Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » prennent le large pour les Hauts-de-France

Les auditeurs de la 6e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN ont pu appareiller pour les Hauts-de-France sous le pilotage du capitaine de vaisseau Patrick RATIER, commandant la marine à Dunkerque, qui a veillé à leur bon chenalage tout au long de la journée. Après trop de séminaires en visioconférence, ces retrouvailles en chair et en os permises par l’amélioration de la situation sanitaire ont été particulièrement appréciées, malgré les contraintes résiduelles respectées de façon très rigoureuses.

Dès potron-minet après un réveil à quatre heures du matin, les auditeurs – un peu dans le brouillard, mais avec le sourire – ont été accueillis sur le port de Boulogne, plus grand port de France en volume, par son directeur, Alain Cailler, grand ami de l’IHEDN qu’il reçoit tous les ans. Ils ont pu vivre en direct la criée en bénéficiant des explications de son directeur Gildas Dubois, autre ami de la session. Les technologies les plus modernes de cette criée entièrement informatisée ont désormais remplacé les hurlements pittoresques qui régissent encore de nombreuses criées. Mais les poissons fraîchement pêchés dans la nuit et qui remplissaient la halle, eux, n’ont pas changé.

Une criée totalement informatisé

Gildas Dubois avait du mal à cacher sa passion pour les produits de la mer lorsqu’il expliquait aux auditeurs, les différents critères de qualité du poisson en exhibant des yeux étincelants et des ouïes rouge vif.    

Gildas Dubois expliquant les critères de qualité du poisson

Guidée par Alain Cailler, la visite détaillée de la Capécure, premier centre européen de transformation des produits de la mer regroupant 140 entreprises, a définitivement convaincu les auditeurs de l’importance stratégique du secteur de la pêche pour la France et de la dimension des enjeux liés au Brexit.

Lever de soleil sur des auditeurs attentifs dans le port de Calais
Alain Cailler en pleine démonstration devant les auditeurs

À huit heures du matin, ragaillardis par un bon petit-déjeuner boulonnais comportant des produits de la pêche du matin, les auditeurs ont mis le cap vers Calais, leur prochaine escale de la matinée. Philippe Suisse, directeur de la sûreté du port de Calais leur a expliqué les enjeux pour cette ville de l’immigration illégale. En effet, le détroit du Pas-de-Calais, séparant la France du Royaume-Uni, est le dernier obstacle qui sépare de leur « graal » des migrants prêts à tout après plusieurs milliers de kilomètres au péril de leur vie.

Explication de Philippe Suisse, adjoint au directeur de la sûreté du port de Calais

Les auditeurs ont visité les installations de détection des tentatives d’intrusion illégale et constaté la parfaite coopération des gouvernements français et britanniques en matière de contrôle du flux des migrants. La visite menée par Franck Suisse, adjoint de son frère, a montré aux auditeurs le dynamisme économique de ce port en pleine expansion qui inaugurera au mois d’octobre une extension impressionnante avec des infrastructures modernes parfaitement adaptées au nouvel environnement post Brexit.

Les auditeurs ont ensuite repris la route pour Dunkerque afin d’aller visiter le port capable d’accueillir les plus grands navires du monde. Ils ont d’abord été accueillis pour un déjeuner campagnard à l’air libre – COVID oblige – par le sous-préfet de Dunkerque Hervé Tourmente et Daniel Deschodt, président par intérim du directoire du Grand port maritime de Dunkerque (GPMD).

Accueil à Dunkerque par le sous-préfet Hervé Tourmente et Daniel Deschodt président par intérim du directoire du Grand port maritime

La visite guidée du GPMD par Dominique Lammin, chargé des relations publiques, a été une excellente illustration de la présentation faite en visioconférence par son directeur en mars dernier. Les auditeurs ont ainsi pu voir la concrétisation de la stratégie mise en œuvre par le GPMD pour saisir les opportunités de l’économie bleue et faire face à la concurrence des ports étrangers. Le développement d’une économie circulaire et la préservation de la biodiversité constituent deux des principaux piliers d’une politique déterminée de développement durable. C’est dans cette perspective que Norlink Ports, association des ports de la région, met en œuvre une approche commune de développement de cette façade maritime majeure des Hauts-de-France.

Les auditeurs admirant l’impressionnant porte-conteneurs Champs-Élysées de CMA-CGM (22 000 boîtes)

Après une journée bien remplie leur ayant permis de visiter trois ports de nature très différente, les auditeurs ont quitté les Hauts de France avec désormais une bonne connaissance des grands enjeux de l’économie portuaire de la France ainsi que ceux de défense et de sécurité qui y sont rattachés.