SMHES

Séminaire de rentrée pour la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Par le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre, directeur des Sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques.

C’est donc le jour même de la cérémonie d’anniversaire des 30 ans de l’institut FMES qu’était lancée la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES). C’est donc un bon début ! Les auditeurs se sont retrouvés le mercredi 14 octobre en soirée à la maison d’hôtes du CEA de Cadarache.  Cette première rencontre des auditeurs leur a permis de faire mieux connaissance et de découvrir les grands enjeux de la session. L’institut FMES leur a également été présenté avec les multiples actions réalisées dans le champ académique et celui de l’appui à l’économie de défense. Le directeur général, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, a tenu à faire le déplacement pour aller à la rencontre de cette très belle promotion. Elle se caractérise par une très grande diversité d’origines et de parcours de nos auditeurs. C’est incontestablement une formidable richesse. « La beauté d’un tapis ne vient-elle pas de la diversité de ses couleurs ? » comme le rappelait un auditeur de la session au cours des échanges de la soirée.

Le vice amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur général de l’institut FMES et le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre, directeur des SMHES

Après la présentation complète du programme de la session, les auditeurs ont poursuivi leurs échanges au cours d’un dîner d’accueil. Ce moment de convivialité, réalisé dans le respect des gestes barrières, est particulièrement important pour créer un « esprit promotion » essentiel à la cohésion du groupe. En première analyse, cet esprit a pris forme et ne demande qu’à se consolider au fil du temps.  Il conditionne, pour une large part, le succès des travaux conduits par les auditeurs.

A l’heure où la population mondiale et les besoins en énergie sont croissants, les ressources en énergies fossiles s’épuisent. Celles de la fusion demeurent disponibles pour des millions d’années. Avec un thème d’étude portant sur les conséquences géopolitiques des enjeux environnementaux en Méditerranée, voici donc une belle entrée en matière pour les auditeurs de la session avec la visite de l’institut de recherche sur la fusion par confinement magnétique (IRFM) du Commissariat à l’énergie atomique le jeudi 15 octobre tout au long de la matinée. Car cette énergie de fusion respecte l’environnement et n’émet ni monoxyde de carbone et ne dégage qu’un gaz inoffensif et inerte, l’hélium.

C’est sans doute un élément parmi d’autres dans les analyses conduites par cette session. Mais cette prospective technologique doit être appréhendée à sa juste place et démontre le poids de son interdépendance à la réflexion stratégique et géopolitique. Les auditeurs ont donc particulièrement apprécié de pouvoir partager avec des experts scientifiques la portée de ce phénomène. Ils ont constaté la passion qui les animait. Ils ont pu mesurer toute l’importance du développement d’un champ magnétique intense nécessaire à la fusion à partir de bobines supraconductrices confinant le plasma où s’opère la fusion dans un tokamak[1].

Cette recherche fondamentale précède un objectif concret de mise en œuvre avec un démonstrateur développé en coopération multinationale. Il s’agit d’ITER où le « chemin » en latin sans oublier qu’initialement l’acronyme décrivait une action internationale dans le domaine thermonucléaire (International Thermonuclear Experimental Reactor), acronyme moins séduisant dans sa portée  environnementale.

La suite de la visite a donc été consacrée au chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… Un premier rendez-vous est donné en 2025 pour cette démonstration. Cela confirmera qu’il est possible d’accéder à une source naturelle d’énergie, celle qui alimente les étoiles et le soleil synthétisée en anglais par « bringing the sun to earth ». Le réacteur, dans sa version productive, est pour plus tard vers 2050.

Christophe Ramu, directeur de la division sécurité, santé, sûreté à ITER

A l’issue de cette présentation et visite exceptionnelles, les auditeurs se sont présentés en exprimant leurs attentes relatives à ce cycle de formation académique. Elles sont convergentes et démontrent une volonté partagée d’accorder du temps à la réflexion. Elle démontre aussi cette volonté de prendre le temps d’écouter les autres et de découvrir des secteurs d’activité éloignés de leurs préoccupations courantes. Dans un environnement où chacun est pris dans une spirale où le rythme ne permet pas toujours de s’accorder cet espace de liberté, les séminaires des sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques offrent cette parenthèse. C’est une parenthèse indispensable pour les décideurs.  

Les auditeurs en visite à ITER

Dès le lendemain, le vendredi 16 octobre, les auditeurs allaient apprécier un autre rendez-vous, celui programmé avec l’armée de l’air. Le général de division aérienne Louis Pena, chef d’état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), allait leur exposer les défis de l’arme aérienne au 21ème siècle. Dans un exposé particulièrement riche et précis, il a su souligner le rôle crucial de l’armée de l’air et de l’espace dans le cadre des opérations militaires proprement dites et dans celui assurant la sûreté aérienne de la métropole et des outre-mer.  Il a su également souligner l’évolution des formes de conflictualité et de l’évolution des risques militaires dans un monde où les équilibres de puissance ont brutalement changé.

Au terme de cette présentation et des échanges très directs avec les auditeurs, le colonel David Marty a présenté la base aérienne 125 « Charles Monier » d’Istres. C’est une base aérienne qui n’a pas d’équivalent en métropole en étant un véritable tremplin de projection de nos forces armées où sont regroupées les capacités concourant à l’ensemble des fonctions stratégiques. Nous noterons au passage l’intérêt des auditeurs pour la fonction de dissuasion. Le colonel David Marty, en connaisseur averti de ce domaine, se tient d’ailleurs prêt à l’approfondir et nous l’en remercions.   

Le général de division aérienne Louis Pena, chef d’état-major du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) et le colonel David Marty, commandant de la base 125 d’Istres.

La visite dynamique a obtenu le même succès. Elle a permis d’aller au contact des opérateurs et équipages. Elle a permis aussi de découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix, véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire.

Le MRTT surla base 125

La 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques devait conclure ce rendez-vous avec l’arme aérienne à Salon de Provence sur le site de l’école de l’air. Evidemment, ce fut pour moi un retour sur des terres familières. Nos grandes écoles militaires quelles qu’elles soient nous laissent toujours une empreinte indélébile aux officiers qui y ont fait leurs premiers pas . En entrant dans l’amphithéâtre Marin la Meslée, une solennité naturelle s’est imposée avec les auditeurs accompagnés des officiers élèves de l’école de l’air pour assister à une conférence consacrée à leur thème d’étude. Pour mémoire, il est utile de rappeler que le commandant Edmond Marin la Meslée fut l’un des as les plus titrés de la campagne de France mort en service aérien commandé le 4 février 1945. C’est donc dans cet amphithéâtre magnifique que Madame Julia Tasse, directrice de recherche à l’institut des relations internationales et stratégiques, a proposé à un très bel auditoire son intervention sur les grands enjeux environnementaux. Le cadre est ainsi fixé et offre un champ d’investigations considérable pour ce qui concerne les conséquences géopolitiques à l’échelle du monde et à celle de la Méditerranée.  

Julia Tasse durant sa conférence à l’Ecole de l’air

Au terme de cette conférence de lancement de la 31ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques, les auditeurs ont rallié Toulon. Le samedi 17 octobre en matinée, deux interventions visaient à livrer quelques clés aux auditeurs pour les placer dans les conditions les plus favorables à l’exécution de leurs travaux. Ainsi, successivement messieurs Pierre Razoux, directeur académique et de la recherche de l’institut FMES et Didier Leandri, professeur des universités, leur ont proposé les approches possibles et les pièges à éviter face à cet exercice toujours délicat.  Les auditeurs savent en effet qu’au terme des neuf séminaires, ils auront à produire collectivement un mémoire suggérant les pistes possibles relatives à leur thème d’étude. C’est un défi. Mais à n’en pas douter, en les observant au cours de ce premier séminaire, ce défi est accessible et ils sauront le relever.

Rendez-vous au mois de novembre à Paris pour poursuivre cette formidable aventure !  


[1] Tokamak : TOroïdalnaïa KAmeras MAgnitnymi – chambre toroïdale avec bobines magnétiques

Formation SMHES 5+5 Jeunes Diplômés

 

Dans le cadre du sommet « des deux rives », l’institut FMES a proposé la création d’une Session annuelle régionale avec les partenaires des pays du 5+5 (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal pour le nord et Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie pour le sud). Cette Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) se décompose en deux séminaires d’une semaine, l’un au nord et l’autre au sud. Elle associe des jeunes diplômés civils et militaires. En 2021, de jeunes officiers-élèves des marines nationales y participeront. Ce rassemblement, qui s’inscrit en prolongement du Dialogue 5+5, permet de concrétiser le concept « d’identité Ouest-méditerranéenne », de valoriser la coopération entre les jeunes diplômés de cette région en les sensibilisant aux enjeux, risques et opportunités communs aux deux rives de la Méditerranée. L’institut FMES, à l’origine de cette formule, organise la première semaine de cette première édition « SMHES 5+5 jeunes diplômés » qui se déroulera à Toulon dans le sud de la France. La seconde se déroulera au sein de l’institut mauritanien d’études stratégiques (IMES) quelques semaines après.

Inscription : formation@fmes-france-org

 

Vidéo – Inscriptions à la 31ème Session méditerranéenne d’études stratégiques

Les inscriptions sont ouvertes !

Les grands enjeux géostratégiques vous intéressent ? Les questions de défense et sécurité aussi ? Acteurs responsables des secteurs public et privé, rejoignez la 31ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques SMHES, une session unique, en partenariat avec l’IHEDN.

Le directeur général de l’institut FMES, le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur et le directeur des SMHES, le général de corps aérien (2s) Patrick Lefebvre présentent l’institut FMES et les SMHES, qui célèbrent cette année leur 30ème anniversaire. Ils sont rejoints par trois auditeurs de la 30ème SMHES, apportant leur témoignage.

Le thème d’étude de cette session 2020-2021 : “Les conséquences géopolitiques des enjeux environnementaux en Méditerranée”.

 

Programme 31ème SMHES 2020 – 2021

Bulletin de candidature – 31ème session

Plaquette de présentation des SMHES

Institut FMES : Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) – Au rendez-vous de la sécurité intérieure et d’acteurs économiques du territoire

Ce devait être le clap de fin de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques ! Le contexte très particulier d’aujourd’hui en a voulu autrement et les auditeurs, pour leur plus grande satisfaction, pourront se retrouver au mois de septembre prochain pour leur mission d’études à Genève. Il est souvent dit que ses sessions rassemblant des auditeurs d’horizon très différent sont sans doute l’ultime endroit où l’on peut encore se faire des amis. Oui, assurément des liens se tissent et le réseau au sens humain se consolide au fil des séminaires. Le sentiment d’appartenir à une communauté singulière appelée à échanger au-delà même des périodes réalisées au cours du cycle académique est évidemment un très bel objectif. Il me parait être atteint. Il est peut-être même l’un des principaux objectifs car il permettra à des cadres responsables de partager des réflexions couvrant d’autres domaines que celui de l’incidence des nouvelles routes de la soie en Méditerranée, thème retenu pour le cycle 2019 – 2020. C’est ce partage qui permettra de relever les défis de demain. C’est ce partage qui permettra de ne pas être approximatif dans l’analyse d’un contexte, d’une situation et qui permettra d’en dessiner les perspectives. Si le contexte sanitaire pèse lourdement aujourd’hui sur nos vies professionnelles et privées et qu’il a résolument pris une dimension mondiale, certains événements eux-aussi se répandent comme une traînée de poudre avec de potentiels troubles à la sécurité publique. Cet homicide commis aux Etats-Unis, au-delà de son caractère inadmissible, a placé sur le devant de la scène les violences policières pouvant conduire à de telles issues. Assurément condamnable, il ne faut pour autant pas caricaturer les actions de nos forces de sécurité intérieure.

Ce n’était pas le thème de ce séminaire mais la rencontre programmée avec la gendarmerie nationale a évidemment abordé ce sujet. Cette force armée est un acteur clé de la sécurité intérieure et se distingue des forces de police par son attachement historique au ministère des armées même si elle aujourd’hui placée sous la tutelle du ministère de l’intérieur. C’est d’ailleurs l’une des plus ancienne institution française, héritière de la Maréchaussée, et dont certains pays se sont inspirés. Si dans les institutions de défense et de sécurité, l’homme reste, quelle que soit sa spécialité, l’acteur central, il est incontestable que cette dimension humaine revêt un caractère encore plus déterminant au sein des forces de la gendarmerie. Le général de corps d’armée Marc Lévêque a tenu lui-même à venir à la rencontre des auditeurs de la 30ème SMHES le jeudi 11 juin en y consacrant une matinée entière. Il a particulièrement souligné ce caractère dans les actions menées par ses unités sur le territoire dont il a la responsabilité.  Il faut d’ailleurs ici préciser l’importance du périmètre géographique car il ne se limite à la seule Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur en s’étendant à l’Occitanie et la Corse au titre des responsabilités exercées pour la Zone de Défense et de sécurité Sud. C’est donc 6 groupements de gendarmerie départementale, 3 groupements de gendarmerie mobile stationnés à Hyères, Nîmes et Toulouse ainsi que des détachements aériens qui lui sont rattachés pour emploi pour ne citer que quelques éléments ; des composantes essentielles utilisées au quotidien pour assurer notre sécurité. Le spectre des missions est très large allant des missions de police administrative, judiciaire et des celles de sécurité publique et d’assistance portée aux populations. C’est aussi de nouveaux enjeux face à la multiplication des nouvelles menaces. La lutte contre le terrorisme a marqué les esprits et continue d’être une priorité.  La lutte aujourd’hui pour contrer les menaces de la cybercriminalité constitue un enjeu de poids pour sécuriser l’utilisation des outils connectés qui irriguent désormais les particuliers et les professionnels dans une transition numérique en plein essor.

Cette rencontre avec la gendarmerie nationale a donc complété la formation dispensée au cours de ce cycle académique. Il a permis d’être au contact de tous les acteurs institutionnels de la défense et de la sécurité. Les auditeurs, dans l’exercice de leurs responsabilités actuelles et futures, sauront faire la part des choses et pourront faire valoir leur appréciation le cas échéant. C’est l’esprit de défense en somme qu’ils ont acquis ou consolidé au cours de leur session.

En début d’après-midi, ils avaient un autre rendez-vous régional. Monsieur Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, ancien auditeur des sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques, a tenu à échanger avec la 30ème SMHES après une intervention présentant les formidables atouts régionaux et les grands enjeux de demain. Cette personnalité, particulièrement bien placée pour aborder les questions de défense et de sécurité compte tenu des son engagement politique qui l’avait conduit à être vice-président de la commission de la défense nationale et des forces armées, a permis aux auditeurs de mieux appréhender le rôle régional au profit d’un écosystème industriel de défense et de technologie duale qui place la région au deuxième rang national. Ce rôle devrait s’accroître dans le temps et la volonté de décentraliser les actions de l’Etat y concourra significativement.  Ce temps d’échange fut précieux et particulièrement apprécié des auditeurs.

Le vendredi 12 juin, nous avions programmé une rencontre avec un acteur économique régional et institutionnel pour le ministère des armées. Il s’agit de l’atelier industriel de l’aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu. Cette visite, nous la devons au directeur de l’établissement, l’ingénieur général Nicolas Frager, qui nous a ouvert ses portes tout en adoptant les mesures s’imposant compte tenu du contexte sanitaire. Les auditeurs ont été sensibles à cette démarche et n’ont pas regretter le déplacement. Cet AIA relève du service industriel de l’aéronautique, service de soutien de l’armée de l’air à vocation interarmées, dont les actions sont centrées sur le maintien en condition opérationnelle des moyens aéronautiques du ministère des armées. Il intervient plus particulièrement pour la maintenance des aéronefs de la marine nationale, des équipements missiles et assure également la fabrication et la réparation des radômes et structures en composite. S’agissant des radômes, c’est véritablement un domaine d’excellence, qui équipent des aéronefs de combat et des aéronefs de la gamme commerciale. Enfin, au regard de son statut, l’AIA de Cuers-Pierrefeu est une véritable entreprise qui compte plus de mille personnes sur le site. Son caractère exceptionnel mérite le détour pour y découvrir les indispensables savoir-faire garantissant la disponibilité opérationnelle des équipements militaires durement éprouvés dans les opérations actuelles.

Pour clore ce séminaire de « territoire », il nous était impossible de ne pas s’attarder un instant sur une pépite industrielle plus que centenaire. Il s’agit de la CNIM, ou entreprises de constructions navales et industrielles de la Méditerranée dit aujourd’hui de constructions industrielles de la Méditerranée. Les auditeurs n’ont pas eu l’opportunité de se rendre sur le site car les conditions d’accueil n’auraient permis de respecter les mesures barrières prescrites. Alors l’un des leurs, Pierre Jérôme Acquaviva, lui-même ingénieur et chef de projet au sein du groupe, a réalisé une présentation complète soulignant les implications industrielles dans de multiples domaines tels que ceux de l’environnement, l’énergie mais aussi bien sûr ceux de la défense et des hautes technologies. La CNIM, c’est aussi l’histoire d’une famille tournée vers l’innovation. C’est l’histoire d’une équipe qui traverse le temps avec parfois quelques obstacles dressés sur le chemin. Mais, c’est l’innovation qui fait la différence et qui assoie cette crédibilité inaltérable dans le temps. Les technologies développées apparaissent précieuses pour ne pas dire stratégique, notamment dans le domaine du nucléaire. La diversité des actions menées ouvre aussi de nouvelles perspectives. La CNIM est, pour faire court, une fierté du territoire ancrée à la ville de la Seyne sur mer qui en fut le berceau. Ce groupe est en quelque sorte le fruit d’hommes qui ont su rêver à des choses inédites[1]. C’est ce rêve qu’il faut porter pour relever les défis à venir. C’est donc un exemple à suivre.

Nous avons donc terminé notre cycle de séminaires ici à Toulon là où nous avions commencé en octobre dernier l’étude du thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. C’est passé le temps d’un éclair avec, il est vrai, quelques obstacles dans la réalisation de la 30ème SMHES qui a tenu bon. Je remercie les auditeurs de la confiance qu’ils ont accordé à leur équipe pédagogique et leur donne rendez-vous pour livrer les conclusions de leur étude le 5 septembre prochain après leur mission d’étude à Genève.

 

[1]John Fitzgerald Kennedy

FMES : Séminaire de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) au contact de l’armée de terre

Au contact ! Dans un contexte où la distanciation sociale prévaut, ce slogan pourrait paraître inapproprié et pourtant il n’en demeure pas moins très pertinent à l’occasion du premier séminaire post déconfinement.  L’armée de terre a en effet reçu les auditeurs de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques : un contact utile pour appréhender les grands enjeux d’une institution en perpétuelle mutation. Cette rencontre s’inscrit dans l’acculturation des auditeurs aux grands enjeux de défense et de sécurité, partie intégrante de la formation des SMHES. Au moment où le COVID 19 constitue un point de fixation de l’actualité, il n’était pas inutile de rappeler les engagements de nos armées. Bien sûr, l’opération « Résilience » lancée le 25 mars dernier démontre, s’il en était besoin, la qualité du soutien de nos armées pour venir en aide aux populations et en appui aux services publics en métropole et en outre-mer. Elle ne doit pas faire oublier, qu’ailleurs et souvent loin de nos frontières, d’autres opérations se poursuivent. Il faut en effet se rappeler que quelques cinq milliers d’hommes poursuivent leurs actions déterminées de lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-sahélienne. Cette opération du nom de « Barkhane » représente une sollicitation très lourde au plan opérationnel dans un contexte difficile. Son issue dépend bien sûr des résultats enregistrés sur le terrain mais aussi et surtout de l’implication des pays du Sahel directement concernés. Rien ne pourra en effet se faire sans une implication politique rétablissant une stabilité des pays où les tensions internes sont fortes. N’oublions pas non plus l’opération « Chammal » qui consacre la participation des forces armées françaises au sein de la coalition contre l’Etat islamique, aux guerres d’Irak et de Syrie. L’intérêt de cette actualité a sans doute été placé au second plan face une pandémie dont il est vrai qu’elle revêt une dimension exceptionnelle. Pourtant, l’histoire de nos armées retiendra le prix payé en opérations extérieures avec, encore très récemment, la mort au combat de deux légionnaires du 1er régiment étranger de cavalerie que nos auditeurs auront la chance de visiter.

Mais c’est d’abord à Marseille, ce jeudi 28 mai, qu’une première présentation de l’armée de terre a été réalisée au sein de la troisième division. Son chef, le général de division Laurent Michon a tenu à accueillir lui-même les auditeurs de la session pour leur présenter l’un des deux piliers des forces terrestres destinées à armer les unités projetées à l’extérieur du territoire et sur le territoire national.

Au-delà des capacités des différents régiments armant les brigades de cette division, c’est aussi une présentation soulignant toute l’énergie nécessaire pour bâtir des cycles opérationnels garantissant le juste niveau de préparation des forces et les dispositions prises pour les régénérer. Nous mesurons alors tout le questionnement pesant sur le format de nos armées dans une période où la densité des engagements est particulièrement élevée. En tout état de cause, nos armées restent au rendez-vous de ces exigences opérationnelles et comptent sans doute parmi les seules en Europe à tenir de tels engagements.

En début d’après-midi, les auditeurs avaient rendez-vous à Carpiagne au 1er régiment étranger de cavalerie. C’est 100 ans d’histoirequi allaient leur être livrés dans un régiment où des hommes étrangers choisissent délibérément de servir la France. C’est une singularité française qui n’a nulle part ailleurs d’égal même s’il existe une légion espagnole qui se distingue malgré tout par un recrutement exclusif d’hispanophones. Cette singularité française renvoie une exceptionnelle image de la légion étrangère où l’on devient français par le sang versé, formule retenue récemment comme appellation d’un texte de loi permettant de conférer par une procédure exceptionnelle la nationalité française à tout légionnaire blessé en opérations qui en exprime le souhait. Bien sûr aujourd’hui, une procédure classique permet au légionnaire de demander sa naturalisation au terme d’un temps d’activité au sein de la légion étrangère. La légion conjugue donc habilement ses traditions et sa modernité. Cette rencontre du 1er régiment étranger de cavalerie a eu lieu au moment où le régiment presque complet est engagé au sein de l’opération « Barkhane ». C’est donc la « base arrière » composée d’un escadron qui a reçu les auditeurs de la 30ème SMHES. Nous sentions le regard de nos hôtes tournés parfois vers le Sud recherchant leurs camarades engagés aux quatre coins de la bande sahélo-saharienne. Ce fut l’occasion d’assister à des présentations statiques de matériels dont l’AMX 10 RC, engin blindé de reconnaissance et de combat qui sera progressivement remplacé par le Jaguar, engin blindé polyvalent dont l’arrivée est prévue en 2020.

 

Bien sûr, il était très important de faire un passage dans la salle d’honneur du régiment. Ces traditions sont fortes et marquent de façon indélébile l’héritage des anciens dont les faits d’armes sont nombreux depuis près d’un siècle.

Les auditeurs ont été sensibles aux échanges très directs entretenus avec des militaires dont le béret vert ou le képi blanc est affiché avec une fierté légitime.

Le contact s’est poursuivi le vendredi 29 mai avec une présentation très complète de l’école de l’aviation légère de l’armée de terre. Le général de brigade Jean-Yves Bouillaud a lui-aussi tenu à accueillir les auditeurs de la session. Cette implantation est aujourd’hui le pivot de l’aérocombat pour l’armée de terre et un véritable centre d’excellence pour nos armées dans la formation des équipages et des mécaniciens. Un exemple évident d’une dynamique interarmées parfaitement aboutie. Qui plus est, c’est aussi un centre de formation européen pour ce qui concerne la formation des équipages allemands sur l’hélicoptère Tigre.  Enfin, cette visite a permis de mesurer le chemin parcouru avec des hélicoptères de combat et de manœuvre dont les performances n’ont plus grand-chose à voir avec les flottes antérieures qu’il s’agisse de la gazelle ou du puma malgré les éminents services rendus. L’aérocombat, en Afghanistan ou dans la bande sahélo-saharienne, est désormais une nécessité opérationnelle absolue. Le besoin d’équipements nouveaux agiles et discrets à l’image du futur hélicoptère interarmées Guépard confirme s’il en était besoin l’importance accordée par nos armées à cette composante.

Cette étape devait clore cette rencontre avec l’armée de terre. Soulignons que dans le contexte que nous vivons, elle témoigne de son exemplarité à recevoir dans des conditions exceptionnelles les auditeurs de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Toutes les précautions étaient prises mais elles n’étaient pas un refuge pour ne pas autoriser une telle visite. Nos auditeurs ont évidemment apprécié. Ils sauront d’ailleurs porter à l’extérieur les messages reçus. Ils ont par ailleurs été très admiratifs des valeurs portées par des soldats dont le sens du service est une évidence.

 

A leur retour, ils se sont remis au travail pour fournir une analyse très avancée sur les grands enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. La fin de la session est proche et les travaux s’accélèrent. Au contact leur a donné un nouvel élan. La version digitalisée des séminaires dans la période de confinement a certes été profitable mais rien ne remplace ce « contact » direct et les visites de terrain. Rendez-vous en juin prochain…

Séminaire du mois de mars de la 30ème SMHES – Le COVID 19 est un frein qui ne ralentit pas tous les engagements…

Conférence en ligne d’Emmanuel Véron

Fallait-il interrompre le rythme soutenu de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques ? L’interrompre face à une crise d’ampleur inégalée dans notre histoire récente ! L’histoire de générations dont seules celles de nos aînés ont connu les privations, et pas seulement celles des libertés individuelles. Ce contexte, pesant pour chacun d’entre nous, nous rappelle qu’il faut savoir s’adapter aux situations. Il faut aussi savoir y apporter une réponse. Une réponse rapide et à l’évidence collective. Et c’est là sans doute que l’exercice apparaît plus difficile, tant les uns et les autres se sont habitués à ne pas nécessairement tenir compte des autres pour avancer. Cette crise sanitaire, sans précédent, encore qu’il n’y a pas si longtemps tout le monde craignait le pire lors de l’épisode grippal A – H1N1, une forme nouvelle dont les effets auraient pu être similaires à ceux de la grippe espagnole de 1918 qui fit, faut-il le rappeler ici, plus de cinquante millions de morts, n’a sans doute pas encore dit son dernier mot. Pour autant, il convient sans doute de ne pas noircir le tableau car l’effet de la pandémie, renforcé par la mondialisation, révèle également une mobilisation mondiale. Cette mobilisation, si elle se concrétise, pourrait atténuer les conséquences pour les populations, même si cela n’est pas de nature à affaiblir la douleur de ceux qui perdront un être cher. Affaiblir la menace voire la neutraliser car nous pouvons faire confiance à la capacité des chercheurs qui finiront par trouver l’anti poison d’un virus qui aura fait son entrée dans l’histoire.

Alors, oui la réponse est claire, il ne fallait pas interrompre la session en cours mais la poursuivre pour réfléchir collectivement aux grands enjeux auxquels nos sociétés sont confrontées. D’ailleurs, le thème relatif aux « risques et opportunités des nouvelles routes de la soie » est plus que jamais d’actualité. Il n’y a pas si longtemps, personne ne connaissait Wuhan, capitale de la province de Hubei qui compte plus de 11 millions d’habitants et dont le confinement généralisé de la population fut une première dans l’histoire. Ce thème plus connu sous le nom de « Belt and Road Initiative », déjà caricaturé avec mauvais goût sous le nom de « New Sick Road » avait permis aux auditeurs d’identifier les facteurs de risques à la fois pour nos sociétés et les ambitions chinoises. Mais ce facteur sanitaire est nouveau. Il influe évidemment sur les perspectives initiales de ce défi de très grande ampleur.

Si ce facteur de risque est d’abord d’ordre sanitaire, il est encore davantage au plan économique. Il va falloir inexorablement tirer les conséquences de la perte progressive de l’autonomie stratégique de certains pays, dont une partie de l’approvisionnement dépendait des chaines de production chinoises. Aujourd’hui, le débat sur l’approvisionnement des masques FFP2 (Filtering Face Piece) pourrait rapidement mettre en avant cette forme de dépendance conjuguée à une réduction drastique des stocks considérés comme trop chers lors de l’épisode de la grippe A H1N1 de 2009 à 2010. Deux constats s’imposent donc. Le premier est celui de conserver son autonomie stratégique quoi qu’il arrive. C’est déjà un devoir complexe auquel il faut s’atteler rapidement. Modestement, les Think Tank, en l’absence totale de conflits d’intérêts, peuvent apporter des réponses. Deuxième constat, il est irréaliste de penser pouvoir capitaliser financièrement sur une crise. Lorsque des postures même adéquates sont adoptées, elles ont un coût et le retour sur investissement peut être faible voire nul. Le traitement sanitaire de la pandémie grippale précédemment cité avait été remarquable et on ne peut que se réjouir des résultats enregistrés. Pourtant, les dividendes n’ont été que virtuels, par comparaison au coût qu’aurait engendré une catastrophe sanitaire. Ce gain sous-évalué, associé au retour d’expérience positif qui a démontré la pertinence des réflexions engagées sur la continuité de l’action gouvernementale nous montre la voie d’une préparation aux crises qui, par définition, sortent d’une épure classique de recherche de l’efficience.

Alors, doublement oui, il fallait poursuivre les travaux de la session. Ce sont ces travaux qui contribueront à apporter les bonnes réponses pour mieux appréhender les crises et en maîtriser au meilleur niveau les différents ressorts.

Les poursuivre certes mais dans un mode nouveau qui respecte les règles de confinement. Nous le voyons aujourd’hui, la discipline, qui sous-tend l’observation des lois, des règlements et des obligations auxquels doit se soumettre un groupe, n’est pas acquise d’emblée. Les règles édictées ne sont peut-être pas la réponse absolue au traitement de cette crise mais elles en sont un instrument indubitablement efficace dans l’attente des autres leviers infléchissant le rythme pandémique. Troisième constat donc, il faudra tirer les leçons d’un civisme adapté aux exigences de notre temps. On ne peut pas indéfiniment contester telle ou telle posture pour ensuite s’interroger sur l’action de l’Etat et tout en attendre. Les principes régaliens dans la gestion des crises doivent reprendre leur primauté. Cette crise sanitaire rappelle que tout n’est pas dans les mains exclusives des acteurs économiques et dans la recherche du profit. D’ailleurs, nous le voyons bien, les dispositions prises qui seront déterminantes pour ne pas ajouter à cette crise de santé publique une crise économique et financière seront celles de l’Etat. Ici aussi, cela ne fait que confirmer la nécessité de réfléchir en profondeur à tous les sujets qui structurent nos sociétés dans un monde qui réapprend le tragique de l’Histoire.

Fort heureusement, les modes alternatifs existent et nous avons, d’une certaine manière, digitalisé le séminaire du mois de mars. C’était une première pour l’institut FMES et elle souligne de nouvelles pistes d’échanges possibles dans le cadre des formations qu’il dispense. Nous avons donc réalisé des travaux de comité pour la session qui s’est organisée en trois groupes de travail portant chacun un scénario sur le thème d’étude. Plaisir donc de retrouver les auditeurs qui ont pu rejoindre cette salle de réunion virtuelle le jeudi 19 mars, certains étant excusés parce qu’ils sont concernés de près ou de loin dans le soutien apporté à la gestion de cette crise sanitaire.

Le lendemain, le jeudi 20 mars, nous avons présenté les travaux à l’université de Toulon pour initier un échange sur l’approfondissement des recherches à réaliser pour étayer les différents scénarii. Enfin, pour parachever cette session « extraordinaire », Emmanuel Véron a prononcé une intervention sur les grands axes qui structurent les nouvelles routes de la soie en apportant un éclairage particulier sur les interactions de la Chine avec l’Afrique, continent qui prolonge stratégiquement l’espace méditerranéen. Evidemment, nous souhaiterions renouer avec les modes habituels de fonctionnement pour le séminaire du mois d’avril. Mais il nous faut préparer des solutions alternatives.

Cette posture prise pour les sessions méditerranéennes des hautes études stratégiques n’est d’ailleurs pas exclusive aux sessions car elle est appliquée dans d’autres domaines. L’institut FMES, centre ressources de la Région Sud, est très largement impliqué dans l’appui à l’économie de défense et se doit de maintenir son niveau d’activité au profit des acteurs économiques qui auront besoin de souffle pour tenir dans la durée. L’institut FMES confirmera sa résilience pour poursuivre sa mission avec un seul objectif, celui de servir l’intérêt général. En attendant des jours meilleurs pour ce printemps, nous retiendrons que l’homme se découvre en se mesurant avec l’obstacle comme devait l’écrire Antoine de Saint-Exupéry. Dont acte… nous les surmonterons !

Travaux de comité sous la direction du professeur des universités Didier Leandri, de Sea Tech. 

Séminaire toulousain de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Une rentrée dans les étoiles en ce début d’année 2020 ! Dans un monde désormais connecté étendu à l’espace exo atmosphérique ou tout ou presque est géoréférencé, il n’était pas inutile de se rendre dans une région plus continentale pour y découvrir des savoir-faire d’exception dans le milieu aérospatial. Evoquer le géoréférencement apparaît ici pour souligner que nous devons la précision de nos systèmes de guidage à partir des multiples applications existantes issues de la constellation de satellites décidée par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne sous le nom de Galileo. Parmi les autres usages des satellites en orbites polaires ou géostationnaires, il faut naturellement souligner les équipements de télécommunication civils et militaires, les outils d’observation de la terre ou les capteurs exploratoires projetés dans notre système solaire au service de la recherche scientifique. L’espace reste donc un champ d’investigations extraordinaires et de compétitions entre les puissances. En cela, la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques avait matière à connecter cette visite d’études avec le thème relatif aux risques et opportunités des nouvelles routes de la soie. Car, à n’en pas douter, la Chine investit dans l’espace.

Cap sur Toulouse donc où prend forme l’aerospace space valley française. Il s’agit d’un véritable accélérateur d’innovations pour soutenir les entreprises développant une activité aérospatiale avec une forte composante technologique duale. Cet accélérateur se trouve donc au cœur d’un écosystème tourné vers l’aéronautique et l’espace. Toulouse, terre d’envol, s’était d’ailleurs largement illustré en d’autre temps avec l’essor d’une aviation postale et commerciale. Toulouse Montaudran n’est-il pas le fossile vivant de l’Aéropostale et de Latécoère ? Elle fut la plateforme aéronautique d’où Mermoz et Saint-Exupéry s’envolaient pour transporter le courrier en Afrique et en Amérique du Sud. Elle fut aussi le site où Latécoère construisait ses premiers avions. C’est à Toulouse que l’armée de l’air décide d’implanter sa première base aérienne militaire. Cette rentrée est donc un rendez-vous avec l’histoire mais aussi un rendez-vous avec l’avenir.

Présentation du CNES pour les auditeurs de la 30ème SMHES

La première visite qui s’est imposée à l’occasion de ce déplacement fut celle consacrée au centre national d’études spatiales le jeudi 16 janvier. Le CNES a été créé à l’initiative du Président Charles de Gaulle le 19 décembre 1961 afin de fournir une structure chargée de coordonner et d’animer les activités spatiales françaises centrées à l’époque sur le développement du lanceur-fusée Diamant. Ce lanceur fut le premier construit en dehors des Etats-Unis et de l’ex URSS. Le CNES est toujours aujourd’hui l’agence spatiale nationale la plus importante des pays de l’Union européenne. Cette initiative, pour le moins stratégique, souligne l’importance qu’il fallait et qu’il faut concéder au domaine spatial pour conserver sa souveraineté, celle de la France et celle de l’Europe. Le directeur d’établissement a ainsi pu présenter le site dans sa globalité d’une part et dessiner les perspectives d’un milieu très convoité d’autre part. Trois ateliers ont permis aux auditeurs de mesurer la performance des activités réalisées. L’un portait sur l’instrument principal de la mission martienne américaine InSight. Il s’agit d’un sismomètre permettant la mesure des vibrations sur une certaine épaisseur de la planète et tous les paramètres de pression ou de température. En entrant dans cette salle avec une vue de la planète rouge et le bruit du vent, inutile d’exprimer ici les sensations ressenties à l’occasion de cette séquence nous projetant à quelques 300 millions de kilomètres de la Terre. L’autre atelier, tout aussi fascinant, présentait l’international space station (ISS). Les présentations ont été réalisées avec une simplicité déconcertante par des spécialistes de renommée internationale. Ces spécialistes aux qualités inestimables ont consenti un énorme investissement, en recherche et développement, pour atteindre de tels résultats. Il ne faut surtout pas l’oublier. La présentation du microsatellite Taranis dédié à l’observation et à la caractérisation des phénomènes lumineux, radiatifs et électromagnétiques se produisant entre 20 et 100 kilomètres d’altitude a souligné les mêmes exigences et le même niveau de performance des équipes du CNES. Enfin, une présentation des enjeux du segment spatial consacré à la défense démontre que dans ce domaine beaucoup d’évolutions sont envisagées à moyen-terme et qu’elles caractérisent bien les engagements pris par les puissances disposant des capacités d’accès à l’espace.

Découverte de l’ISS

Au terme de cette visite, les auditeurs ont pu se rendre sur le site d’Airbus Defence & Space pour consolider leur appréciation sur la forte implication française et européenne dans les programmes spatiaux et les perspectives de ce secteur. La présentation complète des activités du groupe a souligné les principaux défis à relever et les tensions qui pèsent sur ce marché. Ces activités imposent ici aussi d’être très compétitif et de multiplier les offres répondant aux besoins rappelés précédemment dans les capacités de télécommunication civil ou militaire, d’observation de la terre et de recherche scientifique. Elles conduisent aussi à mieux gérer l’occupation de l’espace et le retrait du service des satellites en fin de vie en respectant au mieux la protection de notre environnement. Les équipes d’Airbus Defence & Space ont elles aussi démontré un niveau d’excellence hors du commun. Elles ont témoigné de l’attractivité de ce secteur où le renouvellement des ingénieurs ne semblent pas poser de difficulté particulière. Au terme de cette présentation, la visite des salles blanches a permis de mesurer l’ensemble des actions préalables au lancement d’équipements qui rejoindront prochainement des orbites polaires ou géostationnaires. Parmi ces actions, celles relatives à la mise en situation des satellites en condition de température dans des conteneurs spécifiques pouvant accueillir des plateformes de la gamme de 5 tonnes, celles aussi permettant des mesures spécifiques électromagnétiques dans des chambres anéchoïques ont été présentées aux auditeurs. Cette séquence industrielle, très complémentaire de celle réalisée au CNES, confirme la performance d’un groupe autour duquel constelle des petites et moyennes entreprises de cet aerospace valley toulousain.

Le lendemain, le vendredi 17 janvier, l’approfondissement de la connaissance du milieu spatial en se rendant à un autre rendez-vous industriel s’est confirmé. L’entreprise Thalès Alenia Space nous a donc ouvert ses portes, c’est un industriel qui s’affirme comme un référent européen et un compétiteur à l’échelle mondiale.

Evidemment, une certaine comparaison pourrait être faite avec la visite précédente car certaines actions se ressemblent. Certaines d’entre elles sont d’ailleurs conduites en coopération. Mais d’autres sont en revanche complémentaires. Le directeur de l’établissement de Toulouse a tenu à nous recevoir lui-même, accompagné de ses proches collaborateurs pour présenter le site. Il a également fait le lien avec le site « spatial » implanté sur les rives de la Méditerranée de Cannes. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur tient toute sa place dans les technologies de pointe lui conférant une place de choix dans l’écosystème des entreprises innovantes. La visite dynamique de l’établissement a replongé les auditeurs en salles blanches et leur a permis aussi d’apprécier l’évolution des techniques dans la fabrique des composants équipant les différents satellites. Cette séquence a aussi permis de présenter l’innovation cluster. Ce fut l’occasion d’appréhender des mécanismes spécifiques favorisant l’innovation au sein des équipes. Nous y avons découvert la sérendipité. Terme dont la compréhension saute aux yeux ! Car vous l’aurez compris, la sérendipité se rapporte à une découverte par chance et sagacité de résultats pertinents que l’on ne cherchait pas. Cela se rapporte au fait assez courant d’observer une donnée inattendue et stratégique qui donne l’occasion de développer une nouvelle théorie ou d’étendre une théorie existante. En somme, l’innovation ne se décrète pas et ne peut être imposée, elle se vit… Une visite exceptionnelle donc qui clôt le volet spatial proprement dit. Les auditeurs de la 30ème SMHES dispose désormais d’une vision assez complète des actions conduites dans un domaine stratégique. Ils pourront remettre tout cela en perspective dans la conduite de leurs travaux.

A la découverte de la salle blanche de Thalès Alenia Space.

Toulouse, terre d’envol ! Il nous fallait inévitablement revenir au berceau de l’aéronautique française et européenne. Un retour donc sur le site emblématique où est né l’avionneur Airbus. Que de chemin parcouru depuis l’Airbus A300 qui a marqué la naissance d’un pôle aéronautique dont personne n’imaginait qu’il allait devenir le numéro 1 mondial. Les auditeurs de la 30ème SMHES y ont été admirablement bien reçus. La présentation très complète nous a renvoyé au lendemain de la création de la Caravelle et du Concorde pour un élan aéronautique relevant, les uns derrière les autres, de très nombreux défis dans une compétition internationale très sévère. L’avenir apparaît serein au vu des carnets de commandes. Les perspectives ne se ferment pas et les innovations sont toujours au cœur des enjeux. Car il faut aujourd’hui répondre à de nouvelles exigences, celles des clients dont l’avion commercial constitue un outil à bord duquel il doit pouvoir maintenir toutes les connexions nécessaires, celles de la sécurité dont le niveau est aujourd’hui extraordinairement élevé et dont les conséquences industrielles peuvent être terribles à l’instar de celles vécues par le principal concurrent d’Airbus, celle enfin de l’environnement où la réduction des émissions de gaz à effet de serre est systématiquement recherchée . Alors, en se rendant sur le site de production où les bâtiments anciens aux couleurs de la ville rose côtoient des structures récemment sorties de terre, l’Airbus A350 sur sa chaîne de montage ressemble étrangement aux avions qui l’ont précédé. Mais ne nous y trompons pas ! Presque tout y est différent. Une structure en carbone conjuguant légèreté et résistance, un profil aérodynamique offrant un niveau de performance accru, des équipements satisfaisant la plupart des exigences des exploitants de toutes les compagnies aériennes et une motorisation réduisant drastiquement les coûts d’exploitation et s’inscrivant dans cette dynamique très volontariste de protection de l’environnement. Toulouse terre d’innovation ! C’est un peu le bilan que les auditeurs retiendront de ce séjour très dense consacré au fait aérospatial.

Sur le site d’Airbus

En passant devant le bâtiment B612, nom donné à ce lieu tourné vers le spatial dans ce bassin toulousain souvenir de l’astéroïde dont le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est originaire, ils se rappellent cette phrase du même auteur qui rappelle que « l’homme se découvre en se mesurant avec l’obstacle ». C’est le prix à payer pour innover, c’est le prix des efforts de la 30ème session pour relever le défi de leur thème d’étude sur les risques et opportunités des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Une belle année 2020 en perspective…

Séminaire toulonnais de la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

Un retour attendu sur les bords de la Méditerranée en cette fin d’année 2019 ! Dans le parcours de la session, ce rendez-vous est particulièrement important car les séminaires précédents ont permis de poser les bases de la réflexion sur le thème des enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée. Les auditeurs sont donc désormais organisés et ont pris les dispositions pour dessiner les contours de leurs futurs travaux. Les intervenants sollicités au cours des trois premiers séminaires ont apporté des éléments clés sur les ambitions chinoises et le contexte dans lequel elles s’inscrivent.  Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce contexte est très évolutif. Un simple regard porté sur le dialogue des puissances en témoigne. Les auditeurs s’attellent désormais à construire une analyse actant ces changements en profondeur « d’un nouveau monde qui commence » comme le dirait Victor Hugo. Ils se rappellent aussi qu’en étant au bord de la Méditerranée, ils doivent mesurer les incidences de ces nouvelles routes de la soie dans un espace contraint et convoité.

En étant à Toulon, il était légitime de porter son attention sur le fait maritime. Ce séminaire y était donc consacré. Le jeudi 12 décembre, Naval Group nous a ouvert ses portes sur le site d’Ollioules. L’accueil y fut remarquable et les présentations de très grandes qualités. La performance de notre industrie navale ne faisait pas de doute. Elle se prépare à relever d’innombrables défis pour fournir à la Marine nationale et les marines partenaires des instruments d’excellence. Parmi ces défis, la digitalisation est désormais omniprésente dans la mise en œuvre de nos systèmes. Les nouveaux bâtiments exigent certes moins d’hommes d’équipage mais n’ont pas pour autant réduit leur agilité dans la manœuvre et l’utilisation de leurs systèmes d’armes. Nos bâtiments et les générations qui vont suivre seront donc au rendez-vous des nouvelles exigences opérationnelles. Mais ce défi numérique est aussi celui de la manœuvre RH comme nous le rappelleront les intervenants de la Marine nationale. Nous y reviendrons dans un instant.

 

En ce début d’après-midi du jeudi 12 décembre, le rendez-vous était pris à l’université de Toulon dans son école d’ingénieurs Sea Tech. Ce moment était opportun pour fixer le cap des travaux à venir. Car les sessions de la rentrée seront consacrées à consolider les analyses sur la base de scenarii désormais définis. Le professeur Didier Leandri a d’abord pris connaissance des orientations décidées par les trois comités de la 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques. Ces orientations ont été déclinées précisément et rigoureusement. Elles ont permis d’ouvrir un débat. Elles ont aussi permis d’appréhender une méthode d’analyse sans remettre en cause le choix des auditeurs. Cette séquence fut riche et très utile. Elle démontre tout l’intérêt de croiser les regards d’auditeurs au parcours très différent et ce regard académique dont la vocation est d’ouvrir le champ des possibles dans la conduite des travaux. Cette étape allait nous mettre en condition pour assister à la conférence de monsieur Antoine Bondaz de la Fondation pour la recherche stratégique.

Cette conférence très attendue n’a pas été exclusivement réservée aux auditeurs de la 30ème SMHES. Elle a été partagée avec les membres de l’institut FMES et les auditeurs et étudiants issus de l’université de Toulon. Ce principe désormais ancré dans le cadre du partenariat qui nous lie à l’université est évidemment précieux pour tous. Les participants n’ont pas regretté ce moment d’échange avec un spécialiste dont les recherches portent principalement sur la politique étrangère et de sécurité de la Chine, les deux Corées et les questions stratégiques en Asie de l’Est. Une opportunité supplémentaire d’enregistrer des éléments clés indispensables de l’ambition chinoise, une opportunité aussi de discerner plus finement les enjeux associés aux nouvelles routes de la soie.

Le vendredi 13 décembre a scellé notre retour sur les questions maritimes. C’était donc au tour de la Marine nationale d’accueillir une nouvelle fois les auditeurs de la SMHES. C’est une habitude me direz-vous. Certes, mais la Marine nationale ne le conçoit pas comme un événement de routine et accorde à nos auditeurs une attention toute particulière. Le fait maritime se caractérise par une diversité d’actions qu’il est utile de rappeler aux acteurs de la société civile. La Marine nationale appréhende en effet la globalité des enjeux de défense et de sécurité. Les présentations faites par le capitaine de vaisseau Guillaume Fontarensky, adjoint de l’amiral Jean-Philippe Rolland commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Frédéric Bordier, lui-même auditeur de la session, ont à la fois souligné la diversité des engagements opérationnels, l’étendue des capacités mises en œuvre et l’importance qu’il fallait concéder au recrutement, la formation et la fidélisation d’une ressource humaine au cœur de la performance de notre Marine nationale. La visite du porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » a parfaitement illustré les interventions antérieures. Il est impressionnant de mesurer l’enthousiasme des officiers de marine, officiers mariniers et marins légitimement fiers de montrer leur outil et de commenter leurs expériences à leurs visiteurs. Ils peuvent être rassurés car leurs messages seront subtilement distillés à l’extérieur.

 

En début d’après-midi de ce vendredi 13 décembre, une présentation très complète de l’action de l’Etat en mer a été réalisée par l’administrateur en chef de 1ère classe Dominique Dubois. C’est ici le fait maritime au quotidien ! Les questions sont celles de l’environnement, de la sécurité de la navigation, du respect de la souveraineté des Etats et de toutes les questions intéressant la gouvernance d’un domaine maritime qui place la France au deuxième rang mondial. Une affaire considérable en somme où le personnel de la Marine nationale tient historiquement toute sa place.

Puis, finalement ce fut au tour du capitaine de vaisseau Pierre Rialland, commandant l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque, de mobiliser l’attention de nos auditeurs sur un segment opérationnel qui suscite toujours un intérêt particulier tant il reste exceptionnel dans la mise en œuvre de ses équipements. Une intervention remarquable qui confirme la vocation navale de notre pays en le plaçant au tout premier plan aux côtés des puissances qui comptent. L’arrivée prochaine de la nouvelle génération de sous-marins nucléaires d’attaque confirme ainsi que nous ne baissons pas la garde dans une activité opérationnelle dont le niveau d’exigence est extraordinairement élevé. La visite de l’ « Améthyste » a évidemment suscité un profond enthousiasme et une très vive admiration. Ceci devait clore cette journée consacrée à la Marine nationale. Une fois de plus, les auditeurs de la 30ème SMHES affirment leur satisfaction et seront, à leur façon, des ambassadeurs de la Marine nationale dont certains la découvraient ici pour la première fois.

A l’issue de ces deux journées particulièrement riches, les auditeurs ont consacré leur samedi matin à la réflexion partagée sur leur thème d’étude. Ils se retrouveront désormais l’année prochaine pour poursuivre leurs travaux. Le chemin parcouru en 2019 augure de très belles choses à venir. Pour l’heure, les fêtes de fin d’année vont permettre de marquer une pause avec, et cette séquence toulonnaise le rappelle, une pensée pour ceux qui assurent notre défense et notre sécurité à la mer.

 

 

Conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale

Le sujet d’études proposé à la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques concerne « les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale ».

Force est de constater qu’en quelques années, la Méditerranée orientale est devenue un espace clef de la géopolitique de l’énergie. En effet, dans un contexte de raréfaction des ressources énergétiques primaires, les découvertes récentes (2009-2015) de gisements d’hydrocarbures offshore dans le bassin levantin en Israël, en Egypte, en 2011 au sud de Chypre et plus récemment en 2018 au large du Liban, offrent aux Etats riverains de nouveaux débouchés économiques.

Cette dynamique nouvelle a amené les Etats du bassin à redéfinir leurs priorités stratégiques, afin de sécuriser leurs ressources et garantir leur indépendance énergétique.

Ces découvertes seront-t-elles l’occasion d’une coopération entre les nations pour se partager cette richesse ou, au contraire, une source de tension, voire d’une escalade militaire, pour la capter à leur profit exclusif ?

Pour tenter de répondre à cette question, la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) a adopté comme méthodologie celle proposée par le professeur Gourdin et confortée par l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Elle repose sur quatre grilles d’analyse : le territoire, les hommes, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs.

Avec cette méthode comme fil conducteur, les auditeurs de la 29ème Session se sont ensuite appuyés sur une approche pragmatique construite autour de conférences, d’auditions, d’interviews, de lectures pour in fine se déplacer à Chypre et y recueillir sur place, avec les acteurs locaux, des informations de contexte permettant d’alimenter la réflexion, l’analyse et les débats.

Nous présenterons donc dans une première partie comment se fait l’articulation entre problématiques énergiques et géostratégiques et ses conséquences sur les équilibres régionaux, pour ensuite évoquer dans une seconde partie trois scenarii possibles assortis de recommandations idoines de nature politique et militaire. Nous conclurons enfin par une recommandation visant les décideurs.

Lire le rapport intégral

 

Séminaire de rentrée pour la 30ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES)

C’est parti ! La 30ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques composée de 25 auditeurs s’est donnée rendez-vous le mercredi 16 octobre au Château de Cadarache pour lancer le cycle 2019-2020.

Une première approche du thème d’étude relatif aux enjeux des nouvelles routes de la soie en Méditerranée a été délivrée par le professeur Patrice Gourdin. C’est sous le prisme d’une province chinoise que ce docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’école de l’air et chercheur associé de l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, a choisi d’aborder la question de ce nouveau défi. En s’intéressant à la province du Xinjiang, il a décliné une forme de matrice géopolitique reposant sur quatre facteurs déterminants que sont la population, le territoire, les représentations géopolitiques et les acteurs extérieurs pour finalement dégager les risques et opportunités pouvant être rattachés aux nouvelles routes chinoises. Ce fut une belle entrée en matière avec une méthode dont les auditeurs pourront peut-être s’inspirer pour conduire leurs travaux.

La promotion de la 30ème SMHES à Cadarache.

Ensuite, la « pression » fut maintenue en présentant le programme de l’année. Un point d’attention a été portée sur les travaux de comité pour rappeler qu’il fallait toujours conserver en ligne de mire le rapport final des travaux de la session. Rendez-vous est donc pris au mois de juin prochain pour soutenir les conclusions d’une année de travail collaboratif. L’exercice est difficile mais les auditeurs seront au rendez-vous de l’université de Toulon dans le cadre de l’attribution d’un diplôme universitaire.

Dès le lendemain, la visite du centre de Cadarache a permis, s’il en était besoin, à la session de mesurer la performance du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cela tombe à point nommé puisque la session compte deux auditeurs issus de ce pôle d’excellence qui poursuivront les explications données à l’occasion de ce rendez-vous. Les savoir-faire dans la conception des chaufferies nucléaires et le réacteur RES ont souligné une expertise hors du commun où la France occupe un niveau d’excellence.

Ces visites tiennent toute leur place dans le déroulement d’une session. La réflexion stratégique doit en effet être conjuguée à la prospective technologique car elle en est souvent interdépendante. Les auditeurs ont été servis ! Car la suite de la visite a été consacrée à celle du chantier ITER.  Ce projet de réacteur de recherche à fusion nucléaire est une exception mondiale. 35 pays participent à la mise en œuvre de ce laboratoire avec pour simplifier, parmi les principaux, les Etats-membres de l’Union européenne, la Chine, la Corée du Sud, les Etats-Unis, l’Inde, le Japon et la Russie. La fusion par compression magnétique… il faut interroger les auditeurs qui ont saisi tous les facteurs déterminants d’un réacteur prometteur pour la production d’énergie et le respect de l’environnement.

Sur le site d’ITER

Dans la soirée de ce jeudi 17 octobre, la session a rejoint la base aérienne d’Orange. Très belle présentation faite par le colonel Jordi Vergé. C’est une première approche des capacités de l’armée de l’air sur les scènes nationale et internationale. Cette base aérienne 115, née en 1939, au nom du « capitaine de Seynes » poursuit, nous dit-il, son envol et participe en permanence à la sûreté aérienne de notre territoire.

Ensuite, c’est un retour au thème de la session avec une intervention de monsieur Emmanuel Puig, sous-directeur de la stratégie au sein de la direction générale des relations internationales et de la stratégie. Docteur en sciences politiques, sinologue, monsieur Puig ne s’aventure pas. Il déroule. Son expertise impressionne et son exposé fait mouche. La Belt and Road Initiative devrait donc bien occuper les auditeurs de la 30ème session.

A l’issue de ces séquences statiques, les auditeurs sont passés à une phase plus dynamique. Le mirage 2000 et son équipage observés de nuit dans sa hangarette alors que le décollage peut être réalisé en quelques minutes seulement ne les ont pas laissés indifférents. La posture permanente de sûreté prend ici toute sa dimension s’inscrivant dans la fonction protection de notre territoire. S’en est suivie la visite dynamique autour d’un hélicoptère Fennec en charge des mesures actives de sûreté aériennes pour l’interception de cibles lentes et d’un groupe de fusiliers commandos dont la mission est de garantir la protection des installations.

Il fallait poursuivre la présentation de l’armée de l’air sur un site d’importance car il constitue l’un des principaux tremplins pour la projection de nos forces en opérations. C’est donc à Istres, le vendredi 18 octobre au matin, que la 30ème Session a fait mouvement pour une présentation plus approfondie encore en l’élargissant aux fonctions stratégiques de projection et de dissuasion. Le colonel Pierre Gaudillière a livré aux auditeurs les clés de lecture indispensables pour comprendre le fait aérien dans sa dimension globale. Une opportunité rare en la circonstance pour compter parmi les premiers auditeurs à découvrir le nouvel avion ravitailleur stratégique Phénix considéré comme un véritable Game Changer pour les forces aériennes. Il faut comprendre ainsi le rôle polyvalent de ce nouveau vecteur qui élargit d’emblée le spectre d’actions dans la nature des opérations aériennes qu’il peut conduire. A l’évidence, au terme de ces deux journées, une très belle image de l’armée de l’air a été adressée à une session qui démarre très vite.

Sur la base aérienne d’Istres.

Pour compléter cette compréhension du monde aéronautique, Dassault Aviation avait mis les petits plats dans les grands. Ce fleuron de l’aéronautique a été présenté à la hauteur de l’image qu’il renvoie dans le monde entier. Monsieur Alexis Durand, ancien auditeur des SMHES, n’a pas boudé son plaisir. La présentation de l’entreprise Dassault et du site d’Istres par le directeur des essais en vol, monsieur Patrick Castagnos, a presque retracé toute l’épopée des essais en vol et de ses équipages, acteurs historiques de l’innovation aéronautique. Les auditeurs ont ensuite parcouru le site en approchant de très près les avions Rafale et Falcon de dernière génération.

Enfin, pour clore ce déplacement, une réception à la préfecture de Région à Marseille a confirmé l’attention qu’il fallait accorder à des auditeurs très impatients d’interroger les grands responsables de l’Etat en Région. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à partager leurs réflexions avec monsieur Pierre Dartout, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et préfet des Bouches-du-Rhône.  Cette rencontre a témoigné de l’attachement qu’il porte à une formation née avec l’institut il y a maintenant 30 ans mais aussi de toute l’importance qu’il accorde à la réflexion de niveau stratégique. Les échanges nourris de ce rendez-vous ont d’ailleurs démontré que des auditeurs d’origines professionnelles très variées veulent prendre part au débat portant sur les grands sujets d’actualité et qu’ils entendent y tenir toute leur place.

Le directeur du centre méditerranéen d’études stratégiques, Patrick Lefebvre et le préfet Pierre Dartout, à la préfecture de région de Marseille.

Ce premier séminaire très prometteur s’est conclu le samedi 19 octobre à Toulon avec la conférence du vice-amiral Olivier Lebas sur le thème « la Méditerranée : enjeux opérationnels pour les armées ». Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée confirme que l’espace méditerranéen est un espace stratégique qui concentre les enjeux et les tensions. Une intervention complète, très riche avec une ouverture sur le thème de la présence chinoise qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Sans surprise, l’adjoint opérationnel du commandant en chef pour la Méditerranée a dressé une présentation complète, très riche avec une ouverture sur le thème qui confirme la pertinence de ce choix pour une session très engagée.

Rendez-vous en novembre désormais à Paris avec de très nombreux rendez-vous. Un agenda tendu en perspective avec une ambiance plutôt détendue mais des acteurs très concentrés et déterminés…