SMHES

La 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques à Paris

Les auditeurs au Quai d’Orsay, lors de la conférence de Gurvan le BRAS du CAPS.

Les auditrices et auditeurs de la 29ème Session méditerranéenne des hautes études stratégiques (SMHES) se sont retrouvés à Paris le 15 novembre 2018 pour leur deuxième séminaire, consacré aux centres de décision de l’action extérieure de la France. Ces trois jours auront également été l’occasion de découvrir qu’un membre de l’Union européenne n’était maître que de 61 % de son territoire.

La première visite a été réservée au Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), un service du Premier ministre qui l’assiste dans l’exercice de ses responsabilités en matière de défense et de sécurité nationale. Dirigé depuis le 5 mars 2018 par Madame Claire LANDAIS, conseillère d’Etat, le SGDSN assure en particulier le secrétariat du conseil de défense et de sécurité nationale. Le général de brigade aérienne Stéphane DUPONT, conseiller pour les affaires de défense, a ainsi détaillé les différentes missions de cette « pièce de cohésion » au sein de l’exécutif, qui coordonne les politiques interministérielles de sécurité et de défense.

Monsieur Edouard GENDROT, affecté au bureau « Environnement et politiques de défense » de la Direction générale des relations internationales et de la stratégie (DGRIS) a rejoint les auditrices et auditeurs au 51, boulevard de la Tour-Maubourg. Notamment chargé de mission auprès du Président du comité de la revue stratégique de défense et de sécurité nationale en 2017, il est revenu sur les principaux enseignements de cette revue après avoir rappelé les fondamentaux de la politique de défense française, dont la primauté du Président de la République, qui permet « un processus décisionnel réactif, adapté à la volatilité du contexte international et à la soudaineté des crises ». Cette spécificité française explique la place centrale qu’occupe la France dans l’Initiative européenne d’intervention, construite autour d’un socle restreint de dix États européens « ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations au service de la sécurité européenne ».

Après un déjeuner pris en commun dans les salons de l’Ecole militaire, les auditrices et auditeurs ont entendu un officier de la Direction du renseignement militaire (DRM) leur décrire la menace à l’horizon 2030 telle qu’elle est aujourd’hui anticipée. La DRM, l’un des six services spécialisés de renseignement aux côtes de la direction générale de la sécurité extérieure, de la direction du renseignement et de la sécurité de la défense, de la direction générale de la sécurité intérieure et des services à compétence nationale dénommés « direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières » et « traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins », relève du chef d’état-major des armées dont elle satisfait les besoins en renseignement d’intérêt militaire.

Cette première journée s’est achevée par une brillante intervention du professeur Jean-Jacques ROCHE, directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de la défense nationale. S’appuyant sur de nombreuses études académiques de référence mondiale, le conférencier a démontré, chiffres à l’appui, que « le monde va mieux, beaucoup mieux même », et qu’il « n’a jamais été aussi peu violent ». Dans une deuxième partie, le professeur Roche s’est attaché à décrypter au profit des auditrices et des auditeurs les raisons pour lesquelles « le sentiment subjectif d’insécurité l’emporte sur l’observation objective de la réalité ». Riches de ces éléments, ces derniers sauront désormais mieux comprendre le monde d’aujourd’hui et anticiper celui de demain et les nouvelles surprises stratégiques qui ne manqueront pas de survenir.

Le vendredi 16 novembre 2018 a été l’occasion pour les auditrices et auditeurs d’approfondir leurs connaissances du bassin oriental de la Méditerranée et de ses enjeux géopolitiques. Monsieur Charalambos PETINOS, conseiller de presse de l’ambassade de la République de Chypre, et le lieutenant-colonel Iacovos MIKELLIDES, attaché de défense, ont dans une présentation à deux voix complété l’exposé délivré par le professeur Patrice GOURDIN en octobre dernier. Cette jeune république, qui a obtenu son indépendance en 1960, connait depuis 1974 l’occupation turque sur plus d’un tiers de son territoire. Le thème d’étude de la 29ème session portant sur les conséquences de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, monsieur PETINOS a plus particulièrement détaillé l’attribution aux grandes compagnies internationales des licences d’exploitation dans la zone économique exclusive chypriote et les violentes réactions turques. La ferme condamnation par le Conseil européen, le 22 mars 2018, des « actions illégales que la Turquie continue de mener en Méditerranée orientale et en mer Égée », et la solidarité « pleine et entière » du Conseil avec Chypre restent dans les mémoires.

La matinée s’est achevée par une présentation de monsieur Nicolas MAZZUCCHI, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique. En moins de deux heures, ce docteur en géographie économique a convaincu les auditrices et auditeurs du bienfondé de leur thème d’étude. Soulignant l’évolution du rapport de force favorable à la marine turque, il a clairement défini les enjeux plus politiques qu’énergétiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures, ouvrant plus largement sur l’indépendance énergétique de l’Union européenne et envers la Russie de Vladimir POUTINE, à la tête de 18 % des réserves gazières de la planète, et de Recep ERDOGAN, qui ambitionne pour la Turquie de devenir le hub gazier de la Méditerranée. L’actualité a raisonné en écho à ces paroles, les dirigeants russe et turc ayant inauguré le 19 novembre 2018 le dernier tronçon du gazoduc TurkStream, d’une capacité annuelle de 31 milliards de m3, destiné en partie à couvrir les besoins énergétiques turcs mais également à alimenter le réseau de l’Union européenne.

Le colonel (air) Fabien KUZNIAK, adjoint au chef de la division Euratlantique, a rejoint les auditrices et auditeurs en début d’après-midi dans la salle mise à disposition par l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (IHESJ) pour illustrer le rôle du pôle « relations internationales militaires » de l’état-major des armées. Constitué des divisions « euratlantique » et « coopération bilatérale Sud » ainsi que du bureau « cohérence – synthèse », ce pôle appuie le vice-amiral Henri SCHRICKE, officier général « relations internationales militaires » (OGRIM), chargé des relations militaires avec les armées étrangères et avec les structures militaires des organisations internationales, notamment de l’Union européenne et de l’OTAN. Illustrant ses propos par une revue des pays du nord de la Méditerranée orientale, le colonel KUZNIAK a démontré la complexité de ces relations bilatérales primordiales au succès des opérations miliaires auxquelles participent les armées françaises. Si la Grèce est membre de l’Union européenne et de l’OTAN, la République de Chypre ne peut se faire entendre qu’au travers des institutions européennes auxquelles la Turquie, membre de l’OTAN, n’a pas accès.

La journée s’est achevée par une présentation des activités du Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, créé en juillet 1973 par Michel JOBERT. Monsieur Gurvan Le BRAS, conseiller des affaires étrangères (cadre d’Orient), a accueilli les auditrices et auditeurs dans les appartements du ministre, leur ouvrant la porte de l’immense salle à manger, exceptionnelle concrétisation des « ors de la République ». Rappelant la mission du CAPS, partagée avec les services spécialisés de renseignement, d’éviter au ministre d’être surpris, monsieur Le Bras s’est étendu sur la diffusion des travaux au travers de la publication des « carnets du CAPS », en particulier du hors-série de l’automne 2017 consacré aux mondes de 2030. Rejoignant fort logiquement les conclusions de la DRM sur le retour des puissances, sur l’émergence de nouveaux pouvoirs et sur la résilience des mouvements violents, la revue des huit mondes conserve toute sa pertinence, et les dernières actualités font craindre que l’avènement du « monde des carnivores » ne marque la fin d’une époque.

La matinée du samedi 17 novembre 2018 a donné la parole à maître Béatrice TRIGEAUD, avocate au Barreau des Hauts-de-Seine et docteur en droit international public. Apportant un éclairage juridique aux différentes conférences des deux précédentes journées, maître TRIGEAUD a introduit le droit international et la complexité d’un monde où seul le bon vouloir des Etats fait foi. Illustrant son propos par des jurisprudences portant sur la délimitation des espaces maritimes, la conférencière a démontré qu’il est impossible de contraindre un Etat à respecter une convention ou un accord auquel il n’est pas parti ou qu’il n’a pas ratifié, malgré les nombreux instruments d’arbitrage, tels que la Cour permanente d’arbitrage de la Haye ou la Cour pénale internationale. Le rendez-vous a été donné en mars 2019, où des tables rondes permettront aux experts de s’exprimer et d’apporter peut-être une solution aux différends qui opposent aujourd’hui la Turquie et la République de Chypre sur la délimitation de leurs zones économiques exclusives.

Les auditeurs durant les travaux de comités dans les locaux de l’IHESJ.

Lancement de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Les auditrices et auditeurs en visite à Istres, au sein du site de Dassault Aviation Essais en vol.

 

Les auditrices et auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont retrouvés au château de Cadarache le 17 octobre 2018 pour le séminaire inaugural consacré aux grands enjeux de la géopolitique de l’énergie.

Monsieur Patrice GOURDIN, docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Ecole de l’Air et chercheur associé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, a prononcé la première conférence du séminaire, baptisée « introduction à la géopolitique ». Le thème d’étude de la session portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, le professeur a choisi d’illustrer son propos par une étude de l’île de Chypre, après avoir rappelé la définition de la géopolitique, l’étude des rivalités de pouvoir (ou d’influence) pour un territoire donné.

La matinée du 18 octobre a permis la découverte des installations du centre de Cadarache, un des 9 centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Les auditrices et auditeurs ont été tout d’abord reçus dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire, rattachée au centre DAM/Ile-de-France. Ils y ont reçu une information sur la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires et des cœurs associés, avant de visiter le réacteur d’essais RES, un réacteur compact à eau pressurisée semblable aux chaufferies nucléaires assurant la propulsion des sous-marins français et du porte-avions Charles de Gaulle.

La visite s’est prolongée par une présentation des vingt installations nucléaires de base, disséminées sur les 900 hectares clôturés du site de Cadarache. Parmi celles-ci, de nombreux réacteurs de recherche, dont le réacteur Jules Horowitz qui, outre sa capacité expérimentale pour étudier le comportement des matériaux et des combustibles sous irradiation, contribuera également à assurer une part importante de la production européenne de radioéléments nécessaires pour l’imagerie médicale.

A l’issue du déjeuner offert par la direction du CEA Cadarache, les auditrices et auditeurs ont bénéficié d’une visite du chantier ITER, « un des plus grands défis de notre civilisation ». Situé à Cadarache à proximité immédiate du CEA Cadarache, le chantier concrétise le développement d’une recherche pacifique sur l’énergie de fusion, proposée en novembre 1985 par Mikhaïl GORBATCHEV au président américain Ronald REAGAN. Le tokamak (acronyme russe pour « chambre toroïdale, bobines magnétiques »), qui pèsera 23 000 tonnes, doit démontrer la maîtrise des technologies requises par un réacteur de fusion. ITER est une étape indispensable pour préparer les réacteurs commerciaux. Le calendrier, validé par les conseils ITER réunissant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, prévoit la génération du premier plasma en 2025 et les premières fusions de deutérium et de tritium en 2035.

De retour au château de Cadarache, les auditrices et auditeurs ont été initiés aux secrets de l’énergie hydroélectrique et des responsabilités d’EDF dans la gestion de l’eau, « une richesse convoitée et contrainte ». S’appuyant sur l’expérience de l’unité de production Durance Méditerranée, le conférencier (et ancien auditeur) Vincent RIVIERE, a présenté la complexité du partage de la ressource, lorsqu’il faut aux ingénieurs d’EDF maintenir une cote des retenues d’eau compatible avec les activités touristiques tout en soutenant les débits à l’aval pour l’irrigation, favoriser les sports en eau vive sans mécontenter les pêcheurs, et bien sûr savoir « turbiner » en réponse à une pointe de consommation électrique. L’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, représente environ 10% de la production d’EDF et une économie de 13 millions de tonnes équivalent au pétrole. La conférence s’est achevée par un survol des principaux conflits potentiels autour de l’eau et des bassins du Mékong, du Nil ou du Tigre et de l’Euphrate, une occasion de découvrir la convention de 1977 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.

Profitant de la proximité des bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres, la matinée du 19 octobre a été consacrée à l’Armée de l’air et aux forces aériennes. Après une présentation générale des missions de l’Armée de l’air et de la vision du chef d’état-major par le commandant en second de l’Ecole de l’air, les auditrices et auditeurs ont été reçus par le commandant du centre de formation aéronautique militaire initiale. Ce centre assure l’initiation au vol ainsi que la formation théorique et pratique des futurs pilotes et navigateurs de chasse, de transport et d’hélicoptère au sein de l’Armée de l’air, de la Marine nationale ainsi que de la Direction générale de l’armement. Pour mener à bien sa mission, il dispose d’un escadron d’initiation au vol à voile, de deux escadrons d’instruction en vol pour les pilotes ainsi que de l’escadron de formation des navigateurs de combat.

Quelques dizaines de kilomètres et de minutes plus tard, les auditrices et auditeurs ont été accueillis par deux anciens auditeurs de Dassault Aviation pour une après-midi consacrée aux essais en vol. Les Essais en Vol (Direction des Essais en Vol et Direction des Bases d’Essais) sont en charge des essais globaux, au sol et en vol, de développement et de qualification/certification des avions civils et militaires, de leurs systèmes embarqués et de leurs systèmes de soutien. L’historique des essais en vol au sein de la société Dassault Aviation a permis de comprendre comment, depuis les temps héroïques où le pilote d’essais « allait voir », l’ingénierie et l’électronique ont permis de préserver la vie des pilotes, tout comme le rôle déterminant de Serge DASSAULT, qui fut directeur des essais en vol de 1955 à 1961, ou le traumatisme causé par la mort en 1967 aux commandes d’un Mirage F1 de René BIGAND, ancien officier de l’Armée de l’air et chef pilote d’essais depuis 1959.

Ce premier séminaire a été conclu le 20 octobre par une conférence prononcée à la Maison du Numérique et de l’Innovation par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri LEULIER de la FAVERIE du CHE. Préfet maritime de la Méditerranée, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée, CECMED a présenté les enjeux géopolitiques de sa zone de responsabilité, un espace stratégique restreint qu’un bâtiment peut parcourir en une journée de nord en sud et en quatre jours d’est en ouest. Marquée par les zones d’instabilité de Libye, de Syrie mais également d’Ukraine, la Méditerranée héberge 25 % du trafic maritime mondial, 30 % du trafic d’hydrocarbures et les deux tiers des approvisionnements de la France. Rappelant que la Méditerranée était également un espace convoité pour ses ressources, le vice-amiral d’escadre du CHE a terminé sa conférence par quelques conseils au profit des auditrices et des auditeurs, orientant ainsi les travaux qu’ils seront menés à conduire au fil des huit prochains séminaires.

 

Après la visite du chantier ITER

28° SMHES – Au cœur de Naval Group et de la 3ème division « Monsabert »

Les auditeurs de la session 2017-2018 méditerranéenne des hautes études stratégiques ont été accueillis le 15 mars 2018 sur le site d’Ollioules par monsieur Julien Mifsud, directeur et DRH du site.

Situé au cœur du Technopôle de la Mer, le site Naval Group de Toulon-Ollioules est le centre névralgique des activités de haute technologie du Groupe et plus largement des systèmes navals de défense made in-France. Naval Group rassemble à Ollioules plus de mille cadres et ingénieurs spécialisés dans le développement de systèmes de combat complexes équipant les navires militaires.

Avant de visiter le showroom, vitrine des évolutions technologiques développées par Naval Group au profit des prochaines frégates et sous-marins de la Marine nationale, les auditeurs ont profité d’une présentation des grands enjeux de Naval Group face à la concurrence internationale. Malgré d’excellents résultats financiers, le Groupe est en effet confronté à une concurrence acharnée des acteurs industriels européens et mondiaux. Si des partenariats ont été trouvés, tels celui passé avec Fincantieri, illustré par le lancement quasi-simultané des frégates Antonio Marceglia et Normandie, l’arrivée de nouveaux constructeurs, turc ou chinois nécessite d’être toujours à la pointe de la technologie et de l’innovation, qualités qui caractérisent les fleurons de Naval Group, tels que la corvette Gowind, déjà commandée à plus d’une dizaine d’exemplaires, ou la frégate de taille intermédiaire Belh@rra.

L’évocation de cette frégate « numérique » introduisait tout naturellement aux présentations dédiées aux technologies de l’information, avec une visite consacrée à la nouvelle infrastructure navale embarquée ACCESS (Afloat Common Computing Evolutive and Secured System Project) qui sera mise en œuvre de façon native sur cette frégate. Les auditeurs ont achevé cette journée par une présentation de la vision Naval Group de la cybersécurité, caractérisée par la création récente du CSIRT (Computer Security Information Response Team), équipe d’une dizaine d’ingénieurs dédiée à l’anticipation et à l’analyse de la menace et à la réponse aux incidents.

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La journée du 15 mars s’est achevée par une conférence donnée par monsieur Moïse Moyal, référent sécurité des systèmes d’information pour la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). Créée par le décret n° 2009-834 du 7 juillet 2009, l’ANSSI assure la fonction d’autorité de défense et de sécurité des systèmes d’information. Elle a notamment pour mission de proposer les mesures destinées à répondre aux crises affectant ou menaçant la sécurité des systèmes d’information des autorités publiques et des opérateurs d’importance vitale mais également de proposer les mesures de protection des systèmes d’information.

L’importance de ces missions essentielles à la sécurité nationale a été souligné par l’étude d’impact annexée au projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2019 à 2025 : « à l’issue de la révélation d’une vulnérabilité majeure affectant les systèmes Windows, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information avait réalisé début 2017 des tests techniques lui permettant d’identifier plusieurs milliers d’adresses IP vulnérables en France. L’agence avait alors demandé aux opérateurs de communications électroniques d’alerter les détenteurs des systèmes concernés, mais n’a reçu aucun engagement de la part de ces derniers. Quelques mois plus tard, le code malveillant WannaCry utilisait cette même vulnérabilité pour se propager massivement en France. »

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Après une journée centrée sur les nouvelles technologies, le 16 mars 2018 a remis l’homme au cœur du système avec une visite de l’état-major de la 3ème division, établi au quartier Rendu, dans le 9ème arrondissement de Marseille. L’ancre de marine conservée à l’entrée du quartier rappelle que le 72ème régiment (puis bataillon) d’infanterie de marine a occupé les lieux de 1991 à 2009.

Créée le 20 juin 2016 dans le cadre du projet « au contact » de l’armée de terre, la 3ème division Scorpion reprend les traditions de la 3ème division d’infanterie algérienne, qui avait libéré la cité phocéenne en 1944, emmenée par le général Joseph de Goislard de Monsabert. Elle engerbe sous les ordres du général de division Bruno Guibert trois brigades, la 11ème brigade parachutiste, la 6ème brigade légère blindée et la 2ème brigade blindée.

Accueillis par le général de brigade Michel Ledanseur, les auditeurs ont bénéficié d’une présentation générale des récentes évolutions de l’armée de terre et de l’activité de la 3ème division, complétant ainsi les éléments recueillis au Cannet-des-Maures en décembre 2017. Répondant totalement aux attentes de l’Institut FMES et à l’importance de montrer la réalité de l’action des forces armées, les officiers ont fait part de leur expérience au sein de la force Barkhane, mais également dans les entités de l’Union européenne (EUTM Mali) ou des Nations Unies (MINUSMA), offrant ainsi une superbe transition entre le séminaire de février, dédié à l’Union européenne, et celui d’avril, qui se déroulera au Palais des Nations de Genève.

De ces deux journées, c’est sans doute la vidéo présentée dans un silence de cathédrale par le GB Michel Ledanseur qui aura le plus marqué nos auditeurs, qui pendant 1 minute et 15 secondes, auront partagé la vie de nos forces spéciales.

VA(2S) Alain Christienne, directeur du centre méditerranéen des études stratégiques.