UE

Un nouveau revirement dans le plan de « paix » pour résoudre le conflit israélo-palestinien par l’administration Trump


Le Président des Etats-Unis, Donald Trump (à gauche), rencontre le Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou, à New-York le 18 septembre 2017. Tous droits réservés.

Le conflit israélo-palestinien sévit depuis plus de 70 ans. Le plan de « paix » de l’administration Trump s’inscrit dans une longue lignée de consortium d’idées pour résoudre ce conflit.

Conformément à ses promesses de campagne, le Président Trump a assuré régler ce conflit. Selon les dernières informations, le plan prévu ne verra le jour qu’à la mi-juin, après de multiples repousses  en raison du contexte tendu. Encore faut-il que ce plan soit accepté par les parties concernées et plus majoritairement qu’il y ait un consensus international.

Historiquement, les tentatives de compromis et d’accords entre Israël et la Palestine sont nombreuses. La première d’entre elles concerne le plan Peel de 1937qui prévoyait un partage de la Palestine entre un Etat juif, un Etat arabe et un corridor contrôlé par les Britanniques. La proposition Peel a été mise en échec par le refus des pays arabes. Les accords d’Oslo entre Israël et l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) de 1993 avaient pour but de poser les premiers jalons d’une résolution du conflit. Cependant,  le processus s’est brusquement arrêté en 1995 après l’assassinat du Premier ministre israélien Itzhak Rabin. Depuis, les conflits s’enlisent et aucune solution ne semble frayer son chemin.

Depuis deux ans, l’administration Trump échafaude un plan présenté comme « l’affaire du siècle » censé résoudre le conflit israélo-palestinien. Toutefois, le plan ne cesse d’être modifié. En effet, en mars, le plan prévoyait la création d’une entité palestinienne souveraine, comprenant la bande de Gaza et une partie du Sinaï égyptien. Pourtant, en avril 2019, il est envisagé qu’il n’y ait plus d’entité palestinienne, mais des propositions « réalistes […] qui permettent aux gens de mieux vivre » selon le conseiller et gendre du Président Trump, Jared Kushner. Alors que ce texte devait être dévoilé après les élections législatives israéliennes du 9 avril 2019, la teneur du plan reste sous le sceau du secret.

Si le 45ème Président des Etats-Unis venait à proposer ce plan, il s’agirait d’un revirement sans précédent. Après avoir reconnu Jérusalem comme la capitale de l’Etat hébreu et avoir validé l’occupation du plateau du Golan, alors que le CSNU (Conseil de sécurité des Nations Unies) l’a qualifiée dans sa résolution 497 de « nulle et non avenue, et sans effet juridique international », il paraît logique de penser que Donald Trump veut en finir avec l’idée d’une solution à deux Etats.

De plus, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo a déclaré samedi 13 avril sur CNN qu’« il y a eu beaucoup d’idées depuis quarante ans. Aucune n’a apporté la paix entre Israéliens et Palestiniens ». Il a ajouté « [l]a nôtre est de proposer une vision qui présente des idées nouvelles, différentes, uniques, qui tentent de reformuler et de remodeler ce qui est un problème insoluble ».

D’un côté le Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou, proche de son homologue américain, refuse le retrait des colonies installées sur les territoires palestiniens et affirme que « si [le plan propose le retrait des colonies], alors Israël n’y souscrira pas ».

De l’autre côté, le Président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, refuse tout contact et rejette toutes les démarches de l’administration Trump depuis la reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur Jérusalem. Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Mohammad Shtayyeh dénonce pour sa part « un chantage financier » de la part des Etats-Unis, notamment après la réduction de plusieurs centaines de millions de dollars d’aides aux Palestiniens.

En Europe ce nouveau projet ne fait pas l’unanimité non plus. En effet, d’anciens ministres des Affaires étrangères, des Premiers ministres et deux anciens secrétaires généraux de l’OTAN ont signé un courrier envoyé à l’UE et à l’ensemble des gouvernements européens pour rejeter le plan de « paix ». Ils mettent en garde contre la création d’une entité palestinienne « dépourvue de souveraineté ». On peut y lire : « [i]l est temps que l’Europe maintienne ses paramètres de principe pour la paix en Israël-Palestine ».

Les signataires de cette lettre estiment donc qu’il serait préférable que l’Europe travaille aux côtés des Etats-Unis – dont l’implication historique en tant que médiateur au sein du conflit a récemment perdu sa neutralité affichée.

L’avenir du conflit israélo-palestinien, semble découler du plan de « paix » que les Etats-Unis proposeront à la mi-juin. En cas de refus d’une partie ou de l’autre, la situation restera bloquée une fois de plus.

En Centrafrique, l’ONU et l’UA se coordonnent pour la mise en œuvre de l’accord de paix de Khartoum.

 

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix (à droite), et Smaïl Chergui, Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, lors d’une conférence de presse en février 2019. Tous droits réservés.

Dimanche 14 avril 2019, une délégation des Nations unies (ONU) et de l’Union africaine (UA) est arrivée à Bangui. Cette nouvelle visite dans la capitale centrafricaine a pour objectif la mise en œuvre de l’accord de paix de Khartoum, 8ème accord de paix conclu depuis le début de la crise en 2013, signé le 6 février 2019 entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés.

Le Secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, et Smaïl Chergui, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, veulent renforcer et matérialiser l’accord politique pour la paix et la réconciliation alors que de nouvelles tensions se font ressentir.

En effet, le renversement d’Omar el-Béchir au Soudan fragilise l’accord de paix. Ce dirigeant, pourtant inculpé par la Cour pénale internationale, était en effet considéré comme « le garant moral » selon Abdoulaye Hissène, chef militaire du Front pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC). De plus, d’autres chefs de guerre estiment que le Président centrafricain Touadéra est en position de faiblesse. A ce titre, un responsable de l’ex-Seleka (coalition ethnique à coloration religieuse musulmane) considère que les groupes armés peuvent imposer ce qu’ils veulent.

La nécessité d’une mise en œuvre de l’accord de paix se fait donc sentir plus que jamais. Pour le Secrétaire général adjoint des Nations unies aux opérations de paix, il est temps de mobiliser tout le monde « pour avancer rapidement dans la mise en œuvre de l’Accord ».

Le Commissaire à la paix et à la sécurité rappelle que « le moment est venu de faire taire les armes ». Il a ajouté : « C’est l’un des objectifs de cette visite conjointe, à savoir rappeler aux uns et aux autres les responsabilités qui sont les leurs qui découlent de l’Accord de paix. Nous attendons que la paix, la stabilité, le dialogue se renforcent chaque jour ».

M. Lacroix dénonce lui aussi la violence, précisant que ceux qui y ont recours « mettent en péril l’Accord et la seule chance pour que la paix revienne en RCA ».

Selon la Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA), le directeur Afrique de l’Union européenne, Koen Vervaeke a rejoint lundi 15 avril le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA et le Secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de paix dans une mission tripartite UA-ONU-UE qui durera jusqu’au 18 avril.

Mercredi 17 avril, ces trois représentants s’entretiendront avec le Président, le gouvernement, ainsi que des représentants de partis politiques dans le cadre de la réunion du Groupe international de Soutien (GIS) à la RCA.

Brexit et défense européenne, enjeux liés aux transferts de responsabilités britanniques

 

29 mars 2019 – Transfert de l’État-major d’Atalante à Rota (Espagne)
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Après l’annonce du retrait du Royaume Uni de l’Union européenne (UE), les ministres européens de la défense se sont prononcés sur la cessation de la participation des Britanniques aux instances décisionnelles. Si certains transferts de responsabilité comme par exemple le commandement de la mission européenne Atalante s’effectuent en douceur, des désaccords profonds animent la relation euro-britannique et laissent présager un futur partenariat ambigu.

Mission Atalante, un transfert de responsabilités harmonieux

Lancée en appui des résolutions du conseil de sécurité des Nations unies[1] et décidée dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) pour lutter contre la piraterie en océan Indien, l’opération Atalante est la première opération militaire purement navale de l’UE. Une force navale de l’Union Européenne[2] (EU NAVFOR) conduit ainsi, depuis une décennie[3] au large des côtes somaliennes, une opération de dissuasion, de prévention et de répression des actes de piraterie et de brigandage. Son mandat a été prorogé[4], par le Conseil de l’UE jusqu’au 31 décembre 2020. Depuis la mise en œuvre d’Atalante, le niveau de piraterie et de brigandage a fortement baissé et l’opération revêt désormais une dimension essentiellement dissuasive.

Le contrôle politique de l’opération est exercé par le Conseil européen, via le COPS (Comité politique et de sécurité) qui exerce également la direction stratégique. Le CMUE (comité militaire de l’UE) assure le suivi de la bonne exécution de l’opération conduite sous la responsabilité du commandant de l’opération. Ce dernier exerce à partir de la terre le commandement opératif de la mission à la tête d’un état-major (OHQ) d’environ 80 personnes. Le commandant de la force Atalante (FCdr), embarqué avec son état-major sur un bâtiment de commandement, assure le commandement tactique sur le théâtre. Jusqu’en mars 2019, le commandement opératif d’Atalante était assuré par un officier général britannique à partir d’un OHQ basé à Northwood près de Londres.

Le Royaume Uni a bien tenté de conserver son poste de commandement opérationnel et la localisation de l’OHQ mais, logiquement dans la perspective du Brexit, les ministres de la défense européens ont décidé en juin 2018 de le transférer en Espagne et, pour partie, en France.

 

 

Ainsi, depuis le 29 mars 2019, l’Espagne assure désormais, à partir de sa base navale de Rota[5], le rôle précédemment dévolu à la Grande-Bretagne. Parfaitement légitime en raison de la forte implication de l’Espagne dans l’opération Atalante depuis son lancement, cette décision est ainsi une reconnaissance de son engagement vis-à-vis de la politique de défense et de sécurité de l’UE.

Quant à la France, elle accueille désormais à Brest le Maritime Security Center for the Horn of Africa (MSCHOA) dont elle assure la direction, organisme qui établit la situation sur zone en soutien de l’opération[6]. Le MSCHOA réalise notamment l’interface entre la mission Atalante et le secteur maritime civil.

Mais les transferts de commandements et de structures militaires ne se limitent pas à la seule opération ATALANTE car d’autres responsabilités relevant de la PSDC confiées à des Britanniques ont également été transférées[7].

Les contrefeux britanniques à la construction d’une défense européenne

Pendant de nombreuses années, la coopération militaire européenne s’est systématiquement heurtée aux vétos britanniques, Londres y voyant une concurrence directe avec l’OTAN.

Le sommet franco-britannique de Saint Malo de décembre 1998[8] avait pourtant marqué une inflexion importante de la position britannique, le gouvernement de Tony Blair reconnaissant enfin à l’UE une légitimé en matière de défense. Certains ont interprété ce changement de cap comme une façon pour la Grande-Bretagne de compenser au sein de l’UE dans le domaine de la défense une perte d’influence dans le domaine économique liée à la création de la zone Euro dont elle ne faisait pas partie. L’idée d’une politique de défense commune[9] s’affirme alors avec, notamment, la création du centre satellitaire européen (SATCEN) et de l’agence européenne de défense (AED).

Mais l’éclaircie fut de courte durée. La montée en puissance de la PSDC fut rapidement freinée par le déclenchement en 2003 de la guerre en Irak et le clivage au sein de l’UE à propos de la stratégie américaine qui ont semé le trouble entre les Etats membres de l’UE. Depuis cette date, les oppositions systématiques des Britanniques à la construction d’une politique de défense européenne ont repris.

La prise de commandement de l’opération Atalante pourrait passer pour un contre-exemple à cette opposition systématique. Il convient plutôt d’y voir le pragmatisme des Britanniques, ces derniers préférant prendre le contrôle d’une opération qui devenait incontournable et bénéficier également de la création d’un centre de commandement sur leur territoire.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la perspective du Brexit – comme la création de la zone Euro – a conduit le Royaume Uni à exprimer le souhait de conserver un rôle central au sein de la PSDC.

Brexit et défense européenne 

Avec le Brexit, l’Union Européenne perd l’un de ses acteurs militaires et politiques majeurs. Puissance nucléaire et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, le Royaume-Uni représente en effet un tiers des capacités militaires de l’UE. Consciente de cette situation, Londres affiche une posture volontaire en réclamant un statut « privilégié » surclassant ceux d’autres pays tiers[10] pour se maintenir dans les organes décisionnels de l’UE.

Mais, même si l’UE reconnait le haut niveau des forces britanniques, elle ne pourrait délivrer un statut exceptionnel sans risquer de perturber des partenariats existants avec d’autres pays comme la Norvège ou la Turquie par exemple. Par ailleurs, l’environnement stratégique mondial évolue. Les Etats puissances sont de retour avec la Russie et la Chine qui s’affranchissent du droit international. Depuis le pivot vers l’Asie opéré par Barak Obama et le désintérêt assumé de la protection du vieux continent par Donald Trump, le lien transatlantique devient plus incertain. Enfin, les organisations multilatérales intergouvernementales se fragilisent. L’ensemble de ces éléments  pousse l’UE à se poser la question de son autonomie stratégique désormais vitale.

Dans cette perspective, l’UE ne semble pas disposée à impliquer les Britanniques dans ses processus décisionnels. Selon le GRIP[11], l’Europe se trouve à la croisée des chemins. En effet, elle doit choisir entre une PSDC qui vise simplement à améliorer la coopération politico-militaire entre les États membres, en se contentant d’une collaboration intergouvernementale, et une PSDC conçue comme un véritable outil d’intégration européenne –  a l’instar de la zone Euro ou de l’espace Schengen – auquel cas le Royaume-Uni ne pourrait y participer. Selon le choix qui sera fait, les revendications britanniques seront acceptables ou non.

Le Brexit soulève également d’autres difficultés comme par exemple le souhait de l’administration britannique de continuer à bénéficier, tout comme les Etats membres, d’un accès aux capacités de Galileo ou au fonds européen de défense[12] lancé en 2017.

Le 30 novembre 2018, le Royaume Uni a pourtant officialisé son retrait du projet Galileo mais le sujet de discorde concerne l’accès au signal crypté. D’une part, les entreprises britanniques – qui seront considérées après le Brexit comme des entreprises étrangères – ne pourront plus postuler aux appels d’offre concernant les travaux sur le signal crypté. D’autre part, l’accès au signal devra faire l’objet d’un accord particulier, comme pour les pays tiers, ce que les Britanniques ne sont pas prêts à accepter au regard de leurs investissements techniques et financiers dans ce projet.

Le fonds européen de défense[13] encourage la coopération et l’amélioration de l’interopérabilité des équipements militaires des Etats membres. Ce fonds s’inscrit dans la démarche d’indépendance stratégique évoquée précédemment entrainant l’exclusion des Britanniques des grands programmes d’armement européens du futur et de la Base Industrielle et Technologique de Défense Européenne (BITDE).

La situation est d’autant plus délicate que, durant une hypothétique période de transition et sauf accord de dernière minute, le Royaume-Uni devra respecter ses engagements financiers[14] concernant les opérations militaires et les diverses agences[15].

Ces aspects du Brexit n’ont pas fait l’objet de débats lors du vote pour la sortie de l’UE, motivé par des considérations de politique intérieure et l’immigration illégale Il est possible que les Britanniques tentent d’empêcher l’émergence d’une grande puissance sur le continent européen.  Les multiples tentatives de négociation bilatérale constituent autant de risque de brèches dans la solidarité des 27 autres membres de l’UE. Pour l’instant, leur cohésion est intacte. Mais les tergiversations actuelles des Britanniques et leurs reports de l’échéance ultime commencent à créer des divergences entre les « 27 ». C’est certainement un piège dans lequel ils ne doivent pas tomber.

Mais le Brexit pourrait être une chance pour l’Europe. L’Etat-membre le plus réticent à une politique européenne de défense, celle-ci pourrait retrouver une nouvelle dynamique pour construire l’autonomie stratégique de l’UE. Dans ce cadre, la France aura un rôle important à jouer pour repenser les fondements de la défense européenne post-Brexit et redéfinir de nouvelles relations avec le Royaume-Uni. Elle devra alors, sans arrogance, trouver avec ses autres partenaires les compromis nécessaires sur les sujets de désaccord dans un esprit de consensus qui n’est pas sa qualité première. C’est en s’engageant dans la voie d’une autonomie stratégique assumée que les Européens pourront alors redéfinir un nouveau pacte Atlantique et donner à l’UE les moyens d’être l’un des grands acteurs du monde multipolaire qui se dessine.

[1] 1814, 1816, 1838, 1946 et 1851
[2] Les pays contributeurs sont en majorité européen (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Suède) mais d’autres pays ont rejoint l’organisation avec différents niveaux d’investissement (mise à disposition de navires de guerre et/ou d’avions de reconnaissance et de patrouille maritime,  détachement de personnel à bord ou à l’État-major de Northwood). Une vingtaine de navires et d’aéronefs ont participé à la mission, soit environ 1800 hommes.
[3] Depuis décembre 2008
[4] Le 30 juillet 2018
[5] Le vice-Amiral (ESP) Antonio Martorelli Lacave a remplacé le Général (RM UK) Charlie Stickland
[6] En lien avec les armateurs et compagnies maritimes, Le MSC HoA assure le suivi des navires de commerce, évalue la situation et déclenche si nécessaire, une alerte.
[7] Par exemple, l’opération EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine où le commandement sera français à partir du QG de l’OTAN à Mons
[8] Extraits de la déclaration de Saint Malo :
« L’Union européenne doit pouvoir être en mesure de jouer tout son rôle sur la scène internationale. Le Traité d’Amsterdam, base essentielle pour l’action de l’Union, doit donc devenir une réalité. La mise en œuvre complète et rapide des dispositions d’Amsterdam sur la Politique étrangère et de Sécurité commune (PESC) doit être achevée. Cela inclut la responsabilité du Conseil européen de décider le développement progressif d’une politique de défense commune dans le cadre de la PESC… »
« Lors de ce sommet les chefs d’états et de gouvernement du Royaume-Uni et de la France  s’accordent sur la nécessité de doter l’UE d’une capacité autonome de décision  et d‘action, appuyée sur des forces militaires crédibles afin de répondre aux crises internationales lorsque l’OTAN n’est pas engagée ».
[9] La PSDC (politique de sécurité et de défense commune) prend le relais de la PESD.
[10] « L’UE a déjà conclu pas moins de 25 contrats avec des pays tiers – y compris les Etats-Unis – qui ont contribués à 16 missions PSDC « Jolyon Howorth, Brexit et défense européenne, politique étrangère, 2018/4.
[11] Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité – Extrait du « Brexit et la défense européenne » Frederico Santopinto – 11 décembre 2018.
[12] 13 milliards d’euros prévus pour la période 2021-2027, 4,1 milliards devraient être alloués à la recherche, avec des subventions de financement intégral (et pas nécessairement de cofinancement). Les 8,9 milliards restants seront investis dans le développement de matériel militaire, cette fois en cofinancement avec les États membres.
[13] Extrait du communiqué de presse du Parlement européen : « les systèmes concernés pourraient être : les systèmes pilotés à distance, les communications par satellite, l’accès autonome à l’espace et l’observation permanente de la terre, la viabilité énergétique, la cyber sécurité et la sûreté maritime, les capacités militaires de pointe dans les domaines aérien, terrestre et maritime, ou encore les domaines connexes tels que les capacités de soutien stratégique.
[14] Mécanisme ATHENA mis en place le 1 mars 2004. 27 Etats y participent sauf le Danemark qui a toujours souhaité rester en dehors hors de la PSDC pour des questions militaires.
[15] AED, SATCEN et EUISS (institut d’études de sécurité de l‘UE).

Pour une coopération plus poussée entre UE et ONU

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En écho à l’appel de l’OSCE le 7 mars dernier, Federica Mogherini a plaidé devant le Conseil de sécurité des Nations unies, mardi 12 mars 2019, en faveur du multilatéralisme.

En premier lieu, la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne souligne le haut niveau de coopération de l’UE avec le système onusien « comme jamais auparavant », dans un dessein « d’assumer sa part de responsabilité dans notre maison commune ». La Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a également souligné le renforcement de la coopération et de la coordination au sein du Conseil de sécurité entre les Etats-membres de l’UE. En effet, en sus de la France qui dispose d’un siège permanent et qui préside pour le mois de mars les travaux du Conseil de sécurité, 3 autres Etats de l’UE siègent au Conseil de sécurité pour un mandat de deux ans : Pays-Bas, Suède et Pologne.

Selon la cheffe de la diplomatie de l’UE, il existe une « voie européenne » vers la paix et la sécurité, similaire à la voie de l’ONU. Les deux organisations travaillent conjointement et œuvrent chacune en faveur de la paix et de la sécurité à travers le monde.

Dans son discours, Federica Mogherini a dressé l’inventaire de tous les théâtres de conflits. En faisant le point sur l’action de l’UE, elle a par là même traité les dossiers d’actualité. Ainsi, elle a abordé la question de la résolution des conflits, notamment en Syrie, en Libye et au Yémen. S’agissant de la Syrie, la diplomate soutient la mise en œuvre de la résolution 2254 ainsi qu’une transition politique négociée. De plus, la Haute-Représentante a fait savoir que l’UE et l’ONU coprésideront mercredi 13 mars la troisième Conférence de Bruxelles sur la Syrie afin de mobiliser l’aide humanitaire. Quant à l’Afghanistan, où les Talibans négocient discrètement avec Washington, elle juge la coopération UE-ONU « essentielle ». La ministre a également abordé la crise au Venezuela, qui a cristallisé les clivages du bassin méditerranéen. A Caracas « aucune intervention militaire, qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur du pays, ne serait acceptable à nos yeux ». En Afrique, elle déplore la remise en cause du rôle des Casques bleus de l’ONU qu’elle juge « essentiels » et soutient les actions menées de manière trilatérale entre l’ONU, l’UE et l’Union africaine dans le cadre du traitement du dossier migratoire en Libye.

En Europe, les défis sont nombreux pour l’UE qui assure, dans le cas du Kosovo, « qu’aucun accord ne pourra être conclu sans l’appui du Conseil de sécurité ». Concernant les relations avec la Russie, la Haute-Représentante considère Moscou comme un interlocuteur incontournable mais s’inquiète de la situation dans l’est de l’Ukraine. Enfin, Federica Mogherini confirme la volonté de l’Union européenne de maintenir ses relations avec l’Iran, notamment dans le cadre de l’accord nucléaire mais se montre préoccupée par le rôle que joue l’Iran dans la région.

L’Union européenne œuvre en faveur de la paix et le message de la cheffe de la diplomatie est clair : un multilatéralisme accru entre UE et ONU permet une plus grande efficacité dans le cadre de la résolution des conflits, les deux organisations internationales ayant des intérêts convergents.

L’Union européenne sous la présidence roumaine

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude JUNCKER et le président de la Roumanie Klaus Iohannis, le 10 janvier 2019. Tous droits réservés.

Au 1er janvier 2019, la Roumanie succède à l’Autriche à la tête du Conseil de l’Union européenne. La présidence du Conseil de l’Union européenne est assurée par chaque Etat membre pour une durée de six mois. L’Etat est chargé de présider les réunions à tous les niveaux au sein du Conseil et de représenter ce dernier auprès des autres institutions de l’UE.

Depuis le traité de Lisbonne de 2009, les Etats membres assurant la présidence travaillent par « trio » sur une période de 18 mois. Ce trio fixe les objectifs à long terme et élabore un programme commun. De fait, le 30 novembre 2018, la Roumanie, la Finlande et la Croatie ont adopté le programme allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020. Au sein de ce dernier, chacun des trois pays élabore son propre programme.

S’agissant de la Roumanie, le pays met l’accent sur « une Europe de la convergence, une Europe plus sûre, une Europe acteur mondial de premier plan et une Europe des valeurs communes ». Deuxième pays le plus pauvre de l’UE, c’est la première fois qu’il accède à la présidence du Conseil.

Jeudi 10 janvier s’est tenue à Bucarest la cérémonie d’ouverture de la présidence qui a réuni les officiels européens et roumains. L’homme fort du pays, Liviu DRAGNEA, chef du parti et président de la Chambre des députés, n’était pas présent. Déjà condamné pour fraude électorale, il fait toujours l’objet d’enquête pour corruption. Le Parti social-démocrate, au retour au pouvoir depuis 2016, est également soupçonné de corruption. Ces derniers mois, le gouvernement social-démocrate de Bucarest a dénoncé « l’ingérence » de Bruxelles alors que la Commission européenne a publié en novembre 2018 un audit sévère sur le système judiciaire roumain, suivi d’une liste d’injonctions à Bucarest.

La présidence roumaine a de fait suscité des interrogations. Certains pays membres ainsi que des hauts responsables européens ont émis des doutes sur la capacité roumaine à assurer la présidence du Conseil européen, à l’instar de Jean-Claude JUNCKER. A Bucarest jeudi soir, le discours du Président de la Commission européenne s’est montré plus conciliant : « Je pense que vous ferez de votre mieux pour « diriger » l’orchestre, créer le bon son et travailler en équipe dans l’intérêt européen (…). Je crois aussi que vous allez respecter les règles ». Il a néanmoins souligné que si l’UE était « faite de compromis, lorsqu’il s’agit de l’Etat de droit, aucun compromis n’est possible ». Après s’être entretenu avec Jean-Claude JUNCKER et les commissaires européen, le président roumain Klaus IOHANNIS a déclaré que cette première présidence est « une grande opportunité pour prouver l’engagement roumain au projet européen ».

Si durant la présidence roumaine auront lieu des échéances cruciales pour l’avenir de l’Europe telles que les élections européennes en mai ou encore le Brexit toujours prévu le 29 mars, les Etats en charge de la présidence, en particulier les plus petits, n’ont que peu d’influence sur les grands enjeux de l’UE.

Serbie – Kosovo : une histoire de querelles

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Ces dernières semaines, la région des Balkans fait face à une nouvelle escalade des tensions entre le Kosovo et la Serbie.

A la fin des années 1990, l’OTAN était intervenue suite au conflit ayant opposé la Serbie à la guérilla albanaise de l’actuel Kosovo. La Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) veille depuis 1999 à la sécurité de ce nouveau Etat indépendant au travers d’une opération de soutien de la paix autorisée par les Nations unies. Le Kosovo a créé des « Forces de sécurité », regroupant environ 2 500 hommes équipés d’armes légères. Alors que les contours de cette force n’ont pas été réellement définis, le Parlement du Kosovo a voté trois textes de loi, le 19 octobre 2018, engageant le processus de création d’une armée. Il s’agit de transformer ces forces de sécurité en une véritable armée. Proposés par le gouvernement de Ramush HARADINAJ, ces textes ont été adoptés à la quasi-unanimité, cette armée étant chargée de veiller à « la souveraineté et l’intégrité territoriale du Kosovo ». Cette idée est une référence directe aux projets de « correction des frontières » avancés par Belgrade ces derniers mois.

Plus de 10 ans après la proclamation d’indépendance, le Kosovo n’est pas reconnu par tous les Etats, à commencer par la Serbie. Malgré les tentatives de normalisation menées par les deux gouvernements, les relations entre les deux pays restent compliquées. En réponse à ce qu’il considère comme une « attitude destructive » de la Serbie, le Kosovo a mis en place, le 21 novembre dernier, des droits de douane sur les marchandises importées de Serbie à travers une taxe de 100%. Cette annonce intervient après la quatrième tentative du Kosovo de rejoindre Interpol, la Serbie ayant fait campagne contre l’adhésion de son voisin.

Ces initiatives suscitent la colère de la Serbie qui y voit des « provocations ». Les partenaires occidentaux, en l’occurrence l’UE et les Etats-Unis désapprouvent ces taxes, les considérant comme « une violation claire » des engagements pris par Pristina. Ils s’efforcent de vouloir rétablir une situation pérenne dans les Balkans. Le commissaire européen Johannes HAHN s’est rendu le 3 décembre à Belgrade et à Pristina pour tenter de débloquer la crise des taxes douanières.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens STOLTENBERG, s’est entretenu avec Aleksandar VUCIC et Ramush HARADINAJ, le président de la Serbie et le premier ministre du Kosovo. Après les tensions entre les deux parties, Jens STOLTENBERG a « souligné que Belgrade et Pristina devaient faire preuve de calme et de retenir et éviter toute provocation, dans les paroles ou dans les actes ». Face au souhait du Kosovo de se doter d’une armée, certains Etats ont affirmé leur soutien au Kosovo. Les Etats-Unis ne semblent plus s’opposer à la création d’une armée kosovare selon les paroles de l’ambassadeur américain à Pristina Philip KOSNETT. Toutefois, le secrétaire général de l’OTAN considère, comme bon nombre de partenaires occidentaux du Kosovo, cette initiative « malvenue » tant elle est « susceptible de compromettre les perspectives d’intégration euro-atlantiques du Kosovo ». Au Président serbe, Jens STOLTENBERG a évoqué « la nécessité d’apaiser les tensions actuelles ». Aussi, poursuivre le dialogue « sous les auspices de l’Union européenne » est « le seul moyen d’instaurer une paix et une stabilité durables dans la région ».

Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï LAVROV, la situation dans les Balkans « suscite de l’inquiétude ». Moscou dénonce l’OTAN et l’UE de jouer un rôle « déstabilisateur », le Kosovo demeurant « le principal foyer de déstabilisation ».

Le Parlement du Kosovo doit se prononcer vendredi 14 décembre en deuxième lecture concernant la transformation en armée régulière de sa Force de sécurité. Il reste à savoir comment évolueront ses relations avec la Serbie au regard de toutes ces tensions.

Union européenne – Egypte : une coopération solide

Federica MOGHERINI et Abdel Fattah AL-SISSI en Egypte, en 2015.
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Le 10 décembre 2018, Le Conseil de l’Union européenne a publié un rapport sur ses relations avec l’Egypte. Les domaines de coopération entre les deux parties sont variés et concernent notamment le développement socio-économique, la recherche scientifique, l’énergie, la migration, la lutte contre le terrorisme et les problèmes régionaux.

Les relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Union européenne remontent à 1966. Un accord d’association, signé le 25 juin 2001 et entré en vigueur le 1er juin 2004, lie les deux parties. Le Conseil d’association UE-Egypte a permis d’adopter les nouvelles priorités de partenariat. Le rapport publié couvre la période allant de juin 2017 à mai 2018 et mentionne les objectifs fixés dans les priorités de partenariat 2017-2020 adoptées le 25 juillet 2017.

Le Conseil européen souligne que les objectifs sont atteints et se félicite du succès de cette coopération. Johannes HAHN, commissaire européen chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d’élargissement a déclaré : « Au cours de la dernière année, nous avons intensifié nos actions pour soutenir l’Egypte dans la réforme de son économie, œuvrant pour une croissance durable et inclusive (…). L’UE continuera à aider l’Egypte à relever les défis socio-économiques et continuera à œuvrer de concert pour la stabilité et la prospérité de la région ». Pour la Haute représentante de l’UE, Federica MOGHERINI, « L’Egypte, sa stabilité et son développement sont essentiels pour l’Union européenne, ses Etats membres et l’ensemble de la région. C’est pourquoi nous avons signé nos priorités de partenariat et renforcé notre engagement déjà fort pour le peuple égyptien ».

L’UE constitue la principale source d’investissements directs étrangers pour l’Egypte à hauteur de 60%. Elle fait office de premier partenaire commercial de l’Egypte concernant les importations (machines, équipements de transport) et les exportations (pétrole et produits miniers, produits chimique et secteur textile).  L’ensemble des engagements d’assistance financière de l’UE en faveur de l’Egypte est estimé à plus de 1,3 milliard d’euros de dons. Cette somme est destinée au développement social et économique du pays à plusieurs niveaux mais contribue aussi à l’amélioration de la gouvernance et des droits de l’homme. Le Caire est également le deuxième bénéficiaire de l’instrument européen de voisinage après Rabat. L’UE joue un rôle important de soutien à la société civile égyptienne et aux droits de l’homme à travers l’Instrument européen pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH). Avec la France, le pays entretient du même fait des relations étroites. En témoigne la présence de la Ministre des Armées Florence PARLY au premier salon de l’armement égyptien.

Au cours de cette dernière année, l’engagement de l’UE envers l’Egypte a été réaffirmé. L’Egypte, en tant qu’acteur régional fort, continue de s’engager sur des questions régionales et internationales telles que l’Union africaine – qu’elle présidera en 2019 – les questions syrienne et libyenne ou encore le processus de paix au Moyen-Orient. Le pays dirigé par Abdel Fattah AL-SISSI est un allié incontournable de l’UE s’agissant de la question migratoire. Toutefois, des défis subsistent en matière d’état de droit, de droits de l’homme ou de libertés fondamentales, le régime du maréchal AL-SISSI étant souvent pointé du doigt sur ces questions.

Le prochain Conseil d’association UE-Egypte se tiendra le 20 décembre à Bruxelles, où se poursuivront les discussions relatives à ce partenariat.

Le Conseil européen prolonge le mandat de l’UE en Géorgie

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Lundi 3 décembre 2018, le Conseil européen a prolongé le mandat de la mission de surveillance de l’Union européenne en Géorgie jusqu’au 14 décembre 2020. Le budget alloué pour la période allant du 15 décembre 2018 au 14 décembre 2020 est de 38,2 millions d’euros.

Après l’indépendance du pays en 1992, deux régions à majorité russe ont fait sécession : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Une mission d’observation des Nations Unies, mandatée en 1993 – et effective jusqu’en 2009 – a mis fin au conflit et donné lieu à un cessez-le-feu. Toutefois, en août 2008, les forces géorgiennes ont pénétré dans la région d’Ossétie du Sud, provoquant une escalade des tensions avec Moscou. L’Union européenne est parvenue à un cessez-le-feu entre les deux parties grâce à un accord en six points. Depuis lors, le conflit est gelé. La mission EUMM Georgia (European Union Monitoring Mission) est une mission civile déployée en 2008 à l’issue de l’accord conclu entre la Géorgie et la Russie.

EUMM Georgia compte plus de 200 observateurs de tous les Etats membres de l’Union européenne. Ces derniers fournissent des policiers, des militaires et des civils. Le siège se trouve à Tbilissi mais il existe trois autres bureaux. La mission a pour dessein de contribuer à la stabilisation, à la normalisation et au renforcement de la confiance entre les deux Etats. Le mandat de l’EUMM s’étend dans tout le territoire géorgien, à l’intérieur des frontières internationalement reconnues. Toutefois, les régions d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie se montrent réticentes à l’accueil de la mission.

En octobre 2018, la mission de surveillance a célébré son dixième anniversaire. Durant cette période, l’EUMM a effectué plus de 65 000 patrouilles sur le terrain qui ont impliqué plus de 1 700 ressortissants des 28 Etats-membres de l’UE. Pour Erik HOEG, chef de la mission de surveillance « au cours de ses dix années d’existence, la mission a dû s’adapter aux évolutions de son contexte de sécurité ». Il assure que le rôle de la mission est « compris et respecté ».

L’EUMM Georgia fait partie des dix missions civiles de gestion de crise déployées par l’Union européenne dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC). La décision de prolonger le mandat pour une durée supplémentaire de deux ans témoigne de l’engagement de l’UE en Géorgie. Elle répond tout de même à la relative stabilité de la région, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie partageant une frontière terrestre avec la Russie.
Le pays vient d’élire une nouvelle présidente. Contrairement à son principal rival, Salomé ZOURABICHVILI, présidente fraichement élu s’est distinguée par ses positions modérées envers Moscou.

Union européenne : mort du Lieutenant-Général Wolfgang WOSOLSOBE

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Les autorités autrichiennes et européennes ont confirmé, le 24 septembre 2018, le décès brutal du Lieutenant-général Wolfgang WOSOLSOBE à 63 ans.

Né en 1955 et de nationalité autrichienne, Wolfgang WOSOLSOBE a débuté sa carrière militaire à la “Theresianische Militärakademie”, l’Académie militaire thérésienne formant les officiers de l’armée fédérale autrichienne. Ayant rejoint à la fin des années 1980 l’Ecole supérieure de Guerre interarmées en France, il s’est illustré au sein du ministère de la Défense et des forces armées autrichiennes et européennes. Francophone et francophile, W. WOSOLSOBE a été de 1992 à 1997, Attaché de défense en France puis nommé Directeur de la Politique Militaire autrichienne de 1999 à 2005. Durant ces années, il a œuvré en faveur du positionnement international et à l’acceptation des nouvelles réalités aux Forces armées autrichiennes. Cette vision et cette carrière remarquables lui ont permis d’être désigné successivement Directeur de la Politique de Défense au Conseil de l’Union européenne, durant la présidence autrichienne en 2006, et Représentant militaire pour l’UE.

En 2012, il est élu au poste de Directeur Général de l’Etat-major de l’Union européenne et promu une année plus tard au rang de Lieutenant-Général. Durant son mandat de trois ans, il est chargé de superviser le soutien militaire aux opérations et aux missions de la PSDC (Politique de Sécurité et de Défense Commune) telles qu’EUNAVOR, ATALANTA ou encore EUTM Mali. Son expertise militaire et son rôle de premier plan dans l’orientation européenne de la Défense ont contribué aux principales initiatives du Service européen pour l’action extérieure. Après sa retraite, il a poursuivi ses efforts et son engagement en faveur du renforcement d’une Europe de la Défense. Officier de la Légion d’Honneur en 2006, il était depuis 2016, Secrétaire général du Centre franco-autrichien pour le rapprochement en Europe.

La postérité retiendra du Lieutenant-Général WOSOLSOBE un véritable professionnel, se distinguant par son ouverture d’esprit et sa capacité à établir des liens entre les domaines militaire et civil. Ayant démontré une haute stature morale et fervent défenseur d’une vision européenne juste, il a attiré durant toute sa carrière le respect unanime de tous ceux qui l’ont côtoyé.

 

Président du Conseil européen à l’Assemblée générale des Nations-Unies : la position européenne

Donald TUSK, Président du Conseil européen, a prononcé un discours lors de la 73ème Assemblée générale des Nations-Unies à New York, le 27 septembre 2018. Il déclare au préalable que l’Union européenne lutte pour préserver l’ordre international régulé, menacé dans les domaines du commerce, de la sécurité, du changement climatique et des droits de l’Homme. Devant les chefs d’Etats et de gouvernements du monde, Donald TUSK insiste sur le soutien du continent européen à l’Organisation des Nations-Unies : « En tant que dirigeants, nous devons donner aux Nations-Unies les moyens de s’acquitter avec succès de leur mandat » en précisant qu’il faudrait « davantage d’unité et d’action collective dans la lutte contre les conflits, la pauvreté et la famine, le terrorisme et les déplacements massifs des personnes perceptibles au Venezuela en Syrie, en Birmanie et dans bien d’autres endroits ».

A ce titre, Donald TUSK témoigne de l’appui européen aux initiatives de réformes onusiennes et déclare que l’UE prend davantage ses responsabilités en matière de sécurité face à l’urgence que traversent plusieurs régions du monde. L’Union européenne participe aux missions de gestion de crise et de maintien de la paix avec des organisations telles que l’OTAN, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou encore l’Union africaine. Le Président du Conseil européen assure qu’en Afrique, « continent de grands défis » et « d’excellentes opportunités », « l’éducation, l’investissement dans le développement, le changement climatique et le libre-échange seront au cœur de nos relations futures » et rappelle l’excellente coopération entre ONU, l’UA et l’UE qui a permis à plus de 30 000 personnes de quitter la Libye grâce à des retours humanitaires volontaires. L’instabilité en Libye s’est érigée en cause urgente qui a attiré l’attention du monde. Si Donald TUSK félicite le Conseil de sécurité pour ses actions, il précise que l’UE travaillera « avec diligence et de bonne foi » avec les partenaires nord-africains dans les opérations en Méditerranée. En effet, « seule la responsabilité collective peut offrir des solutions efficaces aux phénomènes mondiaux tels que les migrations et les déplacements forcés ».

Donald TUSK rappelle les nombreux défis auxquels l’UE doit faire face. Alors qu’il énumère les urgences résultant des conflits (problème des migrants, guerre en Syrie, en Libye et tensions dans de nombreuses régions du monde qui peuvent présager une catastrophe humanitaire), il alarme sur la situation climatique et le développement durable qui doivent faire l’objet d’une coopération accrue avec les partenaires européens notamment grâce à l’Accord de Paris.

Cette déclaration du Président du Conseil européen fait suite au Sommet informel de Salzbourg, lequel n’a pas permis de dégager une solution de sortie consensuelle au Royaume-Uni, la proposition de Londres sur la future relation commerciale entre Londres et Bruxelles ayant été rejetée. En somme, l’UE doit faire face à des challenges à la fois internes et externes.