Traité franco-allemand : quel impact pour la Méditerranée ?

Emmanuel MACRON et Angela MERKEL, à Aix-la-Chapelle, le 22 janvier 2019. Tous droits réservés.

Le mardi 22 janvier 2019, à l’occasion du 56èmeanniversaire du traité de l’Elysée, le Président de la République française Emmanuel MACRON et la chancelière de la République fédérale d’Allemagne ont signé à Aix-la-Chapelle un nouveau traité de coopération et d’intégration.

La décision du « couple franco-allemand » de renforcer les liens bilatéraux s’appuie sur le texte fondateur du Traité de l’Elysée de 1963, signé par le Président français Charles de GAULLE et le chancelier allemand Konrad ADENAUER. L’objectif est de tendre vers une convergence accrue entre Paris et Berlin pour les « préparer aux défis auxquels ils sont confrontés au XXIème siècle ».

Le Traité d’Aix-la-Chapellemettra en œuvre 15 projets prioritaires, dont le suivi est assuré par le Conseil des ministres franco-allemand. L’un des points phares est une coopération poussée au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies où la France y appuiera la candidature de l’Allemagne en tant que membre permanent. Ce traité vise également une coopération plus approfondie dans des domaines divers : politique économique, politique étrangère et sécurité, éducation et culture, recherche et technologie, climat et environnement, coopération et communication transfrontalières, etc. En clair, il s’agit d’un pas de plus dans l’amitié franco-allemande. a

Seront créés quatre « instituts culturels franco-allemands intégrés », à Rio, Palerme, Erbil et Bichkek. Cinq instituts français et allemands seront colocalisés à Cordoba, Atlanta, Glasgow, Minsk et Ramallah. Le renforcement franco-allemand aura ainsi un impact sur la Méditerranée avec l’implantation de ces sites dans des villes du bassin méditerranéen.

Le traité accorde également une importance particulière au domaine de la sécurité avec une clause de défense mutuelle et l’idée d’une collaboration plus étroite dans le développement de leur arsenal militaire. Il prévoit aussi de mener des opérations conjointes. Ce renforcement de liens n’a pas trouvé grand écho autour du bassin méditerranéen. La future ouverture d’instituts culturels n’a pas fait grand bruit et cet événement n’a pas retenu l’attention de la presse africaine et moyen-orientale qui a peu relayé l’information. La Méditerranée ne fait pas partie de la zone d’intérêt de l’Allemagne qui n’y voit pas d’enjeux sécuritaires ou économiques importants. A contrario, en Europe, le couple franco-allemand, moteur de l’Europe suscite davantage d’intérêts, d’autant plus que l’Union européenne est dans une impasse : la question du Brexit soulève de nombreux débats et les partis populistes et eurosceptiques, dont certains sont au pouvoir, prennent de l’ampleur.