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Serbie – Kosovo : une histoire de querelles

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Ces dernières semaines, la région des Balkans fait face à une nouvelle escalade des tensions entre le Kosovo et la Serbie.

A la fin des années 1990, l’OTAN était intervenue suite au conflit ayant opposé la Serbie à la guérilla albanaise de l’actuel Kosovo. La Force internationale de sécurité au Kosovo (KFOR) veille depuis 1999 à la sécurité de ce nouveau Etat indépendant au travers d’une opération de soutien de la paix autorisée par les Nations unies. Le Kosovo a créé des « Forces de sécurité », regroupant environ 2 500 hommes équipés d’armes légères. Alors que les contours de cette force n’ont pas été réellement définis, le Parlement du Kosovo a voté trois textes de loi, le 19 octobre 2018, engageant le processus de création d’une armée. Il s’agit de transformer ces forces de sécurité en une véritable armée. Proposés par le gouvernement de Ramush HARADINAJ, ces textes ont été adoptés à la quasi-unanimité, cette armée étant chargée de veiller à « la souveraineté et l’intégrité territoriale du Kosovo ». Cette idée est une référence directe aux projets de « correction des frontières » avancés par Belgrade ces derniers mois.

Plus de 10 ans après la proclamation d’indépendance, le Kosovo n’est pas reconnu par tous les Etats, à commencer par la Serbie. Malgré les tentatives de normalisation menées par les deux gouvernements, les relations entre les deux pays restent compliquées. En réponse à ce qu’il considère comme une « attitude destructive » de la Serbie, le Kosovo a mis en place, le 21 novembre dernier, des droits de douane sur les marchandises importées de Serbie à travers une taxe de 100%. Cette annonce intervient après la quatrième tentative du Kosovo de rejoindre Interpol, la Serbie ayant fait campagne contre l’adhésion de son voisin.

Ces initiatives suscitent la colère de la Serbie qui y voit des « provocations ». Les partenaires occidentaux, en l’occurrence l’UE et les Etats-Unis désapprouvent ces taxes, les considérant comme « une violation claire » des engagements pris par Pristina. Ils s’efforcent de vouloir rétablir une situation pérenne dans les Balkans. Le commissaire européen Johannes HAHN s’est rendu le 3 décembre à Belgrade et à Pristina pour tenter de débloquer la crise des taxes douanières.

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens STOLTENBERG, s’est entretenu avec Aleksandar VUCIC et Ramush HARADINAJ, le président de la Serbie et le premier ministre du Kosovo. Après les tensions entre les deux parties, Jens STOLTENBERG a « souligné que Belgrade et Pristina devaient faire preuve de calme et de retenir et éviter toute provocation, dans les paroles ou dans les actes ». Face au souhait du Kosovo de se doter d’une armée, certains Etats ont affirmé leur soutien au Kosovo. Les Etats-Unis ne semblent plus s’opposer à la création d’une armée kosovare selon les paroles de l’ambassadeur américain à Pristina Philip KOSNETT. Toutefois, le secrétaire général de l’OTAN considère, comme bon nombre de partenaires occidentaux du Kosovo, cette initiative « malvenue » tant elle est « susceptible de compromettre les perspectives d’intégration euro-atlantiques du Kosovo ». Au Président serbe, Jens STOLTENBERG a évoqué « la nécessité d’apaiser les tensions actuelles ». Aussi, poursuivre le dialogue « sous les auspices de l’Union européenne » est « le seul moyen d’instaurer une paix et une stabilité durables dans la région ».

Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï LAVROV, la situation dans les Balkans « suscite de l’inquiétude ». Moscou dénonce l’OTAN et l’UE de jouer un rôle « déstabilisateur », le Kosovo demeurant « le principal foyer de déstabilisation ».

Le Parlement du Kosovo doit se prononcer vendredi 14 décembre en deuxième lecture concernant la transformation en armée régulière de sa Force de sécurité. Il reste à savoir comment évolueront ses relations avec la Serbie au regard de toutes ces tensions.

Grèce – 2015 07 04 – Les risques géopolitiques d’un Grexit – Le Monde

Ce n’est pas par amour de Platon et Aristote que le président américain Barack Obama, dès le début de la crise grecque, s’est inquiété d’un éventuel « Grexit », jugé dangereux non seulement pour la stabilité financière mondiale ou la cohésion de l’Union européenne, mais aussi – surtout ? – pour la sécurité du commandement militaire de l’OTAN en Méditerranée orientale…