Sahel

Union européenne et insécurité : à l’heure où la mission EUCAP Sahel Niger est prolongée, quid de la situation au Sahel ?

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Dans le cadre de sa politique de sécurité et de défense commune (PSDC), l’Union européenne agit dans le cadre de missions extérieures.

Au Niger est lancée en 2012 la mission civile EUCAP Sahel Niger afin de fournir des conseils, des formations et une aide aux autorités nigériennes en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme et le crime organisé. En 2016, la mission a adopté une nouvelle dimension en combattant également la migration irrégulière.

Le 18 septembre 2018, le Conseil européen a prorogé son mandat jusqu’au 30 septembre 2020 et a fixé son budget à 63,4 millions d’euros du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2020.

Un appui européen au-delà des frontières de l’Union européenne

Cette fonction revient aux origines de l’Europe. Si le projet initial n’était pas une Europe de la défense, il s’agissait au contraire d’établir une « Europe de la paix ».

La PSDC, permettant une politique de défense commune de l’Union où chaque Etat-membre demeure souverain dans sa politique de défense nationale, est imaginée sur la base du Traité de Nice en 2000. Elle est consacrée en 2009 par le Traité de Lisbonne à travers le Titre V. Conforme aux principes des Nations-Unies, la PSDC entend renforcer le rôle de l’UE en complément avec l’OTAN, notamment lors des crises militaires et civiles. Les objectifs de la PSDC ne sont pas liés à la défense du continent européen, cette fonction étant déjà remplie par les armées nationales et l’OTAN. Elle entend plutôt promouvoir le maintien de la paix notamment par la construction de structures étatiques.

A travers ses efforts de pacification du monde au sein de la PSDC ou des mandats de l’ONU, l’UE met en place des partenariats extérieurs et des politiques de développement dans le but de défendre ses idées par le biais de la gestion des crises et ses tentatives de résolution des conflits.

Les « opex » européennes comportent des abréviations. Si elles sont précédées par « FOR », elles font référence à des opérations de type militaire, tandis que les autres abréviations sont relatives à des missions dites civiles.

Au Sahel, les opérations prennent le nom de EUCAP, CAP faisant référence à Capacity Building Mission.

Une situation au Sahel inquiétante

Le Sahel renvoie à l’espace de transition entre le désert saharien au Nord et la zone soudanienne au Sud. Se référant à une dizaine de pays de part et d’autre du continent africain, c’est aujourd’hui l’une des régions les plus pauvres du monde. D’ailleurs, cette zone se caractérise comme un espace en crise.

Dans cette région du monde où coexistent des pays tels que le Mali, la Mauritanie, le Niger ou le Tchad, la fragilité de cet espace explique le succès des mouvements radicaux comme AQMI ou le MUJAO. L’essor de ces organisations terroristes djihadistes engendre des trafics en tous genres.

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A l’occasion de la Conférence de haut niveau des donateurs pour le développement du Mali en mai 2013 à Bruxelles, le Président du Conseil européen, le belge Herman Van Rompuy a déclaré :

« Le Sahel et l’Europe sont unis par l’histoire, la géographie, la culture. Nos relations remontent à l’Antiquité. Cette intimité fait de l’Europe et du Sahel des partenaires privilégiés. Notre avenir est lié autant que l’est notre passé. »

L’éclatement du conflit malien à partir de 2012 met le feu aux poudres dans une région du monde déjà fragilisée. En effet, cette guerre engendre le déplacement de réfugiés en direction du Niger et l’insécurité est grandissante aux frontières.  De plus, le Niger est devenu l’un des seuls pays de transit sahélien pour les Ouest-africains désireux de se rendre en Libye ou en Europe.

Le Niger et EUCAP Sahel Niger

En Afrique de l’Ouest, le Niger est le principal pays bénéficiaire de fonds internationaux. Il s’agit du pays le plus pauvre du monde derrière la République Centrafricaine selon le dernier rapport publié en 2017 par le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). Les sommes débloquées en faveur du Niger par les agences de coopération complètent les budgets des différents projets et de celui d’EUCAP Sahel Niger. Pour sa première année d’existence, le budget alloué était de 8,7 millions d’euros. Concernant la période 2016-2018, EUCAP Sahel Niger bénéficiait d’un budget de 26,3 millions d’euros. Ce montant ne cesse de s’accroitre puisqu’il doit atteindre entre 2018 et 2020 près de 64 millions d’euros.

Alors que le pays ne consacrait que 14,8% de son budget à la sécurité et à la défense dans un contexte sécuritaire se dégradant, il est clair que Niamey a grandement besoin de l’aide extérieure pour faire face notamment à son endettement qui représentait en 2016 46,7% de son PIB, selon le FMI.

Le Niger occupant le rôle d’espace de transit, il tient une place importante dans les négociations entre l’Europe et l’Afrique, notamment depuis 2015 et le Sommet de la Valette sur les migrations. Le trafic illicite de migrants est aussi une des priorités de l’UE dans sa relation avec le Niger, le pays ayant ratifié le Protocole additionnel de Palerme des Nations-Unies de 2000 contre la criminalité transnationale organisée.

Une des raisons à l’origine de la création d’EUCAP Sahel Niger émane des conséquences du conflit libyen ayant de facto considérablement influé sur l’insécurité au Sahel.

A la demande du gouvernement nigérien, la mission EUCAP Sahel Niger débute en août 2012. Permise par la décision 2012/392/PESC, elle a pour but d’assister les forces de sécurité nigériennes en termes de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.

Une cinquantaine d’experts internationaux provenant de divers Etats européens et une trentaine de membres du personnel local nigérien composent cette mission dont le quartier-général se trouve dans la capitale nigérienne.

Les tâches d’EUCAP Sahel Niger sont au nombre de cinq : fournir une assistance et des conseils pour la sécurité et le développement ; apporter un soutien dans la coordination régionale et internationale contre le terrorisme et la criminalité organisée ; renforcer l’Etat de droit avec le développement des capacités d’enquête criminelle et l’élaboration de programmes de formation ; permettre une pérennisation des forces de sécurité nigériennes et enfin l’aide au recensement, à la programmation et à la mise en œuvre des projets d’ordre sécuritaire.

Toutefois, si elle s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de l’UE pour la sécurité et le développement de la région du Sahel, cette mission ne dispose d’aucun caractère exécutif, les experts en fonction ne pouvant pas non plus participer aux missions opérationnelles des services de sécurité nigériens.

EUCAP Sahel Niger fait don de matériels informatiques à Niamey pour lutter contre le terrorisme et le trafic illicite de migrants, juillet 2018.
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La mission EUCAP Sahel est concentrée sur le Niger mais ses activités ont été étendues à d’autres pays du Sahel, en l’occurrence la Somalie et le Mali.

EUCAP Sahel en Somalie

En 2012 est également mis en œuvre EUCAP Nestor, devenue en 2016 EUCAP Somalia. Cette mission, relative au domaine maritime régional dans les Etats de la corne de l’Afrique et dans l’océan Indien occidental, est une nouvelle fois une mission dite de renforcement.

Depuis 2008, l’Union européenne a apporté une assistance en Somalie d’un montant supérieur à 1,2 milliard d’euros, l’aide étant concentrée autour de trois secteurs : la construction d’un Etat de droit, la sécurité alimentaire et l’éducation. Pour la période du 1er mars au 31 décembre 2018, le budget a augmenté de plus de 40%.

EUCAP Sahel au Mali

Depuis janvier 2012, un conflit armé oppose l’armée malienne aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), une région au Nord du pays, et au mouvement salafiste Ansar Dine. Entre volonté indépendantiste des Touaregs et proclamation de l’intégrité du territoire de la part du gouvernement en place, le conflit s’est intensifié au début de l’année 2012 quand le MNLA lance une offensive contre plusieurs camps militaires au Nord du Mali et à l’issue du coup d’Etat des militaires basés à Bamako en mars, ayant engendré la fuite du Président en place. Cette crise politique permet au MNLA de déclarer l’indépendance de la région de l’Azawad le 6 avril.

Déjà, en octobre 2012, le Conseil européen a qualifié la crise malienne de « crise politique, sécuritaire et humanitaire » pouvant représenter une menace immédiate au Sahel, en Afrique mais également en Europe.

A partir de janvier 2013, l’Union européenne agit dans le cadre d’EUTM Mali (European Union Training Mission in Mali) permise par la PSDC. Il s’agit d’une mission de formation permettant des conseils de l’UE en matière militaire afin de leur permettre de mener des opérations dans le but de rétablir l’intégrité du territoire et de réduire la menace constituée par les groupes terroristes. L’objectif global d’EUTM Mali est de répondre aux besoins opérationnels des forces armées maliennes. Si la mission regroupe près de 550 militaires issus de 23 Etats-membres, l’EUTM ne participera pas à des opérations de combat. Parmi ces militaires qui doivent former environ 3 000 soldats maliens de quatre régions du Mali, 210 sont français. Prévue pour une durée de 15 mois, cette période est jugée trop courte pour mener à bien la mission instituée.

La décision de la PESC concernant l’EUTM insiste sur sa cohérence. En effet, l’EUTM doit coordonner son action avec l’EUCAP Sahel Niger, l’action de la France au Mali, l’ONU, l’Union africaine, et les autres organisations ou Etats ayant un rôle dans la région.

A contrario, la France, en janvier 2013, lance l’opération militaire Serval afin de soutenir les troupes maliennes face aux groupes armés islamistes ayant pris le contrôle de l’Azawad. A la demande des autorités maliennes, la France s’engage dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne voit l’un de ses Etats-membres, en l’occurrence la France, décider de sa propre initiative de mener une opération militaire en Afrique en ayant le soutien des autres Etats.

Le 15 avril 2014, à la suite d’une invitation officielle du gouvernement malien à aider les forces de sécurité intérieure à réaffirmer leur autorité dans l’ensemble du pays, le Conseil de l’Union européenne approuve le mandat d’EUCAP Sahel Mali. Et, depuis 2015, l’UE agit au Mali dans le cadre de la mission de soutien à travers EUCAP Sahel Mali. Il s’agit d’une mission civile dont l’objectif est de rétablir une paix et une sécurité durables au Mali. EUCAP Sahel Mali s’inscrit dans l’approche stratégique de l’Union, pour la sécurité et le développement au Sahel. Cette mission fournit des experts en conseil stratégique et en formation à la police, la gendarmerie, la Garde nationale mais également aux ministères concernés.

Le Général LECOINTRE, commandant la mission de formation d’EUTM Mali de janvier à juillet 2013, et les forces maliennes en 2013.
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Des défis à surmonter

Alors qu’en septembre 2013, le Président de la République française François Hollande déclarait « Nous avons gagné cette guerre » en évoquant le Mali, la région sahélienne n’est pas, à l’heure actuelle, exempte de tensions. Le Mali est dans un état de délitement inquiétant et les violences se diffusent au-delà des frontières, touchant les pays voisins, le Burkina Faso et le Niger en particulier.

Les Nations-Unies permettent à l’Union européenne des mandats pour des actions de maintien de la paix en lui conférant une dimension et une légitimité internationales. La PESD représente alors un atout pour l’ONU.

Néanmoins, la défense européenne ne dispose pas d’un caractère opérationnel et ne peut fonctionner en dehors de l’OTAN ou de l’influence d’un Etat-membre de l’UE. Pour devenir un acteur de la sécurité collective, l’UE devra surmonter des défis, notamment en cordonnant ses actions en termes d’humanitaire, de politique, de judiciaire et de moyens militaires.

Le bilan de l’action de l’UE est mitigé à tel point que le 18 septembre 2018, la Cour des comptes de l’Union européenne, dans un rapport publié, estime que le soutien financier de l’Union européenne pour la paix et la sécurité en Afrique « a eu peu d’effet ». Il apparait donc urgent de « recentrer l’aide de l’UE dans le but de la rendre davantage axée sur des mesures de renforcement des capacités plutôt que sur le financement des coûts opérationnels ».

Près de 80% des fonds de l’UE sont utilisés pour financer des opérations de maintien de la paix telles que la mission de l’Union africaine en Somalie. L’UE souligne d’ailleurs que depuis sa création en 2002, l’Union africaine (UA) peine à s’imposer comme acteur politique sur le continent africain. L’UA entend s’inspirer de la Commission européenne en tant que puissant exécutif politique. Toutefois, il a été difficile pour l’UA de convaincre ses 55 pays membres de financer l’organisation. En 2017, les donateurs ont contribué à hauteur de 54% du budget annuel de 395 millions d’euros.

Le Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker souhaite conclure un accord européo-africain. Cet accord est pensé dans une optique d’égal à égal, désirant une implication plus forte de l’Europe sur le continent africain, à l’heure où l’influence de la Chine se diffuse. L’Union européenne doit donc faire face à un défi : l’aide apportée au Sahel doit se montrer plus efficiente.

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Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas, a expliqué devant le Conseil de sécurité, qu’en dépit de progrès continus réalisés en matière de transition démocratique et politique, la situation sécuritaire dans la région demeurait une source de grave préoccupation.

Venu présenter le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités de Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), M. Chambas s’est notamment dit préoccupé par les incidents sécuritaires au Mali, du fait notamment des activités de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique du Grand Sahara, ainsi qu’au Niger.

Il a souligné qu’après un déclin notable des attaques perpétrées par Boko Haram, les incidents se sont multipliés depuis le mois de septembre.  En tout, deux millions de personnes attendent désespérément que se termine la crise dans le bassin du lac Tchad, s’est-il alarmé.

Aux activités terroristes s’ajoutent également les effets délétères de la désertification qui, a relevé le représentant de la Guinée équatoriale, pousse les éleveurs à la transhumance, une source constante de tension dans la région.  La propagation exponentielle des conflits intercommunaux et entre agriculteurs et éleveurs a du reste été qualifiée de véritable « bombe à retardement » pour la région par M. Chambas.

Face à autant de défis, de nombreux membres du Conseil ont plaidé pour la mise en œuvre intégrale de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, le représentant de la Guinée équatoriale jugeant en outre urgent que la communauté internationale apporte un soutien décisif à la Force multinationale mixte et à la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S).

Alors qu’une structure de commandement militaire ainsi qu’un quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel ont récemment été établis, le Représentant spécial a aussi estimé que la réponse sécuritaire devait être complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne.

Le représentant de la Côte d’Ivoire a également appelé à tirer le meilleur parti des organisations régionales et sous-régionales, comme l’Union africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont les médiations au Burkina Faso, en Guinée-Bissau et en Gambie, a-t-il noté, se sont avérées décisives.

À l’instar du Pérou, plusieurs délégations ont par ailleurs salué l’efficacité de l’UNOWAS, notamment dans les domaines de la diplomatie préventive, la coordination avec les organismes sous-régionaux et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Le représentant du Kazakhstan a toutefois noté que l’UNOWAS se voyait confronté à de nouveaux défis depuis la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), ainsi qu’en raison de la menace croissante posée par le terrorisme et l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Sahel.

Estimant que toute approche militaire et humanitaire devrait être assortie d’un volet « développement », soutenu par un financement durable et prévisible, la délégation kazakhe a en outre estimé nécessaire de reconfigurer la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Dans son intervention, le Chef de l’UNOWAS a par ailleurs salué l’aboutissement du processus électoral au Libéria, où un nouveau président a été élu à l’issue d’un « remarquable processus électoral », pour citer les propos de la délégation bolivienne qui y a vu la preuve que les processus de réconciliation axés sur un processus sans exclusive sont essentiels.

M. Chambas a estimé que le Conseil devait à présent porter son attention sur les élections qui doivent se dérouler prochainement en Sierra Leone et en Guinée, avertissant par ailleurs que l’absence de consensus sur la mise en œuvre des réformes constitutionnelles au Togo menace le déroulement des élections législatives et locales qui y sont prévues cette année.

Il a également touché mot de la situation au Burkina Faso et en Gambie où les Nations Unies continuent de mettre en œuvre une approche pionnière en matière de pérennisation de la paix.

Le site des Nations Unies ⇒

Interventions extérieures de la France : renforcer l’efficacité militaire par une approche globale coordonnée

La France est engagée depuis 2008 dans de nombreuses opérations extérieures (OPEX).

Cet engagement s’inscrit dans une tradition interventionniste ancienne qui repose sur une responsabilité particulière de la France au nom des valeurs qu’elle porte, en tant que membre du conseil de sécurité des Nations unies, de son histoire et de ses intérêts, du maintien de son influence et des impératifs de sa sécurité.

Force est de constater que, depuis 2011, des opérations majeures en terme de durée et d’intensité ont été menées parfois simultanément : Harmattan, depuis le large des côtes libyennes, du 18 mars 2011 au 31 janvier 2012, Serval, au Mali du 11 janvier 2013 au 1er août 2014, à laquelle a succédé Barkhane étendue à la bande sahélo-saharienne, toujours en cours, Sangaris en République centrafricaine, lancée le 5 décembre 2013 qui devrait arriver à son terme d’ici la fin de l’année 2016 et Chammal en Irak et en Syrie, lancée le 8 août 2014, toujours en cours.

Ce niveau d’engagement inédit mérite une attention particulière.

Ces opérations répondent-elles aux objectifs et aux finalités assignées ? Sont-elles menées dans un cadre légal ou légitime au regard du droit international ? La France dispose-t-elle, pour les mener à bien, d’une autonomie suffisante ? Le contrat capacitaire de ses forces armées permet-il d’aboutir à l’effet militaire recherché ? L’outil militaire est-il en mesure d’apporter une solution durable aux crises justifiant les interventions ? Le coût budgétaire des opérations extérieures est-il trop élevé et à qui incombe-t-il de le supporter ? Le contrôle parlementaire sur les opérations est-il suffisant ? C’est à l’aune des réponses à ces questions qu’un bilan pourra être tiré de huit années d’interventions militaires extérieures. Huit années, car il a paru pertinent au groupe de travail de travailler sur une période englobant deux Livres blancs sur la sécurité et la défense nationale et deux lois de programmation militaire qui sont les documents de référence qui encadrent la politique de la défense.

Afrique – 2015 02 01 – En Afrique d’autres foyers du djihadisme – Ph. Leymarie – Monde diplomatique

Sur les huit conflits les plus meurtriers et dévastateurs du moment, sept se déroulent en Afrique, où la désintégration de la Libye alimente en armes les groupes djihadistes. L’Union africaine a longtemps semblé impuissante à prendre en charge la sécurité des populations, abandonnée aux initiatives franco-américaines. Mais une première force d’urgence continentale pourrait voir le jour cette année…