terrorisme

Mali : prorogation de l’Etat d’urgence

Le président malien Ibrahim Boubacar KEITA.
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L’Etat malien a adopté mercredi 24 octobre, en conseil des ministres, la prolongation de l’état d’urgence pour une année supplémentaire, à compter du 31 octobre 2018.

Depuis 2015, le Mali est en situation d’état d’urgence, conséquence de l’attentat contre l’hôtel Radisson Blu de Bamako le 20 novembre ayant fait 20 victimes et revendiqué par le groupe terroriste Al-Mourabitoune. L’état d’urgence permet aux forces de sécurité maliennes d’intervenir en matière de fouilles, de restrictions de circulation et de rassemblements. En octobre 2017, il a été prolongé d’une année supplémentaire, permettant selon le gouvernement de « renforcer les mesures de prévention, de proroger les effets des poursuites judiciaires liées à l’état d’urgence et d’accroitre les actions de contrôle et les capacités opérationnelles des forces de sécurité sur le territoire national ».

Deux mois après la réélection du Président Ibrahim Boubacar KEITA, qui a fait de la sécurité malienne sa priorité, la prorogation de l’état d’urgence jusqu’au 31 octobre 2019 est apparue comme « nécessaire » selon le communiqué du gouvernement malien.

Le nord du pays, en proie aux revendications jihadistes depuis le début de 2012, a fait l’objet d’une intervention internationale à l’initiative de la France. Aujourd’hui encore, l’ONU intervient au Mali à travers la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), appuyée par la force Barkhane. La mission de l’ONU a également été prorogée jusqu’au 30 juin 2019.

Toutefois, la stabilité au Mali reste un objectif lointain et des zones échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et onusiennes. Ces dernières font régulièrement l’objet d’attaques malgré la signature d’un accord de paix censé isoler les jihadistes. Début octobre 2018, un militaire malien mais également des civils ont péri lors d’une embuscade tendue par les jihadistes au Nord du pays. Cette attaque succède celle de Gao du 1erjuillet 2018, ayant causé la mort de deux civils et visant trois véhicules blindés de la force Barkhane. L’état d’urgence n’a donc pas permis de contenir les violences. Pire, elles se sont propagées du Nord en direction du centre et du Sud du pays. Le Burkina Faso et le Niger, pays voisins, sont également victimes de cette contagion et de conflits intercommunautaires. Les multiples facteurs d’instabilité au Mali mêlent luttes interethniques et terrorisme jihadiste. Les quinze millions de Maliens se divisent en groupes ethniques. Parmi eux, les Bambaras, les Songhaïs et les nomades constitués des Peulhs, des Touaregs et des Maures.

Le communiqué ne précise pas les moyens supplémentaires mis en œuvre pour endiguer l’instabilité lors de cette année supplémentaire d’état d’urgence. Depuis le début de l’année 2018, les Nations Unies estiment à plus de 500 le nombre de civils morts dans les violences intercommunautaires dans le centre du pays. Depuis le déploiement de la MINUSMA, plus de cent casques bleus ont également perdu la vie.

Syrie : les jihadistes d’Idleb veulent poursuivre le combat

 

Le groupe terroriste jihadiste Hayat Tahrir al-Cham en 2017.
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La province d’Idleb en Syrie a fait l’objet, en septembre 2018, d’un accord russo-turc. A Sotchi, le président turc Recep Tayyip ERDOGAN, soutenant la rébellion syrienne et son homologue russe Vladimir POUTINE, allié indéfectible de Bachar AL-ASSAD, se sont accordés sur la mise en place d’une zone démilitarisée et sous contrôle russo-turc à Idleb au 15 octobre 2018 ainsi que le retrait des armes lourdes. Cet accord aurait pour but d’éviter la « pire catastrophe humanitaire du XXIème siècle », selon les mots de Marc LOWCOCK, secrétaire général adjoint de l’ONU.

Se situant dans le nord-ouest du pays et comptant en son sein près de 3 millions d’habitants, Idleb est le fief du groupe Hayat Tahrir Al-Cham (HTC) et représente le dernier territoire contrôlé par l’insurrection contre le pouvoir en place.

Tandis que certains groupes rebelles ont accepté de rendre leurs armes lourdes conformément à l’accord de Sotchi, Hayat Tahrir al-Cham, issu de l’ex-branche syrienne d’al-Qaïda et incarnant le groupe le plus important dans la région, a annoncé dimanche 14 octobre continuer le combat face au régime syrien. Dans le communiqué publié, les jihadistes s’expriment : « Nous n’abonnerons pas le choix du jihad et du combat pour réaliser les objectifs de notre révolution bénie, en premier lieu faire tomber le régime criminel ». Alors que le plan russo-turc prévoyait le retrait de la zone tampon des jihadistes pour que l’accord tienne, l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) déclare qu’aucun retrait visible n’a été constaté de la part d’Hayat Tahrir Al-Cham.

En réponse, Walid MOUALLEM, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères syrien, a prévenu que « les forces syriennes se tiennent prêtes » en cas d’intervention.

De fait, le sort de la province d’Idleb semble incertain. Un assaut du régime syrien est envisageable en représailles, à l’heure où Idleb est contrôlée à plus de 60% par les jihadistes. Dans la nuit de samedi à dimanche, des tirs à l’arme lourde ayant causé la mort d’au moins deux soldats syriens ont été entendus et répertoriés par l’OSDH. David BEASLEY, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré que son agence se préparait à l’arrivée massive de réfugiés à la frontière turque.

Le risque d’un effondrement de l’accord russo-turc a ravivé les craintes parmi la population et les ONG et ébranle la région, déjà lourdement fragilisée.

Opération « Sinaï 2018 » : hausse du nombre de terroristes abattus


Soldats de l’armée égyptienne en position dans le Nord-Sinaï, aux abords d’al-Arich, 4 mars 2018.
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La police égyptienne a annoncé le 9 octobre 2018 avoir tué dix djihadistes présumés à al-Arich, au nord du Sinaï. Cette déclaration fait suite au communiqué de la veille, dans lequel l’armée égyptienne a déclaré la perte de trois de ses militaires dans deux opérations différentes des forces de sécurité ayant permis d’abattre 52 islamistes. Selon le communiqué, ces djihadistes étaient armés de fusils automatiques, de grenades et même d’un drone.

Le Caire engage ses forces depuis février dans le cadre de l’opération « Sinaï 2018 », une campagne antiterroriste qui vise la Wilayat Sinaï, affiliée au groupe Etat islamique en Irak et au Levant (Daech). Depuis le début de l’offensive, le nombre d’islamistes tués s’élève à 509, selon les chiffres officiels. Depuis la destitution en 2013 du président islamiste issu des Frères musulmans Mohamed MORSI par l’armée, des centaines de policiers et de soldats mais également de nombreux civils ont péri lors d’attaques djihadistes. A l’issue d’un attentat attribué à Daesh dans une mosquée en novembre 2017, ayant causé plus de 300 morts, « Sinaï 2018 » est lancée à la demande du président égyptien, le maréchal Abdel Fattah AL-SISSI. La région est en effet en proie à l’instabilité et aux affrontements permanents entre les forces armées égyptiennes et l’organisation terroriste Daesh, incarnée par ses chefs locaux au Sinaï.

Ces derniers jours, l’armée égyptienne multiplie les offensives à l’encontre des « takfiristes » (extrémistes) de la nébuleuse Etat islamique. Le 3 octobre, l’annonce de la mort d’Abou Hamza AL-MAQDESSI et de 15 autres djihadistes se répand. AL-MAQDESSI, d’origine palestinienne est l’un des chefs locaux de Daech. Chargé de la planification des attaques et de l’entrainement des combattants au Sinaï, il est connu pour avoir pris part aux opérations contre l’armée. L’Etat islamique a confirmé sa mort sur Telegram, sans en préciser les circonstances précises.

La presse n’étant pas autorisée à se rendre librement dans la zone, seule une visite organisée en juillet par l’armée a permis aux médias étrangers d’aller à al-Arich, chef-lieu du Nord-Sinaï.

La Turquie, un allié turbulent

Le 24 novembre 2015, un F-16 turc abattait un Sukoi-24 russe en profitant des quelques secondes pendant lesquelles le chasseur-bombardier avait pénétré l’espace aérien turc. Alors que tout annonçait un raidissement radical des relations russo-turques, le jeu diplomatique de Moscou et les rodomontades de Recep Erdoğan ont au contraire fait de la Turquie le meilleur allié de la Russie dans la crise syrienne, et un soutien inattendu du régime de Bachar el-Assad.

Dès le 28 novembre 2015, Vladimir Poutine avait ordonné la mise en place de sanctions économiques. Celles-ci ont été levées le 30 juin 2016 après que le président turc ait adressé une lettre au locataire du Kremlin où il s’excusait, sept mois après l’incident. Depuis, les deux présidents se sont téléphoné près d’une quarantaine de fois et rencontré à cinq reprises, Recep Erdoğan s’étant rendu à Saint Pétersbourg dès le 9 août 2016. Les prises de parole du Président turc sont désormais l’occasion de s’en prendre violemment aux leaders occidentaux, sans qu’aucun d’entre eux ne se décide à admettre que la Turquie d’Erdoğan n’est plus digne de confiance.

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Sans même évoquer le chantage fait par Recep Erdoğan à propos des réfugiés syriens qu’il a un temps laissé délibérément rejoindre le territoire de l’Union européenne, obtenant 3 milliards d’euros en échange de la fermeture de sa frontière, l’attitude de la Turquie vis-à-vis de la crise syrienne a toujours été ambiguë. Chacun se souvient des forces armées turques attendant, l’arme au pied, que les combattants de l’Etat islamique prennent possession de la ville kurde de Kobané et profitent ainsi d’un nouveau point de passage vers la Turquie.

Mais c’est le déclenchement le 20 janvier 2018 de l’offensive baptisée « Rameau d’olivier » qui marque réellement le lancement d’une politique diamétralement opposée aux objectifs de la Coalition menée par les Etats-Unis pour défaire l’Etat islamique. Prétextant une menace à l’encontre de la Turquie, les forces armées turques et des forces rebelles syriennes regroupées sous le titre d’Armée syrienne libre sont entrées dans le canton syrien d’Afrin, majoritairement peuplé de Kurdes, pour en déloger les combattants de l’YPG (unité de protection du peuple), branche armée du parti de l’union démocratique (PYD). Dans un discours devant les membres de son parti, Recep Erdoğan s’est vanté le 1er avril 2018 de la neutralisation de 3 844 « terroristes », à comparer aux 3 000 combattants de l’Etat islamique supposés neutralisés lors de l’opération « Bouclier de l’Euphrate » en 2016.

Les Nations-Unies demeurent « profondément préoccupées » par les dizaines de milliers de civils touchés par ces affrontements. Depuis le début de l’offensive militaire en janvier, quelque 183 570 hommes, femmes et enfants avaient fui, au 28 mars, vers Tal Refaat et les villages environnants tandis qu’entre 50 000 et 70 000 personnes seraient restées à Afrin.

Le Président de la République s’était entretenu le vendredi 23 mars 2018 par téléphone avec son homologue turc, soulignant que la France avait très clairement exprimé sa préoccupation dès le lancement de l’intervention militaire turque dans le canton d’Afrin. Probablement pour tenter un « coup diplomatique », comme il l’avait réussi lors de la libération du Premier ministre libanais, Emmanuel Macron a reçu le 29 mars 2018 « une délégation des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), composée à parité de femmes et d’hommes, d’Arabes et de Kurdes syriens ». Il a assuré les FDS du soutien de la France, en particulier pour la stabilisation de la zone de sécurité au nord-est de la Syrie. Prenant acte de l’engagement des FDS à n’avoir aucun lien opérationnel avec ce groupe terroriste et à condamner tout acte à caractère terroriste d’où qu’il vienne, il a souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France et de la communauté internationale.

Cette initiative a entrainé une salve de critiques de la part du Président turc, qui s’en est pris au Président français à de multiples reprises lors de ses interventions publiques. Après avoir répondu à Emmanuel Macron qu’il pouvait toujours « accueillir des terroristes au palais de l’Elysée », il a ainsi accusé l’entreprise française Lafarge d’avoir contribué à la construction des tunnels découverts à Afrin. Mais il a également accusé la France d’avoir tué cinq millions de personnes en Algérie, des propos qu’il avait déjà tenu lors d’une récente visite à Alger.

Non seulement la Turquie n’a aucune intention de dialoguer avec les Kurdes de Syrie, mais au contraire, le 30 mars 2018, le Conseil national de sécurité turc a menacé d’une intervention militaire pour chasser les « terroristes » de Manbij. Cette ville majoritairement peuplée d’arabes syriens a été libérée par les FDS durant l’été 2016, et des forces américaines y sont stationnées, comme le prouve le décès du sergent-chef Jonathan J. Dunbar le 30 mars 2018 à la suite de l’activation d’un engin explosif improvisé.

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L’attitude turque dans les eaux territoriales chypriotes et en mer Egée est un autre sujet de préoccupation de l’Union européenne, sur fond d’exploitation de gisements gaziers par la compagnie italienne ENI, qui avait annoncé le 8 février 2018 la découverte d’une poche de gaz au large de l’île de Chypre, dans une zone contestée par la Turquie. Dans ses conclusions du 22 mars 2018, le Conseil européen a fermement condamné « les actions illégales que la Turquie continue de mener en Méditerranée orientale et en mer Égée ». Il a également demandé à la Turquie de « respecter les droits souverains de Chypre d’explorer et d’exploiter ses ressources naturelles ».

Lors de la rencontre de Varna, le 26 mars 2018, entre les leaders turc et de l’Union européenne, Recep Edoğan s’est montré menaçant, affirmant que ce serait une « grave erreur » que l’Union européenne n’associe pas la Turquie, pays dynamique dotée d’une population jeune, à sa politique d’expansion. A propos de Chypre, il a reproché à l’Union européenne de soutenir, sous le couvert de la solidarité, une action « individuelle et illégitime » d’un de ses membres. Démontrant l’absence totale de convergence sur ce sujet, le président du Conseil européen a quant à lui rappelé que « l’Union européenne est unie pour défendre le droit de la République de Chypre d’explorer et d’exploiter ses ressources naturelles se trouvant dans sa zone économique exclusive ». Enfin, si la confrontation entre la Turquie et la Grèce se cantonne aux joutes verbales entre ministères des affaires étrangères, la tension a rarement été aussi élevée en mer Égée.

VA(2S) Alain Christienne, directeur du Centre méditerranéen des études stratégiques

Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, a expliqué devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de progrès continus réalisés en matière de transition démocratique et politique, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation.

Venu présenter le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Chambas s’est notamment dit préoccupé par les incidents sécuritaires au Mali, du fait notamment des activités de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara, ainsi qu’au Niger.

Il a souligné qu’après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il alarmé.

Aux activités terroristes s’ajoutent également les effets délétères de la désertification qui, a relevé le représentant de la Guinée équatoriale, pousse les éleveurs à la transhumance, une source constante de tension dans la région.  La propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs a du reste été qualifiée de véritable « bombe à retardement » pour la région par M. Chambas.

Face à autant de défis, de nombreux membres du Conseil ont plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, le représentant de la Guinée équatoriale jugeant en outre urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S).

Alors qu’une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel ont récemment été établis, le Représentant spécial a aussi estimé que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne.

Le représentant de la Côte d’Ivoire a également appelé à tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie, a-t-il noté, se sont avérées décisives.

À l’instar du Pérou, plusieurs délégations ont par ailleurs salué l’efficacité de l’UNOWAS, notamment dans les domaines de la diplomatie préventive, la coordination avec les organismes sous-régionaux et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le représentant du Kazakhstan a toutefois noté que l’UNOWAS se voyait confronté à de nouveaux défis depuis la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’en raison de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Estimant que toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible, la délégation kazakhe a en outre estimé nécessaire de reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Dans son intervention, le Chef de l’UNOWAS a par ailleurs salué l’aboutissement du processus électoral au Libéria, où un nouveau président a été élu à l’issue d’un « remarquable processus électoral », pour citer les propos de la délégation bolivienne qui y a vu la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

M. Chambas a estimé que le Conseil devait à présent porter son attention sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Il a également touché mot de la situation au Burkina Faso et en Gambie où les Nations Unies continuent de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix.

Le site des Nations Unies ⇒

Golfe de Guinée : la prévention des conflits à l’épreuve de Boko Haram

Partant du constat que la prévention des crises est infiniment moins coûteuse que leur hypothétique résolution, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat se penche sur le Golfe de Guinée, région stratégique qui subit aujourd’hui deux menaces majeures : la piraterie maritime et les agissements de groupes terroristes, en particulier Boko Haram. Comment prévenir une crise que l’on voit chaque jour davantage se profiler ?

Le Nigeria, première puissance démographique et économique d’Afrique, souffre malgré son réel développement de difficultés récurrentes et préoccupantes : des inégalités abyssales ; des forces centrifuges puissantes ; une corruption endémique… La bonne tenue des élections du 28 mars 2015 est un encouragement mais les défis sont immenses.

Or la prévention des conflits relève principalement de la responsabilité des Etats directement concernés ; c’est en particulier le cas dans une guerre asymétrique contre des groupes criminels ou terroristes. La communauté internationale ne peut intervenir que subsidiairement, en appui des mesures mises en oeuvre localement, mais cet appui est crucial. Pour être déterminant, il doit toutefois être mieux coordonné et s’appuyer sur des actions concrètes complémentaires, comme celles que mène la France en matière de renforcement de l’Etat de droit en mer, notamment via l’opération Corymbe, ou en matière de lutte anti-terroriste dans le Sahel, via l’opération Barkhane.

Grâce à la mobilisation des pays riverains et de la communauté internationale, la situation sur le front de la piraterie semble mieux maîtrisée mais les efforts doivent être consolidés. Sur le front Nord, les troupes africaines engagées contre Boko Haram ont obtenu de premiers résultats tangibles mais la menace est plus inquiétante et nécessite que l’on s’attaque aux causes profondes de la radicalisation.

Vers le site du Sénat ⇒

Syrie : en finir avec une guerre sans fin

Depuis plus de six ans, 400 000 Syriens ont trouvé la mort, plus de 6 millions se sont déplacés dans leur propre pays et plus de cinq millions ont dû fuir à l’étranger.

Pour Michel Duclos, ancien ambassadeur de France en Syrie et auteur de cette note, il existe peut être une “fenêtre d’opportunité” pour mettre fin à cette guerre. Et ce pour quatre raisons principales, qu’il convient de soigneusement peser  :

  • la Russie, même si elle peut être tentée par une formule de “conflit gelé” qu’elle applique en général dans son environnement proche, devrait avoir la préoccupation d’éviter un enlisement pour conforter les gains importants dans la région qui lui ont valu son engagement en Syrie ;
  • depuis les frappes américaines du 6 avril dernier, il existe une possibilité d’un réengagement américain. On ignore quelle sera la constance du président Donald Trump, mais son administration ne restera pas indifférente à la percée actuelle de l’Iran aux côtés de Bachar al-Assad ;
  • les lignes bougent sur le damier régional. La nouvelle disposition américaine à recourir à la force peut présenter une opportunité si elle conduit à un rééquilibrage maîtrisé entre les puissances sunnites et l’Iran.
  • enfin, si la priorité accordée par les Etats-Unis et leurs alliés au combat contre l’EI au cours des deux dernières années avait détourné l’attention de la question syrienne dans son ensemble, la perspective d’une “fin de partie” s’agissant de l’EI devrait relancer les négociations diplomatiques pour un règlement politique de la crise syrienne.

Vers le site de l’Institut Montaigne ⇒

Irak – 2006 – The Iraq Study Group Report – James Baker, Lee Hamilton

Letter from the Co-Chairs
There is no magic formula to solve the problems of Iraq. However, there are actions that can be taken to improve the situation and protect American interests.
Many Americans are dissatisfied, not just with the situation in Iraq but with the state of our political debate regarding Iraq. Our political leaders must build a bipartisan approach to bring a responsible conclusion to what is now a lengthy and costly war. Our country deserves a debate that prizes substance over rhetoric, and a policy that is adequately funded and sustainable. The President and Congress must work together. Our leaders must be candid and forthright with the American people in order to win their support…

Afrique – 2015 02 01 – En Afrique d’autres foyers du djihadisme – Ph. Leymarie – Monde diplomatique

Sur les huit conflits les plus meurtriers et dévastateurs du moment, sept se déroulent en Afrique, où la désintégration de la Libye alimente en armes les groupes djihadistes. L’Union africaine a longtemps semblé impuissante à prendre en charge la sécurité des populations, abandonnée aux initiatives franco-américaines. Mais une première force d’urgence continentale pourrait voir le jour cette année…