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Escales en région Sud pour les auditeurs de la 4e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » de l’IHEDN

 

 

Autour de Julien Talagrand sur le nouveau site de Monaco Marine à la Seyne-sur-Mer

Transports et routes maritimes, marine marchande, technologies et industries navales, câbles sous-marins, grande plaisance, tels sont les grands thèmes de l’économie bleue qui ont conduit les auditeurs de la 4e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » (ESM) de l’IHEDN à se rendre à Marseille et à Toulon pour un séminaire de deux jours.

Accueillis, dès potron minet, le vendredi 1er février matin chez Naval Group à Ollioules par Didier Gilavert, directeur du site, accompagné de Pierrick Etiemble, directeur « Systèmes » du groupe, les auditeurs furent immédiatement plongés dans la haute technologie et les enjeux stratégiques auxquels fait face ce leader mondial du naval de défense dans un contexte international de plus en plus concurrentiel.

Au cours d’une passionnante table ronde sur l’innovation dans l’industrie navale, Jean Gauthier, directeur de la R&D[1] Innovation de Naval Group et Jean-Charles Nahon, président du comité technique du GICAN[2], ont présenté les grandes ruptures technologiques du secteur : navires propres et intelligents, cybersécurité, drones… Les démonstrations et visites d’ateliers qui suivirent en furent une parfaite illustration.

Un court transit vers la prestigieuse tour CMA-CGM, qui surplombe Marseille, puis ce fut une après-midi en immersion dans le monde du transport maritime. Damien Denizot, responsable des grands projets de Marseille, Guillaume Lathelize, vice-président des lignes est-ouest et intra-européennes du groupe, puis Simon Delfau, responsable de la sûreté, ont présenté aux auditeurs les clés de l’extraordinaire épopée du groupe familial fondé par Jacques Saadé, ainsi que les grands enjeux stratégiques de ce secteur essentiel de l’économie bleue. Philippe Garo, directeur de McLeans les a ensuite initiés aux spécificités et aux complexités de l’assurance maritime, qui trouvent leurs origines dans les tavernes londoniennes du XVIIe siècle. Enfin, la visite du Fleet Center et sa capacité de contrôle en temps réel de centaines de navires ont été l’illustration de l’expertise et de la capacité d’innovation de notre fleuron français, qui lui permettent de figurer dans le peloton de tête des armateurs mondiaux.

À l’invitation de Renaud Muselier, président de la région Sud, Provence Alpes Côte-d’Azur, cette première journée particulièrement dense s’est conclue par une soirée conviviale d’échanges à l’Hôtel de Région de Marseille, où Philippe Vitel, vice-président, accompagné de Jean-Claude Richard, directeur de l’institut FMES, centre de ressources de la région et partenaire de l’IHEDN, a présenté les atouts majeurs qui feront que le « XXIe siècle sera maritime dans le Sud ».

 

Pour commencer la seconde journée, les auditeurs ont d’abord été accueillis à la mairie de Toulon par Yannick Chenevard, maire adjoint et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Ils y ont découvert les potentialités offertes par l’une des plus belles rades d’Europe en matière de développement économique dans des domaines parfois insoupçonnés, la croisière et la grande plaisance, pourtant sources importantes d’emplois pour le territoire.

 

La théorie s’est rapidement concrétisée par une navigation sur la rade – sous un soleil voilé mais par mer calme – marquée d’une escale chez Monaco Marine. Julien Talagrand, directeur du tout nouveau site de l’entreprise à la Seyne-sur-Mer, a ainsi pu exposer les importants investissements qui y ont été portés en partenariat avec la Métropole, ainsi que les premiers yachts accueillis en carénage. Cette traversée de la rade a également permis aux auditeurs   d’admirer la flotte française, notamment le porte-avions Charles de Gaulle, paré à appareiller avec, fait rare au port, de nombreux Rafale en pontée.

 

La dernière escale de cette navigation les a finalement conduits chez Orange Marine à la Seyne. Ils y furent accueillis par Jean-Luc Vuillemin, vice-président sénior d’Orange International networks, infrastructures et services, et auditeur de la 2e session nationale « Enjeux et stratégies maritimes », accompagné de Fréderic Exertier, VP exécutif d’Orange Marine et d’Emmanuel Decugis, directeur du site. Grâce à la visite du navire-câblier Raymond Croze et à l’exposé de Jean-Luc Vuillemin, les auditeurs n’ignorent plus rien des enjeux stratégiques, ni du haut niveau d’expertise et de technicité de l’industrie des câbles sous-marins, autoroutes méconnues mais essentielles concentrant plus de 99 % des communications Internet mondiales. Le samedi après-midi a été consacré aux travaux en comités des auditeurs, dans les salles de travail mises à disposition par Orange Marine.

[1] Recherche & Développement

[2] Groupement des Industries de Constructions et Activités Navales

Intervention de Didier Gilavert chez Naval Group à Ollioules  

Découverte du Fleet Center à la tour CMA-CGM

A l’hôtel de Région Sud Provence Alpes Côte-d’Azur avec le vice-président Philippe Vitel

Avec Yannick Chenevard, adjoint au maire et vice-président de la Métropole Toulon-Provence-Méditerranée


A la coupée du Raymond Croze, navire-câblier d’Orange Marine

En présence d’Emmanuel Decugis, retrouvailles avec Jean-Luc Vuillemin, sénior vice-président d’Orange  et auditeur de la deuxième session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Lancement de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques

Les auditrices et auditeurs en visite à Istres, au sein du site de Dassault Aviation Essais en vol.

 

Les auditrices et auditeurs de la 29ème session méditerranéenne des hautes études stratégiques se sont retrouvés au château de Cadarache le 17 octobre 2018 pour le séminaire inaugural consacré aux grands enjeux de la géopolitique de l’énergie.

Monsieur Patrice GOURDIN, docteur en histoire, professeur d’histoire contemporaine à l’Ecole de l’Air et chercheur associé de l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, a prononcé la première conférence du séminaire, baptisée « introduction à la géopolitique ». Le thème d’étude de la session portant sur les conséquences géopolitiques de l’exploitation des gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, le professeur a choisi d’illustrer son propos par une étude de l’île de Chypre, après avoir rappelé la définition de la géopolitique, l’étude des rivalités de pouvoir (ou d’influence) pour un territoire donné.

La matinée du 18 octobre a permis la découverte des installations du centre de Cadarache, un des 9 centres de recherche du Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA). Les auditrices et auditeurs ont été tout d’abord reçus dans l’enceinte sécurisée de l’Unité de Propulsion Nucléaire, rattachée au centre DAM/Ile-de-France. Ils y ont reçu une information sur la conception et la réalisation des chaufferies nucléaires et des cœurs associés, avant de visiter le réacteur d’essais RES, un réacteur compact à eau pressurisée semblable aux chaufferies nucléaires assurant la propulsion des sous-marins français et du porte-avions Charles de Gaulle.

La visite s’est prolongée par une présentation des vingt installations nucléaires de base, disséminées sur les 900 hectares clôturés du site de Cadarache. Parmi celles-ci, de nombreux réacteurs de recherche, dont le réacteur Jules Horowitz qui, outre sa capacité expérimentale pour étudier le comportement des matériaux et des combustibles sous irradiation, contribuera également à assurer une part importante de la production européenne de radioéléments nécessaires pour l’imagerie médicale.

A l’issue du déjeuner offert par la direction du CEA Cadarache, les auditrices et auditeurs ont bénéficié d’une visite du chantier ITER, « un des plus grands défis de notre civilisation ». Situé à Cadarache à proximité immédiate du CEA Cadarache, le chantier concrétise le développement d’une recherche pacifique sur l’énergie de fusion, proposée en novembre 1985 par Mikhaïl GORBATCHEV au président américain Ronald REAGAN. Le tokamak (acronyme russe pour « chambre toroïdale, bobines magnétiques »), qui pèsera 23 000 tonnes, doit démontrer la maîtrise des technologies requises par un réacteur de fusion. ITER est une étape indispensable pour préparer les réacteurs commerciaux. Le calendrier, validé par les conseils ITER réunissant l’Union européenne, les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et la Russie, prévoit la génération du premier plasma en 2025 et les premières fusions de deutérium et de tritium en 2035.

De retour au château de Cadarache, les auditrices et auditeurs ont été initiés aux secrets de l’énergie hydroélectrique et des responsabilités d’EDF dans la gestion de l’eau, « une richesse convoitée et contrainte ». S’appuyant sur l’expérience de l’unité de production Durance Méditerranée, le conférencier (et ancien auditeur) Vincent RIVIERE, a présenté la complexité du partage de la ressource, lorsqu’il faut aux ingénieurs d’EDF maintenir une cote des retenues d’eau compatible avec les activités touristiques tout en soutenant les débits à l’aval pour l’irrigation, favoriser les sports en eau vive sans mécontenter les pêcheurs, et bien sûr savoir « turbiner » en réponse à une pointe de consommation électrique. L’hydroélectricité, première des énergies renouvelables, représente environ 10% de la production d’EDF et une économie de 13 millions de tonnes équivalent au pétrole. La conférence s’est achevée par un survol des principaux conflits potentiels autour de l’eau et des bassins du Mékong, du Nil ou du Tigre et de l’Euphrate, une occasion de découvrir la convention de 1977 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation.

Profitant de la proximité des bases aériennes de Salon de Provence et d’Istres, la matinée du 19 octobre a été consacrée à l’Armée de l’air et aux forces aériennes. Après une présentation générale des missions de l’Armée de l’air et de la vision du chef d’état-major par le commandant en second de l’Ecole de l’air, les auditrices et auditeurs ont été reçus par le commandant du centre de formation aéronautique militaire initiale. Ce centre assure l’initiation au vol ainsi que la formation théorique et pratique des futurs pilotes et navigateurs de chasse, de transport et d’hélicoptère au sein de l’Armée de l’air, de la Marine nationale ainsi que de la Direction générale de l’armement. Pour mener à bien sa mission, il dispose d’un escadron d’initiation au vol à voile, de deux escadrons d’instruction en vol pour les pilotes ainsi que de l’escadron de formation des navigateurs de combat.

Quelques dizaines de kilomètres et de minutes plus tard, les auditrices et auditeurs ont été accueillis par deux anciens auditeurs de Dassault Aviation pour une après-midi consacrée aux essais en vol. Les Essais en Vol (Direction des Essais en Vol et Direction des Bases d’Essais) sont en charge des essais globaux, au sol et en vol, de développement et de qualification/certification des avions civils et militaires, de leurs systèmes embarqués et de leurs systèmes de soutien. L’historique des essais en vol au sein de la société Dassault Aviation a permis de comprendre comment, depuis les temps héroïques où le pilote d’essais « allait voir », l’ingénierie et l’électronique ont permis de préserver la vie des pilotes, tout comme le rôle déterminant de Serge DASSAULT, qui fut directeur des essais en vol de 1955 à 1961, ou le traumatisme causé par la mort en 1967 aux commandes d’un Mirage F1 de René BIGAND, ancien officier de l’Armée de l’air et chef pilote d’essais depuis 1959.

Ce premier séminaire a été conclu le 20 octobre par une conférence prononcée à la Maison du Numérique et de l’Innovation par le vice-amiral d’escadre Charles-Henri LEULIER de la FAVERIE du CHE. Préfet maritime de la Méditerranée, commandant l’arrondissement et la zone maritime Méditerranée, CECMED a présenté les enjeux géopolitiques de sa zone de responsabilité, un espace stratégique restreint qu’un bâtiment peut parcourir en une journée de nord en sud et en quatre jours d’est en ouest. Marquée par les zones d’instabilité de Libye, de Syrie mais également d’Ukraine, la Méditerranée héberge 25 % du trafic maritime mondial, 30 % du trafic d’hydrocarbures et les deux tiers des approvisionnements de la France. Rappelant que la Méditerranée était également un espace convoité pour ses ressources, le vice-amiral d’escadre du CHE a terminé sa conférence par quelques conseils au profit des auditrices et des auditeurs, orientant ainsi les travaux qu’ils seront menés à conduire au fil des huit prochains séminaires.

 

Après la visite du chantier ITER

Escale à Toulon de la 4ème session nationale « Enjeux et stratégies maritimes »

Les auditeurs de la 4ème session « Enjeux et stratégies maritimes » après la visite du sous-marin nucléaire d’attaque Perle

Pour leur première escale dans un port, les auditeurs de la 4ème Session nationale « Enjeux et stratégies maritimes » se sont rendus à Toulon les 12 et 13 octobre, en pleine opération de sauvetage et d’antipollution à la suite d’une collision en mer entre deux navires. Ils ont ainsi pu suivre en temps réel ce que représente la mise en œuvre en mer des moyens des différentes administrations de l’État coordonnées par le préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Charles-Henri du CHE. Les auditeurs ont particulièrement apprécié avoir pu partager leurs réflexions avec des interlocuteurs au temps très compté par les circonstances.

La première matinée a été consacrée aux grands enjeux stratégiques de la France en Méditerranée, présentés par le contre-amiral Laurent HEMMER, adjoint territorial au préfet maritime. Après quoi les auditeurs se sont entretenus dans le cadre d’une table ronde avec les grands acteurs des opérations aéronavales en Méditerranée et de la mise en condition opérationnelle des forces aéromaritimes : les contre-amiraux Jean-Frédéric PLOEBNER, adjoint « opérations » du commandant en chef et Olivier LEBAS, commandant la force aéromaritime française de réaction rapide, le vice-amiral d’escadre Jean-Philippe Rolland, commandant la force d’action navale et le capitaine de vaisseau Laurent Machard de Gramont, adjoint « entraînement-opérations » de l’amiral commandant la force maritime de l’aéronautique navale. Pour la plus grande satisfaction des auditeurs, les débats sur les nouveaux équipements français et de la gestion des équipages ont été d’une grande franchise.

Pendant la table ronde « Action de l’État en mer : risques, menaces et enjeux »

L’après-midi, dédiée à l’action de l’État en mer, débuta par une visite du Cross MED. Les auditeurs y furent accueillis par son commandant, l’administrateur en chef des affaires maritimes Philippe Michaud, et l’administrateur général des affaires maritimes Éric Levert, directeur interrégional de la mer. Les grands acteurs méditerranéens de l’action de l’État en mer, le commissaire général de la Marine Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime, Éric Levert, administrateur supérieur des Douanes, Max Ballarin, directeur régional des garde-côtes de Méditerranée et le colonel Jean-Guillaume Remy, commandant du groupement de Gendarmerie maritime de la Méditerranée se sont ensuite réunis autour d’une nouvelle table ronde. Les auditeurs ont ainsi découvert la complicité et la coopération qui lient ces acteurs, très satisfaits de la coordination exercée par le préfet maritime, notamment à l’occasion des opérations en cours.

Cette journée s’acheva par une plongée dans les abysses à travers une conférence de Frédéric Leroy, directeur adjoint du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drasm), consacrée à l’archéologie sous-marine. Les auditeurs mesurent mieux désormais, à quel point le « plus grand musée du monde » recèle des richesses à préserver, qui constituent parfois de véritables enjeux stratégiques et géopolitiques.

Sur la plate-forme hélicoptère de la frégate anti-aérienne Cassard

Le lendemain, les visites de la frégate antiaérienne Cassard et du sous-marin nucléaire d’attaque Perle ont permis d’aborder plus concrètement les concepts et théories abordés la veille. Les auditeurs ont été saisis à cette occasion, par l’enthousiasme, le professionnalisme et le niveau de responsabilité confiés à des marins dont la jeunesse les a surpris. Pour conclure ces journées, ils se sont finalement livrés aux études concoctées par la direction de l’IHEDN avant de rejoindre plein d’émotions fortes en tête leurs pénates.