Roumanie

Exercices de l’OTAN en mer Noire : Sea-Shield 2019

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Du 5 au 13 avril 2019,  la mer Noire a connu une nouvelle fois une forte activité militaire avec l’exercice de l’OTAN Sea-Shield 2019 (Bouclier maritime 2019) qui a nécessité une coopération de l’aviation et des navires américains, grecs, néerlandais, bulgares, canadiens, roumains et turcs. Cet exercice s’est également fait en coordination avec les forces armées géorgiennes et ukrainiennes.

Les exercices de l’OTAN en mer Noire ne sont pas nouveaux. En septembre 2008, à l’issue du conflit russo-géorgien, en mars 2015 et en mai 2018, des bâtiments avaient été déployés dans l’optique de coopérations de grande envergure.

Pour autant, la mer Noire est une zone de tension régionale que la Russie convoite particulièrement. A ce titre, elle y exerce une présence renforcée. De plus, elle y trouve un accès à la mer Méditerranée à travers la Crimée.

De fait, l’OTAN est « favorable à un renforcement de la coopération avec les garde-côtes géorgiens, par un échange d’informations », selon le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, lors d’une conférence de presse en 2017.

Cette année, l’exercice Sea-Shield était accueilli par la Roumanie et était axé sur deux thèmes différents : la lutte anti-aérienne et la lutte anti-sous-marine.

Un communiqué ministériel géorgien stipule que « les exercices navals impliquaient des manœuvres et des abordages communs en conformité avec les règlements techniques de l’OTAN. Ils visaient à accroître la compatibilité et à améliorer l’interaction des garde-côtes du ministère géorgien de l’Intérieur avec les forces navales de l’OTAN ».

En réponse au déploiement conséquent mis en place dans le cadre de l’exercice Sea-Shield 2019, Moscou avait décidé de renforcer sa flotte navale et son aviation en mer Noire. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexander Grouchko, avait déclaré « Nos positions sont claires : les efforts de l’OTAN dans la région de la mer Noire sont insensés d’un point de vue militaire. Ils ne renforcent pas la sécurité de la région ni celle de l’OTAN et entraîneront des risques militaires supplémentaires ». Il ajoute que « la Russie est prête à tout changement dans la sécurité militaire de la région de la mer Noire et prendra des mesures de défense supplémentaires au besoin ».

Nous pouvons néanmoins noter que les exercices se sont déroulés dans le respect du droit international maritime en demeurant dans les eaux internationales ou les eaux territoriales bulgares ou roumaines. Il en est de même pour les avions qui ne sont jamais sortis des espaces aériens souverains des pays membres de l’OTAN.

L’Union européenne sous la présidence roumaine

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude JUNCKER et le président de la Roumanie Klaus Iohannis, le 10 janvier 2019. Tous droits réservés.

Au 1er janvier 2019, la Roumanie succède à l’Autriche à la tête du Conseil de l’Union européenne. La présidence du Conseil de l’Union européenne est assurée par chaque Etat membre pour une durée de six mois. L’Etat est chargé de présider les réunions à tous les niveaux au sein du Conseil et de représenter ce dernier auprès des autres institutions de l’UE.

Depuis le traité de Lisbonne de 2009, les Etats membres assurant la présidence travaillent par « trio » sur une période de 18 mois. Ce trio fixe les objectifs à long terme et élabore un programme commun. De fait, le 30 novembre 2018, la Roumanie, la Finlande et la Croatie ont adopté le programme allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020. Au sein de ce dernier, chacun des trois pays élabore son propre programme.

S’agissant de la Roumanie, le pays met l’accent sur « une Europe de la convergence, une Europe plus sûre, une Europe acteur mondial de premier plan et une Europe des valeurs communes ». Deuxième pays le plus pauvre de l’UE, c’est la première fois qu’il accède à la présidence du Conseil.

Jeudi 10 janvier s’est tenue à Bucarest la cérémonie d’ouverture de la présidence qui a réuni les officiels européens et roumains. L’homme fort du pays, Liviu DRAGNEA, chef du parti et président de la Chambre des députés, n’était pas présent. Déjà condamné pour fraude électorale, il fait toujours l’objet d’enquête pour corruption. Le Parti social-démocrate, au retour au pouvoir depuis 2016, est également soupçonné de corruption. Ces derniers mois, le gouvernement social-démocrate de Bucarest a dénoncé « l’ingérence » de Bruxelles alors que la Commission européenne a publié en novembre 2018 un audit sévère sur le système judiciaire roumain, suivi d’une liste d’injonctions à Bucarest.

La présidence roumaine a de fait suscité des interrogations. Certains pays membres ainsi que des hauts responsables européens ont émis des doutes sur la capacité roumaine à assurer la présidence du Conseil européen, à l’instar de Jean-Claude JUNCKER. A Bucarest jeudi soir, le discours du Président de la Commission européenne s’est montré plus conciliant : « Je pense que vous ferez de votre mieux pour « diriger » l’orchestre, créer le bon son et travailler en équipe dans l’intérêt européen (…). Je crois aussi que vous allez respecter les règles ». Il a néanmoins souligné que si l’UE était « faite de compromis, lorsqu’il s’agit de l’Etat de droit, aucun compromis n’est possible ». Après s’être entretenu avec Jean-Claude JUNCKER et les commissaires européen, le président roumain Klaus IOHANNIS a déclaré que cette première présidence est « une grande opportunité pour prouver l’engagement roumain au projet européen ».

Si durant la présidence roumaine auront lieu des échéances cruciales pour l’avenir de l’Europe telles que les élections européennes en mai ou encore le Brexit toujours prévu le 29 mars, les Etats en charge de la présidence, en particulier les plus petits, n’ont que peu d’influence sur les grands enjeux de l’UE.