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Sommet des deux rives : pour une nouvelle dynamique de coopération en Méditerranée

Le président de la République Emmanuel Macron saluant le président de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur Renaud Muselier. En arrière plan, Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille. Tous droits réservés.

Les 23 et 24 juin 2019 s’est tenu à Marseille en Région Sud Provence-Alpes Côte d’Azur le Sommet des deux rives. Annoncée par le Président de la République en 2018 lors d’une visite à Tunis, cette rencontre a réuni les représentants et ministres des 10 pays de Méditerranée occidentale dans le format du Dialogue 5+5 (Algérie, Espagne, France, Italie, Libye, Malte, Maroc, Mauritanie, Portugal et Tunisie). Elle y a associé des représentants de la société civile, issus du monde de l’entreprise ou des milieux associatifs et universitaires. Elle visait l’objectif d’engager « une dynamique de coopération renouvelée entre les deux rives de la Méditerranée ».

Avec l’organisation de ce Sommet, la France privilégie la dimension euro-méditerranéenne et réaffirme son intérêt pour la coopération en Méditerranée occidentale. Paris développe ainsi sa diplomatie dans la mare nostrum sans utiliser les seules institutions étatiques comme relais de la coopération. A ce titre, le chef de la diplomatie française Jean-Yves le Drian a déclaré lors de l’ouverture du Sommet : « Notre priorité est de préserver et de refonder le multilatéralisme. Mais il ne saurait être que l’affaire des Etats ». Ce Sommet s’inscrit également dans un contexte où le bassin méditerranéen concentre tous les enjeux et les défis de la mondialisation en devant faire face aux risques qui y sont associés.

Le dimanche 23 juin, le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves le Drian a accueilli ses homologues du Dialogue 5+5. A l’issue de la rencontre, ils ont signé les « Engagements pour une nouvelle ambitions en Méditerranée » en soutenant des projets proposés par la société civile répondant collectivement aux nouveaux défis.

A son arrivée au Sommet pour la clôture, le lundi 24 juin, le Président de la République Emmanuel Macron a été accueilli par le président de Région Renaud Muselier et Madame Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille. Monsieur Renaud Muselier aime à rappeler le caractère singulier de la cité phocéenne, « véritable phare pour la Méditerranée ».   Lors de son discours, le Président français, seul chef d’Etat présent à cette rencontre compte tenu de l’actualité de certains des pays membres, a dressé la liste des menaces en Méditerranée, Il a notamment souligné le risque d’une région qui pourrait être « fracassée » notamment par les sujets migratoires, l’islam politique et la montée du populisme.

Alors qu’il était initialement prévu d’axer la rencontre autour des chefs d’Etats et de gouvernement, le Sommet des deux rives s’est finalement articulé autour de plus de cent représentants de la société civile – point d’orgue de l’événement. En avril et mai dernier, lors de cinq forums préparatoires, ces représentant ont discuté de 272 projets autour des thèmes de l’énergie, de l’éducation de la jeunesse et la mobilité, de l’économie et de la compétitivité, des médias, de la culture et du tourisme et enfin de l’environnement et du développement durable.

Les projets phares concernent la création d’un organe de presse plurilingue et d’un centre euro-arabe de la traduction, la mise en place d’un programme Erasmus méditerranéen mais également la connexion des médinas d’Afrique du Nord avec les villes. L’institut FMES a proposé dans ce cadre, en partenariat avec l’ITES, un think tank tunisien et l’UNISCI un think tank espagnol, une formation destinée aux jeunes diplômés des pays membres du 5+5.

Du côté des pays de la rive Sud, les projets adoptés lors du Sommet ont été bien accueillis. Toutefois, il s’agira – conformément à la volonté du Président Emmanuel Macron – d’établir un suivi des projets notamment en termes de financement afin de faire le point dans six mois, à l’occasion d’un nouveau Sommet.

Pour mémoire, les questions euro-méditerranéennes ont surtout émergé dans les années 1990 avec la création du processus de Barcelone, du Dialogue méditerranéen de l’OTAN et du Dialogue 5+5. La France, impliquée et investie dans chacun des trois processus, a fait de la coopération régionale l’une de ses priorités. En 2008, sous l’impulsion de la France, est née l’Union pour la Méditerranée. En dépit des bilans parfois mitigés des diverses institutions, la sécurité et la stabilité de la région demeurent prioritaires et nécessitent une coopération accrue des Etats riverains. Avec le Sommet des deux rives, le Président Emmanuel Macron espère ainsi poser les jalons d’une coopération nouvelle en Méditerranée occidentale en y associant à moyen-terme les chefs d’Etat et de gouvernement.