Union africaine

RCA : Début des pourparlers entre le gouvernement et les groupes armés.

Smail CHERGUI et Jean-Pierre LACROIX.
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Jeudi 24 janvier 2019 s’est ouvert à Khartoum le grand dialogue national centrafricain. Sous l’égide de l’Union africaine (UA) avec l’appui des Nations unies sur les bases des conclusions du Forum de Bangui de 2015, les pourparlers réunissent 14 groupes armés et le gouvernement afin d’amorcer une sortie de crise.

Il a fallu près d’un an et demi pour réunir les différents camps et harmoniser les revendications des groupes armés. La situation en République centrafricaine est préoccupante. Le pays est enlisé dans une guerre depuis 2012 et aujourd’hui, les groupes armés sont en position de force. Ils détiennent en effet près de 80% du territoire et sont bien armés.

Ces groupes revendiquent entre autres l’amnistie et l’autonomisation des régions de la Centrafrique, ce qui paraît difficile à atteindre sans compromettre le Forum de Bangui.

Interrogé par RFI, Parfait Onanga-Anyanga, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique considère ce dialogue comme « historique » : « Nous attendons que tous les acteurs y aillent dans un esprit de compromis, qu’il en sorte de ces consultations historiques, un répit pour la population centrafricaine qui n’a que trop souffert, un espoir de paix, d’une paix durable ». S’il reconnaît que ce ne sera pas chose aisée d’aboutir à des conclusions pacifiques, « ne pas aller à Khartoum, c’est se mettre au ban de l’histoire et donc s’interdire l’opportunité de pouvoir faire quelque chose de bien pour son pays pour une fois, faire quelque chose de bien pour la Centrafrique ». Finalement, toutes les factions ont participé à la rencontre.

Smail Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA s’est rendu au Soudan pour faciliter ce dialogue direct entre les différentes parties. En vue d’obtenir une réconciliation, il s’est adressé aux participants : « En ces moments cruciaux pour la République centrafricaine, vous avez autant que nous une obligation de résultat ». Il a par la même, réitéré le soutien de l’Union africaine « Je voudrais une fois de plus vous assurer de l’entière mobilisation de la Commission de l’Union africaine pour accompagner les parties prenantes centrafricaines dans le règlement durable du conflit dévastateur ».

A l’issue de la rencontre, Jean-Pierre Lacroix, qui a fait le déplacement à Khartoum, a déclaré : « Je suis encouragé de voir présents des représentants des partis politiques, de l’Assemblée nationale, des femmes, des jeunes, de la plate-forme religieuse et des victimes ».

Toutefois, l’ancien président centrafricain François Bozizé, renversé en 2013 et vivant en exil en Ouganda, a écrit à Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, chargé de chapeauter ces négociations. Il dénonce l’exclusion des anciens chefs d’Etat de Centrafrique du dialogue. Il tient pour responsable le gouvernement actuel de son pays, présidé par Faustin-Archange Touadéra. Il espère être convié à y participer avant la fin des négociations pour une résolution définitive de la situation en RCA.

Le dialogue devrait se poursuivre jusqu’au 2 février.

 

XVIIème Sommet de la Francophonie à Erevan

Le discours d’Emmanuel MACRON à Erevan lors du XVIIème Sommet de la Francophonie
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Le XVIIème Sommet de la Francophonie s’ouvrira jeudi 11 octobre à Erevan. Dans une Arménie comprenant 200 000 locuteurs francophones, les 84 Etats et gouvernements représentés au sein de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) se réuniront autour du thème « Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone ». L’OIF organise un sommet tous les deux ans depuis 1986, afin de définir les grandes orientations politiques de la francophonie.

La langue française, parlée par 274 millions de locuteurs à travers le monde, est à ce jour la 5ème langue mondiale, derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et l’arabe et la 3ème langue des affaires après l’anglais et le mandarin. Pratiquée sur tous les continents, le nombre de francophones est en forte augmentation, notamment en Afrique. Le français est utilisé dans les enceintes multilatérales à l’instar de l’ONU, de l’OMC ou des instances européennes et africaines, faisant de la langue un vecteur de communication internationale. Sa diffusion est une priorité pour la diplomatie française, la francophonie étant devenue constitutionnelle par le titre XIV, article 87 qui stipule : « la République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant le français en partage ». Le Président de la République est chargé de déterminer la politique générale en matière de francophonie et représente Paris lors des Sommets.

Dans la capitale arménienne, 58 Etats et gouvernements membres seront joints par 26 observateurs de l’OIF, l’organisation ayant pour dessein de contribuer à certaines valeurs telles que la diversité culturelle, la paix, la gouvernance démocratique, l’Etat de droit ou la question environnementale. Dotée d’un budget annuel de 85 millions d’euros, l’OIF entend également prévenir les conflits au sein de l’espace francophone et diffuser les droits de l’homme. L’éventuelle adhésion de Riyad qui a exprimé le vœu de rejoindre l’OIF pose le débat des limites de l’organisation qui a doublé de volume depuis sa création, certains craignant que l’instance ne devienne « une cacophonie ».

L’un des autres enjeux de ce XVIIème sommet consistera à élire le nouveau secrétaire général. Michaëlle JEAN, secrétaire générale sortante et ancienne gouverneure générale canadienne, est en compétition avec la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise MUSHIKIWABO, bénéficiant du soutien de la part des 29 pays de l’Union africaine et du Président français Emmanuel MACRON. La potentielle nomination rwandaise questionne en premier lieu les intentions françaises, Paris et Kigali entretenant des relations complexes depuis le génocide rwandais de 1994. Dès le 13 septembre, dans une tribune, quatre anciens ministres français chargés de la francophonie, exprimaient pourtant que le choix de MUSHIKIWABO « portait atteinte à l’image même de la France ».

La candidature rwandaise attise les critiques de toutes parts.  D’abord, la question des droits de l’Homme alerte l’opinion, le Rwanda de Paul KAGAME étant décrié pour ses pratiques autoritaires. Enfin, l’argument de la légitimité est soulevé, Kigali ayant rejoint le Commonwealth en 2009 après avoir fait de l’anglais la langue obligatoire à l’école.

 

Bulletin de l’Union africaine et de la Corne de l’Afrique

Ce bulletin traite des questions africaines de paix et de sécurité à travers les décisions et résolutions de l’Union africaine (principalement par son Conseil de Paix et de Sécurité) et celles des Nations Unies. Il aborde aussi l’actualité sécuritaire à travers la presse internationale.

(01 décembre 2017 au 31 janvier 2018)

Patrick Ferras
Directeur de l’Observatoire de la Corne de l’Afrique
et du Centre de recherche sur l’Union africaine

Afrique – 2015 02 01 – En Afrique d’autres foyers du djihadisme – Ph. Leymarie – Monde diplomatique

Sur les huit conflits les plus meurtriers et dévastateurs du moment, sept se déroulent en Afrique, où la désintégration de la Libye alimente en armes les groupes djihadistes. L’Union africaine a longtemps semblé impuissante à prendre en charge la sécurité des populations, abandonnée aux initiatives franco-américaines. Mais une première force d’urgence continentale pourrait voir le jour cette année…