Un cessez-le-feu au Yémen ?

Des combattants houthis à Sanaa.
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Dans une déclaration sur Twitter le 18 novembre, un haut responsable yéménite des Houthis, Mohamed Ali al-HOUTHI, a déclaré que le groupe rebelle cessera les frappes de drones et de missiles en direction de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis. Les Houthis se montrent enclins à instaurer un cessez-le-feu : « Nous sommes prêts à geler et à arrêter les opérations militaires sur tous les fronts afin d’atteindre une paix juste et honorable si l’Arabie Saoudite veut vraiment la paix pour le peuple yéménite ».

C’est la première fois depuis le début de l’internationalisation du conflit qu’un leader politique houthi affirme vouloir discuter d’une cessation complète des hostilités. Cette déclaration intervient alors que l’Organisation des Nations Unies ne cesse d’alerter sur le caractère dramatique de cette crise, qu’elle considère comme la pire catastrophe humanitaire.

Vendredi 16 novembre, trois responsables onusiens ont invité le Conseil de sécurité à user de son influence afin de mettre un terme à ce conflit. « Nous sommes à un moment crucial pour le Yémen », déclare Martin GRIFFITHS, envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Yémen. Alors qu’il s’exprimait devant le Conseil de sécurité, l’émissaire de l’ONU dit croire en la « bonne foi » des deux camps devant la situation inquiétante du pays où la famine sévit. « Je suis convaincu que rien ne devrait entraver les chances de dialogue et de négociation ». Selon David BEASLEY, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial, « la communauté internationale doit utiliser tout son pouvoir pour mettre fin à la guerre et sauver l’économie du Yémen ». Enfin, Mark LOWCOCK, Secrétaire général adjoint des Nations Unies, exhorte quant à lui les pays membres de l’ONU : « Nous avons besoin de toute urgence que vous preniez à nouveau des mesures maintenant ».

Martin GRIFFITHS souligne la récente réduction des violences. En effet, la semaine dernière, la coalition menée par l’Arabie saoudite a temporairement gelé l’offensive contre les rebelles Houthis qui tiennent toujours le port d’Hodeida. Ce port stratégique donnant sur la mer Rouge et servant à l’approvisionnement des Houthis, est menacé par les forces de la coalition.

Martin GRIFFITHS souligne que le Yémen n’est désormais plus « un conflit oublié », l’opinion publique et les leaders politiques ayant pris conscience du caractère urgent de la crise. Il dit avoir eu l’assurance que les deux parties participeront « aux négociations de paix qui doivent se tenir bientôt en Suède ». Grâce à l’action et aux pressions internationales, les parties au conflit se sont engagées à rechercher une solution politique.

Si ces récents événements permettent d’espérer une paix prochaine, les actions menées par les deux camps donnent à voir une autre réalité. Le journal émirati The National rapporte que les Houthis, après leur déclaration appelant à cesser les hostilités, ont lancé quatre missile balistiques, interceptés par les avions de la coalition. L’avenir de ce pays de 28 millions d’habitants au bord de la catastrophe est un véritable enjeu. Face à la pression internationale, il reste à savoir si l’Arabie saoudite d’un côté et les rebelles de l’autre, accepteront d’entamer véritablement des négociations de paix.