Webinaire sur les thèmes du climat et de l’énergie pour la 5e session nationale « enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs autour d’Olivier Schmitt pour la restitution de leurs travaux

Le Covid 19 n’empêche pas l’IHEDN de poursuivre sa mission et, dans un esprit de continuité et d’innovation dans le plus strict respect des directives en vigueur, la 5e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN a transformé un séminaire initialement prévu à Paris à l’Ecole militaire les 15 et 16 mai en « Webinaire » inédit.

Les auditeurs attendaient avec impatience ces deux jours car, outre le plaisir de se retrouver, ils allaient réfléchir aux grands enjeux climatiques et énergétiques. Or, l’importance des océans dans ces enjeux n’est plus à démontrer que ce soit pour leur rôle majeur dans l’évolution du climat ou pour leurs ressources énergétiques, en particulier les perspectives offertes par l’éolien offshore. En outre, le thème annuel de la session et les travaux qui leur ont été confiés portent sur ces problématiques. Et, ils n’ont pas été déçus car, dans la plus pure tradition de l’IHEDN, ils ont pu débattre avec des experts de très haut niveau et internationalement reconnus qui se sont prêtés au jeu sans langue de bois.

Le vendredi a débuté par une intervention d’Olivier Appert, ancien président de l’IFPEN[1] et du Conseil français de l’énergie, et actuellement conseiller du centre Energie de l’IFRI[2], sur la géopolitique de l’énergie. Ce fut l’occasion pour tous de mieux comprendre les fondamentaux de la politique de l’énergie et la très grande inertie de ce secteur qui demande une vision de long terme et des investissements colossaux. Les échanges aussi passionnés que passionnants ont également abordés les enjeux maritimes qui s’y rapportent, en particulier ceux liés à l’Arctique et l’impact de la pandémie actuelle.

Valérie Masson-Delmotte, directrice de recherche au CEA[3], co-présidente du groupe n°1 du GIEC[4] et membre du Haut conseil pour le Climat a ensuite animé la réflexion des auditeurs sur les grands enjeux du climat. D’une rigueur scientifique et d’une clarté exemplaire, sa démonstration sur l’impact des activités humaines, en particulier les émissions de gaz à effet de serre, a fortement impressionné les auditeurs. Ces derniers sont désormais convaincus qu’il est urgent d’agir, malgré l’inertie des phénomènes, car l’avenir des générations futures en dépend.

Toujours virtuellement, les auditeurs se sont projetés outre-mer en début d’après-midi pour réfléchir aux grands enjeux des territoires ultramarins. Ils ont pour cela été rejoints par le capitaine de vaisseau Hervé Hamelin, coordonnateur ministériel en matière de sécurité des espaces maritimes, et Max Dubois, président d’R&DOM[5] qui animèrent leur réflexion avec brio. Les auditeurs ont ainsi pu mieux percevoir à quel point la dimension maritime de la France se situe outre-mer et combien son influence dans le monde en dépend grâce à son positionnement comme nation riveraine de tous les océans. L’importance stratégique de la France ultramarine leur apparait désormais comme une évidence ainsi que la nécessité de veiller à sa sécurité comme à son développement économique dans le respect de la diversité de ces territoires. D’ailleurs, la pandémie du Covid 19 pourrait être une opportunité pour repenser cette politique.

Le dernier débat de la journée ne fut pas moins animé que les précédents grâce à Jean-Marc Jancovici. Associé fondateur de Carbone 4, fondateur et président de Shift Project et également membre du Haut conseil pour le Climat, il a animé avec son brio, sa verve et son absence de langue de bois désormais bien connus, la réflexion des auditeurs sur le thème « Climat et énergie, perspectives, impact économique et sociétal ». Sans surprise, il a impressionné son auditoire par l’originalité de ses approches et le caractère incisif de ses propos. Plus aucun auditeur ne doute de l’importance de l’énergie sur l’activité humaine et de la nécessité d’adapter le développement des sociétés à la disponibilité d’une ressource en grande partie non renouvelable.

Toujours confinés et connectés, les auditeurs ont rejoint le samedi matin deux auditeurs de sessions « Enjeux et stratégies maritimes » précédentes : Paul de La Guérivière, président fondateur d’Idéol et Vincent Bales, directeur général de WPD Offshores. Avec eux, ils se sont plongés dans l’univers des Énergies Marines Renouvelables (EMR). À travers des débats animés, ils ont approfondi les volets politique, économique, technique et administratif de cette filière novatrice et pleine de promesse. Ils ont découvert les principaux freins à son développement en France et, qu’à l’encontre des idées reçues, les EMR étaient désormais capables de produire de l’électricité à un prix compétitif.

La matinée s’est conclue par une dernière réflexion sur les perspectives et les enjeux juridiques liés au climat et à la protection des océans. Pour animer leurs débats, les auditeurs ont eu la chance de bénéficier de la présence d’un acteur majeur de la diplomatie Française dans le domaine maritime : Serge Ségura, ambassadeur de France chargé des océans. Comme à son habitude, il a su les captiver par sa connaissance du sujet ainsi que par le brio et le recul de son analyse. Il leur a montré que, malgré les difficultés, la communauté internationale ne restait pas inactive face à ces enjeux et que la France dont la voix était écoutée pouvait jouer un rôle non négligeable.

Le samedi après-midi fut consacré à la restitution tant attendue par les auditeurs de leurs travaux de réflexions devant leurs camarades et Olivier Schmitt, directeur des études et de la recherche de l’IHEDN. Pendant 4 heures, les débats ont été particulièrement riches sur les trois sujets qui leur avait été confiés : la politique et les stratégies de l’Etat en océan Arctique, la question du développement durable des énergies offshore ainsi que l’acquisition des connaissances nécessaires à l’anticipation et à la prévention des conséquences de la montée des eaux. Olivier Schmitt a ainsi pu leur faire part de sa vive satisfaction pour le travail fourni et leur prodiguer des conseils avisés pour améliorer encore la présentation de leurs rapports.

Particulièrement heureux de ce séminaire « à distance » passionnant, les auditeurs ont dû se quitter virtuellement un peu frustrés de n’avoir pu se retrouver à l’Ecole Militaire pour échanger de vive voix, mais avec l’espoir de se retrouver rapidement en « chair et en os » dans le respect des gestes barrières !

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[1] Institut français du pétrole et des énergies nouvelles.

[2] Institut français des relations internationales

[3] Commissariat à l’énergie atomique

[4] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

[5] République et développement Outremer