en plein essor.

Cette rencontre avec la gendarmerie nationale a donc complété la formation dispensée au cours de ce cycle académique. Il a permis d’être au contact de tous les acteurs institutionnels de la défense et de la sécurité. Les auditeurs, dans l’exercice de leurs responsabilités actuelles et futures, sauront faire la part des choses et pourront faire valoir leur appréciation le cas échéant. C’est l’esprit de défense en somme qu’ils ont acquis ou consolidé au cours de leur session.

En début d’après-midi, ils avaient un autre rendez-vous régional. Monsieur Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ancien auditeur des sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques, a tenu à échanger avec la 30ème SMHES après une intervention présentant les formidables atouts régionaux et les grands enjeux de demain. Cette personnalité, particulièrement bien placée pour aborder les questions de défense et de sécurité compte tenu des son engagement politique qui l’avait conduit à être vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, a permis aux auditeurs de mieux appréhender le rôle régional au profit d’un écosystème industriel de défense et de technologie duale qui place la région au deuxième rang national. Ce rôle devrait s’accroître dans le temps et la volonté de décentraliser les actions de l’Etat y concourra significativement.  Ce temps d’échange fut précieux et particulièrement apprécié des auditeurs.

Le vendredi 12 juin, nous avions programmé une rencontre avec un acteur économique régional et institutionnel pour le ministère des armées. Il s’agit de l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu. Cette visite, nous la devons au directeur de l’établissement, l’ingénieur général Nicolas Frager, qui nous a ouvert ses portes tout en adoptant les mesures s’imposant compte tenu du contexte sanitaire. Les auditeurs ont été sensibles à cette démarche et n’ont pas regretter le déplacement. Cet AIA relève du service industriel de l’aéronautique, service de soutien de l’armée de l’air à vocation interarmées, dont les actions sont centrées sur le maintien en condition opérationnelle des moyens aéronautiques du ministère des armées. Il intervient plus particulièrement pour la maintenance des aéronefs de la marine nationale, des équipements missiles et assure également la fabrication et la réparation des radômes et structures en composite. S’agissant des radômes, c’est véritablement un domaine d’excellence, qui équipent des aéronefs de combat et des aéronefs de la gamme commerciale. Enfin, au regard de son statut, l’AIA de Cuers-Pierrefeu est une véritable entreprise qui compte plus de mille personnes sur le site. Son caractère exceptionnel mérite le détour pour y découvrir les indispensables savoir-faire garantissant la disponibilité opérationnelle des équipements militaires durement éprouvés dans les opérations actuelles.

Pour clore ce séminaire de « territoire », il nous était impossible de ne pas s’attarder un instant sur une pépite industrielle plus que centenaire. Il s’agit de la CNIM, ou entreprises de constructions navales et industrielles de la Méditerranée dit aujourd’hui de constructions industrielles de la Méditerranée. Les auditeurs n’ont pas eu l’opportunité de se rendre sur le site car les conditions d’accueil n’auraient permis de respecter les mesures barrières prescrites. Alors l’un des leurs, Pierre Jérôme Acquaviva, lui-même ingénieur et chef de projet au sein du groupe, a réalisé une présentation complète soulignant les implications industrielles dans de multiples domaines tels que ceux de l’environnement, l’énergie mais aussi bien sûr ceux de la défense et des hautes technologies. La CNIM, c’est aussi l’histoire d’une famille tournée vers l’innovation. C’est l’histoire d’une équipe qui traverse le temps avec parfois quelques obstacles dressés sur le chemin. Mais, c’est l’innovation qui fait la différence et qui assoie cette crédibilité inaltérable dans le temps. Les technologies développées apparaissent précieuses pour ne pas dire stratégique, notamment dans le domaine du nucléaire. La diversité des actions menées ouvre aussi de nouvelles perspectives. La CNIM est, pour faire court, une fierté du territoire ancrée à la ville de la Seyne sur mer qui en fut le berceau. Ce groupe est en quelque sorte le fruit d’hommes qui ont su rêver à des choses inédites[1]. C’est ce rêve qu’il faut porter pour relever les défis à venir. C’est donc un exemple à suivre.

Nous avons donc terminé notre cycle de séminaires ici à Toulon là où nous avions commencé en octobre dernier l’étude du thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. C’est passé le temps d’un éclair avec, il est vrai, quelques obstacles dans la réalisation de la 30ème SMHES qui a tenu bon. Je remercie les auditeurs de la confiance qu’ils ont accordé à leur équipe pédagogique et leur donne rendez-vous pour livrer les conclusions de leur étude le 5 septembre prochain après leur mission d’étude à Genève.

 

[1]John Fitzgerald Kennedy

FMES : Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) au contact de l’armée de terre

Au contact ! Dans un contexte où la distanciation sociale prévaut, ce slogan pourrait paraître inapproprié et pourtant il n’en demeure pas moins très pertinent à l’occasion du premier séminaire post déconfinement.  L’armée de terre a en effet reçu les auditeurs de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques : un contact utile pour appréhender les grands enjeux d’une institution en perpétuelle mutation. Cette rencontre s’inscrit dans l’acculturation des auditeurs aux grands enjeux de défense et de sécurité, partie intégrante de la formation des SMHES. Au moment où le COVID 19 constitue un point de fixation de l’actualité, il n’était pas inutile de rappeler les engagements de nos armées. Bien sûr, l’opération « Résilience » lancée le 25 mars dernier démontre, s’il en était besoin, la qualité du soutien de nos armées pour venir en aide aux populations et en appui aux services publics en métropole et en outre-mer. Elle ne doit pas faire oublier, qu’ailleurs et souvent loin de nos frontières, d’autres opérations se poursuivent. Il faut en effet se rappeler que quelques cinq milliers d’hommes poursuivent leurs actions déterminées de lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-sahélienne. Cette opération du nom de « Barkhane » représente une sollicitation très lourde au plan opérationnel dans un contexte difficile. Son issue dépend bien sûr des résultats enregistrés sur le terrain mais aussi et surtout de l’implication des pays du Sahel directement concernés. Rien ne pourra en effet se faire sans une implication politique rétablissant une stabilité des pays où les tensions internes sont fortes. N’oublions pas non plus l’opération « Chammal » qui consacre la participation des forces armées françaises au sein de la coalition contre l’Etat islamique, aux guerres d’Irak et de Syrie. L’intérêt de cette actualité a sans doute été placé au second plan face une pandémie dont il est vrai qu’elle revêt une dimension exceptionnelle. Pourtant, l’histoire de nos armées retiendra le prix payé en opérations extérieures avec, encore très récemment, la mort au combat de deux légionnaires du 1er régiment étranger de cavalerie que nos auditeurs auront la chance de visiter.

Mais c’est d’abord à Marseille, ce jeudi 28 mai, qu’une première présentation de l’armée de terre a été réalisée au sein de la troisième division. Son chef, le général de division Laurent Michon a tenu à accueillir lui-même les auditeurs de la session pour leur présenter l’un des deux piliers des forces terrestres destinées à armer les unités projetées à l’extérieur du territoire et sur le territoire national.

Au-delà des capacités des différents régiments armant les brigades de cette division, c’est aussi une présentation soulignant toute l’énergie nécessaire pour bâtir des cycles opérationnels garantissant le juste niveau de préparation des forces et les dispositions prises pour les régénérer. Nous mesurons alors tout le questionnement pesant sur le format de nos armées dans une période où la densité des engagements est particulièrement élevée. En tout état de cause, nos armées restent au rendez-vous de ces exigences opérationnelles et comptent sans doute parmi les seules en Europe à tenir de tels engagements.

En début d’après-midi, les auditeurs avaient rendez-vous à Carpiagne au 1er régiment étranger de cavalerie. C’est 100 ans d’histoirequi allaient leur être livrés dans un régiment où des hommes étrangers choisissent délibérément de servir la France. C’est une singularité française qui n’a nulle part ailleurs d’égal même s’il existe une légion espagnole qui se distingue malgré tout par un recrutement exclusif d’hispanophones. Cette singularité française renvoie une exceptionnelle image de la légion étrangère où l’on devient français par le sang versé, formule retenue récemment comme appellation d’un texte de loi permettant de conférer par une procédure exceptionnelle la nationalité française à tout légionnaire blessé en opérations qui en exprime le souhait. Bien sûr aujourd’hui, une procédure classique permet au légionnaire de demander sa naturalisation au terme d’un temps d’activité au sein de la légion étrangère. La légion conjugue donc habilement ses traditions et sa modernité. Cette rencontre du 1er régiment étranger de cavalerie a eu lieu au moment où le régiment presque complet est engagé au sein de l’opération « Barkhane ». C’est donc la « base arrière » composée d’un escadron qui a reçu les auditeurs de la 30ème SMHES. Nous sentions le regard de nos hôtes tournés parfois vers le Sud recherchant leurs camarades engagés aux quatre coins de la bande sahélo-saharienne. Ce fut l’occasion d’assister à des présentations statiques de matériels dont l’AMX 10 RC, engin blindé de reconnaissance et de combat qui sera progressivement remplacé par le Jaguar, engin blindé polyvalent dont l’arrivée est prévue en 2020.

 

Bien sûr, il était très important de faire un passage dans la salle d’honneur du régiment. Ces traditions sont fortes et marquent de façon indélébile l’héritage des anciens dont les faits d’armes sont nombreux depuis près d’un siècle.

Les auditeurs ont été sensibles aux échanges très directs entretenus avec des militaires dont le béret vert ou le képi blanc est affiché avec une fierté légitime.

Le contact s’est poursuivi le vendredi 29 mai avec une présentation très complète de l’école de l’aviation légère de l’armée de terre. Le général de brigade Jean-Yves Bouillaud a lui-aussi tenu à accueillir les auditeurs de la session. Cette implantation est aujourd’hui le pivot de l’aérocombat pour l’armée de terre et un véritable centre d’excellence pour nos armées dans la formation des équipages et des mécaniciens. Un exemple évident d’une dynamique interarmées parfaitement aboutie. Qui plus est, c’est aussi un centre de formation européen pour ce qui concerne la formation des équipages allemands sur l’hélicoptère Tigre.  Enfin, cette visite a permis de mesurer le chemin parcouru avec des hélicoptères de combat et de manœuvre dont les performances n’ont plus grand-chose à voir avec les flottes antérieures qu’il s’agisse de la gazelle ou du puma malgré les éminents services rendus. L’aérocombat, en Afghanistan ou dans la bande sahélo-saharienne, est désormais une nécessité opérationnelle absolue. Le besoin d’équipements nouveaux agiles et discrets à l’image du futur hélicoptère interarmées Guépard confirme s’il en était besoin l’importance accordée par nos armées à cette composante.

Cette étape devait clore cette rencontre avec l’armée de terre. Soulignons que dans le contexte que nous vivons, elle témoigne de son exemplarité à recevoir dans des conditions exceptionnelles les auditeurs de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Toutes les précautions étaient prises mais elles n’étaient pas un refuge pour ne pas autoriser une telle visite. Nos auditeurs ont évidemment apprécié. Ils sauront d’ailleurs porter à l’extérieur les messages reçus. Ils ont par ailleurs été très admiratifs des valeurs portées par des soldats dont le sens du service est une évidence.

 

A leur retour, ils se sont remis au travail pour fournir une analyse très avancée sur les grands enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. La fin de la session est proche et les travaux s’accélèrent. Au contact leur a donné un nouvel élan. La version digitalisée des séminaires dans la période de confinement a certes été profitable mais rien ne remplace ce « contact » direct et les visites de terrain. Rendez-vous en juin prochain…

Séminaire toulousain de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Une rentrée dans les étoiles en ce début d’année 2020 ! Dans un monde désormais connecté étendu à l’espace exo atmosphérique ou tout ou presque est géoréférencé, il n’était pas inutile de se rendre dans une région plus continentale pour y découvrir des savoir-faire d’exception dans le milieu aérospatial. Evoquer le géoréférencement apparaît ici pour souligner que nous devons la précision de nos systèmes de guidage à partir des multiples applications existantes issues de la constellation de satellites décidée par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne sous le nom de Galileo. Parmi les autres usages des satellites en orbites polaires ou géostationnaires, il faut naturellement souligner les équipements de télécommunication civils et militaires, les outils d’observation de la terre ou les capteurs exploratoires projetés dans notre système solaire au service de la recherche scientifique. L’espace reste donc un champ d’investigations extraordinaires et de compétitions entre les puissances. En cela, la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques avait matière à connecter cette visite d’études avec le thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie. Car, à n’en pas douter, la Chine investit dans l’espace.

Cap sur Toulouse donc où prend forme l’aerospace space valley française. Il s’agit d’un véritable accélérateur d’innovations pour soutenir les entreprises développant une activité aérospatiale avec une forte composante technologique duale. Cet accélérateur se trouve donc au cœur d’un écosystème tourné vers l’aéronautique et l’espace. Toulouse, terre d’envol, s’était d’ailleurs largement illustré en d’autre temps avec l’essor d’une aviation postale et commerciale. Toulouse Montaudran n’est-il pas le fossile vivant de l’Aéropostale et de Latécoère ? Elle fut la plateforme aéronautique d’où Mermoz et Saint-Exupéry s’envolaient pour transporter le courrier en Afrique et en Amérique du Sud. Elle fut aussi le site où Latécoère construisait ses premiers avions. C’est à Toulouse que l’armée de l’air décide d’implanter sa première base aérienne militaire. Cette rentrée est donc un rendez-vous avec l’histoire mais aussi un rendez-vous avec l’avenir.

Présentation du CNES pour les auditeurs de la 30ème SMHES

La première visite qui s’est imposée à l’occasion de ce déplacement fut celle consacrée au centre national d’études spatiales le jeudi 16 janvier. Le CNES a été créé à l’initiative du Président Charles de Gaulle le 19 décembre 1961 afin de fournir une structure chargée de coordonner et d’animer les activités spatiales françaises centrées à l’époque sur le développement du lanceur-fusée Diamant. Ce lanceur fut le premier construit en dehors des Etats-Unis et de l’ex URSS. Le CNES est toujours aujourd’hui l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne. Cette initiative, pour le moins stratégique, souligne l’importance qu’il fallait et qu’il faut concéder au domaine spatial pour conserver sa souveraineté, celle de la France et celle de l’Europe. Le directeur d’établissement a ainsi pu présenter le site dans sa globalité d’une part et dessiner les perspectives d’un milieu très convoité d’autre part. Trois ateliers ont permis aux auditeurs de mesurer la performance des activités réalisées. L’un portait sur l’instrument principal de la mission martienne américaine InSight. Il s’agit d’un sismomètre permettant la mesure des vibrations sur une certaine épaisseur de la planète et tous les paramètres de pression ou de température. En entrant dans cette salle avec une vue de la planète rouge et le bruit du vent, inutile d’exprimer ici les sensations ressenties à l’occasion de cette séquence nous projetant à quelques 300 millions de kilomètres de la Terre. L’autre atelier, tout aussi fascinant, présentait l’international space station (ISS). Les présentations ont été réalisées avec une simplicité déconcertante par des spécialistes de renommée internationale. Ces spécialistes aux qualités inestimables ont consenti un énorme investissement, en recherche et développement, pour atteindre de tels résultats. Il ne faut surtout pas l’oublier. La présentation du microsatellite Taranis dédié à l’observation et à la caractérisation des phénomènes lumineux, radiatifs et électromagnétiques se produisant entre 20 et 100 kilomètres d’altitude a souligné les mêmes exigences et le même niveau de performance des équipes du CNES. Enfin, une présentation des enjeux du segment spatial consacré à la défense démontre que dans ce domaine beaucoup d’évolutions sont envisagées à moyen-terme et qu’elles caractérisent bien les engagements pris par les puissances disposant des capacités d’accès à l’espace.

Découverte de l’ISS

Au terme de cette visite, les auditeurs ont pu se rendre sur le site d’Airbus Defence & Space pour consolider leur appréciation sur la forte implication française et européenne dans les programmes spatiaux et les perspectives de ce secteur. La présentation complète des activités du groupe a souligné les principaux défis à relever et les tensions qui pèsent sur ce marché. Ces activités imposent ici aussi d’être très compétitif et de multiplier les offres répondant aux besoins rappelés précédemment dans les capacités de télécommunication civil ou militaire, d’observation de la terre et de recherche scientifique. Elles conduisent aussi à mieux gérer l’occupation de l’espace et le retrait du service des satellites en fin de vie en respectant au mieux la protection de notre environnement. Les équipes d’Airbus Defence & Space ont elles aussi démontré un niveau d’excellence hors du commun. Elles ont témoigné de l’attractivité de ce secteur où le renouvellement des ingénieurs ne semblent pas poser de difficulté particulière. Au terme de cette présentation, la visite des salles blanches a permis de mesurer l’ensemble des actions préalables au lancement d’équipements qui rejoindront prochainement des orbites polaires ou géostationnaires. Parmi ces actions, celles relatives à la mise en situation des satellites en condition de température dans des conteneurs spécifiques pouvant accueillir des plateformes de la gamme de 5 tonnes, celles aussi permettant des mesures spécifiques électromagnétiques dans des chambres anéchoïques ont été présentées aux auditeurs. Cette séquence industrielle, très complémentaire de celle réalisée au CNES, confirme la performance d’un groupe autour duquel constelle des petites et moyennes entreprises de cet aerospace valley toulousain.

Le lendemain, le vendredi 17 janvier, l’approfondissement de la connaissance du milieu spatial en se rendant à un autre rendez-vous industriel s’est confirmé. L’entreprise Thalès Alenia Space nous a donc ouvert ses portes, c’est un industriel qui s’affirme comme un référent européen et un compétiteur à l’échelle mondiale.

Evidemment, une certaine comparaison pourrait être faite avec la visite précédente car certaines actions se ressemblent. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs conduites en coopération. Mais d’autres sont en revanche complémentaires. Le directeur de l’établissement de Toulouse a tenu à nous recevoir lui-même, accompagné de ses proches collaborateurs pour présenter le site. Il a également fait le lien avec le site « spatial » implanté sur les rives de la Méditerranée de Cannes. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur tient toute sa place dans les technologies de pointe lui conférant une place de choix dans l’écosystème des entreprises innovantes. La visite dynamique de l’établissement a replongé les auditeurs en salles blanches et leur a permis aussi d’apprécier l’évolution des techniques dans la fabrique des composants équipant les différents satellites. Cette séquence a aussi permis de présenter l’innovation cluster. Ce fut l’occasion d’appréhender des mécanismes spécifiques favorisant l’innovation au sein des équipes. Nous y avons découvert la sérendipité. Terme dont la compréhension saute aux yeux ! Car vous l’aurez compris, la sérendipité se rapporte à une découverte par chance et sagacité de résultats pertinents que l’on ne cherchait pas. Cela se rapporte au fait assez courant d’observer une donnée inattendue et stratégique qui donne l’occasion de développer une nouvelle théorie ou d’étendre une théorie existante. En somme, l’innovation ne se décrète pas et ne peut être imposée, elle se vit… Une visite exceptionnelle donc qui clôt le volet spatial proprement dit. Les auditeurs de la 30ème SMHES dispose désormais d’une vision assez complète des actions conduites dans un domaine stratégique. Ils pourront remettre tout cela en perspective dans la conduite de leurs travaux.

A la découverte de la salle blanche de Thalès Alenia Space.

Toulouse, terre d’envol ! Il nous fallait inévitablement revenir au berceau de l’aéronautique française et européenne. Un retour donc sur le site emblématique où est né l’avionneur Airbus. Que de chemin parcouru depuis l’Airbus A300 qui a marqué la naissance d’un pôle aéronautique dont personne n’imaginait qu’il allait devenir le numéro 1 mondial. Les auditeurs de la 30ème SMHES y ont été admirablement bien reçus. La présentation très complète nous a renvoyé au lendemain de la création de la Caravelle et du Concorde pour un élan aéronautique relevant, les uns derrière les autres, de très nombreux défis dans une compétition internationale très sévère. L’avenir apparaît serein au vu des carnets de commandes. Les perspectives ne se ferment pas et les innovations sont toujours au cœur des enjeux. Car il faut aujourd’hui répondre à de nouvelles exigences, celles des clients dont l’avion commercial constitue un outil à bord duquel il doit pouvoir maintenir toutes les connexions nécessaires, celles de la sécurité dont le niveau est aujourd’hui extraordinairement élevé et dont les conséquences industrielles peuvent être terribles à l’instar de celles vécues par le principal concurrent d’Airbus, celle enfin de l’environnement où la réduction des émissions de gaz à effet de serre est systématiquement recherchée . Alors, en se rendant sur le site de production où les bâtiments anciens aux couleurs de la ville rose côtoient des structures récemment sorties de terre, l’Airbus A350 sur sa chaîne de montage ressemble étrangement aux avions qui l’ont précédé. Mais ne nous y trompons pas ! Presque tout y est différent. Une structure en carbone conjuguant légèreté et résistance, un profil aérodynamique offrant un niveau de performance accru, des équipements satisfaisant la plupart des exigences des exploitants de toutes les compagnies aériennes et une motorisation réduisant drastiquement les coûts d’exploitation et s’inscrivant dans cette dynamique très volontariste de protection de l’environnement. Toulouse terre d’innovation ! C’est un peu le bilan que les auditeurs retiendront de ce séjour très dense consacré au fait aérospatial.

Sur le site d’Airbus

En passant devant le bâtiment B612, nom donné à ce lieu tourné vers le spatial dans ce bassin toulousain souvenir de l’astéroïde dont le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est originaire, ils se rappellent cette phrase du même auteur qui rappelle que « l’homme se découvre en se mesurant avec l’obstacle ». C’est le prix à payer pour innover, c’est le prix des efforts de la 30ème session pour relever le défi de leur thème d’étude sur les risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Une belle année 2020 en perspective…

Séminaire toulonnais de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Un retour attendu sur les bords de la Méditerranée en cette fin d’année 2019 ! Dans le parcours de la session, ce rendez-vous est particulièrement important car les séminaires précédents ont permis de poser les bases de la réflexion sur le thème des enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Les auditeurs sont donc désormais organisés et ont pris les dispositions pour dessiner les contours de leurs futurs travaux. Les intervenants sollicités au cours des trois premiers séminaires ont apporté des éléments clés sur les ambitions chinoises et le contexte dans lequel elles s’inscrivent.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce contexte est très évolutif. Un simple regard porté sur le dialogue des puissances en témoigne. Les auditeurs s’attellent désormais à construire une analyse actant ces changements en profondeur « d’un nouveau monde qui commence » comme le dirait Victor Hugo. Ils se rappellent aussi qu’en étant au bord de la Méditerranée, ils doivent mesurer les incidences de ces nouvelles routes de la soie dans un espace contraint et convoité.

En étant à Toulon, il était légitime de porter son attention sur le fait maritime. Ce séminaire y était donc consacré. Le jeudi 12 décembre, Naval Group nous a ouvert ses portes sur le site d’Ollioules. L’accueil y fut remarquable et les présentations de très grandes qualités. La performance de notre industrie navale ne faisait pas de doute. Elle se prépare à relever d’innombrables défis pour fournir à la Marine nationale et les marines partenaires des instruments d’excellence. Parmi ces défis, la digitalisation est désormais omniprésente dans la mise en œuvre de nos systèmes. Les nouveaux bâtiments exigent certes moins d’hommes d’équipage mais n’ont pas pour autant réduit leur agilité dans la manœuvre et l’utilisation de leurs systèmes d’armes. Nos bâtiments et les générations qui vont suivre seront donc au rendez-vous des nouvelles exigences opérationnelles. Mais ce défi numérique est aussi celui de la manœuvre RH comme nous le rappelleront les intervenants de la Marine nationale. Nous y reviendrons dans un instant.

 

En ce début d’après-midi du jeudi 12 décembre, le rendez-vous était pris à l’université de Toulon dans son école d’ingénieurs Sea Tech. Ce moment était opportun pour fixer le cap des travaux à venir. Car les sessions de la rentrée seront consacrées à consolider les analyses sur la base de scenarii désormais définis. Le professeur Didier Leandri a d’abord pris connaissance des orientations décidées par les trois comités de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Ces orientations ont été déclinées précisément et rigoureusement. Elles ont permis d’ouvrir un débat. Elles ont aussi permis d’appréhender une méthode d’analyse sans remettre en cause le choix des auditeurs. Cette séquence fut riche et très utile. Elle démontre tout l’intérêt de croiser les regards d’auditeurs au parcours très différent et ce regard académique dont la vocation est d’ouvrir le champ des possibles dans la conduite des travaux. Cette étape allait nous mettre en condition pour assister à la conférence de monsieur Antoine Bondaz de la Fondation pour la recherche stratégique.

Cette conférence très attendue n’a pas été exclusivement réservée aux auditeurs de la 30ème SMHES. Elle a été partagée avec les membres de l’institut FMES et les auditeurs et étudiants issus de l’université de Toulon. Ce principe désormais ancré dans le cadre du partenariat qui nous lie à l’université est évidemment précieux pour tous. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste dont les recherches portent principalement sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine, les deux Corées et les questions stratégiques en Asie de l’Est. Une opportunité supplémentaire d’enregistrer des éléments clés indispensables de l’ambition chinoise, une opportunité aussi de discerner plus finement les enjeux associés aux nouvelles routes de la soie.

Le vendredi 13 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la SMHES. C’est une habitude me direz-vous. Certes, mais la Marine nationale ne le conçoit pas comme un événement de routine et accorde à nos auditeurs une attention toute particulière. Le fait maritime se caractérise par une diversité d’actions qu’il est utile de rappeler aux acteurs de la société civile. La Marine nationale appréhende en effet la globalité des enjeux de défense et de sécurité. Les présentations faites par le capitaine de vaisseau Guillaume Fontarensky, adjoint de l’amiral Jean-Philippe Rolland commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Frédéric Bordier, lui-même auditeur de la session, ont à la fois souligné la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre Marine nationale. La visite du porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » a parfaitement illustré les interventions antérieures. Il est impressionnant de mesurer l’enthousiasme des officiers de marine, officiers mariniers et marins légitimement fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

 

En début d’après-midi de ce vendredi 13 décembre, une présentation très complète de l’action de l’Etat en mer a été réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des Etats et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la Marine nationale tient historiquement toute sa place.

Puis, finalement ce fut au tour du capitaine de vaisseau Pierre Rialland, commandant l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, de mobiliser l’attention de nos auditeurs sur un segment opérationnel qui suscite toujours un intérêt particulier tant il reste exceptionnel dans la mise en œuvre de ses équipements. Une intervention remarquable qui confirme la vocation navale de notre pays en le plaçant au tout premier plan aux côtés des puissances qui comptent. L’arrivée prochaine de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque confirme ainsi que nous ne baissons pas la garde dans une activité opérationnelle dont le niveau d’exigence est extraordinairement élevé. La visite de l’ « Améthyste » a évidemment suscité un profond enthousiasme et une très vive admiration. Ceci devait clore cette journée consacrée à la Marine nationale. Une fois de plus, les auditeurs de la 30ème SMHES affirment leur satisfaction et seront, à leur façon, des ambassadeurs de la Marine nationale dont certains la découvraient ici pour la première fois.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront désormais l’année prochaine pour poursuivre leurs travaux. Le chemin parcouru en 2019 augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, les fêtes de fin d’année vont permettre de marquer une pause avec, et cette séquence toulonnaise le rappelle, une pensée pour ceux qui assurent notre défense et notre sécurité à la mer.

 

 

La 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN largue les amarres

Ouverture de la 5e session « Enjeux et stratégies maritimes » par Monsieur le Préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer.

Les 27 et 28 septembre 2019 ont été particulièrement riches pour les 35 auditeurs de la 5e session nationale « enjeux et stratégies maritimes » qui ont participé à l’Ecole militaire au séminaire d’ouverture de leur session présidée par Monsieur le Préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer. Pour l’occasion, les auditeurs des deux autres session nationales « Politique de défense » et Armement et économie de défense » ont assisté à son intervention et pu échanger avec lui. En effet, les enjeux maritimes se retrouvent au premier plan de la réflexion stratégique de l’ensemble des auditeurs de l’IHEDN, en particulier cette année où les thèmes confiés à leur réflexion portent sur l’autonomie stratégique de la France et l’incidence de l’évolution du climat sur la défense et la sécurité.

Les auditeurs ont par ailleurs pu réfléchir sur la stratégie au XXIe siècle avec le Professeur Jean-Vincent Holeindre, de l’Université Paris 2 et de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM). Ils ont également bénéficié d’une rétrospective historique de la puissance maritime par Martin Motte, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études. Enfin, ils ont pu débattre sur les enjeux de défense, de sécurité et économiques liés au monde maritime avec le vice-amiral d’escadre Stanislas Gourlez de La Motte, major général de la Marine, et avec Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français.

Mais ce premier séminaire leur a surtout permis de faire connaissance et de mesurer la diversité de leurs origines géographiques, de leurs formations universitaires, de leurs parcours professionnels et de leurs personnalités. Cette diversité, voulue par l’IHEDN et facteur déterminant de leur recrutement, fait se côtoyer des auditeurs parisiens ou de province, appartenant aux différents ministères et à de nombreux secteurs de la société civile. Chaque auditeur apprendra ainsi beaucoup de l’expérience des autres grâce à la « fertilisation croisée » chère à l’IHEDN. Tous disposent d’un point commun : un tropisme maritime qui les a convaincus de rejoindre la session et qui constitue le ciment de la cohésion et de la solidarité propres aux gens de mer.

Facilitée par « l’esprit IHEDN », cette cohésion s’est manifestée dès les premiers instants, suscitant déjà parmi les auditeurs des débats animés et sans tabou lors de leurs premières réflexions en comité sur trois thèmes du monde maritime qui leur ont été confiés : l’Arctique, les énergies offshores et la connaissance des océans nécessaire à la prévention des conséquences de la montée des eaux.

La 3e session maritime a donc largué les amarres pour une circumnavigation passionnante du monde maritime avec des escales dans de grands ports français (Boulogne sur mer, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon) mais aussi à Bruxelles et dans des ports internationaux majeurs lors de leurs missions Djibouti, « Europe » et « Monde ».

Le vice-amiral d’escadre Stanislas Gourlez de La Motte, major général de la Marine et le VAE (2S) Gérard Valin, responsable de la session.

Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français et le VAE (2S) Gérard Valin pendant le débat avec les auditeurs.

La 29ème Session SMHES « au contact » de l’armée de Terre

A l’occasion de leur huitième et avant-dernier séminaire, les auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégique ont été accueillis dans trois formations de l’armée de terre stationnées dans la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Le séminaire s’est prolongé par une conférence, ouverte aux adhérents de l’Institut FMES, traitant des accords internationaux et de la souveraineté des Etats puis par une table ronde portant sur la recherche d’une solution juridique aux différends sur la délimitation des espaces maritimes chypriotes.

Les auditeurs ont été accueillis le jeudi 16 mai 2019 à Marseille par le général de division Bruno Guibert, commandant la 3ème division, qui engerbe, pour reprendre les termes en usage, 25 régiments relevant des 2ème brigade blindée, 6ème brigade légère blindée et 11ème brigade parachutiste. Deux grands thèmes ont soutenu la présentation générale. Tout d’abord, nos hôtes ont insisté sur la remontée en puissance décidée après les attentats de janvier 2015, qui a permis de porter les effectifs de la force opérationnelle terrestre de 66 000 à 77 000 militaires, conformément à son nouveau contrat opérationnel qui intègre désormais un déploiement majeur et permanent sur le territoire national. A également été présenté le nouveau modèle d’armée baptisé « Au Contact », élaboré pour tenir compte du contexte opérationnel et supprimer « certaines rigidités apparues depuis le passage à une armée professionnelle ». Ce modèle repose sur un rééquilibrage entre les fonctions stratégiques, avec un accent plus marqué sur les fonctions de prévention et de protection du territoire national, la mise en œuvre d’un spectre complet de capacités et un changement de génération des capacités terrestres, avec l’avènement des nouveaux équipements du programme SCORPION.

La présentation s’est poursuivie par trois exposés permettant aux officiers de l’état-major de partager leur expérience sur Barkhane, opération lancée le 1er août 2014, qui « vise en priorité à favoriser l’appropriation par les pays partenaires du G5 Sahel de la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne ». Parmi les multiples missions auxquelles contribue l’armée de terre, il a également été possible de découvrir la vie quotidienne du détachement français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, établie en mars 1978 et le rôle déterminant de l’officier français inséré au sein de la Multinational Force & Observers, une organisation internationale chargée de contrôler l’application du traité de paix israélo-égyptien sur la frontière orientale du Sinaï.

A l’issue du déjeuner, les auditeurs ont progressé d’une vingtaine de kilomètres dans l’est pour gagner le camp de Carpiagne, occupé depuis juillet 2014 par le 1er régiment étranger de cavalerie, un des sept régiments constituant la 6e brigade légère blindée. Accueillis par le colonel Olivier Baudet, ils ont pu échanger avec les nombreux légionnaires mobilisés pour présenter les principaux équipements du régiment, parmi lesquels les engins blindés AMX-10 RC-R (Roues-Canon rénovés). Evoquant leur métier avec une pointe d’accent tantôt mongol, tantôt roumain, tantôt indéterminé, les légionnaires ont été fidèles à la réputation de ce corps légendaire. C’est avec une grande fierté qu’ils attendent l’arrivée des premiers engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, emblématiques du programme SCORPION, qui « vise à créer un système de combat tactique évolutif et flexible, à même de remplir toutes les missions opérationnelles présentes et futures de l’armée de Terre ». La journée s’est achevée sans surprise autour d’un verre de Puyloubier, issu du domaine éponyme où s’est installé en 1954 l’Institution des invalides de la légion étrangère.

Poursuivant leur découverte de l’armée de terre, les auditeurs se sont retrouvés le vendredi 17 mai 2019 au Cannet des Maures, devant l’entrée de la base école général Lejay, du nom du premier commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Reçus par le général de brigade Jean Bouillaud, commandant l’École de l’aviation légère de l’armée de terre, entouré par des représentants du Centre de formation interarmées NH 90 et de l’École franco-allemande du Tigre, ils ont pu se projeter dans la troisième dimension et appréhender la spécificité de l’aérocombat. Fort d’un parc de 320 aéronefs totalisant 75 000 heures de vol par an, l’ALAT comptabilise 53% du parc étatique des voilures tournantes, loin devant l’armée de l’Air (17%) et la Marine nationale (11%). L’action de ces hélicoptères a été déterminante dans le succès des derniers engagements dans le Sahel (opération Serval), en Libye (opération Harmattan), en Afghanistan (opération Pamir), en Côte d’Ivoire (opération Licorne) ou en République centrafricaine (opération Sangaris), ces aéronefs ayant contribué de façon majeure à la destruction des éléments adverses, sans qu’aucune perte civile n’ait été observée au cours des dernières opérations citées. Seule ombre au tableau, la faible disponibilité du parc a été évoquée en toute transparence, illustrant ainsi une défaillance bien identifiée par la ministre des armées, qui avait annoncé dès décembre 2017 une série de mesures destinées à améliorer la disponibilité des aéronefs militaires. Le général de brigade Jean Bouillaud a conclu ces trois demi-journées pleinement consacrées à l’armée de terre en rappelant les objectifs de l’ALAT de disposer des capacités nécessaires pour affronter victorieusement les bulles de déni d’accès qui se multiplient, par exemple le long des rivages de la Méditerranée.

La journée s’est achevée par une conférence prononcée par un ancien conseiller militaire de la représentation permanente de la France auprès de de la Conférence du désarmement à Genève. S’appuyant sur une longue expérience des négociations internationales, l’orateur a détaillé les règles non écrites dont le respect permet l’élaboration consensuelle des décisions internationales, tout en garantissant la souveraineté des Etats. Il est revenu sur le positionnement des diplomates et des militaires qui les conseillent et sur les nombreux outils à leur disposition leur permettant de rallier à leur cause les nations « hésitantes ». Le lendemain matin, maître Béatrice Trigeaud, avocate au barreau des Hauts-de-Seine, a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, en présentant les multiples modes de résolution du différend opposant la Turquie à la communauté internationale sur la délimitation des espaces maritimes entourant l’île de Chypre. En présence du commissaire général adjoint au préfet maritime de la Méditerranée, chargé de l’action de l’État en mer, une table ronde a suivi cet exposé magistral, sans que les « difficulté substantielles » ne trouvent de solution évidente, la Turquie n’étant pas partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la République turque de Chypre du Nord restant une entité sans substance juridique, reconnue uniquement par la Turquie.

Le séminaire de clôture se tiendra du 13 au 15 juin 2019 à Toulon et verra le président de l’Institut FMES et le représentant du directeur de l’IHEDN remettre leurs diplômes aux auditeurs.

 

29ème SMHES à Genève : au cœur du multilatéralisme et des institutions internationales

Les 17 et 18 avril, les 20 auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont rendus à Genève pour leur 7ème séminaire basé sur les institutions internationales.

La première matinée s’est déroulée à l’Humanitarium du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après une vidéo recensant les activités de l’organisation internationale, Pascal Daudin, ex-conseiller à la direction du droit international et des politiques humanitaires fraichement retraité, a fait le déplacement spécialement pour les auditeurs. Il a présenté les activités du CICR autour du thème « Les nouveaux défis de l’action humanitaire dans les zones à risques ». Cette conférence a été l’occasion d’apprendre les circonstances de la création du CICR, imaginé durant la bataille de Solferino par Henry Dunant. Possédant une identité duale – normative et opérationnelle – le CICR, qui est basé sur une action neutre, indépendante et impartiale, possède un budget de 2 milliards de dollars par an et bénéficie de 80 délégations à travers le monde. Pascal Daudin a évoqué le déclin du multilatéralisme dans un contexte géopolitique mondial où le souverainisme est exacerbé. Ce phénomène rend difficile l’intervention dans certains Etats qui y voient une ingérence. Ce climat questionne sur le devenir du CICR et plus globalement de l’action humanitaire, notamment avec l’émergence des nouvelles technologies.

A l’Humanitarium du CICR.

A l’issue de cette conférence, Brian McQuinn, chercheur diplômé de l’université d’Oxford a donné une analyse des groupes armés non étatiques. Spécialiste de la Libye, il travaille avec plus de 100 groupes armés à travers le monde.

La matinée s’est poursuivie à la villa des Ormeaux où travaillent les deux ambassadeurs français auprès des organisations internationales : Yann Hwang et François Rivasseau. Yann Hwang est le représentant de la France auprès de la Conférence du désarmement à Genève tandis que François Rivasseau est le représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse.

Après un déjeuner dans le jardin de la villa permettant une splendide vue sur la ville de Genève où les auditeurs ont pu tour à tour discuter avec M. l’ambassadeur Yann Hwang, la diplomate égyptienne Heidi Serry a évoqué l’amitié franco-égyptienne, la coopération euroméditerranéenne et les défis auxquels Le Caire est confronté, notamment le terrorisme ou les migrations illégales. Ces thèmes font partie des priorités de l’Egypte depuis février, date qui marque le début de sa présidence de l’Union africaine.

L’ambassadeur Hwang, en poste depuis septembre 2018 à Genève, a expliqué la notion du désarmement aux auditeurs. Ce terme faisant référence à la contrainte de l’arme et de sa possession, il s’agit d’un droit à vocation universelle auquel tous les Etats sont supposés s’engager. Née après la Première guerre mondiale, cette idée a réémergé à l’issue de la Seconde guerre mondiale à Genève : la course aux armements doit être régulée par le droit. L’ambassadeur a donné un éclairage sur les Etats et leurs rapports à la notion de désarmement.

Les auditeurs en présence de l’ambassadeur Hwang

A l’issue de ses propos, les auditeurs se sont entretenus avec les conseillers de l’ambassadeur. Benjamin Weizs, son premier conseiller a dressé un tableau sur le métier de diplomate et a donné des éclairages sur l’immunité diplomatique. Les diplomates sont en effet les canaux de communication entre les Etats.

Le conseiller militaire de l’ambassadeur, le colonel Pascal Levant, a donné un discours franc sur la place qu’occupe la France dans le désarmement. Parce qu’elle fait la guerre, produit, utilise et vend des armes, Paris fait figure de « mauvaise élève ». Toutefois, la commission de désarmement a pour mission de défendre ses intérêts. Les auditeurs ont appris que la Conférence du désarmement à Genève repose sur le consensus. Or, cette notion est difficile à atteindre. On parle alors de blocage des institutions, notamment du fait des positions américaine et russe.

La fin de l’après-midi a été marquée par l’intervention de M. l’ambassadeur François Rivasseau, représentant permanent de la France auprès de l’ONU et des 37 organisations internationales à Genève. Ses missions à Genève sont duales. D’abord, il doit représenter la France à travers l’influence et la défense des intérêts français. D’autre part, il a pour mission d’œuvrer en faveur des droits de l’homme. A ce titre, les sujets humanitaires en lien avec le CICR, l’OIM, l’UNHCR sont nombreux, d’autant plus que les crises sont bloquées. Il est plus aisé pour les interlocuteurs de se rencontrer à Genève plutôt qu’à New York, siège de l’ONU. Dans la ville suisse, François Rivasseau a expliqué que le multilatéralisme se faisait « au jour le jour », le contexte étant moins « abrasif » qu’à New York.

Le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur de l’institut FMES et l’ambassadeur François Rivasseau

Ses propos ont laissé place à l’intervention de Cécile Mahé, déléguée permanente adjointe auprès Délégation permanente de la France auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’OMC est une organisation indépendante comptant 164 Etats membres, les derniers pays ayant adhéré étant le Libéria et le Yémen. L’Union européenne est en charge de négocier à la place de Paris. Quant à la France, elle « explique et écoute ». Avec un budget de 200 millions de francs suisses, l’OMC vit des contributions de ses membres. A ce titre, la France en est la 6ème contributrice en 2019. Cécile Mahé a donné une description complète et honnête des problèmes que traverse l’OMC notamment s’agissant des cycles de négociations qui sont longs et qui nécessitent un consensus.

Cette première journée s’est conclue par l’inauguration du « chalet de la paix » dans le jardin de la Villa des Ormeaux.

Jeudi 18 avril qui marque la deuxième journée de séminaire a été consacrée à l’Organisation des Nations unies (ONU) et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le bâtiment historique de l’ONU, inauguré à l’époque de la Société des Nations, Alexandre Carette, assistant presse a détaillé l’organisation, ses activités et les enjeux contemporains que pose le multilatéralisme. Tandis que l’ONU compte actuellement 193 Etats membres, pas moins de 10 000 réunions se tiennent chaque année dans l’enceinte du bâtiment. L’ONU est le symbole même du multilatéralisme, son idée de départ étant de construire un monde où les camps de concentration et la Seconde guerre mondiale ne devaient plus arriver. L’organisation officie à Genève, « capitale des droits de l’homme ». En effet, dans cette ville se trouvent les sièges du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, du Conseil des droits de l’homme ou encore des organes des traités des droits de l’homme.

La matinée s’est poursuivie au siège de l’Organisation mondiale du commerce avec l’intervention de Pierre Latrille, conseiller, division de l’examen des politiques commerciales. Ses propos ont complété ceux de Cécile Mahé la veille et ont donné un éclairage sur la stratégie de l’OMC.

Après un déjeuner dans la cafétéria de l’ONU, les auditeurs de la 29ème session SMHES ont assisté à la conférence de Luc Brandt, conseiller spécial au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Une vidéo a présenté l’action de l’organisation. Luc Brandt a détaillé les caractéristiques des réfugiés et leur parcours pour accéder à l’asile. Il a toutefois expliqué que le système d’asile est actuellement en crise alors que le monde compte environ 25 millions de réfugiés – la plupart originaires du Soudan du Sud, d’Afghanistan et de Syrie. Avec un budget annuel total de 7 milliards de dollars, le UNHCR est également en charge de l’installation de ces migrants, conformément aux demandes des pays d’accueil. Les Etats-Unis figurent à la première place des donateurs tandis que la France est à la 14ème position.

 

Le séminaire international s’est achevé avec Azzouz Samri, chef de la division des organes directeurs et conseiller régional pour l’Afrique par intérim qui a décrit les activités de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Après un bref historique de l’OIM, Azzouz Samri a décrit le profil des migrants avec des chiffres et a donné l’étendue des missions de l’OIM. L’OIM agit afin relever les défis que pose la gestion des flux migratoires, entend favoriser la compréhension des questions de migration, promeut le développement économique et social à travers les migrations et œuvre au respect de la dignité humaine et au bienêtre des migrants. Son champ d’action est étendu et concerne le développement humain, la santé, le rapatriement et la consolidation de la paix.

Au cœur de « Genève internationale », les auditeurs ont reçu un message fort sur le multilatéralisme. Motivé par un idéal de paix, le multilatéralisme est indispensable au maintien de la paix et à la garantie des droits de l’homme. Toutefois, les interlocuteurs rencontrés ont souligné la difficulté que connait actuellement cette notion et les enjeux auxquels elle est confrontée.

 

Séminaire sur les révolutions technologiques dans les domaines de la sécurité et de la défense

 

Le vice-amiral d’escadre (2s) et directeur de l’Institut FMES Pascal Ausseur durant sa présentation.

Le jeudi 4 avril, l’institut FMES a participé à Séoul à un séminaire franco-coréen sur les révolutions technologiques dans les domaines de la sécurité et de la défense.

Les révolutions technologiques ont été le vecteur de bouleversements de nos modes de vie. A l’instar du téléphone mobile, d’internet ou du GPS, ces changements importants sont souvent issus des domaines de la défense et de la sécurité. Actuellement, en France et en Corée, les pouvoirs publics continuent de soutenir le domaine technologique et encouragent la recherche de nouvelles technologies dites de « rupture ». A ce titre, dans le cadre de sa « Réforme de la Défense 2.0 », le gouvernement coréen s’apprête à innover dans le domaine de la défense.

A l’heure de la 4ème révolution industrielle, synonyme de connexion et de convergence, nos forces armées hautement connectées sont de plus en plus dépendantes des systèmes numériques. Ces systèmes accroissent leurs capacités d’information et d’action, mais posent également des problèmes nouveaux comme, à titre d’exemple, leur vulnérabilité aux cyber-attaques ou les conséquences éthiques et juridiques de la robotisation ou de l’intelligence artificielle.

Ce séminaire, qui a réuni des responsables et experts issus de France et de Corée autour d’enjeux centraux pour l’avenir et la sécurité des deux pays, s’inscrit dans un contexte où Paris et Séoul entendent renforcer leur coopération.

La journée a débuté par l’allocution de l’ambassadeur de France en Corée, Fabien Penone. Plusieurs présentations se sont succédées. Le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur à l’institut FMES, a abordé l’impact des révolutions technologiques dans le domaine du maintien de la liberté d’action maritime, en particulier dans les « mers resserrées » que sont la Méditerranée et la mer de Chine du sud, deux zones stratégiques.

 

Escale en Région Sud pour la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques

Du 14 au 16 mars 2019, les auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont réunis pour le sixième séminaire à Marseille, la Seyne-sur-Mer et Toulon autour du thème « les domaines terrestre et aéroterrestre ».

Le jeudi 14 mars, la journée a été consacrée à la Gendarmerie nationale. Dans une salle prestigieuse de la caserne Donadieu, les auditeurs ont visualisé un clip retraçant l’action de la Gendarmerie nationale. Héritier de la Maréchaussée créée en 1336, ce corps militaire, vieux de huit siècles d’histoire prend l’appellation de Gendarmerie nationale en 1791.

La Gendarmerie nationale est très importante aux échelles nationale et régionale. Pour l’année 2017, elle comptait 100 000 personnes civiles et militaires auxquelles s’ajoutaient environ 30 000 réservistes. Le budget alloué était de 7,27 milliards d’euros. S’agissant de la zone de défense Provence-Alpes-Côte d’Azur, 16 000 gendarmes assurent la sécurité des 11 millions d’habitants. Le maillage territorial étant très important, la Gendarmerie nationale est compétente sur 95% du territoire. L’officier et ancien auditeur de l’institut FMES, André-Marc Hébert a donné une conférence sur la gestion de crises en zone Sud et les capacités de la Gendarmerie nationale. Il a évoqué le crash de l’Airbus A330 de la Germanwings du 24 mars 2015 qui a notamment mobilisé la Gendarmerie nationale à Marseille et qui a nécessité une gestion humaine et médiatique de la part des gendarmes. L’officier a également expliqué les enjeux auxquels est confrontée la Gendarmerie en région Sud durant les affluences saisonnières mais également en terme de gestion de la migration.

La matinée s’est poursuivie avec la présentation du colonel Eric Painset concernant la mission prévôtale de la Gendarmerie dans ses opérations extérieures. La gendarmerie, sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l’étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. L’année 2013 marque l’instruction ministérielle fixant le cadre d’emploi de cette prévôté. Actuellement, le colonel Eric Grosset est à la tête de la gendarmerie prévôtale.

S’adressant aux auditeurs, le colonel Eric Painset a fait un RETEX de l’opération Chammal détachée en Jordanie. La France s’est engagée en Jordanie en 2014 à la demande de l’Etat irakien avec les forces de la coalition pour lutter contre Daech. Si en septembre 2015 les premières frappes en Syrie ont débuté pour détruire les cellules terroristes, le contexte a évolué avec la chute imminente du dernier bastion de Daesh et les techniques de guérilla développées alors par l’organisation terroriste.

Après un cocktail déjeunatoire au cercle mixte de la caserne Donadieu, le séminaire s’est poursuivi à la caserne Hetzel pour une démonstration dynamique des actions de la gendarmerie. Après des explications vidéos sur les actions du Groupe d’Observation et de Surveillance (GOS), les auditeurs ont pu bénéficier d’un exercice de simulation d’un groupe d’intervention cynophile et d’une démonstration avec un maître-chien. Divers ateliers ont permis aux auditeurs d’en apprendre davantage sur les moyens techniques et humains dont dispose les gendarmes dans le cadre de leurs interventions.

La journée s’est achevée à l’Hôtel de Région à Marseille. Après une intervention du président de l’institut FMES, Benoit le Masne de Chermont, Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur et membre du Conseil d’administration de l’institut FMES a fait une présentation de la région. Comptant environ 5 millions d’habitants, il s’agit de la première région militaire de France et la deuxième région touristique. Sa situation géographique la place aux confluences des flux européens et méditerranéens et fait d’elle un hub international naturel. Le PIB de la Région s’élève à 157 milliards d’euros, représentant 8% du PIB national avec des filières économiques privilégiées.

La Région Sud s’est donnée pour mission d’être le premier partenaire de l’entreprise. Pour ce faire, elle a mis en place des dispositifs de soutien, de création, d’accompagnement et de reprise au profit des entreprises. Parmi eux, le Fonds d’intégration économique régional (FIER) et la Banque régionale de l’emploi et de l’apprentissage (BREA), créée par Yannick Chenevard, vice-président du conseil régional et également membre du conseil d’administration de l’Institut FMES.

Le domaine maritime bénéficie d’une place importante dans la région. Philippe Vitel dirige l’Opération d’intérêt régional (OIR) concernant l’industrie navale et maritime chargée de piloter l’économie de la mer. En effet, ce secteur est primordial pour cette région qui représente la troisième région en France dans ce domaine avec 872 kilomètres de côtes, 250 000 immatriculations de navires, le plus grand port de guerre de la Méditerranée (Toulon) et le plus grand port commercial (Marseille). Le but de l’OIR est de consolider et améliorer la performance des filières navales et maritimes de la région.

Quelques projets mis en place par la Région Sud :

  • DroneSeastem : application maritime des drones (Eca group)
  • Solution digital du « smart port » (Marseille Gyptis International)
  • Navire « souteur » en Gaz naturel liquéfié (GNL) qui est pour Philippe Vitel l’avenir du maritime
  • Plateforme SeaLab / System Factory (en collaboration avec l’OIR Industrie du futur)

L’intervention du vice-président régional a laissé place à la présentation de Gilles-Olivier Bertrand, directeur du développement et du financement des entreprises qui a présenté les projets FIER à destination des TPE et des PME régionales. Le directeur du développement a également précisé que les OIR sont des catalyseurs de projets structurants pour nos territoires. Enfin, Geneviève Kalfon, directrice de l’attractivité, du rayonnement international et de l’innovation a donné les trois grands objectifs de la Région Sud :

  • Renforcer l’attractivité de la région à l’égard des investissements
  • Accompagner l’internationalisation des entreprises
  • Renforcer les partenariats internationaux

Pour ce faire, la Région Sud-Provence-Alpes-Côtes d’Azur met en place des dispositifs opérationnels au service des entreprises et les accompagne vers des destinations dites prioritaires. Parmi elles, les pays du « grand large » (Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, etc.) ; des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb, Israël, Espagne, Italie, etc.) ; du nord de l’Europe (Allemagne, Danemark, Norvège etc.) ou des pays plus spécifiques tels que le Costa Rica ou certains pays d’Afrique. Le budget consacré à l’export et à l’international est de 2 millions d’euros.

Le vendredi 15 mars, les auditeurs ont découvert le groupe CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée). Fondé en 1856 sous l’appellation de Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) et rebaptisé en 1966, CNIM est un équipementier et ensemblier industriel français de dimension internationale qui intervient dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la défense et des hautes technologies. L’entreprise est au service des grandes entreprises privées et publiques, des collectivités locales et des États.

Pierre Marage, responsable des ventes sur le domaine de la défense et auditeur de la 21ème Session a présenté le groupe et ses filiales, dont Bertin, SunCNIM, CNIM Martin. A travers la devise « CNIM intervient là où l’homme a besoin », les auditeurs ont découvert le large spectre d’activités de l’entreprise qui compte en son sein des équipes pluridisciplinaires, des machines uniques en France et d’une capacité industrielle exceptionnelle. La matinée s’est poursuivie avec la visite des installations, l’occasion pour les auditeurs d’apprendre que le groupe CNIM fabrique entre autres des coiffes pour Ariane VII.

Après un déjeuner dans les locaux du groupe CNIM, les auditeurs ont rejoint la base navale de Toulon pour écouter la présentation des sous-marins SNA de type Rubis de la Marine nationale française. Redoutables chasseurs de sous-marins, les SNA sont longs de 73,6 mètres et vont à une vitesse supérieure à 20 nœuds. Ils sont indispensables à la sûreté et au soutien de la force maritime comme à la protection d’une force aéronavale à la mer et concourent également à une « dissuasion conventionnelle ». À la fois navires de combat et instruments de puissance, ils bénéficient d’une capacité de frappe contre la terre dans la profondeur et des moyens accrus de mise en œuvre de forces spéciales. Les SNA sont conçus pour naviguer 220 jours par an et deux équipages de 70 hommes sont nécessaires pour les armer.

La présentation s’est concrétisée par la visite du sous-marin d’attaque Emeraude, le quatrième exemplaire des six sous-marins de type Rubis, lancé le 12 avril 1986 à Cherbourg. Répartis en trois groupes, les auditeurs ont pu visiter tous les compartiments de ce bâtiment semblable à celui utilisé pour le film français Le Chant du Loup : chambres, carré des officiers, cuisine, tour de contrôle, etc.

A l’issue de la visite, les auditeurs ont rejoint l’amphithéâtre de la Maison du numérique et de l’innovation pour écouter la conférence prononcée par Pascal Frion sur le thème « Intelligence : de l’infodictat d’hier à l’infodetox de demain ». Le conférencier, devant les auditeurs et les adhérents de l’institut FMES a donné des pistes afin de bénéficier d’un meilleur rapport à l’information.

Enfin, les travaux de comité ont occupé la matinée du samedi 16 mars. Les auditeurs, répartis en trois comités travaillent depuis le mois d’octobre sur un rapport final portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Tour à tour, ils ont fait part de leurs avancements. Le Professeur Jean-Jacques Roche, Directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) leur a fait l’honneur de sa présence. Après avoir écouté les axes et scenarii de chacun, le Professeur Roche leur a donné des conseils pour les avancements futurs.

Après ces présentations, interventions et visites intéressantes, les auditeurs se retrouveront le 17 avril à Genève pour un séminaire dédié aux instances internationales.