protocole d’adhésion

La Macédoine du Nord, 30ème membre de l’OTAN

Nikola DIMITROV, ministre des Affaires étrangères de la Macédoine du Nord, Jens STOLTENBERG, secrétaire général de l’OTAN et les représentants des Etats membres de l’OTAN, lors de la signature du protocole d’adhésion. A Bruxelles, le 6 février 2019.
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Mercredi 6 février 2019, les représentants des 29 membres de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles pour signer le protocole d’accession au Traité de l’Atlantique Nord de la future République de Macédoine du Nord.

Le processus d’accession peut enfin débuter grâce à l’accord de Prespa entre Athènes et Skopje, un accord ayant mis fin à une querelle diplomatique de presque trente ans. Athènes s’opposait fermement à l’utilisation du nom de Macédoine, l’une de ses régions historiques portant le même nom. Les chefs de gouvernement grec et macédonien ont œuvré pour la reprise des négociations afin de résoudre ce différend datant de 1991 et de l’indépendance macédonienne. Les deux hommes se sont heurtés à de vives oppositions dans leurs pays respectifs.

De nombreuses années durant, Athènes bloquait toute tentative d’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne. Pour autant, Skopje s’est toujours montré proche de l’OTAN et des pays occidentaux. Le pays, qui a adhéré dès 1995 au Partenariat pour la paix (PPP) de l’OTAN, apporte un soutien important aux opérations et aux missions de l’organisation en Afghanistan et au Kosovo. En retour, l’Alliance atlantique a porté à la jeune République en février 2001, lors des violences entre insurgés albanais et forces de sécurité.

Le protocole d’adhésion, pour être définitif, doit être ratifié selon les procédures nationales de chaque pays membre. Une fois l’ensemble des Etats l’ayant ratifié, la Macédoine du Nord deviendra membre officiel. Pour l’heure, Skopje est considéré comme un « pays invité », autorisé à prendre part aux activités et aux réunions de l’organisation, notamment celle d’avril 2019 qui se tiendra à Washington. La Macédoine du Nord n’est toutefois pas autorisée à participer aux délibérations.

La Grèce est le premier Etat à avoir procédé à la ratification, symbole fort d’une réconciliation après le long différend. En effet, vendredi 8 février, le Parlement grec a procédé à la ratification du protocole d’adhésion. Une majorité des députés ont approuvé l’accession de la future Macédoine du Nord – 153 voix pour, 140 contre et 1 abstention.

La cérémonie de signature du protocole d’accession s’est déroulée au siège de l’OTAN en présence de Nikola DIMITROV, ministre macédonien des Affaires étrangères. Jens STOLTENBERG, le secrétaire général de l’OTAN a félicité Macédoine et Grèce pour « leur courage et leur détermination à trouver un accord sur la question du nom ». A l’issue de la cérémonie, il s’est exprimé : « Cette nouvelle adhésion contribuera à plus de stabilité dans les Balkans occidentaux. C’est un élément positif pour la région et pour la sécurité euro-atlantique ».

Nouvelle étape d’un élargissement permanent, l’accession de la Macédoine permettra à l’OTAN, créée en 1949 par les 12 Etats fondateurs, de compter 30 membres. Il s’agit de la quatrième des six anciennes républiques de Yougoslavie à adhérer, après la Slovénie, la Croatie et le Monténégro, membres depuis le 5 juin 2017. Trois Etats partenaires aspirent également à l’adhésion, la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et l’Ukraine.