guerre civile

Les ressorts de l’engagement de la Turquie en Libye – par Ana Pouvreau

Ana Pouvreau – Spécialiste des mondes russe et turc, docteur ès lettres de l’Université de Paris IV-Sorbonne et diplômée de Boston University en relations internationales et études stratégiques. Auteure de plusieurs ouvrages de géostratégie. Editorialiste à l’Institut FMES. Auditrice de l’IHEDN.

Sur fond de tragédie humanitaire, neuf ans après l’intervention militaire de l’OTAN dans le cadre de l’opération Unified Protector (mars-octobre 2011), la Libye demeure déchirée par la guerre civile. A l’ouest, Fayez al-Sarraj est à la tête du gouvernement d’union nationale (Government of National Accord, GNA), basé à Tripoli et reconnu par les Nations unies. A l’Est, le général Khalifa Haftar contrôle plus de 80% du pays, ainsi que les ressources en pétrole et en gaz, mais aussi une grande partie des réserves d’eau. Toutefois, il ne contrôle pas les grandes villes de Tripolitaine et donc une fraction considérable de la population.

Dans ce contexte, la Turquie, dont l’influence en Libye perdure depuis 1551 (année de l’annexion du pays à l’empire ottoman par le sultan Soliman le Magnifique), tente de protéger ses intérêts en soutenant le gouvernement de Fayez al-Sarraj. Ce dernier est lui-même issu de la minorité turque libyenne kouloughlie (kuloǧlu). Afin d’assurer coûte que coûte la survie du régime face à l’avancée des troupes du général Haftar, le gouvernement turc lui apporte un soutien aux plans militaire et sécuritaire.

Ces évolutions interrogent sur les motivations profondes qui sous-tendent la politique menée par la Turquie en Libye.

 

Le soutien de la Turquie à la communauté turque et aux Frères musulmans libyens.

L’engagement politique et militaire turc en Libye illustre l’affrontement idéologique qui existe au sein du monde sunnite entre d’un côté, les partisans de la confrérie des Frères musulmans en faveur de l’islam politique, que sont la Turquie et le Qatar ; et de l’autre, l’Arabie saoudite, l’Egypte et les Emirats arabes unis. Les premiers soutiennent le GNA ; les seconds, le général Haftar.

En outre, le pouvoir turc s’appuie sur la communauté des Turcs libyens kouloughlis qui compterait plus d’un million de membres[1] (soit entre 15% et 20% de la population) majoritairement concentrés à Misrata. Dans cette ville d’un demi-million d’habitants, qui fut un bastion de la résistance anti-Kadhafi en 2011, ils constitueraient les trois quarts de la population. Ils sont également présents à Tripoli, Zaouïa, Benghazi et Derna[2].

Bien que divisée dans ses allégeances auprès des partis politiques ou des milices, la communauté turque libyenne compte parmi ses membres, outre le Premier ministre Fayez al-Sarraj, plusieurs figures-clé de l’influence des Frères musulmans en Libye[3]. A titre d’exemple, Ali al-Sallabi est le représentant libyen de Youssef al-Qaradawi, le prédicateur d’origine égyptienne basé au Qatar et leader incontesté de la Confrérie. A ce titre, al-Sallabi coordonne l’aide militaire et financière à la Libye en provenance du Qatar. L’influent Mohamed Sowan est le leader du Parti de la Justice et de la Construction, qui s’inspire du Parti de la Justice et du Développement (AKP) turc, le parti du président Erdoǧan. L’actuel ministre libyen de l’Intérieur, Fathi Bashagha, entretiendrait également des relations étroites avec Ankara. Il est intéressant de noter que le gouvernement turc a commencé à évoquer dans les médias turcs le risque d’une éventuelle épuration ethnique de la part des forces du général Haftar contre la minorité turque libyenne[4].

 

Un accord sur l’accès de la Turquie aux ressources énergétiques en Méditerranée en échange de garanties sécuritaires pour la Libye.

L’accord maritime

Le 27 novembre 2019, les deux pays ont signé un accord de délimitation maritime, en contrepartie d’un accord de coopération sécuritaire et militaire, signé le même jour.

L’accord maritime entre la Turquie et la Libye prévoit que les deux pays se partagent leurs zones économiques exclusives (ZEE) et les réserves que celles-ci contiennent, notamment en hydrocarbures. Des opérations de forage de la Turquie dans la ZEE libyenne pourraient donc avoir lieu. Cet accord a au préalable été précédé par la signature d’un accord entre la Turquie et la République turque de Chypre du Nord (RTCN), entité reconnue par la seule Turquie.

Un problème existe toutefois du fait que les ZEE en question recouvrent en grande partie celle de la Grèce, qui a entrepris d’exploiter en Méditerranée des ressources en hydrocarbures conjointement avec d’autres pays (République de Chypre, Egypte et Israël)[5]. Le 13 décembre 2019, l’Union européenne a déclaré que cet accord violait les droits de pays tiers[6].

Source de la carte: https://www.alaraby.co.uk/english/news/2019/12/15/turkish-parliament-due-to-approve-libya-military-cooperation-deal

Les garanties sécuritaires et militaires 

En vertu d’un accord de coopération militaire datant de 2012, la Turquie forme les forces armées et de sécurité libyennes[7]. En échange de l’accord maritime du 27 novembre 2019, le gouvernement libyen a obtenu des garanties en vue de freiner, de manière significative, avec l’aide de la Turquie, l’avancée des forces du général Haftar en direction de Tripoli[8]. Le 3 janvier 2020, le parlement turc a autorisé le président Erdoǧan à projeter des forces en Libye.

Du côté libyen, le GNA a demandé à la Turquie la mise sur pied d’une force navale qui protégerait la façade maritime de Tripoli et la création d’une zone d’exclusion aérienne dans les territoires sous son contrôle, face aux forces du général Haftar, qui contrôlent en grande partie l’espace aérien libyen[9]. Afin de satisfaire ces exigences, le 6 janvier 2020, la Turquie a entamé le déploiement d’une force comprenant des éléments de l’armée de terre associés à des milices syriennes, de la Marine et de l’Armée de l’air. Le président turc a annoncé, à cet égard, la mise en place d’un centre d’opérations en Libye commandé par un officier général. L’objectif officiel de ce déploiement ne serait pas de combattre mais d’assurer un cessez-le-feu dans le pays[10]. L’installation d’une base militaire turque a été envisagée. Par ailleurs, la Turquie a mis en place des systèmes anti-aériens à Tripoli et Misrata.

Selon l’amiral Pascal Ausseur, directeur de l’Institut FMES, la Turquie serait en mesure de déployer les navires nécessaires à la surveillance du littoral de la région de Tripoli. En revanche, la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne paraît irréaliste, notamment compte tenu des capacités actuelles de l’armée de l’air turque amoindrie par les purges massives menées par le pouvoir à la suite de la tentative de putsch de juillet 2016. La Turquie pourrait également renforcer les capacités militaires du GNA, soit en fournissant des missiles portatifs antiaériens, soit en installant des systèmes anti-aériens dans Tripoli (ce qu’elle a commencé à faire). Les autres options d’engagement militaire, tels que des raids aériens sur la Libye à partir de la Turquie et un déploiement plus massif de troupes à Tripoli, présentent un risque important de confrontation avec la Russie, les Emirats arabes unis et l’Egypte[11]. Ce déploiement plus massif est confié aux mercenaires recrutés en Syrie (au moins un millier déjà présents).

Ces objectifs paraissent donc très ambitieux, notamment en ce qui concerne la mise en œuvre d’une zone d’exclusion aérienne, au vu des difficultés que cela implique en matière de planification, de logistique, de disponibilité des pilotes et d’avions ravitailleurs pour conserver en alerte en vol plusieurs patrouilles d’avions de chasse, comme l’a d’ailleurs montré l’expérience de l’OTAN dans ce même pays en 2011[12].

Lors de la conférence de Berlin sur la Libye du 19 janvier 2020, les violations de l’embargo sur les armes à destination de la Libye (Résolution des Nations unies 1970 (2011)) sont apparues comme un obstacle majeur à la médiation internationale actuellement en cours. A la suite de cette conférence, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé les parties en présence à mettre fin aux actions militaires, à respecter l’embargo et à en renforcer le contrôle. Il a notamment exhorté le général Haftar à accepter pleinement les conclusions de cette conférence[13]. En violation de l’embargo sur les armes à destination de la Libye, la Turquie continue de son coté de livrer au gouvernement de Tripoli des capacités de défense, tels que des drones armés, des véhicules blindés et des milices. De son côté, le général Haftar bénéficie lui aussi de soutiens internationaux en matière de livraisons d’armes[14].

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Dans un pari risqué, la Turquie considère – à l’instar d’autres puissances  – que ce sont les rapports de force qui détermineront l’avenir de la Libye et permettront de parvenir à un règlement du conflit. Elle estime donc que le renforcement de son soutien au régime libyen est susceptible de changer définitivement la donne sur le terrain en provoquant, dans un premier temps, un rééquilibrage aux plans militaire et politique.

Cet engagement pose plusieurs problèmes : il n’est tout d’abord pas certain que la Turquie soit en mesure de répondre aux demandes du gouvernement de Tripoli, dont la volonté est de faire reculer militairement les forces du général Haftar. Cet engagement comporte ensuite le risque d’une confrontation directe avec les soutiens d’Haftar, notamment les Russes, même si des mesures de déconfliction ont probablement été mises en place entre les présidents Erdoǧan et Poutine. Par ailleurs, le soutien turc aux réseaux fréristes libyens présente un risque de déstabilisation au Maghreb, en particulier en Tunisie. Enfin, l’accord maritime conclu entre la Turquie et la Libye est porteur d’un risque de déstabilisation régionale en Méditerranée orientale, tant la question des hydrocarbures est sensible.

 

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[1] Fehim Tastekin: Are Libyan Turks Ankara’s Trojan horse?, Al-Monitor, 26 août 2019. [https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/08/turkey-libya-are-libyan-turks-ankaras-trojan-horse.html]

[2] Une partie de la communauté kouloughlie de Libye a regagné la Turquie au cours du XXème siècle, après la chute de l’empire ottoman. En 2011, a été fondée à Izmir l’Association des Turcs libyens, resserrant ainsi les liens entre les deux pays.

[3] Op.cit. Fehim Tastekin, Al-Monitor, 26 août 2019.

[4] Ayşe Betül Bal: Haftar deliberately targeted Libya’s Turkish diaspora”, Daily Sabah, 24 janvier 2020. [ https://www.dailysabah.com/politics/2020/01/24/haftar-deliberately-targeted-libyas-turkish-diaspora]

[5] « Sommet tripartite Grèce-Egypte-Chypre », FMES, 16 octobre 2018. [https://fmes-france.org/sommet-tripartite-grece-egypte-chypre/]. Voir également : Joshua Krasna: “Israel-Greece-Cyprus take on Turkey in the Mediterranean”, Al-Monitor, 23 janvier 2020. [https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2020/01/israel-turkey-greece-cyprus-benjamin-netanyahu-natural-gas.html#ixzz6CWoAu06H]

[6] Hande Fırat : “Libya confident of Turkey’s military help when needed: Envoy”, Hürriyet Daily News, 19 décembre 2019. [http://www.hurriyetdailynews.com/libya-confident-of-turkeys-military-help-when-needed-envoy-150006]

[7] Hande Fırat :  “Libya confident of Turkey’s military help when needed: Envoy”, Hürriyet Daily News, 19 décembre 2019. [http://www.hurriyetdailynews.com/libya-confident-of-turkeys-military-help-when-needed-envoy-150006]

[8] Le 4 avril 2019, le général Haftar a lancé une offensive pour conquérir la capitale Tripoli. Celle-ci a provoqué l’exode de 140 000 personnes et la mort de quelque 300 civils et de plus de 2200 combattants. Le 4 janvier 2020, 30 cadets d’une école militaire à Tripoli ont été tués par un raid aérien.

[9] Metin Gurcan : “Could Turkey’s military capacity match Erdoǧan’s ambitions in Libya?”, al-Monitor, 31 décembre 2019. [https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2019/12/turkey-russia-libya-military-capacity-Erdoǧan-ambitions.html]

[10] Dorian Jones: “Turkey Starts Military Deployment in Libya as International Pressure Rises”, Voice of America, 6 janvier 2020. [https://www.voanews.com/middle-east/turkey-starts-military-deployment-libya-international-pressure-rises]

[11] Entretien avec l’amiral Ausseur du 9 janvier 2020.

[12] Il faut prendre également en compte la distance de vol entre la Turquie et la Libye. Durant les opérations en 2011, les avions de l’OTAN étaient déployés en Grèce et en Italie afin de se rapprocher du théâtre d’opérations.

[13] « Guterres : Haftar doit accepter les conclusions de la conférence de Berlin », TRT, 22 janvier 2020. [https://www.trt.net.tr/francais/moyen-orient/2020/01/22/guterres-haftar-doit-accepter-les-conclusions-de-la-conference-de-berlin-1345331].

[14] Arabie saoudite, Egypte, EAU, Russie et d’autres pays.

Millefeuille administratif et nationalisme : les élections en Bosnie-Herzégovine

Milorad DODIK, grand vainqueur du scrutin

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Le 7 octobre 2018, les électeurs de Bosnie-Herzégovine ont voté pour renouveler la présidence tripartite collégiale, composée de trois membres représentant les communautés bosniaque (musulmans), serbe (orthodoxes) et croate (catholiques) du pays, conformément aux accords de Dayton de 1995, ayant mis fin à la guerre civile.

Ces accords ont permis la mise en place d’une vaste administration où le partage du pouvoir se fait entre les trois communautés dans une république fédérale comprenant la république serbe de Bosnie et la fédération de Bosnie-et-Herzégovine. Dans cet Etat central faible comprenant 13 entités et 160 ministères, l’autorité ultime est confiée à un Haut représentant de la communauté internationale, d’origine européenne, exacerbant de fait les tensions dans un pays au système irréformable et bloqué en proie aux revendications nationalistes.

A l’issue du scrutin, le nationaliste Milorad DODIK, président depuis 2006 de la République serbe de Bosnie, remporte le siège réservé aux Serbes. Ce dernier plaide pour le rattachement de la République serbe à la Serbie et a déclaré œuvrer « uniquement dans l’intérêt ou au profit » de l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine. A ses côtés, Sefik DZAFEROVIC du parti conservateur siègera au nom des Bosniaques et le social-démocrate Zeljko KOMSIC occupera la place croate. Les conséquences de cette présidence tricéphale s’annoncent délicates et la formation d’un gouvernement difficile.

Les observateurs internationaux soulignent la segmentation continue de ces élections en fonction de critères ethniques et les lacunes persistantes en termes de cadre juridique. Dans une élection se concentrant davantage sur des attaques personnelles et des propos alarmistes que sur des alternatives politiques, les médias se sont distingués par une couverture biaisée par des intérêts politiques et commerciaux. L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), par la voix de Cheryl GILLAN, se déclare déçue devant le fait que la « campagne électorale reste segmentée en fonction de critères ethniques ». En effet, ce phénomène va à l’encontre des engagements de l’OSCE, du Conseil de l’Europe et des normes internationales. Alors que les libertés de parole, de mouvement et d’association ont été globalement respectées dans le cadre de la campagne, l’APCE, dans son communiqué, souligne à plusieurs reprises le manque de transparence des médias et des entreprises en place et émet des inquiétudes quant à leur capacité à fournir une couverture impartiale.

Washington félicite les Bosniens pour leur participation aux élections et rappelle « l’amitié durable » qui les lie. Les Etats-Unis partagent toutefois les préoccupations des observateurs, des ONG locales et des organisations internationales sur l’impartialité qui vont, rappelle Heather NAUERT, porte-parole du Département d’Etat, à l’encontre des engagements pris par les autorités locales d’organiser des élections justes et transparentes.

S’il est regrettable que le pays se scinde selon un découpage ethnique, cette situation n’est pas étonnante compte tenu des accords de Dayton qui ont imaginé et recommandé cette scission afin de maintenir une stabilité dans la région.

Cameroun anglophone : le conflit qui empoisonne le Cameroun

Patrouille des forces de l’ordre à Buéa, dans le Sud-ouest du pays.
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L’élection présidentielle se tiendra dimanche au Cameroun où le Président Paul BIYA, au pouvoir depuis 1982, brigue un 7ème mandat consécutif. L’élection se déroule sur fond de tensions et de guerre civile avec le Cameroun dit anglophone.

Dans ce pays aux 24 millions d’habitants, 20% de la population seulement est anglophone, vivant principalement dans deux régions à l’Ouest près de la frontière avec le Nigéria. Depuis deux ans, ces régions sont en proie à des affrontements violents entre le mouvement séparatiste anglophone de l’Ambazonie et l’armée régulière du pouvoir.  Les exactions sont légion : exécutions de femmes et d’enfants, décapitations, routes coupées ou encore villages brûlés. Les séparatistes s’attaquent à Yaoundé et ciblent les symboles de l’Etat. Alors que le pays connait un exode massif touchant plus de 400 000 personnes, ce conflit trouve son origine dans le découpage colonial. Au sortir de la Première guerre mondiale, le Cameroun, sous protectorat allemand, se trouve découpé entre puissances française et britannique, selon le schéma que l’on retrouve actuellement. Au fil des décennies, grandit l’humiliation subie par la population anglophone qui se sent marginalisée et exclue du pouvoir. La crise camerounaise prend une dimension protéiforme avec les attaques au Nord par Boko Haram et les conséquences humanitaires, sociales et économiques engendrées par le conflit. Les usines fermées paralysent l’économie du pays et les recettes d’exportation du café et du cacao, ont chuté de 20%.

Pourtant, Paul BIYA dissimule et minimise l’importance de cette guerre civile, la qualifiant simplement de « troubles ». L’ampleur des événements a éclaté dernièrement sur les réseaux sociaux, dans un Cameroun où le Président contrôle d’une main de fer son pays et notamment les médias.

En juin dernier, Nikki HALEY, ambassadrice américaine aux Nations Unies, a demandé aux autorités de Yaoundé d’arrêter la répression des populations civiles et de respecter les droits de l’Homme, la liberté d’expression et surtout, de mener des « enquêtes crédibles » concernant les massacres. Julie de RIVERO, du département Afrique du Haut-Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme, fait part du souhait de « réaliser des enquêtes pour aider les autorités à répondre à cette situation en respectant les cadres des droits de l’Homme » mais déplore n’avoir pas reçu « d’avis favorable pour pouvoir mener ces enquêtes ».

D’ailleurs, s’agissant du scrutin du 7 octobre, le Cameroun n’a pas désiré bénéficier d’observateurs européens. Si les bureaux de vote se feront rares dans les régions dissidentes, pour la revue African Arguments, il y a fort à parier que Paul BIYA sorte une nouvelle fois vainqueur des élections : « Malgré une corruption record et la crise qui s’accentue dans les régions anglophones, le scénario de l’élection de 2011, où Paul BIYA a réuni près de 78% des voix, a de grandes chances de se répéter ».

Corne de l’Afrique – 2015 10 30 – Evolutions politiques et sécuritaires – dir. P. Ferras – OCA

L’objectif de cet ouvrage est simple : permettre à des universitaires, chercheurs, enseignants, journalistes, voyageurs et citoyens de découvrir la Corne de l’Afrique. Il s’agit d’aborder cette région par des analyses géopolitiques transversales et de souligner des particularités contemporaines. Le dernier livre paru sur la Corne de l’Afrique en langue française remonte à 1971 avec l’Histoire sommaire de la Corne orientale de l’Afrique de Jean Doresse. « La Corne de l’Afrique – Évolutions politiques et sécuritaires » répond à un besoin de connaissances actualisées sur une région située à 6 000 kilomètres de la métropole et qui reste stratégique pour bon nombre d’acteurs des relations internationales. La visite du Président américain au Kenya et en Éthiopie en juillet 2015 témoigne de la dynamique de cette région…