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« Terminé barre et machines » pour la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » autour du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN.

Que le temps est passé vite pour les 36 auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » depuis leur première escale parisienne et leur colloque d’ouverture fin septembre 2019. Leurs navigations les auront conduit le long du littoral français à Boulogne, Brest, Calais, Dunkerque, Lorient, Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Toulon, mais également en Europe à Bruxelles, La Haye et Rotterdam et enfin en Corée à Séoul, Inchon, Busan et Ulsan. Et c’est un peu groggy par « le mal de terre » et avec une nostalgie non feinte qu’ils se sont retrouvés le 14 juin à l’École militaire pour leur dernier séminaire.

Ils y ont tenu le traditionnel « colloque des auditeurs », présidé par le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, pour lui présenter ainsi qu’à l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine et à Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du Cluster maritime français, le résultat de leurs réflexions sur les sujets qui les ont animé toute l’année. Il s’agissait des politiques et des stratégies de la France en Indo-Pacifique, vis-à-vis de ses territoires ultramarins et dans le domaine portuaire.

A l’image de l’investissement des auditeurs et de leur cohésion forgée au cours de l’année, les présentations et les débats furent particulièrement riches et intéressants entre les auditeurs et leurs invités. Parmi ces derniers étaient présents les auditeurs des anciennes sessions, qui n’étaient pas les derniers à pousser leurs successeurs dans leur retranchement.

Après les interventions du général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, de Frédéric Moncany et de l’amiral Christophe Prazuck, le préfet Denis Robin a clôturé le séminaire en félicitant les auditeurs pour leurs travaux puis en leur livrant ses réflexions sur les enjeux maritimes actuels et futurs de la France. Que les pistes ainsi ouvertes rassurent les futurs auditeurs : il reste du pain sur la planche pour les prochaines sessions !

C’est avec la satisfaction du devoir accompli, beaucoup de nostalgie mais la certitude de se revoir bientôt – les futures escales sont déjà programmées – que les auditeurs ont reçu leur diplôme bien mérité. Le banquet s’est terminé tard dans la nuit, rythmé par les rires et les chants de marin.

Le préfet Denis Robin, Secrétaire général de la mer, prononçant son intervention de clôture de la session.

La Corée accueille les auditeurs de la 4e session nationale de l’IHEDN « Enjeux et stratégies maritimes » pour leur mission de fin d’étude

Isolée du continent asiatique par une frontière extrêmement hermétique, la Corée du Sud est devenue un « Etat quasi insulaire » et a construit son développement exceptionnel sur son économie maritime constituant pour les auditeurs une destination idéale. Un programme de 6 jours particulièrement dense leur a offert l’opportunité de nombreuses visites et rencontres permettant de riches débats animés par des personnalités de très haut niveau sur des sujets maritimes variés.

Dès l’après-midi de leur arrivée, ils ont été accueillis à l’ambassade où S.E.M. Fabien Penone, ambassadeur de France en Corée du Sud, assisté de ses grands conseillers, leur a donné les principales clés de lecture pour appréhender ce pays qui connait un essor économique exceptionnel. En effet, de 3ème pays le plus pauvre du monde à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, la Corée du Sud est devenue la 11ème puissance économique mondiale. Mais quelle ne fut pas leur surprise en arrivant à l’ambassade de découvrir les photos de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello entourées de fleurs déposées par des Coréens anonymes reconnaissants envers les deux commandos marines français qui avaient donné leur vie pour la libération d’otages parmi lesquels une Sud-Coréenne.

Le général de corps d’armée Patrick Destremau, directeur de l’IHEDN, le vice-amiral d’escadre (2s) Gérard Valin, responsable des sessions nationales “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN, et le général de brigade Guillaume Grimaux, commandant de la Gendarmerie maritime, devant l’ambassade de France en Corée du Sud, où des fleurs ont été déposées à la mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello.

Intervention de S.E.M. Fabien Penone devant les auditeurs et des personnalités sud-coréennes.

Le lendemain, les auditeurs ont eu d’abord l’occasion d’aborder les grands enjeux de sécurité maritime auxquels sont confrontés la Corée du Sud avec Patrick Defranoux, président de Thales Korea, et avec le président et des chercheurs du Korea Institute for Maritime Strategy (KIMS), partenaire de l’institut FMES qui apporte son expertise maritime à l’IHEDN pour la session nationale « Enjeux et stratégies maritimes ».

L’après-midi fut consacrée à des rencontres plus institutionnelles, au ministère de la Défense nationale d’abord, puis à l’Assemblée nationale, où M. Song Yong-Gil, député sud-coréen, leur a présenté les grands enjeux de la réunification entre les deux Corées.

À l’Assemblée nationale avec le député SONG Yong-Gil

Le mercredi, un dernier passage à l’ambassade de France a permis aux auditeurs d’échanger avec S.E. M. Park Heung-Kyeong, ambassadeur pour les Affaires arctiques de la République de Corée et avec des représentants du ministère des Océans et des Pêches coréen. Ils purent ainsi poser de nombreuses questions sur les ambitions de la Corée du Sud en Arctique – qui a obtenu le statut d’observateur du Conseil de l’Arctique en 2013 – et sur la politique qu’elle conduit pour rendre ses ports plus attractifs face à la forte concurrence de ses voisins.

S.E. M. Park Heung-Kyeong, ambassadeur pour les Affaires arctiques de la République de Corée

Les auditeurs sont ensuite partis à la découverte du port d’Incheon où ils ont visité le KGC Tae Pung Yang VIII 3008, frégate de 3000 tonnes, l’un des fleurons des garde-côtes sud-coréens qui jouent un rôle majeur dans cette Nation maritime par excellence.

La 4e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” à bord du KGC Tae Pung Yang VIII 3008

Le jeudi, après une soirée passée à découvrir les spécialités culinaires de Séoul, capitale réputée pour sa cuisine de rue (street food), la session s’est rendue à l’état-major de la seconde flotte, stationné à Pyeongtaek. Les auditeurs furent d’abord accueillis par le directeur du musée des Incidents des îles du Nord-Ouest, où leur furent ensuite présentés les enjeux de mémoire liés à l’incident de Baengnyeong, autrement dit le naufrage en 2010 d’une corvette de la Marine coréenne, le Cheonan, torpillée par la Corée du Nord, causant la mort de 46 marins. Ensuite, rejoints par le commandant de la seconde flotte, Coréens et Français réunis par une même émotion, ont respecté une minute de silence à la mémoire de ces marins, au pied de l’épave du Cheonan, renflouée, rénovée et exposée au public au sein de la base navale.

Les auditeurs devant l’épave du Cheonan

Ensuite, les auditeurs ont été reçus de façon particulièrement chaleureuse et professionnelle par la Korea National Defense University (KNDU) dont la fanfare a accueilli les auditeurs à leur arrivée. Cette université de grande renommée est un partenaire de choix pour l’IHEDN qui a signé avec elle un accord de coopération en 2017. L’après-midi, consacrée à un séminaire conjoint entre les deux instituts, a permis des échanges et des débats très riches sur des sujets stratégiques aussi variés que l’influence croissante de la Chine sur la scène internationale – notamment à travers la “Belt Road Initiative” (BRI) – ou les enjeux de sécurité maritime contemporains au premier rang desquels le climat et la protection de la biodiversité marine.

Accueil en fanfare à la Korea National Defense University (KNDU)

Échange de cadeaux avec le général de corps d’armée LEE Seok Gu, président de la KNDU

Les auditeurs à la Korean National Defense University (KNDU)

Cap ensuite au sud-est vers le cœur de l’industrie maritime coréenne pour atteindre Ulsan, ville côtière profondément marquée par l’industrie navale, et profiter d’une nuit bien méritée après un long trajet en bus à travers la campagne coréenne.

Le programme du vendredi fut aussi dense que celui des jours précédents. Dès potron-minet, les auditeurs furent accueillis par le général Ha dans les superbes locaux des garde-côtes du port de la ville équipés de système de contrôle particulièrement modernes, performants et – petite satisfaction – de fabrication française.  Quatrième port au monde pour le transport de liquide, avec 200 millions de tonnes de transits annuels, Ulsan abrite également une construction navale florissante. Le trafic maritime y croît donc sans trêve d’année en année comme le rôle des Garde-Côtes.

La 4e Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” chez les Garde-Côtes d’Ulsan

Toujours à Ulsan, les auditeurs se sont ensuite rendus chez Hyundai Heavy Industries, plus grand constructeur naval au monde, chantiers duquel sont lancés près de 50 navires par an. Cette fulgurante réussite industrielle qui a transformé un village de pêcheur en épicentre du monde maritime depuis 1972, est due à la puissance du groupe Hyundai, l’un des “Chaebol” (grand conglomérat industriel familial) sud-coréens, qui a su intégrer les différentes filiales de son groupe pour maximiser l’efficience de son chantier naval, tout en offrant des solutions globales aux clients du groupe. Hyundai Heavy Industries espère ainsi conserver sa position de chef de file international de la construction navale, en se concentrant notamment sur le lancement de navires et plates-formes à haute valeur technologique. Au cours de cette visite, les auditeurs ont pu apprécier la démesure de ce chantier avec ses quatre kilomètres de quais, ses dizaines de portiques monumentaux capables de soulever les blocs qui, une fois soudés par les 10 000 ouvriers du site, permettent l’assemblage des navires.

Les auditeurs chez Hyundai Heavy Industries, premier chantier naval du monde

La session s’est ensuite dirigée vers Busan, deuxième ville du pays, impressionnante par son étendue, et le contraste flagrant entre la verticalité de ses nombreuses tours et son riche front de mer, où se mêlent plages, ports de pêche, de plaisance et port industriel.

Les auditeurs se sont d’abord rendus au commandement de la Marine de la République Sud-coréenne (“ROK Fleet”), où le vice-amiral Hwang, directeur du centre des opérations maritimes a donné une dimension toute particulière à cette rencontre par sa présentation des enjeux de cette Marine, régulièrement confrontée à des offensives de la part de son voisin du Nord, qui dispose d’un spectre capacitaire étendu, et participe à de nombreux exercices internationaux. Avec ses 70 aéronefs, 140 bâtiments de surface et 10 sous-marins, elle représente d’ailleurs un allié de poids pour la France en Asie. Au point que nos marines ont effectué onze exercices conjoints d’interaction (“Passex”) depuis 2002.

 Avec le vice-amiral Hwang devant le “ROK Fleet” Command

Toujours à Busan, les auditeurs se sont rendus au cimetière du mémorial des Nations unies en Corée, seul cimetière de l’ONU au monde. Ils y ont déposé une gerbe devant le monument dédié aux soldats français du Bataillon de Corée morts lors de la guerre de Corée (1950-1953), en leur hommage, mais aussi en mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello. Ils eurent ensuite le grand honneur de participer à la cérémonie des couleurs.

Dépôt de gerbe et Marseillaise a capella au monument dédié aux soldats français

 Cérémonie des couleurs au cimetière de la guerre de Corée avec les soldats de l’ONU

Enfin, avant de rentrer à Séoul par le KTX, dérivé du TGV français, les auditeurs ont eu le temps de découvrir le marché aux poissons de Busan, le plus grand de Corée du Sud, pour y faire des découvertes surprenantes et des dégustations pour le moins exotiques…

Plus culturel, le samedi n’en a pas été moins riche et émouvant. En effet, les auditeurs se sont d’abord rendus au Mémorial de la guerre de Corée pour un dépôt de gerbe et un ultime hommage à nos soldats morts pour la France. A 10 000 km des Invalides ont été lues par l’un des leurs les paroles du chant entonné par le commando Hubert lors de la cérémonie en mémoire de Cédric de Pierrepont et d’Alain Bertoncello avant que la Marseillaise ne retentisse à nouveau en plein centre de Séoul sous le regard admiratif de Coréens chez qui le devoir de mémoire est profondément ancré.

Dépôt de gerbe et Marseillaise a capella devant la stèle des soldats du Bataillon de Corée français mort pour la France  

Après la visite de ce mémorial impressionnant puis de celle du palais royal de Gyeongbokgung cœur de l’âme coréenne, et du quartier d’Insadong particulièrement animé, cette mission s’est conclue par un dîner traditionnel coréen. Ce fut l’occasion pour les auditeurs de remercier l’attaché de défense, le colonel David Johan, et son adjoint, le premier-maître Brenier, pour leur investissement dans la réussite de cette mission en Corée qui fut à la fois dense, riche et passionnante.

La 29ème Session SMHES « au contact » de l’armée de Terre

A l’occasion de leur huitième et avant-dernier séminaire, les auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégique ont été accueillis dans trois formations de l’armée de terre stationnées dans la région Sud Provence Alpes Côte d’Azur. Le séminaire s’est prolongé par une conférence, ouverte aux adhérents de l’Institut FMES, traitant des accords internationaux et de la souveraineté des Etats puis par une table ronde portant sur la recherche d’une solution juridique aux différends sur la délimitation des espaces maritimes chypriotes.

Les auditeurs ont été accueillis le jeudi 16 mai 2019 à Marseille par le général de division Bruno Guibert, commandant la 3ème division, qui engerbe, pour reprendre les termes en usage, 25 régiments relevant des 2ème brigade blindée, 6ème brigade légère blindée et 11ème brigade parachutiste. Deux grands thèmes ont soutenu la présentation générale. Tout d’abord, nos hôtes ont insisté sur la remontée en puissance décidée après les attentats de janvier 2015, qui a permis de porter les effectifs de la force opérationnelle terrestre de 66 000 à 77 000 militaires, conformément à son nouveau contrat opérationnel qui intègre désormais un déploiement majeur et permanent sur le territoire national. A également été présenté le nouveau modèle d’armée baptisé « Au Contact », élaboré pour tenir compte du contexte opérationnel et supprimer « certaines rigidités apparues depuis le passage à une armée professionnelle ». Ce modèle repose sur un rééquilibrage entre les fonctions stratégiques, avec un accent plus marqué sur les fonctions de prévention et de protection du territoire national, la mise en œuvre d’un spectre complet de capacités et un changement de génération des capacités terrestres, avec l’avènement des nouveaux équipements du programme SCORPION.

La présentation s’est poursuivie par trois exposés permettant aux officiers de l’état-major de partager leur expérience sur Barkhane, opération lancée le 1er août 2014, qui « vise en priorité à favoriser l’appropriation par les pays partenaires du G5 Sahel de la lutte contre les groupes armés terroristes (GAT), sur l’ensemble de la bande sahélo-saharienne ». Parmi les multiples missions auxquelles contribue l’armée de terre, il a également été possible de découvrir la vie quotidienne du détachement français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban, établie en mars 1978 et le rôle déterminant de l’officier français inséré au sein de la Multinational Force & Observers, une organisation internationale chargée de contrôler l’application du traité de paix israélo-égyptien sur la frontière orientale du Sinaï.

A l’issue du déjeuner, les auditeurs ont progressé d’une vingtaine de kilomètres dans l’est pour gagner le camp de Carpiagne, occupé depuis juillet 2014 par le 1er régiment étranger de cavalerie, un des sept régiments constituant la 6e brigade légère blindée. Accueillis par le colonel Olivier Baudet, ils ont pu échanger avec les nombreux légionnaires mobilisés pour présenter les principaux équipements du régiment, parmi lesquels les engins blindés AMX-10 RC-R (Roues-Canon rénovés). Evoquant leur métier avec une pointe d’accent tantôt mongol, tantôt roumain, tantôt indéterminé, les légionnaires ont été fidèles à la réputation de ce corps légendaire. C’est avec une grande fierté qu’ils attendent l’arrivée des premiers engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar, emblématiques du programme SCORPION, qui « vise à créer un système de combat tactique évolutif et flexible, à même de remplir toutes les missions opérationnelles présentes et futures de l’armée de Terre ». La journée s’est achevée sans surprise autour d’un verre de Puyloubier, issu du domaine éponyme où s’est installé en 1954 l’Institution des invalides de la légion étrangère.

Poursuivant leur découverte de l’armée de terre, les auditeurs se sont retrouvés le vendredi 17 mai 2019 au Cannet des Maures, devant l’entrée de la base école général Lejay, du nom du premier commandant de l’aviation légère de l’armée de terre (ALAT). Reçus par le général de brigade Jean Bouillaud, commandant l’École de l’aviation légère de l’armée de terre, entouré par des représentants du Centre de formation interarmées NH 90 et de l’École franco-allemande du Tigre, ils ont pu se projeter dans la troisième dimension et appréhender la spécificité de l’aérocombat. Fort d’un parc de 320 aéronefs totalisant 75 000 heures de vol par an, l’ALAT comptabilise 53% du parc étatique des voilures tournantes, loin devant l’armée de l’Air (17%) et la Marine nationale (11%). L’action de ces hélicoptères a été déterminante dans le succès des derniers engagements dans le Sahel (opération Serval), en Libye (opération Harmattan), en Afghanistan (opération Pamir), en Côte d’Ivoire (opération Licorne) ou en République centrafricaine (opération Sangaris), ces aéronefs ayant contribué de façon majeure à la destruction des éléments adverses, sans qu’aucune perte civile n’ait été observée au cours des dernières opérations citées. Seule ombre au tableau, la faible disponibilité du parc a été évoquée en toute transparence, illustrant ainsi une défaillance bien identifiée par la ministre des armées, qui avait annoncé dès décembre 2017 une série de mesures destinées à améliorer la disponibilité des aéronefs militaires. Le général de brigade Jean Bouillaud a conclu ces trois demi-journées pleinement consacrées à l’armée de terre en rappelant les objectifs de l’ALAT de disposer des capacités nécessaires pour affronter victorieusement les bulles de déni d’accès qui se multiplient, par exemple le long des rivages de la Méditerranée.

La journée s’est achevée par une conférence prononcée par un ancien conseiller militaire de la représentation permanente de la France auprès de de la Conférence du désarmement à Genève. S’appuyant sur une longue expérience des négociations internationales, l’orateur a détaillé les règles non écrites dont le respect permet l’élaboration consensuelle des décisions internationales, tout en garantissant la souveraineté des Etats. Il est revenu sur le positionnement des diplomates et des militaires qui les conseillent et sur les nombreux outils à leur disposition leur permettant de rallier à leur cause les nations « hésitantes ». Le lendemain matin, maître Béatrice Trigeaud, avocate au barreau des Hauts-de-Seine, a permis aux auditeurs d’approfondir leurs réflexions sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, en présentant les multiples modes de résolution du différend opposant la Turquie à la communauté internationale sur la délimitation des espaces maritimes entourant l’île de Chypre. En présence du commissaire général adjoint au préfet maritime de la Méditerranée, chargé de l’action de l’État en mer, une table ronde a suivi cet exposé magistral, sans que les « difficulté substantielles » ne trouvent de solution évidente, la Turquie n’étant pas partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer et la République turque de Chypre du Nord restant une entité sans substance juridique, reconnue uniquement par la Turquie.

Le séminaire de clôture se tiendra du 13 au 15 juin 2019 à Toulon et verra le président de l’Institut FMES et le représentant du directeur de l’IHEDN remettre leurs diplômes aux auditeurs.

 

29ème SMHES à Genève : au cœur du multilatéralisme et des institutions internationales

Les 17 et 18 avril, les 20 auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont rendus à Genève pour leur 7ème séminaire basé sur les institutions internationales.

La première matinée s’est déroulée à l’Humanitarium du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après une vidéo recensant les activités de l’organisation internationale, Pascal Daudin, ex-conseiller à la direction du droit international et des politiques humanitaires fraichement retraité, a fait le déplacement spécialement pour les auditeurs. Il a présenté les activités du CICR autour du thème « Les nouveaux défis de l’action humanitaire dans les zones à risques ». Cette conférence a été l’occasion d’apprendre les circonstances de la création du CICR, imaginé durant la bataille de Solferino par Henry Dunant. Possédant une identité duale – normative et opérationnelle – le CICR, qui est basé sur une action neutre, indépendante et impartiale, possède un budget de 2 milliards de dollars par an et bénéficie de 80 délégations à travers le monde. Pascal Daudin a évoqué le déclin du multilatéralisme dans un contexte géopolitique mondial où le souverainisme est exacerbé. Ce phénomène rend difficile l’intervention dans certains Etats qui y voient une ingérence. Ce climat questionne sur le devenir du CICR et plus globalement de l’action humanitaire, notamment avec l’émergence des nouvelles technologies.

A l’Humanitarium du CICR.

A l’issue de cette conférence, Brian McQuinn, chercheur diplômé de l’université d’Oxford a donné une analyse des groupes armés non étatiques. Spécialiste de la Libye, il travaille avec plus de 100 groupes armés à travers le monde.

La matinée s’est poursuivie à la villa des Ormeaux où travaillent les deux ambassadeurs français auprès des organisations internationales : Yann Hwang et François Rivasseau. Yann Hwang est le représentant de la France auprès de la Conférence du désarmement à Genève tandis que François Rivasseau est le représentant permanent de la France auprès de l’Office des Nations unies à Genève et des organisations internationales en Suisse.

Après un déjeuner dans le jardin de la villa permettant une splendide vue sur la ville de Genève où les auditeurs ont pu tour à tour discuter avec M. l’ambassadeur Yann Hwang, la diplomate égyptienne Heidi Serry a évoqué l’amitié franco-égyptienne, la coopération euroméditerranéenne et les défis auxquels Le Caire est confronté, notamment le terrorisme ou les migrations illégales. Ces thèmes font partie des priorités de l’Egypte depuis février, date qui marque le début de sa présidence de l’Union africaine.

L’ambassadeur Hwang, en poste depuis septembre 2018 à Genève, a expliqué la notion du désarmement aux auditeurs. Ce terme faisant référence à la contrainte de l’arme et de sa possession, il s’agit d’un droit à vocation universelle auquel tous les Etats sont supposés s’engager. Née après la Première guerre mondiale, cette idée a réémergé à l’issue de la Seconde guerre mondiale à Genève : la course aux armements doit être régulée par le droit. L’ambassadeur a donné un éclairage sur les Etats et leurs rapports à la notion de désarmement.

Les auditeurs en présence de l’ambassadeur Hwang

A l’issue de ses propos, les auditeurs se sont entretenus avec les conseillers de l’ambassadeur. Benjamin Weizs, son premier conseiller a dressé un tableau sur le métier de diplomate et a donné des éclairages sur l’immunité diplomatique. Les diplomates sont en effet les canaux de communication entre les Etats.

Le conseiller militaire de l’ambassadeur, le colonel Pascal Levant, a donné un discours franc sur la place qu’occupe la France dans le désarmement. Parce qu’elle fait la guerre, produit, utilise et vend des armes, Paris fait figure de « mauvaise élève ». Toutefois, la commission de désarmement a pour mission de défendre ses intérêts. Les auditeurs ont appris que la Conférence du désarmement à Genève repose sur le consensus. Or, cette notion est difficile à atteindre. On parle alors de blocage des institutions, notamment du fait des positions américaine et russe.

La fin de l’après-midi a été marquée par l’intervention de M. l’ambassadeur François Rivasseau, représentant permanent de la France auprès de l’ONU et des 37 organisations internationales à Genève. Ses missions à Genève sont duales. D’abord, il doit représenter la France à travers l’influence et la défense des intérêts français. D’autre part, il a pour mission d’œuvrer en faveur des droits de l’homme. A ce titre, les sujets humanitaires en lien avec le CICR, l’OIM, l’UNHCR sont nombreux, d’autant plus que les crises sont bloquées. Il est plus aisé pour les interlocuteurs de se rencontrer à Genève plutôt qu’à New York, siège de l’ONU. Dans la ville suisse, François Rivasseau a expliqué que le multilatéralisme se faisait « au jour le jour », le contexte étant moins « abrasif » qu’à New York.

Le vice-amiral d’escadre (2s) Pascal Ausseur, directeur de l’institut FMES et l’ambassadeur François Rivasseau

Ses propos ont laissé place à l’intervention de Cécile Mahé, déléguée permanente adjointe auprès Délégation permanente de la France auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’OMC est une organisation indépendante comptant 164 Etats membres, les derniers pays ayant adhéré étant le Libéria et le Yémen. L’Union européenne est en charge de négocier à la place de Paris. Quant à la France, elle « explique et écoute ». Avec un budget de 200 millions de francs suisses, l’OMC vit des contributions de ses membres. A ce titre, la France en est la 6ème contributrice en 2019. Cécile Mahé a donné une description complète et honnête des problèmes que traverse l’OMC notamment s’agissant des cycles de négociations qui sont longs et qui nécessitent un consensus.

Cette première journée s’est conclue par l’inauguration du « chalet de la paix » dans le jardin de la Villa des Ormeaux.

Jeudi 18 avril qui marque la deuxième journée de séminaire a été consacrée à l’Organisation des Nations unies (ONU) et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Dans le bâtiment historique de l’ONU, inauguré à l’époque de la Société des Nations, Alexandre Carette, assistant presse a détaillé l’organisation, ses activités et les enjeux contemporains que pose le multilatéralisme. Tandis que l’ONU compte actuellement 193 Etats membres, pas moins de 10 000 réunions se tiennent chaque année dans l’enceinte du bâtiment. L’ONU est le symbole même du multilatéralisme, son idée de départ étant de construire un monde où les camps de concentration et la Seconde guerre mondiale ne devaient plus arriver. L’organisation officie à Genève, « capitale des droits de l’homme ». En effet, dans cette ville se trouvent les sièges du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, du Conseil des droits de l’homme ou encore des organes des traités des droits de l’homme.

La matinée s’est poursuivie au siège de l’Organisation mondiale du commerce avec l’intervention de Pierre Latrille, conseiller, division de l’examen des politiques commerciales. Ses propos ont complété ceux de Cécile Mahé la veille et ont donné un éclairage sur la stratégie de l’OMC.

Après un déjeuner dans la cafétéria de l’ONU, les auditeurs de la 29ème session SMHES ont assisté à la conférence de Luc Brandt, conseiller spécial au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Une vidéo a présenté l’action de l’organisation. Luc Brandt a détaillé les caractéristiques des réfugiés et leur parcours pour accéder à l’asile. Il a toutefois expliqué que le système d’asile est actuellement en crise alors que le monde compte environ 25 millions de réfugiés – la plupart originaires du Soudan du Sud, d’Afghanistan et de Syrie. Avec un budget annuel total de 7 milliards de dollars, le UNHCR est également en charge de l’installation de ces migrants, conformément aux demandes des pays d’accueil. Les Etats-Unis figurent à la première place des donateurs tandis que la France est à la 14ème position.

 

Le séminaire international s’est achevé avec Azzouz Samri, chef de la division des organes directeurs et conseiller régional pour l’Afrique par intérim qui a décrit les activités de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Après un bref historique de l’OIM, Azzouz Samri a décrit le profil des migrants avec des chiffres et a donné l’étendue des missions de l’OIM. L’OIM agit afin relever les défis que pose la gestion des flux migratoires, entend favoriser la compréhension des questions de migration, promeut le développement économique et social à travers les migrations et œuvre au respect de la dignité humaine et au bienêtre des migrants. Son champ d’action est étendu et concerne le développement humain, la santé, le rapatriement et la consolidation de la paix.

Au cœur de « Genève internationale », les auditeurs ont reçu un message fort sur le multilatéralisme. Motivé par un idéal de paix, le multilatéralisme est indispensable au maintien de la paix et à la garantie des droits de l’homme. Toutefois, les interlocuteurs rencontrés ont souligné la difficulté que connait actuellement cette notion et les enjeux auxquels elle est confrontée.

 

Escales à Bruxelles, La Haye et Rotterdam pour la mission « Europe » de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs réunis au Parlement européen autour de M. Marc Valleys

La première navigation hors de France des auditeurs de la 4e Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » fut européenne. Du 1er au 3 avril, ils se sont ainsi rendus à Bruxelles, cœur des institutions européennes, et aux Pays-Bas, Etat-membre de l’Union européenne (UE) maritime par excellence, qui a bâti sa prospérité sur le commerce maritime. Ils purent ainsi découvrir les grands enjeux maritimes de l’Union européenne, les politiques et les stratégies mises en œuvre pour y faire face, et la manière dont la France coopère avec ses alliés européens pour construire une Europe forte et prospère.

Dès la première matinée, la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne (RPUE) a plongé les auditeurs dans l’atmosphère européenne. S.E. M. Nicolas Suran, ambassadeur, représentant permanent de la France au Comité politique et de sécurité de l’UE, a abordé les enjeux sécuritaires du Brexit et ses conséquences pour la France et son positionnement au sein de l’UE.

Réflexions avec S.E.M. Nicolas Suran

Le vice-amiral d’escadre Chaperon, représentant militaire français auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, s’est concentré sur les questions militaires et maritimes avec, notamment, un éclairage spécifique sur le délicat partage des rôles entre l’OTAN et l’UE. Ce sujet particulièrement sensible touche directement la souveraineté des Etats-membres. Enfin, M. Truelle et M. Avrillier, conseillers « pêche » et « transport » de la RPUE, ont permis aux auditeurs de découvrir l’importance de ces sujets au cœur de la politique maritime intégrée de l’Union, et notamment la façon dont la politique commune de la pêche a permis la reconstitution de certains stocks de poissons. Tous ces représentants de la France à Bruxelles contribuent, chacun à leur niveau, à améliorer le dialogue et la compréhension entre les échelons national et communautaire. Ils promeuvent la vision, les positions et les intérêts de la France auprès de ses partenaires européens. Pour clore cette matinée, le Secrétaire général de la mer, Denis Robin, premier inspirateur de la session, a présidé le déjeuner des auditeurs avec lesquels il a eu de nombreux échanges.

Le vice-amiral d’escadre Chaperon répond aux questions des auditeurs

Forts de cette entrée en matière à la RPUE, les auditeurs ont ensuite été reçus au Parlement européen par Marc Valleys, de la direction  générale de la communication (DG COMM), qui leur a présenté sans ambages ce haut lieu de la démocratie européenne avec son fonctionnement fondé sur le compromis. Il s’agit d’un changement de culture difficile pour des Français davantage habitués à la confrontation et aux rapports de force.

Dès potron-minet, la session a appareillé pour une seconde journée de mission passée en dessous du niveau de la mer à étudier la politique maritime de ce pays où la mer a toujours joué un rôle prédominant : les Pays-Bas. Accueillis à La Haye par S.E. M. Philippe Lalliot, ambassadeur de France auprès du Royaume des Pays-Bas, et ses principaux conseillers, les auditeurs ont pris la mesure des fortes, et souvent méconnues, relations bilatérales entretenues par la France et les Pays-Bas. Elles se situent au niveau économique bien sûr, mais concernent aussi, de plus en plus, les domaines de la défense et de la sécurité pour lesquels les deux pays partagent des approches et des intérêts communs et disposent de forces militaires d’excellent niveau capables de conduire ensemble des opérations de forte intensité. Les rencontres organisées par l’Ambassade avec des personnalités du monde maritime néerlandais ont donné lieu à de riches débats sur le développement portuaire et sur les enjeux de sécurité et de défense. Les auditeurs ont ainsi pu découvrir les nombreux points de convergence entre ces deux puissances maritimes, mais aussi le pragmatisme néerlandais sur lequel les Français pourraient prendre exemple dans bien des domaines.

S.E.M. Philippe Lalliot en discussion avec les auditeurs

Cette longue journée s’est terminée avec la visite très attendue du port de Rotterdam, premier port européen. Fidèle à son habitude, M. Frans van Keulen, représentant du conseil de l’Autorité portuaire de Rotterdam et grand ami de l’IHEDN, a réservé aux auditeurs un accueil particulièrement chaleureux et professionnel. Avec une impressionnante hauteur de vue et une parfaite connaissance du monde maritime, il a présenté les défis relevés par le port de Rotterdam et le développement de ce hub impressionnant qui représente à lui seul 6,2% du PIB du pays. Les auditeurs ont ensuite été invités à prendre la mer pour naviguer au plus près des impressionnantes installations qui font la force de ce port, garantissant le chargement et le déchargement de 34 000 navires chaque année. Cette visite restera l’un des moments forts de la mission.

Frans van Keulen présentant le port de Rotterdam

De retour à la RPUE, le troisième jour fut l’occasion d’étudier plus précisément la mise en œuvre de la politique maritime intégrée (PMI) de l’Union européenne, notamment de ses développements en matière de sécurité et sûreté maritimes. Un panel d’experts, issus de la DG MARE[1], de la RPUE ou du SEAE[2] comme d’entreprises privées, a permis aux auditeurs de réfléchir sur des nombreux sujets. La coopération maritime entre les pays membres fut largement débattue, mais aussi le développement de la stratégie de sûreté maritime de l’UE (SSMUE), et surtout la mise en œuvre d’une déclinaison maritime de la toute nouvelle coopération structurée permanente (CSP), domaine qui relève de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Éric Maurice, représentant de la Fondation Schuman à Bruxelles, a animé un dernier débat sur la gouvernance européenne. L’Union européenne sera-t-elle capable de moderniser ses institutions et d’obtenir l’adhésion des citoyens européens pour construire une Europe plus unie et plus forte ? Sera-t-elle en mesure de relever les défis d’un monde multipolaire dont elle doit être l’un des grands acteurs ? Les auditeurs n’en sont qu’au début de leurs réflexions sur les grands enjeux que doit relever l’UE.

Le dernier après-midi a été consacré par les auditeurs à la restitution, devant Jean-Jacques Roche, doyen et directeur de la formation des études et de la recherche de l’IHEDN et leurs camarades, de leurs travaux de réflexion. Les débats furent animés sur les trois sujets qui leur ont été confiés :  la politique portuaire de la France, la politique des outre-mer et le concept Indo-Pacifique.

[1] Direction générale des Affaires maritimes et de la pêche

[2] Service européen pour l’action extérieure

Escale en Région Sud pour la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques

Du 14 au 16 mars 2019, les auditrices et auditeurs de la 29ème Session Méditerranéenne des Hautes Etudes Stratégiques (SMHES) se sont réunis pour le sixième séminaire à Marseille, la Seyne-sur-Mer et Toulon autour du thème « les domaines terrestre et aéroterrestre ».

Le jeudi 14 mars, la journée a été consacrée à la Gendarmerie nationale. Dans une salle prestigieuse de la caserne Donadieu, les auditeurs ont visualisé un clip retraçant l’action de la Gendarmerie nationale. Héritier de la Maréchaussée créée en 1336, ce corps militaire, vieux de huit siècles d’histoire prend l’appellation de Gendarmerie nationale en 1791.

La Gendarmerie nationale est très importante aux échelles nationale et régionale. Pour l’année 2017, elle comptait 100 000 personnes civiles et militaires auxquelles s’ajoutaient environ 30 000 réservistes. Le budget alloué était de 7,27 milliards d’euros. S’agissant de la zone de défense Provence-Alpes-Côte d’Azur, 16 000 gendarmes assurent la sécurité des 11 millions d’habitants. Le maillage territorial étant très important, la Gendarmerie nationale est compétente sur 95% du territoire. L’officier et ancien auditeur de l’institut FMES, André-Marc Hébert a donné une conférence sur la gestion de crises en zone Sud et les capacités de la Gendarmerie nationale. Il a évoqué le crash de l’Airbus A330 de la Germanwings du 24 mars 2015 qui a notamment mobilisé la Gendarmerie nationale à Marseille et qui a nécessité une gestion humaine et médiatique de la part des gendarmes. L’officier a également expliqué les enjeux auxquels est confrontée la Gendarmerie en région Sud durant les affluences saisonnières mais également en terme de gestion de la migration.

La matinée s’est poursuivie avec la présentation du colonel Eric Painset concernant la mission prévôtale de la Gendarmerie dans ses opérations extérieures. La gendarmerie, sur décision du ministère de la Défense, met en place au sein des forces armées françaises stationnées à l’étranger ou engagées en opérations extérieures des détachements prévôtaux en charge de missions de police générale et de police judiciaire militaire. L’année 2013 marque l’instruction ministérielle fixant le cadre d’emploi de cette prévôté. Actuellement, le colonel Eric Grosset est à la tête de la gendarmerie prévôtale.

S’adressant aux auditeurs, le colonel Eric Painset a fait un RETEX de l’opération Chammal détachée en Jordanie. La France s’est engagée en Jordanie en 2014 à la demande de l’Etat irakien avec les forces de la coalition pour lutter contre Daech. Si en septembre 2015 les premières frappes en Syrie ont débuté pour détruire les cellules terroristes, le contexte a évolué avec la chute imminente du dernier bastion de Daesh et les techniques de guérilla développées alors par l’organisation terroriste.

Après un cocktail déjeunatoire au cercle mixte de la caserne Donadieu, le séminaire s’est poursuivi à la caserne Hetzel pour une démonstration dynamique des actions de la gendarmerie. Après des explications vidéos sur les actions du Groupe d’Observation et de Surveillance (GOS), les auditeurs ont pu bénéficier d’un exercice de simulation d’un groupe d’intervention cynophile et d’une démonstration avec un maître-chien. Divers ateliers ont permis aux auditeurs d’en apprendre davantage sur les moyens techniques et humains dont dispose les gendarmes dans le cadre de leurs interventions.

La journée s’est achevée à l’Hôtel de Région à Marseille. Après une intervention du président de l’institut FMES, Benoit le Masne de Chermont, Philippe Vitel, vice-président du conseil régional de Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur et membre du Conseil d’administration de l’institut FMES a fait une présentation de la région. Comptant environ 5 millions d’habitants, il s’agit de la première région militaire de France et la deuxième région touristique. Sa situation géographique la place aux confluences des flux européens et méditerranéens et fait d’elle un hub international naturel. Le PIB de la Région s’élève à 157 milliards d’euros, représentant 8% du PIB national avec des filières économiques privilégiées.

La Région Sud s’est donnée pour mission d’être le premier partenaire de l’entreprise. Pour ce faire, elle a mis en place des dispositifs de soutien, de création, d’accompagnement et de reprise au profit des entreprises. Parmi eux, le Fonds d’intégration économique régional (FIER) et la Banque régionale de l’emploi et de l’apprentissage (BREA), créée par Yannick Chenevard, vice-président du conseil régional et également membre du conseil d’administration de l’Institut FMES.

Le domaine maritime bénéficie d’une place importante dans la région. Philippe Vitel dirige l’Opération d’intérêt régional (OIR) concernant l’industrie navale et maritime chargée de piloter l’économie de la mer. En effet, ce secteur est primordial pour cette région qui représente la troisième région en France dans ce domaine avec 872 kilomètres de côtes, 250 000 immatriculations de navires, le plus grand port de guerre de la Méditerranée (Toulon) et le plus grand port commercial (Marseille). Le but de l’OIR est de consolider et améliorer la performance des filières navales et maritimes de la région.

Quelques projets mis en place par la Région Sud :

  • DroneSeastem : application maritime des drones (Eca group)
  • Solution digital du « smart port » (Marseille Gyptis International)
  • Navire « souteur » en Gaz naturel liquéfié (GNL) qui est pour Philippe Vitel l’avenir du maritime
  • Plateforme SeaLab / System Factory (en collaboration avec l’OIR Industrie du futur)

L’intervention du vice-président régional a laissé place à la présentation de Gilles-Olivier Bertrand, directeur du développement et du financement des entreprises qui a présenté les projets FIER à destination des TPE et des PME régionales. Le directeur du développement a également précisé que les OIR sont des catalyseurs de projets structurants pour nos territoires. Enfin, Geneviève Kalfon, directrice de l’attractivité, du rayonnement international et de l’innovation a donné les trois grands objectifs de la Région Sud :

  • Renforcer l’attractivité de la région à l’égard des investissements
  • Accompagner l’internationalisation des entreprises
  • Renforcer les partenariats internationaux

Pour ce faire, la Région Sud-Provence-Alpes-Côtes d’Azur met en place des dispositifs opérationnels au service des entreprises et les accompagne vers des destinations dites prioritaires. Parmi elles, les pays du « grand large » (Etats-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, etc.) ; des pays du sud de la Méditerranée (Maghreb, Israël, Espagne, Italie, etc.) ; du nord de l’Europe (Allemagne, Danemark, Norvège etc.) ou des pays plus spécifiques tels que le Costa Rica ou certains pays d’Afrique. Le budget consacré à l’export et à l’international est de 2 millions d’euros.

Le vendredi 15 mars, les auditeurs ont découvert le groupe CNIM (Constructions industrielles de la Méditerranée). Fondé en 1856 sous l’appellation de Forges et chantiers de la Méditerranée (FCM) et rebaptisé en 1966, CNIM est un équipementier et ensemblier industriel français de dimension internationale qui intervient dans les domaines de l’environnement, de l’énergie, de la défense et des hautes technologies. L’entreprise est au service des grandes entreprises privées et publiques, des collectivités locales et des États.

Pierre Marage, responsable des ventes sur le domaine de la défense et auditeur de la 21ème Session a présenté le groupe et ses filiales, dont Bertin, SunCNIM, CNIM Martin. A travers la devise « CNIM intervient là où l’homme a besoin », les auditeurs ont découvert le large spectre d’activités de l’entreprise qui compte en son sein des équipes pluridisciplinaires, des machines uniques en France et d’une capacité industrielle exceptionnelle. La matinée s’est poursuivie avec la visite des installations, l’occasion pour les auditeurs d’apprendre que le groupe CNIM fabrique entre autres des coiffes pour Ariane VII.

Après un déjeuner dans les locaux du groupe CNIM, les auditeurs ont rejoint la base navale de Toulon pour écouter la présentation des sous-marins SNA de type Rubis de la Marine nationale française. Redoutables chasseurs de sous-marins, les SNA sont longs de 73,6 mètres et vont à une vitesse supérieure à 20 nœuds. Ils sont indispensables à la sûreté et au soutien de la force maritime comme à la protection d’une force aéronavale à la mer et concourent également à une « dissuasion conventionnelle ». À la fois navires de combat et instruments de puissance, ils bénéficient d’une capacité de frappe contre la terre dans la profondeur et des moyens accrus de mise en œuvre de forces spéciales. Les SNA sont conçus pour naviguer 220 jours par an et deux équipages de 70 hommes sont nécessaires pour les armer.

La présentation s’est concrétisée par la visite du sous-marin d’attaque Emeraude, le quatrième exemplaire des six sous-marins de type Rubis, lancé le 12 avril 1986 à Cherbourg. Répartis en trois groupes, les auditeurs ont pu visiter tous les compartiments de ce bâtiment semblable à celui utilisé pour le film français Le Chant du Loup : chambres, carré des officiers, cuisine, tour de contrôle, etc.

A l’issue de la visite, les auditeurs ont rejoint l’amphithéâtre de la Maison du numérique et de l’innovation pour écouter la conférence prononcée par Pascal Frion sur le thème « Intelligence : de l’infodictat d’hier à l’infodetox de demain ». Le conférencier, devant les auditeurs et les adhérents de l’institut FMES a donné des pistes afin de bénéficier d’un meilleur rapport à l’information.

Enfin, les travaux de comité ont occupé la matinée du samedi 16 mars. Les auditeurs, répartis en trois comités travaillent depuis le mois d’octobre sur un rapport final portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale. Tour à tour, ils ont fait part de leurs avancements. Le Professeur Jean-Jacques Roche, Directeur de la formation, des études et de la recherche de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) leur a fait l’honneur de sa présence. Après avoir écouté les axes et scenarii de chacun, le Professeur Roche leur a donné des conseils pour les avancements futurs.

Après ces présentations, interventions et visites intéressantes, les auditeurs se retrouveront le 17 avril à Genève pour un séminaire dédié aux instances internationales.

Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur “Systèmes” du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le “XXIe siècle sera maritime dans le Sud”.

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale “Enjeux et stratégies maritimes”, accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Lancement de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Les auditrices et auditeurs en visite à Istres, au sein du site de Dassault Aviation Essais en vol.

 

Les auditrices et auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont retrouvés au château de Cadarache le 17 octobre 2018 pour le séminaire inaugural consacré aux grands enjeux de la géopolitique de l’énergie.

Monsieur Patrice GOURDIN, docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Ecole de l’Air et chercheur associé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, a prononcé la première conférence du séminaire, baptisée « introduction à la géopolitique ». Le thème d’étude de la session portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, le professeur a choisi d’illustrer son propos par une étude de l’île de Chypre, après avoir rappelé la définition de la géopolitique, l’étude des rivalités de pouvoir (ou d’influence) pour un territoire donné.

La matinée du 18 octobre a permis la découverte des installations du centre de Cadarache, un des 9 centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Les auditrices et auditeurs ont été tout d’abord reçus dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire, rattachée au centre DAM/Ile-de-France. Ils y ont reçu une information sur la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires et des cœurs associés, avant de visiter le réacteur d’essais RES, un réacteur compact à eau pressurisée semblable aux chaufferies nucléaires assurant la propulsion des sous-marins français et du porte-avions Charles de Gaulle.

La visite s’est prolongée par une présentation des vingt installations nucléaires de base, disséminées sur les 900 hectares clôturés du site de Cadarache. Parmi celles-ci, de nombreux réacteurs de recherche, dont le réacteur Jules Horowitz qui, outre sa capacité expérimentale pour étudier le comportement des matériaux et des combustibles sous irradiation, contribuera également à assurer une part importante de la production européenne de radioéléments nécessaires pour l’imagerie médicale.

A l’issue du déjeuner offert par la direction du CEA Cadarache, les auditrices et auditeurs ont bénéficié d’une visite du chantier ITER, « un des plus grands défis de notre civilisation ». Situé à Cadarache à proximité immédiate du CEA Cadarache, le chantier concrétise le développement d’une recherche pacifique sur l’énergie de fusion, proposée en novembre 1985 par Mikhaïl GORBATCHEV au président américain Ronald REAGAN. Le tokamak (acronyme russe pour « chambre toroïdale, bobines magnétiques »), qui pèsera 23 000 tonnes, doit démontrer la maîtrise des technologies requises par un réacteur de fusion. ITER est une étape indispensable pour préparer les réacteurs commerciaux. Le calendrier, validé par les conseils ITER réunissant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, prévoit la génération du premier plasma en 2025 et les premières fusions de deutérium et de tritium en 2035.

De retour au château de Cadarache, les auditrices et auditeurs ont été initiés aux secrets de l’énergie hydroélectrique et des responsabilités d’EDF dans la gestion de l’eau, « une richesse convoitée et contrainte ». S’appuyant sur l’expérience de l’unité de production Durance Méditerranée, le conférencier (et ancien auditeur) Vincent RIVIERE, a présenté la complexité du partage de la ressource, lorsqu’il faut aux ingénieurs d’EDF maintenir une cote des retenues d’eau compatible avec les activités touristiques tout en soutenant les débits à l’aval pour l’irrigation, favoriser les sports en eau vive sans mécontenter les pêcheurs, et bien sûr savoir « turbiner » en réponse à une pointe de consommation électrique. L’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, représente environ 10% de la production d’EDF et une économie de 13 millions de tonnes équivalent au pétrole. La conférence s’est achevée par un survol des principaux conflits potentiels autour de l’eau et des bassins du Mékong, du Nil ou du Tigre et de l’Euphrate, une occasion de découvrir la convention de 1977 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.

Profitant de la proximité des bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres, la matinée du 19 octobre a été consacrée à l’Armée de l’air et aux forces aériennes. Après une présentation générale des missions de l’Armée de l’air et de la vision du chef d’état-major par le commandant en second de l’Ecole de l’air, les auditrices et auditeurs ont été reçus par le commandant du centre de formation aéronautique militaire initiale. Ce centre assure l’initiation au vol ainsi que la formation théorique et pratique des futurs pilotes et navigateurs de chasse, de transport et d’hélicoptère au sein de l’Armée de l’air, de la Marine nationale ainsi que de la Direction générale de l’armement. Pour mener à bien sa mission, il dispose d’un escadron d’initiation au vol à voile, de deux escadrons d’instruction en vol pour les pilotes ainsi que de l’escadron de formation des navigateurs de combat.

Quelques dizaines de kilomètres et de minutes plus tard, les auditrices et auditeurs ont été accueillis par deux anciens auditeurs de Dassault Aviation pour une après-midi consacrée aux essais en vol. Les Essais en Vol (Direction des Essais en Vol et Direction des Bases d’Essais) sont en charge des essais globaux, au sol et en vol, de développement et de qualification/certification des avions civils et militaires, de leurs systèmes embarqués et de leurs systèmes de soutien. L’historique des essais en vol au sein de la société Dassault Aviation a permis de comprendre comment, depuis les temps héroïques où le pilote d’essais « allait voir », l’ingénierie et l’électronique ont permis de préserver la vie des pilotes, tout comme le rôle déterminant de Serge DASSAULT, qui fut directeur des essais en vol de 1955 à 1961, ou le traumatisme causé par la mort en 1967 aux commandes d’un Mirage F1 de René BIGAND, ancien officier de l’Armée de l’air et chef pilote d’essais depuis 1959.

Ce premier séminaire a été conclu le 20 octobre par une conférence prononcée à la Maison du Numérique et de l’Innovation par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri LEULIER de la FAVERIE du CHE. Préfet maritime de la Méditerranée, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée, CECMED a présenté les enjeux géopolitiques de sa zone de responsabilité, un espace stratégique restreint qu’un bâtiment peut parcourir en une journée de nord en sud et en quatre jours d’est en ouest. Marquée par les zones d’instabilité de Libye, de Syrie mais également d’Ukraine, la Méditerranée héberge 25 % du trafic maritime mondial, 30 % du trafic d’hydrocarbures et les deux tiers des approvisionnements de la France. Rappelant que la Méditerranée était également un espace convoité pour ses ressources, le vice-amiral d’escadre du CHE a terminé sa conférence par quelques conseils au profit des auditrices et des auditeurs, orientant ainsi les travaux qu’ils seront menés à conduire au fil des huit prochains séminaires.

 

Après la visite du chantier ITER

Escale à Toulon de la 4ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4ème session “Enjeux et stratégies maritimes” après la visite du sous-marin nucléaire d’attaque Perle

Pour leur première escale dans un port, les auditeurs de la 4ème Session nationale “Enjeux et stratégies maritimes” se sont rendus à Toulon les 12 et 13 octobre, en pleine opération de sauvetage et d’antipollution à la suite d’une collision en mer entre deux navires. Ils ont ainsi pu suivre en temps réel ce que représente la mise en œuvre en mer des moyens des différentes administrations de l’État coordonnées par le préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Charles-Henri du CHE. Les auditeurs ont particulièrement apprécié avoir pu partager leurs réflexions avec des interlocuteurs au temps très compté par les circonstances.

La première matinée a été consacrée aux grands enjeux stratégiques de la France en Méditerranée, présentés par le contre-amiral Laurent HEMMER, adjoint territorial au préfet maritime. Après quoi les auditeurs se sont entretenus dans le cadre d’une table ronde avec les grands acteurs des opérations aéronavales en Méditerranée et de la mise en condition opérationnelle des forces aéromaritimes : les contre-amiraux Jean-Frédéric PLOEBNER, adjoint “opérations” du commandant en chef et Olivier LEBAS, commandant la force aéromaritime française de réaction rapide, le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Rolland, commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Laurent Machard de Gramont, adjoint “entraînement-opérations” de l’amiral commandant la force maritime de l’aéronautique navale. Pour la plus grande satisfaction des auditeurs, les débats sur les nouveaux équipements français et de la gestion des équipages ont été d’une grande franchise.

Pendant la table ronde « Action de l’État en mer : risques, menaces et enjeux »

L’après-midi, dédiée à l’action de l’État en mer, débuta par une visite du Cross MED. Les auditeurs y furent accueillis par son commandant, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud, et l’administrateur général des affaires maritimes Éric Levert, directeur interrégional de la mer. Les grands acteurs méditerranéens de l’action de l’État en mer, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime, Éric Levert, administrateur supérieur des Douanes, Max Ballarin, directeur régional des garde-côtes de Méditerranée et le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement de Gendarmerie maritime de la Méditerranée se sont ensuite réunis autour d’une nouvelle table ronde. Les auditeurs ont ainsi découvert la complicité et la coopération qui lient ces acteurs, très satisfaits de la coordination exercée par le préfet maritime, notamment à l’occasion des opérations en cours.

Cette journée s’acheva par une plongée dans les abysses à travers une conférence de Frédéric Leroy, directeur adjoint du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drasm), consacrée à l’archéologie sous-marine. Les auditeurs mesurent mieux désormais, à quel point le « plus grand musée du monde » recèle des richesses à préserver, qui constituent parfois de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques.

Sur la plate-forme hélicoptère de la frégate anti-aérienne Cassard

Le lendemain, les visites de la frégate antiaérienne Cassard et du sous-marin nucléaire d’attaque Perle ont permis d’aborder plus concrètement les concepts et théories abordés la veille. Les auditeurs ont été saisis à cette occasion, par l’enthousiasme, le professionnalisme et le niveau de responsabilité confiés à des marins dont la jeunesse les a surpris. Pour conclure ces journées, ils se sont finalement livrés aux études concoctées par la direction de l’IHEDN avant de rejoindre plein d’émotions fortes en tête leurs pénates.