Portugal

Sommet des Etats du sud de l’UE à Chypre

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep BORRELL, le Premier ministre portugais, Antonio COSTA, le Premier ministre italien Giuseppe CONTE, le président chypriote Nikos ANASTASIADES, le président français Emmanuel MACRON, le Premier ministre grec Alexis TSIPRAS et le Premier ministre maltais Joseph MUSCAT. A Nicosie, le 29 janvier 2019.
Tous droits réservés.

Le 29 janvier 2019 s’est tenu le 7ème sommet des pays du sud de l’Union européenne à Nicosie (Chypre, Espagne, France, Grèce, Italie, Malte et Portugal). Réunissant les chefs d’Etats et de gouvernements dans la capitale chypriote, cette réunion devait permettre de réaffirmer le « profond attachement au projet européen et aux valeurs communes telles que l’Etat de droit, la liberté, la démocratie, les droits de l’homme et la solidarité » des 7 nations. Il s’agissait par la même de « relever de multiples défis en affichant solidarité et réponses collectives au niveau de l’UE ».

Au cours de ce sommet, la Déclaration de Nicosie a été adoptée dans laquelle les Etats, « convaincus qu’une Union européenne forte et unie constitue la meilleure voie à suivre », se montrent « déterminés à contribuer de manière constructive au débat » s’agissant de leur avenir commun.

Les discussions ont concerné de nombreux sujets d’intérêt commun. Le Brexit et ses conséquences sont évoqués dès le début de la déclaration commune. Les Etats ont déclaré rester « attachés au retrait ordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne » et signeront donc l’accord de retrait.

Le problème chypriote a également été abordé. Les Etats ont réaffirmé leur soutien « indéfectible » aux efforts des Nations unies, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU prorogeait le 30 janvier le mandat de la Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP). A travers la résolution 2453 adoptée à l’unanimité, ce mandat est prolongé pour une durée de six mois mais les discussions autour d’une réunification de l’île sont dans l’impasse. A Nicosie, les Etats ont fait unanimement état de leur volonté de trouver une solution qui réunifierait l’île dans le dessein de garantir « la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale » du pays « sans interventions étrangères, troupes et garanties », en référence à l’occupation turque du nord de l’île. Ankara a été priée de respecter la souveraineté de Nicosie et notamment dans son droit à l’exploitation des espaces maritimes sous sa juridiction. En effet, les gisements d’hydrocarbures et de gaz découverts au large de Chypre ces dernières années ont permis l’émergence de projets énergétiques, à l’instar du gazoduc EastMed qui pourrait réunir Grèce, Chypre et Israël, et qui provoquent régulièrement le courroux de la Turquie.

Une des principales préoccupations des Etats représentés dans la capitale chypriote a été la question migratoire. La Méditerranée occidentale est redevenue la première voie d’entrée dans l’UE pour les migrants, et les dirigeants chypriote, espagnol, français grec, italien, maltais et portugais ont reconnu n’avoir pas réussi à transformer en actes leur promesse de partager la responsabilité des migrants secourus en mer. Finalement, le premier ministre italien Giuseppe CONTE, a réussi à obtenir la prise en charge des 47 migrants bloqués depuis 12 jours à bord du Sea Watch 3 à travers un accord entre les 7 Etats européens.

Le Président français Emmanuel MACRON, dans son discours à l’issue du sommet a remercié son homologue chypriote Nikos ANASTASIADES tout en vantant l’ « excellente » relation bilatérale entre les deux pays, faite de « coopérations exemplaires, notamment dans les domaines de la défense et de l’énergie ». L’occasion pour le président français de considérer cette coopération comme un élément important dans le projet européen de la défense, renforcé au cours de l’année 2018.

La prochaine rencontre se tiendra à Malte et il conviendra de voir si les objectifs fixés dans la Déclaration de Nicosie seront atteints.