Sénégal

Sénégal : une campagne électorale sous tensions

Une affiche de campagne du président sénégalais Macky Sall dans le quartier de Ngor, à Dakar, le 6 février 2019.
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Le 24 février prochain se tiendra au Sénégal le premier tour de l’élection présidentielle. Macky Sall, sortant à la tête de la coalition au pouvoir Benno Bokk Yaakaar (BBY : “Ensemble pour le même espoir”) est candidat à sa propre succession. Il affrontera deux députés : le religieux Issa Sall et le nationaliste Ousmane Sonko et deux anciens ministres : Madické Niang et l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, soutenu par Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar aujourd’hui incarcéré.

Bien que le Sénégal soit régulièrement cité pour son exemplarité politique, les campagnes électorales sont souvent émaillées d’accusations de corruption, de trafic d’influence, de désinformation et de violences.

A ce titre, des affrontements ont éclaté lundi 11 février 2019 entre les partisans de la coalition au pouvoir et ceux du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR) d’Issa Sall. A Tambacounda, dans l’est du pays, ces heurts ont provoqué la mort de trois personnes. C’est la première fois depuis le début de la campagne présidentielle que sont répertoriés des décès liés à des conflits entre militants. Plusieurs personnes ont été blessées, dont huit journalistes couvrant la campagne d’Issa Sall. Face à ces violences sans précédent, « des éléments de la police nationale et de la gendarmerie seront mis au service de la sécurité respective » des candidats en course jusqu’à la fin des élections, a annoncé le ministre sénégalais de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye. Parmi les 24 personnes arrêtées par la gendarmerie, une vingtaine sont des partisans d’Issa Sall. Ce dernier, qui a déclaré que l’État n’assurait pas la sécurité des candidats, a annoncé avoir suspendu sa campagne.

Après des appels au calme de la part de responsables politiques et de représentants de la société civile, le Président a appelé ses partisans et ses adversaires à « ne pas céder à la provocation » tout en prévenant que « la campagne électorale ne saurait être un prétexte pour que la violence s’installe dans le pays ». Le chef de l’État considère que ce drame est « le résultat de l’appel à la violence prôné par certains responsables politiques », faisant référence à son prédécesseur Abdoulaye Wade. Président de 2000 à 2012, ce dernier a appelé le 8 février dernier à empêcher la tenue du scrutin, invitant ses partisans à « brûler les cartes d’électeurs et les bulletins de vote ».

Le Président actuel est en effet accusé depuis son accession au pouvoir de vouloir faire taire ses adversaires. Il est soupçonné d’avoir fait emprisonner ses opposants, à l’instar de Khalifa Sall et de Karim Wade, afin de les empêcher de se présenter à l’élection. Il est également accusé d’avoir fait renvoyer de la fonction publique Ousmane Sonko, l’un de ses plus grands adversaires.

Un débat entre les candidats en lice est prévu pour la première fois dans l’histoire du pays, dans le dessein d’apaiser la campagne électorale. Cette initiative lancée sur les réseaux sociaux se matérialisera par la tenue, le 21 février prochain, d’un débat retransmis en simultané sur une chaîne de télévision, une radio et un site internet. En dépit des pressions des internautes, Macky Sall ne souhaite pas y participer. Hamidou Kassé, chargé de la communication de la présidence de la République s’est expliqué à ce propos : « La priorité du Président est de dialoguer avec la population, pas avec les autres candidats (…) Un débat avec l’ensemble des candidats n’entre pas dans sa stratégie de campagne ».

Afrique – 2014 12 17 – Sécurité en Afrique, 5 choses à retenir du Forum de Dakar – par Vincent Duhem – Jeune Afrique

Impulsé par la France, le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique s’est tenu à Dakar les 15 et 16 décembre. À l’heure du bilan, voici cinq points marquants qui ressortent des échanges entre les quelque 350 participants.
Les présidents Macky Sall (Sénégal), Idriss Déby Itno (Tchad) et Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), se sont rendus à Dakar, mardi 16 décembre dans l’après-midi, pour clôturer le Forum sur la paix et la sécurité en Afrique. Pendant deux jours, près de 350 participants auront débattu des solutions à apporter aux crises qui traversent le continent…