ESM

Escale en Pays de Loire pour la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Les auditeurs de la 6e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire pour un séminaire de deux jours à Nantes et Saint-Nazaire les vendredi 9 et samedi 10 octobre. Cette région est en effet un modèle de dynamisme dans le domaine maritime avec des pépites de la construction navale, de la filière des énergies marines renouvelables et des technologies marines innovantes.

Le vendredi matin tôt, la session a accosté aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière. Cette visite a permis aux auditeurs de découvrir ce chantier emblématique dans lequel ont été construit les porte-avions Foch et Clémenceau, et d’où le cuirassé Jean-Bart a appareillé en 1940 dans des conditions rocambolesque. Ils ont été accueillis par Philippe KASSE, directeur de la communication et des relations publiques du groupe et Mickaël Le Gal, responsable des navires militaires, et auditeur de la 5e ESM. Au-delà des infrastructures impressionnantes – les plus grandes en Europe comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long ou le pont de levage d’une capacité de 1400 tonnes -, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Philippe KASSE, sur tous les grands enjeux de la construction navale civile, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite du MSC VIRTUOSA en phase finale de construction.  

Plus inattendue fut la vision d’une énorme plateforme de raccordement d’un champ d’éoliennes en mer au réseau électrique à terre. En effet les Chantiers de l’Atlantique ont diversifié leur activité dans les Énergies Marines Renouvelables (EMR). Ils offraient ainsi un lieu idoine pour une table ronde sur ce sujet qui a réuni Frédéric GRIZAUD, son directeur « Business Unit Energies Marines », Stevens CURET, président de GE offshore France et GE Wind France SAS, et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores et auditeur de la 3e ESM. Ils ont pu approfondir les volets politique, économique, technique et administratif de ce secteur d’activité désormais en plein essor après un départ difficileen France. Les débats animés et passionnants ont ainsi permis aux auditeurs de découvrir l’extraordinaire dynamisme de cette jeune filière dont les impressionnantes perspectives étaient encore insoupçonnées il y a encore quelques années. En effet, à l’encontre des idées reçues, les EMR sont désormais capables de produire de l’électricité à un prix très compétitif. Elles constituent un enjeu majeur et, sans doute, une partie de la solution face à l’actuel défi climatique.

L’après-midi, les auditeurs ont appareillé pour l’usine voisine de General Electric (GE) où ils ont retrouvé Stevens CURET qui a ainsi pu leur montrer concrètement la construction des éoliennes dont il leur avait parlé lors de la table ronde du matin. La chaîne de montage des rotors d’éoliennes offshores flottantes, blocs de plus de 400 tonnes, assemblés au millimètre près, a particulièrement impressionné les auditeurs par la dimension des objets manipulés mais aussi par la performance technologique et la maîtrise d’un processus permettant de produire un rotor tous les trois jours. Ils ont ainsi pu réaliser la dimension de ces éoliennes gigantesques dont la hauteur peut avoisiner celle de la tour Eifel.

Le dernier moment fort de la journée fût l’accueil au pôle national de formation de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM), qui sauve environ 8000 personnes par an, tant sur les plages qu’au large, portant haut la solidarité des gens de mer qui anime tous les marins. Après un débat de plus d’une heure sur les enjeux de cette grande cause nationale, Didier Moreau, directeur de la formation de la SNSM, a lâché les auditeurs à la barre des vedettes de sauvetage des simulateurs de navigation du pôle de formation. Si l’appareillage par beau temps s’est relativement bien passé, , les auditeurs se sont retrouvés rapidement dépassés avec l’arrivée des orages et de la nuit, touchant ainsi du doigt  les conditions particulièrement difficiles rencontrées par les bénévoles de la SNSM lors des opérations de secours aux naufragés..

Dès potron-minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinéefut consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime, mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les différents travaux de recherche conduits par le CEA ont particulièrement passionné les auditeurs, car ils se situent au cœur des travaux de réflexion sur le thème de la souveraineté qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi, les auditeurs ont consacré leur demi-journée à leurs travaux de comité, dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN lors de leur prochain séminaire le 20 et 21 novembre à Toulon.

Des gestes barrières et une distanciation sociale qui n’entament pas l’attention des auditeurs lors des explications de Philippe Kasse, directeur de la communication des chantiers de l’Atlantique
Table-ronde sur les EMR avec Frédéric GRIZAUD, Stevens CURET et Vincent BALES
Les auditeurs à bord du VIRTUOSA autour des responsables du navire
Les auditeurs devant les impressionnants rotors des éoliennes offshores
A la barre d’une vedette du simulateur de la SNSM, une auditrice porte secours à un ferry en feu
Didier Besnard répond aux auditeurs
Pierre Serre-Combes expose aux auditeurs sa vision des enjeux de souveraineté scientifiques et technologiques
Pierre Baclet en pleine démonstration

Forte tempête pour le séminaire breton de la 5e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » ont dû naviguer par gros temps, à la fois social et météorologique, pour leur séminaire breton des 13 et 14 décembre 2019. Mais ces vents contraires n’ont pas réussi à émousser leur détermination. Le covoiturage a donc remplacé le rail malgré les embouteillages et davantage d’heures de route que de sommeil sous les giboulées. La session s’est donc retrouvée quasiment au complet pour un départ dès potron minet le vendredi matin vers l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER).

Ils furent accueillis par la directrice adjointe du centre de Brest, Valérie Mazauric, qui leur a présenté les missions de cet institut de renommée mondiale, référence française pour la connaissance du milieu marin et ses ressources. Son caractère stratégique a été rappelé début décembre par le président de la République lors des dernières assises de la Mer.

A l’Ifremer avec Madame Valérie Mazauric

Ensuite, lors d’une table ronde sur les grands enjeux de la connaissance des océans, ils ont échangé avec l’ingénieur général de l’armement Laurent Kerléguer, directeur du Service hydrographique de la Marine (SHOM) et deux chercheurs de l’IFREMER, Jean-Marc Daniel et Stéphane Jorry.  Les auditeurs ont alors découvert à quel point les mers et les océans étaient peu connus – beaucoup moins que la surface de la lune –, ainsi que leurs extraordinaires potentiels et leurs grandes fragilités face aux excès de l’activité humaine. Démonstration concrète de l’apport de la recherche à un secteur économique, la pêche, les travaux du laboratoire de recherche halieutique de José Zambonino ont captivé les auditeurs, qui seraient bien restés plus longtemps s’ils n’étaient pas été attendus à la préfecture maritime.

Devant le laboratoire de José Zambonino

En effet, ils purent visiter le MICA Centre qui permet une mise à jour permanente de la situation mondiale du trafic maritime et une grande réactivité d’intervention en cas d’incidents ou d’accidents, notamment face à la piraterie dans le golfe de Guinée. Le vice-amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, commandant la zone maritime Atlantique, a exposé aux auditeurs les grands enjeux de ce théâtre. Tant lors des débats suivant sa présentation que lors du déjeuner avec ses principaux collaborateurs auquel il les a conviés, les auditeurs ont été impressionnés par la largeur du spectre de ses responsabilités et sa grande liberté de ton.

Intervention du VAE Jean-Louis Lozier

Puis les auditeurs se sont rendus à l’Ile Longue où ils ont été accueillis par le contre-amiral Lecoq, adjoint au commandant des forces sous-marines et de la force océanique stratégique (FOST). Ils ont pu débattre avec lui des grands enjeux de la dissuasion nucléaire française avant l’aller visiter le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) Le Vigilant.

C’est la tête pleine d’images et de rencontres inoubliables avec des marins passionnés auxquels est confié le cœur de l’indépendance stratégique de la France, que les auditeurs ont terminé la journée dans le bus qui les amena tard le soir à Lorient pour un rapide dîner et un repos bien mérité.

Les auditeurs étaient ainsi à pied d’œuvre pour se rendre tôt le lendemain matin sur la base de l’aéronautique navale de Lann-Bihoué où le contre-amiral Christophe Lucas, commandant la force maritime des fusiliers marins et commandos, puis le capitaine de vaisseau Serge Bordarier, commandant la base, leur ont fait partager les défis auxquels ils sont confrontés.

A Lann-Bihoué avec le contre-amiral Christophe Lucas et le capitaine de vaisseau Serge Bordarier

Les auditeurs ont ensuite visité un Atlantique 2, avion de patrouille maritime dont les capacités opérationnelles – en particulier l’armement qu’il met en œuvre (missiles, torpilles, bombes…) – et la grande variété de ses missions, conduites sur mer mais aussi sur terre, les a fortement impressionnés.  Mais surtout, comme la veille, c’est le professionnalisme et l’enthousiasme de ces « marins du ciel » qui les a le plus marqués.

Après la visite de l’Atlantique 2

Laurent Moser, directeur de Naval Group Lorient, a ensuite accueilli la session au sein du site de production des Frégates Européennes Multi-Missions (FREMM) où il a présenté la dimension technologique de ces bâtiments et les défis relevés par ses équipes pour respecter les délais de livraisons imposés. Les échanges se sont poursuivis à bord de la FREMM Alsace et dans la forme de construction de la FREMM Loraine, ces deux derniers bâtiments de la série disposant de performances antiaériennes accrues.

Les auditeurs ont enfin terminé cette escale bretonne en poursuivant leurs travaux de comités dans la Maison de l’Agglomération de Lorient mise à leur disposition pour l’occasion. Puis, en l’absence de train, ce fut pour la majorité, des retours par la route, certes longs mais animés par l’ambiance traditionnelle des équipages de marins, oubliant ainsi la fatigue de deux journées particulièrement denses.

Chez Naval Group après la visite du chantier et de la FREMM Alsace

Escale en Pays de Loire pour la 5e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Le vendredi 18 octobre, riches de l’intervention matinale du Premier Ministre, Edouard Philippe, qui leur a permis de mieux comprendre les grands enjeux de sécurité et de défense qui nourrirons leur réflexion tout au long de leur formation à l’IHEDN, les auditeurs de la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” ont mis le cap vers les Pays-de-la-Loire. Cette région est en effet particulièrement adaptée aux thèmes de ce séminaire axé sur la construction navale civile, les énergies marines renouvelables et les technologies marines innovantes.

Une première escale aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, actuel leader mondial sur le marché de la construction navale de croisière, a permis aux auditeurs de découvrir le site emblématique de cette pépite de l’industrie navale française. Mais au-delà de ses infrastructures impressionnantes, comme la gigantesque forme de montage de 900 mètres de long, c’est bien l’excellence de l’ingénierie et des processus de construction qui, par la maîtrise de la complexité et de la technologie, confère au groupe cette productivité exceptionnelle. Les plus grands paquebots du monde sont ainsi construits en moins de trois ans. Après des débats passionnants avec Stéphane Bourhis, directeur financier du groupe, sur tous les grands enjeux de cette construction, les auditeurs ont pu en voir la concrétisation avec la visite d’un navire en cours de construction, puis du MSC Grandiosa prêt à prendre la mer pour sa croisière inaugurale.

Dès potron minet le samedi, les auditeurs se sont rendus au Technocampus Océan de Nantes où les attendaient Hubert Lécuyer, co-directeur du site, et Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech. Cette matinée était en effet consacrée aux grands enjeux de la recherche technologique et de l’innovation dans le domaine naval. Philippe Baclet, directeur de WeAMEC et Pierre Serre Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA se sont joins à Hubert Lécuyer et Didier Besnard pour animer une matinée de débats particulièrement riches sous le feu nourri des questions des auditeurs. Ces derniers ont ainsi pu découvrir   l’extraordinaire dynamisme de la recherche dans le domaine maritime mais également l’écosystème particulièrement vertueux mis en place par la région des pays de Loire. Le CEA Tech y joue un rôle moteur peu connu de soutien aux entreprises au cœur d’une organisation décloisonnée permettant une synergie exceptionnelle entre l’État, le monde universitaire et les entreprises. Les travaux de recherche conduits sur l’évolution du mix énergétique, le climat et la protection de l’environnement ont particulièrement passionné les auditeurs car ces trois domaines se situent au cœur des travaux de réflexion qui leur ont été confiés par le Premier ministre.

L’après-midi du samedi a débuté par une intervention du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, qui avait fait spécialement le déplacement pour s’adresser aux auditeurs afin de leur faire part de sa vision      sur le rôle de l’IHEDN et les grands enjeux auxquels est confronté l’Institut. Il leur a également demandé un haut niveau d’implication et de qualité de réflexion afin que leurs travaux, attendus par les autorités de l’Etat, puissent les éclairer au mieux en amont de leurs prises de décision.

Forts des orientations et des directives, à la fois du Premier ministre et de leur directeur, les auditeurs ont consacré toute l’après-midi à leurs travaux de comité dont les premiers axes de réflexion devront être présentés à la direction de l’IHEDN le 16 novembre à Toulon lors de leur prochain séminaire.

 

Le Premier ministre s’adressant aux auditeurs

Les auditeurs dans la forme de montage des Chantiers de l’Atlantique

Les auditeurs devant le hall d’accueil du MSC Grandiosa

Les auditeurs à la passerelle du MSC Grandiosa

Hubert Lécuyer, co-directeur du Technocampus Océans, présente son écosystème

Didier Besnard, directeur adjoint du CEA Tech, en débat avec les auditeurs

Pierre Serre-Combe, directeur du Laboratoire d’Innovation pour les Technologies des Energies Nouvelles et les nanomatériaux au CEA, en pleine démonstration sur l’hydrogène

Les auditeurs attentifs à l’écoute des directives de leur directeur, le général de corps d’armée Patrick Destremau 

« Terminé barre et machines » pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

Que le temps est passé vite pour les 36 auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne et leur colloque d’ouverture fin septembre 2019. Leurs navigations les auront conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon, mais également en Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et enfin en Corée à Séoul, Inchon, Busan et Ulsan. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et avec une nostalgie non feinte qu’ils se sont retrouvés le 14 juin à l’École militaire pour leur dernier séminaire.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animé toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Indo-Pacifique, vis-à-vis de ses territoires ultramarins et dans le domaine portuaire.

A l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers étaient présents les auditeurs des anciennes sessions, qui n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leur retranchement.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le préfet Denis Robin a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leur livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France. Que les pistes ainsi ouvertes rassurent les futurs auditeurs : il reste du pain sur la planche pour les prochaines sessions !

C’est avec la satisfaction du devoir accompli, beaucoup de nostalgie mais la certitude de se revoir bientôt – les futures escales sont déjà programmées – que les auditeurs ont reçu leur diplôme bien mérité. Le banquet s’est terminé tard dans la nuit, rythmé par les rires et les chants de marin.

Le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, prononçant son intervention de clôture de la session.

Cap au Nord pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

Dans le magnifique slipway en bois de Boulogne sur Mer datant des années 1960 mais toujours opérationnel.

Sous un vent soufflant en rafales, ce 7ème et dernier séminaire en métropole a fait naviguer les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » dans les Hauts de France les 15 et 16 mars 2019. Ils ont successivement fait escale à Dunkerque, Calais et Boulogne-sur-Mer pour concentrer leurs travaux sur les ports et la pêche. Le très grand nombre d’acteurs qui se côtoient, voire se confrontent, dans les espaces maritimes particulièrement exigus de la Manche et de la mer du Nord engendrent des difficultés de sécurité et de planification spatiotemporelle de leurs activités d’autant plus cruciales que les enjeux liés à l’immigration illégale et au Brexit accroissent les inquiétudes et les tensions.

Stéphane Raison, président du directoire du Grand Port Maritime de Dunkerque (GPMD) et auditeur de l’IHEDN, a lancé la journée en présentant aux auditeurs sa vision et sa stratégie pour faire face aux grands enjeux que rencontre Dunkerque – comme les autres ports français – pour répondre à la concurrence internationale et dynamiser sur le sol français l’activité et les emplois associés. C’est ainsi que Norlink Ports, association des ports de la région, met en œuvre une stratégie commune de développement de cette façade maritime majeure. La visite des impressionnantes installations du GPMD – capables d’accueillir les plus gros navires du monde – a parfaitement illustré cette stratégie de long terme où le développement d’une économie circulaire et la préservation de la biodiversité sont les deux principaux piliers d’une politique déterminée de développement durable.

L’administrateur général Dusart, adjoint pour l’action de l’État en mer du préfet maritime Manche et mer du Nord, a complété cette matinée en présentant aux auditeurs les grandes problématiques de défense et de sécurité rencontrées par le préfet maritime, en particulier face à l’immigration illégale et à la perspective du Brexit.

Les audi teurs ont ensuite mis le cap sur Calais où le sous-préfet, Michel Tournaire, accompagné de Jean-Michel Roussel, directeur de la sûreté du port de Calais, de Philippe Mignonet, adjoint au maire et d’un représentant de la PAF[1] a évoqué les grands enjeux de la ville, notamment liés à la proximité avec le Royaume-Uni et les problématiques induites de l’immigration illégale, du Brexit et de la densité du trafic dans le détroit du Pas-de-Calais, le plus fréquenté au monde après celui de Malacca. La visite du port par Jean-Michel Roussel – en particulier celle des impressionnantes installations pour dissuader et détecter toute tentative d’intrusion illégale – a parfaitement illustré la volonté de coopération des gouvernements français et britanniques pour endiguer ce flux de migrants, mais aussi la détermination de ces derniers, prêt à risquer leur propre vie pour traverser la Manche.

Un branle-bas à 4 heures du matin le samedi suivi d’un rapide petit déjeuner ont permis aux auditeurs de visiter la criée de Boulogne, plus grand port de France en volume, sous la conduite d’Alain Cailler, directeur du port. Après une première halte au milieu de poissons fraichement pêchés et débarqués dans la nuit malgré une mer agitée, les auditeurs ont pu assister à une criée totalement informatisée où les technologies les plus modernes ont succédé aux hurlements pittoresques qui régissent encore de nombreuses criées. A l’issue, ragaillardis par le traditionnel petit-déjeuner boulonnais et sa dégustation des produits de la pêche du matin, les auditeurs ont été guidés par Alain Cailler à travers la Capécure. Cette visite du premier centre européen de transformation des produits de la mer riche de 140 entreprises a définitivement convaincu les auditeurs de l’importance stratégique du secteur de la pêche pour la France.

La deuxième partie de la matinée s’est déroulée dans les magnifiques locaux de la communauté d’agglomération du Boulonnais (CAB) où les auditeurs ont été accueilli par Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne. Après avoir pu participer à deux tables-rondes portant sur les grands enjeux du Boulonnais, notamment le Brexit et la planification spatiale des espaces maritimes, les auditeurs ont terminé leur matinée avec une admiration non contenue pour tous ces marins qui opèrent en mer avec passion dans des conditions difficiles, que ce soit pour y extraire des granulats, pêcher, en préserver la diversité ou y maintenir la sécurité.

Enfin, les auditeurs ont profité de l’après-midi pour poursuivre leurs travaux de comité dans les superbes locaux mis à leur disposition par la Communauté d’agglomération du Boulonnais qui, une fois de plus, les aura superbement reçus.

[1] Police de l’air et des frontières.

Stéphane Raison, président du directoire du GPMD, débattant avec les auditeurs.

L’administrateur général Thierry Dusart répondant aux questions des auditeurs

A la sous-préfecture de Calais avec Monsieur le Sous-préfet Michel Tournaire

Les auditeurs dans l’un des hangars de contrôle des camions à destination du Royaume-Uni

Sur le port de Boulogne dès potron minet autour de son directeur Alain Caillet

Les auditeurs appréciant la qualité des encornets fraîchement pêchés

Sous le vent et les embruns au pied des éoliennes de la jetée du port de Boulogne-sur-Mer

Table ronde avec Jean-Philippe Vennin, sous-préfet de Boulogne, dans les superbes locaux de la Communauté d’agglomération du Boulonnais.

Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur “Systèmes” du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le “XXIe siècle sera maritime dans le Sud”.

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”, accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »