ZEE

Regain de tensions autour des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale

Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Tous droits réservés.

 

La découverte de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale a accru les tensions dans la région. Les réserves gazières au large de l’île de Chypre suscitent l’ire de la Turquie, qui occupe le nord de l’île depuis 1974 par le biais de la République turque de Chypre nord, non reconnue par la communauté internationale, et qui s’oppose à l’exploitation par la République de Chypre de ces gisements et revendique son droit de jouir des ressources sous prétexte d’en faire bénéficier la communauté chypriote turque.

Le 7 juin, le ministère des Affaires étrangères chypriote a publié une synthèse du différend opposant Nicosie et Ankara sur les délimitations des zones maritimes. Le même jour, Hami Aksoy, porte-parole du ministère des Affaires étrangères a réagi , évoquant les concessions accordées par Nicosie à « certaines compagnies pétrolières » : « Cet accord est un exemple concret de la poursuite par les Chypriotes grecs de la violation des droits des Chypriotes turcs jouissant des mêmes droits sur les ressources naturelles de l’île (…). Ceci est inacceptable pour la Turquie et la République turque de Chypre nord ». Sans surprise, Ankara, soutient la RTCN et revendique ses droits sur l’île : « L’Administration chypriote grecque du sud de Chypre et les sociétés internationales qui traitent avec elle ne peuvent ignorer le fait que les Chypriotes turcs sont copropriétaires de l’île et qu’ils ont des droits égaux sur les ressources pétrolières et gazières de l’île. » Et Ankara de menacer : « la Turquie ne laissera personne enfreindre les droits des Chypriotes turcs ». Les déclarations du ministère des Affaires étrangères font écho aux propos tenus par le Président Recep Tayyip Erdogan : « Nous ne ferons aucune concession de ces droits au profit des parties n’étant nullement concernées. Nous sommes déterminés à protéger jusqu’au bout les droits de nos congénères turcs, et surtout de nos frères Chypriotes turcs, dans les zones économiques exclusives ». Ankara alerte la communauté internationale : Chypre n’hésiterait pas « à risquer de manière irresponsable la sécurité et la stabilité de la Méditerranée orientale en méconnaissant les droits inhérents des Chypriotes turcs », Nicosie rejetant selon les Turcs « toutes les propositions de coopération et la poursuite des activités unilatérales » en dépit des avertissements.

Toutefois, la Turquie, si elle se montre agressive, est isolée sur la question chypriote à l’échelle internationale. Le 6 juin dernier, le Président chypriote Nicos Anastasiades a rencontré le secrétaire d’Etat américain Matthew Palmer afin d’évoquer les relations bilatérales et le problème chypriote. Les Etats-Unis se sont montrés « profondément concernés par les déclarations de la Turquie » et ont « pleinement reconnu la souveraineté de la République de Chypre d’explorer et d’exploiter ses ressources naturelles ».

Malgré les menaces d’Ankara, les compagnies pétrolières acceptent d’explorer les eaux chypriotes. Parmi elles, l’américaine ExxonMobil, la française Total ou encore l’italienne Eni. De plus, l’île, qui bénéficie du soutien de l’UE et des puissances occidentales, espère mettre un terme aux activités de forage turques. Nicosie a ainsi émis des mandats d’arrêt à l’encontre de l’équipage du navire de forage turc Fatih et de Turkish Petroleum. En réponse, Hami Aksoy a déclaré le 10 juin : « L’administration chypriote grecque ne peut pas engager une telle action en justice sur la base d’une prétendue loi nationale, pour une zone maritime revendiquée unilatéralement qui n’est pas délimitée conformément au droit international. Ceci est également incompatible avec le droit international. » Alors qu’elle invoque son interprétation du droit international et des zones économiques exclusives, la Turquie n’est pas signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, adoptée en 1982 à Montego Bay.

Si tout oppose les deux structures étatiques, République de Chypre et RTCN, les populations chypriotes grecs et turcs aspirent à davantage de dialogue.

Tensions gréco-turques en Méditerranée orientale

La frégate de recherche turque Barbaros.
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Dans un NAVTEX publié le mardi 16 octobre 2018, la Turquie a indiqué que son navire « Barbaros » effectuait des recherches sismiques en Méditerranée orientale.

Dans un communiqué du mercredi 17 octobre, le ministère des Affaires étrangères grec affirme que ces recherches avaient lieu sur un segment de son plateau continental. Athènes rappelle que ces agissements turcs, relevant de l’illégalité, doivent bénéficier d’un accord préalable des autorités grecques et accuse Ankara d’une « nouvelle provocation » qui créerait des « tensions dans la mer Egée et la Méditerranée orientale ». Avec sa frégate « Nikiforos Fokas », la Grèce entend envoyer un « message d’avertissement aux Turcs provocateurs » et mettre fin à leurs activités.

Le 18 octobre, la Turquie, dans un communiqué de presse, commente sa recherche sismique dans ce qu’elle considère comme le « plateau continental turc ». En réponse aux accusations d’Athènes, Ankara rétorque que les « revendications irréalistes grecques » sont nuisibles aux relations bilatérales gréco-turques et à la stabilité régionale. Redoutant une escalade des tensions dans la région de la part de la Grèce, la Turquie affirme qu’elle continuera « d’exercer ses droits souverains découlant du droit international ».  Le porte-parole de l’AKP, Omer Celik a également condamné « les actions provocatrices » du ministre de la Défense grec sur son compte Twitter. De concert avec le gouvernement, la radio-télévision turque titre « Provocation de la Grèce en Méditerranée orientale », après qu’une navette d’appartenance grecque a « harcelé » le Barbaros.

La République de Chypre, non reconnue par la Turquie et estimant qu’Ankara a pénétré ses eaux territoriales, a publié un communiqué anti-NAVTEX qui déclare le document turc « nul et non avenu ».

Ces tensions autour du navire Barbaros illustrent les problèmes profonds de la région : l’Etat turc, n’acceptant pas les arbitrages internationaux concernant Chypre et les eaux grecques, applique une politique dans ce domaine une politique du déni.

Le NAVTEX turc a indiqué que son navire resterait dans la région jusqu’au mois de février. Les agissements turcs dans la zone transmettent un message politique fort, en l’occurrence la présence accrue de la Turquie dans la région, à l’heure où les forages de gaz offshore autour de Chypre suscitent agitations et convoitises. La position turque s’oppose sur ce sujet à ses voisins Egypte, Chypre et Grèce qui ont manifesté leur coopération régionale lors du 6ème Sommet tripartite.

UNION EUROPEENNE – 2014 078 – Study on state of knowledge on deep-sea mining – Conseil européen

Deep-sea mining is part of the EU`s Blue Growth strategy under the thematic area of marine mineral resources. Deep-sea mining is part of the wider activity of marine mining which also includes mining of aggregates and other materials such phosphates, tin, diamonds and tin in shallower waters. Deep-sea mining has become particularly important in recent years as, after many decades of research and interest into seabed mineral reserves, technological developments have allowed us to exploit previously unreachable deposits and increasing demand and resulting price increases in combination with a scarcity of some materials have triggered a renewed attention for the possibilities of exploiting deep sea resources. At the same time, concerns have been raised concerning the potential impacts of these activities…

Maritimisation – 2013 08 – La terre est bleue – CESM N°5

Même si trop peu l’ont déjà compris, plus que jamais la mer figurera au coeur des enjeux de ce siècle qui commence. Les approches de notre
planète sont sillonnées en tous sens par des satellites, des sondes spatiales sont envoyées reconnaître les confins de notre système solaire, mais plus de 90 % des fonds marins restent à explorer…

Maritimisation – 2012 12 – Enjeux de la mondialisation par E. Descleves

La mondialisation se traduit par une interdépendance de plus en plus étroite entre les pôles de peuplement et les zones d’exploitation ou de transformation des ressources nécessaires à la vie humaine. Autrefois, ces zones étaient proches et concentrées autour de populations dont l’activité couvrait globalement les besoins. La raréfaction de certaines ressources et la croissance considérable de la consommation, auxquelles il faut ajouter le très faible coût du transport maritime ainsi que d’importants différentiels de prix de main d’oeuvre, ont modifié l’équilibre autarcique ancien…

Espaces maritimes – 2014 10 – Espaces maritimes, exploitation – ISEMAR N°168

L’exploitation des ressources de la mer représente pour beaucoup de pays maritimes, une partie conséquente de leur économie. La plus importante et la plus ancienne, qui n’est pas l’objet de cette Note, est la pêche et les cultures marines. La première forme d’exploitation industrielle en mer est venue de l’extraction offshore des hydrocarbures (pétrole, gaz) qui prend à notre époque de plus en plus d’ampleur à la fois en termes de volumes, de défis technologiques et de localisation planétaire…

EMR – 2012 09 – Enjeux maritmes et portuaires des énergies marines renouvelables – ISEMAR N°147

Il est rare de voir émerger une industrie nouvelle de la taille et des enjeux que portent les énergies marines renouvelables (EMR). Elles se trouvent à la convergence de trois champs économiques, l’énergie, l’industrie, le maritime. Au travers de la quête de nouvelles sources d’énergie décarbonée sur ou dans les océans, naissent de nouvelles filières industrielles qui trouvent leur place sur les littoraux alors que les processus logistiques et de maintenance impliquent les ports. Enfin, par leurs implantations dans les milieux marins, les EMR participent aux enjeux complexes de l’intégration aux autres activités (transport, pêche, tourisme) et à l’environnement…

Cadre juridique – 2012 06 – Montego Bay, 30 ans après – CESM

La Convention de Montego Bay pose le cadre juridique de l’appropriation des espaces maritimes par les Etats en exposant notamment leurs droits d’exploitation des différentes strates océaniques (colonne d’eau, sol et sous-sol). Elle tente de concilier, d’une part, la volonté étatique de territorialisation des zones maritimes, d’autre part le nécessaire respect de la liberté des mers, enfin la protection de l’environnement et du patrimoine culturel marin.
Nous nous pencherons dans cette première partie sur le contexte qui a donné naissance à la Convention de Montego Bay (1), – ce qui nous permettra par la suite de mesurer les enjeux de cette Convention – ainsi que sur les grands principes juridiques qu’elle établit (2) et notamment les concepts de zone économique exclusive (ZEE) et de plateau continental, sur lesquels se porte notre étude…

Arctique – 2014 04 – Arctique et Antarctique,les enjeux des usages polaires – ISEMAR N°164

Les pôles ont depuis toujours fait l’objet de convoitises de tous ordres et ont largement nourri l’imaginaire des hommes, qu’ils soient aventuriers, scientifiques, industriels ou politiques. Le développement de la mondialisation puis l’appréhension planétaire des préoccupations environnementales comme les bouleversements structurels économiques et sociétaux conduisent à s’interroger sur les perspectives que les pôles peuvent offrir à la société et inversement, à la manière dont la société va, ou non, faire des pôles une partie prenante des activités humaines…