Palestine

« Deal of the century » : le désaccord du siècle ?

Anne BOULNOIS et Béatrice VEYRAT-MASSON, chargées de mission à l’institut FMES

Après trois ans d’attente, le « deal du siècle » a été dévoilé par le Président américain Donald Trump le 27 janvier 2020. A ses côtés se trouvaient notamment le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, son opposant pour les élections à venir Beny GANTZ, et les ambassadeurs des Emirats Arabes Unis, d’Oman et de Bahreïn. Trouver un accord de paix pour cette région qui a appris à composer avec le chaos n’est pas chose facile. Les espoirs des uns constituent le pire cauchemar des autres, tant les parties prenantes ont des intérêts divergents. Cependant, il serait idéaliste de penser que le plan de Washington répond à une véritable recherche de paix entre Israéliens et Palestiniens. Même l’analyse sous le prisme de la realpolitik[1] ne semble pas convenir, tant l’intérêt personnel des acteurs impliqués l’emporte sur l’intérêt général.

Qu’en est-il réellement de ce plan de paix ?

Ce plan s’articule essentiellement autour de l’aspect économique, prévoyant des investissements très importants en Palestine, partant du postulat que l’aspect politique suivra. Ce plan de paix, qui n’a aucune valeur juridique tant qu’il n’a pas été endossé par le Conseil de sécurité des Nations unies, stipule quatre grands points : tout d’abord la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël[2] et sa souveraineté dans la vallée du Jourdain[3], puis l’annexion définitive du plateau du Golan[4], la reconnaissance de la légalité du projet colonial en Cisjordanie[5] (illégale au regard du droit international) et enfin une allocation de 50 milliards de dollars d’investissements[6] faite au Palestiniens ainsi qu’une promesse de capitale dans la banlieue Est de Jérusalem[7]. Ce plan ne prévoit rien pour le retour des réfugiés palestiniens du Liban et de Jordanie sur leur terre originelle. Pour ce qui est de la bande de Gaza, le Hamas devrait être démilitarisé, tout comme le djihad islamique. La proposition de la relier à la Cisjordanie par un train à grande vitesse via un tunnel est mentionnée sans précision quant à sa date de mise en œuvre. Enfin, la bande de Gaza pourrait accueillir un port et des infrastructures économiques.[8]

Le Hamas, au pouvoir dans la bande Gaza, a réagi et s’est exprimé via Khalil al-Hayya, haut responsable du mouvement, en déclarant qu’il n’acceptera « pas de substitut à Jérusalem comme capitale de l’Etat de Palestine »[9]. Cette déclaration va dans le même sens que celle de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne, pour qui ce plan a été conçu à sens unique, raison pour laquelle il a été de facto rejeté par les palestiniens. Le président de l’Autorité palestinienne déclarait ainsi « qu’il [serait] impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem comme capitale d’un Etat palestinien »[10]. Répondant à l’allégation américaine de voir Jérusalem devenir la capitale « indivisible » d’Israël, Mahmoud Abbas a convoqué des réunions extraordinaires avec les partis palestiniens et la Ligue Arabe. Les membres de la Ligue Arabe se sont réunis samedi 1er février au Caire. D’un commun accord, ils ont publié un communiqué précisant que la Ligue rejetait le deal américain, affirmant qu’il était « injuste » et qu’il « ne respecte pas les droits fondamentaux et les aspirations du peuple palestinien ». La Ligue a ajouté que les dirigeants arabes avaient promis « de ne pas […] coopérer avec l’administration américaine pour mettre son plan en œuvre »[11]. Cette déclaration rejoint celle de l’Organisation de la Coopération Islamique[12]. Un soulagement pour Mahmoud Abbas qui se sentait bien isolé lors de l’annonce du « deal of the century ». Selon certaines sources, il aurait toutefois prudemment nuancé ses propos initiaux concernant sa volonté de couper tout lien avec Israël et les Etats-Unis[13]. Saeb Erekat, Secrétaire Général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) a pour sa part déclaré que les Palestiniens se réservent tout droit de « se retirer de l’accord intérimaire d’Oslo », lequel encadre leurs relations avec Israël si ce plan annoncé devait être mis en place comme annoncé par l’administration Trump[14]. A l’issue de l’accord intérimaire dit Oslo II de septembre 1995 entre l’OLP et Israël, la Cisjordanie avait été divisée en trois zone : la zone « A » sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, la zone « B » sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien et la zone « C » sous contrôle civil et sécurité israélienne (voir encadré). Cet accord devait prendre fin en 1999, mais il a été reconduit par les deux parties. Selon Saeb Erekat, ce plan « va transformer l’occupation temporaire en occupation permanente »[15].

Un plan américain qui survient dans un contexte de pré-campagne électorale

Alors que les élections américaines de novembre prochain se profilent, le Président Donald Trump peut d’ores et déjà s’appuyer sur son bilan économique favorable. Cependant, malgré un risque de récession et d’inflation maîtrisé ainsi qu’un chômage au plus bas « depuis la guerre de Corée » (i.e. 1950-1953), Goldman Sachs annonce une élection présidentielle serrée.[16] Les équipes de Donald Trump sont donc à la recherche d’électeurs qui puissent élargir la base électorale du Président « désormais identifiée comme stable et extrêmement solide » depuis son discours offensif sur l’état de l’Union (4 février 2020) et son blanchissement par le Sénat (5 février) dans la procédure d’impeachment qui le visait.[17] Pour certains de ses conseillers, la réussite économique pourrait ne pas être suffisante pour convaincre les Américains de voter pour lui et il serait opportun qu’il puisse se prévaloir d’un succès de politique étrangère. Les citoyens américains sont en effet sensibles de voir leur pays tenir un rôle prépondérant sur la scène internationale[18], tout particulièrement lorsqu’il s’agit de l’Etat hébreu[19]. Les propositions pro-israéliennes de l’AIPAC (American Israel Public Affairs Committee) et la communauté juive historique et influente gravitant autour des présidents américains et de leur entourage depuis 1951, entrent en résonnance avec certaines revendications des mouvements évangéliques. Le soutien et l’attachement de ces derniers envers Israël ne s’appuie pas seulement sur une adhésion au projet sioniste, mais aussi sur une véritable proximité culturelle basée sur la lecture de la Bible, les Eglises évangéliques étant « partisan[e]s d’une exégèse » fondée sur une lecture littérale qui prime sur « des médiations critiques »[20]. Donald Trump est conscient que la frange évangélique de la population américaine représente un quart de l’électorat américain. Pour ceux qui ne seraient pas convaincus par sa « Vision » pour l’Etat hébreu, le Président a stigmatisé « tous les candidats démocrates qui briguent la présidence essayent de punir les croyants » lors d’un meeting à la megachurch de Miami King Jesus International Ministry[21].

La médiatisation faite autour du « deal du siècle » – à commencer par son appellation pompeuse, mais surtout son contenu déséquilibré en faveur des israéliens – a permis également au Président Trump de détourner l’attention de l’électorat américain du procès en destitution dont il a fait l’objet. Bien qu’il ait été blanchi par le Sénat, le principal intéressé n’en est pas moins soucieux de son image. En effet, les indécis pourraient être définitivement refroidis par les révélations successives, dont celles de l’ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Face à cette mauvaise publicité, le Président américain souhaite mettre en avant le fait qu’il a réussi là où les « administrations précédentes depuis le Président Lyndon Johnson [ndlr. 1963-1969] ont essayé et ont amèrement échoué » selon ses propos lors de la conférence de presse lors de laquelle il a présenté son plan de paix[22].

Benjamin Netanyahou comblé

De son côté, le Premier ministre Netanyahou y trouve tout son intérêt. Ce plan survient en effet au meilleur moment pour lui dans la perspective de l’élection du 2 mars 2020, la troisième en moins d’un an, pour désigner les membres de la Knesset et par là-même le futur Premier ministre. Ces élections anticipées résultent de l’incapacité des partis israéliens à former un gouvernement de coalition.

Benjamin Netanyahou, au « coude à coude » avec son opposant l’ancien Chef d’état-major des armées Benny Gantz, considère que ce plan « marquera l’histoire comme un jalon important permettant à différents acteurs au Moyen-Orient d’aller enfin de l’avant avec un accord régional historique »[23]. Il espère tirer profit de ce plan et de sa proximité avec le Président américain pour sortir vainqueur de l’élection, tant l’accord est favorable à Israël.

David Khalfa, chercheur à l’Institut prospective et sécurité en Europe explique que la présence de Monsieur Gantz aux côtés de Monsieur Netanyahou à la conférence de presse à la Maison Blanche était sans doute un piège. En effet, « cette invitation collective à Washington visait à illustrer un rapprochement entre les deux hommes pouvant aboutir à la constitution d’un gouvernement d’union nationale, meilleure issue pour Netanyahou. Or, agissant de la sorte, il coupait l’herbe sous le pied de Gantz qui a axé toute sa campagne sur le rejet de Netanyahou »[24]. Il est important de rappeler que la motivation de l’actuel Premier ministre de gagner ces élections ne consiste pas seulement dans sa volonté de garder le pouvoir, mais aussi dans sa nécessité d’obtenir l’immunité que lui confère le statut de Premier ministre afin de ne pas être poursuivi sur le plan judiciaire[25].

Cette analyse met en lumière la fragilité du Premier ministre israélien qui a désespérément besoin de l’appui de Donald Trump comme celui des autres dirigeants influents qu’il s’est empressé de rencontrer ces dernières semaines. Une partie de l’extrême-droite israélienne n’a pas hésité à critiquer Benjamin Netanyahou en lui reprochant d’avoir cédé à la Maison Blanche en acceptant le principe de deux Etats, même si le futur Etat palestinien tel qu’envisagé par le plan de paix est de fait vidé de toute substance. Peut-on en effet parler d’Etat lorsque la surveillance des frontières et le contrôle de l’espace aérien ne lui appartient plus ? Ou bien lorsque ce dernier n’est pas libre de signer des traités ou de faire partie de certaines institutions internationales ?[26]

La communauté internationale divisée sur le sujet

La communauté internationale a réagi mollement et a affiché ses divisions. L’Organisation des Nations Unies s’en tient aux résolutions onusiennes et aux accords bilatéraux sur la création de deux Etats, Israël et la Palestine, « vivant côte à côte en paix et sécurité dans les frontières reconnues sur la base des lignes définies en 1967 » selon les déclarations de son porte-parole.[27]

L’Union européenne a, par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie Josep Borrell, évoqué l’idée « d’étudier et d’évaluer les propositions avancées »[28]. Elle a cependant réaffirmé d’une seule voix « son engagement ferme et unanime en faveur d’une solution négociée et viable prévoyant deux Etats qui tiennent compte des aspirations légitimes tant des palestiniens que des israéliens, en respectant toutes les résolutions de l’ONU »[29]. Un message clair qui confirme son attachement aux résolutions onusiennes.

Les Etats arabes ont pour l’instant peu réagi, car tenus par des engagements politico-économiques avec les Etats-Unis. Le maréchal al-Sissi a un besoin vital d’aides américaines[30] ; Mohammed Ben Salman et Mohammed Ben Zayed Al-Nahyan voient dans l’accord un moyen de se rapprocher d’Israël pour contrer plus efficacement l’Iran qui leur fait peur.[31] Les deux souverains savent par ailleurs qu’ils ont besoin des armes et des garanties de sécurité américaines.[32]

La Jordanie a déclaré son « soutien à tous les efforts sincères visant à obtenir une paix juste et globale dont la seule voie est l’établissement d’un Etat palestinien indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem en-Est »[33], réaction semblable à celle du Qatar. L’Egypte a quant à elle adopté une réaction plus encline au plan de paix américain en invitant les deux parties à un examen « attentif » et « approfondi »[34]. L’Arabie-Saoudite a dit « apprécier » les efforts de Donald Trump, mais le roi Salman a réaffirmé son soutien lors d’un entretien téléphonique à Mahmoud Abbas sur « l’engagement du Royaume envers les Palestiniens »[35].

L’Iran, la Turquie, le Hezbollah et la Syrie ont condamné fermement ce plan de paix. Le premier l’a nommé le « plan […] de la honte imposé par l’Amérique aux Palestiniens[, qui] est la trahison du siècle et est voué à l’échec ». Le second parle d’un projet « mort-né » et d’un « plan d’occupation visant à tuer une solution à deux Etats et à extorquer des territoires palestiniens ». La milice chiite libanaise a estimé que ce plan n’est qu’une tentative d’éliminer les droits du peuple palestinien, historiques et légitimes. Enfin, le régime syrien a déclaré que « ce plan démontre l’alliance claire entre les Etats-Unis et l’entité sioniste, ainsi que leur animosité envers la nation arabe ».[36] Chacun – avec plus ou moins de délicatesse – a rejeté le plan américain qui élimine de facto toute considération envers le peuple palestinien.

La Chine, elle, ne s’est pas exprimée, ses intérêts pluriels dans la région rendant difficile son positionnement. Enfin, la Russie, redevenu un acteur majeur au Moyen-Orient depuis 2014, a demandé aux Israéliens et aux Palestiniens d’entamer « des négociations directes », soulignant que plusieurs dispositions du plan de paix allaient à l’encontre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.[37] Ce faisant, le Kremlin a montré sa posture légitimiste vis-à-vis du droit international violé en l’espèce, selon lui, par les Etats-Unis tout en rappelant qu’in fine ce plan devrait être légitimité par le Conseil de sécurité de l’ONU et non pas uniquement par les Israéliens et les Américains.

Conclusion

L’annonce de l’accord de paix élaboré par Jared Kushner et son équipe tombe à un moment crucial tant dans le calendrier interne américain, que dans celui du Premier ministre israélien. Ce n’est certainement pas une coïncidence, mais un calcul stratégique d’un Président qui se lance dans une nouvelle campagne électorale, porté par son bilan économique positif et s’attribuant le mérite d’un plan de paix pour une région enlisée dans un conflit réputé insoluble. Mais n’a-t-il pas été trop arrogant ? N’a-t-il pas sous-estimé le risque d’une détérioration de la situation israélo-arabe en cas de nouveau soulèvement populaire, ainsi que d’éventuelles répercussions sécuritaires liées au rejet de l’interventionnisme occidental et anti-palestinien ? Ces répercussions semblent d’ailleurs avoir déjà commencé : des tirs de roquettes ont été lancés depuis la bande de Gaza vers Israël dans la nuit du 1er au 2 février 2020. En réponse, l’Etat hébreux a visé des bastions du Hamas. Le conflit risque à tout moment de s’envenimer.

De plus, ce plan répond à la logique unilatéraliste du Président Donald Trump observée depuis le début de son mandat en matière de politique étrangère. Celui-ci a conscience de sa puissance économique et militaire : il s’en sert pour tenter de faire plier ses adversaires afin qu’ils se conforment à ses désidératas, même si ses résultats tardent à se manifester en Corée du Nord et en Iran.

Au fond, cette initiative et les réactions qu’elle suscite illustrent la nouvelle donne au Moyen-Orient :

  • la fragilisation du multilatéralisme, du droit international et du concept de souveraineté qui en découlent. Le texte du deal du siècle apporte un éclairage cru sur ce dernier concept : «l’idée que la souveraineté est un terme statique et constamment défini a été une pierre d’achoppement inutile dans les négociations passées »[38].
  • l’absence de stratégie de long terme des Etats-Unis ensuite pour qui, au-delà de la conjoncture électoraliste Trumpienne, le redéploiement prime désormais. L’influence d’Israël et de l’Arabie Saoudite en est renforcée, et les marges de manœuvre des acteurs s’accroissent, en particulier pour la Russie à l’affût.
  • le changement générationnel, qui semble se caractériser par une indifférence plus forte à la cause palestinienne. Le chaos et les guerres qui ont secoué le monde arabe depuis 20 ans ont peut-être relativisé le sort de ce peuple qui s’éloigne encore un peu plus de son objectif de création d’un Etat souverain.

 

Téléchargez ici le “deal du siècle” (PDF en anglais)

 

Quelles sont les frontières dites de 1967 ?
Ce sont les frontières reconnues par l’ONU en 1967 qui correspondent aux frontières de la fin de la guerre israélo-arabe de 1948. Il s’agit d’une ligne de démarcation entre les forces israéliennes et les forces arabes (Syrie, Liban, Transjordanie et Egypte). Elles ne sont reconnues que par l’Egypte, la Jordanie et l’Autorité Palestinienne. Le plateau du Golan et Jérusalem-Est ont été annexés par Israël en 1982 ; l’Etat hébreu occupe également une partie de la Cisjordanie. Israël continue aujourd’hui sa politique de colonisation, faisant de la Cisjordanie un territoire « gruyère »[39] aboutissant à la quasi-impossibilité de création d’un Etat Palestinien. Pourtant, la résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 23 septembre 2016, « exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complétement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est »[40]. Israël avait alors annoncé « qu’il ne se conformera pas au vote du Conseil de sécurité »[41]. La démarche intellectuelle d’Israël, mais aussi matérielle, montre bien une envie de passer outre les règles onusiennes sous un prétexte sécuritaire.

 

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[1] La realpolitik désigne « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l’intérêt national », dans Kissinger, H. (1996) Diplomatie. Fayard, p. 123.

[2] The White House. (2020). Peace to Prosperity | The White House. [en ligne] Disponible sur: https://www.whitehouse.gov/peacetoprosperity/ [Dernier accès : 3 février 2020] ; p. 17.

[3] Ibid ; p. 13.

[4] Ibid ; p. 41.

[5] Ibid ; p. 16.

[6] Ibid ; p. 19.

[7] Ibid ; p. 17.

[8] Ibid ; pp. 25.

[9] AFP. (2020). Le Hamas palestinien rejette le plan de paix américain. [en ligne] Le Figaro.fr. Disponible sur:https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-hamas-palestinien-rejette-le-plan-de-paix-americain-20200128 [Dernier accès : 3 février 2020].

[10] Les Echos. (2020). Réactions contrastées au plan de paix américain sur le conflit israélo-palestinien. [en ligne] Disponible sur: https://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/reactions-contrastees-au-plan-de-paix-americain-sur-le-conflit-israelo-palestinien-1167357 [Dernier accès: 3 février 2020].

[11] Le Monde.fr. (2020). La Ligue arabe rejette le plan de paix américain pour le Proche-Orient. [en ligne] Disponible sur: https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/01/mahmoud-abbas-declare-mettre-fin-a-toutes-les-relations-des-autorites-palestiniennes-avec-israel-et-les-etats-unis_6028089_3210.html [Dernier accès: 3 février 2020].

[12] Anon, (2020). Résolution adoptée à la Session extraordinaire du Comité exécutif à composition non limitée au niveau des ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’OCI sur l’examen des implications de l’annonce du plan de l’administration américaine,le 28 janvier 2020. [en ligne] Disponible sur: https://www.oic-oci.org/topic/?t_id=23179&t_ref=13923&lan=fr [Dernier accès: 3 février 2020].

[13] YouTube. (2020). Conflit israélo-palestinien: Mahmoud Abbas met un bémol à sa menace | AFP News. [en ligne] Disponible sur: https://www.youtube.com/watch?v=hgwaJ9L-JQg [Dernier accès: 3 février 2020].

[14] Le Figaro.fr. (2020). Les Palestiniens menacent de se retirer des accords d’Oslo si Trump annonce son plan de paix. [en ligne] Disponible sur: https://www.lefigaro.fr/flash-actu/les-palestiniens-menacent-de-se-retirer-des-accords-d-oslo-si-trump-annonce-son-plan-de-paix-20200126 [Dernier accès : 3 février 2020].

[15] Ibid.

[16] Goldman Sachs. (2020). Goldman Sachs | Insights – U.S. Economic Outlook 2020: On Firmer Ground. [en ligne] Disponible sur: https://www.goldmansachs.com/insights/pages/us-outlook-2020.html [Dernier accès: 3 février 2020].

[17] Atlantico.fr. (2020). Pourquoi l’économie américaine devrait continuer à porter Donald Trump pendant l’année présidentielle. [en ligne] Disponible sur: https://www.atlantico.fr/decryptage/3583923/pourquoi-l-economie-americaine-devrait-continuer-a-porter-donald-trump-pendant-l-annee-presidentielle-election-maison-blanche-washington-jean-eric-branaa [Dernier accès: 3 février 2020].

[18] Rielly, J. (1987). American public opinion and foreign policy. Chicago, IL: Chicago Council on Foreign Relations.

[19] Gilboa, E. (1987). American public opinion toward Israel and the Arab-Israeli conflict. Lexington, Mass.: D.C. Heath.

[20] Fath, S. (2005). Le poids géopolitique des évangéliques américains : le cas d’Israël. Hérodote, 119(4), p.25.

[21] Le Point. (2020). Trump entretient le soutien. [en ligne] Disponible sur: https://www.lepoint.fr/monde/trump-entretient-le-soutien-extraordinaire-des-chretiens-evangeliques-04-01-2020-2356078_24.php [Dernier accès: 3 février 2020].

[22] Conférence de presse : visionnage disponible sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=JZVvQ-_C6Ns [Dernier accès: 3 février 2020].

[23] I 24 News (2020). « Deal du sciècle » : Benny Gantz accepte l’invitation de Donald Trump. [en ligne] Disponible sur : https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1579974729-deal-du-siecle-benny-gantz-accepte-l-invitation-de-donald-trump-et-voyagera-lundi-aux-etats-unis [Dernier accès: 3 février 2020].

[24] Le Point. (2020). « Accord du siècle » : le cadeau de Trump à Netanyahou. [en ligne] Disponible sur: https://www.lepoint.fr/monde/accord-du-siecle-le-cadeau-de-trump-a-netanyahou-27-01-2020-2359830_24.php [Dernier accès: 3 février 2020].

[25] Sfard, M. dans Le Point. (2020). « Le plan de paix de Trump peut nous amener à la guerre ». [en ligne] Disponible sur: https://www.lepoint.fr/monde/le-plan-de-paix-de-trump-peut-nous-amener-a-la-guerre-29-01-2020-2360351_24.php [Dernier accès: 3 février 2020].

[26] The White House. (2020). Peace to Prosperity | The White House. [en ligne] Disponible sur: https://www.whitehouse.gov/peacetoprosperity/ [Dernier accès : 3 février 2020] ; p. 53.

[27] Libération.fr. (2020). Proche-Orient : l’ONU dit s’en tenir aux frontières définies en 1967. [en ligne] Disponible sur: https://www.liberation.fr/direct/element/proche-orient-lonu-dit-sen-tenir-aux-frontieres-definies-en-1967_108423/ [Dernier accès : 3 février 2020].

[28] Libération.fr. (2020). Réactions au plan de paix américain au Proche-Orient : refus palestinien, circonspection ailleurs. [en ligne] Disponible sur: https://www.liberation.fr/depeches/2020/01/28/reactions-au-plan-de-paix-us-au-proche-orient-refus-palestinien-circonspection-ailleurs_1775889 [Dernier accès : 3 février 2020].

[29] Euractiv. (2020). EU responds to Trump’s Middle East peace plan. [en ligne] Disponible sur: https://www.euractiv.com/section/global-europe/news/eu-responds-to-trumps-middle-east-peace-plan/ [Dernier accès : 3 février 2020].

[30] RFI. (2020). Le Caire déplore la réduction de l’aide économique et militaire américaine. [en ligne] Disponible sur: http://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20170823-egypte-etats-unis-reduction-aide-economique-militaire-erreur-deplore-droits [Dernier accès : 3 février 2020].

[31]Le Point. (2020). Pourquoi le plan Trump embarrasse les pays arabes. [en ligne] Disponible sur: https://www.lepoint.fr/monde/pourquoi-le-plan-trump-embarrasse-les-pays-arabes-31-01-2020-2360692_24.php [Dernier accès : 3 février 2020].

[32] Nytimes.com. (2020). The Most Powerful Arab Ruler Isn’t M.B.S. It’s M.B.Z.. [en ligne] Disponible sur: https://www.nytimes.com/2019/06/02/world/middleeast/crown-prince-mohammed-bin-zayed.html [Dernier accès : 3 février 2020].

[33] Le Monde.fr. (2020). Plan de Trump sur le Proche-Orient : des réactions internationales mitigées. [en ligne] Disponible sur: https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/29/plan-de-trump-sur-le-proche-orient-des-reactions-internationales-mitigees_6027584_3210.html [Dernier accès : 3 février 2020].

[34] RFI. (2020). Plan Trump: l’Égypte appelle Israéliens et Palestiniens à un examen «attentif» et «approfondi» – RFI. [en ligne] Disponible sur: http://www.rfi.fr/fr/ticker/plan-trump-égypte-appelle-israéliens-palestiniens-à-examen-attentif-approfondi [Dernier accès : 3 février 2020].

[35] Le Monde.fr. (2020). Avec le plan de paix américain, le consensus arabe sur la Palestine s’effrite. [en ligne] Disponible sur: https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/29/avec-le-plan-de-paix-americain-le-consensus-arabe-sur-la-palestine-s-effrite_6027632_3210.html [Dernier accès : 3 février 2020].

[36] Le Point. (2020). Réactions au plan de paix américain au Proche-Orient : refus palestinien, circonspection ailleurs. [en ligne] Disponible sur: https://www.lepoint.fr/monde/reactions-au-plan-de-paix-us-au-proche-orient-refus-palestinien-circonspection-ailleurs-28-01-2020-2360152_24.php [Dernier accès : 3 février 2020].

[37] I24news.tv. (2020). i24NEWS. [en ligne] Disponible sur: https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1580385143-russie-israel-vladimir-poutine-est-le-premier-dirigeant-a-qui-benyamin-netanyahou-parle-du-deal-du-siecle [Dernier accès : 3 février 2020].

[38] The White House. (2020). Peace to Prosperity | The White House. [en ligne] Disponible sur: https://www.whitehouse.gov/peacetoprosperity/ [Dernier accès : 3 février 2020] ; p. 9.

[39] Le Monde diplomatique. (2020). La colonisation, « un danger pour la solution à deux États ». [en ligne] Disponible sur: https://www.monde-diplomatique.fr/2017/02/KERRY/57104 [Dernier accès : 3 février 2020].

[40] Organisation des Nations Unies. (2020). Conseil de sécurité: Israël ne prend aucune mesure pour cesser de coloniser les territoires palestiniens, dit le Coordonnateur pour le processus de paix au Moyen-Orient | Couverture des réunions & communiqués de presse. [en ligne] Disponible sur: https://www.un.org/press/fr/2019/cs14056.doc.htm [Dernier accès : 3 février 2020].

[41] Le Temps. (2020). Israël sur la défensive après le vote de l’ONU sur les colonies. [en ligne] Disponible sur: https://www.letemps.ch/monde/israel-defensive-apres-vote-lonu-colonies [Dernier accès : 3 février 2020].

Nouvelle escalade de la violence dans la bande de Gaza…

Le chef militaire du Jihad Islamique Palestinien (JIP), Abou Al-Ata a été tué ainsi que sa femme dans sa maison située dans la banlieue de Gaza, le 12 novembre par un bombardement israélien.
Il semblerait que cela soit une attaque ciblée, planifiée depuis plusieurs jours par l’armée israélienne et le Shin Bet, le service de sécurité intérieure israélien. Tsahal assure qu’Abou Al Ata était « responsable de centaines d’attaques contre les civils et militaires » et qu’une prochaine était « imminente ».

En réponse, des centaines de roquettes ont été tirées depuis la bande de Gaza sur les villes israélienne proches à proximité de Gaza par le JIP. La capitale Tel Aviv a été mise en alerte, impliquant le retentissement de sirènes toutes la journée et la fermeture des écoles. L’armée israélienne a répliqué sur des positions du groupe islamique dans la bande de Gaza mais aussi à Damas en Syrie faisant, selon le ministre de la santé gazaouis, cinq morts. Le bombardement opéré sur Damas ciblait également le fils d’Abou Al Ata. Selon les dires de l’agence officielle de Sanaa en Syrie, un raid aurait bien eu lieu mais qu’Akram Ajouri, le fils d’Abou Al Ata n’aurait pas été tué.

Pour Israël, le gouvernement du Hamas au pouvoir à Gaza est responsable de la situation dans cette zone qualifiée de “non droit”. Les tirs de roquettes d’un côté comme de l’autre sont quasiment devenus un rituel depuis 1948. Néanmoins, depuis plusieurs mois Israël accuse également le mouvement du JIP d’attiser les tensions dans cette enclave. Le Hamas et le Jihad Islamique, omniprésents dans la bande de Gaza, sont considérés comme mouvements terroristes par Israël.

 

…Retour sur les fondements du mouvement Jihad Islamique Palestinien.

Le mouvement du Jihad Palestinien est un mouvement fondé en 1970 en Egypte puis exporté dans la bande Gaza par Fathi Shaqaqi et Abdelaziz Awda. Le mouvement est aux origines fortement influencé par les Frères musulmans qui estimaient à cette époque que sa branche révolutionnaire n’était pas suffisamment active pour « soutenir les palestiniens et détruire Israël ». Le mouvement opte dans un premier temps pour l’influence via le levier de l’islam politique, théorisé par les Frères Musulmans, en constituant des factions révolutionnaires à l’encontre d’Israël. Puis il a commencé à constituer sa branche armée dite Al Qods, par le biais du Hezbollah à Beyrouth pour aller par la suite s’implanter à Damas. Le mouvement a gardé des bureaux au cœur de la capitale libanaise et en a ouvert à Téhéran ainsi qu’à Khartoum. L’idéologie de ce groupe terroriste est très particulière car fondée sur des influences en apparences opposées. Issus des Frères Musulmans, donc sunnites à l’origine, ils se réfèrent également à des penseurs chiites. Ils sont financés principalement par la Syrie et l’Iran, et se revendiquent particulièrement révolutionnaires.

 

…Que peut-on en déduire ? Rappel des faits historiques

Face à une assiette théologique aussi élargie, vraisemblablement pour rassembler largement contre un ennemi commun, Israël, une question s’impose.  Qu’en est-il des intérêts du peuple palestinien, alors que ces groupes semblent ne servir que leurs intérêts propres ?
Le conflit Israélo-Palestinien prend racine en 1948 avec la création de l’État d’Israël. Les palestiniens émigrent peu à peu et se trouvent parqués dans des camps en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Ce conflit, qui se rappelle à nous très régulièrement du fait des violences récurrentes à Jérusalem et dans la Bande Gaza principalement, s’articule autour de grandes périodes. La première, entre 1948 et 1967, le territoire de la Palestine mandataire est administrée par Israël, la bande de Gaza passant sous le contrôle de l’Égypte et de la Cisjordanie. De 1967 à 1993 à l’issue de la guerre des six jours, les populations de Cisjordanie et de Gaza passent sous administration israélienne. L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), fondée par Ahmed Choukairy, se met alors en place à partir de 1964. A compter de 1969 et jusqu’à sa mort en 2004, c’est Yasser Arafat qui sera à la tête de l’OLP, Mahmoud Abbas lui succède depuis 2004. En 1980, en réaction à la réduction progressive de leur territoire les palestiniens lancent la première Intifada. Ensuite de 1993 à 2000, les accords d’Oslo aboutissent à la reconnaissance de l’État d’Israël par l’OLP et établissent une autorité intérimaire palestinienne, c’est à dire un gouvernement palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Entre 2000 et 2005, suite à la seconde Intifada, le processus de paix entre Israël et la Palestine est quasiment au point mort. En 2005, Israël se retire de l’enclave qui est dirigée par le Hamas qui en a pris le contrôle total depuis 2007. Le Hamas est en désaccord avec le Fatha, mouvement intégré dans l’OLP, notamment sur la question de la reconnaissance de l’état d’Israël. Le 29 novembre 2012, le proto-état Palestinien obtient le statut d'”État Observateur non membre” par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Enfin, des regains de tensions apparaissent entre 2014 et 2017, sous les formes notamment d’attaques aux couteaux perpétrées par des palestiniens à Jérusalem à l’encontre d’israéliens et de tirs de roquettes par l’État hébreu sur la bande de Gaza. Les États Unis sont à l’origine de deux faits apparaissant comme les points culminants de cette accumulation de tensions. Le premier est la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale israélienne. Le second est la conférence économique de Bahreïn qui a lieu les 25 et 26 juin 2019, dirigée par Jared Kushner, conseiller du président américain, et à laquelle étaient conviés l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, la Jordanie ainsi que l’Égypte. Les grands absents ont été les palestiniens, non invités, et les israéliens, qui ont choisi de ne pas participer, eux-mêmes. Jared Kushner y a présenté un plan « de la paix à la prospérité » qui serait « l’occasion du siècle ». Ce plan s’articule essentiellement autour de l’aspect économique, il prévoit des investissements en Palestine, postulant que l’aspect politique suivra par la suite.

Aucune évolution en 71 ans…

Le conflit israélo-palestinien s’est inscrit dans la durée et ne baisse pas en intensité. Depuis 1948, il n’y a eu aucune avancée notable vers la solution proposée par les Palestiniens qui consiste en la cohabitation de deux états. La cause des palestiniens n’est plus, comme c’était le cas dans les décennies 60 à 90, une cause soutenue corps et âme par tous les pays arabes, chacun se concentrant désormais sur son propre agenda géopolitique et stratégique. Les options prises par les États Unis, proches d’Israël et de l’Arabie Saoudite, n’ont fait que creuser et accentuer le fossé séparant les belligérants. La décision unilatérale de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et la proposition d’un plan de paix excluant les premiers concernés illustrent une vision qui manque à minima de profondeur et qui s’affranchit de tirer les leçons du passé. Quant à Israël, partisane du moindre effort de consensus à ce sujet, elle ne fait que poursuivre sa politique de colonisation et d’annexion de territoires. Cette situation sert de terreau idéologique pour des groupes islamistes terroristes, qu’ils soient sunnites ou chiites, et alimente les tensions. Le retour à de nouvelles Intifada paraît inéluctable.

En 71 ans, il n’y a eu aucune avancée notable vers la résolution de ce conflit, à l’exception des accords d’Oslo qui n’ont tenus que quelques semaines…Le conflit israélo-palestinien est un conflit concentré sur une petite zone géographique, avec une résonance dans toute la sous-région voir à l’échelle mondiale. Le discours des occidentaux qui promeuvent la démocratie et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes montre ses limites face à un conflit insoluble voyant deux peuples s’opposer pour un même territoire. La cause palestinienne, qui s’essouffle, demeure emblématique en particulier pour des groupes terroristes qui l’instrumentalisent dans leur opposition doctrinale à l’occident et à Israël.  La “terre sans peuple” parfois évoquée à la fin du XIX siècle par Théodor Herzl, fondateur du mouvement sioniste, ne l’était pas, et le chemin paraît bien long encore pour que cette terre ne devienne celle de deux peuples.

Situation alarmante dans la bande de Gaza

A Gaza, les affrontements meurtriers perdurent entre Israéliens et Palestiniens. Dimanche 23 septembre, un Palestinien a été tué d’une balle dans la tête alors que des Gazaouis s’étaient rassemblés dans le but de lancer des pierres et des pneus enflammés en direction de soldats israéliens.

La situation ne cesse de se détériorer depuis le 30 mars, date à laquelle ont débuté des manifestations pour demander la levée du blocus israélien. Depuis 2007, date à laquelle le Hamas, un mouvement islamiste, remporte les élections législatives, Israël et l’Egypte imposent un embargo à la bande de Gaza. Trois guerres ayant opposé Israël et le Hamas ont eu lieu et, depuis la fin du mois de mars, au moins 180 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Les conséquences d’une telle situation sont psychologiques, sanitaires, écologiques et économiques. En effet, l’économie gazaouie est dite « en chute libre » : la croissance négative est d’environ 6% pour le premier trimestre 2018. Ce chiffre peut encore s’aggraver et s’ajoute à un taux de chômage historique de 53% de l’ensemble de la population et de 70% concernant les jeunes.

Entourées d’un mur et privés d’échange avec l’extérieur, deux millions de personnes vivent dans cette enclave de Gaza. La région est prise en tenailles par les querelles intra-palestiniennes entre Fatah et Hamas, mais également par les velléités israélo-américaines. Si le Président américain Donald TRUMP affirme pencher pour la première fois pour la solution à deux Etats lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies à New York, le plan de paix préparé par Jared KUSHNER, gendre et conseiller du Président, est très attendu. KUSHNER aimerait faire de Gaza un proto-Etat ou une sorte d’entité autonome liée à l’Egypte.

Plus tôt cette année, Washington a décidé de déplacer son ambassade, de couper les financements aux programmes d’appui aux Palestiniens et notamment à l’UNRWA, l’agence de l’ONU concernant les camps de réfugiés palestiniens. 70% de la population à Gaza bénéficie du statut de réfugié et la situation risque de devenir de plus en plus précaire sans cette aide. Ces décisions américaines interviennent après que Mahmoud ABBAS, Président de l’Autorité palestinienne ait décidé de couper les liens avec Washington. De plus, marginalisé sur la scène internationale, le leader de 83 ans est quasi abandonné par son peuple. Alors qu’en 2017 était envisagée une tentative de réconciliation entre Fatah et Hamas, les positions restent figées, le Fatah espérant toujours pouvoir récupérer la bande de Gaza.