PKK

Tensions Turquie-Irak autour de la lutte contre le PKK

 

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Les 14 et 15 décembre 2018, la Turquie a procédé à des frappes contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les régions de Zap, Hakurk et Gara, au nord de l’Irak. Ces actions ont engendré des pertes humaines et matérielles. En l’espace de deux jours, la Turquie affirme avoir neutralisé 28 terroristes.

Le PKK, né en 1978, est classé organisation terroriste par la Turquie et une grande partie de la communauté internationale dont l’Union européenne. Il mène depuis 1984 une rébellion sur le sol turc. Proclamant à son origine l’indépendance des territoires kurdes, l’organisation revendique désormais l’autonomie du Kurdistan turc. Son état-major étant réfugié dans le nord de l’Irak, la Turquie y mène des incursions et des frappes aériennes.

Vendredi 14 décembre, par le biais d’un communiqué, le ministère des Affaires étrangères irakien « dénonce les actions d’aéronefs turcs qui violent l’espace aérien irakien ». Fatih YILDIZ, l’ambassadeur de Turquie à Bagdad, a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères irakien qui lui a remis une lettre de protestation concernant les « violations répétées de la loi aérienne » de la part d’Ankara. Selon lui, « de tels actes violent la souveraineté et la sécurité des citoyens irakiens et sont inacceptables à tous les niveaux et contraires aux principes de bon voisinage qui réunissent les deux pays ». Bagdad refuse qu’Ankara use de son territoire pour ses actions de rétorsion.

Hami AKSOY, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères turc a réagi le 15 décembre 2018 : « les activités du PKK sur les territoires irakien et syrien sont une préoccupation primordiale pour la sécurité nationale en Turquie ». Le porte-parole appelle le gouvernement irakien à « assumer ses responsabilités » en citant l’article 7 de la Constitution irakienne qui « oblige le gouvernement à refuser l’utilisation du territoire irakien comme base de rassemblement pour les attaques contre des pays voisins par des groupes hostiles ». Hami AKSOY estime que la Turquie assume ses responsabilités en matière de lutte antiterroriste en Irak et invite l’Irak à lui apporter le même soutien. Il invoque l’article 51 de la Charte des Nations unies, justifiant le droit de la Turquie à la légitime défense. On peut cependant noter que cet article stipule que les mesures prises doivent être « immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité ». En dépit des demandes irakienne, la Turquie entend poursuivre ses opérations « tant que le PKK sera présent sur le sol irakien ».

Dans un discours le 16 décembre au siège du chef d’état-major turc à Ankara, Hulusi AKAR, le ministre turc de la Défense, déclare : « dans les prochains jours, nous entamerons une étape au cours de laquelle l’organisation terroriste sera totalement neutralisée ». Il ajoute que le pays « continuera à défendre ses eaux territoriales et à protéger ses droits et intérêts, en particulier en mer Egée et en Méditerranée orientale ». Ces dernières semaines, la Turquie multiplie les déclarations bellicistes, envers les entités kurdes en Syrie et en Irak mais également à l’encontre de son allié grec au sein de l’Alliance atlantique, de la République de Chypre, toujours non reconnue par Ankara, et des diverses entreprises pétrolières occidentales tentant de prospecter dans les eaux chypriotes.

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